Les librairies sous le feu des projecteurs : fin des fausses promesses
Une nouvelle ère pour les librairies
On dirait bien que le rideau est tombé sur le spectacle des « fausses librairies ». Le Conseil d’État a tranché et a annulé l’arrêté royal de 2022 qui tentait d’installer une sorte de garde-fou autour des paris sportifs dans ces établissements. Qui aurait cru que des librairies deviendraient des arènes de paris ? Mais voilà, après un examen minutieux, la haute juridiction a décidé que le gouvernement avait un peu abusé de ses prérogatives.
Le cadre qui devait limiter les dérives est donc tombé, laissant place à un flou juridique et un vide alarmant. Que fait un libraire dans un tel contexte ? Une tonne de questions émergent et le terrain devient glissant pour ceux qui gèrent ces lieux de lecture… ou de mises.
Retour sur un chemin tortueux
Pour comprendre ce bazar, retour en 2010, alors que le gouvernement a ouvert la porte aux librairies pour proposer des paris sportifs, probablement pour apporter un peu de fraîcheur à un secteur de la presse déjà bien mal en point. À l’époque, il semblait que c’était un bon plan, mais rapidement, quelques librairies ont décidé de transformer leur comptoir en véritable point de rendez-vous des parieurs. Résultat : l’étiquette de libraire est restée, mais l’activité principale a largement basculé vers les paris. Dans ce cadre, obtenir une licence de paris F2 en passant par une librairie était plus facile qu’en passant par une agence de paris classique, et hop : une nouvelle opportunité pour certains.
Face à ce tourbillon, l’ancien ministre de la Justice a décidé de taper du poing sur la table en introduisant des règles en 2022. De meilleures limites étaient établies pour les paris dans les librairies ; les horaires étaient restreints, le nombre de terminaux limité et les mises annualisées plafonnées. Une approche pragmatique qui a plutôt bien fonctionné, du moins jusqu’à ce que les opérateurs s’opposent à ces nouvelles lois, arguant qu’elles étaient trop dures à appliquer. Ils ont foncé tête baissée vers le Conseil d’État, et comme on se doute que beaucoup d’affaires finissent entre les mains des juges, celle-ci n’a pas fait exception.
Au final, le Conseil a dit non : le gouvernement ne peut pas changer la définition de ce qu’est une librairie juste pour faire plaisir aux règlements sur les paris. Voilà, il a décidé que ces lois, qui changeaient même les pratiques de vente et les comportements des libraires, ne devraient pas être utilisées dans un simple arrêté mais nécessitaient un large débat au parlement. Vous pouvez imaginer le chaos qui s’ensuit.
Et là, attention, maintenant les librairies n’ont plus de règles claires à suivre et peuvent recommencer à faire ce qu’elles veulent. Même si c’était mal barré, les acteurs du marché doivent remettre de l’ordre dans ce beau bazar rapidement, surtout que les librairies misent aussi sur cette activité pour rester rentables. La balle est dans le camp du législatif qui doit maintenant se retrousser les manches pour remettre de l’ordre.
Mais une chose est sûre, avec toutes ces incertitudes, ceux qui rêvaient d’un retour au calme risquent d’être déçus. Ça pourrait devenir un véritable champ de bataille si aucune loi claire n’est posée rapidement. Que se passera-t-il maintenant avec ces « fausses librairies » ? Une nouvelle zone d’ombre est à l’horizon, et cela pourrait bien recommencer à faire jaser.