Quand les géants du divertissement financent la culture de mort

Disney mort

Disney, Netflix, la Paramount… Les géants du divertissement se transforment en serviteurs de la culture de mort. Quelques jours après la décision historique de la Cour suprême des Etats-Unis, les plus grands studios hollywoodiens et les principales sociétés de streaming annoncent tour à tour qu’elles prendront des mesures pour soutenir leurs employées désireuses d’enfreindre la loi.

Nous les connaissions « antiracistes » caricaturaux, pro-LGBT et promoteurs du wokisme, nous les découvrons – sans surprise – apôtres de l’avortement. A l’image de la majorité des médias, des célébrités et des structures mondialistes, le monde du divertissement s’insurge contre le verdict de la Cour suprême de laisser à chaque Etat américain le droit ou non d’autoriser l’avortement.

Le respect des institutions est à géométrie variable, et, un an et demi après s’être scandalisés de l’attaque du Capitole par des partisans de Donald Trump qui contestaient le résultat de l’élection présidentielle, les bien-pensants de tout le pays s’unissent contre cette décision et prévoient déjà de l’enfreindre.

C’est par un communiqué à ses employés que Disney a annoncé sa position. La compagnie s’engage à leur fournir un accès « aux soins liés au planning familial », où qu’ils vivent, c’est-à-dire même s’ils résident dans un Etat interdisant l’avortement. Une bourse de voyage permettra en effet aux employés de subir l’avortement dans un Etat qui l’autorise.

Walt Disney doit se retourner dans sa tombe. Si l’homme à l’origine de la plus grosse entreprise de divertissement du monde avait ses travers, on ne peut pas enlever la noble volonté qui était la sienne, à savoir émerveiller les enfants. Désormais, la société qui porte son nom souhaite faciliter la mise à mort des petits êtres avant qu’ils puissent devenir des enfants à leur tour. L’inversion des valeurs est totale.

Rappelons par ailleurs que Disney est déjà dans le collimateur du Parlement de Floride, Etat où se trouve son plus important parc à thèmes, pour avoir fait la promotion de l’homosexualité.

La « guerre de civilisation » se déroule donc désormais au sein même des Etats-Unis, plus désunis que jamais, entre conservateurs et wokes mondialistes. Le camp pro-avortement a des soutiens particulièrement influents, Disney étant loin d’être la seule entreprise engagée dans ce mouvement. Netflix a pris une position similaire, annonçant offrir à chacun de ses employés une allocation de 10 000 dollars s’ils venaient à avoir besoin de traitements contre le cancer, de transplantations, mais aussi de soins liés « à la transition de genre » (traduction : d’opérations visant à achever la transformation des transsexuels) ou d’avortements.

Notons toutefois que, contrairement à la France, les Etats-Unis possèdent aussi des acteurs conservateurs. C’est le cas de Jon Voight, acteur à la riche carrière, de Gina Carano, actrice vue récemment dans une série Star Wars et « remerciée » après avoir pris fait et cause pour Donald Trump, ou encore de Kevin Sorbo, popularisé dans les années 90 pour son rôle dans la série Hercule. Ce dernier s’est réjoui sur les réseaux sociaux que « la vie a gagné » mais déplore aussi que « nous [vivions] dans un monde où des gens préfèrent tuer leur bébé plutôt que de ne pas avoir de relation sexuelle ». Bien résumé.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 28 juin 2022

Entretien – Régis Le Sommier : Le poids des morts, le choc des photos

Régis Le Sommier

Grand reporter et ancien directeur adjoint de Paris Match, Régis Le Sommier publie La Vérité du terrain. Le récit des nombreux conflits qu’il a couverts révèle aussi les changements d’une profession dominée aujourd’hui par l’émotion, la caricature et le manque d’analyse. Propos recueillis par Alexis Brunet.

Pourquoi avoir dédié votre livre au reportage de guerre ?

Si je n’ai pas couvert que des guerres, j’y ai passé beaucoup de temps pour Paris Match. En 2003, je ne pouvais plus continuer à écrire des textes sur l’Irak, à aller voir des blessés, des parents en peine sans assister par moi-même au choc des civilisations. Cette phrase de Samuel Huntington s’est vérifiée dans les faits et la guerre en Irak en a été la preuve. J’ai vu à quel point ça s’est mal passé pour les Américains quand ils ont envahi le monde arabo-musulman. Les autres guerres qui s’ensuivent, et dont je traite, sont des soubresauts de ce péché originel qu’est la guerre en Irak. Comme l’a dit le diplomate libanais Ghassan Salamé, c’est lors de la guerre en Irak que les Américains inaugurent la dérégulation de la force. En décidant d’envahir un pays sous des prétextes mensongers, avec des intentions déguisées, les États-Unis ont ouvert la boîte de Pandore. À partir du moment où la puissance censée être la plus morale se comporte comme un État voyou, il est logique que les autres agissent selon leurs intérêts. Ce qui a notamment ouvert la voie à l’invasion de l’Ukraine par la Russie aujourd’hui.

Vous évoquez la guerre lancée par la Russie le 24 février dernier. Mais quid du conflit de 2014 dans le Donbass ? Nous l’avons vite oublié… A-t-il été négligé par les médias ?

Après la guerre de 2014, les médias étaient focalisés sur la guerre en Syrie. J’étais alors directeur adjoint de Paris Match. Une reporter avait couvert la guerre au Donbass. Quand elle m’a dit qu’il faudrait y retourner, je dois confesser que je n’y croyais pas trop. Moi-même, j’ai découvert le chiffre de 13 000 morts récemment. Ensuite, le conflit en Ukraine a continué et la crispation de la Russie vis-à-vis de l’OTAN aussi. Or, cette question des relations entre la Russie et l’OTAN a été négligée, non seulement par les journalistes, mais aussi par les dirigeants.

Depuis vos débuts, le journalisme a profondément changé. Vous semblez inquiet pour l’avenir de la profession…

Tout à fait ! La couverture de l’Ukraine est obscurcie par ce que j’appelle le brouillard de la guerre. C’est vrai dans toutes les guerres mais là, il est particulièrement épais. Prenez, par exemple, la présence des canons Caesar français en Ukraine. Pendant la bataille de Mossoul, les canons Caesar de 155 millimètres étaient épaulés dans l’ajustement des tirs par des membres des forces spéciales françaises. Je les avais personnellement rencontrés. Puisque ces canons ont été livrés à l’Ukraine ou vont l’être, cela signifie-t-il qu’il y a des soldats français sur le terrain en Ukraine actuellement, ou bien les artilleurs ukrainiens ont-ils été formés à leur usage ? Pourquoi les Irakiens n’avaient-ils pas reçu à l’époque cette formation ? Étaient-ils plus idiots que les Ukrainiens ? Ces questions ne sont pas anodines, pourtant personne n’ose les poser.

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Assemblée nationale : le discours du doyen des députés José Gonzalez (RN) sur l’Algérie française indigne la Nupes

Un pouvoir gravement déstabilisé, par Maxime Tandonnet

Assemblée nationale

« Le président de la République, qui a chargé Elisabeth Borne de bâtir «un nouveau gouvernement d’action», a annoncé pouvoir aller «des communistes aux LR» mais a d’office exclu la France Insoumise et le Rassemblement national [car] ces formations ne s’inscrivent pas comme des partis de gouvernement. »

L’exclusion a priori de deux partis politiques fortement représentés à l’Assemblée est un exercice douteux au regard des principes fondamentaux de la démocratie française qui se traduisent dans la Constitution. Selon son article 3, les représentants de la Nation (députés et sénateurs) ont pour mission essentielle d’exprimer la souveraineté nationale. Chaque député, individuellement, est un représentant de la Nation, nonobstant sa couleur politique. Il est, d’un point de vue formel, institutionnel ou juridique, du fait même de son élection, le détenteur d’une fraction de la souveraineté à égalité avec les autres membres de l’Assemblée nationale. .

Le président, en tant que gardien des institutions, au-dessus de la mêlée, ne peut donc pas jeter l’anathème sur une partie des députés, avant même qu’ils n’aient commencé à siéger, en les privant indirectement – à travers leur exclusion de toute vocation à exercer le pouvoir contrairement aux autres – d’une partie de leur légitimité démocratique issue des urnes. Selon l’article 4, les partis politiques doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Dès lors, s’ils ne sont pas dissous ou interdits et s’ils ont été autorisés à prendre part aux élections, avant d’entrer au Parlement, ils sont présumés répondre à ces critères.

D’ailleurs, l’idée de contrat de gouvernement avec une partie (présumée fréquentable) de l’Assemblée nationale est elle-même discutable. Le rôle du Parlement est de voter la loi, contrôler l’action du gouvernement et de l’évaluer (article 24). L’enfermement d’une partie de l’Assemblée nationale dans un pacte avec l’exécutif heurte frontalement la Constitution (quel contrôle possible si on est lié par un contrat de gouvernement?) et le principe fondamental de la Séparation des pouvoirs (Montesquieu).

Il faut voir dans ce réflexe une survivance de la logique d’un Parlement servile du fait d’une majorité présidentielle absolue et de députés godillots qui a prévalu jusqu’aux dernières législatives. La logique de l’ancien système s’était notamment traduite avant les élections par la signature d’une « charte de gouvernement » entre l’exécutif et les candidats de sa (présumée) future majorité, par laquelle ils s’engageaient à soutenir ses projets de loi. On n’a jamais assez dit à quel point ce procédé est inconstitutionnel et antirépublicain, violant de plein fouet le principe selon lequel les représentants de la nation sont libres de leur vote (Tout mandat impératif est nul article 27). Aujourd’hui, le pouvoir voudrait perpétuer cette mise sous tutelle à une majorité redéfinie…

Dimanche dernier, par leur vote, les Français ont clairement condamné cette dérive. Il est invraisemblable que le pouvoir ne le sente pas, ne le comprenne pas. En s’accrochant désespérément aux vestige d’un régime en cours d’effondrement, le pouvoir politique ne fait lui-même que s’enfoncer dans le chaos.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

2022 : la fin des campagnes électorales ?, par Clément Martin (Les Identitaires)

urnes élections

L’année 2022 a été riche en leçons politiques : parmi elles se dégage l’idée que l’ère des campagnes politiques arrive à son terme. Désormais, la compétition démocratique n’est plus synonyme de travail de mobilisation d’un électorat. Dans la France archipellisée, la concurrence électorale consiste de plus en plus à suivre les tendances à la hausse ou à la baisse des différents blocs socio-économiques et culturels et à mesurer leurs poids aux différents scrutins.

Le paradoxe Reconquête !

Malgré une campagne marquée par un travail colossal de mobilisation sur le terrain, le parti mené par Éric Zemmour n’a pas réussi à combler les attentes de son électorat : avec 7 % au premier tour, il s’agit sans conteste d’un échec glaçant. Pourtant, la frénésie du travail militant et de l’enthousiasme autour de sa campagne rappelait celles du Sarkozy de 2007. Qu’il s’agisse du dynamisme de Génération Z, le mouvement jeunes du parti, omniprésent pour ses collages ou des meetings publics du parti culminant avec la foule en liesse du Trocadéro, un point de rendez-vous devenu classique pour la droite, il ne faisait aucun doute que le travail sur le terrain avait été mené tambours battants. À droite, aucun candidat ne s’était donné autant de mal pour conquérir les esprits et générer une dynamique – et cette stratégie s’est soldée par un échec.

A contrario, Marine Le Pen a mené une campagne marquée par le sceau de la discrétion. Tout comme Emmanuel Macron, d’ailleurs. Et ce sont eux qui ont atteint le second tour, avec des scores supérieurs à ceux du scrutin présidentiel précédent. Certes, il est habituel que les présidents sortants préfèrent mener des campagnes courtes et tardives plutôt que de se prêter à un bras de fer médiatique sur de longues périodes. Mais rarement la logique n’a été poussée aussi loin : Macron n’a fait qu’un unique meeting et dont le public était clairsemé. Quant à Marine, alors que sa position de challenger l’incitait à redoubler d’efforts pour sa campagne, elle a préféré conserver l’attitude distante qu’elle avait adoptée depuis plusieurs mois.

Idem aux législatives : la stratégie du Rassemblement national a consisté à envoyer un maximum de candidats dans les circonscriptions et à faire des campagnes minimums. Pour les candidats macronistes, la même stratégie a été adoptée : certes, le résultat a été décevant pour le parti présidentiel, mais cette issue en demi-teinte s’explique bien plus par le bilan du président que par son absence de campagne. Il semble désormais acquis que des rues vides de militants puissent se solder par des isoloirs remplis. L’inverse apparaît comme bien moins plausible.

La démocratie en archipel

Selon la terminologie de Jérôme Fourquet, la France est « archipellisée », définie par la rupture de ses grandes structures culturelles (Église catholique, Parti communiste) qui faisaient naître un sentiment d’appartenance commun au-delà des clivages (bien réels cependant) de classe, de religion ou de territoire. Notre pays se résume à une juxtaposition de catégories qui ne partagent plus aucune référence commune et ne se sentent aucune proximité avec les membres des autres îlots. La conséquence électorale de ce découpage, c’est que la politique se réduit à une compétition entre des représentants de ces segments. Les retraités et les CSP+ du tertiaire voient en Macron leur incarnation, tout comme les étudiants, les fonctionnaires et les immigrés s’identifient à Mélenchon. Pour la France périphérique de souche, la figure providentielle est sans conteste Marine Le Pen. Aucun pont n’existe entre ces catégories et aucune concurrence ne saurait s’opérer entre plusieurs candidats pour récupérer les électeurs déjà inscrits dans un bloc.

La tripartition du paysage politique s’accompagne d’une forme d’autisme collectif : chacun se base sur ses ressources médiatiques, évolue dans son milieu et prête une quasi-allégeance à son candidat. Les déterminismes de classe ou d’appartenance ont remplacé la réflexion rationnelle censée fonder la démocratie – puisque chacun est déjà acquis à une personne, qui fait office de marque politique, la pertinence des campagnes électorales s’amenuise. En effet, il n’y a aucun intérêt rationnel à dépenser des quantités importantes de ressources (argent, temps, énergie) à convaincre des Français déjà captifs de leur option électorale. Simultanément, les abstentionnistes semblent de plus en plus inaccessibles, résignés à l’indifférence politique. Aujourd’hui, le rituel de l’élection revient à compter les membres des tribus politiques qui composent la France.

La démocratie libérale française semble se gripper et se solder par des blocages toujours plus importants. La question est de savoir si cet état de fait est la conséquence des seules institutions de la Ve République (dont la chute pourrait se solder sur un déblocage), ou s’il s’agit d’un désaveu et d’une résignation politique plus globale. L’affrontement qui s’annonce entre un parlement à la majorité introuvable et un président en pleine effervescence messianique apportera rapidement la réponse à cette question.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Éducation nationale : l’effondrement continue, par Xavier Eman

Éducation nationale

Le bateau ivre de l’Education nationale n’en finit pas de dériver et le naufrage final semble de plus en plus proche. Tous les ingrédients d’une inéluctable catastrophe sont en effet réunis depuis bien trop longtemps pour espérer encore une issue heureuse à la crise actuelle de l’enseignement. Violence endémique, analphabétisme galopant, inculture crasse, rupture de la transmission, wokisme rampant, nivellement par le bas, l’idéologie égalitariste et immigrationniste a conduit ce pivot central de la société qu’est l’enseignement au bord du gouffre. Même les plus aveuglés des pédagogues « progressistes » n’osent plus assumer le ridicule de prétendre que le « niveau monte » et sont contraints d’admettre le fiasco général. En plus, à tous ces maux, s’ajoute aujourd’hui la pénurie croissante de professeurs. Ainsi, à Versailles, la plus grande académie de France, seulement 424 futurs enseignants ont été admis aux concours pour 1 430 postes proposés. Un taux historiquement bas qui entraîne une situation inquiétante, alarmante même selon les syndicats. « On a seulement un poste sur trois d’enseignants pourvu en Ile-de-France, c’est catastrophique », s’émeut ainsi auprès de l’AFP la secrétaire générale du Snuipp-FSU, Guislaine David. Cette crise de recrutement est en effet sans précédent. Elle est le produit d’un double phénomène : la baisse drastique du nombre de candidats et l’écroulement du niveau de ceux qui veulent encore embrasser cette carrière sinistrée. Car non seulement rejoindre l’enseignement ne fait plus rêver personne, mais c’est au contraire une perspective devenue un véritable repoussoir qui n’attire guère plus que les bras cassés et les désespérés ne trouvant pas d’autres possibilités d’emploi. Jadis considéré et respecté, le métier d’enseignant est désormais tombé au fond d’un caniveau dont plus personne ne semble parvenir à l’extraire. Qui voudrait en effet rejoindre d’enthousiasme une institution dans laquelle, en plus d’être mal payé, on se retrouve quotidiennement confronté à des hordes de néo-barbares aussi ignares qu’agressifs et vindicatifs, ne maîtrisant pas plus les bases de la langue française que celles de la plus infime politesse, et qui insultent leurs professeurs quand ils ne les agressent pas ? Même les plus hallucinés chantres gauchistes du « vivre ensemble » ne veulent plus entrer dans l’arène et préfèrent opter pour d’autres métiers moins exposés aux conséquences directes et concrètes de leurs délires idéologiques.

Face à cette situation, le nouveau ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, ne semble pas plus inquiet que cela et annonce simplement une hausse de rémunération des enseignants en 2023 afin de « motiver les troupes ». Il affirme même, dans un bel exemple de méthode Coué, qu’il y aura un professeur dans chaque classe à la rentrée, malgré les graves difficultés de recrutement évoquées. L’historien promet également qu’il travaillera pour que l’école permette de « davantage réduire les inégalités » et qu’il ne remettra en cause ni Parcoursup ni la réforme du lycée mise en place par son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer. Pas de rupture donc, ni de grande nouveauté à l’horizon, qui reste bien sombre. On aurait pourtant pu espérer que le ministre s’inspire des méthodes éducatives et pédagogiques de la prestigieuse Ecole alsacienne où il a placé ses enfants pour remettre un peu d’ordre, d’autorité et d’excellence dans les écoles, collèges et lycées de France. Mais il n’en sera rien, ce qui est bon pour les enfants de l’élite « républicaine » ne semble pas l’être pour la plèbe qui devra encore attendre pour que ses enfants connaissent une « scolarité sereine » et de qualité.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 27 juin 2022

L’heureuse irruption politique des parias, par Ivan Rioufol

Ivan Rioufol

Pari perdu : Emmanuel Macron a produit, dans sa pratique de la défausse et du « en même temps », une apparente coquecigrue politique au cœur de l’Assemblée ; un assemblage hétéroclite de formations et de partis qui vont obliger les élites à quitter leur nombrilisme. Réélu le 24 avril après avoir agité la peur du populisme, le chef de l’État se retrouve nez à nez, à l’issue du second tour des législatives, avec les parias qu’il avait chassés. Son quinquennat, qu’il espérait poursuivre dans une hyperprésidence et un parti quasi monopolistique, est stoppé net par le réveil des somnambules.

Ce n’est pas la Nupes de Jean-Luc Mélenchon qui crée la surprise, même si l’addition des carpes et des lapins (qui déjà s’éparpillent) peut revendiquer 131 députés. Le vainqueur est le parti de Marine Le Pen. C’est lui que les électeurs ont choisi de promouvoir à l’Assemblée. Avec 89 députés, le RN est le premier parti d’opposition.

La Révolution des œillères, ainsi nommée par votre serviteur pour désigner la pression des réalités sur les idéologues et leurs toutous, est une force qui s’accélère. Elle est appelée à bousculer les citadelles construites sur le déni. Leur monde du trompe-l’œil, décrit ici la semaine dernière, est voué à disparaître sous la pression des faits, que le révisionnisme officiel cherche à effacer.

Quand, dans Le Point, l’ancien ambassadeur de France à Washington Gérard Araud déplore qu’« on affole à coups d’incidents montés en épingle », parlant des razzias des voyous de Seine-Saint-Denis contre des supporteurs anglais ou espagnols autour du Stade de France, le diplomate illustre l’aveuglement d’une classe hautaine. Le gouvernement a cherché à dissimuler les comportements des racailles en accusant des Britanniques agressés : ce mensonge d’État a contribué à attiser l’exaspération.

Ce sont des électeurs en colère (« la France rance », selon Bernard-Henri Lévy, jeudi sur CNews) qui, sans attendre des mots d’ordre ou des arrangements d’appareils, ont bousculé l’entre-soi du Système.

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Pour la Commission européenne, le FEMYSO, l’ONG proche des frères musulmans à l’initiative de la campagne #joyinhijab, n’a violé aucune des valeurs de l’Union européenne

Yassine BELATTAR vs. Jordan FLORENTIN : on a les images de vidéosurveillance !

28/06/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Le 20 novembre 2021, Jordan Florentin accusait Yassine Belattar de séquestration. Après s’être rendu à une représentation du spectacle de l’humoriste controversé, le journaliste de Livre Noir dit avoir été empêché de partir du théâtre pendant près d’une heure.

VA+ s’est procuré les images de vidéosurveillance du théâtre pour les décrypter. Alors fausse accusation ou vraie séquestration ?


[Interview] Edwige Diaz, députée RN : « Le Rassemblement National qui n’a plus la moindre influence sur les décisions, c’est fini »

Edwige Diaz

Les nouveaux députés élus à l’Assemblée nationale suite aux élections législatives de juin 2022 ont fait leur pré rentrée cette semaine, à la découverte de l’Institution, de son fonctionnement, de ses lieux chargés d’histoire. Place désormais au travail. Parmi les nouveaux députés, qui vont faire leurs premiers pas dans l’hémicycle, une étoile montante du RN depuis quelques années, Edwige Diaz, en provenance d’Aquitaine.

Breizh-info a voulu recueillir ses impressions après les élections mais aussi les ambitions et les sujets sur lesquels l’important groupe RN (89 députés) va mener la charge dans les prochains mois.

Breizh-info.com : Tout d’abord, à titre individuel, quelle est votre réaction après vos élections en tant que député ? Il s’agit d’une ascension fulgurante pour vous non ?

Edwige Diaz :
Je remercie sincèrement les plus de 25 000 électeurs qui m’ont accordé leur confiance. Je ne les décevrai pas. C’est un résultat historique. Jamais ma circonscription n’avait eu de Député Rassemblement National dans cette terre très ancrée à gauche.

C’est le fruit d’un immense travail d’implantation sur le territoire. Je suis en campagne depuis 5 ans dans le Blayais et le Coutradais. J’ai participé à toutes les élections locales. J’ai multiplié les listes aux municipales dans la circonscription. Je n’ai pas raté une seule fête champêtre, une seule manifestation, un seul marché ou vide-grenier, ni la moindre commémoration. Au-delà de nos thèmes qui reçoivent un fort écho dans la population, j’ai bénéficié d’une prime à la proximité. Ici, tout le monde me connait et connait mon attachement à notre territoire.

Marine Le Pen l’avait très bien compris lorsqu’elle nous a demandé, dès son élection à la présidence du Front National à l’époque, la clé du succès, c’est l’implantation territoriale ! Nous en récoltons les fruits aujourd’hui.

Breizh-info.com : Collectivement, le RN porte 89 députés à l’Assemblée nationale, contre toute attente. Quels sont vos premiers commentaires ?

Edwige Diaz : C’est un résultat historique qu’aucun observateur n’avait vu venir, mais ne suis pas aussi surprise que vous. Durant la campagne, nous sentions qu’il se passait quelque chose. Contrairement à de précédentes élections législatives, notre électorat est resté extrêmement mobilisé suite à nos scores très encourageants à la présidentielle.

Nos électeurs avaient compris l’enjeu de ce troisième tour de la présidentielle : faire barrage à Macron et l’empêcher d’avoir les pleins pouvoirs pendant 5 ans.

Pendant que les médias en faisait des caisses sur Jean-Luc Mélenchon et ses promesses délirantes, nous, nous étions sur le terrain au contact des Français pour leur dire de ne rien lâcher. Le résultat est sans appel : les Français nous ont proclamé première opposition à la présidentielle, ils ont confirmé leur vote aux législatives en faisant de nous le premier groupe parlementaire d’opposition.

C’est peut-être ce qui nous manquait jusqu’ici. En 10 ans, nous sommes passés de parti de contestation à parti d’opposition mais avant de devenir un parti de Gouvernement, il nous fallait d’abord devenir un parti institutionnalisé. C’est désormais le cas. Ce mandat va nous permettre de préparer 2027 en faisant émerger une nouvelle élite patriote dans les rangs de l’Assemblée Nationale. Dans 5 ans, nous nous présenterons aux Français avec des cadres expérimentés, rompus à la vie parlementaire et clairement identifiés par les Français. Cela pèsera dans les prochains votes. La prochaine campagne présidentielle commence aujourd’hui.

Breizh-info.com : Ce nombre, inédit, à l’Assemblée, vous oblige aussi, d’une certaine façon, à des résultats, car pour le coup, le RN n’aura jamais eu autant de pouvoir. Quelles sont les grandes thématiques sur lesquelles vous allez vous battre dans l’hémicycle ? Une pa ortie de la droite nationale a reproché au RN sa mollesse sur la question de l’immigration, qu’en sera-t-il ?

Edwige Diaz : Le Rassemblement National qui n’a plus la moindre influence sur les décisions, c’est fini ! Avec le premier groupe d’opposition, nous sommes désormais incontournables dan l’hémicycle. Les macronistes sont extrêmement affaiblis et n’auront pas d’autres choix que de nous faire des concessions. Contrairement à l’extrême-gauche qui est là pour mettre le bazar et transformer l’Assemblée en ZAD, nous serons fermes mais constructifs. Nous sommes là pour incarner l’opposition, pas pour faire de l’obstruction permanente. Quand un texte ira dans le bon sens, nous le voterons.

Mais accepter des compromis ne veut pas dire se compromettre. Nous resterons fidèles à ce pour quoi nos électeurs nous ont fait confiance.

Nous ne lâcherons rien face aux deux principaux blocs que nous affronterons, composés de ceux qui veulent détruire la France pour l’un, et de ceux qui veulent la détruire encore plus vite pour l’autre.

Nous nous battrons pour rendre aux Français leur pays, leur argent et leur parole.

Pendant les 5 prochaines années, nous serons en première ligne pour combattre le saccage social, la hausse du coût de la vie et la retraite à 65 ans, pour empêcher la saignée fiscale, pour lutter contre l’effondrement de l’Etat dans l’école, dans la sécurité, dans la justice et dans la santé. Nous ne céderons également pas un seul pouce face aux provocations de l’extrême-gauche Burkini. Cette extrême-gauche immigrationniste, communautariste, anti-laïcité, anti-flic, anti-nucléaire, bref anti tout et surtout anti Française.

Face aux Députés de la République McKinsey et aux Députés de la République Traoré, nous serons des Députés de la République française. Nous serons les porte-paroles de cette France qui a tant souffert, tant été oubliée et tant été méprisée pendant ces 5 dernières années.

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Christian Estrosi déclare en plein conseil métropolitain : « J’ai des informations selon lesquelles le Pass Vaccinal pourrait être réactivé dès le 1er août prochain »

Plus de députés employés, ouvriers et agriculteurs au RN qu’à la NUPES !

RN assemblée nationale

L’Assemblée nationale est-elle représentative de la société française ? Franceinfo a publié une étude dévoilant la composition de l’Hémicycle. Sans surprise, les catégories socioprofessionnelles supérieures (cadres) dominent les bancs de velours rouge, avec 61 % des députés élus. Pourtant, les cadres et professions intellectuelles supérieures ne sont que 9,5 %, dans la population française. Mais l’Assemblée nationale doit-elle réellement être un copier-coller de sociologie française ? Certains pensent que oui. C’est, d’ailleurs, une critique récurrente, ces dernières années : « Combien y a-t-il d’ouvriers à l’Assemblée nationale ? » s’interrogent les médias. Observe-t-on un changement depuis l’arrivée des nouveaux élus ?

Indéniablement, oui ! Depuis dimanche 19 juin, les médias se sont ainsi intéressés à la nouvelle députée NUPES, Rachel Kéké, anciennement femme de ménage. Le Parisien, Europe 1 ou BFM TV ont largement salué sa victoire. Un traitement médiatique bien différent de celui réservé à Lisette Pollet, élue RN de la Drôme, pourtant elle aussi femme de ménage.

Or, c’est pourtant au sein du groupe Rassemblement national qu’on trouve le plus de « diversité » sociale. Les professions intermédiaires représentent 10 % des députés RN, contre seulement 6 % parmi les élus NUPES, et 5 % dans l’ensemble des formations politiques. Dans le pays, les ouvriers, employés et professions intermédiaires représentent 42 % de la population française. La NUPES, qui allie l’extrême gauche et la gauche, compte 63 % de cadres parmi ses députés, contre… 49 % pour le RN. Parmi les deux groupes parlementaires, les employés sont plus nombreux, en pourcentage, au RN (11 %) qu’à la NUPES (7 %), comme les agriculteurs (2 %, contre 0 % à la NUPES !) et même comme les ouvriers (3 % au RN, contre 2 % à la NUPES) ! Qui représente donc vraiment le peuple ?

Le cas de Lisette Pollet n’est ainsi pas isolé au sein du groupe Rassemblement national. Romain Baubry a 33 ans et un CV bien rempli. Il a été successivement gendarme pendant deux ans, gardien de prison pendant cinq ans et policier. Avec son élection dans la 15e circonscription des Bouches-du-Rhône, le jeune homme va quitter son uniforme bleu pour un costume cravate. On peut également trouver, au sein du groupe RN, un chauffeur-livreur de 29 ans, un accordeur de piano – José Beaurain -, accessoirement vice-champion de France de bodybuilding, une auxiliaire de vie dans l’Eure (Christine Loir) ou encore un matelot de 23 ans.

Ces exemples illustrent parfaitement le déplacement de l’électorat populaire vers le Front puis le Rassemblement national. Cela fait bien longtemps que la gauche n’arrive plus à capter le vote rural et ouvrier. Le député LFI François Ruffin reconnaît d’ailleurs lui-même le phénomène et mettait en garde récemment, dans les colonnes du Monde : « On ne doit pas devenir la gauche des métropoles contre la droite et l’extrême droite des bourgs et des champs. » Trop tard !

Kevin Tanguy

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

« Trop d’immigration » pour 65 % des Français, par Guy Denaere

immigration chard

CNews a publié ce jeudi un sondage de l’institut CSA : 65 % des Français estiment qu’il y a trop d’immigration en France. Une proportion qui monte à 100 % des personnes interrogées qui se disent RN ou Reconquête, et qui descend à 7 % chez celles qui se disent PS.

S’il y a « trop » d’immigration, ce n’est pas au sens où l’on dit fautivement « c’est trop bien », non, il s’agit bien d’un excès, d’un événement négatif. A quoi les Français jaugent-ils ce trop ? Le sondage ne le dit pas. Il y a d’abord l’insécurité, qui n’est pas un sentiment mais qui se décline, concrètement, jour après jour, dans les violences dont on n’a qu’un écho très affaibli dans les grands médias. Violence à l’égard des personnes, violences à l’égard des forces de l’ordre : un policier agressé samedi 18 juin à Saint-Ouen, un commissariat attaqué le lendemain à Champigny-sur-Marne, deux policiers municipaux violemment agressés mardi 21 dans la cité Gabriel-Péri (Saint-Denis) par une dizaine de personnes après le contrôle d’un guetteur… Mais aussi une violence environnante : au mois de mai, par deux fois, des bagarres avec machettes et couteaux ont éclaté à Noisy-le-Sec devant l’école maternelle Petit-Prince (sur quelle planète vit-on ?), un « jeune ensanglanté » a même tenté de se réfugier dans l’école en pleine journée… Une insécurité qui croît en Seine-Saint-Denis et en région parisienne, mais tout autant en province qu’au cœur de Paris : Rachida Dati propose de clôturer le Champ-de-Mars et de le fermer pendant la nuit tellement la situation y est hors de contrôle.

Les sondages sur l’insécurité donnent d’ailleurs des chiffres proches de celui sur l’immigration : selon un sondage Ifop pour Sud Radio (3 juin dernier), 69 % des personnes interrogées estiment que « l’insécurité a augmenté » ; en septembre 2020, 70 % des Français jugeaient justifié le terme « d’ensauvagement » employé par Darmanin pour qualifier la violence et la délinquance.

Il y a ensuite, pour expliquer ce « trop d’immigration », le Grand Remplacement à l’œuvre. Là encore, croisons les sondages : 67 % de Français se disaient inquiets d’un « grand remplacement » en octobre dernier (sondage Harris Interactive pour Challenges). Femmes voilées et hommes barbus, populations exogènes majoritaires et qui font sentir aux Blancs qu’ils ne sont pas les bienvenus dans le quartier, ou dans l’établissement scolaire, ou dans la rame de métro, préférence étrangère, etc., chacun de nous en connaît les manifestations.

Mais pourquoi ces 65 % de Français n’ont-ils pas donné 65 % des suffrages à Marine Le Pen et Eric Zemmour lors des présidentielles, ou aux candidats RN et Reconquête lors des législatives ? Le barrage psychologique est solidement ancré dans les consciences depuis les années 1980 : quoi qu’on vive au quotidien, il ne faut pas voter « extrême droite », c’est mal. Comme le barrage « républicain », ce barrage-là n’en finit pas de céder. Il explique sans doute en partie ce mystère du vote et de l’abstention qui ne convertit pas en élection une idée ou une expérience.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 24 juin 2022

Alain Finkielkraut : le vote des électeurs pour le RN s’est fait pour «une raison très estimable», ils font valoir leur «droit à la continuité historique»

Quand le RN s’éveillera… le système tremblera, par François Bousquet

Marine Le Pen

Le RN est un habitué des podiums, mais rarement de la première marche. Il ne l’a certes pas atteinte aux législatives, mais un déclic s’est produit, qui sait même : un séisme !

Vous rappelez-vous le livre d’Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera… ? Je ne sais pourquoi, il me fait penser au parti de Marine Le Pen : Quand le RN s’éveillera, le système tremblera. Le RN est un géant endormi qui a découvert dimanche soir sa force électorale avec incrédulité, presque timidement, en se pinçant pour y croire. Jusque-là le parti de Marine ne la connaissait qu’à moitié, cette force, et pour cause : il ne s’en est jamais vraiment servi. Elle est là pourtant, dormante, solide, comme une chaîne de volcans qui sommeillent et ne demandent qu’à se réveiller. Or, ils se sont réveillés ce dimanche et la terre a tremblé jusqu’au Palais-Bourbon. C’est la tectonique des plaques électorales qui s’en trouve modifiée. Avec plus de 13 millions de voix à la présidentielle, Marine avait déjà atteint une masse critique suffisante, celle-là même qui rend possible les réactions en chaîne. « Too big to fail », comme on dit des géants de la finance et de l’économie. Oui, le RN est devenu too big to fail. Trop grand pour tomber. Ce qui signe, qu’on le veuille ou non, l’avis de décès du zemmourisme politique (mais pas métapolitique). Cependant, même à 13 millions, le RN restait une minorité de blocage, 41 % : impossible de faire quoi que ce soit sans son aval, mais impossible de conquérir une majorité politique, d’où les dissidences Mégret et Zemmour. Or, cette minorité de blocage n’en est virtuellement plus une. Ou plutôt : le blocage est levé. Il était d’abord dans la tête de Marine, n’en déplaise à ses partisans les plus sourcilleux.

Le plafond de verre dans la tête

Le RN a beau s’en défendre : jusqu’à présent il n’a jamais cru possible d’accéder au pouvoir. L’économie psychique du RN se résumait à un comportement d’échec aussi rodé, si j’ose dire, qu’une bonne vieille copine qui foire pour la cinquième fois son permis de conduire parce qu’elle est terrorisée à l’idée d’affronter l’examinateur. On en connaît tous une. Des preuves ? Rembobinons le magnéto. 2017, le matin même du débat de l’entre-deux-tours, la migraine ophtalmique de Marine, suivie d’une quasi-cécité, en guise d’acte manqué ; « l’éclatante victoire » au soir du deuxième tour, il y a deux mois, en guise d’aveu et de lapsus révélateur. À croire que le désir inconscient du RN, c’était de jouer à jamais les seconds rôles au second tour, comme une sorte d’US Quevilly football qui s’inviterait tous les cinq ans en finale de la Coupe de France. Il ne s’agit pas de gagner le match de la présidentielle. Être en finale suffit à son bonheur. Comment du reste, je vous le demande, l’US Quevilly pourrait-elle battre des clubs-États comme le PSG ? Or, le RN est en train de comprendre qu’il n’est pas l’US Quevilly de la politique, mais l’équivalent de 10, de 20, de 100 circonscriptions qui abriteraient chacune d’entre elles une section de l’US Quevilly. Car c’est cela, la sociologie du RN. Ainsi le syndrome Poulidor qui hypothéquait le RN est-il en passe d’être levé.

C’est la même chose avec le plafond de verre. Il étreignait comme un obstacle têtu, paralysant, la tête de la dirigeante du RN, elle qui s’est longtemps sentie dans la peau d’une héritière illégitime vouée à faire de la figuration dans toutes les élections intermédiaires : celle qu’on éconduit le jour du mariage, la mauvaise élève qui traîne un complexe d’infériorité insurmontable et ne réussira jamais le concours d’entrée de l’ENA, la fêtarde qui ne se prépare pas comme une athlète de haut niveau, etc. Or, elle a prouvé son aptitude à la résilience et à l’adversité. On l’a donnée pour morte trois ou quatre fois et c’est elle qui regarde passer les cadavres assise au bord de la rivière.

Quelle débandade ! On compte les morts avec plaisir. Manuel Valls, traître de comédie, touché-coulé ; Christophe Castaner, le type même de l’imitation homme viril dans un catalogue de mode, à la trappe ; le maréchal Ferrand de la macronie, Richard Ferrand, au tapis en attendant de repasser devant le juge comme en 2017. Moribonde, l’arnaque du front républicain. En réanimation, les LR, exception faite de la bande à Laurent Wauquiez, homme fort d’un parti faible. Mort-née, la Élisabeth Borne, oisillon à l’air pincé qui se prenait pour un aigle.

Électeur invisible, pour qui chantes-tu ?

Du RN, on ne voit habituellement que la partie émergée de l’iceberg électoral, l’autre est méthodiquement, médiatiquement invisibilisée. Question à 1 000 euros : qui a déjà rencontré dans la file d’attente de la boulangerie un électeur de Marine ? Personne. C’est bien simple, on ne le voit jamais, cet électeur. Il entre toujours par effraction dans l’actualité, lors de l’enterrement de Johnny ou des premiers actes des Gilets jaunes. Il est refoulé partout. Aucune politique de reconnaissance à son attention. Aucun relais dans les médias centraux. Aucun quota dans les séries télévisées. Il n’y a que Marine pour s’en faire la championne, et de-ci de-là un François Ruffin. Le RN est une terra incognita. Ses électeurs ressemblent au constat dressé par Ralph Ellison dans son livre, Homme invisible, pour qui chantes-tu ? (1952), consacré aux Noirs américains au temps de la ségrégation. Ce n’étaient que des ombres fuyantes que personne ne voulait voir. Les journalistes devraient lire le terrible chef-d’œuvre de Ralph Ellison pour savoir ce que ça signifie que d’être invisible, un fantôme social. Dimanche soir, le fantôme est sorti de la pénombre.

On a beaucoup critiqué le RN, moi le premier, et je continuerai à le faire tant il est vrai que le parti de Marine devrait être au pouvoir – tous ses axes programmatiques sont majoritaires dans l’opinion. Or, jusqu’à présent les gens ne voulaient surtout pas du médium (le RN), alors qu’ils plébiscitaient le message, pour paraphraser Marshall McLuhan qui disait : le médium c’est le message. Ce qui est désormais le cas pour Marine : elle et son programme ne font plus qu’un.

Sans revenir aux législatives de 2017, la remontada du RN est impressionnante, ne serait-ce que par rapport aux régionales de 2021. Personne, même les plus audacieux marinistes, ne donnait le RN aussi haut. En faisant le service minimum, le RN rafle 89 députés, comme le chiffre de mon département, numéro fétiche, qui a envoyé Julien Odoul à la Chambre. Une razzia dans l’Aude, les Pyrénées-Orientales, la Haute-Marne et la Haute-Saône. Le RN a vaincu le signe indien des législatives, sans le vouloir, sans alliance, sans effort, par un simple effet mécanique, bien aidé par les scènes de sauvagerie au Stade de France. On n’ose à peine imaginer ce qu’il en aurait été s’il avait fait le service maximum, après une campagne à la Mélenchon. Élisez-moi Première ministre !

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Institute for Strategic Dialogue : tous unis contre la haine !

ISD France

Le 8 juin 2022, Le Monde publiait un article intitulé « Les influences prorusses en ordre de bataille » et s’appuyant sur une étude de « l’organisation indépendante Institute for Strategic Dialogue » (ISD). Dans le viseur de cette étude : des « personnes réparties dans huit pays occidentaux » accusées de « disséminer la propagande du Kremlin » et d’avoir des liens « flous » avec Moscou.

Deux Françaises sur la liste

Sur les douze influenceurs qui « répandent des discours de désinformation prorusses » identifiés par l’ISD, deux sont des Françaises : Anne-Laure Bonnel et Christelle Néant. Leur crime ? Présenter une version du conflit russo-ukrainien sensiblement différente de celle propagée par les médias de grand chemin occidentaux.

Anne-Laure Bonnel est connue pour son documentaire réalisé en 2016 sur le Donbass dans lequel elle montre que la vie des populations russes n’était pas un parcours de santé dans cette région alors encore sous le contrôle de Kiev. Fake-news, « fables concoctées par la télévision russe », selon le correspondant du Monde à Moscou, Benoît Vitkine.

Christelle Néant vit depuis six ans dans le Donbass d’où elle anime son média Donbass Insider. Elle se permet régulièrement de rappeler les liens entre Kiev et les bataillons néonazis ukrainiens, photos à l’appui. Une vue de l’esprit, circulez y’ a rien à voir !

Les passions que déchaîne dans la presse le bataillon Azov, débouchent systématiquement sur des situations totalement absurdes, comme par exemple le 30 mai, quand The Times titrait « Azov Battalion drops neo-Nazi symbol exploited by Russian propagandists » (Le bataillon Azov abandonne le symbole néo-nazi [sur son insigne] exploité par les propagandistes russes). À rien y comprendre, sauf si l’on part du principe que le quotidien de Rupert Murdoch se moque ouvertement de ses lecteurs.

L’ISD, boîte à idées contre la haine

Fondé en 2006 et principalement implanté à Berlin, Londres, Paris et Washington, l’ISD produit des études et des analyses sur ce qu’il considère comme étant les fléaux de notre temps, entre autres par la pratique du counter-narrative (la contre-narration). Ses domaines de recherche sont les suivants :

– La désinformation (désinformation électorale, climatique et sanitaire, réseaux conspirationnistes)
– L’extrémisme (extrémisme d’extrême-droite, islamisme, femmes et extrémisme)
– Polarisation et haine (islamophobie, antisémitisme, misogynie, LGBTQ)

Plus qu’un think-thank, un véritable tank destiné à broyer tous les esprits réfractaires sur son passage !

De mèche avec Facebook et Google

L’ISD est connu pour avoir lancé des projets en partenariat avec Google et Facebook dans le but de lutter contre la haine et l’extrémisme en ligne.

C’est le cas du fonds d’innovation d’un million de livres sterling créé en 2017 avec google.org dont le but est de « développer des solutions contre la haine et l’extrémisme » au Royaume-Uni. Cette enveloppe faisait partie des cinq millions de livres sterling consacrés par Google.org à cette cause au niveau mondial.

L’ISD dispose également d’un partenariat stratégique avec Facebook dans le cadre de son programme nommé Online Civil Courage Initiative (OCCI — Initiative pour le courage civil en ligne) lancé en 2016 en Allemagne puis en 2017 en France et en Angleterre. Cette initiative est « le premier effort stratégique non gouvernemental visant à organiser une réponse proportionnelle à l’échelle européenne à la haine, à la violence et au terrorisme en ligne. L’OCCI combine l’expertise de la technologie, de la communication, du marketing et du monde universitaire afin d’améliorer les compétences et la réponse civique à la haine et à l’extrémisme en ligne. »

Pour ses projets de lutte contre la haine en ligne, l’ISD peut compter sur son réseau YouthCAN (Youth Civil Activism Network), le principal réseau mondial de jeunes se consacrant à la lutte contre l’extrémisme, la polarisation, les discours de haine et la désinformation. Ils forment une communauté plus de 1 900 jeunes militants, créateurs et entrepreneurs dans le domaine de la technologie dans plus de 130 pays.

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