« Pendez les Blancs » – Me Frédéric Pichon sur l’affaire Nick Conrad : « La cour d’appel a manifestement botté en touche… »

Frédéric Pichon

Condamné à 5.000 euros d’amende en première instance pour sa musique« Pendez les Blancs », Nick Conrad a finalement été relaxé par la cour d’appel, ce jeudi 23 septembre. La cour a invoqué un vice de procédure.

Maître Frédéric Pichon revient sur ce dénouement surprenant.

Le rappeur Nick Conrad, qui avait été condamné à 5.000 euros d’amende pour avoir dit « Pendez les Blancs », a été relaxé pour vice de procédure. Comment expliquer ce raté de la justice ?

Il y a bien un raté de la justice. En première instance, il avait écopé d’une peine relativement modeste, 5.000 € d’amende, pour avoir appelé à pendre les Blancs et à tuer les bébés blancs, ce qui est ahurissant. Imaginez-vous un rappeur appelant à tuer les bébés musulmans ou les bébés juifs, On auraitb évidemmentb tous les chefs d’État du monde dans la rue, comme pour l’attentat de Charlie Hebdo. L’indignation est à géométrie variable. Il y a eu une décision incroyablement clémente en première instance, puis la cour d’appel a manifestement botté en touche pour ne pas avoir à statuer sur le fond, en faisant droit à une exception de nullité assez rocambolesque mise en avant par les avocats de M. Conrad.
Le droit de la presse obéit à des règles de nullité et les praticiens en font souvent usage, ce n’est pas contestable. En revanche, celle-ci l’est.
Le parquet a été assez peu diligent dans cette affaire, la date pour la convocation à l’audience allait au-delà des délais de prescription. Les avocat des parties civiles ont donc rappelé au parquet qu’il fallait faire une citation interruptive, en raison du manque de diligence du parquet. On se demande si le ministère public n’a pas fait exprès initialement, car ce parquet à Paris est spécialisé en droit de la presse et connaît parfaitement les arcanes.

Cette boulette arrangeait tout le monde, à part l’opinion et les bonnes humeurs…

Évidemment, cela arrangeait beaucoup de monde.
La cour a fait droit à l’argumentaire de la partie adverse qui disait que ces deux modes de convocation alternatifs créaient un doute dans l’esprit du prévenu quant à la nature de la poursuite engagée contre lui. Les textes visés ne correspondent ni au droit, ni à la loi de 1881 ou à la jurisprudence. Il y a donc de fortes chances que cette décision soit cassée en appel. Je pense que mon confrère Triomphe va se pouvoir en cassation.
Pour l’association Résistance républicaine et pour l’AGRIF, nous avons fait une autre procédure parallèle contre Nick Conrad qui, dans un nouveau clip après sa condamnation, s’est mis en scène en train d’égorger une femme blanche. Le tribunal avait estimé que c’était symbolique. Il y a toujours deux poids deux mesures.

Éric Zemmour a été condamné pour incitation à la haine et, à côté, on a ce Nick Conrad qui échappe à la justice et récidive dans un deuxième clip.

Nous sommes là dans une justice idéologique, c’est la raison pour laquelle ces lois, instaurant en quelque sorte le procès d’intention et permettant aux magistrats de sonder les reins et les cœurs et laissent les décisions à son appréciation subjective, doivent être remises en question.
Une de mes clientes a été condamnée pour avoir critiqué l’islam alors qu’il est de jurisprudence constante que l’on peut critiquer les religions. On m’a rétorqué que dans l’islam, il y avait une double définition : la religion et la communauté des croyants. Par conséquent, cela visait les personnes. Cette loi est donc un instrument liberticide qui permet de dire tout et son contraire et de ne pas s’embarrasser de contradictions flagrantes.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Charlotte d’Ornellas : “La dénatalité touche toute l’Europe, les enfants sont pourtant l’avenir de la société”

Damien Tarel, le gifleur de Macron, se confie [Interview]

Damien Tarel

Il s’appelle Damien Tarel. Il a giflé Emmanuel Macron au cri de « Montjoie St Denis » et cela lui a coûté trois mois en prison. Nous l’avons interrogé quelques semaines après sa sortie de prison. Entretien brut.

Breizh-info.com : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs, de la façon dont vous souhaiteriez être présenté ?

Damien Tarel : Je suis Damien Tarel, un jeune drômois de 28 ans. J’ai autant travaillé dans les usines que fréquenté les bancs de la fac. Je suis attaché à ma ville de naissance et ma région que j’essaie de dynamiser avec plusieurs associations et suis actuellement étudiant en gestion de projet événementiel. Je pense que l’on peut dire que je suis quelqu’un de curieux avec beaucoup de passion notamment l’histoire et les arts martiaux.

Breizh-info.com : Tout d’abord, comment se sont déroulés vos trois mois en prison ? Dans votre prison, les propos d’un certain Éric Zemmour sur l’origine extra européenne d’une majorité de pensionnaires se sont-ils vérifiés?

Damien Tarel : Après les débuts plutôt difficiles dus en grande partie à l’isolement, le reste ma détention s’est bien passé grâce aux centaines de lettres de soutien ainsi qu’aux livres que j’ai pu recevoir. Il se trouve que les propos d’Éric Zemmour sont tout à fait exacts, 80 à 90 % des détenus sont musulmans. La plupart ont été sympathiques avec moi.

Breizh-info.com : Avez vous été étonné du soutien reçu en prison ? Pourquoi avoir décidé de se rendre chez Hanouna dans la foulée de votre sortie ? N’avez vous pas eu l’impression de participer à un lynchage public dont vous étiez la victime, lynchage émanant de personnalités qui par ailleurs sont souvent émoustillées devant des voyous (issus de la scène rap notamment) invités sur les plateaux télévisions ?

Damien Tarel : J’avoue avoir été légèrement étonné du soutien reçu en prison notamment de la quantité, mais plus que tout de la clairvoyance des lettres que j’ai reçues.

Quand j’ai accepté de participer à l’émission de Touche pas à mon poste j’avais conscience de me diriger vers la fosse aux lions avec l’espoir un peu naïf de pouvoir y présenter une partie de mes idées, mais surtout la conviction profonde que la vérité finirait toujours paraître tant qu’on lui laisse l’occasion.

Le paradoxe que vous soulignez est tout à fait vrai néanmoins, ce n’est pas le seul. Ceux-ci sont nombreux chez les chroniqueurs de la télévision en décalage avec la réalité. Même si mon intervention a effectivement ressemblé à un lynchage public plutôt malhonnête, j’ai l’espoir d’avoir pu ouvrir les yeux des téléspectateurs sur la fausseté de ces soi-disant apôtres de la non-violence.

Breizh-info.com : La justice française vous a empêché de poursuivre une formation… alors même qu’on vous demande de suivre une formation à votre sortie de prison. Ubuesque non ? Pour quelles raisons devez-vous suivre un traitement psychologique ? Est-ce à considérer qu’un opposant à la macronie relève de la psychiatrie ?

Damien Tarel : Oui j’avoue que cela est assez paradoxal, mais comme mon geste est symbolique la peine est elle aussi symbolique, sans autre considération pour la réalité de ma situation. Cette peine a pour unique but de m’accabler de me discréditer. Pour ce qui est des soins psychologiques, j’avoue ne pas savoir quelles sont les raisons invoquées. Comme si pour les juges, il s’agissait d’une évidence, qui n’est pas nécessaire de préciser, que seul un fou peut-être à l’origine de cet acte.

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In memoriam Gilles Soulas, agence tous risques de la droite nationale

Gilles Soulas

Éditeur, libraire, militant de toutes les causes, Gilles Soulas (1955-2021) nous a brutalement quittés au petit matin, en ce dimanche 26 septembre. À près de 70 ans, rien n’avait pourtant vieilli en lui. Au contraire, tout était clair, le regard, l’attitude, le visage. On n’est pas prêt de l’oublier.

Il était solide comme une poutre maîtresse. Il semblait indestructible. Les épaules taillées dans du chêne. Si quelqu’un n’avait pas besoin de rouler les siennes, c’était lui. Jamais il ne la ramenait, toujours taiseux sur ses nombreux faits d’arme. Mis bout à bout, ils étaient pourtant aussi épais que ceux d’un baroudeur, depuis le Liban, où il combattit en 1976 (Photo) aux côtés des Forces chrétiennes. Pas un mot plus haut que l’autre, sauf quand il fallait lever les poings pour s’interposer.

Sa démarche, lourde, puissante, athlétique, valait toutes les cartes de visite ; il fallait le voir arriver à la Nouvelle Librairie, au 11 de la rue de Médicis, toujours chargé, un carton de livres dans les bras, un rayonnage démonté dans son SUV, où il raccompagna, un soir mémorable de l’automne 2020, Jean Raspail chez lui, Louise, son épouse, littéralement ensevelie sous les livres qui débordaient de partout.

De la Librairie nationale à la Nouvelle Librairie

Jamais la Nouvelle Librairie n’aurait été ce qu’elle est devenue sans lui. Je crois qu’elle le rajeunissait et le ramenait un quart de siècle en arrière, en 1997, quand il a repris la librairie de L’Æncre, rue de la Sourdière, au cœur de Paris. C’est à ce moment que nous nous sommes rencontrés. Avant d’en faire la future Librairie nationale, maison éditrice de Jean-Claude Valla et de Guillaume Faye, ancêtre de la Nouvelle Librairie, L’Æncre était en quasi-faillite, avec des ardoises un peu partout, dont une très, très grosse aux éditions de l’Âge d’Homme, des paquets de livres impayés, du général Gallois, de Julius Evola, de Vladimir Volkoff et j’en passe. Pas de quoi entamer une relation du bon pied. Eh bien, celui qui était encore Soulas pour moi a d’emblée réglé cette dette comme on règle une dette d’honneur, histoire de remettre les compteurs à zéro et de repartir sur de bonnes bases. Ni lui ni moi n’avons eu à nous en plaindre.

La hure de Gilles

On s’est retrouvé en 2018, quand notre bande a lancé la Nouvelle Librairie. Il lui a apporté son soutien inconditionnel, son expérience, son imagination, sa prodigieuse activité, ses contacts sans nombre, son amitié. La hure de sanglier – celle qui trône dans la boutique de la rue de Médicis, tout Gilles Soulas – c’est lui qui l’a déposée (et posée).

Il était entrepreneur dans l’âme, homme lige de quantité de structures, ici cheville ouvrière, là maître d’œuvre. Joignable H24, dès qu’il s’agissait de la cause. Il appartenait à la classe d’élite du militantisme, les prétoriens, les preux, le dernier carré – ou le premier. Le militantisme ainsi conçu, c’est la dernière chevalerie – ou les prémices de sa renaissance. Toujours en première ligne, non pas seulement pour aller au combat, mais aussi, mais plus encore pour descendre dans la salle des machines, où d’ordinaire on ne se presse pas. Toujours servir, quoi qu’il en coûte, quoi qu’il advienne : il n’y a que l’esprit d’adolescence, que l’esprit de jeunesse susceptible de porter tout au long de l’existence cet idéal. Les nés vieux, les secs au berceau, les avares au rabais ne pourront jamais comprendre.

Les livres dans la peau

Il aimait passionnément les livres, en bibliomane et en soldeur, j’allais dire presque en chiffonnier d’antan (qu’on me pardonne l’expression, elle vaut éloge sous ma plume – les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ce qu’a été l’économie du livre dans les âges antérieurs : une affaire de bricoleurs, de fous, de risque-tout). Je n’ai connu une telle passion du livre que chez Vladimir Dimitrijević, le patron de l’Âge d’Homme. Tous les deux étaient toujours fourrés chez Emmaüs, filaient un jour en province récupérer une bibliothèque, achetaient le lendemain dix cartons chez un grossiste. Le collectionneur faisait relier les livres, le soldeur ne voulait pas qu’ils meurent au pilon.

Servir sans compter, la seule devise qui vaille

Combien de fois a-t-il assuré le SO de nos événements ? SO, service d’ordre : ces deux mots le résument à merveille. Je crois qu’on peut dire qu’on était avec lui en sécurité, dans toute la force du mot. La dernière fois que j’ai vu cette force à l’œuvre, c’était à Toulouse, le 12 février 2020, lors d’une conférence organisée par le cercle des Capitouls attaquée par les antifas. Pas trop de dégâts, mais des images impressionnantes. Comme j’intervenais soir-là, mon attention était tournée ailleurs. Mais au vu des vidéos qui ont ensuite circulé, Sixtine Jeay, la codirectrice de la librairie et de ses éditions, qui en connaît un rayon en matière d’autodéfense, elle qui a été championne de France de box thaï, m’a dit avoir été impressionnée par le sang-froid de Gilles. Je veux bien la croire. Il nous aura tous impressionné. Lui, son sang-froid, son inébranlable solidité.

On s’était promis une chose que tu ne verras malheureusement pas, Gilles ! Une deuxième dédicace Zemmour, quatre ans après la première, qui a tenu lieu pour nous d’inauguration en grande pompe de la Nouvelle Librairie, où tu aurais assuré la sécurité et fait la nique aux journalistes, en particulier à ces corniauds de Quotidien. Je ne sais pas si on la fera, cette dédicace, mais si tel devait être le cas, je te promets qu’on ne les loupera pas.

Toute notre affection, notre peine et notre amitié à ton épouse, Louise et aux tiens. Adieu, camarade !

Tribune reprise de Revue-elements.com

“Le Privilège blanc – Qui veut faire la peau aux Européens ?” – Entretien avec Georges Guiscard

privilège blanc

« Privilège blanc », un concept lourd de conséquences
Un entretien réalisé par Guy Denaere.

— Le concept de « privilège blanc » est récent en France, mais il a une histoire. Où et quand s’est-il forgé ?

— Le premier à employer l’expression est Theodore W. Allen, un militant communiste américain. Dans un livre publié en 1975, L’Invention de la race blanche, il explique que les planteurs blancs ont instauré un « privilège de la peau blanche » dans les colonies américaines afin de diviser les travailleurs, pour que les Européens se sentent supérieurs aux esclaves noirs. Selon Allen et ses continuateurs, il pouvait exister de la haine raciale avant cela, mais seuls les Européens sont allés jusqu’à la hiérarchisation des races, l’infériorisation de certains peuples. Le privilège blanc serait l’expression de ce racisme fondateur qui structurerait toujours les sociétés occidentales, par l’histoire de l’esclavage en Amérique et de la colonialisation en Europe.

L’ethnomasochisme : quand les Blancs font le jeu des très racistes Black Lives Matter.

— C’est donc une nouvelle arme marxiste, idéologie qui crée un ressentiment puis en exploite toutes les « fonctionnalités » – le mouvement woke ?

— En prenant un peu de recul, on s’aperçoit vite qu’il s’agit d’un schéma marxiste classique dominants/dominés. Les Blancs ont remplacé la bourgeoisie tandis que les non-Blancs sont les nouveaux prolétaires. Le marxisme n’est cependant que la matrice. Le cheminement intellectuel passe par la théorie critique de l’Ecole de Francfort, la French Theory des postmodernes et poststructuralistes – Foucault, Derrida, Bourdieu… – jusqu’aux campus américains travaillés par les questions raciales.

Le produit final est la « théorie critique de la race », grille de lecture du mouvement woke dont le concept du privilège blanc est l’élément central. Doctrinalement parlant, il ne reste pas grand-chose de Marx outre le logiciel mental manichéen qui est passé de la lutte des classes à la lutte des races. Ce qui n’empêche pas les gauchistes d’être très impliqués. Cela fait longtemps qu’ils ont délaissé les travailleurs blancs.

— Il y aurait donc un péché originel blanc ? Vous et moi appartiendrions à une race intrinsèquement mauvaise ?

— Non contents d’avoir inventé le racisme, nous le perpétuerions dans nos sociétés, avec le privilège blanc qui l’accompagne, même sans le vouloir, sans en avoir conscience. Nous sommes accusés d’imposer notre « blanchité », notre norme blanche, via la couleur des pansements par exemple. Nous entretiendrions donc ce privilège par notre simple existence et notre être au monde spécifiquement européen. De plus, d’après Robin DiAngelo, l’un des auteurs les plus en vue sur le sujet, déconstruire son privilège blanc serait « le travail d’une vie » et « les Blancs devraient cesser de dire “je ne suis pas raciste” ». Impossible d’y échapper. Pour le professeur Joseph Bottum, le wokisme est un postprotestantisme, « une Eglise du Christ sans le Christ ». Il n’y a donc pas de pardon possible. Nous sommes consubstantiellement mauvais et nul ne rachètera nos péchés.

— Le succès du wokisme en France n’est-il pas dû (entre autres choses) à « l’autophobie », ou haine de soi du Blanc, distillée pendant un demi-siècle et qui a en quelque sorte préparé le terrain ?

— Les élites françaises, atteintes d’un ethnomasochisme pathologique, toutes passées par les mêmes écoles et formées dans le même moule socio-idéologique, étaient prêtes à accepter ce discours. Il n’a ainsi fallu que six mois pour que le concept de privilège blanc passe de la romancière Virginie Despentes, qui l’a évoqué en marge d’une manifestation du Comité Adama Traoré, à Emmanuel Macron dans les colonnes de L’Express en décembre 2020. Il y a autant de calcul politique – draguer les minorités, donner des gages à la gauche – que de convictions. Ajoutons à cela le clergé progressiste formé par l’université, les médias dominants et les associatifs gauchistes, et nous avons les nouveaux Etats confédérés qui détruisent notre civilisation de l’intérieur, en France et partout en Occident. La propagation fulgurante des idées woke ne fut possible que grâce à leur continuel travail de sape.

— A l’enfer blanc et son racisme systémique que vivraient les Noirs, s’oppose une Afrique fantasmée – le Wakanda –, une relecture de l’histoire qui fait des Africains des inventeurs et des découvreurs. Cela ne révèle-t-il pas, derrière des allures d’affranchis, un sérieux complexe d’infériorité ?

— La colonisation et l’esclavage auraient laissé tant de marques qu’il serait impossible à l’Afrique ou aux Africains en Occident de s’en remettre. C’est d’autant plus coupable que les Européens auraient tout volé à l’Afrique ! On sent dans ces théories un ressentiment qui mêle haine, jalousie et culture de l’excuse. Cette victimisation permanente permet surtout de ne jamais se remettre en question puisque c’est systématiquement la faute des Blancs.

Ce fantasme wakandais peut parfois sembler drôle. Ne négligeons pourtant pas les dangers qu’il véhicule : si les Blancs sont responsables de tout, la solution est l’abolition de la blanchité, c’est-à-dire de la civilisation occidentale voire de la « race blanche » comme a pu l’affirmer l’historien communiste Noel Ignatiev, un pionnier des études sur la blanchité.

Ce discours est pourtant facilement contredit. Il suffit de constater la réussite économique des Asiatiques, dont la plupart des pays furent colonisés ou dominés. De même, les diasporas asiatiques en Occident sont généralement bien intégrées. Aux Etats-Unis, de nombreuses communautés asiatiques ont un salaire moyen supérieur et un taux de criminalité inférieur aux Euro-Américains. Le privilège blanc ne les oppresserait donc pas ? Le problème a été simplement résolu : pour les militants woke, les Asiatiques sont désormais catégorisés comme des Blancs !

— Il y a l’idéologie qui déconstruit, il y a aussi les affaires qui rapportent. Comment les marques aident-elles à la propagation du mythe du privilège blanc ?

— Contrairement aux autres communautés, les Européens ne se perçoivent pas comme un groupe. En conséquence, ils réagissent peu lorsque les Blancs sont moqués, humiliés, attaqués. N’importe quel propos ou publicité peu amène envers les Africains ou les musulmans provoque une réaction, sur les réseaux par exemple, un bad buzz organisé par des mouvements militants. Mais on peut faire ce que l’on veut aux Européens. Dans leur communication, les marques jouent de plus en plus sur ces codes woke, pro-diversité et anti-Blancs : elles savent d’une part que les non-Européens et les Blancs masochistes y seront sensibles, d’autre part que les Blancs ne se mobiliseront jamais massivement pour un boycott. Une logique purement commerciale incite donc les marques à aller sur ce terrain, par exemple L’Oréal qui, à l’apogée des manifestations Black Lives Matter, a fièrement annoncé retirer de ses produits et de sa communication des mots tels que « blanc », « blanchissant » et « éclaircissant ».

Il ne faut cependant pas sous-estimer le nombre croissant de commissaires politiques formés aux études sur la blanchité ou de genre, qui imposent leurs idées au sein des entreprises. On songe aux formations de Coca-Cola pour apprendre à ses employés à se « déblanchiser ».

— Comment ne pas entrer dans le piège de la rhétorique woke ?

— Le plus important est de ne jamais s’excuser face à leurs reproches, de n’avoir honte ni de ce que nous sommes, ni de nos ancêtres. Les accusations sont infondées et visent à culpabiliser les indigènes, les Européens, pour les dominer au sein des sociétés que ces derniers ont bâties. Aucune concession ne sera jamais suffisante. Ni « réparation », ni compromis, ni même la soumission ne permettra d’être épargné. Il ne faut toutefois pas hausser les épaules et croire que c’est un délire circonscrit à des cercles d’illuminés : ces théories font des ravages dans la jeunesse. Il est indispensable de se documenter pour pouvoir tout réfuter, en bloc et en détail, de façon intransigeante.

C’est une idéologie qui ne cherche pas la justice mais la punition. Christiane Taubira l’a dit dans sa préface de l’ouvrage Le Procès de l’Amérique – Plaidoyer pour une réparation : « Nulle réparation matérielle n’effacera un crime si grand que l’esclavage ou la colonisation. » S’il y a crime ineffaçable, il y a victime éternelle. Les Blancs ne doivent pas imaginer pouvoir solder leur dette imaginaire. Plus nous céderons, plus ils prendront. Cette rhétorique installe un climat prégénocidaire : on peut tout faire au nom de la lutte contre les privilèges illégitimes et contre le racisme. Les massacres des révolutions française et bolchévique s’appuyaient sur des idées comparables.

Georges Guiscard, Le Privilège blanc – Qui veut faire la peau aux Européens ?. Préface de François Bousquet. Iliade – La Nouvelle Librairie, 222 pages, 16 euros.

Tribune reprise de Présent

Mathieu Slama: «Le gouvernement envisage de prolonger le passe sanitaire pour des raisons électoralistes»

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Le passe sanitaire qui devait initialement être abandonné après le 15 novembre pourrait être prolongé. Pour l’analyste politique, cette manœuvre vise surtout à séduire un électorat plutôt âgé et favorable au dispositif.

Cette fois, le doute n’est plus permis : le gouvernement prépare les esprits à la prolongation du passe sanitaire. Il y a quelques jours, il affirmait, par la voix de son porte-parole Gabriel Attal, que le passe sanitaire pourrait être supprimé dans certains territoires où le virus ne circule plus mais conservé dans d’autres. Puis on apprenait, par une «fuite» dans la presse (méthode de communication classique pour préparer les esprits à des annonces fortes et clivantes), qu’un projet de loi était en préparation pour prolonger la durée de vie du passe, initialement censé se terminer le 15 novembre dans le cadre de la précédente loi votée.

Le gouvernement ne donne donc aucune limite de temps au passe. La seule concession qu’il accorde est, semble-t-il, sa modulation selon les territoires. Récemment, Olivier Véran affirmait même qu’il serait nécessaire aussi longtemps que le virus était présent dans le pays, ce qui revenait à dire qu’il n’était pas près de disparaître. Quant à Emmanuel Macron, il affirmait en marge d’un déplacement à propos du passe : «On va le conserver dans la poche».

Cette décision de prolonger le passe sanitaire pose d’abord question d’un point de vue juridique. Le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel avaient validé (hélas…) le passe sanitaire généralisé au motif qu’il était «strictement proportionné aux risques sanitaires encourus», et soulignait qu’il devait y être «mis fin sans délai lorsqu’il n’est plus nécessaire». Or la situation épidémique est sous contrôle, le taux d’incidence en baisse quasi-constante partout sur le territoire métropolitain et le cataclysme annoncé du variant Delta n’a pas eu lieu. Comment justifier, dans ces conditions, la prolongation d’un outil qui, si l’on suit les raisonnements du juge constitutionnel, n’a plus lieu d’être ?

D’autre part, il est désormais admis par la communauté scientifique que le vaccin, s’il diminue la possibilité de contaminer autrui, ne la supprime pas. Cela signifie, très concrètement, qu’une personne dotée d’un test négatif peut potentiellement être contaminée par une personne vaccinée. Dans ces conditions, l’argument sanitaire du passe ne tient plus, ou est très fortement fragilisé (et on ne prend pas une mesure aussi grave sur des fondements scientifiques aussi fragiles).

Le passe sanitaire apparaît donc désormais pour ce qu’il est et ce qu’il a toujours été, c’est-à-dire un outil de coercition destiné à rendre la vie des non-vaccinés impossible et ainsi les pousser à la vaccination. Coercition renforcée par la décision du gouvernement, qui sera effective à la mi-octobre, de ne plus rembourser les tests «de confort», c’est-à-dire l’unique moyen pour les non-vaccinés d’accéder aux lieux de sociabilité. Rappelons ici que le Conseil d’État avait insisté, dans l’avis qu’il avait rendu sur l’extension du passe sanitaire, sur le fait que le passe ne pouvait être un outil d’incitation à la vaccination mais uniquement un outil de protection sanitaire. Mais nous ne sommes plus à une contradiction ou à un reniement prêt. Et il y a fort à parier que le Conseil d’État comme le Conseil constitutionnel sauront trouver, pour valider cette nouvelle loi de prolongation du passe sanitaire, les artifices juridiques nécessaires…

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Dans “Hurrah Raspail !”, sous la direction d’Adrien Renouard, une quarantaine de témoignages rendent hommage à Jean Raspail, écrivain mais aussi aventurier

Le silence éloquent de Salah Abdeslam

Jean-Frédéric Poisson sur le procès des attentats du 13 novembre 2015.

Depuis le 8 septembre se tient le procès des attentats terroristes du 13 novembre 2015. Un événement douloureux pour les familles de victimes dont la douleur est cruellement ravivée. Si certains n’attendent rien de particulier de cet événement médiatique, d’autres au contraire souhaitent obtenir justice pour leurs disparus. D’autres encore déclarent qu’ils ne souhaitent pas de récupération politique autour de ce procès. Pourtant, et malgré tout le respect que nous devons à ces victimes, il n’est pas question d’éviter ce sujet. En effet, l’enjeu de cet événement va bien au-delà d’un simple procès. Il met en lumière la lutte qui s’est amorcée entre deux civilisations incompatibles. Une lutte dont beaucoup de Français semblent ne pas avoir conscience, sans doute par méconnaissance de nos adversaires.

Nous ne pourrons pas combattre l’Islam conquérant tant que nous ne comprendrons pas l’état d’esprit de ceux qui ont frappé le Bataclan, l’Hyper Cacher, mais aussi Nice, le marché de Strasbourg et qui ont assassiné le Père Hamel, Arnaud Beltrame et tant d’autres. À cet égard, le silence de Salah Abdeslam depuis son incarcération nous en apprend davantage que les propos qui peuvent émerger de différents interrogatoires de terroristes : Salah Abdeslam se tait. Il ne dialogue qu’avec ses codétenus qu’il influence. Il se tait, car le dialogue ne l’intéresse pas ; notre point de vue n’a pas la moindre valeur pour lui. Il n’attend pas davantage de notre part que nous le comprenions. Il se tait jusqu’à son procès, occasion pour lui de déclarer : « je tiens à témoigner qu’il n’y a point de divinité à part Allah et que Mohamed est son messager » [1]; ce qui constitue, mot pour mot, la profession de foi à l’Islam. Beaucoup semblent étonnés par cette sortie, mais l’explication de son attitude est pourtant limpide : Abdeslam appartient à une autre civilisation au sein de laquelle existe un état d’esprit particulier, façonné par le Coran. Le terroriste n’est pas disposé à la repentance parce que ce qu’il défend se trouve dans une dimension religieuse qui transcende de loin la laïcité, la liberté, l’égalité et la fraternité, valeurs apparemment indépassables de nos sociétés modernes. Pour les musulmans, il s’agit de défendre un véritable droit soufflé par Dieu à son prophète et qui structure toutes les sociétés appartenant à l’Oumma, la communauté des croyants. De là découle le modèle immuable d’une religion qui interdit depuis le Xe siècle et la réforme du calife al-Mutawakil, toute actualisation ou interprétation du Coran. C’est le fond du problème. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que j’avais développé ce sujet dans mon ouvrage L’Islam à la Conquête de l’Occident en 2018. Tout dialogue est impossible tant que les adeptes du Coran se refusent à l’autocritique.

Nous devons comprendre que ces hommes n’ont pas peur de notre justice, qu’ils n’ont pas honte de ce qu’ils ont fait, qu’ils appliquent les conseils du prophète : « Je ne veux rien ni de vous ni du juge. Il n’y a que la justice d’Allah qui compte ! » déclarait Abdeslam en décembre 2020 [2]. Au contraire, ils se réjouissent de pouvoir confirmer leur allégeance à Daech, d’avoir une tribune pour montrer leur bravoure face aux mécréants. Si de notre point de vue, ce sont des criminels, du point de vue de nombreux musulmans, ce sont des héros qui sont allés jusqu’au bout de leurs convictions. Le procès peut avoir du sens pour les victimes, il n’en aura jamais aucun du point de vue des bourreaux.

L’enjeu dépasse l’action de quelques islamistes radicaux, puisqu’une véritable stratégie de conquête de l’Occident est mise en place depuis une vingtaine d’année par les États musulmans qui n’ont jamais caché leurs ambitions pour notre continent. L’idée pour eux consiste à faire avancer la cause de l’Islam dans le monde, quelle qu’en soit la manière. C’est d’ailleurs en substance ce qu’affirme un document stratégique adopté à l’unanimité par ces États réunis au sein de l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture en 2000. Il y a chez eux une négation de notre identité et une volonté de conquête qui pardonne aux terroristes tous leurs excès au nom de la sainte cause du Djihad. Voilà pourquoi, indépendamment du rôle que la justice doit poursuivre dans cette affaire, la question de fond de ce procès est bien celle de l’incompatibilité idéologique de l’Islam conquérant avec notre société européenne. Au-delà de la connaissance de ceux qui nient ce que nous sommes, nous devons également retrouver l’esprit de nos pères, un esprit de service et d’héroïsme, cultiver les vertus qui nous permettront d’opposer notre force à leurs forces, notre civilisation à leur civilisation.

[1] « Attentats du 13 Novembre : fin d’une première audience mouvementée, reprise du procès jeudi à 12h30 »,Le Parisien, le 08/09/2021
[2] « L’administration pénitentiaire rapporte le prosélytisme de Salah Abdeslam en prison », Mediapart, le 08/09/2021

Jean-Frédéric Poisson

Tribune reprise de Causeur

Stage de formation de l’Institut Iliade – “Apprendre – Comprendre – Combattre”

Iliade formation

24/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
La formation constitue l’une des missions principales de l’Institut Iliade. Après avoir lancé son cycle général, l’Iliade innove et propose depuis 2021 une formation à destination des jeunes adultes.

Sur un week-end, cette formation aborde huit thématiques essentielles au combat de jeunes Européens, soutenu par des interventions de qualité. Lieu d’apprentissage, le cycle Jeune de l’Institut Iliade est aussi un lieu de rencontres: des intervenants, experts reconnus en leurs domaines, mais aussi des autres participants.

Clôture ds inscriptions le 30 septembre 2021.

Pour s’inscrire : https://institut-iliade.com/formation-cycle-jeunes/

Débat Mélenchon VS Zemmour : ce qu’il faut retenir du débat !

24/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Durant plus de deux heures sur BFMTV, jeudi 23 septembre, l’éditorialiste et l’insoumis étaient face à face pour confronter leurs idées.



Quand « mariage musulman » rime avec « dangers et débordements »

mariage communautaire

Les mariages communautaires, un fléau amené à perturber chaque commune française ! Le week-end dernier, un cortège de mariage musulman a déferlé dans les rues d’une petite commune picarde. Aucune région ne semble plus épargnée par l’immigration et ses conséquences…

En terrain conquis

71 infractions recensées, 100 points de permis de conduire retirés, près de 10 000 euros d’amendes attribués : voilà le bilan d’un cortège de mariage ayant chahuté la ville de Laigneville (Oise) dimanche dernier sur les coups de 13 heures.

Les passagers de la quarantaine de véhicules incriminés célébraient encore un mariage s’étant tenu la veille, et ce avec le traditionnel concert de klaxons mais aussi une conduite dangereuse.

Largement suffisant pour effrayer les habitants qui participaient tranquillement à la brocante de la commune, mais il en fallait plus pour arrêter le maire, Christophe Dietrich, qui s’était déjà fait connaître il y a quelques années pour avoir renvoyé chez l’un de ses administrés les déchets qu’il avait abandonnés dans la nature.

Cette fois, dépassé par le nombre et ne voulant pas provoquer d’accident, l’élu a fait fonctionner le système de vidéosurveillance installé il y a quatre ans. Un bon investissement !

C’est sur sa page Facebook personnelle que Christophe Dietrich a parlé de cette affaire en publiant une photo du cortège, en prenant soin toutefois de flouter les drapeaux brandis par les passagers assis sur les montants des fenêtres. Les couleurs rouges et blanches et quelques commentaires de témoins de la scène laissent cependant peu de doutes, il s’agissait de musulmans tunisiens ou turcs se croyant de toute évidence en terrain conquis.

De Nice à Lens…

Il y a trois ans, en septembre 2018, c’est justement deux mariages de Turcs célébrés à Annecy qui avaient engendré des scènes équivalentes à celle vue à Laigneville. Le bilan avait été semblable et les sanctions également données grâce aux caméras de surveillance.

Toute la France subit l’immigration massive, toute la France subit donc des cortèges de mariage aussi bruyants que dangereux.

Dans le Nord, dans le Bas-Rhin ou encore à Nice, les festivités musulmanes empiètent sur le bien commun et les municipalités doivent payer les pots cassés, tandis que la police est bien souvent impuissante et dépassée.

Pour ces grandes parades communautaires, nombreux sont les invités à louer des voitures de luxe et à s’imaginer évoluer sur un circuit de course…sans pourtant avoir les compétences requises.

Le 19 juin dernier, un homme d’origine maghrébine qui avait loué une Lamborghini avait bloqué l’autoroute A1 près de Lens (Pas-de-Calais) pour fêter un mariage. Il avait ensuite participé à une course poursuite avec la police – roulant jusqu’à 250 kilomètres heure – et accidenté son véhicule. Un mois plus tard, il était condamné à une peine de 15 mois de prison ferme.

Le phénomène prend de l’ampleur chaque année et pourrait bien aboutir à des situations explosives, voire dramatiques. Eloignez vos enfants, les hordes de barbares arrivent dans votre ville.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 22 septembre 2021

Éric Zemmour, le trublion de 2022 ? [vidéo]

Éric Zemmour

23/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Possible candidat pour 2022, Éric Zemmour a fait savoir qu’il était bien décidé à imposer ses thèmes de campagne. Immigration, insécurité, identité: à en croire l’éditorialiste, de Valérie Pécresse à Marine Le Pen, les candidats déclarés seraient aujourd’hui contraints de revoir leurs positions.
Zemmour est de surcroît au centre de l’attention médiatique et des sondages qui le créditent aujourd’hui de 10% des intentions de vote. Le polémiste bouleverse-t-il déjà le ton et le rythme de la prochaine présidentielle?

Pour en parler, Sputnik donne la parole à l’éditorialiste et directrice du magazine Causeur Élisabeth Lévy.


Un changement? Non, une révolution – Réflexion sur la mutation démographique, par Mathieu Bock-Côté

Mathieu Bock-Côté

On peut désormais nommer sans détour une réalité que le politiquement correct interdisait jusqu’alors de voir. La nationalité française n’est plus qu’un « droit » sans rapport avec une identité historique, et les territoires perdus de la République se sont mués en enclaves étrangères.

L’étude de France Stratégie rendue publique par Causeur nous rappelle une chose simple : la France a connu au cours des dernières décennies une mutation démographique d’une telle ampleur qu’on peut l’assimiler sans hésiter à une révolution. Ce sont les fondements mêmes de la communauté politique qui se sont transformés. Plus encore, cette étude la documente, même si elle la sous-estime, en plus d’autoriser désormais ceux qui évoluent en politique et dans les médias à nommer publiquement ce qui ne pouvait jusqu’alors qu’être chuchoté ou évoqué avec moult euphémismes, tant le prix était cher à payer pour oser ce constat qui pouvait valoir la peine de mort sociale, le bannissement civique ou la déchéance symbolique de citoyenneté. On y verra une confirmation de la nature fondamentalement totalitaire du régime diversitaire, qui institutionnalise un mensonge et force chacun à le prendre pour l’expression de la plus stricte vérité. Un régime qui parvient à censurer la mention de la grande révolution de notre temps confirme ainsi son emprise sur les consciences et sa capacité à les inhiber, le temps de les rééduquer. Une mutation démographique ? Vraiment ? Non. Impossible. Même y penser, c’est péché. Orwell aurait pu parler de crime-en-pensée.

Mais le réel est têtu : un pays ne saurait être indifférent à la population qui le compose. Dire cela ne devrait pas faire scandale : mais de cette évidence, nous avons perdu la trace depuis une cinquantaine d’années. On pourrait y voir une manifestation parmi d’autres de ce qu’on appellera le fondamentalisme de la modernité, qui pousse l’homme à la désincarnation, à la déculturation, et qui entend abolir les différentes médiations par lesquelles l’humanité se constitue politiquement dans sa diversité véritable, qui est celle des peuples et des civilisations. Le fondamentalisme de la modernité remplace la diversité des peuples par l’interchangeabilité des populations, et traite la culture comme un stock de coutumes privées et privatisables n’ayant aucune dimension politiquement fondatrice. Disons-le autrement : la matrice contractualiste au cœur de la modernité s’est radicalisée dans toutes les sociétés occidentales, au point d’artificialiser radicalement la communauté politique, d’assécher la nationalité qui n’est plus enracinée, ni même liée, d’une manière ou d’une autre, à l’identité historique du pays dont elle est censée être la traduction politique et juridique. La philosophie du contrat social vire à l’absurde : on croit désormais possible de définir un pays exclusivement par le droit, sans référer au peuple historique qui incarne son destin. Autrement dit, le lien entre la citoyenneté et l’identité est sectionné. Il suffirait de relire Machiavel, Montesquieu ou Rousseau pour savoir que tout cela est une folie, mais on ne les lit plus.

Plus encore, le régime diversitaire, qui partout s’est installé en se présentant comme la nouvelle étape du déploiement de la logique démocratique, voit dans la culture historique de la nation un système discriminatoire résiduel à combattre, à défaire, à déconstruire : il assimile cette déconstruction à un travail de démantèlement de privilèges indus. Mais tout cela entraîne une déréalisation du monde, de la nation : on le voit lorsqu’on aborde la question du terrorisme islamiste. Certains médias n’hésitent pas ainsi à nous expliquer qu’il s’agit essentiellement de terrorisme intérieur, en affirmant, sans gêne, que les islamistes qui les commettent sont des Français comme les autres. On se demande s’il faut rire ou pleurer. Croient-ils leurs propres mensonges ? Sont-ils à ce point incapables de prendre conscience de l’échec de l’intégration qui s’étale au fil des décennies, et qui fait en sorte que sous l’abri d’une commune citoyenneté, deux peuples en viennent à vivre face à face dans une situation de partition objective, dont a déjà parlé François Hollande ? Dans les faits, les territoires perdus de la République sont devenus des zones étrangères à l’identité française. Ils sont de plus en plus nombreux, et les Français se sentent de plus en plus en exil dans leur propre pays et étrangers chez eux. La mouvance décoloniale entend politiser et idéologiser cette dynamique, et voit dans cette mutation démographique une grande revanche historique.

Un pays n’est pas un territoire administratif désincarné. Si la Suède se peuplait progressivement de Norvégiens, ne deviendrait-elle pas peu à peu norvégienne elle-même ? Si le Japon se peuplait de Chinois, s’agirait-il encore du même pays ou d’une annexe de la Chine ? Si le Québec se peuplait de Canadiens anglais, serait-il encore québécois ? Que dire alors de la situation de la France, et qu’en sera-t-il dans cinquante ans ?

Mathieu Bock-Côté

Tribune reprise de Causeur

Dictature sanitaire – 10 000 médecins suspendus?

Ils semblerait (à confirmer) que plus de 10 000 médecins (sur environ 150 000), soient en cours de suspension ou risquent d’être suspendus pour avoir refusé de se faire vacciner contre le covid-19. Si c’est vrai, j’insiste, si et seulement si c’est vrai, nous sommes toujours dans la logique du coup de menton et de l’autoritarisme obtus.

Les médecins ont fait dix ans d’études, parfois plus, pour apprendre le beau métier de soigner, guérir ou apaiser la souffrance. On oppose des coups de mentons bureaucratiques à la science et à l’expérience. Rien n’est plus étrange que cette suspension pour refus de vaccination: aujourd’hui, les tests de dépistage sont extrêmement rapides, répandus et efficaces: résultat en quelques minutes. Si l’objectif était vraiment d’éviter que des médecins ne prennent le risque de contaminer leur patient, il suffisait de leur demander de se faire tester avant de prendre leur service ou en cas du moindre doute.

D’ailleurs, une telle solution eût été plus efficace que l’obligation vaccinale dès lors que le vaccin (semble-t-il) protège des formes graves du covid 19 mais n’empêche pas à coup sûr la contamination. Telle est la France d’aujourd’hui et sa logique triomphante du coup de menton bureaucratique contre la confiance, le dévouement et la science. Le sujet n’est pas vraiment de protéger les patients – le test eût été une bien meilleure solution – mais de faire plier les médecins récalcitrants, les soumettre au nouvel ordre moral ou sanitaire.

10 000 médecins en moins – dans l’indifférence, la passivité, la lâcheté générales – alors que la France, confrontée aux déserts médicaux, a tant besoin de ses médecins…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

« Souriez, vous êtes grand-remplacés » – Polémique Causeur : la belle hypocrisie des censeurs libertaires

Causeur grand remplacement

« Souriez, vous êtes grand-remplacés » : ce titre accrocheur du dernier numéro de Causeur légende une photo de cinq bébés d’origine ethnique diverse. La une annonce un dossier sur le bouleversement démographique de la France, avec des chiffres et des cartes éloquentes tirées de France Stratégie, institution autonome rattachée au Premier ministre qui propose dossiers et prospectives. Rien de plus officiel, donc.

Cette étude sur la ségrégation résidentielle en France et ces cartes « permettent de suivre l’évolution, entre 1968 et 2017, de la composition sociodémographique des différents quartiers des 55 unités urbaines françaises de plus de 100.000 habitants : par catégorie socio-professionnelle, statut d’activité, origine migratoire, ménages HLM et tranches d’âges. »

Alors que les statistiques ethniques sont interdites en France – et autorisées en Grande-Bretagne et aux États-Unis -, les chiffres de la répartition des nationalités des immigrés et de leurs enfants vivant sur notre sol sont établis par l’INSEE lors des recensements. On ne prend donc pas en compte les immigrés naturalisés. L’évolution est spectaculaire : à Rennes, Angers, Le Mans, Poitiers, le taux de mineurs nés de parents extra-européens est de 21 à 23 %, le triple d’il y a trente ans. Ils sont majoritaires en Seine-Saint-Denis. Et ainsi de suite.

Comme l’analyse Jean-Paul Brighelli, toujours dans Causeur, « le différentiel de reproduction entre femmes françaises et immigrées est tel que des zones entières du territoire sont aujourd’hui majoritairement peuplées d’étrangers. Des étrangers dont une politique habile a refusé l’assimilation. »

La pétulante Élisabeth a déclenché, une fois de plus, toutes les tempêtes de la bien-pensance. Le Monde ne l’appelait-il pas, dès 2013, la causeuse de troubles ? On gage qu’elle ne s’en laissa pas impressionner. Elle tweetait, ce week-end : « Abject, ignoble, infâme : les grands mots du dimanche sont de sortie. Notre “une” suscite beaucoup de criailleries et zéro argument. Le braillomètre est au max : preuve que nous avons touché juste. » Et renchérissait, ce matin, sur CNews : « Maintenant, Causeur, c’est Je suis partout ! »

Invitée sur « Touche pas à mon poste ! », sur C8, Élisabeth Lévy s’est expliquée : « On montre qu’il y a un changement de peuple […] Le problème n’est pas que notre société soit multiethnique, c’est qu’elle soit multiculturelle. Si tous ces enfants étaient élevés comme des Français […] de valeurs et de mœurs, je m’en foutrais complètement [mais] ça n’est pas le cas. »

Élisabeth Moreno, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, a signalé le cas Lévy au procureur de la République : « Soyons clairs : derrière la théorie complotiste du “Grand Remplacement” fondée sur la couleur de peau ou l’origine ethnique se cache du racisme décomplexé. » Avec elle, le réel tient souvent du fascisme ou du complotisme, qui en est le nouveau variant. Une petite incursion dans les quartiers non ministériels de la capitale ne serait peut-être pas inutile.

Rappelons qu’en 2016, le National Geographic montrait en couverture trois hommes d’origine extra-européenne accompagnées d’une femme voilée. Le titre : « Les nouveaux Européens. Comment des vagues de migrants sont en train de remodeler un continent. » Nul doute qu’à l’époque la bien-pensance s’était extasiée. Pourtant, ces deux « une » montrent strictement la même chose, illustrent le même bouleversement. Mais pour le camp du bien, sortir de l’idéologie pour analyser la réalité est vraiment une trop grande souffrance.

Marie d’Armagnac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire