Un programme qui nie le risque migratoire, par Francis Bergeron

C’est la seconde fois que le président Macron donnait rendez-vous aux députés et sénateurs à Versailles, dans le cadre d’une réunion du Congrès. Il entendait ainsi, avec le maximum de solennité, donner le bilan de sa première année de présidence et dresser les grandes lignes de la suite. Il a souhaité faire preuve d’humilité, rappelant qu’il ne pouvait décider de tout et qu’il ne pouvait tout réussir. Ceci pour répondre aux critiques sur son côté un peu trop jupitérien. Notons qu’une partie de son opposition de gauche a boycotté cette réunion. Mais les élus RN étaient présents, notant que le boycott était surtout un moyen d’exister.

En ouverture, Macron a reconnu que les peurs et colères accumulées en 2017 n’avaient pas disparu. Ne s’attardant pas sur les réformes décidées et mises en œuvre ou sur le point de l’être (réformes sociales diverses dont celle de la SNCF etc.), il a très vite enchaîné sur les grands axes de ce qu’il fera les douze mois à venir :

Une réforme de l’assurance chômage et de la santé au travail ;

Une baisse des dépenses publiques, ce qui permettra une baisse des impôts ;

Une unification des régimes de retraite, sans remettre en cause les pensions de réversion, a-t-il tenu à souligner pour mettre un terme aux rumeurs sur cette question ;

Un plan pauvreté qui verra bien le jour en 2019, le retard enregistré avant son déploiement n’ayant pas pour but de préparer son enterrement ;

Un cadre donné à l’islam, pour que cette religion soit exercée « de manière conforme aux lois de la République », conscience ayant apparemment enfin été prise que ce n’était pas le cas aujourd’hui.

Sur toutes ces questions, il faudra étudier les textes proposés, mais la façon de les exposer devant le Congrès ne préjugeait pas d’une dérive, droitière ou gauchisante, de sa deuxième année de mandat.

Le nationalisme, voilà l’ennemi

Mais sur la question centrale et tellement actuelle de l’immigration, celle qui suscite le maximum de ces inquiétudes que M. Macron avait évoquées au début de son discours, c’est, pour Macron, la solidarité européenne qui réglera cette question. Nous en avons eu un aperçu ces derniers temps ! Macron a alors pris des accents gauchisants, devant les 900 élus, pour s’en prendre aux « nationalistes », seuls ennemis intérieurs stigmatisés :

« Toute politique nationaliste de court terme ne réglera en rien la situation migratoire » a-t-il conclu. Mais la situation migratoire, qui était encore une situation de moyen terme il y a quelques années, est devenue un problème de très court terme. C’est maintenant qu’il faudrait casser la décision du Conseil Constitutionnel (voir Présent du 10 juillet). C’est maintenant qu’il faudrait envoyer un signal très fort aux sécessionnistes de nos banlieues. Aveugle à ces « peurs, colères accumulées » qu’il évoquait pourtant au début de sa prise de parole, M. Macron y a donc répondu par une condamnation urbi et orbi, puisée dans les vieilles litanies de la gauche morale.
C’est là d’abord et avant tout qu’il était attendu. C’est la réforme qu’il ne fera pas. Il s’y est engagé devant le Congrès.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

[Vidéo] Que s’est-il passé en Vendée en 1793 ?

11/07/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Plongez dans l’une des plus profondes fractures politiques françaises, et découvrez ses conséquences contemporaines… Que s’est-il passé en Vendée en 1793 ?

La République française est-elle coupable d’un génocide contre sa propre population ? Dans ce cas, faudrait-il le reconnaître légalement ?

Découvrez les opinions de Philippe de Villiers, Patrick Buisson, Jean-Clément Martin, Reynald Secher et Gabriel Robin.

Un reportage exclusif de Sputnik France, signé Edouard Chanot, avec Thibaud Sacramone & Antonin Darwin à la technique.


Emmanuel Macron : le combattant intermittent…, par Philippe Bilger

Dans le livre où j’avais eu le front de faire monologuer Emmanuel Macron comme si j’étais lui, je lui avais fait cesser son propos au mois de septembre 2017. Quand c’était encore le temps des espérances. Avant que l’exercice du pouvoir vienne, avec ses limites et la résistance du réel, les dégrader.

Non pas que tout soit négatif dans ce que le président de la République nous a donné à voir depuis son élection. Bien au contraire. Mais il me semble qu’Emmanuel Macron est lui-même trop riche et trop complexe pour qu’on lui fasse l’affront d’une admiration éperdue – certains n’en démordent pas – ou d’une hostilité systématique – elle a ses partisans.

Maintenant que sa première année de mandat a été accomplie et que le surgissement du renouveau promis a épuisé ses effets, on perçoit mieux ce qu’il en est. Comme si, une forme de tension disparue, dorénavant le président de la République se laissait davantage aller dans la forme et révélait par ailleurs une appréhension du fond qui ne permettait plus de le considérer comme un inlassable activiste, un constant homme d’action mais plutôt pour un combattant intermittent. Dont le rapport avec le réel et la volonté d’entreprendre n’était pas uniforme.

Sur le plan du style et de ce que les débuts ont eu de remarquable, il y a depuis quelques semaines une libération, une attitude plus débridée, un comportement et des saillies voulus plus vulgaires pour “faire peuple”, un abandon au festif présenté comme un signe de modernité et une preuve de jeunesse – je ne parle pas des bras levés dans les jardins de l’Elysée pour applaudir la victoire contre l’Uruguay -, bref un laisser-aller présidentiel.

Faut-il admettre tristement qu’à la longue, chez n’importe quel président, il y a toujours un peu de Sarkozy qui survient, quel que soit le registre à peu près acceptable ou indécent de la posture ?

Pour l’action elle-même, même si le Premier ministre a bien raison de vanter “la ténacité” de son gouvernement, sinon qui le ferait ?, le recul permet d’analyser et de nuancer. Une première impression cherchait à instiller l’idée que ce pouvoir n’était pas celui d’un “roi fainéant” mais une invention et une énergie toujours en mouvement.

Aujourd’hui il paraît plus pertinent de distinguer, chez Emmanuel Macron – personne ne discute qu’il est à la source de tout au point de minimiser dans l’esprit public même l’aura de ses quelques excellents ministres – les réussites opératoires et menées à terme, les attitudes peu ou prou de désintérêt, enfin les atermoiements manifestant que le président est confronté à des problématiques où il risque de mécontenter tout le monde en préférant alors nous faire attendre que nous décevoir.

Le décrochage qu’il subit dans les sondages, à droite comme à gauche, n’est peut-être pas étranger à ce sentiment que le président fait ses choix et a son rythme et qu’ils peuvent nous surprendre ou nous désappointer.

Pour les premières – les succès -, il y a eu la réforme du droit du travail et celle de la SNCF. Les processus avaient été clairement conçus, les adversaires étaient du côté de la régression et de l’inefficacité, la constance serait récompensée et une France majoritaire applaudirait ces changements. Emmanuel Macron a pu, pour ces évolutions capitales même si d’aucuns – souvent ceux qui ne font rien – auraient aspiré à beaucoup plus, endosser le costume du combattant, imposer, tenir et vaincre. Ce sont des circonstances qui l’ont mis à l’aise : l’action comme démonstration de ce qu’il est.

Pour les deuxièmes – qui l’indifférent -, il y a eu la réduction à 80 kilomètres de la vitesse sur les routes secondaires. Il a laissé faire son Premier ministre sans l’ombre d’un enthousiasme, au bord de la dénégation, et pas loin à mon sens de la position qu’il avait prise sur le vin. Il aurait été capable, un peu poussé, de reprendre la fameuse formule de Georges Pompidou qui souhaitait vraiment qu’on laisse les Français en paix.

Il y a aussi, malgré les apparences, la préoccupation très relative qu’il affiche au sujet de la Justice, des peines et des prisons. Certes il ne serait pas honnête d’oublier quelques interventions de haute volée avec un projet mêlant le clair et l’obscur, un réalisme froid de droite, un humanisme confortable de gauche. Mais j’incline à penser que sa faiblesse sur le judiciaire ne tient pas seulement – et il est loin d’être le seul en politique avec cette disposition – à son désintérêt mais surtout au fait qu’il refuse de prendre en compte le lien pourtant avéré chaque jour entre le judiciaire ordinaire et le terrorisme. Négliger le premier comme il le fait revient à se priver de moyens décisifs pour lutter contre le second.

L’absence d’implication comme démonstration de sa hiérarchie des priorités.

Enfin il y a les hésitations – moins celles du caractère que celles du politique qui ne voudrait franchir le Rubicon qu’à coup sûr. Le report du plan sur la pauvreté – malgré la maladresse d’Agnès Buzyn – n’a évidemment rien à voir avec la Coupe du monde mais tout avec le constat que les processus et les nécessités qui ne le confrontent pas à des ennemis désignés ne le mobilisent pas vite, le laissent dans l’expectative ou l’incitent à des accommodements qui stérilisent l’essentiel. On l’a vu avec les banlieues, on l’a relevé avec la politique migratoire. Ce sera sans doute la même chose avec la PMA, ces sujets de société et de savoir vivre ensemble où il n’y a que des coups à prendre (Le Parisien).

L’absence de décision comme démonstration de ce qu’il tarde aussi à se mettre en marche.

Emmanuel Macron est un combattant intermittent.

En effet il fait parler la poudre démocratique et politique. Ou reste dans son coin comme un observateur sans doute de moins en moins bienveillant. Ou garde l’arme au pied parce qu’il ne sait pas comment accorder les désaccords et donc quelle bataille livrer.

Philippe Bilger

Texte repris du site Philippebilger.com

Alain Marsaud : Le terrorisme face à la police de la pensée

11/07/2018 – FRANCE (NOVOpress)
A chaque attentat, les journalistes utilisent de plus en plus d’éléments de langage dignes de la novlangue, pour habiller la réalité violente qu’ils refusent de voir et de montrer. Dans leurs sillages, les hommes politiques adoptent les mêmes codes, quitte à faillir à leur mission de protection des populations. La société développe la culture de l’excuse et des circonstances atténuantes pour les coupables, laissant souvent sur le bord de la route de la bienpensance, les vraies victimes des attentats.

Quelques jours après le nouveau drame survenu à Marseille, Alain Marsaud, sans langue de bois, revient sur le véritable déni de réalité des acteurs politico-médiatiques.


Le problème migratoire est insoluble

L’immigration en cours depuis plus de 50 ans est un problème grave qui menace l’existence même de la civilisation européenne, la France déjà fortement africanisée étant, entre tous les pays d’Europe, le pays le plus menacé.

Cette menace qui ne cesse de se renforcer est due à la décolonisation et à une idéologie égalitariste illusoire. Elle ruine notre pays, provoque l’insécurité, aggrave le chômage ; les politiciens en parlent tous les jours, vont de sommet en sommet, promettent tout ce que vous voulez, mais ne font rien. Je vais dire pourquoi.

On compte déjà en France entre 10 et 15 millions d’immigrés, dont quelque 500 000 clandestins, la majorité d’entre eux provenant d’Afrique et d’Orient. Si l’on tient compte du droit du sol et du fait que bon nombre de familles immigrées sont en France depuis 3 générations, nouveaux Français souvent au chômage, faites le calcul. Pour cela, inutile de sortir de Polytechnique, il suffit de prendre le métro.

Ces communautés, sans oublier Chinois, Indochinois et Philippins, déjà un cinquième de la population, vivent en France en circuit fermé. Elles parlent leur langue d’origine et sont parfaitement organisées pour profiter au maximum des avantages que les pouvoirs publics leur accordent, allocations financières, hébergement et soins. Elles ne s’intègrent pas. Ce sont des prédateurs. Il va sans dire que le coût financier de cette invasion est considérable. Le droit d’asile, c’est deux milliards d’euros par an, l’AME un milliard, la lutte contre l’infiltration islamiste des centaines de millions. Bref, une part non négligeable des 714 milliards d’euros que la France consacre chaque année au « social ». Et l’on prévoit officiellement, et le plus tranquillement du monde, une augmentation du droit d’asile et des autorisations de séjour de 20 % par an. Quelque 700 000 migrants sont en attente en Libye !

Ainsi assiste-t-on à des situations stupéfiantes. À Paris, des bandes d’enfants et d’adolescents de 12 à 17 ans terrorisent des quartiers entiers et, à la belle saison, ils sont renforcés par des Roms, des enfants également, éduqués pour le vol à la tire. Je les ai vus moi-même opérer dans les transports en commun. C’est ce qu’on appelle la « mondialisation heureuse ».

Le cas de Mayotte, cette Île perdue de l’océan Indien, mais département français au même titre que la Loire-Atlantique, est tout un enseignement. L’administration, préfet en tête, ne parvient pas à maîtriser l’immigration venue des Comores et de toute l’Afrique noire. Tous ces gens, finalement, obtiennent la nationalité française, si bien qu’à Marseille, par exemple, on compte plus de Comoriens que dans toutes les Comores !

Et tout cela n’est qu’un début.

Il est pour le moins surprenant qu’aucun dirigeant français ne tienne compte des indéniables prévisions exposées par Stephen Smith dans son ouvrage récent (voir ma chronique du 6 avril, n° 1138 des « 4 Vérités ») qui prévoit une augmentation exponentielle de l’immigration dans les décennies à venir, en raison de l’explosion démographique en Afrique noire.

En Afrique, pour un jeune, émigrer en France est une obligation. C’est à la fois le bac et le service militaire. On part pour envoyer à la famille de quoi subsister et pour rembourser les 3 000 euros remis à des passeurs criminels. La France, c’est l’eldorado. Un Africain m’a dit : « Là-bas, en France, il suffit d’appuyer sur un bouton dans la rue pour recevoir des billets de banque. » Et, en effet, écrit « Le Figaro » du 26 juin : « Peu de pays comme la France offrent à leurs habitants les plus pauvres un revenu minimum, l’instruction gratuite, les colonies de vacances, les soins médicaux gratuits, ainsi que la prise en charge d’une partie des frais de logement. En Chine, pays communiste, tous ces services sont payants. »

En face de cette invasion, que font les pouvoirs publics ? Ils nous racontent des histoires. Ils parlent de « hot spots », centres de regroupement des candidats à l’émigration. C’est une vue de l’esprit. Les Africains ne s’y rendront pas, de peur de ne pouvoir en sortir. La Libye, d’ailleurs, a déjà dit non.

En France même, une partie importante de l’opinion est favorable à cette invasion, soit par ignorance, soit par idéologie, encouragée par les multiples organisations onusiennes et bruxelloises. Le seul fait d’avoir souhaité publiquement que la « France reste la France » a valu à Laurent Wauquiez une volée de protestations, Il est traité de « populiste », comme ces « abominables » dirigeantes hongrois, tchèques, polonais, maintenant italiens, qui veulent rester eux-mêmes et être honnêtes.

Quant à l’aide au développement, cette litanie, on sait de quoi il s’agit. L’Afrique noire a déjà reçu de l’Occident, et en particulier de la France, l’équivalent du plan Marshall. La corruption en a été le principal bénéficiaire, avec « retour sur investissement » …

Ajoutez à cette opinion le côté pratique et humain des choses. Si vous trouvez sur une plage 200 Africains avec femmes et enfants, vous n’allez pas les prendre par la peau du cou et les rejeter à la mer. Vous allez les secourir.

En réalité, il n’y a qu’une seule solution à cet immense problème. C’est une opération conjointe Europe, Russie et Amérique pour contrôler la Libye, y renvoyer les migrants et arrêter les passeurs criminels qui agissent en toute impunité. Tout le reste n’est que bavardage, promesse non tenue et discours trompeur dans une Europe divisée, impuissante et aujourd’hui à la dérive. Cette Europe qui a mis des siècles et des siècles d’effort, de courage, de travail, d’intelligence, pour écarter la misère et qui, aujourd’hui commet le crime d’en importer une autre, pire encore que celle qui, autrefois, fit son malheur.

Christian Lambert

Article repris du site les4verites.com

Theresa May face à la fronde des partisans d’un vrai Brexit, par Olivier Bault

Deux jours après que Theresa May eut présenté son nouveau plan pour un Brexit en douceur à ses ministres, celui pour la sortie de l’UE appelé aussi « ministre du Brexit », a annoncé sa démission dimanche peu avant minuit. David Davis, car c’est de lui qu’il s’agit, a expliqué dans sa lettre de démission, rendue publique, qu’il avait déjà accepté pas mal de propositions de Theresa May avec lesquelles il n’était pas d’accord, mais c’était parce qu’il pensait qu’un vrai Brexit restait possible. Un vrai Brexit, c’est un processus qui doit permettre rapidement au Royaume-Uni de recouvrer sa souveraineté, de voter lui-même toutes ses lois et de passer les accords commerciaux qu’il voudra avec n’importe quel autre pays. Mais avec le plan présenté par son Premier ministre vendredi – un plan pour lequel il n’avait pas été consulté, alors qu’il est le principal négociateur pour son pays –, David Davis estime qu’il n’y aura pas de vrai Brexit.

Il s’agit en effet d’une nouvelle mouture du « nouveau partenariat douanier » déjà proposé par Theresa May (voir Présent du 18 mai), qui est une forme d’union douanière qui ne dit pas son nom pour ne pas choquer la majorité d’électeurs ayant fait le choix de la sortie de l’UE il y a deux ans. Avec le plan de May, le Royaume-Uni, pour préserver la liberté des échanges et l’absence de frontière physique en Irlande, adopterait toutes les règles de l’UE. Le parlement de Westminster pourrait certes refuser certaines règles adoptées à Bruxelles, mais cela impliquera alors une limitation de l’accès au marché européen pour les marchandises britanniques. Dans les faits, cela voudrait aussi dire que Londres doit se conformer aux jugements de la Cour de Justice de l’UE, chose que les partisans du Brexit veulent éviter à tout prix.

A la suite du ministre du Brexit, deux secrétaires d’Etat ont démissionné, suivis lundi après-midi par le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, qui avait, comme David Davis et contrairement à Theresa May, fait campagne pour le Brexit avant le référendum de 2016. Selon Johnson, avec le plan de May le Royaume-Uni se dirige « vers un statut de colonie ».

Au Parlement, le député conservateur Jacob Rees-Mogg mène la fronde à la tête d’une soixantaine de partisans d’un vrai Brexit et il a déjà annoncé, en ce qui le concerne, qu’il voterait contre le plan de Theresa May. Ne jouissant d’une majorité de quelques voix que grâce au soutien des unionistes nord-irlandais depuis les élections anticipées ratées de 2017, c’est le gouvernement tout entier qui pourrait tomber. Theresa May pourrait alors être remplacée par un autre leader des Tories chargé de mener le pays vers un Brexit « dur », y compris sans accord avec l’UE. Mais le problème, en réalité, c’est que malgré le vote des Britanniques, une majorité du parlement ne veut pas du Brexit, pas plus que Mme May, ou alors, si Brexit il doit y avoir, ils le souhaitent le plus partiel possible. Pour obtenir gain de cause contre la fronde dans son propre parti, le Premier ministre va toutefois devoir se tourner vers l’opposition, ce qui en retour pourrait bien alimenter les rangs des frondeurs Tories et fragiliser encore plus son assise au sein du Parti conservateur. Des frondeurs que viennent de rejoindre deux poids lourds du parti. Un vrai Brexit est encore possible.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 10 juillet 2018

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La mairie LR de Longjumeau s’apprête à vendre deux parcelles communales aux salafistes pour une mosquée

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Placer l’enfant au centre de nos discours est une nécessité pour combattre la gauche morale – Cyril Raul (Les Identitaires)

On se souvient des terribles photographies du corps d’Aylan étendu sur une plage. On se rappelle des réactions scandalisées aux positions de Marine Le Pen sur l’école gratuite pour les enfants de clandestins. On a vu, il y a quelques jours, la campagne médiatique dirigée contre Donald Trump accusé de séparer les enfants d’immigrés illégaux de leurs parents à la frontière avec le Mexique. Campagne durant laquelle les médias mainstream américains ont procédé à des manipulations grossières notamment en couverture du prestigieux Times.

Tous ces faits ont été savamment relayés par une gauche pro-migrants dont la mort idéologique ne fait plus de doute. Une gauche zombie à qui il ne reste plus que le pathos comme arme politique. Et quoi de mieux que le sujet des enfants pour émouvoir l’opinion et tenter de la faire basculer ? Une posture efficace puisqu’elle fait appel aux sentiments : le recours au pathos a la force de transformer une idée bancale et mortifère en argument quasi-infaillible dans une époque où l’image et l’émotion guident bien souvent les opinions.

Naturellement, il ne s’agit ici que d’une posture. Cette gauche qui se pose en défenseur des enfants ne défend en vérité froidement que ceux susceptibles de servir sa cause et lui permettre d’alimenter son idéologie sans-frontiériste, pourtant massivement rejetée par les peuples européens.

Car cette même gauche médiatique néglige complètement d’autres enfants : les nôtres. Elle nie l’existence du racisme anti-blanc ou, a minima, le relativise ou le minimise. Elle défend la discrimination positive. Elle méprise la France périphérique blanche qu’elle laisse volontiers dépérir. Elle encourage la submersion migratoire en cours qui ne peut mener que vers le chaos.

Toutes ces positions ne ciblent pas que les « mâles blancs de plus de 50 ans ». Elles visent d’abord les gamins « de souche », qui seront les premiers concernés par cette France de demain que le gouvernement Macron leur prépare : celui de la discrimination sur le marché de l’emploi, celui de la violence anti-française justifiée et (donc) excusée à leur encontre, celui de la relégation des territoires de la France périphérique (qui perd ses écoles, ses médecins, ses hôpitaux) au profit des zones REP+. Désavantagés sur le marché de l’emploi, attaqués pour leur couleur de peau, vivotant dans des territoires abandonnés… Ce sont d’abord les gamins français d’aujourd’hui qui paieront le prix politique de la repentance, de la haine de soi et de la négation du racisme-blancs.

Sur le temps long, avec la submersion migratoire en cours, l’islamisation, le développement massif de « cités » en France (plus une seule ville moyenne sans son « quartier sensible » immigré), c’est potentiellement le chaos, le terrorisme et l’insécurité qui attendent cette génération d’enfants.

Face à ce constat révoltant et de plus en plus partagé, le pathos sur les enfants de migrants est la dernière arme de la gauche, la seule qui lui reste mais une arme aujourd’hui implacable. C’est l’ultime coup d’un boxeur acculé dans les cordes, un coup en dessous de la ceinture, mais un coup encore gagnant.

Un jour ou l’autre, il faudra pourtant bien dépasser et surmonter cette arme ultime de l’adversaire.

Cela suppose d’abord de mettre parallèlement en avant l’avenir de nos propres enfants, de les défendre coûte que coûte, viscéralement, face au sort qui les attend et à cette « France d’après » qui les guette.

Cela nécessite ensuite, face à l’hystérie entretenue par les médias et les politiques sur les enfants de migrants, d’adopter une attitude dépassionnée et apaisée en mettant en lumière la submersion migratoire en cours, qui passe d’abord par les naissances, et donc les enfants. Aujourd’hui, 40 % des Africains ont moins de 15 ans. Et selon le journaliste américain Stephen Smith, « d’ici à 2100, trois personnes sur quatre qui viendront au monde naîtront au sud du Sahara. » Des chiffres inquiétants à l’heure où nous ne sommes qu’au début d’une crise migratoire qui sera l’affaire du siècle. Mais la situation est aujourd’hui déjà critique. Selon un rapport officiel, les Blancs ne représentent par exemple plus que 40 % des enfants de Birmingham (personnes mineures), la deuxième plus grande ville du Royaume-Uni.

Il faut enfin replacer l’enfant au cœur du discours politique, que cet enfant soit d’ici ou d’ailleurs, afin de le défendre réellement en combattant toute forme de manipulation de son sort à des fins idéologiques.
À l’instar des questions bio-éthiques, où la gauche prétend qu’un enfant n’a pas besoin de père pour grandir, l’idéologie pro-migrants met, elle aussi, en danger les droits de l’enfant. Qui peut affirmer qu’un enfant peut décemment s’épanouir et grandir dans le chaos migratoire, au milieu des rancoeurs et des conflits latents ? Face au déracinement, chaque enfant doit se voir reconnaître, indépendamment des considérations des adultes, un droit à l’enracinement, c’est-à-dire le droit de vivre et grandir dans un cadre solide et apaisé, auprès de sa famille et sur la terre de ses ancêtres.

Cyril Raul

Texte repris du site de : Les Identitaires

Sur la mosquée de Poitiers, l’imam lui-même donne raison à Génération identitaire

Les révélations de Romain Espino, de Génération identitaire, reprises par Valeurs actuelles, sont accablantes. D’abord pour l’imam de la mosquée de Poitiers et l’islam qu’il propage, ensuite pour les responsables politiques locaux et nationaux français qui ont fermé les yeux tout en lui permettant de poursuivre sa bataille culturelle. Enfin pour la Justice française qui avait prononcé des peines très lourdes à l’encontre de militants coupables d’avoir déployé une banderole sur un chantier.

On se souvient qu’un « commando » pacifiste de 73 membres de l’association Génération identitaire avait, en 2012, grimpé sur le toit de la mosquée poitevine alors en chantier. Action pour laquelle cinq d’entre eux avaient été condamnés en 2017 à 40.000 euros d’amende et cinq ans de privation de droits civiques, civils et de famille. Une condamnation terrible pour de jeunes hommes de 25 à 30 ans.

Mais, aujourd’hui, Génération identitaire vient de retrouver sur Internet l’entretien qu’a accordé l’imam de Poitiers, en 2015, à une chaîne qatarie. Avec traduction validée par Valeurs actuelles, on y apprend que Boubaker El-Hadj Amor a choisi d’appeler sa mosquée « Balat al-Chouhada » (« mosquée Pavé des martyrs »). Allusion explicite – et revendiquée par l’imam lui-même – à la bataille de 732 livrée par Charles Martel :

Grâce à Dieu, cet endroit est sur la ligne principale passée par l’armée islamique. C’était une route pavée par les Romains, et l’armée islamique est passée par cette route… Nous voulons que ce centre soit une mosquée et un centre de rayonnement culturel dont le but est de créer les conditions d’une rencontre avec l’islam et parler de cette religion sainte et pour qu’il soit un centre de prédication. Inch’Allah.

Or, ce même imam, en 2017, se réjouissait de la condamnation des militants identitaires en ces termes :

Le jugement explique bien que l’on peut faire référence à Charles Martel et à la bataille de Poitiers, mais pas n’importe comment, ni en tenant n’importe quels propos.

Il faudra que la Justice nous explique pourquoi elle condamne ceux qui font référence à cette bataille en citant Charles Martel pour nous mettre en garde contre l’avancée conquérante de l’islam et ferme les yeux quand ce même islam inscrit ses inaugurations d’aujourd’hui en les reliant explicitement au passage de « l’armée islamique » de l’époque…

Qu’on le veuille ou non, il y a bataille culturelle, et la Justice française a choisi son camp : celui de la soumission à l’islamisation.

Mais le nerf de la guerre, et de la bataille culturelle, c’est l’argent. D’où sont venus les fonds pour construire cet immense édifice ? Réponse de l’imam :

Ce que nous avons construit, c’est grâce à Dieu et avec l’aide de l’organisation Qatar Charity.

Qatar Charity est une organisation au prosélytisme conquérant, notamment en Afrique, et condamnée dans plusieurs pays du monde. Visiblement, en France, cela n’a pas gêné nos élus. Nos élus ? Justement, l’imam les remercie :

Bien sûr, le maire, grâce à Dieu, est mon collègue à l’université. Il a encouragé la construction de ce centre, et nous avons pu, grâce à Dieu, obtenir la licence. Le problème est que la licence est de dix ans et a expiré en 2013. Mais, grâce à la relation de fraternité et d’amitié entre le maire et moi, il m’incite toujours à accélérer l’achèvement du projet. Que Dieu nous bénisse. Inch’Allah.

Et le successeur socialiste Alain Claeys à la mairie de Poitiers soutiendra l’imam contre les identitaires. Une collaboration sans faille…

L’ironie de l’Histoire veut que cet imam qui voit « tout un symbole » dans l’installation de sa mosquée sur les lieux de la bataille leur ait reproché, après leur condamnation, de « vivre un peu dans la nostalgie de l’affrontement ».

Sur la mosquée et l’imam de Poitiers, Génération identitaire avait vu juste. Ce sont les propres paroles de l’imam qui le montrent…

Mais à Toulouse comme à Poitiers, un étrange phénomène s’abat sur la presse, la Justice et les responsables politiques français : ils ne veulent plus entendre ce que disent les imams, même quand on leur traduit leurs bonnes paroles…

Floris de Bonneville

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le Conseil constitutionnel pour l’immigration de masse, par Francis Bergeron

Le prétendu « délit de solidarité » consistant à encourager, favoriser les filières d’immigration clandestine allait-il rester un délit ? Très habilement, les associations de soutien et d’encouragement au grand remplacement avaient posé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Pouvait-on faire condamner des individus ou des réseaux de soutien aux clandestins, aux sans-papiers, si ces réseaux agissaient non pour des raisons financières, mais bénévolement, sur des bases idéologiques, « humanitaires » ? Non. Non, il est impossible de poursuivre et de les faire condamner s’ils ne sont pas mus par l’appât du gain. Cette décision est un tournant qui vient ruiner tout le dispositif législatif censé nous assurer la maîtrise de l’immigration, le droit des Français à contrôler qui vient chez eux, pour y faire quoi et pour combien de temps.

Le Conseil constitutionnel s’est tout simplement livré à une analyse basique de la formule « liberté, égalité, fraternité ». La fraternité étant un principe constitutionnel, puisque référencé dans le préambule de la Constitution, toute personne, toute association, qui aidera des illégaux, des clandestins, en leur faisant passer la frontière, en les logeant, en les nourrissant, en leur fournissant des avocats, des formations, un travail (lui-même clandestin) sera considérée comme accomplissant un acte licite – et plus que cela, un acte humanitaire, un acte de fraternité.

Un appel d’air sans précédent

Depuis cette décision du Conseil constitutionnel, ce vendredi 6 juillet, c’est l’ébullition dans les organisations du prétendu antiracisme, et aussi au PC, chez les Insoumis, les Ecolos, dans les groupuscules. Toutes préparent des programmes au grand jour pour aider les clandestins à franchir nos frontières, et mettre en place, officiellement cette fois, les moyens matériels de la submersion migratoire.

Certes, les passeurs professionnels – qui se font rétribuer pour transférer les migrants en Europe – ne sont pas concernés par cette interprétation de la Constitution. Et leur activité ne sera pas légalisée. Mais les migrants auront-ils encore besoin de passeurs rémunérés, alors qu’une multitude d’associations – elles-mêmes subventionnées par l’Etat – et les collectivités territoriales le feront, dans les faits, de la façon la plus officielle ?

La décision du Conseil constitutionnel est gravissime. Elle constitue un appel d’air sans précédent pour tous ceux qui veulent converger vers l’Europe, et désormais vers la France avant tout.

Les macronistes soulignent que nous conserverons la liberté d’accueillir ou pas les clandestins. Mais quand on sait que 90 % de ceux qui parviennent à entrer chez nous y restent, ce chiffre sera désormais de 100 %, et 100 % d’une masse fortement gonflée par ce message d’encouragement.

Les LR regrettent la décision, mais ils sont piégés puisque le principal argument qu’ils mettaient habituellement en avant pour refuser l’immigration de masse, sans sortir du politiquement correct, était le rôle des passeurs mafieux, qui disparaîtront d’eux-mêmes avec cette mesure. Le Rassemblement national souligne pour sa part que cette décision constitue « une violation des droits de la nation française ». Elle sonne même la fin de la nation française.

Nous avons donc à présent, d’un côté des Alpes un pays qui annonce clairement la tolérance zéro pour l’immigration, et de l’autre côté un pays dans lequel partis politiques, syndicats, associations, municipalités vont s’engouffrer dans l’énorme brèche ouverte par le Conseil constitutionnel.

Les conséquences se feront sentir extrêmement vite sur nos équipements, notre sécurité, notre taux d’emploi, nos régimes sociaux, etc. Mais la vérité des chiffres sera sans doute cachée le plus longtemps possible aux Français.

Conséquence de la position aberrante de la Cour de Cassation : s’opposer aux actes non rémunérés de soutien aux migrants, par exemple une aide au franchissement de frontière devient donc un délit. Les premières victimes seront les autorités préfectorales des Alpes maritimes, et les Identitaires, qui peuvent être poursuivis pour délit d’atteinte au droit de fraternité, garanti par la Constitution

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Crise migratoire dans les médias : un catalogue sans cesse renouvelé d’arguments en faveur de l’ouverture des frontières

Dans un précédent article de l’OJIM, nous reprenions les chiffres officiels de l’immigration : ils montrent une très forte augmentation des entrées légales et illégales d’immigrés en France ces dernières années, qui atteignent des niveaux connus au plus fort des « 30 glorieuses ». Les Français ont bien compris l’ineptie d’ouvrir les frontières en période de stagnation économique et de communautarisme grandissant. Mais cela n’ébranle pas les certitudes de « la France d’en haut », dont les porte–paroles monopolisent les micros des radios et les éditoriaux des journaux.

Dans leur campagne pour convaincre l’opinion publique de la nécessité d’ouvrir toujours plus les frontières, plusieurs argumentaires sont utilisés dans les médias depuis le début de la dite « crise migratoire ». Une crise qui est avant tout une crise des frontières, qui ne sont pas respectées en France, alors que les pays d’Europe centrale parviennent à stopper les flux migratoires. A intervalles réguliers, des éléments de langage fallacieux apparaissent pour démontrer que « la France n’en fait pas assez ». Illustrations.

Le refus de la distinction migrant économique / réfugié politique

Le mois de janvier 2018 a été marqué par une vague de contestation du projet de Loi sur l’asile et l’immigration. Celle-ci a été largement relayée dans les médias. Un argument en vogue a été de nier la distinction entre réfugié politique et clandestin économique.

Des associations, de rares élus et une frange des médias ont ainsi plaidé pour… que les clandestins puissent rester en France. La distinction entre réfugié politique et économique est qualifiée de « nauséabonde » dans un blog de Mediapart. C’est une « facilité de langage » pour un universitaire qui s’exprime dans L’Express. Une distinction qui « ne va pas de soi » pour Alternatives économiques. Le 10 janvier, lors de l’émission « le téléphone sonne » sur France Inter, des associatifs, des élus et l’animatrice de la radio s’accordent pour nier la distinction entre réfugié politique et clandestin.

Pendant ce temps, comme l’indiquent Le Monde et Le Point, certains pays comme l’Allemagne ou l’Autriche plafonnent…le nombre des demandeurs d’asile à leurs capacités d’accueil.

« Il n’y a pas de crise migratoire mais une crise de l’accueil des migrants »

Vers le mois d’avril 2018, la formule « il n’y a pas de crise des migrants mais une crise de l’accueil des migrants » fait florès dans les tribunes offertes aux journalistes, associations et personnalités pro-immigration. On retrouve ce mantra sur les ondes et les pages de France Inter, L’Obs, France Info, Nice Matin, L’Opinion, Le Monde, Sud Ouest, La Croix, Libération, etc.

Bien sûr, les chroniqueurs, responsables associatifs et autres experts patentés garderont le silence sur la multiplication des structures et l’augmentation des capacités d’accueil partout en France, jusque dans des villages reculés de province. Ces statistiques et cartes de France de la CIMADE en attestent. Vous avez dit : jamais assez ?

Les quotas de migrants relocalisés comme mesure de l’« effort de la France » dans la crise migratoire

Les pays européens ont conclu un accord en 2015 qui prévoit une « relocalisation » de migrants arrivés en Italie et en Grèce. Chaque pays européen s’est vu ainsi attribuer un quota à accueillir. Le nombre de migrants « relocalisés » devient parfois le mètre étalon de l’effort de la France dans la crise migratoire. Ainsi, le 10 janvier, lors de l’émission « le téléphone sonne » sur France Inter, des associatifs et l’animatrice de la radio sont sur la même ligne pour estimer insuffisant l’accueil de « 30 000 migrants ». Ce chiffre mis en avant pour critiquer l’accueil de la France ne représente pourtant qu’une partie des arrivées d’étrangers en France. Cette confusion amène l’écrivain et essayiste Pascal Bruckner, d’habitude plus prudent, à reprendre ces chiffres dans une interview au Figaro comme étant le nombre de « réfugiés » accueillis par le France.

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Violences : comment Nantes s’est libanisée, par Ivan Rioufol

Nantes, la belle alanguie, est devenue une poudrière. Trente ans à peine auront suffi pour fracturer culturellement la Cité des Ducs de Bretagne et la rendre méconnaissable. Cette nuit, trois quartiers “sensibles” ont été le théâtre d’une insurrection urbaine : au Breil, à Malakoff, aux Dervallières. Les émeutes ont été déclenchées, dans le quartier du Breil, après la mort d’un jeune voyou touché par le feu d’un policier qui tentait de protéger son collègue d’une manoeuvre d’écrasement lors d’un contrôle. L’homme était sous le coup d’un mandat d’arrêt. Dans ces trois endroits, des voitures et des locaux ont été rapidement incendiés, dont un centre paramédical, une mairie annexe, une maison de la justice et du droit. Ce mercredi, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a “condamné avec la plus grande fermeté” ces actes.

Il a rappelé que le Breil faisait l’objet d’un dispositif de sécurisation renforcée à la suite de plusieurs incidents violents survenus depuis le 28 juin. Malakoff et les Dervallières ont été retenus pour être des “quartiers de reconquête républicaine” dès septembre. Ayant été longtemps journaliste à Nantes (à Presse-Océan, de 1976 à 1984), je connais bien cette ville où je suis né. Quand je l’ai quittée en 1984, elle était la tranquillité même, y compris dans les quartiers traditionnellement plus populaires, dont Les trois sites devenus explosifs. Les immigrés y étaient minoritaires. Les foyers Sonacotra hébergeaient les travailleurs venus du Maghreb ou d’Afrique noire. Aujourd’hui, Nantes s’est libanisée. Son histoire est celle de la France.

Ma dernière enquête pour Presse-Océan, en 1984, avait été consacrée à la petite et alors unique mosquée du quartier Malakoff, située en face du vieux stade Marcel Saupin. Cette ancienne chapelle Saint-Christophe, construite après-guerre, avait été donnée par l’évêché au culte musulman en 1980. A l’époque j’y avais révélé le lien qu’entretenait ce discret lieu de culte avec l’Iran. Depuis, la mosquée de Malakoff a pris une toute autre envergure : reconstruite un peu plus loin, elle compte 1200 places et a érigé un minaret de 17 mètres. A cette “mosquée cathédrale” s’ajoutent quatre autres mosquées pour la ville, sans parler de celles des communes voisines. Cette emprise de l’islam a accompagné le nouveau peuplement des quartiers populaires, sous les encouragements des municipalités socialistes successives.

Des “figures” locales ont vite émergé, comme le “Nantais” Lies Hebbadj, cet islamiste polygame qui s’était fait connaitre il y a quelques années pour mettre ses femmes sous des draps noirs et militer pour la construction de dizaines de mosquées dans la cité du muscadet, des luttes ouvrières et du surréalisme. A Nantes comme ailleurs, l’indifférence des autorités publiques a permis à une contre-société, majoritairement islamique, de se consolider sur ses territoires. Breil, Malakoff, Dervallières sont les noms des places fortes en rupture avec la république. Les policiers et les gendarmes qui s’y risquent y sont vus le plus souvent comme des forces d’occupation. Merci qui ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 4 juillet 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Mayotte : l’immobilité du gouvernement devant la submersion migratoire, par Anne Isabeth

Les débats et prises de bec pour déterminer qui devait accueillir, ou pas, les migrants embarqués sur l’Aquarius ou le Lifeline ont fait oublier la situation dramatique qui est celle de notre 101e département français depuis 2009, Mayotte. Mansour Kamardine, député Les Républicains tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme.

« A Mayotte, c’est un “Aquarius” qui arrive par semaine. En 4 mois et en toute impunité, 12 000 clandestins sont arrivés sur l’île, ce qui représente une croissance démographique record de + 4,7 %. Rapporté à la population, c’est comme si la métropole avait accueilli plus de 3 millions de clandestins en 4 mois ! Voilà ce que nous vivons à Mayotte ! Quel territoire de la République supporterait une telle pression migratoire ? », s’est alarmé le 4 juillet le député, dans un communiqué.

Il faut dire que rien n’est fait pour aider, sur place, les autorités à refouler ce flot de clandestins qui submergent littéralement l’île. L’horizon est pour le moins obscur puisque les autorités comoriennes ont décrété, en mars dernier, qu’elles ne voulaient pas admettre leurs ressortissants sur le territoire, car les Comoriens seraient chez eux à Mayotte ! Cette prise de position, pour le moins ahurissante, ne risque pas d’être infléchie par la position de notre gouvernement qui réagit plus que mollement. Après avoir décidé, le 4 mai dernier – soit deux mois plus tard ! – que plus aucun visa pour l’espace Schengen ne serait délivré aux ressortissants comoriens, le gouvernement est revenu en partie sur sa décision en indiquant que cette mesure n’affecterait pas les étudiants en demande de visa.

C’est donc un flot ininterrompu qui, depuis quatre mois, vient grossir le nombre des clandestins. Une situation qui ne semble pas émouvoir en métropole – Mayotte est loin des yeux et donc loin du cœur ? Le député LR ne mâche pas ses mots : « Dans les faits, derrière une façade de fermeté et de détermination, se cachent la mollesse, la faiblesse, la lâcheté et l’impuissance de nos dirigeants actuels à protéger le territoire national, à garantir le contrôle des frontières et à protéger nos compatriotes, en particulier les plus pauvres d’entre eux. » Et il conclut en prévenant : « J’en appelle au sursaut de conscience du gouvernement, avant qu’il ne soit trop tard, avant que les citoyens ne décident d’assurer leur sécurité par eux-mêmes à la frontière du territoire. »

Anne Isabeth

Article paru dans Présent daté du 5 juillet 2018

Alexandre Langlois : « Il faut a priori que les policiers apprennent à grimper aux immeubles pour être reçus à l’Élysée »

Alexandre Langlois, Secrétaire Général du syndicat de police VIGI, revient sur les émeutes qui ont embrasé des quartiers à Nantes et sur le passif très lourd du délinquant tué.

Il évoque les réactions relativement mesurées des médias et des politiques, mais déplore celles du ministre de l’Intérieur et du président de la République Emmanuel Macron.

Le quartier du Breil, à Nantes, connaît sa deuxième nuit d’émeute suite à la mort d’Aboubakar. En savez-vous un peu plus sur ce qui s’est passé ?

Nous n’avons pas d’autres nouvelles. Le gouvernement avait promis, depuis plusieurs années, que les policiers seraient équipés de caméras piétons. Malheureusement, nous sommes toujours en attente de ce matériel. Ce type de matériel éviterait que la parole des policiers soit remise en doute et permettrait de savoir exactement ce qu’il s’est passé.
Mes collègues de la PJ sont en train de faire le tour des réseaux sociaux et des riverains pour trouver des vidéos plus ou moins bien cadrées et chronométrées suivant l’angle de vue et la durée. Le manque d’équipement et de vision politique nous amène à cette situation.
Je tiens à souligner que la police de sécurité du quotidien a prévu 10.000 caméras pour les policiers et gendarmes, d’ici fin 2019. Cela représente 5 % des effectifs. Le monde de demain ne sera donc pas encore très satisfaisant.

L’affaire Théo a sans doute servi un peu de leçon, car les réactions politiques ont été un peu plus nuancées et prudentes sur le sujet. L’opprobre n’a pas été jeté sur les policiers de manière automatique.

Cela a peut-être servi de leçon aux personnels politiques. Trois prises de position nous intéressent plus particulièrement, car elles sont institutionnelles.
Le Premier ministre était sur Nantes pour un déplacement. Il a fait l’effort de venir et de s’intéresser au sujet en disant qu’il soutenait les forces de l’ordre. Nous n’avons pas bien compris pourquoi il était allé voir la famille de la victime, mais c’est une autre question.
D’autre part, le ministre de l’Intérieur condamne une fois de plus avec une grande fermeté. C’est ce qu’il fait à chaque nouveau fait divers. Il condamne avec fermeté. Mais jamais rien n’est fait derrière. Il parle du décès d’un automobiliste suite à un contrôle de police. C’est politiquement correct. Nous préférerions qu’il parle d’un délinquant mort en tentant d’échapper à la police qui a agi dans le cadre du Code de la sécurité intérieure ou de la légitime défense. La présentation du même fait n’est pas du tout identique. Nous attendons davantage du ministre de l’Intérieur.
La palme revient à notre président de la République. Il a déclaré que ce n’était pas son rôle d’écumer ces choses-là. Il agit sur le long terme. Il faut a priori que les policiers apprennent à grimper aux immeubles pour être reçus à l’Élysée…
Tous les autres partis politiques font leur beurre sur le sujet, mais nous ne sommes pas jetés en pâture comme pour Théo.

Aboubakar était natif d’Île-de-France. Il se trouvait à Nantes pour voir de la famille.
Il était placé sous mandat d’arrêt. C’est un délinquant bien connu des services de police avec un passif assez lourd. Aurait-il dû être en prison ?

Son mandat d’arrêt était daté du 15 juin 2017. Depuis cette date, les services de police et de gendarmerie avaient pour mission, s’ils le trouvaient, de l’envoyer en prison.
Cela fait donc plus d’un an. Il était originaire de Garges-lès-Gonesse, en région parisienne. Il était à Nantes pour échapper aux poursuites dont il faisait l’objet. En étant à Nantes chez sa famille, il se camouflait.

Pour l’instant, les émeutes sont circonscrites à Nantes. Craignez-vous que ce phénomène se propage dans d’autres villes et dans d’autres quartiers sensibles ?

Il y a un risque que cela se produise à Garges-lès-Gonesse. Une marche blanche est organisée. Nous savons que ce genre de manifestation peut toujours déborder.
Tant que l’on encouragera les personnes en leur disant qu’ils peuvent prendre la défense d’une pauvre victime innocente, ça ne peut que conduire à un embrasement.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire