Jean-Yves Le Gallou : « L’autorité judiciaire est en train d’accaparer le pouvoir »

08/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, n’est pas de ceux qui hurlent avec la meute. Il le prouve une fois encore dans l’hebdomadaire Minute en dénonçant la « forfaiture » des juges qui parasitent la campagne présidentielle. Au-delà, il aborde la véritable question qui est celle de la censure permanente, par la justice, des décisions du pouvoir politique, au point que les juges s’approprient les pouvoirs exécutif et législatif. Et il en appelle à une limitation de la faculté de censure du Conseil constitutionnel. Court extrait de cet entretien de trois pages à découvrir dans le numéro de Minute de cette semaine.

Minute 2812 Fillon Le GallouMinute : François Fillon a parlé d’une entreprise d’« assassinat politique » à son encontre, ce qu’Alain Juppé lui a d’ailleurs reproché. Qu’en pensez-vous ?

Jean-Yves Le Gallou : Il y a évidemment une manœuvre politique derrière l’opération anti-Fillon, qui n’était pas le candidat du système. Mais le candidat du système, Alain Juppé, a été démoli par les médias alternatifs et les réseaux sociaux, et les électeurs de la primaire se sont prononcés pour François Fillon parce qu’il leur paraissait représenter un courant plus conservateur sur le plan des valeurs. C’est ce qui a déplu et la campagne de démolition de Fillon a été engagée au lendemain de sa victoire à la primaire et elle a été relayée à l’intérieur des Républicains.

Ceux qui lâchent actuellement Fillon sont les hommes politiques les plus dépendants des médias, qui ne doivent leur petite notoriété qu’à la complaisance des médias à leur égard, laquelle est proportionnelle à leur complaisance vis-à-vis du politiquement correct.

Il semble qu’il y ait une rage du système après le Brexit et après l’élection de Trump. La présidentielle française est marquée par cette volonté du système de prendre sa revanche à tout prix en essayant de faire élire Macron ou, jusqu’à lundi matin, en essayant de remettre en selle Alain Juppé.

Si le second tour oppose Marine Le Pen à Emmanuel Macron, vous verrez comment la machine médiatico-judiciaire va se déchaîner. Avec, probablement, la révélation de nouvelles affaires accompagnées de leurs lots de perquisitions et de mises en examen, et, pourquoi pas, de mises en détention.

Minute : Le débat s’est focalisé un instant sur le pouvoir des juges dans la campagne mais la question de fond n’est-elle pas plutôt celle du pouvoir des juges sur toutes les décisions politiques, dans la mesure où chaque décision ou presque fait l’objet d’un contentieux ?

Jean-Yves Le Gallou : On peut citer de nombreux exemples. La gestation pour autrui est interdite en France ? Pas grave ! Il se trouvera toujours un juge pour « légaliser » une gestation pour autrui réalisée à l’étranger.

S’il est un domaine sur lequel le rôle du juge est central, c’est celui de l’immigration. Depuis quarante ans, la politique migratoire de la France n’est absolument pas décidée par les élus, ni par les ministres, mais par les juges.

Je vrai prendre un exemple très concret et méconnu. On nous dit que le regroupement familial est la faute majeure de Valéry Giscard d’Estaing. C’est tout à fait injuste. S’il est vrai que Giscard, Jacques Chirac étant premier ministre, a instauré le regroupement familial en 1976, il est revenu dessus en 1979, alors que Raymond Barre était à Matignon et Christian Bonnet au ministère de l’Intérieur. Or cette décision a été cassée par le Conseil d’Etat, qui a interprété à sa manière la Convention internationale des droits de l’enfant!

Autre exemple : aujourd’hui, 97 % des clandestins ne sont pas expulsés – ils ne sont pas « reconduits à la frontière » –, parce que chaque procédure fait l’objet d’un recours et que les juges trouvent toujours l’élément de procédure qui permet de rendre ce renvoi impossible. C’est du délire judiciaire !

Lorsque le préfet du Pas-de-Calais a voulu démanteler une partie de la « jungle de Calais », des associations, évidemment subventionnées, ont contesté cet arrêté. A ce moment-là, on a assisté à cette scène tout à fait surréaliste d’un juge administratif se baladant dans la jungle entouré d’une forêt de micros et de caméras, et prenant une décision qui interdisait la destruction de certains « lieux de vie » (des cabanes appelées mosquées par exemple) ! Là, c’est ce juge qui a exercé le pouvoir exécutif !

De manière générale, ce sont les juges qui exercent le pouvoir législatif puisque toute la législation sur l’immigration est susceptible d’être censurée par le Conseil constitutionnel, qui lui-même interprète à sa manière les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme, qui elle-même a sa lecture politiquement correcte de textes extrêmement généraux.

On est bien loin de Montesquieu et de la séparation des pouvoirs : avec l’appui des médias, l’autorité judiciaire est en train d’accaparer la réalité du pouvoir. Et les idiots utiles prétendent qu’il serait interdit de la critiquer.

Extrait de l’entretien publié dans Minute n° 2812 du 8 mars 2017

Captagon Drogue djihadistes Grèce

Un laboratoire de Captagon, la « drogue des dijhadistes », découvert en Grèce

07/03/2017 – GRECE (NOVOpress) : La police grecque a trouvé un laboratoire de Captagon, la « drogue des djihahistes », vendredi à Athènes. 635 000 pilules de cette drogue synthétique ont été saisies, rapporte Euronews, ainsi que de l’argent liquide et des armes. Le Captagon, une méthamphétamine, est tristement populaire au Moyen-Orient pour être utilisée par de nombreux combattants de l’Etat islamique. Les enquêteurs ne savent pas si les pilules étaient destinées au marché grec.

« [Le Captagon] rend insensible à la douleur, elle neutralise les émotions, elle permet de tuer froidement et d’exécuter des attentats kamikaze. […] Ils sont [ainsi] insensibles à toute forme d’humanité », expliquait en novembre 2015, peu après le massacre du Bataclan, le docteur Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste du dopage… dans le sport.

Et pour cause : « Cette drogue a été largement utilisée dans le milieu du cyclisme dans les années 1960 à 1970 », expliquait Sciences et Avenir, qui ajoutait fin 2015 que « d’après les chiffres de l’Organisation mondiale des douanes (OMD), la quantité de pilules saisies dans les pays de la péninsule arabique a fortement augmenté ces dernières années : plus de 11 tonnes de captagon en 2013, contre 4 seulement en 2012 ».

Jean-Jacques Mourad

Le conseiller santé d’Emmanuel Macron émargeait au Laboratoire Servier !

07/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Le cardiologue Jean-Jacques Mourad, conseiller santé d’Emmanuel Macron, était grassement rémunéré par le Laboratoire Servier ! C’est Formindep, association pour une Formation et une information médicales indépendantes de tout autre intérêt que celui de la santé des personnes, qui a levé le lièvre dimanche, après que Mourad était allé représenter le candidat la veille aux Rencontres de l’officine, rendez-vous annuel des pharmaciens.

Le Formindep renvoyait vers les liens déclarés sur la base gouvernementale Transparence Santé. « Entre le 1er janvier 2013 et fin juin 2016, explique Le Monde, on recense sur cette base plus de 66 interventions de M. Mourad payées par le groupe pharmaceutique, soit une à deux par mois et plus de 80 000 euros de frais de restaurant et de transport. »

« Interrogé sur le fait qu’Emmanuel Macron ait proposé, lors de son discours de Nevers, le 6 janvier, de mieux rembourser les médicaments contre l’hypertension artérielle sévère, spécialité de M. Mourad et marché important pour Servier, poursuit Le Monde, M. Véran [porte-parole d’Emmanuel Macron] assure qu’une telle mesure est une “mesure de bon sens pour les malades“. »

Vraiment ? Car dans le même temps, Sylvain Fort, directeur de la communication d’En marche !, assure au quotidien du soir : « Cette mesure va être revue à la lumière des nouveaux éléments. »

Pour Jean-Jacques Mourad, c’est déjà tout vu : il a démissionné de la campagne de Macron. Ce qui n’est pas le cas de son frère, Bernard Mourad, qui est le plus proche conseiller de Macron – il a le titre de « conseiller spécial »  – et est aussi celui qui a organisé la vente de SFR à Patrick Drahi alors qu’Emmanuel Macron était ministre de l’Economie.

Comme le dit Jean-Yves Le Gallou dans le numéro de Minute à paraître demain : voilà « qui est là, pour formuler les choses de façon aimable, aux limites du conflit d’intérêt »…

Si la presse d’investigation fait son travail, on ne fait peut-être que commencer à entendre parler de cette famille Mourad

eric-zemmour

Eric Zemmour : « Ce que Juppé appelle radicalisation, c’est le retour aux sources. »

07/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « C’est la fin d’une époque, la fin d’une génération, la fin d’une histoire, analysait Eric Zemmour ce matin sur RTL : le meeting du Trocadéro et le renoncement définitif d’Alain Juppé sont les deux faces d’un même événement. L’un ne va pas sans l’autre, l’un est la cause de l’autre. Quand Alain Juppé dénonce la radicalisation du noyau des militants et des sympathisants Républicains, il touche juste. Il se retrouve dans la situation d’un autre grand renonçant, Jacques Delors en 1994, qui lui aussi n’avait pu réussir l’alliance de la gauche socialiste avec le centre. C’est la droite que Juppé n’a pas réussi à arrimer au centre. Le noyau s’est avéré trop gros pour lui. Le noyau qui lui a déjà fait perdre la primaire. Le noyau de Sens commun et de la Manif pour tous. Le noyau de tous ceux pour qui il sera à jamais Ali Juppé. »

« Juppé, explique-t-il, est l’incarnation de l’ancienne UMP, qui naquit de la fusion du RPR et de l’UDF », celui qui « incarna synthèse libérale-libertaire de la droite aux élites soixante-huitardes » :

« Au début des années 1990, Pasqua et Séguin étaient partis en guerre contre Juppé. Ils dénonçaient l’embourgeoisement du RPR, la trahison du gaullisme, la trahison du peuple, ce qu’ils appelaient centrisation, gauchisation, UDFisation. Trente ans plus tard, Séguin et Pasqua tiennent leur revanche posthume sur Juppé. »

« Ce que Juppé appelle radicalisation, estime donc l’éditorialiste, on peut aussi l’appeler retour aux sources. Ce que les médias appellent implosion de la droite, on peut aussi l’appeler résurrection de la droite. Résurrection d’un peuple de droite. »

Mais Eric Zemmour tempère aussitôt les ardeurs militantes de ce « peuple de droite », car, estime-t-il, le discours de Fillon au Trocadéro « aurait pu s’adresser à des notables. On était loin de Pasqua, on était loin de Séguin, on était loin même de Chirac quand il jouait au gaulliste […] Fillon n’a pas osé prononcer le discours offensif qu’attendaient ses ultimes soutiens. Il n’a pas osé imiter Trump. Il n’a pas osé assumer ce populisme dénoncé par la bien-pensance. »

Et de conclure – en le regrettant ? – que François Fillon, pour rester le candidat des Républicains, ait dû « s’attacher lui-même au pied » un « boulet » :

« Le boulet qui l’a empêché d’assumer son positionnement gaulliste pour ne pas dire gaullien, de l’homme seul contre les partis et contre “les notables et les notoires“ comme disait le Général. Le seul positionnement qui peut lui permettre de balayer Macron et de contenir Marine Le Pen. Mais en est-il capable ? »

Vigi-Racaille Génération Identitaire Rouen

Des militants de Génération identitaire sécurisent le centre ville de Rouen

Génération identitaire Rouen07/03/2017 – ROUEN (NOVOpress) : Samedi dernier, alors qu’une manifestation de « soutien à Théo » était prévue à Rouen, une trentaine de militants de Génération identitaire Normandie ont entrepris de sécuriser le centre ville. Vêtus de K-way jaunes, ils avaient informés les commerçants qu’ils se tenaient prêts à agir au moindre incident qui leur serait signalé, les précédentes manifestations ayant donné lieu à un déferlement de casseurs, toute la racaille se donnant rendez-vous pour agresser, détruire et brûler.

Génération identitaire RouenL’opération militante de Génération identitaire Normandie a produit son effet : pour la première fois, la préfecture a mobilisé les moyens policiers nécessaires au moyen de l’ordre, qui n’ont pas hésité à faire usage de canons à eau pour disperser les gauchistes qui se préparaient à l’affrontement. Comme quoi…

Tract Génération identitaire Rouen


A Rouen deux manifestations “pour Théo” ce samedi

Chard Allemagne Point Godwin

L’Allemagne victime du point Godwin

C’est un peu l’histoire de l’arroseur arrosé. Les élites politico-médiatiques allemandes, toujours prompts à comparer aux nationaux-socialistes les conservateurs, patriotes et souverainistes allemands ou même étrangers, par exemple hongrois ou polonais (un comble !), se retrouvent elles-mêmes en position de victimes de la fameuse loi de Godwin, selon laquelle « plus une discussion dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis et Adolf Hitler s’approche de 1. » Une comparaison bien pratique pour combler le manque d’argument de celui qui l’utilise.

Et il faut croire que le sultan Recep Erdogan n’avait aucun argument en poche quand il a voulu critiquer la décision souveraine de plusieurs municipalités allemandes, la semaine dernière, d’interdire l’organisation sur leur territoire de réunions publiques avec des immigrés turcs en présence de ministres du gouvernement d’Ankara dans le cadre de la campagne en vue du référendum constitutionnel turc prévu pour le 16 avril.

Erdogan a en effet immédiatement clamé que l’Allemagne n’était pas une démocratie et que ses pratiques « ne sont pas différentes des pratiques nazies du passé ». Il s’est aussi fait menaçant et un brin mégalomane dans ses propos de dimanche rapportés par les médias, affirmant que si on ne le laissait pas entrer lui-même en territoire allemand pour y haranguer les masses turques (environ 3 millions de personnes), il ferait se lever le monde contre Berlin.

Après l’échange de propos chaleureux entre les deux capitales, plusieurs ministres allemands s’offusquant des paroles « absurdes » et « honteuses » du président turc, la chancelière Angela Merkel a appelé tout le monde au calme lundi, et son porte-parole a mis en garde : « Les comparaisons avec les nazis sont toujours absurdes et déplacées parce qu’elles ne conduisent qu’à une chose, à banaliser les crimes contre l’humanité commis par les nazis. » C’est une évidence, mais l’on ne peut s’empêcher de penser que ce qui vaut pour Erdogan devrait aussi valoir pour les politiciens et médias mainstream des deux côtés du Rhin quand ils parlent du FN et de l’AfD, par exemple.

En attendant de voir les choses évoluer dans ce domaine, l’Autriche et les Pays-Bas pourraient bien devenir les prochaines victimes du point Godwin agité par Recep Erdogan. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont en effet fait connaître leur opposition à ce que des membres du gouvernement turc viennent faire campagne sur leur territoire, et le chancelier autrichien voudrait même une interdiction de ces visites de campagne référendaire par des politiciens turcs dans toute l’UE.

Olivier Bault

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 8 mars 2017

Hongrie frontièrre clandestins

Immigration : la Hongrie double sa barrière face aux clandestins

07/03/2017 – HONGRIE (NOVOpress) : Après avoir été le premier pays de l’Union européenne à prendre des dispositions significatives contre les flux migratoires de masse en 2015, la Hongrie poursuit ses efforts de protection de sa frontière. Car si la route des Balkans a été partiellement délaissée au profit de la route migratoire de l’Italie, la pression est toujours forte, en raison des dizaines de milliers de migrants qui se trouvent toujours entre la Grèce et la Serbie.

Pour ne plus être surpris comme en 2014-2015, le gouvernement hongrois a donc décidé de renforcer les mesures matérielles et législatives, dans la perspective potentielle d’une rupture de l’accord euro-turc sur les migrants et de l’arrivée massive de millions de migrants par la porte des Balkans.

TV Libertés propose des images aériennes exclusives de la frontière hungaro-serbe, et a interrogé Zoltán Kovács, porte-parole du gouvernement hongrois, et László Toroczkai, maire de la commune frontalière de Ásotthalom.

djihad

Islamo-terroristes en France : 16 000 profils recensés !

Plus de 4 000 pour la seule région Ile-de-France, 502 dans le département du Nord, 473 dans celui des Bouches-du-Rhône… Selon le bilan établi le 23 février par l’Intérieur, à partir du « fichier de traitement des signalés pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste », notre pays compterait sur son sol près de 16 000 islamo-terroristes potentiels. Tous, ou presque, en liberté. Et prêts à passer à l’action du jour au lendemain.

Rappelons que le FSPRT, créé en mars 2015, recense les personnes « radicalisées » signalées par leurs proches via le numéro vert mis en place à cet effet, mais aussi par les services de l’Etat. Or, fait hautement révélateur de la passivité criminelle du gouvernement face à la menace islamo-terroriste, alors qu’en mars 2016 ce fichier comptait déjà 3 200 individus, il en dénombre aujourd’hui près de cinq fois plus !

Si la « Carte de France de la radicalisation », dressée par Le Monde à partir des chiffres du FSPRT, est – sans surprise – une espèce de calque de celle de l’immigration (Seine-Saint-Denis en tête avec 894 cas recensés…), son infographie sur le profil des individus signalés est, quant à elle, bien plus instructive (et inquiétante). On y constate ainsi que la part des convertis est loin d’être négligeable (pas moins de 35 % des cas), notamment chez les femmes (près de 49 %). Tout comme celle des mineurs (17 %), dont 27 % de garçons et 46 % de filles convertis. En clair ? Nous assistons aujourd’hui à une assimilation à l’envers.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 7 mars 2017

Nicolas Bay dénonce l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir socialiste

06/03/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Nicolas Bay, député européen et secrétaire général du Front national, était ce lundi l’invité du matin de RFI. Il a ainsi répondu aux questions sur le Penelope Gate mais a également dénoncé une certaine instrumentalisation de la justice dans le cadre de certaines affaires visant explicitement le Front National.

Le calendrier judiciaire s’entrechoque avec celui de la présidentielle, l’instrumentalisation de la justice est une évidence.


Le journal Présent lance un appel aux dons

Nous sommes dans les cinquante derniers jours de la campagne électorale. Tout s’accélère. Marine Le Pen a viré en tête de la course, alors que les partis traditionnels s’effondrent. Que la gauche et la droite en soient à tenter de s’aligner derrière Macron, l’homme de la très haute finance et des prétendus « crimes contre l’humanité en Algérie », ou derrière Juppé, désavoué il y a trois mois à peine par 70 % des électeurs de droite, en dit long sur l’état de déliquescence de notre classe politique.

Quoi qu’on pense de tel ou tel détail du programme du Front national, quoi qu’on pense de telle ou telle personnalité de l’entourage de Marine Le Pen, quoi qu’on ait aimé ou détesté du Front national d’hier ou d’avant-hier, il n’y a qu’un seul candidat, à droite – et même dans tout l’échiquier politique français – qui ait une stature d’homme d’Etat, c’est elle.

Pour ceux qui ont étudié l’histoire de notre courant politique – le courant identitaire et patriotique, pour faire simple –, jamais nous n’avons eu de tête de file de la qualité de Marine Le Pen. Le moment est tout simplement extraordinaire.

Présent, dès le début de la campagne électorale, l’a dit : parce que la patrie est en danger, comme en 14, comme en 40, notre devoir est de voter et de faire voter pour Marine Le Pen. Parce que Trump, Poutine ou Theresa May ont ouvert la voie, notre devoir est de voter et faire voter pour Marine Le Pen.

Mais, chers lecteurs, vous devez aller beaucoup plus loin avec nous durant ces cinquante derniers jours. Vous devez nous aider à tenir le créneau de l’information, vous devez nous aider dans la bataille des kiosques, vous devez nous aider à fournir des munitions, des arguments, des soutiens visibles à tous ceux qui, actuellement, se mobilisent pour la victoire de Marine Le Pen.

Le navire est formidable. ll est en tête de la course et il continue à avancer très vite. Mais nous devons, nous aussi, sur notre créneau de l’information quotidienne, face au raz-de-marée de la désinformation multi-quotidienne, batailler, ferrailler, donner du canon.

Présent lance une grande campagne de communication qui entend soutenir la candidate que nous avons choisi de soutenir, en toute liberté financière.

Pour cela, nous avons besoin de vous, nous avons besoin de votre argent, nous avons besoin de vos abonnements.

Il faut très vite qu’un tsunami financier nous submerge, que nous puissions envahir les panneaux d’affichage des kiosques, que nos unes soient reprises et commentées, et même – pourquoi pas ? – que nos journalistes soient invités dans les radios d’Etat, les radios financées par nos impôts, comme s’ils étaient des journalistes « normaux ».

Contre le Système

Chaque don, chaque abonnement, ce sont quelques voix supplémentaires, ce sont quelques encouragements supplémentaires aux militants du patriotisme français, ce sont quelques coups de boutoir supplémentaires à l’encontre de l’anti-France, à l’encontre du « Système ».

Dans le domaine de l’information comme dans le domaine de la justice, nous vivons une situation à la soviétique, et ceci depuis des dizaines d’années, mais les yeux se dessillent. Notre mur de Berlin à nous vacille à son tour, et pourrait bien s’écrouler dans cinquante jours, du fait d’une élection surprise ou du fait d’un score énorme.

C’est aujourd’hui ou jamais que vous devez nous aider. Je pense en particulier à ceux d’entre vous qui estiment qu’ils n’ont plus l’âge de militer, de coller des affiches, de descendre dans la rue, de se battre – parfois même physiquement – avec des adversaires stipendiés et protégés par le système. Aidez-nous à le faire pour vous.

Les dons doivent nous parvenir par milliers et dizaines de milliers d’euros. Abonnez vos proches, vos amis, vos voisins. faites de Présent votre porte-parole quotidien.

Dans le suprême effort que nous vivons, soyez à nos côtés. Aidez-nous à nous battre.

Pour vous, pour nos valeurs, pour notre pays. Comme les Français l’ont toujours fait. Nous ne vous demandons pas l’impôt du sang, celui que nos ancêtres ont payé si souvent, mais simplement l’impôt national que constitue un don, un abonnement.

Francis Bergeron dans Présent daté du 7 mars 2017

Donald Trump accuse Obama d’espionnage et réclame une enquête

06/03/2017 – ÉTATS-UNIS (NOVOpress)
Aux États-Unis, Donald Trump persiste dans ses charges contre Barack Obama. Il l’accuse de l’avoir placé sur écoute lors de la campagne présidentielle.

Dans un tweet posté le 4 mars dernier, Donald Trump fait référence au scandale le plus retentissant de l’histoire politique américaine, le Watergate. En 1974, le président républicain Richard Nixon avait été poussé à la démission après la découverte de micros dans les bureaux du parti démocrate.

Le président américain souhaite donc que le Congrès mène ses propres investigations alors que le FBI exige un démenti de ses propos.



États-Unis : Trump accuse Obama d'espionnage et… par francetvinfo


Le chancelier autrichien favorable à une interdiction des meetings turcs

Source : Boulevard Voltaire – “Le chancelier autrichien favorable à une interdiction des meetings turcs”

Les autorités autrichiennes ont déclaré fin février 2017 que monsieur Erdoğan n’est pas le bienvenu dans le cadre de la campagne du référendum.

Des rassemblements électoraux turcs prévus en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, en faveur du « oui » au référendum du 16 avril 2017 portant sur une réforme constitutionnelle visant à accroître les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdoğan, engendrent des tensions diplomatiques entre ces pays de l’Union européenne et le gouvernement d’Ankara. Le chancelier social-démocrate autrichien Christian Kern appelle désormais l’Union européenne à la rescousse.

Alors que la venue de dirigeants turcs en Europe occidentale, notamment de Recep Erdoğan, afin d’y tenir des meetings électoraux auprès de la diaspora turque, avait été tolérée dans le passé, des rassemblements prévus dans le cadre du référendum provoquent des réactions des autorités concernées. Les raisons de cette évolution se trouvent dans la dégradation de l’état de la démocratie en Turquie, mais aussi dans le fait que les gouvernements des pays concernés par cette pratique des autorités turques se trouvent sous la pression des partis patriotiques actifs dans leurs pays respectifs.

Le gouvernement néerlandais ne désire pas voir le ministre des Affaires étrangères turc se rendre, le 11 mars 2017, aux Pays-Bas afin de prendre part à une manifestation électorale à Rotterdam. Le Premier ministre libéral de droite Mark Rutte (VVD), qui dirige un gouvernement réunissant son parti et les travaillistes du PvdA, indique sur Facebook :

Nous ne collaborerons pas à cela. Nous ne souhaitons pas cela. Nous sommes d’avis que l’espace public néerlandais n’est pas l’endroit pour des campagnes politiques d’autres pays.

Le président du parti patriotique et anti-islamisation PVV, Geert Wilders, déclare qu’une telle personne ne doit pas être la bienvenue aux Pays-Bas.

Des municipalités allemandes ont interdit de tels rassemblements électoraux, ce qui a provoqué des tensions entre Berlin et Ankara, alors que, d’un point de vue électoral, la CDU de la chancelière Angela Merkel doit faire face à la montée en puissance du parti patriotique Alternative pour l’Allemagne (AfD). Recep Erdoğan a assimilé l’annulation de meetings à des pratiques de l’époque nationale-socialiste et a dénoncé le fait qu’elles émanent d’un pays qui se permet de donner des leçons de démocratie à la Turquie tout en empêchant les ministres de ce pays de s’exprimer.

Le gouvernement autrichien, regroupant les sociaux-démocrates du SPÖ et les conservateurs sociaux-chrétiens de l’ÖVP, se trouve sous la pression permanente du parti patriotique FPÖ, donné premier à 33 % des voix en vue des législatives de l’automne 2018. Le chancelier SPÖ Christian Kern n’a désormais plus que la possibilité de pratiquer la politique de la terre brûlée à l’encontre du FPÖ en appliquant des mesures allant dans le sens de celles réclamées par celui-ci.

Alors que les autorités autrichiennes ont déclaré, fin février 2017, que monsieur Erdoğan n’est pas le bienvenu dans le cadre de la campagne du référendum, Christian Kern estime, ce dimanche 5 mars au sein du quotidien allemand Welt am Sonntag, que l’Union européenne doit interdire aux dirigeants turcs de conduire une campagne sur son sol en faveur du référendum et que cette réponse collective permettrait à des pays comme l’Allemagne d’échapper à la pression du gouvernement turc. Il désire également que l’Union européenne mette fin aux discussions en vue de l’adhésion de la Turquie et réduise, voire supprime, les milliards d’euros d’aide qui doivent être affectés à la Turquie par l’Union européenne au cours des années à venir.

Lionel Baland

Geert Wilders veut interdire le Coran aux Pays-Bas

06/03/2017 – PAYS-BAS (NOVOpress)
Dans des Pays-Bas en pleine campagne pour les législatives du 15 mars, Geert Wilders, deuxième dans les sondages, réaffirme ses positions anti-islam.

Outre la fermeture de mosquées, Geert Wilders aimerait interdire le Coran dans son pays :

Je préférerais qu’il n’y ait pas le Coran aux Pays-Bas dans la mesure où nous avons interdit “Mein Kampf”. Cela peut sembler hautement symbolique mais cela aurait un effet important. Si notre pays avait une politique d’immigration plus dure que les autres pays, alors les immigrés iraient dans les autres pays.


En Russie, la politique visant à diminuer le nombre d’avortements porte ses fruits

06/03/2017 – RUSSIE (NOVOpress)
En 1920, l’Union soviétique est le premier pays à autoriser l’avortement.
En 1993, le nombre d’avortements en Russie est l’un des plus élevé du monde : 235 avortements pour 100 naissances vivantes.
Il a depuis été divisé par 5.

L’avortement est considéré désormais comme un problème croissant par l’Etat, qui cherche, comme l’Eglise orthodoxe, à redresser la natalité et mettre fin à la crise démographique.

La politique des autorités russes porte ses fruits. En 2016, une loi contraint les hôpitaux à l’obtention d’un nouveau certificat pour effectuer des avortements. Par ailleurs, une pétition demandant l’interdiction de l’avortement a recueilli plus de 400 000 signatures.

Un accompagnement d’associations proches de l’Eglise dans les hôpitaux permet aux femmes de réfléchir et souvent de revenir sur leurs projets d’avortements. La ministre de la Santé, Veronika Skvortsova, se félicite de la chute de 13 % des avortements en 2016.


Dictature médiatico-judiciaire

A bas la dictature médiatico-judiciaire !, par Jean-Yves Le Gallou

La démocratie suppose trois conditions : la liberté d’expression, la séparation des pouvoirs, la protection des élus par des immunités parlementaires. Aucune de ces conditions n’est plus remplie en France.

1) La liberté d’expression est bafouée.

Alors que la loi pénale doit être d’interprétation stricte, les juges font une exégèse large de la loi Pleven contre le « racisme ». Résultat : de plus en plus d’hommes politiques, de blogueurs et d’intellectuels – Renaud Camus, Eric Zemmour, par exemple – se retrouvent poursuivis puis condamnés en correctionnelle pour délit d’opinion. Il est possible (et c’est bien) d’affirmer que « l’immigration est une chance pour la France » et « l’islam une religion de paix », mais il est interdit de tenter de démontrer l’inverse. Or, sans libre débat, il n’y a ni approche possible de la vérité ni démocratie. Car la démocratie suppose l’information pluraliste des électeurs.

2) Le pouvoir judiciaire a accaparé le pouvoir législatif et exécutif.

Dans de nombreux domaines comme le droit et le séjour des étrangers – même irréguliers – ou l’accès à la nationalité, ce sont les juges qui légifèrent et décident. Ils opèrent ce coup d’Etat en interprétant des textes généraux et des conventions internationales (droits de l’homme, droits de l’enfant, réfugiés) sous l’angle politiquement correct.

La Cour européenne des droits de l’homme, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat et la Cour de cassation définissent la politique d’immigration à la place du peuple et de ses représentants.

3) La justice intervient désormais dans le processus de désignation des élus.

Les immunités parlementaires avaient pour but de garantir les élus contre l’arbitraire. Elles assuraient leurs libertés. Elles ne pouvaient être levées que pour des crimes ou des délits graves d’ordre privé sans rapport avec leur activité politique. Les immunités parlementaires ont progressivement disparu et leur disparition a sapé la base de la démocratie représentative. Résultat : l’élection présidentielle, au lieu de porter sur les sujets essentiels (souveraineté, identité, sécurité, indépendance), est polluée par des feuilletons judiciaires dérisoires.

Il ne devrait pas y avoir besoin d’être mariniste pour s’indigner des persécutions subies par le Front national sur l’emploi de ses assistants parlementaires européens ; pas davantage pour condamner les poursuites menées contre Marine Le Pen au motif qu’elle a publié sur son compte Twitter des images qui ont déplu au pouvoir. Ce qui est au cœur de la liberté de l’élu.

Il ne devrait pas y avoir davantage besoin d’être fillonniste pour s’indigner d’une convocation des juges « aux fins de mise en examen » d’un candidat à l’élection présidentielle deux jours avant la fin du dépôt des candidatures ! Chaque courant politique doit pouvoir concourir.

Imagine-t-on un seul instant ce qu’on dirait si, lors d’élections en Russie, les deux principaux opposants au pouvoir et leurs proches étaient convoqués tous les deux jours par la police et les juges ? Eh bien, c’est ce qui se passe en France !

Magistrats et journalistes se font la courte échelle. Les médias louent les jugements et les actions politiquement corrects des juges. Les juges apportent à manger aux médias en feuilletonisant les « affaires ». Pour le grand malheur du peuple qui se voit priver de la liberté d’être informé, de la possibilité de décider à travers ses représentants, et même de les choisir librement.

A bas la dictature médiatico-judiciaire !

Jean-Yves Le Gallou
président de la Fondation Polémia

Tribune libre reprise de Boulevard Voltaire

Macron : demandez le programme !, par Jean-Gilles Malliarakis

Après plus de 100 jours de mystère, le programme Macron a donc été rendu public le 2 mars. Il prend la forme d’une petite brochure de 36 pages au format A5. (1)⇓ Ce texte appelle quelques remarques, préalables à tout examen de détail.

D’abord, un tel catalogue de suggestions résulte, nous dit-on, de la contribution d’un nombre d’experts aussi impressionnant qu’imprécis : 400 selon Les Échos  (2), 500 à en croire la brochure elle-même. Se seraient ajoutés à leurs éminents avis, ceux de 30 000, 100 000, peut-être 200 000 internautes ayant cliqué gratuitement sur un bouton d’adhésion. On imagine aisément les incertitudes de la synthèse.

Macron ProgrammeEn raison même de leur caractère hétéroclite, et nonobstant la présence dans le cercle des soutiens de boussoles indiquant, depuis tant d’années, invariablement la mauvaise direction : ès-Attali, ès-Bergé, ès-Minc et tutti quanti, on trouvera quand même quelques suggestions intéressantes, bien venues. Par exemple, l’interdiction des téléphones portables dans les enceintes scolaires.

Écartons enfin une intelligente opération, relevant de l’étude de marché : si l’on se base sur certains sondages, voire sur des scrutins dédiés comme le référendum de 2005, plus encore que les élections européennes de 2014, il existe, certes, un très fort scepticisme dans l’opinion française vis-à-vis des institutions communautaires. Reste cependant 45 % des électeurs qui ont voté oui au projet de constitution de l’Union européenne : or, ces électeurs ne se retrouvent dans aucun candidat, pas même François Fillon. (3)

En étant pratiquement le seul à se réclamer de “l’Europe”, soutenu par François Bayrou, il envisage de prendre des voix en déshérence.

Ne disons pas non plus que tout relève de l’absurde dans cette brochure. Ce qui appelle la critique résulte plutôt de ce qui n’y figure pas. À l’heure où ces lignes sont écrites, ceux qui encensent le projet n’ont probablement guère disposé du temps de l’étudier. Les lecteurs attentifs au contraire ne sauraient y souscrire pleinement.

Comment ose-t-on appeler programme, pour commencer, un document qui ne mentionne aucun chiffrage ? On parle un peu pompeusement à tors et à travers désormais, de “financement”. C’est le mot à la mode chez les technocrates et les journalistes.

En 1958, le principe de l’équilibre budgétaire l’avait emporté sur le parti dépensier et déficitaire. L’article 40 de la nouvelle Constitution avait été conçu pour empêcher qu’une proposition de loi démagogique, supposée venir d’un parlementaire, ou d’un groupe, aboutisse à déséquilibrer le budget sans qu’elle soit compensée par une recette ou une économie précise. Cette disposition avait été tournée pendant des années par la phrase ritournelle : “la diminution des ressources publiques conséquentes… ou le surcroît des dépenses… est compensé par le relèvement, à due concurrence, des taux prévus à l’article 575 A du code général des impôts”. Rappelons pour le profane que l’article 575 fixe les droits sur les tabacs et allumettes.

Désormais le parti du déficit et de l’endettement, ayant repris le dessus avec les années Gicard-Chirac, et plus encore sous Mitterrand, on pose comme une sorte de clef de voûte du modèle français que, nécessairement, les dépenses ne sont pas équilibrées par des recettes.

D’autre part, les propositions de loi d’origine parlementaire ne représentent plus que 1 % des dépenses : les projets venant des bureaux ministériels échappent à la règle qui dispose clairement au gré de l’article 40 que ce sont “les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement” (c’est le point en cause) qui “ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l’aggravation d’une charge publique.”

Si l’on souhaite par conséquent revenir à la logique de la Constitution, il faudra bien étendre, d’une manière ou d’une autre, le champ de l’article 40 aux promesses démagogiques des candidats à la présidence.

Jean-Gilles Malliarakis

Apostilles

  1.  Le programme d’E Macron est désormais téléchargeable sur le site de son mouvement.
  2.  Ce journal, autrefois dédié à l’économie, est aujourd’hui la propriété de M. Bernard Arnault, PDG de LVMH, qui a également racheté en 2015 Le Parisien-Aujourd’hui en France. Le même groupe possède aussi Radio Classique. Tous ces médias soutiennent avec plus ou moins de discrétion Macron. 
  3.  Catalogué comme “européiste” par les “souverainistes”, celui-ci défend en fait une vision intermédiaire qui se réclame de De Gaulle. Il était en 1992 aux côtés de Philippe Séguin dans la campagne contre le traité de Maastricht.

Article repris de L’Insolent

Fleurs bleues Wajda

Les Fleurs bleues : le bouquet final du cinéaste polonais Andrzej Wajda

Les Fleurs bleues WajdaPas de « bouquet de houx vert et de bruyère » comme chez Hugo, mais des fleurs bleues pour l’œuvre posthume du réalisateur polonais Andrzej Wajda, disparu le 9 octobre 2016 à 90 ans. Le titre français fait allusion à la devise de l’artiste « l’art doit dicter sa loi à la réalité », qui s’exprime dans un geste spontané lorsqu’il colore des fleurs blanches pour les déposer sur la tombe de sa femme. On retrouve l’univers soviétique, toile de fond coutumière du réalisateur, plongeant cette fois dans l’exploration du monde artistique.

Wajda, qui a renoncé à la carrière de peintre après la Seconde Guerre mondiale, a choisi de retracer les dernières années de la vie de Wladyslaw Strzeminski (1893-1952), artiste avant-gardiste fondateur du deuxième musée d’art moderne d’Europe dans les années 1930, pour qui l’art abstrait est une nouvelle voie d’expression du siècle.

Strzeminski ne s’est pas toujours opposé au communisme ; mais bien que peu de spectateurs connaissent sa théorie de la vision et celle de l’unisme (sur l’autosuffisance d’un tableau), on comprend bien pourquoi cet homme gêne un régime qui impose un réalisme socialiste de plus en plus affirmé : les années 50 correspondent à une reprise en main de l’art par les Soviétiques. Reconnu jusqu’à la fin des années 1940, Strzeminski est ensuite brutalement sommé de choisir son camp. Son licenciement de l’Ecole nationale supérieure des arts plastiques de Łódź signe le début d’un chemin qui ne peut que le mener à la mort.

La vieille méthode soviétique est appliquée : faire disparaître toute trace des opposants. Beaucoup de ses œuvres sont détruites, on s’efforce de faire oublier aux élèves la mémoire de leur professeur. La lutte de Strzeminski vise à maintenir à tout prix l’indépendance de l’art face à la politique. A ses côtés, une jeunesse étudiante prête à soutenir son maître au risque de sa vie.

La beauté du film réside dans sa capacité à présenter une force qui n’est pas celle des armes ou de la politique, mais bien la force des faibles : malgré sa faiblesse physique (il a perdu un avant-bras et une jambe lors de la Première Guerre mondiale) et la misère dans laquelle il tombe, le peintre refuse de renier ses convictions. Les dernières minutes sont les plus bouleversantes : elles montrent un homme décidé à se battre jusqu’au bout, vaincu par la maladie et non par le désespoir. Une œuvre épurée, filmée de façon saisissante, qui fait mesurer le génie du réalisateur polonais.

Raphaëlle Renoir

Article paru dans Présent daté du 4 mars 2017