Sortie du livre de Lajos Marton : « Ma vie pour la patrie »

Sortie du livre de Lajos Marton : « Ma vie pour la patrie »

Lajos Marton est connu en France pour avoir été l’un des trois hongrois ayant participé à l’attentat du Petit-Clamart, qui manqua de peu le 22 août 1962 d’ôter la vie au Général De Gaulle, alors président d’une France secouée par le drame de la guerre d’Algérie finissante. Pour cela, Lajos Marton sera condamné à mort.

Il livre dans cet ouvrage richemment illustré le récit haut en couleurs de son existence mouvementée qui le mènera de l’insurrection de Budapest jusqu’au Tchad, toujours au service de son idéal et de ses principes.
Une vie qui le lit comme un roman d’aventures… Un appel au courage, à l’insoumission et à la fidélité.

« Ma vie pour la patrie »
Editions « Les amis du livre européen »
376 pages – 25 euros

COMMANDER EN LIGNE

[Tribune libre] De Racak à Homs – Par Xavier Moreau

De Racak à Homs - Par Xavier Moreau

Les campagnes militaires américaines se suivent et se ressemblent. Nous avions déjà évoqué la similarité entre les opérations « Tempêtes » en république serbe de Krajina en 1995 et « Jachère » en Ossétie du Sud en 2008. Mêmes objectifs de nettoyage ethnique, même soutien américain, même utilisation des armes lourdes sur les zones habitées pour faire fuir les populations civiles. Mais Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev ne sont pas Boris Eltsine et Slobodan Milosevic. La Russie a frappé vite et fort, à la grande surprise de l’OTAN, qui ne croyait pas capable l’armée russe de sortir de ses casernes.

La problématique pour les Américains en Syrie est la même qu’au Kosovo. Leurs alliés, composés de bandes armées plus douées pour terroriser la population civile que pour faire la guerre à une armée régulière, sont sur le point de se faire battre. En 1999, l’intervention américaine au Kosovo se fait en urgence, car l’UCK est battue. Pour justifier l’intervention, William Walker, agent de la CIA et chef de l’OSCE sur place fabrique de toutes pièces un « pseudo-massacre », celui de Racak. Devant la faiblesse du dossier, le TPY, par la décision de la chambre de première instance du 11 juillet 2006, renoncera d’ailleurs à utiliser le « pseudo-massacre » comme une charge contre les 9 officiels serbes accusés de crimes de guerre. Mais en 1999, peu importe alors ce que jugera le TPY sept ans après : l’essentiel est d’avoir un prétexte.

En Syrie le prétexte s’appelle Homs. Les chiffres délirants, fournis uniquement par des ONG pro-occidentales et « l’armée syrienne libre », s’épanchent dans la presse occidentale dans le seul but de retourner les opinions occidentales [1]. Il est même étonnant que l’on ne nous ait pas encore parlé de viols de masse, accusation imaginaire et récurrente du Pentagone lorsqu’il souhaite raser un pays souverain en toute impunité. L’armée syrienne menant son offensive avec succès contre les opposants, la situation est grave pour le gouvernement américain. 15 ans en arrière, la Syrie serait depuis deux mois déjà, un champ de ruine, le pouvoir serait partagé entre la mafia et les bandes islamistes, alliés traditionnels de la politique étrangère américaine. Comme en août 2008, la situation est cette fois différente pour le gouvernement américain. Sergei Lavrov a remplacé le très conciliant Viktor Tchernomyrdine et il a toutes les raisons de soutenir Bachar El Assad. Ce dernier est un allié loyal de la Russie qui n’a jamais tergiversé comme Milosevic ou Kadhafi. C’est en outre l’occasion pour la Russie de faire respecter le droit international et le principe de la souveraineté des États, qui sont au centre de sa politique étrangère. La Russie ne peut abandonner Assad, sous peine de ne plus avoir d’allié fiable.

La véritable question aujourd’hui est de savoir si les États-Unis iront jusqu’à attaquer sans mandat de l’ONU. Au passage rappelons que les opérations militaires américaines en Irak contre Falluja furent bien plus meurtrières pour les civils innocents que la répression syrienne ne l’est à Homs. Et ne parlons pas du terrorisme fabriqué par les services américains pour amener chiites et sunnites à s’autodétruire et mieux diviser l’Irak ainsi. Mais peu importe. Le troupeau bêlant des journalistes français incultes a oublié Falluja et, surtout, veut l’oublier car les crimes contre l’Humanité américains n’existent pas dans la pseudo-culture journalistique française.

En 1999 à propos de la Serbie, aucun État n’avait sérieusement protesté contre le mépris affiché du droit international par le gouvernement américain. Aujourd’hui, la situation est différente. Militairement tout d’abord. La pierre angulaire d’une intervention américaine est le bombardement à haute altitude d’objectifs civils en toute impunité. La DCA syrienne pourrait fort bien limiter cette impunité, comme l’a fait la DCA serbe en 1999. De même, l’intervention au sol aussi serait délicate, l’armée syrienne dispose de plusieurs systèmes d’armes qui pourraient causer de lourdes pertes chez un envahisseur potentiel.

Le gouvernement américain n’a que peu d’alternatives. Le matraquage médiatique a montré ses limites. Les réactions sentimentales et larmoyantes des ministres occidentaux semblent plutôt confirmer aux Russes et aux Chinois que l’Occident est à court d’idées pour faire tomber Assad. Si les États-Unis étaient un acteur international rationnel, nous pourrions prédire l’abandon de la tentative de déstabilisation de la Syrie. L’Histoire récente a cependant montré qu’il n’en était rien. Les États-Unis sont pris entre le puritanisme fanatique des républicains qui proclament, sans sourire, que Dieu a créé l’Amérique pour dominer le monde et le cynisme absolu des démocrates, et qui suivent aveuglement les préceptes primaires de Zbigniew Brzezinski. Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui c’est bien la Russie de Poutine qui est en train de mettre en échec le mondialisme américain et ses caniches. Et là seul réside la raison de l’acharnement médiatique occidental contre Poutine.

Xavier Moreau


[1] Pour préciser cette phrase, les chiffres émanent en réalité du seul autoproclamé « Observatoire Syrien des Droits de l’Homme », basé à Londres et dirigé par les Frères Musulmans, qui sont les opposants au régime de Damas.

Crédit photo : capture d’écran vidéo Euronews

 

À propos de l’auteur, Xavier Moreau :

Xavier MoreauDe Racak à Homs - Par Xavier MoreauSaint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d’une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 10 ans, travaillant également sur l’Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie.

La classe politique se presse au dîner annuel du Crif

La classe politique se presse au dîner annuel du Crif

09/02/12 – 11h30
PARIS (NOVOpress)
– Comme chaque année, on se bousculait au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France. L’affluence était même cette année encore plus importante que lors des dernières éditions, l’année électorale poussant les hommes politiques de tous bords à venir solliciter la bienveillance de la communauté.

Villepin, Sarkozy, Hollande, Manuel Valls, Bertrand Delanoë, Roselyne Bachelot, Nathalie Kosciusko-Morizet… ils étaient tous là pour cette soirée d’œcuménisme républicain dont seuls sont exclus les représentants de la droite nationale au premier rang desquels, bien entendu, Marine Le Pen.

Dans son discours, le président Sarkozy n’a pas ménagé ses efforts et ses effets pour satisfaire le public et démontrer sa préoccupation constante des intérêts de la communauté.

Le chef de l’Etat s’est ainsi taillé un beau succès à l’applaudimètre en rappelant son engagement en faveur de Gilad Shalit, le soldat franco-israélien libéré après avoir été détenu par le Hamas :
« Gilad a été persécuté, torturé, maltraité. Honte a ceux qui ont fait ça. » a notamment déclaré le chef de l’Etat avant d’affirmer que «l’acquisition de l’arme atomique par l’Iran est inacceptable ».

Crédit photo : Marcel Masferrer Pascual via Flickr, licence CC.

Nantes : le clip qui fait scandale

Nantes : le clip qui fait scandale

09/02/2012 – 11h00 NANTES (NOVOpress Breizh) – Après les affiches retirées du film «Les infidèles», c’est le clip de lancement de « 11 Football club », une nouvelle boutique nantaise spécialisée dans les articles de foot, qui fait du reuz (NDLR, en breton : faire du bruit) sur le net. Question bruit, c’est manifestement réussi. Quant au bon goût…

Boutique en ligne spécialisée dans les articles de foot qui va bientôt ouvrir un magasin à Nantes, «11 Football club» a donc eu l’idée de recourir à un clip de lancement pour le moins osé. La vidéo montre en effet une jolie rousse à la bouche pulpeuse qui, sur fond de musique langoureuse, semble faire à un homme vu de dos une prestation d’ordre sexuel qui n’appelle pas la moindre équivoque. Erreur, la jolie personne se contentait seulement de lui faire essayer une paire de chaussures. «11 Football club aime prendre soin de ses clients», conclut le clip.

Le Crash (Collectif radical anti-sexisme et homophobie) nantais a vivement réagi à cette publicité provocatrice par la voix d’Auréline Cardoso qui déclare à 20 Minutes « Ce genre de pub me consterne. On ne peut pas rire constamment du sexisme et du machisme, quand on sait qu’une femme est violée toutes les cinq heures en France. » Le collectif, créé à l’occasion d’un tonus étudiant intitulé DSK, a l’intention d’adresser une lettre ouverte à «11 Football club» afin de lui faire « une mauvaise pub ».

Thalia Breton, porte-parole de l’association Osez le féminisme, explique doctement de son côté dans Libération qu’on est en présence d’une « vision complètement stéréotypée. Les publicités sexistes, poursuit-elle, se cachent souvent derrière l’humour. Le milieu sportif est vu comme un monde essentiellement masculin et ce stéréotype est malheureusement complètement banalisé.»

Interrogé par 20 Minutes, Benoît Defois, co-gérant de la société, estime qu’il faut « prendre du recul ». Selon lui « ce n’est que de l’humour, et rien d’autre. Le message de la pub n’était pas de dénigrer la gent féminine, mais juste de dire qu’on prend soin de nos clients… » Humour ou porno ? Et il a bien l’intention de récidiver. Pour faire la promo du foot féminin, il envisage de mettre bientôt en scène « un homme à genoux, devant une femme les jambes écartées ». Qui finira bien sûr par trouver chaussure à son pied.

La vidéo

“Monsieur Guéant et l’esprit du temps”, par Bernard Lugan

"Monsieur Guéant et l'esprit du temps", par Bernard Lugan

[box class=info]Article repris du site de l’universitaire et africaniste Bernard Lugan. Source : www.bernard-lugan.com.[/box]

Avec ce qu’il faut désormais appeler l’« affaire Guéant », nous nageons en plein confusionnisme. D’abord parce que Monsieur Guéant a confondu « Civilisation » et régime politique, ce qui, convenons-en, n’est pas tout à fait la même chose…

Ensuite, parce que la gauche dénonce des propos inscrits dans l’exacte ligne de ceux jadis tenus par Victor Hugo, Jules Ferry, Léon Blum ou encore Albert Bayet [1]. Pour ces derniers, il existait en effet une hiérarchie entre, d’une part les « peuples civilisés », c’est-à-dire ceux qui se rattachaient aux Lumières et à l’« esprit de 1789 », et d’autre part ceux qui vivaient encore dans les ténèbres de l’obscurantisme. Jules Ferry déclara ainsi devant les députés le 28 juillet 1885 :

« Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ; mais parce qu’il y a aussi un devoir. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».

Quant à Léon Blum, le 9 juillet 1925, toujours devant les députés, il ne craignit pas de prononcer une phrase qui, aujourd’hui, le conduirait immédiatement devant les tribunaux :

« Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l’industrie. »

Reconnaissons que Monsieur Guéant est bien loin d’avoir tenu de tels propos clairement racistes. La gauche ferait donc bien de balayer devant sa porte et si les représentants de la « droite » avaient eu un minimum de culture, ils auraient pu, en utilisant ces citations et bien d’autres encore, renvoyer le député Letchimy au passé de son propre parti.

Le problème est que Monsieur Guéant est un universaliste pour lequel l’étalon maître de la « Civilisation » est, selon ses propres termes, le respect des « valeurs humanistes qui sont les nôtres ».

À ce compte là, effectivement le plus qu’un milliard de Chinois, le milliard d’Indiens, les centaines de millions de Japonais, d’Indonésiens etc., soit au total 90% des habitants de la planète, vivent en effet comme des « Barbares » ou des « Sauvages ». Barbares et sauvages donc les héritiers de Confucius, des bâtisseurs des palais almohades et de ceux du Grand Moghol puisqu’ils n’ont pas encore adhéré à nos « valeurs humanistes », ces immenses marques du progrès humain qui prônent l’individu contre la communauté afin que soient brisées les solidarités, la prosternation devant le « Veau d’Or » afin d’acheter les âmes, la féminisation des esprits contre la virilité afin de désarmer les peuples, les déviances contre l’ordre naturel afin de leur faire perdre leurs repères.

Face à cette arrogance et à cet aveuglement qui constituent le socle de la pensée unique partagée par la « droite » et par la gauche, se dresse l’immense ombre du maréchal Lyautey qui, parlant des peuples colonisés, disait : « Ils ne sont pas inférieurs, ils sont autres ». Tout est dans cette notion de différence, dans cet ethno-différentialisme qui implique à la fois respect et acceptation de l’évidence.

Or, c’est cette notion de différence que refusent tous les universalistes. Ceux de « droite », tel Monsieur Guéant, au nom des droits de l’Homme, ceux de gauche au nom du cosmopolitisme et du « village-terre ».

Bernard Lugan – 08/02/12 – www.bernard-lugan.com


[1] Voir à ce sujet les pages 34 à 42 de mon essai Décolonisez l’Afrique !, paru chez Ellipses en octobre 2011.

Perte du triple A : il faut se méfier des vendredi 13

Perte du triple A : il faut se méfier des vendredi 13

08/02/2012 – 17h30
PARIS (NOVOpress Breizh) –
Alain Minc, le grand-prêtre de la « mondialisation heureuse » nous avait prévenus : le triple A constitue un « trésor national » (sic). Le Président de la République partageait la même conviction : « Nous avons un objectif et une obligation : conserver le AAA » (mercredi 7 septembre 2011). Il est vrai qu’à l’approche de l’élection présidentielle ce dernier avait tout à gagner à ce que le front de la finance – les investisseurs qui assurent nos fins de mois – demeurât calme. Pas de vagues, pas de mauvaises nouvelles, pas d’aggravation des comptes publics, voilà ce que le président pouvait souhaiter. Il voyait même dans ce statu quo une des clés de sa réélection : « Si nous perdons le triple A, je suis mort. C’est là-dessus que se jouera le différentiel de compétence avec Hollande : nous ferons tout pour le garder » (dimanche 23 octobre 2011).

Bien entendu, il y a tacticien et tacticien. Foch se plaisait à affirmer au moment de la bataille de la Marne : «  Pressé fortement sur ma droite, mon centre cède. Impossible de me mouvoir. Situation excellente, j’attaque. » Nicolas Sarkozy, lui, est plus cérébral : « J’ai tout en tête. Mon calendrier, ma stratégie. Je veux cliver. A fond. Pour l’instant vous n’avez encore rien vu. » (Le Canard Enchaîné 22/09/11).

Rendez-vous le dimanche 22 avril et surtout le dimanche 6 mai pour vérifier l’excellence de la méthode. Le « mort » sera-t-il ressuscité ? Une certitude, avec une situation économique et sociale très dégradée et un environnement politique incertain, Nicolas Sarkozy n’avait pas besoin que l’agence de notation financière Standard & Poor’s vienne lui compliquer la vie en faisant tomber la France de AAA à AA+. C’était un vendredi 13…

Vendredi 21 octobre 2011

Standard & Poor’s publie une étude dans laquelle l’agence analyse deux « scénarios de stress ». Dans le premier cas la zone euro tombe en récession. Dans le second, à ce recul de l’activité vient s’ajouter une hausse des taux d’intérêts. Conséquence pourla France : sa note se verrait dégradée d’un cran ; elle passerait de AAA, la meilleure note possible, à AA+.

Jeudi 10 novembre 2011

La Commission européenne annonce que les pays de la zone euro connaîtront une croissance anémique de 0,5%, en moyenne, en 2012. La prévision indique 0,6% pour la France. Selon les gens de Bruxelles, «  la croissance s’est arrêtée en Europe et le risque existe d’une nouvelle récession ». Nous aurions affaire à « une récession profonde et prolongée, avec de nouvelles turbulences sur les marchés financiers ».

Lundi 5 décembre 2011

Le compromis franco-allemand destiné à modifier les traités européens ne semble pas suffisant aux yeux de S & P. Si bien que, quelques heures plus tard, l’agence annonce qu’elle place « sous surveillance avec implication négative »la note de quinze des dix-sept Etats de l’union monétaire. Seuls deux grands malades (Grèce et Chypre) échapperont au piquet.

Il s’agit d’un avertissement : S & P se donne trois mois pour décider si les pays de la zone euro méritaient leur note. Pour justifier sa décision, l’agence précise que « les tensions systémiques dans la zone euro ont augmenté ces dernières semaines / jusqu’au point de faire pression à la baisse sur le degré de solvabilité de la zone euro dans son ensemble ».

Les six Etats encore notés AAA sont concernés par cette décision. Selon S & P, cinq (Allemagne, Luxembourg, Autriche, Pays-Bas, Finlande) pourraient être dégradés d’un cran tandis que la France se verrait abaissée de deux crans, à AA, la troisième note sur 22 possibles.

Vendredi 13 janvier 2012, 23 heures

Coup de tonnerre : S & P abaisse d’un cran les dettes souveraines de la France et de l’Autriche, deux pays notés AAA. En tout neuf pays sont dégradés, dont quatre (Portugal, Espagne, Italie et Chypre) de deux crans.

La note de la France passe donc de AAA à AA+, avec « perspective négative ». Selon S & P le pays conserve une bonne santé financière mais pâtit « de l’approfondissement des problèmes politiques, financiers et monétaires de la zone euro ».

« Perspective négative » signifie sérieux avertissement. En clair, la France à « au moins une chance sur trois » d’être à nouveau dégradée en 2012 ou 2013.

Plusieurs raisons expliquent la décision de l’agence :

1°) Elle estime que les mesures budgétaires annoncées sont insuffisantes pour atteindre les objectifs de réduction des déficits en 2012 et 2013 (fixés respectivement à 4,5% et 3% par le gouvernement).

2°) Elle conteste la méthode utilisée pour redresser les comptes de la Nation : « Nous croyons qu’un paquet de réformes ne reposant que sur le seul pilier de l’austérité budgétaire risque de devenir auto- destructeur. »

3°) L’accord intergouvernemental du 9 décembre 2011 concernant l’adoption d’un nouveau traité européen (la règle d’or, le mécanisme de correction automatique des déficits, la réduction de la dette publique) lui semble insuffisant « pour permettre de résoudre structurellement les difficultés financières de la zone euro ».

Bref, S & P veut, en plus de l’austérité, des réformes structurelles aptes à relancer la compétitivité des pays affectés par la crise de la dette.

La charge de la dette

Il existe un poste de dépense trop souvent perdu de vue. Dans la loi de finances, on le trouve logé dans la mission « engagements financiers de l’Etat ». C’est de la « charge de la dette » qu’il s’agit, ligne budgétaire injustement ignorée car elle croît et embellit d’année en année : 37,6 milliards d’euros en 2009, 40,5 en 2010, 46,7 en 2011 et 48,8 en 2012. Nous avons même affaire au deuxième poste de dépense de l’Etat. Dans le budget 2012, en première position, on trouve la mission « enseignement scolaire » avec 62,3 milliards d’euros, en seconde la « charge de la dette » avec 48,8 milliards et en troisième la mission « défense » avec 38,3 milliards. A coup sûr, le montant des intérêts versés par l’Etat à ses créanciers ( banques, assurances, fonds…) ne peut être considéré comme une chose négligeable. Combien la Nation pourrait-elle se payer d’hôpitaux, d’universités, de lignes à grande vitesse, de porte-avions avec ses 48,8 milliards d’euros ?

Notons également que la recette apportée par l’impôt sur le revenu est estimée à 64,5 milliards d’euros pour 2012. Autant dire que les intérêts de la dette mangent les trois quarts de cette recette fiscale.

Grâce au triple A, la France empruntait à des taux bas

Les sommes colossales engouffrées pour payer les intérêts des emprunts demeurent portant « raisonnables » (?!). En effet l’Agence France Trésor (bras armé de Bercy pour la gestion de la dette) parvient à emprunter sur les marchés à des taux faibles – la note AAA signifiant sécurité maximale pour les investisseurs. C’est pourquoi le taux moyen auquella France a emprunté en 2011 n’a été que de 2,8%, le deuxième plus bas de l’histoire après 2010 (2,5%).

Mais la situation se dégrade depuis quelque temps. Lors de l’adjudication du jeudi 5 janvier 2012, l’AFT est parvenue à placer des obligations à dix ans au taux de 3,29%. Pour ce même produit, l’écart des taux d’intérêts avec l’Allemagne se creuse depuis la fin 2011 : 3,1% pour Paris et 1,75% pour Berlin soit un « spread » de 1,3 point en décembre, contre 0,3 point en mai.

La perte du triple A compensée par la nouvelle stratégie de la Banque centrale européenne

Philippe Mills, le directeur de l’Agence France Trésor – l’homme qui vend nos obligations d’Etats aux fonds souverains, aux banques centrales, aux banques commerciales, aux compagnies d’assurances, aux fonds de pension…- estimait il y a deux mois que « ceux qui prétendent qu’il ne se passera rien le jour où la France perdra son triple A se trompent complètement » (Les Echos 23/11/11).

En 2012 la France a prévu d’émettre 178 milliards d’euros d’obligations contre 184 en 2011 et 188 en 2010 ; il lui faut en effet d’une part refinancer sa dette passée arrivant à échéance et d’autre part combler son déficit (77,8 milliards d’euros).

La baisse de la notation aurait pu se traduire mécaniquement par une hausse des taux d’intérêts dus par la France à ses créanciers. Bonne surprise, cela n’a pas été, pour l’instant du moins, le cas.

Le 19 janvier l’AFT a émis en effet 7,965 milliards d’euros à moyen terme avec des taux d’intérêt en baisse, en grande partie grâce à la stratégie généreuse de la Banque centrale européenne (BCE). La baisse est particulièrement marquée sur le taux pondéré à 5 ans, qui chute de plus d’un point, à 1,89% contre 2,82% en novembre dernier.

Les effets négatifs potentiels de la dégradation de la France par Standard & Poor’s ont donc été compensés par l’action de la Banque centrale européenne.  Cette dernière a en effet prêté 489 milliards d’euros à trois ans aux banques fin 2011. La BCE a également abaissé d’un point ses exigences de dépôts obligatoires des banques de la zone euro dans le cadre de ses mesures d’assouplissement monétaire. Ce qui fait que celles-ci ont pu dégager pour un peu plus de 100 milliards d’euros qu’elles devaient laisser jusqu’à présent sur les comptes de l’institution monétaire. Ces nouvelles liquidités se sont ajoutées aux prêts de la BCE pour soutenir indirectement la demande d’obligations d’État.

Cette évolution des taux d’emprunt à l’opposé des prévisions et des déclarations des spécialistes de l’oligarchie montre l’erreur de Nicolas Sarkozy et de François Hollande de se prêter au jeu des financiers internationaux et de leurs agences de notation. En effet, en rendant à la BCE, à l’égal des autres pays dont les USA et la Chine, une partie de sa capacité à agir sur le financement des Etats membres de l’Eurozone, les responsables politiques européens ont prouvé que la volonté politique peut compenser le poids des marchés. Cependant, cette décision ne supprime pas les causes originelles de la crise actuelle de l’Europe que sont d’une part la désindustrialisation qui l’appauvrit, d’autre part une consommation supérieure à la production qui l’oblige à s’endetter. Si rien ne change en ces domaines et quelles que soient les notations des agences du même nom, demain les taux d’intérêt augmenteront.

Crédit photos : Pline, licence CC

Samedi 11 février : dédicace de Lajos Marton à la librairie Facta

Samedi 11 février: dédicace de Lajos Marton à la librairie Facta

08/02/12 – 16h00
PARIS (NOVOPress)
-Lajos Marton est né en 1931 dans une famille paysanne à Pósfa, un village de l’ouest de la Hongrie. Excellent élève, il veut devenir officier, et intègre très vite l’état-major de l’armée de l’air.

En octobre 1956, il participe à l’insurrection anticommuniste , et lorsque les Soviétiques écrasent dans le sang la Hongrie en novembre 1956, il parvient à s’échapper vers la France (la justice hongroise le condamnera à mort par contumace en 1959).

Anticommuniste, il se lie à des milieux militants et militaires français, et participe à l’Opération Résurrection en mai 1958 qui contribue à la prise de pouvoir en France de Charles De Gaulle. Plus tard, il est recruté dans le commando du colonel Bastien-Thiry. Après l’Attentat du Petit-Clamart contre De Gaulle, il parviendra à vivre dans la clandestinité pendant plus d’un an et sera condamné à mort par contumace.

Arrêté en septembre 1963, Lajos Marton a droit à un nouveau procès, où il écope d’une peine de 20 ans de prison. Comme la plupart des combattants de l’OAS, il sera gracié et libéré en 1968. Il obtient la nationalité française dans les années 80.

En juillet-août 1983, Lajos Marton fait partie du Commando Omega en tant que « conseiller technique » dans le cadre de l’intervention de la DGSE au Tchad, pour préparer l’Opération Manta, qui repoussa une offensive sur le Tchad composée de rebelles tchadiens menés par Goukouni Oueddei, et dirigée en sous-main par Mouammar Kadhafi.

Il conte ses souvenirs dans le livre Il faut tuer De Gaulle, publié en 2002, avec notamment des détails inédits sur l’attentat du Petit-Clamart. Ces mémoires sont éditées en 2003 en Hongrie sous le titre Meg kell ölni De Gaulle-t.

À partir de 2004, Lajos Marton effectue des démarches en Hongrie pour avoir accès aux archives secrètes communistes le concernant. Il obtient plus de 1100 pages le concernant. Parmi toutes les informations révélées par ces archives secrètes, on y apprend notamment que les services secrets communistes hongrois ont essayé d’utiliser l’attentat du Petit-Clamart pour brouiller les relations franco-allemandes, en tentant de faire accréditer la thèse que les trois Hongrois de l’attentat avaient été recrutés par les services secrets ouest-allemands.

La découverte de ces documents secrets ainsi que le souhait de compléter son récit (en partie remanié par les Editions du Rocher) a poussé Lajos Marton a rééditer ses mémoires en 2011, en France comme en Hongrie.

« Ma vie pour la Patrie ! » de Lajos Marton

Lajos Marton signera cet ouvrage à la Librairie Facta, 4 rue de Clichy, 75009 Paris (Tel. 01 48 74 59 14. Mo Trinité) le samedi 11 février de 14h30 à 18 heures.

Lajos Marton, « Ma vie pour la Patrie ! » 376 pages, Editions Les Amis du Livre Européen, 1 place Paul Verlaine 92100 Boulogne-Billancourt
e-mail : contact@lesamisdulivreeuropeen.eu, www.lesamisdulivreeuropenne.eu

En danger, la Traboule, maison de l’identité lyonnaise, fait appel aux lecteurs de Novopress

En danger, la Traboule, maison de l'identité lyonnaise, fait appel aux lecteurs de Novopress

[box class=warning]”La Traboule”, association loi 1901 à l’origine de la “maison de l’identité lyonnaise” éponyme basée dans le vieux-Lyon, nous communique…[/box]





La Traboule, espace de vie enraciné au cœur du quartier historique du vieux-Lyon, fête ses 1 an et demi d’existence. Véritable aventure humaine, originale et nécessaire, cette maison de l’identité lyonnaise et de la jeunesse rencontre un succès inédit. Mais une bien sombre nouvelle vient ternir cet anniversaire et porte un coup dur à la motivation de plus de 200 adhérents et bénévoles qui l’animent avec passion toute l’année. Parce qu’elle dérange, certains veulent la faire fermer.

En effet l’inspection de notre maison de l’identité par la commission de sécurité de la ville de Lyon (qui se garde bien de contrôler les squats illégaux de l’extrême gauche), a relevé des insuffisances qui pourraient entrainer la fermeture du lieu par arrêté municipal d’ici quelques semaines.

Si celles-ci ne représentent pas de réelles difficultés dans leur mise en place, leur coût financier lui, menace gravement l’avenir du lieu de vie. Selon le devis réalisé par une entreprise spécialisée, la somme de 4 000 € est en effet nécessaire pour répondre aux exigences de la commission de sécurité et éviter toute fermeture. Si La Traboule était sur la voie de l’équilibre financier depuis quelque temps, (notamment avec la fin des dépenses liées aux travaux et aux aménagements du lieu), cette nouvelle est un coup dur pour cette aventure hors du commun.

Jusqu’à présent construite et financée en toute autonomie par des étudiants, La Traboule n’a aujourd’hui plus le choix pour continuer à exister : elle lance un appel à la générosité de tous, à votre solidarité. Votre engagement dans cette campagne de dons est décisif pour nous aider à surmonter cette épreuve. Votre soutien est indispensable pour sauver cette maison de l’identité et du peuple lyonnais.

La Traboule à besoin de vous!

[Tribune libre] Icônes de la barbarie ou de la nouvelle religion ? Par Léon Arnoux

Icônes de la barbarie ou de la nouvelle religion ? Par Léon Arnoux

Symboles et icônes de l’étrange religion qui se met en place tous les jours sous nos yeux, de pareilles monstruosités sont érigées ici et là dans nos lieux publics, nos monuments historiques et même, avec la complicité d’un certain clergé, dans nos églises.

Cette statue hideuse, haute comme une maison de deux étages se trouve devant l’aéroport de Nice. A quelques kilomètres de là, sur une aire de repos de l’autoroute du soleil, existe une œuvre similaire. A Nice toujours, quai des Etats-Unis et à quelques dizaines de mètres des jardins Albert 1er, trois énormes poutres de ferraille rouillée se dressent agressivement face à la mer. Les touristes et les passants, nombreux en cet endroit, se demandent quelle est leur signification en ces lieux. A Versailles, des expositions provocantes et qui n’ont aucun lien avec les bâtiments historiques condamnés à les héberger, sont organisées dans les parties les plus symboliques du château.

Dans son ouvrage, L’art caché – Les dissidents de l’Art Contemporain, (éditions Eyrolles), Aude de Kerros décrypte toutes ces œuvres de laideur maximale, sans liens de parenté apparents et qui appartiennent à l ’Art Contemporain. Ces manifestations qui n’ont rien à voir avec l’art sont de plus en plus connues désormais sous le diminutif d’ « AC ». Comme nous allons le voir, leur manque flagrant d’esthétisme n’est pas dû au hasard où à une quelconque technique défaillante.

D’après Aude de Kerros, « L’Art Contemporain s’applique à remplacer l’esthétique par la morale. Il veut désincarner l’art parce que la chair est mauvaise. Il craint la séduction et entend éradiquer toute idée de beauté qu’il perçoit comme une perversion. L’AC est un rêve de pureté absolue fondée sur une haine du corps et de la matière. Les thèmes et pratiques omniprésents de l’AC sont la maltraitance, la trivialité, la dégradation. La chair est si méprisable qu’elle peut être souillée sans conséquence. Le corps glorieux n’existe pas. »

Comme on le voit, les religions du désert ne sont pas loin 

Aude de Kerros poursuit : « L’AC se veut le signe visible du Dieu absent. Il unit les hommes dans la célébration de la mort irrémédiable qui nous rend tous égaux et martyrs d’un Dieu inconnaissable pour certains, improbable pour d’autres. »

« Le dogme de l’AC dit qu’à partir d’Auschwitz la pratique de la peinture est une insulte à la mémoire des victimes. Il n’y a pas de comparaison possible entre le mal qui se manifeste sur le Golgotha et celui qui déferle sur Auschwitz. Le premier était représentable parce qu’il s’ouvrait sur l’espoir d’une rédemption. L’autre est un mal absolu, sans remède, irrémissible, donc irreprésentable. »

Un des mythes fondateurs de l’AC serait Auschwitz. Derrière l’AC, il y a donc la Shoah. Cette chose étant reconnue, les choses commencent à s’éclairer.

« Par ailleurs l’AC n’étant pas une esthétique mais une métaphysique et une morale, elle entre en concurrence pour ne pas dire en conflit avec l’Eglise sur les questions du contenu de l’art et donc du dogme. L’Eglise catholique joue en France un rôle important dans le domaine de l’Art, elle est à la fois source de commandes d’œuvres monumentales et fondateur de légitimité dans un pays traditionnellement de monarchie de droit divin pendant treize siècles. »

(…) « Cette attitude ébauchée au cours des années1980, affirmée lors de la construction de la cathédrale d’Evry en 1987, rendue systématique dans les années 1990, a eu des conséquences graves dans la vie culturelle en contribuant à supprimer les polarités de la vie artistique. »

Certes, tout le clergé n’est pas en cause et ne fait pas bloc unanimement derrière Mgr Rouet, mais quelques exemples montrent bien la profondeur du mal.

En l’église Saint-Eustache, à Paris, une énorme couronne de fer barbelé en fonte d’aluminium de 3m40 de haut est posée sur le pavement du cœur. Elle n’est pas là pour rappeler la couronne d’épines du Christ mais les barbelés d’Auschwitz. Dans l’église Saint Bernard, à Paris toujours, Suboth Gupta a exposé une énorme tête de mort constituée d’un assemblage de casseroles et intitulée : « Very Hungry God », ce qui peut se traduire par « Dieu affamé » ou « Dieu avide ». En l’église Saint Sulpice, c’est une « machine à baptiser » conçue par Faust Cardineli qui a été proposée aux fidèles.   Aux «  idiots utiles » qui permettent et facilitent les choses, Aude de Kerros rappelle pourtant :

« Pour développer tous ses concepts et pour atteindre sa dimension métaphysique, l’AC a besoin de détourner à son profit les lieux sacrés, historiques et patrimoniaux. C’est le contexte qui lui permet d’exister. Comment transgresser, blasphémer, choquer sans lui ? La nouvelle gnose n’est rien, ne peut rien sans la religion qu’elle prétend remplacer. »

Tout cela avec des fonds publics, donc, avec nos impôts et sans que ceux qui disent veiller sur le total respect de la laïcité ne s’en émeuvent. Mais revenons à notre ouvrage :

« En France, il n’y a pas de filières de reconnaissance en dehors de l’Etat. Ce sont aujourd’hui les fonctionnaires du ministère de la Culture qui gèrent les dossiers de commande d’art sacré. Progressivement, ils s’approprient toute la création d’art sacré en France. Le Drac est à l’affût des moindres travaux dans les modestes chapelles romanes des campagnes les plus reculées pour proposer des vitraux « contemporains » à la place de vitraux du XIXème siècle que les municipalités, départements et régions doivent financer. Les populations impuissantes et désespérées assistent au détournement de leur patrimoine et de l’argent public au profit de cette secte qui maintenant représente l’art officiel. »

Beaucoup de questions qui se posaient à nous devant ces si irritantes manifestations  restaient sans réponse. On se demandait qui en était les manipulateurs et d’où leur venait ce pouvoir qui leur permettait de s’installer aussi impunément à Versailles, à Nice, et jusque dans nos cathédrales malgré toutes les protestations. Comme on vient de le voir, Anne de Kerros a apporté une réponse. Est-ce la seule ? Nous verrons que non.

A propos d’un ouvrage de Milan Kundera sur les vicissitudes du peuple tchèque balloté de démocratie en nazisme, puis de nazisme en communisme avec finalement un retour à la case démocratie, tout cela en un demi siècle, l’historien et sociologue américain Arthur M. Schlesinger dans un ouvrage qui soulignait les dangers des divers communautarismes et leurs prétentions à réécrire l’histoire du pays en partant de leurs particularismes :  Desuniting of  america . Il y fait le constat suivant :

« Le premier pas pour liquider un peuple est toujours d’effacer sa mémoire. Détruire ses livres, ses arts, sa culture, son histoire, pour écrire de nouveaux livres, créer une autre culture, inventer une autre histoire. Avant longtemps la nation aura oublié ce qui est et ce qui fut. Le combat de l’homme qui refuse d’entrer dans le moule n’est que le combat de la mémoire contre l’oubli. »

C’est un constat admirable et pourtant il semble aujourd’hui oublié de tous puisque personne ne le rappelle jamais. L’explication des ouvrages disparus des rayons et des anthologies expurgées devient d’une clarté aveuglante et cela explique aussi pourquoi nos lieux publics exhibent de nos jours des horreurs qui n’ont absolument rien à voir avec l’art reconnu depuis la plus haute civilisation.

La troisième réponse n’est pas nouvelle puisqu’elle a déjà plus de septante ans. Elle est de L.ouis-Ferdinand Céline qui ne voit en ces manifestations que fumisteries et tentatives d’escroquerie et les traite sans ménagement ni complexe. Car, il serait peut être bon de le rappeler, la chose n’est pas si nouvelle que cela. L’urinoir de Duchamp, c’était déjà de l’AC grand teint. Voici ce qu’il en dit dans Bagatelles pour un massacre :

« A partir du moment où certains (ce n’était pas exactement le terme) arrivent à faire admettre que l’on peut exclure de toutes les œuvres d’art l’émotion, la beauté, le rythme vivant, la confusion règne. La farce, la publicité et l’imposture remplacent tout, s’installent dans la place et prolifèrent.

N’importe quelle croulante supercherie peut devenir à l’instant l’objet d’un culte, déclencher des torrents d’enthousiasme, ce n’est plus qu’une question de publicité. La publicité, bien sûr, est mise en branle par les décideurs et par leur fric. »

« Ce qui est présenté comme œuvre d’art doit être d’une grande banalité. Comme le pseudo artiste, il doit être interchangeable. Pour s’imposer au goût, à l’admiration des foules les plus abruties, l’article à lancer doit être encore plus con qu’eux tous réunis. Mais ces fausses idoles ne seront jamais dangereuses pour leurs donneurs d’ordres. Jamais idoles ne furent aussi fragiles et aussi facilement oubliables au moindre instant de défaveur. A partir du moment où fatigués de leurs petites grimaces leurs maîtres se décideront à couper les ficelles des marionnettes, celles-ci retourneront au néant. Et cela ne causera même pas de vide : il n’y avait rien. »

Traiter l’AC par le mépris ne serait peut être pas la plus mauvaise des réponses s’il n’y avait cet envahissement progressif de tous nos lieux publics. Ah, comme cela est pénible de voir la décadence s’installer partout, dans tous les domaines de notre civilisation.

D’après Abel Bonnard : « L’art ne fait jamais que reconnaitre les idées maitresses d’une civilisation. »  Eh bien, c’est une drôle de civilisation qu’on nous prépare ! Et Bonnard avait ajouté : « Aujourd’hui, des talents peuvent encore naitre mais ils ne pourront plus ni croître ni fleurir. »

Que ce soit dans les domaines financiers ou artistiques, ceux qui tiennent le haut du pavé à New York, n’ont pas fini de nous surprendre. Mais sachons le bien, les constatations de Milan Kundera ne valent pas que pour le peuple tchèque ni les dangers de désintégration pour la seule Amérique. A nous de ne pas oublier qui nous sommes. A nous de refuser d’entrer dans le moule et de rejeter ces icônes d’une religion qui n’est pas et ne sera jamais la nôtre.

Léon Arnoux

Voir aussi : 

«L’art caché – Les dissidents de l’art contemporain» de Aude de Kerros

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Lombardie : représentant musulman, candidat communiste et trafiquant de faux papiers

Lombardie : Représentant musulman, candidat communiste et trafiquant de faux papiers

08/02/12 – 08h00
MILAN (NOVOpress) –
« Insoupçonnable » : c’est du moins ainsi que le journal local, La Gazette de Mantoue (copie d’écran en image à la Une), présente Abouelala Abdelkarim, qui vient d’être arrêté par la police, dans le cadre du démantèlement d’une organisation qui se consacrait au trafic de faux papiers. L’arrestation d’Abouelala Abdelkarim, la dernière en date, est la septième dans cette affaire depuis mi-janvier. L’organisation fabriquait, moyennant plusieurs milliers d’euros, de faux papiers pour faire entrer en Italie des immigrés clandestins. La loi italienne prévoyant que les permis de séjour ne sont donnés qu’aux immigrés qui justifient d’avoir un employeur, le procédé consistait à fabriquer de fausses demandes de main d’œuvre de la part d’entreprises agricoles. Une fois arrivé en Italie, l’immigré disparaissait sans laisser d’adresse. Accessoirement, le procédé permettait aux lobbies immigrationnistes de « prouver » que l’économie italienne avait un criant besoin de travailleurs immigrés…

Insoupçonnable, c’est bien vrai. Abouelala Abdelkarim, né au Maroc en 1966, arrivé en Italie en 1990, est bien connu à Viadana, une ville de 20.000 habitants dans la province de Mantoue. On l’y appelle simplement Karim, c’est vous dire. Porte-parole de la communauté musulmane, « il a pris à plusieurs reprises la défense des Marocains, des musulmans et des étrangers en général, en luttant, c’est le journal qui l’écrit, contre les injustices commises par les Italiens ». Il avait notamment dénoncé les lenteurs bureaucratiques dans la délivrance des permis de séjour et réclamé le droit de vote pour les immigrés. Il avait aussi représenté la communauté musulmane pour obtenir la construction à Viadana « d’un centre culturel avec lieu de culte », et vivement dénoncé la municipalité, pourtant de centre gauche, qui, selon lui, ne soutenait pas suffisamment le projet.

« Bien intégré, parlant couramment l’italien », Abouelala Abdelkarim avait obtenu en 2005 la citoyenneté italienne. Il s’était alors lancé dans la politique, devenant membre du secrétariat provincial du Parti Communiste Italien, où il était responsable à l’immigration. En mai 2011, Abouelala Abdelkarim figurait sur la liste communiste aux élections provinciales, où il était présenté comme « président d’une coopérative de travail ». Monica Perigini, secrétaire régionale communiste, prend aujourd’hui ses distances : «Karim ? Il y a quatre ou cinq ans que je ne le vois pas. Je ne savais même pas qu’il était encore en Italie » !

Insoupçonnable, on vous dit.

Vols sans frontières

Vols sans frontières

07/02/12 – 19h10
BERLIN (NOVOpress) –
Depuis son admission à l’espace Schengen il y a quatre ans, c’est la Pologne qui est chargée de garder la frontière avec l’Ukraine et les vastes étendues de l’est. Associée à la flambée du prix des métaux, cette situation donne des sueurs froides tout particulièrement aux Allemands chez qui vols et destructions coûtent des millions, tant aux communes qu’aux Länder et à l’état fédéral. Et la situation ne fait qu’empirer. Les plaques d’égout sur les chaussées et les trottoirs, les matériaux sur les chantiers, tout disparaît. Et bien sur comme chez nous aussi, les cimetières sont régulièrement visités : de l’urne en bronze à la statue de 600 kg, rien ne rebute des ferrailleurs à la piété très relative.

Comme chez nous aussi, les chemins de fer ne sont pas épargnés et 15000 volts dans les caténaires ne refroidissent pas les ardeurs des amateurs de cuivre. Plus fort encore, il y a aussi des rails qui disparaissent, avec pour conséquence des annulations de trains, voire des suspensions provisoires de lignes. Qui voudrait actuellement se rendre de Berlin à Cottbus (125 km au sud-est) devra se munir de patience encore pendant quelques mois !

« Ce vandalisme s’avère aussi difficile à juguler que l’abandon massif d’ordures dans certaines villes, les tags sur les wagons et les monuments historiques ou les vitres rayées dans les métros et les tramways. Il faut beaucoup de volonté pour ne pas tomber dans la résignation ». Le trio de Polonais qui avait écumé l’ensemble des lignes ferroviaires du Brandebourg et écopé en juin dernier de 6 ans de prison au tribunal de Frankfort-sur-Oder, fait presque figure d’exception. Les trafics sont bien organisés, et les voleurs pris « n’ont certainement pas fait fondre les rails chez eux, sur leur cuisinière ».

Mais ces larcins prennent encore une autre dimension avec la disparition de plus en plus fréquente de statues ornant l’espace public. A Duisbourg, c’est un berger allemand en bronze qui montait la garde depuis 1958 devant un club canin qui a disparu. A Mülheim-sur-Ruhr, une statue de 1936, l’ Archer, pesant tout de même 1,5 tonnes, a été volée puis retrouvée, mais fortement mutilée. Pas loin de là, à Huttrop, des voleurs ont été pris sur le fait en train de scier de son socle une autre statue également en bronze.

A Berlin, les habitants se sont cotisés pour faire faire une copie du buste d’Alfred Döblin, écrivain avant-gardiste des années 20. Le bronze avait là aussi été séparé de son socle à la scie, moins de deux ans après son inauguration. Succès, certes, mais aussi capitulation, puisque le nouveau buste trône désormais en sécurité dans le hall de la bibliothèque de quartier.

L’adaptation d’une Allemagne traditionnellement synonyme d’ordre, de propreté et de probité, à un monde sans frontières, ne se fait visiblement pas sans douleurs.

W. Nabert

Crédit photo : JH Mora , licence CC.

Les bateaux-prisons, un marché d’avenir pour Saint-Nazaire ?

Les bateaux-prisons, un marché d'avenir pour Saint-Nazaire ?

07/02/2012 – 16H30
SAINT-NAZAIRE (NOVOpress Breizh) – Leader des paquebots, le chantier naval de Saint-Nazaire (photo) veut rechercher de nouveaux marchés pour sécuriser son carnet de commandes. La forte augmentation du nombre de détenus ou « retenus », en partie liée à l’immigration illégale, pourrait à terme lui ouvrir de nouvelles perspectives.

Alain Castaing, qui vient d’être nommé à la tête du chantier naval STX de Saint- Nazaire, a une mission difficile : regarnir le carnet de commande. L’entreprise est leader mondial des paquebots de croisière. Ce marché a assuré pendant des années sa prospérité et celui de ses sous-traitants. Mais les croisiéristes ont réduit leurs investissements et la mésaventure du Costa Concordia (qui n’a pas été construit à Saint-Nazaire) n’est pas de nature à les redynamiser.

La situation n’est pas alarmante dans l’immédiat : trois paquebots sont en construction et deux en commande. Mais pour mieux assurer l’avenir, Alain Castaing a annoncé son intention d’explorer d’autres marchés. La commande de deux navires de commandement pour la Russie est un bon début. Le patron des chantiers affiche son intérêt pour l’éolien offshore. C’est une autre affaire. Les éoliennes ne sont pas du cousu main comme les paquebots. Les concurrents sont nombreux et il est à craindre que la bataille se livre sur les prix plus que sur la technicité.

Le chantier aurait tout intérêt à explorer des marchés totalement neufs où ses compétences de pointe seraient irremplaçables. Le plus prometteur pourrait être celui des bateaux-prisons. Il manque à la France au moins 20.000 places de prison pour loger décemment ses condamnés, et beaucoup plus si toutes les peines prononcées étaient réellement exécutées. Or construire de nouvelles prisons demande beaucoup de temps : comme personne ne veut avoir une prison au bout de son jardin, les riverains multiplient les recours. Les prisons flottantes limiteraient ce problème.

Elles ne sont pas une nouveauté ; « Now a prison ship lies waiting in the bay », dit une vieille ballade irlandaise chantée par les Dubliners. Cependant, elles ont très mauvaise presse, car historiquement ce sont en général des solutions d’urgence utilisées pour faire face à des besoins carcéraux soudains, surtout en temps de guerre. Un grand nombre de pays maritimes y ont eu recours à un moment où à un autre de leur histoire : Grande-Bretagne, États-Unis, Allemagne, Espagne, Canada, Argentine, Chili… Les bateaux utilisés sont souvent des navires militaires réformés, comme le HMS Maidstone où les militants de l’IRA étaient détenus sans jugement dans les années 1970, ou de vieux paquebots transformés. Plus récemment, cependant, on a vu des navires construits expressément pour cet usage comme le HMS Weare au Royaume-Uni, le Vernon C. Bain aux États-Unis ou le Bibby Kalmar aux Pays-Bas.

Les navires de transport carcéral pourraient aussi devenir un jour une solution logique pour les expulsions d’immigrants illégaux, afin de réduire leur coût colossal, évoqué par un rapport de la Cour des comptes en 2009.

Bien entendu, des bateaux prisons modernes feraient appel à beaucoup des techniques mises en œuvre pour les grands paquebots et parfaitement maîtrisées par les chantiers de Saint-Nazaire, notamment pour la sécurité et les transmissions.

Grèce : le patriarche Ieronymos dénonce les « médecines mortelles » de l’austérité

Grèce : le patriarche Ieronymos dénonce les « médecines mortelles » de l’austérité

07/02/12 – 15h00
ATHENES (NOVOpress)
– C’est une démarche extrêmement rare. L’archevêque Ieronymos, chef spirituel de l’Église orthodoxe grecque, a en effet écrit au Premier Ministre Lucas Papademos pour exprimer ses préoccupations concernant l’efficacité de la politique économique du gouvernement et ses conséquences pour le peuple grec.

Dans sa lettre, le patriarche émet aussi des doutes sur le rôle de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international dans le pays.

Pour le responsable religieux, si la Grèce devait consentir à de nouvelles mesures d’austérité, la situation deviendrait catastrophique, la médecine proposée se révélant un poison mortel.

Ieronymos décrit notamment les conséquences sociales de la politique du gouvernement mis en place par la Banque et particulièrement la hausse des suicides, du nombre de sans abris, de chômeurs, et l’état de désespoir d’une proportion croissante de Grecs.

Pour le patriarche, cette situation sociale est dangereuse.

La patience sans précédent des Grecs commence à manquer, le danger d’une explosion sociale ne peut être ignoré désormais, ni par ceux qui donnent les ordres ni par ceux qui exécutent leurs recettes mortelles” écrit-il notamment.

Crédit photo : jacqueline.poggi via Flickr, licence CC.

Les dirigeants du Réal et du Barca s’essayent à la free fight [vidéo]

Les dirigeants du Réal et du Barca s’essayent à la free fight

07/02/2012 – 13h30
MADRID (NOVOpress) – Lors du dernier classico le plus attendu de toute l’année en Espagne entre les Castillans madrilènes et les Catalans barcelonais, la tension était à son comble en tribune… d’honneur.

L’adjoint de J.Mourinho (l’entraineur du Réal de Madrid) a été filmé en train de provoquer son équivalent catalan. Il l’incitait à se retrouver plus tard pour en découdre.
Ensuite, il s’est adressé au ban de touche du Barca en ces termes : “Tu y yo, dentro… Tu y yo dentro !” (Toi et moi, on se retrouve à l’intérieur).

Comme quoi, la passion n’a pas de tribune.

Les Bobards d’Or 2012, les prix de la désinformation médiatique – Envoyez vos Bobards d’Or !

Les Bobards d’Or 2012 – Les prix de la désinformation médiatique – Envoyez vos Bobards d’Or

APPEL A CONTRIBUTION : ENVOYEZ VOS BOBARDS D’OR

La troisième édition des BOBARDS D’OR sera organisée le 20 mars 2012 par Polémia. Cette cérémonie distingue et honore les journalistes les plus habiles ou les plus audacieux, ces désinformateurs du totalitarisme « doux » dans lequel nous baignons, ce système où les mensonges répétés à l’infini finissent par s’imposer dans les esprits et dictent les politiques de « droite » comme de « gauche ».

Polémia a ouvert une brèche, dans laquelle certains acteurs de la vie publique commencent à s’engouffrer. Certains osent, à sa suite, dénoncer la tyrannie médiatique, que ce soit Jean Quatremer avec son ouvrage à paraître sur les mensonges des médias dans l’affaire DSK, Francis Puyalte, un ancien du Figaro qui vient de publier L’Inquisition médiatique ou encore le film Les nouveaux chiens de garde. La désinformation et le mensonge médiatique imposent le politiquement correct, et c’est le rôle de Polémia de lutter contre cette tyrannie médiatique.

Pour récompenser les champions de la désinformation, les héros de l’idéologie dominante, les pourfendeurs de l’esprit critique, Polémia a besoin de vous ! Vous êtes au fait de l’actualité nationale ou internationale ? Vous avez jusqu’au 1er mars pour nous envoyer vos suggestions.

En plus des trois catégories traditionnelles (presse écrite, radio et télévision), Polémia remettra cette année un « Bobard de guerre ». Car, en temps de guerre, les médias se surpassent pour bombarder l’opinion publique d’énormes mensonges. Diabolisation, manipulation, désinformation, les médias se font complices du Système.

Parmi vos propositions, Polémia retiendra les cinq meilleurs mensonges des journalistes au service de la désinformation pour les soumettre à un vote sur Internet. Les trois premiers de chaque catégorie seront annoncés quelques jours avant la cérémonie du 20 mars, où le public les départagera. Réservez d’ores et déjà cette date !

Pour que votre Bobard puisse être validé, n’oubliez pas d’envoyer des références contrôlables. Il  faut des faits : date, lieu et circonstances, présentation de ces faits avec le nom du journaliste et celui du média concerné, sa date de parution ainsi que les distorsions relevées entre les faits et l’information donnée.

Envoyez vos propositions à: contact@bobards-dor.com

Ils seront bientôt en ligne sur le site officiel des Bobards d’Or –  http://www.bobards-dor.fr

*** Les résultats des Bobards d’or 2011 sont ici.
*** La vidéo intégrale (1h45) de la cérémonie des Bobards d’Or 2011 est visible ici (la vidéo ci-dessous ne comporte que quelques extraits).

Mosquée à Bordeaux : Le diocèse reculerait-il ?

Mosquée à Bordeaux : Le diocèse reculerait-il ?

07/02/2012 – 10h00
BORDEAUX (via Infos Bordeaux) —
Infos Bordeaux avait été le premier à en parler, le diocèse de Bordeaux souhaitait vendre un terrain lui appartenant, à l’association culturelle des musulmans de Bordeaux Nord. La nouvelle avait choqué de très nombreux catholiques, un collectif de « catholiques indignés » s’étant même crée pour l’occasion.

Devant le tollé qu’a suscité l’annonce de cette transaction, le père Rouet, vicaire général, a envoyé cet après-midi un communiqué de presse annonçant une modification substantielle de la position du diocèse : « Début 2010 des musulmans, habitant le Grand Parc, ont pris contact avec le curé de la Trinité pour leur faire part de leur recherche d’un lieu de prière. Il a été alors évoqué la disponibilité du local situé rue Henri Expert dont nous n’avons plus l’usage et que nous cherchons à vendre afin de financer la construction d’un nouveau lieu de culte dans le quartier Ginko. C’est dans ce contexte que ces musulmans se sont adressés à l’association diocésaine propriétaire. La première rencontre avec l’économat diocésain a été effectuée par l’Association des Musulmans de Gironde (AMG) et une de ses affiliées, l’Association Culturelle des Musulmans Bordeaux-Nord. Au cours de l’été dernier, ces deux associations se sont séparées. Nos interlocuteurs ayant donc changé nous ne sommes pas en mesure de donner suite à ce projet ».

Même s’il ne répond pas aux nombreuses interrogations des fidèles catholiques, le communiqué est pourtant clair, le diocèse de Bordeaux met un terme à cette vente très polémique.

[Tribune libre] Au-delà de l’économisme – Par Jacques Georges

[Tribune libre] Au-delà de l’économisme - Par Jacques Georges

« L’économie était censée nous affranchir de la nécessité. Qui nous affranchira de l’économie ? ».Pascal Bruckner, « Misère de la prospérité-la religion marchande et ses ennemis» (Livre de poche, 2004)
« Le marché épouse toutes les mentalités, il ne les crée pas… La dimension économique est toujours dérivée ». Pascal Bruckner, ibidem.

La crise a provoqué chez les plus rétifs à l’économie, qui sont nombreux à droite en France, une prise de conscience et un regain d’intérêt forts et rapides. Agences de notation, titrisation, CDS, défaut, déficit commercial, perte de compétitivité, création monétaire, rôle ou non de financeur en dernier ressort des Etats des banques centrales, avenir de l’euro, monnaie commune contre monnaie unique, séparation des banques de dépôt des banques de financement et tutti quanti font depuis 2008 partie de la panoplie conceptuelle de base de l’honnête homme. On peut s’en féliciter, dans la mesure où il s’agit d’un progrès de la démocratie et de l’appropriation par nos concitoyens de leur destin. Malheureusement, cette irruption soudaine d’informations et d’avis sur un sujet complexe ne va pas sans soubresauts, anomalies et contresens souvent attisés par l’idéologie. C’est aujourd’hui, très typiquement, le cas dans la Droite « de conviction » en France. Le présent article donne de ce phénomène quelques illustrations et esquisse une autre approche.

Une certaine aversion aristocratique, augmentée par l’ignorance, pour la chose économique par les élites traditionnelles de ce pays est une donnée traditionnelle. Elle est loin d’avoir disparu malgré le boom économique des trente glorieuses (1950-1973), les difficultés vénielles des trente piteuses (1974-2008), et la course vers l’abîme des trois dernières années. Dans la Droite de conviction, peuplée surtout de philosophes, de littéraires romantiques, d’avocats ou de fonctionnaires, cette constatation vaut de manière renforcée : on y hésite perpétuellement entre évitement prudent ou dédaigneux, pragmatisme plus ou moins inspiré, et anticapitalisme primaire prenant parfois un tour d’imprécations postbibliques, néo-marxistes ou simplement démagogiques. Les sujets abordés sont divers et varient avec les modes : hier, l’incongruité de la zone euro naissante eu égard à la théorie des « zones monétaires optimales », concept économique pour intellectuels jamais rencontré dans la vie réelle, d’origine américaine, inventé pour affaiblir l’Europe et saboter l’euro dans l’œuf. Aujourd’hui, dénonciation de la calamité qu’aurait été l’interdiction faite aux Banques Centrales de financer sans intérêts, sans bruit et sans douleurs leurs Trésors publics respectifs, ou préconisation magique d’une séparation entre banques de dépôts et banques d’investissement qui nous sauverait de tous nos maux.

Quelques exemples : Eléments pour la civilisation européenne, numéro 141 d’Octobre-Décembre 2011 préconisait sous la signature d’Alain de Benoist le retour à la monnaie commune, sur les décombres bénis de la monnaie unique, une monstruosité bureaucratique inconnue intitulée dédoublement des taux d’intérêt, le retour à une Banque Centrale aux ordres manipulant discrètement la planche à billets ( guillotine des retraités et des faibles), la nationalisation (comme dans l’éponyme Programme Commun de la Gauche, mais sans indemnité, comme chez Lénine) des banques et d’autres secteurs-clés de l’économie, et même, couronnement suprême, la création de tribunaux pénaux anti-pillage, comme en 93, au bon temps du Père Duchesne. Bref, on glisse progressivement, presque caricaturalement, du registre de l’indignation, de la dénonciation, à celui de la récrimination, de l’agressivité gaucharde et jacobine, de la révolte des gogos suiveurs qui seraient les premiers arroseurs arrosés.

Autre exemple : le Programme du Front National admet comme une évidence que la suppression en 1973 en France, puis dans toute l’Europe par le Traité de Maastricht, de l’accès direct des Trésors nationaux aux largesses « gratuites » de la Banque Centrale, non seulement a eu pour effet de, mais a été conçue pour, mettre les Etats entre les mains de la Banque Rothschild, de Goldman Sachs et des ignobles marchés et a in fine provoqué le désastre auquel nous sommes aujourd’hui confrontés. Une nouvelle causalité diabolique a surgi. Même si on peut admettre que débat il peut et doit y avoir sur ce point, on retiendra de cette attitude une appétence extraordinaire pour la théorie du complot et un simplisme ravageur, profondément négateur de l’intelligence et des valeurs de Droite.

On pourrait multiplier les exemples. La Droite de conviction, souvent incompétente en économie, tend à s’aligner purement et simplement sur les passions basses et haineuses d’une extrême gauche qui n’est anticapitaliste que par surenchère matérialiste. Un homme de Droite ne saurait s’abaisser à cela.

 

Je voudrais esquisser ici le tracé d’un chemin plus ambitieux: « remettre l’économie à sa place ». Le point de départ est le suivant : l’économie est importante et ne saurait certes être ignorée, mais reste du domaine des moyens et non des fins ou du destin. Maximiser ses revenus ne suffit pas à rendre un individu ou un peuple heureux. La marque de l’homme de droite est de ne point chercher le salut dans les basses catégories de la politique ou de l’économie, de préférer la réforme intellectuelle et morale de monsieur Taine à la révolution communiste de monsieur Marx, de chercher à se réformer personnellement en profondeur avant de songer à réformer la société, et de faire revivre dans la société européenne d’aujourd’hui une certaine dose du vieil éloignement aristocratique envers l’argent. Ceci passe, on le voit, par un changement profond d’hommes et de mentalité.

Le bon système n’existe pas dans l’absolu, mais se définit pragmatiquement comme celui qui, issu de l’histoire et de la culture du peuple, assure la dignité matérielle, la cohésion, la puissance et l’avenir à long terme de celui-ci, et accessoirement des individus le composant. Le capitalisme et le marché sont des outils neutres qu’il faut, non détruire, mais maîtriser et mettre au service d’une vision du monde, à condition bien sûr d’en avoir une. Là est la tâche de la Droite de conviction. Une base pragmatique raisonnable dans le cadre d’une telle approche est dans l’Europe d’aujourd’hui ce qu’on peut appeler l’ordo-libéralisme, ou l’économie rhénane des années 70, celle qui a disparu des écrans-radars sous l’offensive du capitalisme anglo-saxon. Dans le cadre d’une telle approche, il s’agit moins de détruire le système que de le réglementer sans démagogie et sans faiblesse, essentiellement à l’échelon européen. Cet effort est en cours : mise en place prudente des nouvelles règles prudentielles de Bâle 3 ou de Solvency 2, réglementation sévère des CDS « en blanc » et des hedge funds, limitation des paradis fiscaux, séparation ou distinction plus nette des banques de dépôt et des banques d’investissement, étude et mise en place concertée d’une « taxe Tobin » sur les mouvements de capitaux, etc.…

Mais l’essentiel n’est pas là : il s’agit surtout d’instiller dans la société un petit nombre de valeurs, règles et attitudes individuelles et collectives qui dépassent, surplombent, conditionnent et si nécessaire limitent le champ économique.
Exemple : l’introduction, contre toutes les règles de la bien-pensance droits-de-l’hommiste, d’une préférence européenne systématique en matière d’emploi, d’accès aux services publics et de prestations sociales aurait probablement des effets plus radicaux que bien des réformes « anticapitalistes » pompeusement conçues dans les milieux intellectuels de gauche.
Allons plus loin : l’introduction non de la morale, mais de l’honneur comme valeur et norme dans le champ économique et social serait une révolution autrement plus ambitieuse et profonde que toutes les révolutions néo-marxistes du monde, qui ne sont in fine que juridiques, toujours vaines et contre-productives. Vaste programme, direz-vous. Certes. Mais la crise qui ne fait que commencer peut provoquer à terme de très profonds changements, revirements et reclassements, elle peut remettre l’Europe sur les rails de sa très longue histoire. Une vision haute de la vie ne fut pas seulement l’apanage des sociétés holistes de l’Antiquité européenne, des Croisades et de l’Ancien Régime, mais aussi celle d’au moins une large fraction de l’Europe de la Guerre de Trente Ans (1914-1945), peuplée d’hommes volontaires, agissant en totale contradiction avec leurs intérêts et au péril de leur vie, mobilisés avec enthousiasme et force qui pour Dieu, qui pour la Patrie, qui pour le Peuple, qui pour le Destin. Cette mentalité héroïque reste en nous, même si elle est en dormition, selon le mot de Dominique Venner. Elle constitue un potentiel sacré pour l’avenir. C’est la mission de la Droite que de l’entretenir pour servir demain.

Dans un autre article, nous développerons cette approche en nous aidant de trois livres importants publiés ces dernières années :

• Le premier est un livre du Professeur Paul H. Dembinski, animateur de l’Observatoire de la Finance de l’Université de Fribourg en Suisse, intitulé « Finance servante ou finance trompeuse ? ». Ce livre publié en 2008, au tout début de la crise des subprimes, fait une critique dépassionnée, profonde, impitoyable et documentée des dérives du capitalisme financier. Ce livre d’universitaire sans esbroufe vise non à dénoncer paresseusement le capitalisme, mais à remédier en profondeur aux défauts et tares du système, dans un esprit de réformisme inspiré et moral.

• Le second est un petit livre essentiel de Pascal Bruckner, un homme réputé « de gauche » dont l’approche est décapante et haute. L’auteur est celui du « Sanglot de l’homme blanc » et du récent « Le fanatisme de l’Apocalypse- Sauver la Terre, punir l’Homme », qui est une charge brillante et pertinente contre une certaine pensée écologique. Le livre auquel je me réfère en l’espèce est intitulé « Misère de la prospérité-la religion marchande et ses ennemis» (Livre de poche, 2004). Ce livre décapant ne propose aucune solution, mais appelle un chat un chat, dénonce les révolutionnaires de papier, et donc indirectement la « droite de gauche », et appelle à un dépassement par le haut de l’économisme.

• Le troisième est le dernier livre d’Alain de Benoist intitulé : “Au bord du gouffre- la faillite annoncée du système de l’argent”. Celui-ci replace le système dans la longue durée et nous réapprend les voies d’une distance aristocratique.

Jacques Georges pour Novopress France

Littérature et politique au menu du Libre Journal d’Emmanuel Ratier mercredi 8 février

Littérature et politique au menu du Libre Journal d'Emmanuel Ratier mercredi 8 février

06/02/2012 – 19h25
PARIS (NOVOpress ) – Mercredi prochain, 8 février, dans le cadre de son Libre Journal sur Radio Courtoisie, Emmanuel Ratier traitera de littérature et politique entre 19h30 et 21 heures.

Ses invités : Lajos Marton (Ma vie pour la patrie) et François Cousin (Critique de la société de l’indistinction).