Comment j’ai survécu aux soldes

[Tribune libre ] Comment j’ai survécu aux soldes

[box] Mathilde ne veut pas passer pour une ringarde dans une société du paraître, alors elle tente de s’adonner à ce sport national qu’est le chopine… à ses risques et périls. [/box]

Ça y est, on y est presque ! L’excitation, la fébrilité et l’impatience commencent à gagner les allées du centre commercial jouxtant mon lieu de travail. Le moment tant attendu n’a jamais été aussi proche : la période des soldes va enfin commencer. Jean-Pierre Pernault nous a mitonné ce midi un petit reportage à l’usage de la ménagère de moins de 50 ans sur tous les trucs et astuces de la consommatrice avisée en période de soldes. Bénie soit cette période magique qui, deux fois par an, rappelle à la femme moderne que le bonheur se trouve irrévocablement dans la consommation.

Moment clés dans la vie d’une femme d’aujourd’hui, ces deux semaines sont capitales, que dis-je PRI-MOR-DI-ALES, instants délicieux augurant d’une saison résolument placée sous le signe de la beauté, de la mode, de l’élégance et du bon goût. Car oui, faire les soldes pour la femme moderne est devenu un impératif social presque aussi important que les sorties entre amis. Il suffit pour s’en convaincre de consulter la une des magazines féminins avec leur cohorte de slogans incantatoires, impérieux, impératifs et pressants (comme si il était question de vie ou de mort) : « Les its de la saison à s’offrir de toute urgence », « Les must-have à shopper absolument », « Les 8 accessoires indispensables », « 50 pages de totale fashion », « Les pièces phares de cet hiver », « Les soldes à shopper », « Les tendances du printemps à adopter », « Les nouvelles tendances que vous allez aimer ».

Avec les compliments de la presse féminine

Présenté dans la presse féminine et dans leur légion d’articles psychologisants comme intrinsèquement lié à la féminité et donc par extension passage préalable et indispensable à toute rencontre amoureuse, le shopping, et donc les soldes qui en sont la quintessence, serait par association d’idée une promesse de bonheurs à deux.

Une lapalissade intellectuelle me permet de considérer que 1) La femme moderne, active et urbaine aime et s’adonne avec délice et gourmandise à la pratique des soldes de façon sérieuse et consciencieuse 2) Je suis une femme moderne, active et urbaine 3) Je me dois donc de m’adonner avec ferveur à ces deux semaines de débauche financière et d’orgies textiles.

A force de me répéter mentalement, comme un mantra, « Bientôt les soldes », « Tu DOIS aller faire les soldes », « IL FAUT renouveler ta garde-robe », « TU MÉRITES toi aussi de connaître le bonheur des soldes, tu y a DROIT comme n’importe quelle femme » je finis par m’auto-persuader et par y croire vraiment.

Jour J -2

Bien décidée à procéder avec sérieux et méthode, je décide de trier ma garde-robe existante, bien remplie au demeurant, afin de pouvoir accueillir dignement mes futurs nouveaux habits. Je constate que je possède déjà les basiques, c’est-à-dire les vêtements indispensable à tout dressing digne de ce nom et dont il est hors de question de se défaire : le pantalon jean, le pantalon tailleur, la jupe longue, la jupe courte, le chemisier, le gilet, le petit pull bien ajusté et la petite robe. Je les possède tous en noir, mais également en gris, vert et bleu, ce qui commence à faire pas mal de basiques. Il y a aussi tous ces nombreux vêtements délaissés, achetés un peu impulsivement et quasiment jamais portés dont je ne parvient pas à me séparer, on ne sait jamais, ils peuvent toujours servir. Tiens, je ne me souvenais même pas avoir acheté ce veston en toile cirée ! Oh ! et puis ce joli sac bandoulière en toile de jute offert par ma sœur que je n’ai jamais utilisé à cause d’un liseré brodé que je trouve un peu too much. Hors de question de m’en débarrasser, ce sac a une valeur sentimentale !

Au final le tri de la penderie n’aura servi à rien puisque je ne souhaite me séparer d’aucun de mes vêtements. Je prends surtout conscience qu’en réalité, je mets quasiment toujours les mêmes choses, 4 ou 5 vêtements fétiches que je porte et reporte très régulièrement. Peu importe, les soldes du lendemain seront faits pour changer la donne !

Je m’endors un sourire aux lèvres et la tête pleine de froufrous, d’accessoires, de tissus drapés, smockés, gansés, lamés, de « must have oniriques à shopper absolument » et la bienheureuse certitude que la journée du lendemain sera placée sous le signe du glamour et de la féminité.

Le jour fatidique est arrivé. Je pars à l’assaut des boutiques. Face à la première vitrine rutilante, je constate avec joie que les magazines n’avaient pas menti ! Effectivement tous les « its » de la saison sont là ! J’ai sous les yeux la traduction réelle et matérielle des titres accrocheurs des suppléments mode : « Rayures forever», « Ethic chic», « Couleurs pop et flashy pour un printemps lumineux», « L’asymétrique c’est tendance». Bref, il y a là de quoi se concocter un style trendy et dans le vent.

Must have, it truc, do/don’t ou le langage total

Sauf qu’une fois dans le premier magasin je m’emmêle un peu les pinceaux entre les must have passés, présents et futurs, ce qui est soldé et les nouvelles collections qui ne le sont pas.

Résumons afin d’y voir un peu plus clair : il y a donc « les must-have printemps-été à shopper absolument » qui font partie de la nouvelle collection et qui ne sont donc pas soldés et les « must have » de l’hiver qui sont soldés, mais qu’il fallait se procurer avant l’hiver afin de pouvoir les porter pendant l’hiver et dont l’achat n’a plus grand intérêt dès lors que le printemps montre ses prémisses, que les températures remontent et que les vêtement raccourcissent. En fait, la logique même des soldes me laisse quelque peu dubitative. Acheter un vêtement chaud alors même que le printemps va arriver, il y a quelque chose qui m’échappe !

Niveau prix, les -70% placardés sur les vitrines ont de quoi appâter le chaland. Mais en voyant l’extrême fantaisie de certains modèles confinant au mauvais goût, je comprends vite pourquoi les gérants de boutiques cherchent à s’en débarrasser à tout prix. La qualité médiocre de certaines enseignes de prêt-à-porter permet également de comprendre pourquoi les prix sont cassés : il n’est en effet pas difficile de vendre 3 euros un tee-shirt fabriqué Dieu seul sait où, fin comme du papier à cigarette et dont les finitions sont bâclées.

Niveau marketing, l’astuce classique des commerçants n’aura échappé à personne : la disposition des échoppes fait que la cliente vient pour les soldes mais achète également les nouvelles collections, plus chères, celles-ci étant avantageusement disposées dans les rayons, de façon à attirer le regard et susciter le désir.

Sur les portants, des modèles inspiration années 70, des formes géométriques, de l’asymétrique, des couleurs moutarde, des chemises bucheron, du liberty, des rayurres et du zèbre en veux-tu en voilà, des couleurs pop et acidulées et des imprimés à texte peu compatibles avec le monde de l’entreprise et mon environnement professionnel.

Je vous passe les détails relatifs aux foires d’empoigne entre des fashions victimes fanatisées se battant comme des charognards sur le dernier pull turquoise/bleu lagon taille S à 5 euro, l’interminable queue aux cabines d’essayages et aux caisses et la difficulté qu’il y a à circuler entre les rayons. Je ne m’étendrais pas davantage sur les risques que fait courir le shopping sur la santé des modeuses entre le froid hivernal du dehors, la chaleur étouffante des magasins et même parfois la clim mal réglée il y a de quoi attraper en prime une rhino-pharyngite qui elle, n’est ni en option, ni même en soldes !

Autre boutique, mais toujours la même musique électro-house assourdissante. Cette enseigne est de bien meilleure facture, les prix y sont d’ailleurs plus élevés. Les vêtements, taillés dans des textiles dignes de ce nom y sont de meilleure qualité, il y a de vraies matières, un vrai style, qu’on aime ou pas. Ou pas me concernant, d’autant plus que je retrouve sur les portiques le même mot d’ordre désespérant : format xxl, rayures, liberty bohème, imprimés géométriques, formes asymétriques, couleur moutarde et zèbre à tous les étages…

Je passe devant la vitrine de la marque Morgan, plutôt jolie et élégante mais je ne tiens pas à donner mon argent à une entreprise commercialisant des vêtements en fourrures de lapin et de renard.

Autre magasin, je repère un pantalon qui me plaît bien, en plus il est soldé ! Manque de chance ils ne l’ont plus qu’en taille 36 ou 44. Et oui, pendant les soldes, première arrivée, première servie !

Sortie du quatrième magasin. Au total, il y a sur tous ces portants de quoi créer une armée de clones habillée de frusques moutardes, asymétriques, xxl et géométriquement zébrées.

Je renonce, fin de la virée shopping.

D’une chimère l’autre

Je suis un peu déçue, moi qui m’imaginais rentrer à la tombée de la nuit le porte-monnaie vide mais les bras pleins de paquets et de sacs bigarrés, je n’ai rien trouvé qui me plaise vraiment et m’apprête à rentrer les mains vides. J’essaye de me remémorer mes derniers achats de vêtements, c’était il n’y a pas si longtemps et je me rends compte que j’achète principalement dans deux cas de figure, par nécessité ou par coup de cœur et mes achats ne sont généralement pas déterminés par les « must have à shopper absolument» ou par « les its de la saison ». Non. C’est juste un vêtement qui me met en valeur, moi, personnellement, celui qui correspond à mes goûts et non à ceux dans l’air du temps, celui dans lequel moi je me sens belle et féminine, celui qui sublime mes avantages et gommes mes défauts, qui est adapté à ma morphologie et non à celle du mannequin taille 34 sur la couverture des magazines.

D’ailleurs, ces couvertures sur papier glacé sont l’archétype par excellence de l’obsolescence programmée qui a investi nos modes de vie, le reflet de ces diktats-mode de la saison aussi éphémères qu’une giboulée de mars et qui seront de toute façon has been et démodés l’année prochaine.

A bien y réfléchir, je crois que finalement il n’y a pas de quoi se sentit déçue ou même frustrée, je me rends compte que je n’ai en fait besoin de rien. Faire les soldes pour faire les soldes, juste pour faire comme tout le mode n’a pas de sens et si les soldes permettent effectivement de faire de bonnes affaires lorsque l’on a un besoin précis et déterminé à l’avance, ils permettent aussi et surtout d’acheter des choses qu’on a déjà ou qu’on ne portera pas.

Enfin, le concept même de « faire les soldes » me semble un poncif assez peu flatteur pour les femmes en général puisque la réduction simpliste selon laquelle faire les soldes serait une activité féminine par excellence et par essence me semble fallacieuse à deux titres. En premier lieu, elle accrédite l’idée selon laquelle une femme serait par nature obligatoirement légère, frivole, et dépensière, alors même qu’en réalité, dans un couple, c’est souvent Madame qui a en charge la gestion de l’argent du ménage et des achats courants. Ensuite, cette conception des choses est particulièrement outrageante puisqu’elle suppose que la femme qui s’habille à la mode est belle et donc implicitement que la femme ne serait belle que grâce aux parures sans cesse renouvelées, artifices superficiels, froufrous, rubans et autres colifichets.

Épuisée, je prend le chemin du retour. A deux pas de chez moi, je passe devant une petite mercerie dans laquelle j’achète pour 7 euros de rivets et de galons en soie. Je connais un sac bandoulière, cadeau de ma sœur en toile de jute, qui une fois customisé par mes soins va devenir un de mes « must-have » !

Mathilde

[box class=”info”] Source : le webzine féminin “Belle et Rebelle”. [/box]

Damas : l’ambassadeur américain obligé d’écourter son ingérence [vidéo]

Damas : l’ambassadeur américain obligé d’écourter son ingérence [vidéo]

25/08/2011 – 18h15
DAMAS (via InfoSyrie.fr) — Les relations syro-américaines étant ce qu’elles sont, on ne risque pas de les dégrader davantage. C’est ce qu’ont dû se dire les manifestants qui, à Damas, mardi 23 août, ont réservé un accueil chaud – ou frais, c’est selon – à l’ambassadeur Robert Ford, bien connu désormais pour sa participation – pas très diplomatique – aux manifestations des opposants radicaux de Hama, le 8 juillet dernier.

Depuis d’ailleurs, il continue de porter les encouragements d’Obama-Clinton aux opposants aux quatre coins du pays. Et c’est toujours dans le cadre de cette « diplomatie d’ingérence », que Mr Ford était venu apporter son soutien à une réunion d’avocats proches de l’opposition à l’hôtel Cham. Las, au sortie de la dite réunion, Robert Ford s’est retrouvé nez à nez avec un groupe de supporteurs de Bachar al-Assad. Ceux-ci, qui brandissaient une affiche à l’effigie du président syrien, ont copieusement conspué l’ambassadeur-déstabilisateur, recyclant avec beaucoup d’à-propos le vieux slogan « US go home ! » et proclamant vigoureusement leur amour conjoint de Bachar et de la Syrie.

Ford a vite été contraint au repli dans son 4×4 vitres-blindées-et-fumées sous la protection de ses bodyguards, serré de près par les manifestants qui ont pu symboliquement plaquer l’affiche de Bachar sur le pare-brise du véhicule diplomatique.

D’un ambassadeur US à l’autre

La télévision syrienne, c’est de bonne guerre psychologique, s’est emparée de l’incident. Nous mettons en ligne ci-dessous le reportage, hélas réservée prioritairement aux arabophones : on y voit un des manifestants raconter les péripéties de l’incident, puis on voit Ford circonspect à la sortie de l’hôtel Cham, avant de regagner précipitamment sa voiture, escorté vigoureusement par les « bacharistes ».

On sait que les Américains n’apprécient guère qu’on touche, même symboliquement, à leurs diplomates et aux signes extérieurs de leur puissance. L’administration Obama n’avait pas beaucoup aimé les jets de pierre contre son ambassade de Damas en juillet dernier, nul doute qu’elle condamnera vigoureusement la « reconduite » de Ford à sa voiture à défaut d’y pouvoir trouver un prétexte convaincant pour une intervention armée. La fin du reportage de la télévision syrienne devrait d’ailleurs, à cet égard, apaiser un peu cette blessure d’amour-propre diplomatique, puisqu’on a droit à une interview de l’ancien ambassadeur américain en Irak Edward Peck, présent à Damas dans le cadre de la visite d’information – ou de réinformation – organisée dans la capitale syrienne et à Hama par les autorités et des des décideurs économiques syriens du 20 au 22 août. Peck, dont nous allons mettre en ligne l’entretien qu’il nous a accordé en cette circonstance, est un opposant résolu à la politique arabe – et syrienne – de son gouvernement. On voit donc que même au pays d’Hillary Clinton et de Paul Wolfowitz, il y a encore des personnalités courageuses pour essayer de sauver l’honneur perdu de la diplomatie américaine.

[box class=”info”]Auteur : Louis Denghien / Article reproduit avec l’aimable autorisation de infosyrie.fr[/box]

Que fait la justice ?

Que fait la justice ?

25/08/11 – 15H40
PARIS (NOVOpress) –
Certains chanceux passent et repassent à travers les mailles de la justice française sans que s’en émeuvent ceux chargés de la rendre. Autre exemple de dysfonctionnement patent de l’institution judiciaire avec le cas de ce voleur de voiture interpellé hier à Paris dans le 19ème arrondissement pour la 97ème fois…

Circonstances aggravantes, ce voyou a gravement blessé un policier en lui fracturant le cubitus (45 jours d’incapacité totale de travail) et en infligeant d’autres blessures aux gardiens de la paix présents.

Mais les vraies circonstances aggravantes sont à chercher du coté des juges qui n’ont jamais pris la peine, si l’on en croit les 97 délits commis par ce malfrat, de le mettre hors d’état de nuire. Une clémence incompréhensible voire suspecte d’autant plus que l’homme interpellé se trouve être un immigré en situation irrégulière qui n’a nullement été inquiété pour ce motif lors de ces précédentes (96) arrestations. Heureusement, la préfecture de police se veut rassurante, en indiquant que ce délinquant « fera l’objet d’une reconduite dans son pays d’origine à l’issue de la procédure judiciaire ».

Législatives 2012 : le Parti pirate organise des pique-niques

Législatives 2012 : le Parti pirate organise des pique-niques

En vue des prochaines élections législatives, les responsables du Parti pirate invitent les partisans à venir les rencontrer lors de pique-niques qui se dérouleront dans toute la France.

Le Parti pirate prépare sa campagne pour les prochaines élections législatives. Pour mobiliser ses troupes, et les potentiels électeurs, le mouvement propose à ses adhérents d’organiser des pique-niques décentralisés. Les responsables du mouvement invitent les partisans à venir les rencontrer lors de ces manifestations qui se dérouleront dans toute la France. […]

Dans un communiqué, le Parti pirate rappelle : « C’est pour en finir avec les lois injustes et dépassées avant même d’être promulguées que l’on rejoint le Parti pirate. Il faut prendre le vent des nouvelles technologies et des nouveaux usages, plutôt que s’ancrer dans des idéologies du passé et défendre des situations de monopole qui n’avantagent plus que quelques intermédiaires. » Dans sa ligne de mire, la Hadopi et la Loppsi 2. […]

[box class=”info”] Source et l’article complet : 01net. [/box]

Quimper : agressé et insulté par des « jeunes » parce qu’il parlait breton

Quimper : agressé et insulté par des « jeunes » parce qu’il parlait breton

25/08/2011 – 11h50
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – Parler breton à Quimper peut s’avérer dangereux. Un employé de la Ville de Quimper en sait quelque chose : parce qu’il parlait breton avec un collègue de travail, il a été victime quelque temps plus tard d’une véritable agression de la part de trois « jeunes » issus de la « diversité ». L’affaire était évoquée lundi dernier devant le tribunal correctionnel.

Alors qu’il venait de commencer un stage au service des espaces verts de la Ville de Quimper en novembre 2010, « Nadjim » (prénom d’emprunt attribué par Ouest-France), 20 ans, natif de Dakar, n’avait pas supporté qu’un employé de ce service vienne voir comment il s’acquittait de sa tâche et surtout qu’il s’adresse à un de ses collègues en breton. Persuadé que cet agent s’était moqué de lui « Nadjim » en parla le soir même à son frère « Hassib » et à un ami « Diémé » ( autres prénoms d’emprunt attribués par Ouest-France) – ce dernier natif de Mayotte . Qui décidèrent illico de monter une « expédition punitive » contre l’employé des espaces verts.

Le 16 novembre le trio passe à l’action. Il pénètre dans les locaux du service et se précipite sur le malheureux bretonnant qui sera « secoué comme un prunier » et insulté plus qu’à son tour. Ce qui fait dire à la présidente de l’audience que, si des coups n’ont pas été portés, « il y a eu un déchaînement de violences verbales avec des gestes qui ont vraiment terrorisé l’employé. Il était tellement choqué qu’il s’est mis à pleurer. »

Bernard Poignant. Défenseur des langues régionales et chaud partisan de la présence de la « diversité ».

Interrogés sur les faits les prévenus, que le remord ne semble pas étouffer, répondent mezzo voce qu’ils sont « désolés » et que « c’était pas bien ». La présidente ne manque pas de leur rappeler « que nous sommes en Bretagne et qu’on y parle encore breton. Et ce n’est pas parce qu’on parle breton que ça constitue une insulte, loin de là ». Mais manifestement il existe un fossé culturel entre ces “jeunes” et la Bretagne, où les hasards de la vie les ont conduits.

Non contents de s’en prendre à l’homme des espaces verts, les deux frères ont aggravé leur cas quelques mois plus tard en s’en prenant au nouveau compagnon de l’ancienne petite amie de« Hassib » , qu’ils ont violemment agressé en pleine rue, le rouant de coups, sous l’œil indifférent de très nombreux témoins. C’est seulement grâce à l’intervention d’une courageuse retraitée – qui se fera copieusement insulter – qu’ils arrêteront de frapper leur victime. Si parler breton à Quimper peut s’avérer dangereux, sortir avec une fille peut l’être tout autant si « Nadjim » ou « Hassib » sont dans le coin.

Le tribunal condamne finalement « Diémé » à 1 000 € d’amende dont 500 avec sursis et les deux frères à 6 mois d’emprisonnement avec sursis et obligation d’effectuer un travail d’intérêt général de 210 heures sur une période de 18 mois. Ces derniers devront également verser 1 800 € de dommages-intérêts à la victime. Ainsi qu’un euro symbolique à la Ville de Quimper, partie civile par solidarité pour son agent. De quoi interpeller Bernard Poignant, maire (PS) de Quimper, défenseur des langues régionales et chaud partisan de la présence de la « diversité ». A noter enfin qu’aucune des nombreuses associations de défense ou de promotion de la langue bretonne ne s’était constituée partie civile.

Tchéquie : c'est le moment d'adopter l'euro !

Tchéquie : c’est le moment d’adopter l’euro !

Dans cette période troublée, où l’euro est fortement menacé, il nous vient de Tchéquie une sorte de divertissement économique : une journaliste tchèque, rédactrice au Respekt, – titre qui se considère comme un des meilleurs hebdomadaires indépendants du pays, consacré à l’analyse politique, économique et sociale – estime que c’est le bon moment pour Prague d’entrer dans la zone euro. Cette idée peut paraître pour le moins farfelue ; pourtant, selon Kateřina Šafaříková, elle relève du pur bon sens. L’avenir se fera juge.

Polémia

Tchéquie : C'est le moment d'adopter l'euro !A première vue, se lever et manifester son souhait d’entrer dans le club des pays de la monnaie unique, au moment où l’euro tremble et où les incertitudes planent sur le futur de la zone euro, est une idée totalement saugrenue. En particulier en République tchèque, où la couronne est relativement stable et ne cesse de se renforcer. C’est pourtant aujourd’hui le moment idéal pour franchir le pas. Les deux parties y gagneraient.

Le 21 juillet, lors du sommet de crise de la zone euro, les fondements d’une plus grande intégration économique entre les 17 pays utilisant la monnaie unique ont été posés. Ceux qui sont allergiques au mot intégration peuvent le remplacer par « règles du jeu ».

Elles sont en train de changer, qu’il s’agisse de la physionomie du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), des futures obligations européennes émises par la BCE ou encore des institutions de surveillance (d’une sorte de ministère des Finances européen). Pour dire les choses plus simplement, les pays de l’euro sont en train de devenir des « actionnaires » beaucoup plus importants des succès ou des faillites économiques. Ils auront donc tendance à vouloir davantage contrôler leurs intérêts à travers des institutions communes.

L’Allemagne insiste, par souci d’auto préservation

La République tchèque pourrait se sentir peu concernée par toutes ces problématiques, si elle ne se trouvait dans un état de « dépendance vitale » – ce sont les mots du premier ministre tchèque – à l’égard de la zone euro. L’intérêt d’être assis à la table des négociations est ici évident.

Selon des sources diplomatiques fiables, les responsables politiques allemands auraient commencé à envoyer des messages insistants à la Pologne et à la République tchèque les invitant à réserver leur place de membre décisionnaire à la table de l’euro et à annoncer leur décision d’adopter l’euro dans un futur proche. S’ils agissent ainsi, ce n’est pas pour les beaux yeux du Premier ministre polonais Donald Tusk ni pour ceux de son homologue tchèque Petr Nečas. Dire qu’ils sont extrêmement préoccupés par les intérêts économiques polonais et tchèque au sein de l’UE n’est pas non plus la bonne explication. Leurs motivations ont à voir avec une attitude d’auto préservation.

Premièrement, l’annonce de la décision d’adopter l’euro dans une période troublée renforcera la confiance des marchés dans la monnaie unique. Deuxièmement, l’adoption de l’euro par les deux plus importantes économies centre-européennes, qui sont de plus des économies ouvertes et contrairement à d’autres disciplinées, aura pour effet de contrebalancer le poids qu’exerce la France pour plier les nouvelles règles de la zone euro à ses intérêts.

Un véritable partenaire de la zone euro

Troisièmement, les investisseurs allemands auront une plus grande marge de manœuvre en Pologne et en République tchèque. Il faut savoir enfin que la Pologne et la République tchèque voudront d’une zone euro plus intégrée qu’elle soit plus proche d’une Allemagne prudente et vertueuse, que d’une France gaspilleuse et capricieuse.

La proposition d’annoncer maintenant la décision d’adopter l’euro ne devrait pas trop choquer. Que l’on pense seulement aux appels récurrents en ce sens des exportateurs tchèques, qui subissent aujourd’hui des pertes de change et qui pourraient voir ainsi leurs possibilités de planification à long terme facilitées.

Mais cette annonce ne signifie pas que les Tchèques entreront demain dans la zone euro. Entre le « nous voulons » et le « nous y sommes », il s’écoule au minimum trois ans, cinq ans ou plus en général. Cette période pourrait permettre au gouvernement tchèque de négocier les conditions d’adhésion à la zone euro, notamment la question du cours ainsi que son éventuelle participation au plan de sauvetage des pays endettés. Mais surtout, nous pourrions, au moment où se décident les nouvelles règles de la zone euro, être considérés comme un véritable partenaire. Le poids de la République tchèque pourrait alors changer radicalement par rapport à aujourd’hui, où, formellement, nous nous trouvons totalement en dehors de la zone euro.

Kateřina Šafaříková / RESPEKT (Prague) / Source : Correspondance Polémia

Traduit et publié par Pressuro.eu

Libye : l'entrée au capital se décompte comme suit...

Libye : un ticket de 1 milliard d’euros pour “entrer au capital”…

25/08/2011 – 09h00
PARIS (NOVOpress) —
Selon le journal Die Welt, dans une dépêche datée du 24 août, le montant total des opérations de guerre menées en Libye dépasserait le milliard d’euros.

Le “ticket” se partage comme suit. États-Unis : le coût de leurs opérations militaires est chiffré à 618 millions d’euros à la fin du mois de juillet ; Royaume-Uni : le Secrétaire britannique de la Défense Liam Fox avait parlé en juin d’un montant d’environ 300 millions d’euros ; France : seulement 160 millions d’euros pour 4 mois de présence…

Les États-Unis ont expliqué qu’ils avaient réalisé et financé la majeure partie du travail de renseignement. Ils ont également pris à leur charge avec le Royaume-Uni les premières vagues d’attaques qui ont été lancées à partir de sous-marins et de navires de guerre, pendant lesquelles 112 missiles de croisière Tomahawk ont été tirés, à un prix unitaire de 1,5 million de dollars.

Le Comité National de Transition libyen sera-t-il en mesure de récompenser à leur juste participation les actionnaires de l’aventure ?

Photo©Piotr Bizior

Madrid : Benoît XVI « traditionalise » les JMJ

Madrid : Benoît XVI « traditionalise » les JMJ

[box class=”info”]Interview reproduite avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire Minute.[/box]

Les JMJ 2011 en Espagne resteront comme l’une des réalisations concrètes les plus caractéristiques du pontificat de Benoît XVI : liturgie solennelle, très souvent en latin ; exigence spirituelle et silence. On est très loin de la première mise en œuvre du concile Vatican II. Sous l’impulsion du pape, les croyants reviennent à leurs racines. Quel sera l’impact d’un tel renouveau spirituel ? Il est trop tôt pour le dire.

[question]Minute : Christophe Mahieu, vous étiez l’envoyé spécial du journal « Monde & Vie » à ces Journées mondiales de la jeunesse. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans ce long week-end durant lequel on a pu voir le pape Benoît XVI en « grand-père spirituel » à Madrid, avec, autour de lui, jusqu’à deux millions de jeunes ?[/question]

[answer]Christophe Mahieu : Je garderai trois images de cette immense manifestation, trois images qui disent bien ce qu’ont été les Journées mondiales de la jeunesse cette année. Il y a d’abord les 200 confessionnaux établis au Parc du Retiro (l’analogue de notre Jardin du Luxembourg), avec des confessions sans arrêt, même après que ces installations très design, triangles à pointes arrondies, avaient été démontées. Toute cette organisation autour du sacrement de pénitence porte un message clair : non, la confession, ce n’est pas ringard ! Oui, ça existe toujours !

Deuxième image : la veillée de prière, samedi soir. Il y a d’abord eu le déchaînement des éléments : tonnerre, pluie, vents. Le pape abrège fortement son discours. Les jeunes réagissent avec enthousiasme. Et puis le silence se fait sur la demande des organisateurs, le silence total d’un million et demi de jeunes. Quelque chose d’unique ! Et dans ce silence une grande machinerie sort de terre. L’hostie sacrée s’élève aux yeux de tous dans la célèbre custode de Arfe, chef-d’œuvre d’orfèvrerie en or et en argent, avec 260 statuettes. Ce chef-d’œuvre, remontant au début du XVIe siècle, provient de la cathédrale de Tolède.

La puissance visuelle de ce moment doit être soulignée. L’Église a oublié la timidité postconciliaire et le dépouillement volontaire dont elle voulait s’entourer dans les années 1970.

Durant ces JMJ, on a observé un retour aux sources baroques de la contre-réforme. Comme pour confirmer cette intuition, une voix s’écrie dans toutes les langues, mais d’abord en espagnol : « Voici le Roi des rois » (« El rei de los reyes »)… Autour de moi des journalistes se mettent à genoux… Des chants latins résonnent : Ave verum, Tantum ergo… Je suis où ?

Troisième image : la messe de dimanche matin, devant deux millions de personnes, essentiellement des jeunes, en majorité des Espagnols, mais aussi des Italiens, des Allemands, des Polonais et des Français. Là encore, comme le remarque notre confrère Jean-Marie Guénois sur son blog, ce qui frappe c’est le silence, c’est la piété : des jeunes restent en action de grâce un quart d’heure après la messe. On nous dit que les JMJ ont fait rentrer « la fiesta » dans l’Église. Ce n’est pas ce que j’ai vu !

La plupart des chants étaient en latin : Kyrie, Gloria, Sanctus… et le Christus vincit à la fin. Il y avait, en espagnol, le chant des JMJ : « Confirme-moi dans la foi… » On a fait plus révolutionnaire comme cantique. Et, pour accueillir le pape ou le saluer, ce slogan : « Esta es la Juventud del Papa », que l’on peut traduire par : « La jeunesse du pape est là. »[/answer]

[question]Quel a été le message du pape en Espagne ?[/question]

[answer]Avant tout un appel à la conversion pratique. Je voudrais insister sur le fait qu’en Espagne, cette visite a un impact que l’on n’imagine pas en France. La télévision a retransmis en boucle les cérémonies.

Sur les 4 900 journalistes présents, près de la moitié étaient espagnols. Il faut signaler aussi la prestation du cardinal Rouco, archevêque de Madrid, admirable de présence et de prestance et revendiquant l’identité catholique de l’Espagne sur la Place des Cibeles devant 500 000 personnes, en accueillant le pape. L’Espagne est en crise, plus encore que la France, comme le montre la démission annoncée du premier ministre Zapatero. Ces journées ont résonné dans ce pays comme un acte de foi collectif.

[question]Peut-on dire qu’il y a un changement entre les JMJ selon Jean-Paul II et les JMJ selon Benoît XVI ?[/question]

Le quotidien espagnol « El Pais » a bien exprimé les choses en écrivant, c’était un titre : « Jean-Paul II a écrit la mélodie ; Benoît XVI est en train d’écrire les paroles ». Je me souviens des JMJ parisiennes, en 1997 : il y avait indéniablement un côté « fiesta ». Je n’ai pas retrouvé cela du tout à Madrid cette année. On pourrait dire que Benoît XVI a « traditionalisé » les JMJ.[/answer]

[question]Quel a été l’impact des polémiques autour de ce voyage ?[/question]

[answer]Les polémiques autour du prix du voyage étaient ridicules. Elles sont rituelles désormais. Chaque fois que le pape se déplace quelque part, on lui oppose l’argent que ça coûte. Souvenez- vous du voyage en Angleterre en 2010, durant lequel Benoît XVI avait été reçu à Westminster Hall. On faisait grand cas des polémiques avant l’arrivée du pape à Londres et elles se sont évanouies comme par enchantement. C’est la même chose en Espagne. Il faut ajouter que dans une atmosphère de crise, le voyage du pape a rapporté de l’argent à Madrid, qui n’est pas une ville très touristique ordinairement. Au fond, les rationalistes militants et les athées déclarés ne supportent pas le succès d’un pape dont ils ne peuvent même pas dire qu’il est médiatique.[/answer]

Propos recueillis par Joël Prieur

[box class=”warning”]Article paru ce mercredi dans “Minute” du 24 août. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Madrid : Benoît XVI « traditionalise » les JMJ

Marée noire en mer du Nord : la Shell tente d’en minimiser les conséquences

Marée noire en mer du Nord : la Shell tente d’en minimiser les conséquences

24/08/2011 – 19h00
EDIMBOURG (NOVOpress Breizh) – Dix jours après le début de la marée noire provoquée par la rupture d’un oléoduc situé en mer du Nord, à environ 160 kilomètres de la ville écossaise d’Aberdeen, le groupe pétrolier Shell a annoncé lundi dernier que celle-ci aurait finalement été stoppée. Selon les autorités britanniques c’est le pire épisode de pollution pétrolière survenu dans les eaux écossaises depuis une décennie.

Selon la firme anglo-néerlandaise des plongeurs auraient réussi à fermer la soupape de l’oléoduc de la plateforme Gannet Alpha, d’où s’échappait du pétrole. La Shell reconnait que près de 218 tonnes de pétrole se seraient écoulées dans la mer du Nord en raison de cette fuite. Vendredi dernier, selon les gardes-côtes, une nappe de pétrole d’une superficie totale de 6,7 km2 (représentant environ 3,6 tonnes de pétrole brut), flottait encore à la surface de la mer.

La Shell, qui a fait part de son intention de vidanger les centaines de tonnes de pétrole encore contenues dans l’oléoduc, estime que cette marée noire « n’aurait pas eu d’impact significatif sur l’environnement », y compris pour les oiseaux de mer. Une affirmation démentie par l’association britannique de protection des oiseaux RSPB, qui estime que « toutes les fuites de pétrole peuvent présenter un danger pour la vie sauvage ». Un avis partagé par le porte-parole du mouvement Jonk gréng, Philippe Schockweiler, qui estime que « cette nappe de pétrole aura un impact incommensurable sur les oiseaux, les phytozoaires, les microorganismes de la mer du Nord ainsi que sur l’ensemble de l’équilibre écologique de la région ».

Il semble établi par ailleurs, selon une étude réalisée par le Health and safety executive (HSE) – l’organisme britannique de contrôle de la sécurité – que la sûreté à bord de 96 % des installations en mer du Nord soit insatisfaisante et que 20 % d’entre elles montrent de « sérieuses défaillances ». La firme pétrolière se serait vu infliger, depuis les six dernières années, 25 blâmes pour infraction aux normes de sécurité.

Après l’officialisation de sa responsabilité dans la pollution du delta du Niger – l’extraction du pétrole a provoqué une pollution massive de l’eau potable et aura des conséquences désastreuses pour les forêts de mangroves locales – par des experts du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), ce nouvel évènement met une fois de plus en cause le pétrolier anglo-néerlandais. « La pire compagnie pétrolière britannique en termes de sûreté de ses installations », affirme le journal écossais The Sunday Herald. Apparemment sans risque d’être sérieusement démenti.

L'Afrique réelle n°20

Revue “l’Afrique Réelle” N°20 – août 2011

Le numéro 20 de l’Afrique Réelle (août 2011) est paru.
Voici son sommaire :

Éditorial [extrait]

Le référendum du 1° juillet fut pour le roi Mohammed VI un sondage de popularité grandeur nature. Avec 73,4% de participants et plus de 98% de votes « oui », les très médiatisés manifestants du « mouvement du 20 février » ont été réduits à leur juste importance, c’est à dire pas grand-chose…

En comparaison de la réussite politique du Maroc, l’échec tunisien est encore plus apparent. Le politiquement correct parle de « transition » quand il convient de parler d’anarchie. Des foyers d’agitation s’allument en effet à travers tout le pays avec leur cortège de pillages, d’exactions diverses et de victimes ; le tout sur fond de montée des revendications islamistes. L’échéance électorale du mois d’octobre 2011 qui verra 7 millions d’électeurs appelés aux urnes et pour laquelle plus de cent partis se sont déjà fait inscrire n’est pas là pour calmer la situation. Selon les chiffres de l’ONTT (Office national du tourisme tunisien) entre janvier et fin juin 2011, la fréquentation touristique a baissé de 40% et les recettes de plus de 50%. Ce secteur qui représente 6,5% du PIB a déjà perdu plusieurs milliers d’emplois directs, sans parler des conséquences indirectes pour de très nombreuses professions. Pour ne rien arranger, la guerre que l’Otan mène contre la Libye a tari le flot des riches libyens qui avaient pour habitude de venir passer leurs vacances en Tunisie. (…)

Dossier Maroc – Sommaire :
– La signification du référendum du 1er juillet 2011
– Opposition : le vrai visage du mouvement du 20 février
– Le contentieux territorial algéro-marocain
– Lyautey et la conversion des Berbères
Histoire
– L’islamisation du Sahel

L’Afrique Réelle est une revue mensuelle par Internet, d’une vingtaine de pages, au format PDF et envoyée le 15 de chaque mois aux abonnés par courrier électronique.

[box class=”info”]Pour s’abonner, c’est ici[/box]

L'archéofuturisme de Guillaume Faye est réédité

“L’archéofuturisme” de Guillaume Faye est réédité

24/08/201 15h00
PARIS (NOVOpress) – Attendu depuis longtemps, l’ouvrage culte de Guillaume Faye a enfin été réédité en français cet été, quelques mois après avoir été traduit en anglais.

Ce livre est un véritable électrochoc basé sur une analyse très fine de l’échec de la modernité. Dans un premier temps Guillaume Faye fait le bilan de la nouvelle droite et explique les raisons intrinsèques de son échec : perte d’influence et erreurs idéologiques. Il en dénonce tour à tour l’instrumentalisation et la politisation du paganisme, le tiers-mondisme, l’anti-américanisme (de colonisé), l’ethno-pluralisme, l’absence de doctrine économique…

L'archéofuturisme de Guillaume Faye est rééditéPour Faye seule la pensée radicale est féconde car elle brise l’ordre idéologique hégémonique. Et de reprendre la fameuse théorie des catastrophes où seuls les concepts radicaux peuvent faire basculer un système dans le chaos total afin de faire naître un nouvel ordre. Pour lui, le monde de demain doit être vu sous l’angle du constructivisme vitaliste (volonté historico-politique de puissance, projet esthétique de construction de civilisation, esprit faustien, réalisme, mentalité organique non mécaniste, autodiscipline envers une éthique autonome, prise en compte des questions bio- anthropologiques (dont les réalités ethniques).

C’est la redéfinition de l’anti-égalitarisme et de son projet post-moderne, désormais nommé archéofuturisme. Pour la première fois dans son histoire, l’humanité est menacée par une convergence de catastrophes (cancérisation du tissu social européen, crise économico-démographique, crise financière mondiale, montée des fanatismes religieux, affrontement Nord-Sud, pollution …).
Nous approchons du point où tout va basculer dans le chaos et l’archéofuturisme doit être envisagé comme une conception inégalitaire du monde de l’après catastrophe.
Disponible à la librairie du paillon.

[box class=”info”]L’Archéofuturisme, Guillaume Faye, L’Æncre éditions, 266 pp, 31 euros[/box]

aLampedusa : des moyens supplémentaires… pour favoriser l’arrivée des clandestins

Lampedusa : des moyens supplémentaires… pour favoriser l’arrivée des clandestins

24/08/2011 15h00
ROME (NOVOpress) – Un bateau pneumatique à coque rigide, deux véhicules de type quad et un pick-up tout-terrain ont été déployés aujourd’hui à Lampedusa par les pompiers et sont prêts à entrer en service pour faciliter les opérations de secours aux immigrés clandestins.

Ces moyens supplémentaires répondent à la promesse du chef des pompiers italiens, le préfet Francesco Paolo Tronca, qui s’était rendu à Lampedusa le 13 août dernier et avait promis au maire, Bernardino De Rubeis, son implication personnelle pour garantir au mieux les interventions pendant la crise migratoire. Le bateau, doté de moteurs diesel stern-drive avec propulsion à hélice, et prévu pour éteindre des incendies en mer et effectuer des interventions SAR (Recherche et Sauvetage), vient s’ajouter aux deux bateaux déjà employés par les pompiers de Lampedusa.

La Commission européenne vient d’accorder 32 715 581 euros à l’Italie au titre du Fonds pour les frontières extérieures, destiné « à assurer, d’un côté, un niveau élevé de protection le long de ces frontières et, de l’autre, le passage sans problèmes des frontières extérieures conformément aux normes Schengen et aux principes de traitement respectueux et de dignité ». Traitement respectueux et dignité s’entendent, bien sûr, des immigrés clandestins.

Au point où l’on en est, on se demande s’il ne serait pas plus simple, et plus économique, d’affréter directement des charters sur fonds européens pour transporter les clandestins depuis l’Afrique du Nord.

[box class=”info”]Source : corrieredelmezzogiorno.corriere.it[/box]

Mairie de Paris : un ramadan qui ne passe pas

Mairie de Paris : un ramadan qui ne passe pas

24/08/2011 14h25
Paris (NOVOpress) – les entorses manifestes à la laïcité par Bertrand Delanoë ne sont guère du goût de nombre de Parisiens. En premier lieu, les militants du Bloc Identitaire Ile-de-France et du Projet Apache.

Fidèles à leur principe « la rue appartient à celui qui y descend », ces militants ont parcouru le quartier de l’hôtel de ville à Paris pour y coller des affiches qui ont attiré l’attention des nombreux passants et des riverains. Sur ces affiches (photo ci-dessus), on pouvait voir une photo de Bertrand Delanoë accompagnée du texte suivant : « Aujourd’hui, les Parisiens sont sans logement, les Français n’ont plus d’argent, les Européens voient leur avenir foutre le camp… Mais je préfère dépenser pour le RAMADAN ! ».

Cette action vient en opposition à la Nuit du Ramadan organisée aujourd’hui à l’hôtel de ville de Paris. Comme le font remarquer les militants identitaires dans un communiqué : « Cette soirée fort coûteuse [100 000 €, NDLR] verra se produire des artistes notamment venus de Tunisie, pays duquel Bertrand Delanoë a toujours été très proche… » Alors que, toujours selon le communiqué des militants identitaires, « les prix du logement et des loyers ne cessent d’augmenter (plus de 8 000 euros le mètre carré dans certains quartiers !) et que les Parisiens peinent aujourd’hui à vivre dans des conditions décentes. Cette soirée constitue donc une véritable provocation. »

Bertrand Delanoë©Olivier Pacteau (cc)

Bertrand Delanoë©Olivier Pacteau (cc)

Enfin, pour les militants identitaires, « Derrière cette soi-disant politique “d’ouverture à l’autre” par “la culture” se cache en réalité une vision du monde totalitaire et universaliste, à l’encontre des identités et des traditions populaires. Bertrand Delanoë devra un jour assumer ses choix politiques. Il pourra en attendant toujours compter sur les Identitaires pour éveiller le peuple parisien et incarner la voix de la majorité silencieuse. »

Les Inrockuptibles et Riposte Laïque ont relayé l’action des Identitaires.

À cette action de terrain, il faut aussi signaler les prises de position d’élus. À commencer par le député, membre de la Droite populaire, Jacques Myard qui dans des entretiens à Riposte Laïque et Enquête & Débat explique pourquoi il s’oppose à la manifestation organisée par Bertrand Delanoë. Jérôme Dubus conseiller Nouveau Centre de Paris s’insurge également contre cette Nuit du Ramadan.

Et même le préfet de police de Paris dans un courrier adressé le 19 août dernier à la Mairie considère : « Après examen de la jurisprudence administrative et consultation de la direction des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère de l’Intérieur, il apparaît que votre décision d’organiser une telle soirée à caractère cultuel semble contraire au principe de neutralité des services publics ».

Moustafa Mohamed Aboud al-Djeleil souhaite être jugé - crédit photo : Foreign and Commonwealth Office

Moustafa Mohamed Aboud al-Djeleil souhaite être jugé

24/08/2011 – 09h15
TRIPOLI (NOVOpress) — Le bourbier libyen dont Alain Juppé prédisait une issue courte n’a pas fini de faire parler. Certes, si l’on en croit le concert unanime des annonces diffusées par les médias occidentaux, la chute de Mouammar Kadhafi serait une question d’heures. Loin d’obtenir un satisfecit pour avoir déposer l’ex-ami des chefs d’États occidentaux, les guerroyeurs de l’OTAN vont désormais faire face à plusieurs dilemmes dont le principal sera d’installer une personne capable de pérenniser « le vent démocratique » (sic) qui souffle sur la Libye. Une mission qui s’annonce ardue tant ce pays risque d’assister à des règlements de compte inévitables même si le CNT s’en défend. Mais surtout, quel rôle jouera désormais le très célèbre chef du Conseil national de transition (CNT), Moustafa Mohamed Aboud al-Djeleil, adoubé par les Sarkozy et consorts, dont le pédigrée est entaché par une collaboration de quatre années avec le régime de Kadhafi ?

Voulant certainement couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs, il s’est dit « prêt à comparaître devant la justice pour avoir coopéré par le passé avec le colonel Kadhafi » lors d’une conférence de presse à Benghazi, retransmise par des chaînes arabes. Une annonce qui révèle la fragilité latente de la coalition formée par le CNT dont les murs pourraient rapidement se lézarder sur la question de la personne la plus chevronnée pour diriger le pays. Ainsi comme le mentionne Kamran Bokhari, analyste chez STRATFOR, aucun homme ne fait l’unanimité dans les rangs des insurgés. La quête du pouvoir, sous contrôle américain évidemment…, pourrait opposer le dissident Ali Tarhoun ou l’actuel Premier ministre du gouvernement des rebelles et ancien responsable chargé du développement sous Kadhafi, Mahmoud Jibril. Ou comment, selon la formule, faire du nouveau avec de l’ancien. Après les bombardements meurtriers de l’Otan, la Libye est un pays exsangue qui pourrait rapidement s’exposer à un scénario comme celui que connait actuellement l’Irak, aujourd’hui en proie à une véritable guerre civile après la victoire des forces alliées de l’OTAN en 2003.

[box class=”info”]Moustafa Mohamed Aboud al-Djeleil – Photo : Foreign and Commonwealth Office[/box]

Crise financière : les Américains jouent à se faire peur [vidéo]

Crise financière : les Américains jouent à se faire peur [vidéo]

24/08/2011 08h30
Washington (NOVOpress) –
Tout le monde se souvient du docu-fiction de la RTBF (Belgique) qui montrait les conséquences d’une décision unilatérale de la Flandre de déclarer son indépendance. Dans le même état d’esprit, un site financier américain, stansberryresearch.com, a mis en ligne une vidéo montrant les conséquences sur douze mois de la cessation d’achat de bons du trésor américain par la Chine et le Japon. En effet, ces deux pays sont les principaux créanciers des Etats-Unis, qui rappelons le, vivent largement à crédit. Or la Chine et le Japon ont également besoin de liquidités…

[box class=”warning”]Attention : vidéo en anglais[/box]

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Gare de l'Est, à Paris - Crédit photo : acd

Enceinte de 4 mois, violée dans un train…

23/08/2011 – 22h30
PARIS (NOVOpress) —
C’est une information RTL de Julien Dumond. Une jeune femme enceinte de quatre mois a été violée dans un train. Les faits se sont produits dimanche matin sur la ligne SNCF Coulommiers – Gare de l’Est. La victime, âgée d’une trentaine d’année, était seule dans le wagon avec son agresseur qui l’a menacé d’un couteau en le pointant sur son ventre.

C’est grâce aux bandes de vidéo-surveillance que les enquêteurs de la Brigade des réseaux ferrés ont pu interpeller, 48 heures plus tard, le violeur présumé en Seine-et-Marne. Ce jeune homme de 18 ans, d’origine tunisienne, est en garde à vue. Un fait divers qui n’est pas sans rappeler l’assassinat d’Anne-Lorraine Schmitt, poignardée à mort par un délinquant sexuel multirécidiviste il y a 4 ans dans un RER.

[box class=”info”]Gare de l’Est, à Paris – Crédit photo : acd. Image sous licence creative commons[/box]

Michael Collins, le stratège de la terreur

Michael Collins, le stratège de la terreur

23/08/2011 – 18h50
DUBLIN (NOVOpress) — Les Irlandais aiment à se souvenir des colonnes volantes de Tom Barry croisant le fer avec les Black and Tans ou encore du sacrifice en 1981 de Bobby Sands et des autres grévistes de la faim. En revanche, les insulaires préfèrent oublier le « Squad », le groupe de tueurs organisé par Michael Collins pour faire régner la terreur à Dublin entre 1919 et 1922.

Par chance, dans les années 1950, les survivants de cette aventure ont accepté de se confier au Service historique de l’armée irlandaise, à la condition que leurs témoignages ne soient rendus publics qu’après leur mort. C’est grâce à ces dossiers, enfin consultables, que le journaliste T. Ryle Dwyer a pu écrire une histoire inédites des tueurs de l’IRA qui est aussi un manuel pratique de l’utilisation de la terreur.

Un nationalisme aux portes du pouvoir

En 1919 le nationalisme irlandais est dans une mauvaise passe. L’échec de l’insurrection de Pâques 1916 et le retour victorieux de l’armée anglaise des tranchées de la Première Guerre mondiale condamnent la verte Erin à un douloureux statu quo. Pourtant les élection de 1918 ont été un succès pour les nationalistes. Ils ont obtenu 73 des 105 sièges de l’île et ont formé une assemblée irlandaise, le Dáil Eireann.

Michael Collins, officiellement le « ministre des Finances » du gouvernement non reconnu de l’Irlande, mais surtout le patron du renseignement de l’IRA, comprend dès janvier 1919 que pour éviter le pourrissement de la situation, il faut contraindre les Anglais à des actions violentes contre la population dans le but de rendre l’indépendance irréversible.

Michael Collins commence par organiser un service de renseignement et de contre-espionnage. Surnommé « Big Fellow » Collins recrute des hommes aux origines très diverses, du jeune adolescent mal dégrossi issu de la paysannerie au dandy aux gants beurre frais et à l’œillet à la boutonnière que les soldats anglais n’osent contrôler.

Collins installe ses bureaux loin des regards indiscrets où des volontaires épluchent la presse pour relever le nom des officiers anglais et des policiers qui participent à des activités publiques. D’autres lisent ligne à ligne le Who’who pour reconstituer le réseau de relations de leurs cibles potentielles. Plus important encore, une poignée de policiers, au cœur même du dispositif adverse, proposent leurs services à l’IRA.

Bien renseigné sur les intentions de la police, ayant parfaitement identifié ses cibles, Michael Collins expose au gouvernement irlandais un plan d’action en deux points, simple mais efficace.

À la campagne, attaquer les petits postes isolés de la Royal Irish Constabulary (RIC) pour que le pouvoir anglais évacue de vastes zones du pays où le boycott social rendra la vie impossible aux représentants de l’occupant.

Le stratège de la terreur

La statue de Michael Collins à Fitgerald's Park, par Seamus Murphy

La statue de Michael Collins à Fitgerald's Park, par Seamus Murphy

Sachant qu’à Dublin, cette stratégie ne peut fonctionner, Michael Collins sort alors de sa manche le « the Squad », une équipe d’hommes triés sur le volet qui prend l’engagement d’accepter toutes les missions, notamment les assassinats de sang froid de fins limiers de la division G de la Dublin Metropolitan Police (DMP) qui fait la chasse aux nationalistes. Comme dans un jeu de billard, le « Big Fellow » cherche à atteindre successivement deux buts. Le premier : éliminer les policiers les plus efficaces, notamment ceux d’origine irlandaise, privant ainsi le gouvernement britannique de ses yeux et de ses oreilles dans la métropole. Le second : inciter les Anglais à réagir violemment et à l’aveuglette, à Dublin comme dans les provinces.

Michael Collins met en place des règles très strictes afin d’éviter les dérives. Aucun membre de l’IRA n’a le droit de désigner ses propres cibles. Toute action est préalablement sanctionnée par un responsable politique. Le tireur n’ouvre le feu qu’à la condition expresse que la cible soit parfaitement identifiée. A une époque où la photographie est rare, cela entraîne des complications logistiques importantes. Le tireur doit être accompagné par un observateur connaissant la cible pour la désigner sans risque d’erreurs.

Ces précautions ont pour but, non seulement d’éviter les règlements de compte personnels, mais aussi de ne pas se mettre à dos l’ensemble de la police. Les fonctionnaires doivent comprendre que ne sont visés que les policiers les plus acharnés contre le Sin Féin et l’IRA. Cette politique assure une relative impunité à Michael Collins qui se déplace à Dublin au vu et au su de tous sans que les gardiens de la paix en uniforme fassent mine de le reconnaître.

En juillet 1919, Collins est enfin autorisé à tuer le premier policier. Des hommes armés de revolvers de calibre 38 frappent de quatre balles l’inspecteur Patrick Smyth à la porte de chez lui, sous les yeux de son jeune fils. Il survit cinq semaines avant de mourir de ses blessures. Le gouvernement anglais profite de l’émotion suscitée par cet assassinat pour interdire le Sin Féin ce qui paradoxalement, libère Michael Collins de tout contrôle politique.

Au fil des semaines, les assassinats se multiplient. En décembre 1919, un proche conseiller du maréchal French, lord gouverneur de l’Irlande, est abattu dans un tramway. Quelques jours plus tard, c’est le convoi du maréchal tombe dans une embuscade mais French réussit à en réchapper indemne.

A la fin de l’année 1919, le bilan est lourd pour les Anglais : 221 tués et 353 blessés pour l’ensemble de l’Irlande. La police se démoralise lentement mais sûrement. Les démissions font fondre les effectifs comme neige au soleil. Pour renforcer les rangs des forces de l’ordre, le gouvernement autorise le recrutement d’auxiliaires en Angleterre parmi les anciens combattants de la Grande Guerre et fait venir des policiers d’Ulster pour remettre de l’ordre à Dublin. Mais le 21 janvier 1920, l’un de ces nouveaux venus, l’inspecteur Redmond, nouveau chef de la section G, est tué. Son décès provoque un retour précipité à Belfast des policiers loyalistes. La section G de la police dublinoise cesse à partir de ce moment d’être opérationnelle. Ce succès encourage Michel à changer de braquet. Les membres du « Squad » arrêtent leurs activités professionnelles pour se consacrer entièrement à la lutte armée.

Avec l’arrivée des Black and Tans sur le sol irlandais, les Anglais inaugurent en 1920 la politique de contre-terreur tant espérée par Michael Collins. Les autorités ont le vain espoir qu’elle décourage les Irlandais de soutenir l’IRA et le Sin Féin. Non seulement des civils sont attaqués sans discrimination, les maisons des sympathisants de la cause nationaliste incendiées, mais des équipes de tueurs liquident des chefs nationalistes en utilisant les mêmes méthodes que le « Squad ».

Arrivent aussi à Dublin des Anglais spécialisés dans le renseignement qui se mettent au travail dans le plus grand secret, en court-circuitant les fonctionnaires irlandais et privant ainsi Michael Collins de ses sources d’informations. Les Irlandais découvrent néanmoins que ces agents anglais se réunissent après leurs heures de service au café Cairo. Des volontaires sont envoyés fraterniser avec ceux qu’ils appellent désormais le « Cairo gang » dans le but de les identifier.

Le dimanche 21 novembre 1920, Michael Collins mobilise tous ses hommes pour abattre une cinquantaine de membres « logés » du Cairo Gang dans leur sommeil. Pour ce faire, il est contraint de racler les fonds de tiroir et de solliciter des volontaires manquant d’expérience ou tout simplement de maturité. Un jeune pistolero de l’IRA, surpris au détour d’un couloir par un miroir, tire sur son propre reflet ! Il alerte ainsi sa cible qui a le temps de s’enfuir par la fenêtre. Au petit matin, le bilan est lourd pour les Anglais, quatorze tués, des agents secrets terrorisés qui se réfugient avec armes et bagages dans l’enceinte du Dublin Castle. Mais Michael Collins est amer. Sur une cinquantaine de raids, la majorité a échoué et de précieux volontaires sont tombés entre les mains des Anglais.

Les lourdes pertes de novembre 1921 ont conduit les Britanniques à se réorganiser. A Dublin, ils écartent définitivement les Irlandais de la lutte contre l’IRA et se logent exclusivement chez des loyalistes. Cette sage précaution rend les travaux d’approche par les volontaires de l’IRA extrêmement difficiles. Durant ce temps, dans le reste du pays, manquant de renseignements, les auxiliaires se déchaînent, multipliant les exactions et laissant derrière eux des villes et des villages en flammes et une traînée de cadavres. Ces politiques britanniques, si elles obtiennent de modestes résultats sur le terrain, se payent au prix fort au sein de l’opinion publique.

Souhaitant forcer la main aux Anglais, les responsables irlandais exigent que l’IRA frappe un grand coup. A contre cœur, Michael Collins organise le 25 mai 1921 la prise et l’incendie de la Custom House, un bâtiment emblématique au centre de Dublin, abritant l’administration des finances. Si le bilan pour l’IRA est désastreux : 5 tués et 80 prisonniers, cette opération se révèle un succès de propagande. Le monde entier s’intéresse au sort de l’Irlande et le premier ministre Lloyd George se saisit de l’occasion pour accepter le principe d’un cessez-le-feu qui prend effet le 11 juillet 1921.

Il était temps. L’IRA est à bout de souffle. Michael Collins a informé en juin le gouvernement irlandais que l’armée secrète manque d’armes et de munitions. Ses rangs, décimés par les Anglais ne comptent plus que trois mille combattants. Près de 5 000 volontaires ont été arrêtés et 500 sont morts.

La leçon tirée part l’auteur de l’expérience du « Squad » est sans appel. Terreur et contre-terreur laissent des traces si durables et si perverses dans la mémoire collective que cette tentation devrait être refusée par ceux en position de faire le choix. Malheureusement, les avantages à court-terme de la terreur sont tels qu’elle s’impose d’elle-même et que les conséquences tragiques de cette politique semblent un moindre mal.

[box class=”info”]The Squad and the intelligence operations of Michael Collins, T. Ryle Dwyer, Mercier Press, 272 p., index, biblio., ISBN 1 85635469 5.[/box]