Donne-moi ton église que j’en fasse une mosquée

Donne-moi ton église que j’en fasse une mosquée

Toujours moins de chrétiens en Turquie

L’église Sainte-Sophie de Nicée (aujourd’hui Iznik) (photo) est un haut lieu du christianisme. Elle accueillit jadis deux importants conciles avant d’être transformée en mosquée par la conquête turque. Désaffectée depuis 1923, elle a été restaurée en 2007 pour servir de musée. A la veille de Noël, elle a de nouveau été transformée en mosquée…

Il y a un siècle, 30 % de la population vivant dans les frontières de l’actuelle Turquie étaient chrétienne; ils ne sont plus que 0,2 % aujourd’hui. Tout est dit dans ces deux chiffres: la Turquie est devenue entièrement musulmane au XXe siècle par la déportation et le massacre de ses minorités. C’est ce que publie régulièrement M. Ragip Zarakoglu, un éditeur courageux qui brise les tabous et qui défait l’histoire officielle. Erol Özkoray, rédacteur en chef de la revue « Idea Politika », écrit à son sujet: « En Turquie, il est le premier à briser le tabou concernant le génocide. […] C’est grâce à lui que nous avons su que dans ce pays nous avons eu plusieurs génocides: les Arméniens, mais aussi les Grecs d’Anatolie, les chaldéens, les cyriaques, bref tous les chrétiens de Turquie. »

Des chrétiens torturés, égorgés, décapités…

La Turquie est aussi, faut-il le rap peler, toujours candidate à l’entrée dans une Union européenne qui ne manifeste, elle, qu’un maigre intérêt pour les questions religieuses. Un de nos diplomates en poste dans le pays a bien voulu nous exposer la situation: « 99 % des Turcs se déclarent musulmans et l’islam s’exprime ici dans un cadre défini par l’Etat. » Et de préciser: « Ce dernier, croyez-moi, n’est en rien laïque: il recrute et rétribue les 83000 imams, contrôle toutes les mosquées, finance toutes les écoles coraniques, supervise les manuels d’enseignement et fait même figurer l’appartenance religieuse sur les cartes d’identité! Le regard des autorités turques sur les cultes non musulmans est donc absolument conditionné par l’islam: ils sont tolérés, mais perçus comme intrinsèquement étrangers ».

En 2006, un prêtre catholique a été assassiné à Trébizonde. En 2007, ce fut le tour d’un journaliste arménien à Istanbul, puis, en avril, eut lieu un crime particulièrement odieux, celui dont furent victimes deux Turcs et un Allemand, égorgés après de longues tortures sur leur lieu de travail, une maison d’édition protestante qui diffusait des Bibles. Et en 2010, Mgr Luigi Padovese, le vicaire apostolique, fut assassiné et décapité…

Un prêtre autrichien nous confie: « Les chrétiens en général et les catholiques en particulier sont ici dans une situation extrêmement précaire. Une estimation précise est difficile parce que depuis 1965, il n’y a plus de statistiques ethnico-religieuses officielles et les autorités se bornent à indiquer des chiffres frisant le ridicule ». Les chiffres officieux qu’il nous communique parlent de 130000 chrétiens. Les plus nombreux sont les Arméniens d’Istanbul (60000 à 90000) qui ont échappé aux déportations de 1915. Il y a environ 33000 catholiques (dont 15000 latins) et il ne subsiste sur ces vieilles terres de l’hellénisme qu’à peine 4000 Grecs orthodoxes.

Pas une seule église édifiée depuis 1911

La plupart de ces chrétiens ne disposent pas de lieux de culte et doivent donc se contenter de réunions dans des lieux privés. Aucune construction d’église « visible » (avec croix ou clocher) n’a été autorisée depuis 1911! Les Eglises ne peuvent d’ailleurs pas accéder à la propriété. Pourtant leurs biens immobiliers existent. Ils sont même innombrables (églises, séminaires, écoles, hôpitaux) mais ils ont simplement été confisqués, décennie après décennie, à l’image de l’église de Nicée.

Aussi, depuis 1970, l’Eglise catholique demande-t-elle à l’Etat turc une reconnaissance juridique. En vain. Elle ne bénéficiera pas plus de la récente loi sur la restitution de certains biens confisqués. Publiée le 27 août 2011, cette loi ne s´applique parcimonieusement qu’aux Arméniens, aux Grecs orthodoxes et aux Juifs. Mais pas à l’Eglise catholique. Et encore moins à l’église Ste Sophie de Nicée.

M. Selcuk Mülayim, professeur d’histoire de l’art à l´université de Marmara s’en était inquiété et avait prévenu ses compatriotes: « Cette mesure va déclencher des protestations du monde entier en raison de l´histoire de l´édifice et de sa signification pour le monde chrétien. » Ses craintes ne se sont pas vérifiées; les protestations ont été rares et inaudibles… Pour Mgr Edmond Farhat, ancien nonce apostolique à Ankara et qui, comme Libanais, s’exprime à la fois librement et dans un français parfait: « La Turquie est un pays qui se définit comme une démocratie laïque mais la liberté religieuse n’y existe que sur le papier. Il existe en fait en Turquie une christianophobie institutionnelle pas très différente de celle qui existe dans les autres pays musulmans ».

Un chrétien turc d’Istanbul nous a confié quant à lui, sous couvert d’anonymat bien entendu: « Les Européens se trompent; je croirai leurs discours généreux sur la cohabitation des religions et des peuples quand je verrai les Etats musulmans favoriser sur leur territoire tous les cultes. Soyez fermes! Aidez-nous! Rappelez à vos interlocuteurs turcs que la réciprocité est la clef de toute relation humaine. »

Message relayé, mais qui a peu de chances d’être entendu. Lorsque l’église Sainte-Sophie est redevenue mosquée, sur décision du pouvoir turc, l’Union européenne s’est tue. Pourquoi s’émouvoir? Il ne s’agissait après tout que d’un petit édifice de rien du tout, juste une église construite au VIe siècle sur le modèle de Sainte- Sophie de Constantinople par l’empereur Justinien Ier. Juste une église dont le nom, Hagia Sophia, signifie, en grec, la « sagesse divine ».

Dominique Fabre

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 18 janvier. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Crédit photo : CyberMacs via Flickr, licence CC.

Donne-moi ton église que j’en fasse une mosquée

Des heurts entre policiers et gauchistes durant la manifestation du “Collectif de vigilance 69 contre l’extrême droite”, samedi dernier

Des heurts entre policiers et gauchistes durant la manifestation du “Collectif de vigilance 69 contre l’extrême droite”, samedi dernier

17/01/2012 – 18h20
LYON (NOVOPRESS Lyon)
Le premier adjoint à la sécurité de la ville de Lyon et député, Jean Louis Touraine, a démontré une nouvelle fois sa vision binaire de la politique. Il y avait samedi dans les différents manifestations “d’un côté les extrémistes de la droite la plus virulente, et de l’autre l’ensemble des démocrates” et “des courants de pensée humaniste“.

Ces “démocrates” et “humanistes” ont pourtant une drôle de façon de concevoir la politique puisque quatre d’entre eux ont été interpellés samedi après-midi après la manifestation organisée par le “Collectif de vigilance 69 contre l’extrême droite” avec des matraques télescopiques, des couteaux et une barre de fer. Déjà durant le défilé à l’appel de plusieurs organisations, des heurts avaient opposé des dizaines de “démocrates” cagoulés, casqués et armés aux forces de l’ordre.

(Photo) Manifestants casqués du “Collectif de vigilance 69 contre l’extrême droite” attaquant les forces de l’ordre. DR

Interview de Claude Jaffrès au sujet des récentes émeutes de Clermont-Ferrand [audio]

Interview de Claude Jaffrès au sujet des récentes émeutes de Clermont-Ferrand [audio]

11/01/2012 – 14h00
CLERMONT-FERRAND (NOVOpress) –
Claude Jaffrès (photo) est coordinateur régional du Bloc Identitaire pour l’Auvergne.

Il nous explique entre autres comment le rassemblement qu’il a voulu organiser sur les marches de la Préfecture pour déposer une motion de soutien aux forces de police et aux pompiers en difficulté dans certains quartiers, a été interdit, alors que la manifestation contre la police et pour les casseurs ne l’a pas été.

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Crédit photo : DR.

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (2/4)

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (2/4)

Clément Mesdon revient dans ces quatre articles sur ce que fut la politique coloniale de la France. Alors que le débat sur la colonisation « a échappé aux historiens pour être monopolisé par des groupes mémoriels » (B. Lugan), c’est en historien authentique, soucieux de retracer la réalité de ce qu’il décrit, que l’auteur aborde la question coloniale. Traitant d’une question qui demeure trop souvent passionnelle, l’auteur s’est efforcé d’instruire à charge et à décharge le dossier d’un phénomène qui, s’il a concerné la France au premier chef pendant moins d’un siècle, s’est manifesté à toutes époques et en tous lieux. Et qui se perpétue aujourd’hui sous des formes qui, pour être nouvelles, n’en sont pas moins aussi importantes.

"Les fils de roi", un récit inspiré par la colonne Voulet-Chanoine
Les abus, les excès et les méfaits de la colonisation française sont bien connus, en tout cas des historiens et cela contrairement à une opinion répandue qui veut qu’ils aient été délibérément négligés. Dans la phase initiale, lorsque après l’exploration succède la saisie effective du territoire identifié et cartographié, les militaires ont trop souvent la main lourde, aussi bien Bugeaud en Algérie que Faidherbe au Sénégal ou Gallieni à Madagascar. Pratiqués en Europe, pillage et terre brûlée, exécution sans jugement des prisonniers, femmes et enfants pris en otage ou déportés n’ont pas manqué en Afrique. Dans quelques cas, la férocité s’allie à la démence. Ainsi dans l’affaire de la colonne Voulet-Chanoine. En 1899, ces deux officiers furent chargés de reconnaître les pays compris entre le Soudan français et le Tchad. La colonne multiplia exactions et massacres et lorsque le colonel Klobb les rejoignit pour leur retirer le commandement ils l’abattirent. Peu avant d’être tué par ses hommes, Voulet leur avait tenu ce discours : « Quant à moi, je suis hors-la-loi, je renie ma famille, mon pays, je ne suis plus Français, je suis un chef noir. L’Afrique est grande, j’ai six cents hommes qui me sont dévoués, je ne crains rien». C’est la version sans gloire de « L’Homme qui voulut être roi » (Kipling).

Dans la période qui suit la conquête, le pouvoir colonial doit affronter des révoltes qui tiennent souvent à l’excès d’imposition, de travail forcé et d’enrôlement dans l’armée. D’autres ont un caractère nationaliste. On peut en citer plusieurs. Parmi les plus notables, dans l’ordre chronologique :

– 1870 :La Kabylie.

– 1883 : Hué en Indochine.

– 1921-1925 : Le Rif au Maroc, avec Abd el-Krim.

– 1925 : Les Druses en Syrie.

– 1927-1930 : Les Bayas en Afrique équatoriale.

– 1930 : La mutinerie de Yen Bay en Indochine.

– 1945 : L’est algérien, dans le Constantinois

– 1947 : Madagascar.

Victimes algériennes du FLN

Dans tous les cas, la répression est sévère, impitoyable surtout lorsque ces soulèvements ont été précédés par des massacres de colons ou d’employés de l’administration. Le chiffre des victimes a été presque toujours instrumentalisé, tant par les autorités coloniales de l’époque que par les dirigeants des anciennes colonies. Les premières minimisant les chiffres, les seconds les optimisant si l’on peut dire. Le cas le plus flagrant est évidemment celui de la guerre d’Algérie. Le gouvernement algérien s’en tient à un million de « martyrs », chiffre qui multiplie par trois ou par quatre le nombre effectif de ces victimes. Nombre d’historiens français et algériens (dissidents) se sont élevés contre cette falsification. Alors que les pertes françaises s’élèvent à au moins 50 000 morts et disparus (en tenant compte des supplétifs musulmans massacrés après l’indépendance), celles des indépendantistes ne peuvent excéder 300 000 personnes, y compris les victimes civiles. Toutes évaluations qu’il sera difficile voire impossible d’affiner davantage.

Mais il est d’éminents spécialistes pour se barder de certitudes comme Madame Coquery-Vidrovitch qui a repris à son compte la fable du million de morts et en a même ajouté un autre pour la conquête de 1830 et ses suites… Mais laissons-là le marigot de ces dénombrements flottants au gré des idéologies et passons à l’exploitation forcément « éhontée » des colonies. Pour les historiens et essayistes flagellants, le verdict ne bougera plus : tous coupables, administrateurs, militaires, affairistes, colons, commerçants ; tous exécutants d’un capitalisme prédateur commandé depuis Paris ou Marseille, la cité colonialiste par excellence.

Clément Mesdon

Le premier article est ici.

(A suivre)

Source : Novopress Breizh.

Rome : Assassinat d’une famille chinoise, un des tueurs marocains retrouvé pendu

Rome : Assassinat d’une famille chinoise, un des tueurs marocains retrouvé pendu

17/01/2012 – 10h
ROME (NOVOpress) –
Deux Marocains. Cela va faire dix jours qu’on sait que Zhou Zeng, un commerçant chinois de 31 ans, et Joy, sa fillette de 6 mois, n’ont pas été assassinés à Rome par des Italiens racistes, comme les gros médias l’avaient seriné à l’envi [ci-dessus copie d’un des deux plus importants journaux italiens “Les Italiens toujours plus racistes”], mais par deux immigrés maghrébins. Déjà bien connus des services de police, ils s’étaient spécialisés dans les vols avec violences aux dépens des immigrés chinois. La société multiethnique est une société d’amour…

Les forces de l’ordre ont lancé une vaste chasse aux tueurs. Faute de résultats jusqu’à aujourd’hui, malgré les moyens mis en œuvre, les enquêteurs en étaient venus à penser que les maghrébins avaient réussi à passer la frontière pour se réfugier à l’étranger, « peut-être en France, un pays, explique La Repubblica, où la communauté marocaine est fortement enracinée ».

Hier après-midi, pourtant, un des deux assassins, Mohamed Nasiri, 30 ans, a été retrouvé dans une cabane de la campagne de Rome. L’endroit est fréquenté par des amateurs de « soft air » : ce sont eux qui ont découvert Mohamed Nasiri et ont prévenu les carabiniers. Son cadavre était pendu à un crochet.

Le parquet de Rome et les carabiniers sont certains qu’il s’agit d’un suicide. Mohamed Nasiri a été formellement identifié. Son téléphone portable était resté dans sa poche. Les enquêteurs espèrent que son examen pourra fournir des indications pour retrouver le second tueur, toujours en fuite.

“La Colline aux coquelicots” : vivre en osmose avec ses racines

La Colline aux coquelicots : vivre en osmose avec ses racines

17/01/2012 – 08h00
TOKYO (NOVOpress) –
Juste derrière J.Edgar, le film d’animation japonais, La Colline des coquelicots, fait un tabac actuellement au cinéma. Dans le Japon du début des années 1960, il raconte les aventures de Umi, une lycéenne dont le père a disparu en mer. La jeune fille fait la rencontre de Shun, un garçon de son âge écrivant dans le journal du lycée. Les deux tombent amoureux mais un secret de famille va les obliger à devoir choisir entre l’amour et l’amitié.

Le long métrage est signé Goro Miyazaki, qui n’est autre que le fils du cinéaste Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, Ponyo sur la falaise). Face à l’émergence d’un Japon moderne, hanté par de hautes cheminées polluantes, La Colline des coquelicots exalte les liens du sang, le respect des anciens, avec un message fort : ne pas renier ses racines et ses traditions. Un chef d’œuvre identitaire qui résonne dans les cœurs, aussi bien au Japon qu’en Europe. Petits comme grands sont sous le charme.

Histoire de prof – Par Mathieu Bock-Côté – [Au Québec aussi ?]

Histoire de prof – Par Mathieu Bock-Côté – [Au Québec aussi ?]

[box class=”info”] Mathieu Bock-Côté est un jeune québécois, chargé de cours au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal. Il a déjà de nombreuses publications à son actif dont deux livres ayant eu un retentissement certain. [/box]

Histoire vraie. Histoire de prof. Je vous parle d’une amie. Elle enseigne en sciences humaines au cégep [NDLR : le cégep (photo d’un cégep à Montréal) fait suite à l’enseignement secondaire et délivre un enseignement pré-universitaire ou technique].
Elle est brillante. Cultivée. Excellente pédagogue. Et elle est désespérée par ce qu’elle voit. Pourquoi ? Car les enfants de la réforme scolaire viennent d’entrer dans sa classe.

Petit portrait d’une cohorte. D’abord et avant tout, les enfants de la réforme peinent à suivre un cours magistral. Ce n’est pas un détail. Ils ne savent plus prendre de notes. Et ils veulent qu’on leur fournisse à l’avance !

Cela ne les empêche pas de contester leurs mauvais résultats, car on les a persuadés de leur génie même si leur culture générale est anémique. L’enfant roi a des droits. Celui de réussir sans effort en est apparemment un. Comment expliquer cela ? Évitons les mauvais procès. Les jeunes n’y sont pour rien. C’est le système d’éducation qu’il faut blâmer. C’est lui qui a transformé une génération en cobaye d’une philosophie délirante.

Il s’agit d’un héritage des années 1970. La gauche radicale de l’époque détestait l’école. Elle l’imaginait au service des bourgeois. Elle détestait aussi la culture humaniste. Trop élitiste ! Elle se disait contre-culturelle. Elle était simplement contre la culture.

LA DÉCONSTRUIRE

L’école ne devait plus transmettre la culture humaniste. Mais la déconstruire. Elle devait non pas, transmettre un héritage culturel, mais l’abolir. On ne devait plus éduquer l’enfant. Mais se faire éduquer par lui. Par sa spontanéité. Moins on l’encadrera, plus il se formera librement.

Reformulée dans le jargon technocratique, c’est cette philosophie qui domine le ministère de l’Éducation. Elle se réclame du « socioconstructivisme ». Les idéologues au pouvoir se prennent pour des scientifiques. Il ne faut pas les croire.

Ils ont censuré les connaissances pour les remplacer par les « compétences transversales ». Pourquoi ? De peur de brimer l’authenticité du jeune, sa créativité. L’enfant doit tout découvrir par lui même. De préférence en jouant. L’autorité ? Taisez ce vilain mot que je ne saurais entendre.

Cette philosophie est catastrophique. L’État n’a pas besoin de sacrifier des millions de plus aux bureaucrates de l’éducation. L’école a besoin d’une révolution philosophique. De revenir aux valeurs fondamentales.

D’abord, l’autorité du professeur. Un professeur se vouvoie. On l’appelait autrefois le maître d’école. On avait raison. Maintenant, on lui demande d’être un animateur de camp de vacances. L’enseignant doit redevenir maître de sa classe.

À L’HEURE DE GOOGLE

Ensuite, la valorisation du savoir humaniste. La littérature. L’histoire. La philosophie. On dit qu’à l’heure de Google, l’Internet peut être cultivé à notre place. Sottise ! La culture n’est pas que du « par cœur ». Elle éclaire le jugement. Elle raffine les goûts. Elle améliore la vie.

Enfin, l’école doit distinguer la réussite de l’échec. Elle ne doit pas conforter l’enfant dans l’idée qu’il a tous les droits. Au contraire. Elle doit lui apprendre que l’effort paie et que la paresse handicape. C’est justement parce que notre société ne croit plus à l’effort que l’école doit y croire. Je vous parlais de mon amie. Elle n’est pas la seule. Écoutez les enseignants, ceux dans les classes. L’avenir de l’école repose sur leur révolte de bon sens contre une idéologie qu’ils subissent. Si vous aimez l’école, apprenez à vous méfier du ministère qui l’a ruinée.

[box class=”info”] Source : le site internet de Mathieu Bock-Côté.[/box]

Photo : Cégep Géral-Godin, Ste-Genevière (Montréal). Crédit photo : Mathieu Bélanger, licence CC.

(Màj) 400 Parisiens et amoureux de Paris ont rendu hommage à sainte Geneviève [vidéo]

400 Parisiens et amoureux de Paris ont rendu hommage à sainte Geneviève

16/01/2012 – 18h20
PARIS (Novopress) – Une vidéo sur la huitème édition de la marche est désormais disponible.

10/01/2012 – 20h00
PARIS (Novopress) – A l’appel de l’association Paris Fierté, 400 Parisiens et amoureux de Paris ont rendu hommage dimanche 8 janvier à sainte Geneviève, patronne de Paris.

Dans un communiqué, Paris Fierté indique : “Placée sous le signe du souvenir : ‘Pas d’avenir sans souvenir !’, la marche s’est déroulée dans la ferveur et la gaieté, et s’est conclue sur le parvis de l’église Saint-Etienne-du-Mont, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève où reposent les reliques de la sainte.”

De plus, “tout au long du cortège, animé par les chants du Choeur Montjoie Saint-Denis, et rythmé par des slogans tels que ‘Paris est Patrie’ ou encore ‘Paris populaire, Paris identitaire’, la bonne humeur et la fierté commune d’être les descendants de la patronne de la cité furent de mise. Des discours et la lecture d’un poème de Charles Péguy ont précédé un  feu d’artifice et une fort conviviale dégustation d’un vin chaud.”

Vous pouvez voir les photos de cette marche sur le site de Paris Fierté et sur celui de la photographe Anne Kerjean.

Crédit photo : Paris Fierté

Syrie : une évolution vers la paix

Syrie : une évolution vers la paix

16/01/2012 – 16h30
PARIS (NOVOpress) –
Contrairement à ses voisins égyptiens ou libyens, la Syrie n’entend sombrer ni dans le chaos ni dans l’ornière islamiste suites aux incantations bellicistes de l’OTAN ou aux injonctions paranoïaques et dévastatrices des va-t-en-guerre en chemise blanche.

Syrie : une évolution vers la paixL’état d’esprit des autorités syriennes est tout autre. En témoigne, cette décision forte du pouvoir syrien qui vient de décréter une amnistie générale allant dans le sens de la paix. Pour le ministère russe des Affaires étrangères, il s’agit là d’un « pas important et positif ».

Le 15 janvier, le président syrien Bachar el-Assad a en effet promulgué une amnistie générale pour les participants aux manifestations antigouvernementales et qui concerne les personnes ayant commis des infractions « dans le contexte des évènements qui se sont déroulés dans la période du 15 mars 2011 au 15 janvier 2012 ».

Moscou voit en cette mesure forte un pas et une ouverture décisive « dans le contexte de mise en œuvre de l’initiative de paix arabe et du règlement pacifique de la crise politique en Syrie, par les Syriens eux-mêmes et sans ingérence étrangère ».

Au grand dam des États-Unis et de ses vassaux européens.

Crédit image : The World Factbook, domaine public.

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (1/4)

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (1/4)

Clément Mesdon revient ici sur ce que fut la politique coloniale de la France. Alors que le débat sur la colonisation « a échappé aux historiens pour être monopolisé par des groupes mémoriels » (B. Lugan), c’est en historien authentique, soucieux de retracer la réalité de ce qu’il décrit, que l’auteur aborde la question coloniale. Traitant d’une question qui demeure trop souvent passionnelle, l’auteur s’est efforcé d’instruire à charge et à décharge le dossier d’un phénomène qui, s’il a concerné la France au premier chef pendant moins d’un siècle, s’est manifesté à toutes époques et en tous lieux. Et qui se perpétue aujourd’hui sous des formes qui, pour être nouvelles, n’en sont pas moins aussi importantes.

Attaquons avec le truisme le plus plat, le plus provocateur penseront les esprits chagrins : coloniser est le propre de la plupart des espèces animales et les hommes n’y échappent pas. D’autre part, si l’on veut raisonner en termes de repentance, de regret douloureux d’avoir succombé à l’envie de coloniser, cette mortification visera toutes les époques, toutes les cultures. De la préhistoire au XXIème siècle, des Européens aux Chinois, en passant par les Arabes, les Zoulous ou les Aztèques.

Pour en rester à la colonisation européenne, elle a touché la planète entière s’exerçant principalement sur des espaces très peu peuplés voire vides. L’immigration les a peuplés. Lorsqu’il s’agissait de pays « pleins », riches d’une culture millénaire – le sous-continent indien,la Chine– la colonisation a pris d’autres formes : maillage de comptoirs, privilèges divers, protectorats… Car la colonisation n’est pas univoque et la diversité des statuts rend difficile toute appréciation globale. Autrement dit les choses ne pouvaient pas se passer de la même manière au Viêt-Nam et au Congo.

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (1/4)

La colonisation française débute sous François Ier (Jacques Cartier) et s’achève au milieu du XXème siècle, soit quatre siècles plus tard. Elle finit par concerner tous les continents et tous les océans. Impossible donc de la présenter en bloc, ni dans le temps ni dans l’espace.

Du premier empire qui disparaît à la suite du traité de Paris (1763), il ne resta que des éclats, Gorée au Sénégal, la Guadeloupe,la Martinique, l’ouest de Saint-Domingue, cinq comptoirs en Inde… Le pire fut la perte de la Nouvelle France, de la Louisiane et de tout l’hinterland, immense et presque inexploré. De la fin de l’Ancien Régime à la Restauration, les Français négligèrent les entreprises coloniales. En 1830, ils mirent le pied en Algérie. Ils ne pouvaient imaginer que cette expédition punitive conduirait à une occupation de 132 ans. Sous la IIème République et le Second Empire, la colonisation repartit de plus belle mais sans projet véritable, plutôt des chimères, un « royaume arabe » en Algérie, un « empire mexicain » et un autre à se constituer en Extrême-Orient aux marges de la Chine.

Le vrai empire colonial, réputé cohérent, universel, on le doit à la IIIème République et à plusieurs de ses pères fondateurs comme Jules Ferry. Il s’est construit avec une parfaite bonne conscience : le devoir d’apporter la civilisation et en particulier les « immortels principes de 1789 » à des peuplades qui ignoraient tout de leurs bienfaits. Une évangélisation laïque en quelque sorte qui, d’ailleurs, sur le terrain allait trouver dans les congrégations missionnaires les plus zélées des auxiliaires. Tout a été dit sur la tartufferie d’une telle idéologie. Elle a évidemment servi de justification première et de paravent à l’exploitation des colonisés, à leur mise au travail pour un coût dérisoire. Impérialisme et capitalisme ont marché de pair.

Deuxième empire colonial après le britannique, mais loin derrière, l’empire français a donné à trois générations l’illusion de la puissance : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » et Jean Giraudoux (on lui avait confié en 1939 le commissariat général à l’information qui devait répliquer à la propagande allemande) d’illustrer ce slogan ventriloque par des planisphères géants collés sur les murs de Paris. L’empire inscrit en rose, un quart de l’Afrique, Madagascar, l’Indochine, les Antilles,la Guyane, les archipels océaniens et tous ces points d’appui géo-stratégiques, Mers el-Kebir, Bizerte, Djibouti, Diego Suarez, Haiphong, Nouméa jusqu’au canal de Suez partagé avec les Britanniques.

Dans l’esprit de beaucoup et en particulier dans la classe politique, cet empire était considéré comme immuable, définitif. C’est tout l’esprit du Centenaire de l’Algérie (1930) et de l’Exposition coloniale de 1931. La débâcle de 1940 puis la lutte fratricide entre vichyssois et gaullistes vont précipiter sa disparition. Refondée en 1944 par le discours de Brazzaville – de Gaulle esquissant un Commonwealth à la française – la construction coloniale qui prend le nom d’Union française laisse la place, en 1958, à une Communauté française qui ne tient pas deux ans. Quant aux « départements algériens » facticement rattachés au territoire métropolitain, ils disparaissent en 1962. Commence alors cette période néo-coloniale qui court des indépendances proclamées à l’effacement de la première génération de dirigeants ayant connu l’époque coloniale. Cet âge béni ( !) de la « Françafrique » s’éteint petit à petit sous nos yeux.

Clément Mesdon

(A suivre)

Source : Novopress Breizh.

40% des dépenses du tribunal de Boulogne-sur-Mer sont dues aux traductions pour les immigrés inculpés !

40% des dépenses du tribunal de Boulogne-sur-Mer sont dues aux traductions pour les immigrés inculpés !

16/01/2012 – 14h00
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) –
Ce chiffre a été révélé par Jean‑Philippe Joubert, procureur du tribunal. Il a rappellé que le tribunal de Boulogne‑sur‑Mer dans le Pas‑de‑Calais a des dossiers très lourds liés au problème d’immigration clandestine.

En 2011, 843.000 euros ont été consacrés par le tribunal aux frais d’interprètes et de traduction.

Pour quels résultats ?

Photo : Boulogne-sur-Mer. Crédit photo : Jimmy Legrand via Flickr, licence CC.

L’Union européenne : la prison des peuples européens – Par Michel Geoffroy

L'Union européenne : la prison des peuples européens - Par Michel Geoffroy

L’Union européenne était autrefois un espoir pour les jeunes Européens. Mais cet espoir reposait sur un malentendu.

Pour beaucoup d’Européens il s’agissait du rêve d’un continent unifié, « de l’Atlantique à l’Oural », libéré du communisme comme de l’atlantisme, débarrassé des querelles nationales, mais aussi indépendant et prospère : une Europe solidaire et puissante, ouverte sur le monde. Au moment du lancement de l’euro, certains y croyaient encore.

Mais ce rêve a fait long feu. L’idée européenne a tourné au cauchemar. La construction européenne que promeut l’oligarchie, consiste justement à déconstruire la puissance et l’identité des Européens : l’Union européenne se construit désormais contre les Européens. Ceux ci n’auront bientôt plus d’alternative que la révolte.

Le cauchemar européen

Car la chute du communisme soviétique, qui était une bonne nouvelle en soi, n’a pas fait avancer l’Europe dans le sens de la puissance et de l’indépendance. Au contraire, l’idée européenne a régressé.

L’atlantisme s’est renforcé : l’Europe n’est plus conçue que comme un espace libre-échangiste, aux frontières floues et qui ne se définirait que par une adhésion à ses prétendues  valeurs, auxquelles tous les peuples pourraient donc finir par se rattacher, au moins sur le pourtour de la méditerranée. Dans cette Europe là, la préférence communautaire qui figurait à l’origine du marché commun, est devenue un délit.

L’Union européenne, grenouille qui veut devenir bœuf à 27, à 28 ou au-delà , est restée un nain politique, une soft power  dans l’orbite du grand frère américain et cela, conformément aux intérêts de ce dernier.

Contrairement à ce que prétend la propagande de l’oligarchie, l’Union européenne ne protège plus personne, sinon les riches et les allogènes.

Il n’y a pas de défense européenne, on se remet en tout à l’OTAN, c’est-à-dire à une organisation dirigée par les Etats-Unis. L’alignement atlantiste de la France conduit par Nicolas Sarkozy et la réduction continue des budgets militaires sur le continent, ont détruit tout espoir de construire une Europe indépendante tant au plan diplomatique que militaire.

Les Yankees ont gagné !

Les frontières de l’union, économiques ou autres, sont des passoires qui ne nous protègent pas. L’euro surévalué nuit à la croissance et à l’emploi des Européens ; en outre, il ne peut survivre qu’en limitant toujours plus la souveraineté budgétaire et financière des Etats, voire la souveraineté politique comme l’a montré la façon dont la gouvernance européenne veut traiter la question des dettes souveraines des Etats membres.

Les Européens minoritaires en Europe ?

Rome n’est plus dans Rome. A Bruxelles, épicentre du cauchemar européen, 30% de la population est désormais musulmane : tout un symbole !

Les flux migratoires à destination de l’Europe occidentale et de la France en particulier ne cessent pas et sont en train d’initier un mouvement de changement de population.

Toute tentative, même modeste, de réguler plus fortement les entrées, se heurte aux décisions des juges européens et aux pressions continues du patronat et des associations. L’immigration n’est donc nullement choisie, mais en réalité imposée aux peuples européens, qui doivent au surplus se plier de plus en plus aux mœurs exotiques des nouveaux arrivants.

Car l’oligarchie nous explique maintenant que pour ne pas heurter la sensibilité de leurs hôtes si généreux, il faut que les Européens mettent en veilleuse leurs convictions : par exemple ne plus fêter Noël (on dit « bonne fin d’année » en novlangue), ne pas décorer de sapins, ne pas manger de porc, accepter les femmes voilées, les crimes d’honneur, les mosquées et les lieux de prière, ne pas caricaturer Mahomet etc. Bref renier notre histoire et nos origines chrétiennes, qui ne figurent d’ailleurs plus dans les valeurs de l’union européenne.

Il suffit de se promener dans les rues de nos villes pour se rendre compte que l’immigration, notamment africaine, s’installe partout. Or plus le nombre de personnes d’origine immigrée augmente, plus elles ont tendance à se regrouper en communautés : c’est une loi de la nature. L’assimilation fonctionne donc en proportion inverse du nombre de personnes à assimiler.

La constitution de communautés d’origine étrangère est lourde de conséquences pour la paix civile comme le démontrent d’ores et déjà les émeutes ethniques que les pays européens connaissent tour à tour et qui se ressemblent toutes dans leur déroulement puisque leur cause est identique.

Avec sa politique migratoire démente, l’oligarchie de l’Union européenne a donc recréé en Europe un problème des minorités qui avait pourtant déjà empoisonné la première moitié de notre XXe siècle et qui avait par deux fois conduit à la guerre. Comme si cela ne suffisait pas, l’oligarchie y a ajouté au surplus un problème religieux –celui de l’Islam- et un problème noir.

La prison des peuples européens

L’Union européenne ressemble chaque jour un peu plus à l’Empire autrichien vieillissant, que l’on surnommait la prison des peuples : une juxtaposition de communautés et de « minorités » rivales, imbriquées les unes dans les autres, sous la domination d’une administration tatillonne et d’une aristocratie cosmopolite. Mais l’Empire autrichien a duré plusieurs siècles. Le machin de Bruxelles, comme disait avec mépris le général De Gaulle, n’aura sûrement pas cette longévité !

Car l’Union européenne se présente aujourd’hui aux peuples européens sous le seul visage du fardeau et de la contrainte : toujours plus de règles, de normes, de jugements, de prélèvements, de sanctions, de boycottages contre les gouvernements, les peuples et les nations, et toujours plus de privilèges pour les allogènes.

Ainsi cette Europe s’est construite en passant outre à la volonté des peuples européens, en foulant aux pieds cette démocratie que l’on se targue pourtant d’incarner et que l’on a voulu imposer par les armes aux Libyens et sans doute demain aux Syriens. Son fondateur, le Français Jean Monnet ne s’est d’ailleurs jamais présenté à une seule élection.

Quand un pays vote mal, on le fait revoter : comme en Irlande. Quand les peuples refusent de ratifier la constitution européenne, on leur impose le traité de Lisbonne via les parlements. Quand un premier ministre grec envisage de soumettre à référendum le plan de rigueur imposé par la zone euro, on menace de lui supprimer toute aide économique. Quand le gouvernement hongrois issu des urnes révise les pouvoirs de la banque centrale, on le menace de sanctions.

L’Union européenne est une construction oligarchique qui tient les peuples européens en suspicion. Comme le déclarait significativement un ministre du nouveau gouvernement italien, « le populisme est l’un des principaux ennemis aujourd’hui en Europe » (Les Echos du 9 janvier 2012) ; ennemi, vous avez bien lu : cette oligarchie considère son propre peuple comme un ennemi !

Le moulag

L’Union européenne est un tyran mou, mais ombrageux, d’autant plus redoutable qu’il est sans visage. Nous vivons dans une sorte de goulag mou, sans barbelés, avec des supermarchés et des chômeurs. Mais nous sommes aussi soumis à une police de la pensée, chaque jour plus intolérante.

Ce n’est plus un ectoplasme comme dans les années 60 : c’est malheureusement devenu une métastase, qui risque de tuer l’Europe.

Car les prétendues valeurs européennes sont en réalité mortelles pour ceux qui y croient.

Ainsi ces valeurs nous recommandent d’accueillir toujours plus d’immigrés, d’ouvrir toutes grandes nos frontières aux marchandises et aux hommes étrangers. Elles nous imposent de ne discriminer personne, sauf les Européens ! On a découvert à propos de la Hongrie que l’indépendance de la Banque centrale était aussi une valeur : la finance libre et les Européens asservis aux impôts et aux dettes : voilà le vrai programme de l’oligarchie!

L’Union européenne n’offre en outre qu’une seule option : se soumettre à ses diktats ou bien se trouver exclu, sanctionné, ou privé de ses droits de vote (comme dans les futurs traités européens souhaités par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en cas de dérive budgétaire), mais sans avoir le droit de se retirer… Hier les Autrichiens étaient coupables de déviance politique pour avoir introduit au gouvernement le FPÖ ; puis les grecs ont été coupables de déviance budgétaire. Aujourd’hui on diabolise les Hongrois coupables sur les deux plans. A qui le tour demain ?

Tant que la prospérité était tant bien que mal assurée, on pouvait le tolérer. Mais à l’heure de la récession, le caractère insupportable de la contrainte européenne apparaît de plus en plus.

De la récession à la sécession ?

La situation de l’Europe n’est pas sans rappeler malheureusement celle qui a conduit à la guerre civile américaine au XIXe siècle.

Derrière le pathos de l’antiesclavagisme, cette guerre civile a en effet opposé les Etats du Sud –c’est-à-dire pour l’essentiel les Etats fondateurs des Etats-Unis qui étaient libres, échangistes car dénués d’industrie– aux Etats du Nord qui étaient protectionnistes et industriels. Les Etats du Nord entendaient imposer leurs tarifs douaniers au Sud agricole qui était importateur net, et cela, tout en lui déniant le droit de se retirer de l’Union. Une situation intenable pour les sudistes (qualifiés de rebelles par les Etats du Nord) qui n’avaient alors plus d’autre choix que la sécession, et bientôt celui de défendre leurs droits par les armes.

Comme au temps d’Abraham Lincoln aujourd’hui en Europe un front sépare de plus en plus profondément les libre-échangistes de ceux qui veulent protéger leur économie, leurs emplois, leur identité et leur culture. Ces derniers sont aussi des rebelles -on dit  populistes  de nos jours- aux yeux de l’oligarchie libre-échangiste et des entreprises transnationales.

Comme au temps d’Abraham Lincoln, l’Union européenne est devenue un carcan : elle ne conçoit pas qu’on puisse souhaiter la quitter pour retrouver sa souveraineté.

Comme au temps d’Abraham Lincoln, l’immigration a pris la place de l’esclavage pour servir de justification morale aux intérêts économiques les plus sordides. Elle pourrait aussi servir demain de prétexte à des mesures violentes à l’encontre des peuples rebelles. N’a-t-on pas fait la guerre à la Serbie pour lui imposer la partition ethnique du Kosovo, au mépris de tous les principes du droit européen ?

Comme au temps d’Abraham Lincoln, enfin, les peuples n’ont plus que leur courage et leur détermination à opposer à ceux qui violent leurs droits.

Michel Geoffroy

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

L’EURO, un poison pour l’Europe ? Sur Méridien Zéro ce soir 15 janvier

L'EURO, un poison pour l'Europe ? Sur Méridien Zéro ce soir 15 janvier

Ce dimanche 15 janvier 2012 (23h à 0h30) le thème principal de l’émission de la webradio Méridien Zéro portera sur l’euro et la crise économique dans son aspect monétaire
L’euro vient de fêter ses 10 ans mais va-t-il mourir ? Doit-il mourir ? L’EURO est il un poison pour l’Europe ?
Avec comme invité, Arnaud Naudin.

[box class=”warning”]Méridien Zéro diffusera en direct de 23h à 0h30 via les sites Méridien Zéro, Radio Bandiera Nera et Europa Radio.[/box]

L'EURO, un poison pour l'Europe ? Sur Méridien Zéro ce soir 15 janvier

Bordeaux : L’extrême-gauche s’émeut de l’ouverture d’une “maison de l’identité”

Bordeaux : L'extrême-gauche s'émeut de l'ouverture d'une "maison de l'identité"

15/11/2011 – 16h15
BORDEAUX (via Info Bordeaux) — Dans un communiqué de presse, le Bloc Identitaire Aquitaine a annoncé l’inauguration prochaine d’une « maison de l’identité », qui aura lieu le 28 janvier prochain, en présence du responsable national de ce mouvement, Fabrice Robert.

Situé en centre-ville, ce local qui a pour nom « l’Echoppe », comprendra une bibliothèque, une salle de conférence, un cinéclub, ainsi qu’un bar associatif. Pour le mouvement bien connu à Bordeaux pour sa lutte contre l’islam politique, « cet espace alternatif, véritable lieu de vie, aura pour vocation la promotion de nos cultures à travers différents services et activités ».

Quelques protestataires marginaux n’auront pas mis longtemps à se faire entendre. Dans un tract distribué samedi matin sur le marché des Capucins, ils appellent à « manifester contre l’ouverture du local du Bloc identitaire » le 21 janvier prochain.

Bordeaux : L'extrême-gauche s'émeut de l'ouverture d'une "maison de l'identité"

La clarinette en Bretagne

La clarinette en Bretagne

15/01/2012 – 13h20
GLOMEL (NOVOpress Breizh) Une exposition organisée à la mairie de Glomel (Côtes-d’Armor) présente la clarinette traditionnelle de Bretagne dans ses aspects historiques et musicaux.

L’association Paotred an Dreujenn Gaol (PDG), basée à Glomel, est vouée à faire connaître la clarinette en Bretagne – et au-delà puisqu’elle organise tous les deux ans la Rencontre internationale de la clarinette populaire.

Avec plusieurs autres associations, elle organise jusqu’au 22 janvier, à la mairie de Glomel, une exposition sur « La Clarinette en Bretagne ». Elle présente l’évolution de la clarinette traditionnelle, ses figures locales, ses usages traditionnels en Bretagne, sa place dans la société et sa pratique actuelle. Elle dresse aussi un panorama de l’usage de la clarinette dans les musiques populaires du monde.

Un fil de visite ludique, à base de jeux et devinettes, a été ménagé pour les enfants ; l’exposition peut donc se visiter en famille. Elle est ouverte l’après-midi jusqu’au 22 janvier.

Colonisation israélienne: énième rappel à l’ordre de l’ONU

Colonisation israélienne: énième rappel à l'ordre de l'ONU

15/01/02 – 12h45
BEYROUTH (NOVOpress)
– Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a réaffirmé que “l’occupation par Israël des territoires palestiniens devait cesser“.

Rappelant l’illégalité de ces occupations, le secrétaire général a ajouté: “L’occupation par Israël des territoires arabes et palestiniens doit cesser. La violence contre les civils aussi. Les colonies, nouvelles ou anciennes, sont illégales. Elles contrarient la naissance d’un Etat palestinien viable“.

Ces propos ont été tenus à l’occasion d’une conférence à Beyrouth sur la transition démocratique dans le monde arabe. Ils devraient rester sans plus de suites ni de conséquences que les nombreuses mises en gardes et autres résolutions passées, démontrant une fois encore la géométrie très variable de l’application du droit international.

Crédit photo : World Economic forum via Flickr, licence CC.

L’assassinat du président Habyarimana : entre certitudes, interrogations et « enfumage » – Par Bernard Lugan

L’assassinat du président Habyarimana : entre certitudes, interrogations et « enfumage » - Par Bernard Lugan

Ce ne sont pas leurs conclusions que les juges Trévidic et Poux communiquèrent aux parties (défense, parquet et parties civiles) le mardi 10 janvier 2012, mais simplement le rapport des experts techniques (balistique, acoustique etc.,) mandatés  pour les éclairer sur la question de savoir d’où furent tirés les missiles qui, le 6 avril 1994, abattirent en vol l’avion du président Habyarimana.

Ce document qui sera soumis à contre-expertise ne constitue qu’un élément du volumineux dossier concernant l’assassinat du chef de l’Etat rwandais. Simple étape dans la procédure, il ne permet aucune extrapolation car il ne dit pas qui a, ou qui n’a pas, abattu l’avion présidentiel. Enfin, dans l’état actuel de la procédure et du dossier, cette pièce ne rend en rien obsolète l’ordonnance rendue par le juge Bruguière en 2006.

Revenons-en donc aux seuls faits.

Le 6 avril 1994 vers 20h 30, alors qu’il allait atterrir à Kigali, l’avion du président hutu Juvénal Habyarimana (photo) fut abattu par deux missiles portables SAM 16 dont les numéros de série étaient respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835 ; or, comme cela a été établi devant le TPIR, l’armée rwandaise ne disposait pas de tels missiles.
La traçabilité de ces engins a été reconstituée : fabriqués en URSS, ils faisaient  partie d’un lot de 40 missiles SA 16 IGLA livrés à l’armée ougandaise quelques années auparavant. Pour mémoire, Paul Kagamé et ses principaux adjoints étaient officiers supérieurs dans l’armée ougandaise avant la guerre civile rwandaise.

Trouvèrent la mort dans cet acte de terrorisme commis en temps de paix, deux chefs d’Etat en exercice, les présidents Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi, ainsi que deux ministres burundais, MM. Bernard Ciza et Cyriaque Simbizi. Parmi les victimes se trouvaient également le Chef d’état-major des FAR (Forces armées rwandaises), le général Deogratias Nsabimana, le major Thaddée  Bagaragaza, responsable de la maison militaire du président rwandais, le colonel Elie Sagatwa, beau-frère du président Habyarimana et chef de  son cabinet militaire, ainsi que l’équipage français composé de MM. Jacky Héraud, Jean-Pierre Minoberry et Jean-Michel Perrine, tous trois civils.

Quelques heures après l’attentat, dans la nuit du 6 au 7 avril, et alors que l’armée rwandaise avait été décapitée, les forces militaires du FPR rompirent le cessez-le-feu en vigueur depuis 1993 et entamèrent la conquête du pays. Cette offensive avait été soigneusement planifiée puisque des moyens en hommes et en matériel avaient été pré-positionnés comme cela a également été amplement mis en évidence devant le TPIR.
Paralysée par l’embargo sur les armes et les munitions qu’elle subissait[1], l’armée rwandaise fut défaite. D’immenses tueries se déroulèrent dans le pays, le génocide des Tutsi étant selon le juge espagnol Merelles (2008), doublé d’un massacre de masse des Hutu par l’APR (Armée patriotique rwandaise), commandée par Paul Kagamé.

Depuis cet attentat, deux thèses s’opposent :

1) Celle de l’attentat commis par des « extrémistes hutu » qui auraient assassiné leur propre président ainsi que leurs propres partisans qui étaient à bord de l’avion afin de pouvoir déclencher un génocide qu’ils avaient programmé et préparé.
La principale faiblesse de cette thèse est que le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a, dans tous ses jugements concernant les « principaux responsables du génocide », que ce soit en première instance ou en appel, clairement établi qu’il n’y avait pas eu entente pour commettre ce génocide et qu’il n’avait donc pas été programmé.

2) Celle d’un attentat commis par le FPR sur ordre du général Kagamé afin de décapiter l’Etat rwandais et disposer d’un prétexte pour prendre militairement le pouvoir. Ethno-mathématiquement parlant, les élections prévues sous supervision de l’ONU allaient en effet donner une victoire automatique aux Hutu (+-90% de la population) sur les Tutsi (+-10%) et cela en dépit de leurs divisions. Cette thèse est notamment celle du juge Bruguière.

Saisi par les familles de l’équipage français et par la veuve du président Habyarimana, le juge Bruguière qui ne s’est pas rendu au Rwanda et qui a mené son enquête d’une manière classique, a rendu une ordonnance (novembre 2006) dans laquelle il accuse le président Kagamé d’avoir ordonné l’attentat qui coûta la vie à son prédécesseur.
Le juge Bruguière se fondait notamment, mais pas exclusivement, sur les déclarations et témoignages de plusieurs transfuges tutsi qui lui donnèrent force détails sur l’opération, dont les noms des membres du commando ayant abattu l’avion. L’un d’entre eux, Abdul-Joshua Ruzibiza, répéta ses accusations, sous serment cette fois, devant le TPIR et les procès verbaux des audiences concernées sont très clairs à ce sujet. Il se rétracta ensuite au sujet de ce qu’il avait déclaré au juge français, tout en confirmant ce qu’il avait dit aux juges du TPIR. Or, ses propos avaient été identiques. Puis, quelques semaines avant sa mort, il revint sur sa rétractation française et confirma devant les juges la version primitivement donnée au juge Bruguière.

L’ordonnance de soit-communiqué rendue au mois de novembre 2006 par ce dernier allait très loin puisque des mandats d’arrêt contre plusieurs membres du premier cercle de Paul Kagamé furent lancés et qu’il recommanda au TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) d’inculper le président rwandais.
Le 6 février 2008, via Interpol, le juge espagnol Merelles qui soutient la même thèse que le juge Bruguière, lança plusieurs dizaines de mandats d’arrêt contre de hautes personnalités de l’actuel régime rwandais.

Le document remis aux parties par les juges Trévidic et Poux le 10 janvier remet-il en question cet exposé du dossier ?
Non, car la seule nouveauté qu’il contient concerne le lieu du tir des deux missiles[2]. Selon le rapport d’expertise, ce lieu se situerait « probablement » dans le camp militaire de Kanombe, soit à une distance d’à peine deux à trois kilomètres de la ferme de Masaka identifiée comme point de tir par le juge Bruguière. De plus, et il est important de le préciser, cette « probabilité » n’est pas apparue aux experts balistiques à la suite d’une démonstration, mais par élimination et en raison des arguments de l’expert acoustique, ce qui devra être étayé lors de la contre-expertise.

Les juges Trévidic et Poux vont maintenant devoir confronter ce rapport d’expertise aux autres éléments du dossier.
Ils vont ainsi et notamment devoir résoudre la question des étuis des deux missiles trouvés à Masaka, la question étant de savoir s’ils y ont été abandonnés par les tireurs de l’APR, ce qui ramènerait l’accusation dans le camp de Paul Kagamé, ou si, après avoir abattu leur propre président, leur propre chef d’état-major et leurs propres amis, les « extrémistes » hutu les y auraient déposés afin de faire croire à la responsabilité de l’APR/FPR.
Ils vont également devoir comparer le rapport d’expertise et ses « probabilités » à ceux des témoignages contenus dans le dossier et qui donnent avec une grande précision et une impressionnante quantité de détails le lieu du tir, à savoir Masaka, ainsi que les noms des deux tireurs et des membres de leur escorte, la marque et la couleur des véhicules utilisés pour transporter les missiles depuis l’Ouganda jusqu’au casernement de l’APR situé au centre de Kigali et de là jusqu’au lieu de tir à travers les lignes de l’armée rwandaise, ainsi que le déroulé minuté de l’action.

Ce ne sera qu’à l’issue de leur enquête, au minimum dans plusieurs mois, que les juges rendront leur rapport. Jusque là, tout n’est que spéculation, désinformation, propagande, en un mot « enfumage ».

Bernard Lugan

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[1] A la différence de l’APR largement approvisionné par l’Ouganda qui était son allié et sa base arrière.
[2] Pour ce qui est de l’étude de la balistique des deux missiles tirés on se reportera à l’analyse faite par l’amiral Jourdier dans « Etude de tir contre l’avion présidentiel rwandais le 6 avril 1994 » paru dans le n°6 de l’Afrique Réelle (juin 2010)

[box class=”info”] Source : Le blog de Bernard Lugan. [/box]

Crédit photo : DefenseImagery.mil, domaine public.