Électricité : un passage au vert profondément injuste !

Électricité : un passage au vert profondément injuste !

16/07/2012 — 08h00
PARIS (NOVOPress) — Peut-on dire, pour reprendre une formule célèbre: l’écologie, “ça eut payé” ? Et ceci pas seulement à cause des mirifiques 2,31 % de voix pour madame Joly à notre présidentielle. Il y a aussi cette guerre civile qui se profilerait entre deux variantes d’intégrismes: les réchauffistes déconfits et les malthusiens déçus (1). Leurs visions millénaristes post-modernes ont pour le moment fait long feu.

Reste que le passage à des moyens de production d’énergie qualifiés de durables et de renouvelables, réclamé à cor et à cri par ces deux sectes, coûte fort cher, et plus encore sur fond de sortie du nucléaire. Les petits entrepreneurs et les ménages allemands qui ont vu leurs factures d’électricité augmenter de 40% les sept dernières années commencent sérieusement à faire la grimace.

Première cause de cette flambée, la loi sur le passage aux énergies dites renouvelables (EEG- Umlage) visant au financement de l’éolien et du solaire, qui répercute sur le consommateur une taxe de 3,5 centimes par Kwh, appelée à passer à 5 centimes l’an prochain. Une famille avec une consommation annuelle de 4000Kwh par exemple, voit donc sa facture s’alourdir de 240€ TTC par an, au titre de l’aide au passage à l’énergie verte. Mais ce surcoût ne frappe pas tout le monde, ce qui le rend particulièrement injuste.

Après un lobbying fructueux et grâce semble-t-il aussi à l’appui des chrétiens démocrates de la CDU/CSU, les plus grands consommateurs d’énergie de l’industrie s’en tirent quant à eux plutôt bien. Non seulement assujettis à une contribution plus qu’allégée pour le financement de cette énergie verte, ils ont retrouvé des tarifs de fourniture d’électricité comparables à ceux de 2005. Mieux encore, ils ont été totalement exemptés des frais de réseau, également au détriment des petits consommateurs : une facture estimée à plusieurs millions d’euros par an.

Et cerise sur le gâteau enfin, les cotations de l’énergie en bourse, en hausse pour l’éolien et le solaire, et qui font quelquefois chuter significativement les tarifs de l’électricité produite de manière traditionnelle. Une baisse qui elle non plus ne profite pas aux ménages.

Les associations de consommateurs réclament donc aujourd’hui une plus grande implication financière de l’industrie, l’abandon des projets jugés trop onéreux comme la construction de champs éoliens en haute mer, et une hausse du financement public.

Une preuve s’il était nécessaire, que la relative bonne santé de l’industrie allemande a un prix. Chez nous en France, l’on peut certes se réjouir – mais pour combien de temps encore ? – de tarifs indexés sur l’inflation. Mais avec une industrie de plus en plus réduite à une peau de chagrin.

(1) D’un côté les tenants d’un réchauffement climatique de moins en moins crédible, de l’autre ceux qui craignent la chute de la production pétrolière, et réclament comme les premiers un gouvernement mondial… http://www.ndf.fr/poing-de-vue/11-07-2012/bataille-ultime-ecolos-contre-ecolos

Source : http://www.berliner-zeitung.de/wirtschaft/strompreise-und-energiewende-energiewende—gruen-und-ungerecht,10808230,16573894.html

Crédit photo : Heidas/Wikipédia souslicence CC.

Faits & Documents n°339 du 15 juillet au 1er septembre 2012. Portraits : Le Gouvernement Ayrault (IV)

Faits & Documents n°339 du 15 juillet au 1er septembre 2012. Portraits : Le Gouvernement Ayrault (IV)

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 15 juillet au 1er septembre 2012 vient de paraître. Au sommaire, les portraits du gouvernement Ayrault (4ème partie). Extrait.

Voici la suite des biographies du pléthorique gouvernement de Jean-Marc Ayrault, même si les véritables leviers de commande ne sont détenus que par quelques ministres. On voit dans la prolixité des titres (aux termes parfois énigmatiques), la représentation systématique de tous les courants socialistes, la diversité régionale, l’équilibre entre le Sénat et l’Assemblée nationale, la présence du PRG et des Verts, la volonté de François Hollande d’éviter tout affrontement direct avec les élus socialistes alors même que la crise financière et économique connaîtra, sans nul doute, une accélération avant la fin de l’année.

Faits & Documents n°339 du 15 juillet au 1er septembre 2012. Portraits : Le Gouvernement Ayrault (IV)GAROT Guillaume. Ministre à l’Agroalimentaire. Permanent politique, né le 29 mai 1966 à Laval (Mayenne). Il est le fils d’une infirmière et d’un gros agriculteur, Georges Garot, qui fut syndicaliste agricole dans la Mayenne, membre du Conseil économique et social (notamment membre de la section de l’agriculture et de l’alimentation de 1985 à 1986). Délégué général du Parti socialiste à l’agriculture dès 1984, il dirigea son secteur agricole jusqu’en 1994, avant d’entrer au Parlement européen en 1997 (à la suite de diverses démissions). Il sera encore député européen de 1999 à 2004. Curiosité, il est le cousin de Pierre Méhaignerie, ancien ministre et député UDF puis UMP. L’assistante parlementaire de son fils, Rachel Méhaignerie, est d’ailleurs la nièce de ce dernier. Guillaume Garot est passé par le lycée Douanier Rousseau (Laval), Chateaubriand de Rennes (hypokhâgne), Lakanal de Paris (khâgne), avant d’intégrer Paris I-Panthéon-Sorbonne, où il décrochera une maîtrise d’histoire. Il est également diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris. Durant la même période, il sera chargé d’études au Centre d’information sur la formation professionnelle et au Centre de rencontres et d’initiatives pour le développement local (1992-1995). Chef de cabinet (1995-1997) puis directeur de cabinet (1997-2000) de Daniel Vaillant à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris, il suit ce dernier au ministère des Relations avec le Parlement et au ministère de l’Intérieur (2000-2002). Chargé de la rédaction des discours du maire de Paris Bertrand Delanoë (2002-2005), il devient ensuite conseiller politique de Christophe Caresche, maire adjoint à la sécurité. Faits & Documents n°339 du 15 juillet au 1er septembre 2012. Portraits : Le Gouvernement Ayrault (IV)En parallèle, il poursuit une carrière politique, profitant de l’implantation de son père. Conseiller municipal d’opposition de Laval à partir de 2001 (il conduisait déjà la liste de la gauche plurielle), ce membre du PS depuis 1985 est battu dès le premier tour par François d’Aubert, maire de Laval, aux élections législatives de 2002 dans la 1re circonscription de la Mayenne. Il devient également conseiller général en 2004 et accède rapidement à la présidence du groupe socialiste au conseil général. Premier secrétaire départemental du PS à partir de 2003, il l’emporte (50,6 %), à la surprise générale, en 2007, sur François d’Aubert. Il le bat également en 2008, s’emparant de la mairie de Laval (50,24 %). Ce célibataire endurci est l’un des rares maires à saluer les Gay Pride dans sa commune (cf. Têtu, juillet 2009). Durant les primaires socialistes, il soutient Ségolène Royal, dont il sera le porte-parole. En juin, il est réélu avec 58,5 % face à l’UMP Samia Soultani-Vigneron. Comme l’a indiqué Le Figaro (22 juin 2012), sa nomination doit être perçue comme « un signe (NDA : envoyé par François Hollande) à l’ex-candidate » Ségolène Royal, battue à La Rochelle. Après son entrée dans le gouvernement Ayrault 2, il est remplacé au Palais Bourbon par sa suppléante, Sylvie Pichot, née en juillet 1955, institutrice retraitée et maire de Bais depuis 2008.

CAZENEUVE Bernard. Ministre aux Affaires européennes. Cadre bancaire, né le 2 juin 1963 à Senlis (Oise). Il est issu d’une famille de gauche, son père, instituteur à Senlis, étant l’un des principaux responsables de la fédération du PS de l’Oise. Diplômé de Sciences-Po Bordeaux en 1985, il a échoué au concours de l’Ena. Président de la fédération de Gironde des jeunes radicaux de gauche, membre du comité directeur dès 1982 et de son bureau national de 1985 à 1987, il rejoindra finalement le PS. Il cofondera et présidera le petit club d’influence discrètement mitterrandien, Avenir-Démocratie et sera l’un des animateurs du cercle fabiusien Micromégas de Thierry Coudert (que l’on retrouvera dans les eaux sarközystes de gauche). Chargé de mission à la caisse centrale des Banques populaires (fief maçonnique) de 1987 à…

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Photo en Une : Crédit Parti Socialiste (cc) via Flickr

“Géopolitique : un manuel précieux” par Georges Feltin-Tracol

“Géopolitique : un manuel précieux” par Georges Feltin-Tracol

15/07/2012 — 16h00
PARIS via Europe Maxima Sous la direction avisée de Pascal Gauchon, les P.U.F. lancent une nouvelle collection géopolitique destinée à l’enseignement supérieur. Après avoir traité de la France, du Brésil, de l’Inde, des pays émergents et du domaine maritime et océanique, un nouveau manuel s’intéresse à un ensemble géographique qui fait souvent l’actualité : l’Afrique du Nord, le Proche-Orient et le Moyen-Orient.

Rédigé par Tancrède Josserand, turcisant prometteur, auteur d’un remarquable essai sur La nouvelle puissance turque, Florian Louis, historien, et l’arabisant Frédéric Pichon (un homonyme à ne pas confondre avec l’avocat et président d’Europæ Gentes), Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord apporte d’une manière précise et synthétique une foule d’informations raisonnées sur cette partie du monde aux contours flous.

L’aire distinguée se singularise en effet par des dénominations variées. « Appellation forgée par la diplomatie française (p. 10) », le Proche-Orient désigne les territoires riverains de la Méditerranée. « Moyen-Orient » est une « appellation forgée par la géopolitique anglo-saxonne […] popularisée par le stratège Alfred T. Mahan dans un célèbre article de 1902 (p. 10) » qui correspond à la Péninsule arabique et au Golfe arabo-persique. Quant à l’expression « Extrême-Orient » qui tend à être remplacée par « Asie orientale », elle « regroupe les pays situés à l’extrémité orientale du continent eurasiatique (p. 10) ». Ce dernier cadre sort au champ d’analyse des auteurs.

À cette complexité sémantique interviennent des distinctions internes durables entre le Maghreb et le Machrek, l’Afrique du Nord et l’Asie occidentale. Les géostratèges étatsuniens préfèrent maintenant parler de M.E.N.A. « pour Middle East and North Africa (Moyen-Orient et Afrique du Nord) [… ce qui serait la signification] la plus pertinente pour aborder les problématiques actuelles d’une région en pleine reconfiguration (p. 10) ». Pour les auteurs, cette absence de définition claire prouve que « toute la singularité de l’Orient tient au fait qu’on l’associe instinctivement à la complexité. […] Ce qui rend l’Orient compliqué, c’est d’abord bien souvent le regard que nous posons sur lui (p. 3) ».

Il est indéniable que l’espace étudié dans cet ouvrage ainsi délimité se caractérise par un pluralisme ethno-linguistico-religieux foisonnant, une instabilité politique fréquente, un désir ambigu d’unité. Il suscite maintes convoitises de la part de l’extérieur et connaîtrait un début timide de normalisation. Par ailleurs, à part le Maroc, l’Iran et le Sud-Est de l’Arabie, son point commun principal est une longue histoire commune sous le férule de l’Empire ottoman et, auparavant, des tribus turques. Il en ressort que la domination des « peuples de la steppe » sur les « peuples du désert » a agi « comme un conservatoire de la diversité culturelle et cultuelle (p. 12) ».

La région détient dans son sous-sol de vastes gisements d’hydrocarbures qui font à la fois sa richesse et son malheur. Les auteurs n’hésitent pas à parler de « la malédiction de la rente (p. 77) ». Dans le même temps, le tourisme stagne, l’agriculture demeure guère performante et les politiques publiques montrent leur défaillance. Elle pâtit par conséquent des déficiences économiques majeures. Convoité en raison de sa manne pétrolière et gazière, cet ensemble de 12 M. de km2 et de 450 M. d’habitants est aussi une « région carrefour par excellence, située à la jonction entre Asie, Europe et Afrique (p. 28) » avec, en plus, des contraintes naturelles spécifiques : elle doit composer avec la montagne, le désert, les mers et les océans. Il en résulte une densité humaine élevée dans les vallées et sur les littoraux, et un risque accru de surpopulation.

L’espace mentionné se situe en outre au cœur d’un arc de crises afro-asiatiques qui s’étend du Cachemire au Sahel en passant par le Yémen et le conflit israélo-arabe. Les auteurs insistent sur le fait que « le Moyen-Orient est organisé autour d’un centre de gravité formé par l’Irak, la Syrie, la Jordanie, le Liban, Israël et la Palestine (p. 28) ». De ce fait, il est devenu le terrain de manœuvres des grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, Union européenne, Amérique latine même !) et, aussi, des acteurs régionaux (l’Iran, la Turquie, Israël, l’Égypte, l’Arabie Saoudite, le Maroc, l’Algérie…). De vieilles logiques géopolitiques replacent ces territoires « sous le signe de Mars (p. 125) » avec une multiplication des contentieux (Chypre, Palestine, Irak, Kurdistan, Sahara occidentale…) qui en font un vrai « épicentre de la géopolitique mondiale (p. 149) ». Le basculement de l’axe régional s’est opéré en 1920 avec le calamiteux traité de Sèvres. Le télescopage des rivalités franco-britanniques et le réveil nationalitaire arabe, kurde, juif et turc bouleversèrent durablement la zone. Les auteurs exposent les idéologies en vogue (le sionisme, l’islamisme et les panarabismes baasiste et nassérien) qui l’affectèrent. Ils ignorent en revanche le nationalisme pan-syrien d’Antoun Saadé, bien trop méconnu en France. Cette absence est l’une des quelques – rares – erreurs factuelles relevées comme, en page 23, citer Olivier Todd au lieu de son fils Emmanuel, le célèbre démographe. À ce contexte explosif s’ajoutent des tensions sociales intérieures, car l’opulence tirée des hydrocarbures côtoie la pauvreté la plus criante.

Il importe cependant de prendre en considération cette aire qui constitue une puissance financière, foncière et médiatique non négligeable. L’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar achètent des pans entiers de l’économie et de l’immobilier en Occident. La colonisation financière de l’Europe suit l’invasion migratoire du continent et sa déseuropéanisation. Mais cette puissance n’est-elle pas viciée par une trop grande hétérogénéité du fait de la coexistence ambivalente et chaotique des nombreuses tendances chrétiennes et musulmanes ? Rappelons aussi que les émirats pétroliers de la Péninsule arabique abritent une population immigrée, souvent de confession chrétienne, qui, quoique majoritaire en nombre, est opprimée et sans aucun droit. On attend toujours que les « Grandes Consciences » médiagogiques et les ligues de petite vertu subventionnées s’élèvent contre les discriminations et le racisme pratiqués dans la région…

Les auteurs remarquent que les États regroupent des « mosaïques linguistico-religieux (p. 49) », d’où une plus grande fragilité depuis les révolutions du « Printemps arabe » parce que « faute d’une réelle tradition étatique dont l’autorité serait légitimée par une profondeur historique, l’État n’est pas tant ici un instrument de gouvernement dont on chercherait à s’emparer pour réformer le pays, que l’enjeu d’une lutte d’influence entre factions rivales (p. 74) ». La faiblesse des structures étatiques s’explique largement par la prégnance de l’islam. « Dans la civilisation islamique les structures de base sont la famille, le clan et la tribu, d’une part, la religion, de l’autre. L’islam permet en effet de souder des groupes aux intérêts souvent antagonistes […]. Dans l’islam, la tribu et la communauté confessionnelle sont les principaux catalyseurs du sentiment de loyauté. L’État-nation arrive très loin derrière. Dans le monde musulman, les constructions étatiques font face à un déficit de légitimité parce qu’elles sont souvent le fruit arbitraire des ingérences européennes et parce que leurs frontières ne recoupent pas celles des groupes humains qu’elles abritent. d’autre part, le concept d’État-nation unitaire et souverain entre en collision avec le dogme de la souveraineté exclusive d’Allah et de la supériorité de l’Umma sur toute autre instance humaine (p. 32). »

On aura compris que cet ouvrage accorde une belle place à la géographie physique et à la géopolitique. Avec de nombreuses citations puisées un très large éventail décrits, de Fernand Braudel à Oswald Spengler, de Lamartine au talentueux géopoliticien non-conformiste Robert Steuckers, du géographe – historien Xavier de Planhol à T.E. Lawrence, cette Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord comporte des cartes en couleur, un glossaire des termes arabes, hébreux et turcs et des annexes qui, intégrées au corps de l’ouvrage, étayent, illustrent et expliquent les démonstrations. Bref, c’est un excellent manuel plaisant à lire. À savourer sans modération !

Tancrède Josserand, Florian Louis, Frédéric Pichon, Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Du Maroc à l’Iran, P.U.F., coll. « Major », Paris, 2012, 192 p., 25 €.

Crédit carte Une : иктор В/Wikipédia sous licence CC.

Les Gaulois à l’honneur du “Spectacle du monde”

Les Gaulois à l'honneur du “Spectacle du monde”

15/07/2012 — 14h00
PARIS (NOVOpress) —
Le numéro de juillet-août 2012 de la revue Le Spectacle du monde est en kiosque. Le dossier est consacré aux Gaulois. On pourra y lire, notamment, des articles de Philippe Conrad (“La Gaule redécouverte”, “La Gaule romanisée” ), de Jean-Louis Bruneaux (“Sanctuaires, druides et dieux”), de Michel Thibault (“Druides d’hier et d’aujourd’hui”), de Yann Le Bohec (“La conquête de César”), de Mickaël Fonton (“Les deux batailles d’Alésia”), de Jean Kappel (“Comment ils sont devenus nos ancêtres”), de François-Laurent Balssa (“Pourquoi ils ne sont plus nos ancêtres”) et de François Bousquet (“Henri Vincenot, le dernier Gaulois”).

Crédit photo Une : antmoose/Wikipédia sous licence CC.

Spectacle du monde Gaulois

[Lu sur le Net] Au cœur du pays Karen, dans la jungle birmane

[Lu sur le Net] Au cœur du pays Karen, dans la jungle birmane

15/07/2012 — 12h00
RANGOON via Le Monde.frEnvoyés spéciaux pour “Le Monde” en Birmanie, le journaliste Bruno Philip et le photographe Thierry Falise ont partagé pendant quelques jours le quotidien de la plus vieille guérilla du monde.

Crédit photo : camp de réfugiés Karen, Mikhail Esteves/Wikipédia sous licence CC

“Les disparus de Shangri-La” : le roman vrai d’un récit de survie en Nouvelle-Guinée

“Les disparus de Shangri-La” : le roman vrai d’un récit de survie en Nouvelle-Guinée

15/07/2012 – 10h00
HOLLANDIA (NOVOpress)
Les disparus de Shangri-La de Mitchell Zuckoff a tous les ingrédients d’un bon roman d’été pluvieux : une tragédie dans une jungle humide, étouffante et hostile, l’héroïsme de gens ordinaires confrontés à une situation extraordinaire… Pourtant, cet ouvrage qui vient d’être traduit en français chez Flammarion, n’est pas un roman, mais une histoire vraie. Le destin de 24 passagers d’un avion américain qui s’écrase dans une vallée inconnue de Nouvelle-Guinée (île de l’Océanie) le 13 mai 1945, alors que les Etats-Unis sont encore en guerre contre le Japon impérial.

Aucune liberté n’a été prise avec les faits, les dialogues, les personnages ou la chronologie. Le récit de ce formidable combat pour la survie s’appuie sur des entretiens avec les témoins de la tragédie, lettres des protagonistes, journaux de bord, documents militaires déclassifiés, articles de presse… Le talent de Mitchell Zuckoff est d’avoir synthétisé cette masse d’informations pour aboutir à un récit haletant. Très appréciable : pour chaque lieu ou personnage cité, une photo d’époque accompagne le texte. Idéal pour renforcer l’immersion du lecteur.

A lire d’une traite.

Méridien Zéro reçoit Robert Ménard et la rédaction d’“Eléments” ce dimanche 15 juillet à 23 heures

Méridien Zéro reçoit Robert Ménard et la rédaction d'“Eléments” ce dimanche 15 juillet à 23 heures

15/07/2012 — 08h00
PARIS (NOVOpress) —
Pour l’émission n°105 : “DIABOLISATION, NOUVELLE INQUISITION, PENSEE UNIQUE …”, l’équipe de Méridien Zéro convie à écouter un invité de marque en la personne de Robert Ménard.

Emission dirigée par monsieur PGL, accompagné de Jean-Louis Roumegace, Georges Feltin-Tracol et Lord Tesla à la technique. Méridien Zéro reçoit Robert Ménard, journaliste (I-télé, Sud Radio), fondateur de Reporters sans frontières, directeur de la rédaction de la revue Médias, ainsi que Pascal Esseyric et Patrick Péhèle pour la sortie du N° 144 d’Eléments.

[box class=”info”] A écouter sur les sites :

http://meridienzero.hautetfort.com/
– ou http://www.radiobandieranera.org/
– ou http://europaradio.hautetfort.com/ [/box]

Emission 105 avec ROBERT MENARD

« Homo comicus ou l’intégrisme de la rigolade » de François L’Yvonnet

« Homo comicus ou l'intégrisme de la rigolade » de François L'Yvonnet

Pourri ou non, l’été a l’immense avantage de débarrasser les matinales de France Inter de la smala de comiques qui, intervenant entre un édito et une interview, polluent et rabaissent un débat politique déjà peu relevé. Et cela, semble-t-il, à la grande jubilation des journalistes qui ponctuent chaque vanne de rires complaisants, surtout, évidemment, quand elle vise la droite nationale. Ce qui est souvent le cas.

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Depuis saint Coluche, les comiques autorebaptisés humoristes, voire satiristes et moralistes alors même que la plupart d’entre eux se vautrent dans la scatologie, sont les nouveaux oracles, les nouveaux maîtres à penser, célébrés, fêtés… et payés en tant que tels.

Un ramassis d’animalcules gondolants

« Homo comicus ou l'intégrisme de la rigolade » de François L'YvonnetAussi le court pamphlet, Homo comicus ou l’intégrisme de la rigolade, du professeur François L’Yvonnet, est-il fort bien venu. Très proche de Jean Baudrillard, ce philosophe et éditeur qui dirige la collection « Via Latina » chez Albin Michel et codirige la série « Philosophie » des Carnets de L’Herne, ne partage probablement pas la ligne de Polémia. On appréciera néanmoins sa charge souvent très drôle contre « la République du rire » qui nous est imposée par ceux qui s’estiment, ô combien abusivement, « les héritiers de Voltaire et de Zola, les derniers surgeons d’une lignée d’impertinence », « l’actuelle incarnation » de la « sacro-sainte liberté d’expression ».

Or, souligne à juste titre François L’Yvonnet, « le Voltaire d’aujourd’hui est chroniqueur salarié d’une grande radio publique ou privée. Il fait l’âne sur les planches d’un théâtre plus souvent privé que public. Il pavane dans la subvention. » En effet, vivant aux antipodes d’un Léon Bloy dont « l’esprit caustique se payait d’inconfort, de marginalité, voire d’exclusion », « l’animalcule gondolant » qui occupe les ondes « fait son trou dans le conformisme et l’assurance tous risques ». « On épargne les vrais puissants » pour « caresser dans le sens du poil les valeurs consensuelles ». Ainsi les Stéphane Guillon, Didier Porte, Alevêque, Bigard, Baffie, Aram, Youn, Debbouze et tutti quanti sont-ils unanimement « anti-racistes, anti-fascistes, anti-antisémites, anti-méchants. Ils célèbrent le Bien et luttent contre le Mal. Ils épargnent en surface pour mieux acquiescer à la doxa. »

Certes, on pourra accuser le professeur d’adhérer lui-même à cette doxa. Pourquoi se croit-il ainsi obligé d’égratigner (assez légèrement, il est vrai puisqu’il lui reproche surtout de s’être acoquiné avec de « vieilles ganaches d’extrême droite ») Dieudonné qui, lui, s’attaquant justement aux puissants, a accepté de passer du statut d’ultramédiatisé adulé à celui de pariatisé, au point qu’il est désormais interdit de spectacles non seulement en France mais aussi chez nos voisins ? Pourquoi ne rappelle-t-il pas à propos de la Maghrébine Sophia Aram, l’une des vaches sacrées « moralistes » de France Inter, que sa mère Khadija, ancienne adjointe socialiste au maire de Trappes (Yvelines), fut condamnée le 26 avril 2011 par le Tribunal de grande instance de Versailles à deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis pour trafic d’influence et abus de confiance ?

Une civilisation en déclin

N’importe, il sera beaucoup pardonné à François L’Yvonnet pour avoir dénoncé dans l’ « intégrisme de la rigolade » un aspect délétère de la « société du spectacle » que nous subissons et une consternante régression de ce que l’on appela pendant des siècles l’ « esprit français ». Disparus l’ironie, puis l’humour, sous une chape de vulgarité, voire d’obscénité, satisfaite, ne restent que les basses attaques ad personam et des esclaffements mécaniques d’ailleurs déclenchés par des rires pré-enregistrés. Succédant à l’Homo festivus (*) si cruellement brocardé par le regretté Philippe Muray, l’Homo comicus est, comme ceux qui le promeuvent pour mieux nous décérébrer, un acteur essentiel du déclin de notre civilisation.

Claude Lorne

– François L’Yvonnet, L’Homo comicus ou l’intégrisme de la rigolade, Fayard/Mille et une Nuits, 2012, 80 pages, 9 €.

Note :

(*) Philippe Muray, Festivus Festivus : Conversations avec Elisabeth Lévy, Fayard, coll. Litt. Gene., 2005, 485 pages.

[box class=”info”] Source : Polémia –  12/07/2012 [/box]

Audrey Pulvar à la direction des “Inrockuptibles” : révélateur des rapports incestueux presse/pouvoir politique

Audrey Pulvar à la direction des “Inrockuptibles” : révélateur des rapports incestueux presse/pouvoir politique

14/07/2012 — 16h30
PARIS (NOVOpress) — Pierre Salviac aurait-il eu raison au-delà du cas particulier de Valérie Trierweller ? Telle est la question que l’on peut se poser suite à la nomination d’Audrey Pulvar (photo ci-dessus)à la direction des Inrockuptibles, journaliste certes, mais surtout compagne d’Arnaud Montebourg… actuel ministre du Redressement productif. Evincée de France-Inter et de France 2, suite au fait qu’elle est en couple avec Arnaud Montebourg, Audrey Pulvar a ainsi pu se recaser au sein d’un titre prestigieux de la gauche bobo. Ayant abandonné leur côté journal musical, les Inrocks sont devenus un mélange de Télérama et de Nouvel Obs pour trentenaires.

Magazine aux opinions de gauche clairement tranchées, les Inrocks sont depuis 2009 la propriété de Matthieu Pigasse, banquier d’affaires et vice-président Europe de la Banque Lazard, également actionnaire du Monde. Une énième preuve de l’alliance culturelle entre la gauche bobo et le monde des affaires.

Sans juger du talent et de la compétence journalistique d’Audrey Pulvar, sa nomination comme directrice générale, chargée de l’éditorial, ne peut que raviver les polémiques sur les rapports « incestueux » entre pouvoir politique et presse (polémique qui n’est pas du goût de Télérama). D’autant que ce mouvement à la direction des Inrocks montre un mouvement dans le sens inverse. En effet, Les deux nouveaux directeurs généraux [en plus d’Audrey Pulvar, Arnaud Aubron, ancien rédacteur en chef adjoint et cofondateur de Rue89 et de Libération, est nommé directeur général en charge du développement de la marque sur les nouveaux supports et hors-médias] succèdent à David Kessler, qui a quitté l’hebdomadaire il y un mois, pour rejoindre le cabinet du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

La présidence normale de François Hollande a l’air de respecter les bonnes vieilles traditions quant au fait que presse de gauche et pouvoir politique de gauche font à ce point si bon ménage.

Mais au-delà du cas particulier Montebourg/Pulvar/Inrocks, cette nomination montre qu’une seule presse d’opinion est admise en France, celle de gauche, qui fonctionne comme une caste, une oligarchie. Il serait temps qu’à côté de cette presse d’opinion de gauche, qui doit exister, la presse d’opinion identitaire ou patriote puisse sortir de son ghetto. Mais ça c’est une autre histoire…

Crédit photo : Lionel Allorge/Wikipédia sous licence CC.

“Gay Pride” à Budapest : un évènement qui ne fait pas l’unanimité, sur fond d’ingérence américaine

“Gay Pride” à Budapest : un effet opposé à celui attendu ?

14/07/2012 — 14h00
BUDAPEST (NOVOpress) — Point d’orgue d’une semaine de « jeux olympiques gays », où quelque 3.000 personnes ont défilé sous le soleil brûlant de l’été hongrois, la gay pride de Budapest qui s’est tenue le weekend dernier a, cette année encore, fait du bruit. De quoi ravir les activistes des associations LGBT subventionnées, pas à une provocation près.

Budapest coupée en deux

Budapest coupée en deuxUne des trois lignes de métro fermée, 16 lignes de bus et trams déviées, voire arrêtées, et plusieurs kilomètres de barrières antimanifestation. Voilà la première conséquence de ce défilé, coupant ainsi littéralement la ville en deux sur plusieurs kilomètres. Le dispositif de sécurité du cortège, imposant aux citadins des détours de plusieurs kilomètres à pied sous des températures élevées, ou pour certains, interdits de rentrer chez eux – ou d’en sortir –, et l’obligation de patienter pendant trois heures, n’a pas contribué à rendre l’évènement « sympathique et festif ».

Inutile de compter sur la compréhension ou la capacité d’information de la police. Habitants, passants, badauds, touristes, commerçants… les seuls à bénéficier de l’aide des policiers furent ceux qui « sont manifestement sympathisants de la Gay Pride ».

Réactions hostiles

Nous ne sommes pas en France, et le politiquement correct n’a pas vraiment pied ici : l’on ne pouvait qu’entendre les gens se plaindre de voir leur samedi après-midi gâché par la fête exclusive de quelques-uns. Rendez-vous, promenades, shopping et visites annulés, commerces fermés dans les quartiers les plus touristiques de la ville, un samedi de juillet… La seule réussite de ce défilé semble être d’avoir provoqué l’ire de la population.

Un cortège sous influence américaine

Eleni Tsakopoulos Kounalakis
Eleni Tsakopoulos Kounalakis, ambassadrice des États-Unis en Hongrie © State Department

Bien entendu, la Hongrie n’est pas le dernier des pays en matière de résistance contre la mondialisation et son lot de mascarades et autres éléments culturels importés. En avril, le parlement hongrois voulut interdire la Gay Pride : au final, devant des pressions venant bien plus de l’étranger que de l’intérieur, pour changer, le gouvernement FIDESZ d’Orbán a cédé. Et pas qu’à moitié. Pour assurer la sécurité de la Gay Pride – où a défilé l’ambassadrice des États-Unis d’Amérique, Eleni Tsakopoulos Kounalakis [ingérence étrangère qui n’est pas sans rappeler l’action de l’ambassadeur des États-Unis en France, Sir Charles Rivkin, qui mène une stratégie d’influence envers les “minorités visibles” dans les banlieues ethniques. Vu d’Amérique, gays hongrois / immigrés en France, même combat ?] –, un important dispositif policier, notamment, a été déployé. Selon les organisateurs, pour environ 3.000 manifestants à la gay pride, 2.000 « droïdes » (policiers en tenue anti-émeute), comme les appellent ici les hongrois, ont assuré, avec zèle, l’intégrité du parcours.

Ambassador Kounalakis Participates in Budapest Pride March
L’ambassadrice des États-Unis d’Amérique lors de la Gay Pride (Embassy photo by Bernadett Szabó)

Policiers auxquels s’est ajouté un service d’ordre privé, tsigane, qui avait carte blanche : des journalistes indépendants ont été expulsés et malmenés, l’un d’entre eux ayant même été frappé. Là-dessus, la police a fermé les yeux. Quant aux plus observateurs, ils auront remarqué la présence, aux alentours des barrières de sécurité, de personnels de sécurité privée, armés de pistolets. Nul hasard à leur présence : les officiers de police les placent et leur donnent les ordres.

Incidents et violences policières

Lorsque apparurent une petite dizaine de militants nationalistes hongrois, scandant des slogans hostiles à l’intention de la Gay Pride défilant environ 150 mètres derrière les barrières, il n’a fallu que quelques instants pour répliquer aux 120 « droïdes » équipés de boucliers et bombes lacrymos, accompagnés de 4 policiers à cheval, deux cars d’intervention…

Au final, les contre-manifestants de tous bords se sont réunis devant le Parlement, où la Gay Pride devait se terminer, et ont empêché son arrivée comme prévu. Trois cents hommes de la garde hongroise, des identitaires du Jobbik, et d’autres mouvements patriotes ou non se sont serrés les coudes contre les nouvellement baptisés « gardes des gays », qui dans leurs armures, sous leurs casques, et avec leurs matraques, tazers et chiens, n’attaquaient jamais qu’à au moins dix contre un.

A noter qu’aucun participant à la Gay Pride n’a été attaqué ou blessé, tandis que près de 150 interpellations ont eu lieu parmi les manifestants patriotes et un homme hospitalisé pour passage à tabac.

“Gay Pride” à Budapest : un effet opposé à celui attendu ?Selon les premières estimations, le dispositif de sécurité de la Gay Pride hongroise aura coûté plusieurs dizaines de millions de forints hongrois (10.000.000 HUF = 35.000 €). Cela ne prend bien entendu pas en compte les pertes imposées aux commerçants, ou bien la gêne occasionnée à des dizaines de milliers d’habitants.

Dans un pays où le SMIC, à 280 €, permet difficilement de vivre dans la dignité, où la crise gèle les hausses de salaires depuis 2006, où la pauvreté ne cesse de gagner du terrain touchant petit à petit les cadres et les fonctionnaires, une telle dépense est tout simplement considérée comme une injure et une provocation envers le peuple hongrois.

Crédit photo : szentkoronaradio.com

Vidéo

Tonnerres de Brest 2012 : la grande fête européenne de la mer

Tonnerres de Brest 2012 : la grande fête européenne de la mer

14/07/2012 – 12h00
BREST (NOVOpress Breizh) –
Tous les quatre ans depuis deux décennies, Brest est le cadre d’une fête navale traditionnelle hors normes. L’édition 2012, désormais baptisée « Tonnerres de Brest », s’annonce comme l’une des plus importantes du genre dans le monde.

Les grandes fêtes populaires bretonnes ne détestent pas la pluie. Comme le Festival Interceltique 2011, les Tonnerres de Brest 2012 sont copieusement arrosés. Ce qui ne devrait pas dissuader des centaines de milliers de participants de converger vers les quais du port jusqu’au 19 juillet. D’autant plus que la manifestation fête ses années ses 20 ans : c’est en 1992 que Le Chasse-Marée (dont on ne soulignera jamais assez le rôle qu’il a joué dans le réveil de la culture maritime en Bretagne) a pour la première fois organisé à Brest un rassemblement de bateaux traditionnels.

Les Tonnerres de Brest 2012 entendent respecter les principes de ses fondateurs : c’est avant tout une fête de marins ouverte aux terriens. Brest veut s’imposer comme la capitale européenne de la mer et des activités nautiques ; le succès médiatique et populaire de cette manifestation hors pair y contribue assurément. Deux mille bateaux de tous types – goélettes, cotres, lougres, etc. – seront présents. Ainsi que le président de la République, apparemment séduit par sa récente croisière à bord du SNLE Le Terrible.

Tonnerres de Brest 2012 : la grande fête européenne de la mer
Cliquer sur la photo pour l’agrandir

La Hollande, l’autre pays du canotage, sera là en force, mais les nations invitées sont cette année au nombre de cinq : Mexique, Russie, Norvège, Maroc, Indonésie. L’immense Russie est spécialement bien représentés avec les quatre-mâts barques Sedov et Kruzenshtern (photo), plus grands voiliers du monde, un destroyer et le formidable brise-glace Sankt Peterburg.

Tous les renseignements sur Les Tonnerres de Brest 2012 sont disponibles sur le site web très complet mis en place par l’organisation.

Crédit photo : Żeglarz, domaine public.

[Tribune libre] La fête islamique de Casapound : retour sur une polémique italienne

[Tribune libre] La fête islamique de Casapound : retour sur une polémique italienne

14/07/2012 — 10h00
ROME (NOVOpress) — Tempête dans un verre d’eau ? Oui, en un sens, mais qui n’en soulève pas moins des questions fondamentales, y compris pour ceux, de notre côté des Alpes, qui suivent avec intérêt, et souvent avec admiration, le travail de nos camarades italiens de CasaPound.

Le 1er juillet, sur plusieurs forums politiques, est postée une série de photographies prises dans un camp pour les sinistrés des tremblements de terre en Émilie. On y voit des volontaires de « La Salamandre », le groupe de protection civile de CasaPound, vêtus des tee-shirts du mouvement, en train de coller une affiche « 21h30, Fête islamique » (le reste du programme est en arabe), puis prenant la pose en enlaçant des enfants sinistrés, tous maghrébins, dont certains arborent eux aussi des tee-shirts CasaPound. La polémique, provocateurs aidant, s’enflamme immédiatement. Tous ceux qui, soit par conviction soit par jalousie, reprochent à CasaPound de ne pas être assez « pure et dure », sautent sur l’occasion. D’un côté comme de l’autre, l’invective tient le plus souvent lieu d’argument. Tant sur Vivamafarka (le forum lié à CasaPound), que dans la section « Droite radicale » de Politica in Rete, les modérateurs doivent intervenir et clore le fil de discussion au bout de quelques heures.

CasaPound ne réagit pas officiellement mais un de ses responsables publie sur Vivamafarka une longue mise au point, où l’on lit notamment : « La municipalité de Bondeno, un des rares cas de municipalité de la Ligue du Nord en Émilie, nous a confié deux camps: Pilastri et Scortichino. À Pilastri, les personnes prises en charge sont toutes de nationalité italienne et de religion en majorité catholique. À Scortichino, presque toutes sont d’origine nord-africaine et de religion musulmane. À Scortichino, les habitants du camp ont voulu célébrer une “Fête islamique”. En notre qualité d’administrateurs du camp, nous les avons aidés à l’organiser. Ce n’est pas CasaPound qui a décidé jusqu’à présent les politiques de l’immigration en Italie. […] Aux communautés musulmanes qui résident sur notre territoire, on ne peut interdire de prier, moins encore annuler leur identité pour les transformer en “Italiens”. Cela va contre le bon sens et aussi contre notre vision du monde, qui est et sera toujours FASCISTE. Celui à qui sa propre identité est bien claire n’a PEUR de se confronter avec personne, parce qu’il ne craint aucune fascination. […] L’identité de notre peuple est mise en péril par un système médiatico-culturel oppresseur infiniment plus que par le voisinage de communautés musulmanes ou étrangères. Celui qui regarde la télévision généraliste l’après-midi trahit son propre peuple infiniment plus que celui qui mange un soir un plat de riz à la cantonaise. »

Metapolis (pseudonyme qui est, de notoriété publique, celui d’un des principaux penseurs de la droite radicale italienne, inspirateur intellectuel de CasaPound) avait d’emblée porté un jugement sévère sur l’initiative des militants concernés et sur ceux qui par, solidarité d’organisation, cherchaient à toute force à les défendre. Il vient d’y revenir, toujours sur le forum Vivamafarka, où il a lancé, au-delà de cet épisode particulier, une mise en garde acérée contre les « tentations crypto-mondialistes ». « Que l’on ne se rende pas compte, dans la vie et dans les exemples de tous les jours, des messages mondialistes que l’on véhicule est un fait inquiétant ». Metapolis, qui connaît très bien la France, définit le mondialisme comme « le fait de faire banlieue » (en français dans le texte). « C’est pourquoi ce genre de fête islamique et surtout les poses sur les photos sont du mondialisme ». « Il est absolument inacceptable que des gens qui ont un destin à accomplir se prennent en photo avec des tee-shirts donnés en cadeau et des sourires, devant des tableaux écrits en arabe, pour démontrer qu’ils sont de bons jeunes gens. Car c’est de cela qu’il s’agit. Les regards satisfaits veulent dire : Voyez comme nous sommes bons et gentils, et comme vous avez tort de nous considérer comme racistes ».

À l’objection qu’il ne faut pas tomber dans la xénophobie primaire à la Ligue du Nord – vrai repoussoir pour beaucoup de jeunes de CasaPound, et non sans raison, puisque la rhétorique anti-immigrée de la Ligue a accompagné et couvert, dans les faits, une très large capitulation devant l’invasion –, Metapolis répond : « L’immigré ne doit pas être criminalisé et l’immigration doit être renversée par des interventions politiques coordonnées ? Certes, mais on ne doit pas lancer des messages qui signifient que l’immigration convient, parce qu’elle serait irréversible ou pour d’autres raisons. On le peut d’autant moins lorsqu’est sur le point d’être déchaînée en Italie [sous la houlette de Monti] une offensive génocidaire sur les modèles français et belge ».

« J’ai toujours plus l’impression, ajoute Metapolis, que beaucoup ici (et je ne parle pas de CasaPound en soi mais d’ici) jouent un jeu de société et ne se rendent pas compte que nous sommes en guerre ».

Et finalement, lui qui a vigoureusement dénoncé dans ses livres le « suprématisme blanc » de matrice anglo-saxonne, il ne craint pas d’écrire : « Mais si, en se battant contre ces déformations, on en arrive à justifier le droit du sol, ou la naturalisation des divers Balotelli, ou les “fêtes islamiques” mondalistes empreintes du narcissisme plein de bons sentiments de gentils jeunes gens, ou si l’on en arrive à invoquer, non pas un dépassement (ce qui inclut une reconnaissance élémentaire) du facteur biologique, mais son inexistence, voire à culpabiliser ceux qui le revendiquent, alors il vaut mieux le Ku Klux Klan ».

Ces avertissements ne valent-ils que pour l’Italie ? Sommes-nous indemnes, en France même, de pareilles dérives ? Ne courons-nous pas nous aussi le risque de glisser de « 0% racisme, 100% identité » – qui est un excellent slogan – à « 100% antiracisme » ? Et, sous couleur de concentrer la lutte contre le système ou l’Empire comme l’ennemi principal, d’accepter la mondialisation de notre propre pays – sa transformation tout entier en banlieue ?

Flavien Blanchon

Nouvelle chaîne télé en Egypte : le voile intégral imposé à l’antenne

Nouvelle chaîne télé en Egypte : le voile intégral imposé à l’antenne

14/06/2012 – 08h00
LE CAIRE (NOVOpress) –
Le nouveau visage du Printemps arabe en Egypte sera difficile à cerner : la première chaîne satellitaire égyptienne sera animée uniquement par des femmes portant le voile intégral, d’après le Figaro. A partir du 20 juillet, la chaîne Mariya, du nom de l’une des épouses du prophète Mahomet, une esclave égyptienne copte offerte par le roi d’Égypte, diffusera ses programmes six heures par jour via Umma Islamic Channel.

Les présentatrices ne seront pas les seules à se couvrir intégralement : toute l’équipe devra se plier à cette règle vestimentaire musulmane. Même les personnes interviewées devront porter le voile intégral. Soit la personne acceptera de mettre le niqab devant les caméras, soit son visage sera flouté. L’une des premières émissions s’intitulera Mémoires d’une femme. Elle traitera de l’infidélité féminine. On ignore encore si le programme diffusera des scènes de lapidation de femmes adultères…

Crédit photo : Emitron_68/Flickr sous licence CC.

Lyon : Le préfet Jean-François Carenco pour la “préférence nationale” ?

Lyon : Le préfet Jean-François Carenco pour la “préférence nationale” ?

13/06/2012 – 18h30
LYON (NOVOpress Lyon) –
Dans un entretien au journal gratuit 20 Minutes, le maire PS du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert, parle de son entrevue avec le préfet de région Jean-François Carenco pour évoquer le sort des Roms expulsés de Perrache :
 ”J’ai été estomaquée de l’entendre nous expliquer que le droit au logement s’applique d’abord aux citoyens français”

Aggravant son cas :
“Le préfet nous a répondu qu’il n’avait plus de budget pour l’hébergement, mais seulement pour l’aide au retour. Il ne logera ces familles que s’il perd un recours.”

De la poudre aux yeux ?

Crédit photo : DR.

Électrification du Finistère : les indemnités des élus du SDEF manquent de lumière

Électrification du Finistère : les indemnités des élus du SDEF manquent de lumière

13/07/2012 – 17h30
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – Chargé de veiller à l’électrification d’une grande partie du Finistère, le SDEF dispose d’un budget important. Les élus qui le dirigent ne s’oublient pas.

La Chambre régionale des comptes de Bretagne a contrôlé l’an dernier le Syndicat départemental d’énergie et d’équipement du Finistère (SDEF), responsable des travaux d’électrification pour la plus grande partie du département, qui dessert 429.000 clients. Son rapport vient d’être publié. Il recense différentes fantaisies.

La plus classique concerne bien sûr les élus. Le SDEF est dirigé par un comité syndical formé de soixante-neuf délégués représentant les communes et intercommunalités membres du SDEF. Le travail n’est pas trop écrasant : le comité ne s’est réuni que deux fois en 2010, alors que la loi exige au moins une réunion par trimestre. Le président du comité, Antoine Corolleur, maire de Plourin, est d’ailleurs très capable de se débrouiller sans réunir ses collègues : en 2010, il a fait contracter au SDEF 6,5 millions d’euros d’emprunts alors que le comité lui avait fixé une limite de 2 millions d’euros. (La même année, on s’en souvient, sans avoir demandé l’avis du comité, il avait publié un communiqué affirmant que le SDEF était favorable à l’implantation d’une centrale à gaz à Guipavas.)

Ces fonctions sont bien entendu assorties d’indemnités de fonction pour le président et ses sept vice-présidents (à ce jour, MM. André Prigent, Hervé Herry, Joseph Quinquis, Yves Cossec, Jean Jezequel, René Souben, Marcel Merour). Celles-ci ont augmenté bien plus vite que l’inflation :

2004

2007

2008

Président

+ 17,82 %

+ 28,06 %

+ 37,41

Vice-présidents

+ 7,13 %

+ 14,03 %

+ 18,70

L’augmentation de 2008 a porté les indemnités de fonction au maximum fixé par la loi. Un maximum auquel le SDEF n’avait pourtant pas encore droit à cette date (« le SDEF a anticipé sa prise de compétence pour l’ensemble des travaux d’électrification sur le département », écrit la Chambre des comptes). Deuxième accroc à la loi, le SDEF a omis de publier un tableau récapitulant l’ensemble des indemnités allouées à ses membres. Ce document exigé par le code général des collectivités territoriales sert à vérifier que les indemnités des élus ne dépassent pas le total autorisé, soit 1,5 fois le montant de l’indemnité parlementaire. De là à penser que le SDEF pourrait avoir quelque chose à cacher…

Le mariage gay expliqué à vos enfants

Le mariage gay expliqué à vos enfants

«Mon quotidien » est un journal d’actualité pour les 10- 14 ans qui, depuis le rétablissement de la lumière à l’Elysée, se pique de donner son avis sur les « questions sociétales », comme on dit chez les grands. Edité depuis 1995 par le groupe Play Bac Presse – qui publie, dans la même veine, « Le Petit Quotidien » (pour les 6-10 ans) et « L’Actu » (à partir de 14 ans), déclinant ainsi dans toutes les tranches d’âge le concept de quotidien d’information pour enfants – le petit canard remporte un vrai succès d’audience. De nombreuses écoles, publiques ou privées, y sont abonnées. En classe de CM1 et CM2, « Mon quotidien » a même bien souvent statut d’outil pédagogique sur lequel s’appuient chaque matin les institutrices.

Sur la dernière page, on y trouve toujours la réponse simple mais détaillée à une question que se posent les écoliers, symboliquement représentés par l’un d’entre eux, sacré « rédacteur en chef du jour » (photo poupine dans un petit encadré).

Ces interrogations sont habituellement assez enfantines: « Pourquoi les lettres du clavier de l’ordinateur ne sont-elles pas dans l’ordre alphabétique? », « Quel était le plus grand des dinosaures? », « Comment font les imitateurs pour changer de voix? ».

Mais récemment, on est un peu sorti du registre Flipper le dauphin ou le nouvel I-phone. La question – essentielle, on en conviendra pour les 10-14 ans – était en effet: « Les homosexuels peuvent-ils se marier en France? ». Pour répondre à cette question cruciale, « Mon quotidien » a choisi de donner la parole à Caroline Mécary, sobrement présentée comme une avocate ayant « défendu des homosexuels qui voulaient se marier ». Une notice un peu succincte pour cette marraine de la Marche des fiertés, conseillère régionale écolo d’Ile-de- France que d’aucuns surnomment « la Gisèle Halimi des homos ». Il est vrai que c’est une cause qui lui tient particulièrement à cœur, puis qu’elle a confié récemment au quotidien « Libération » être elle- même pacsée avec une certaine « Fleur ».

Mécary, un interlocuteur neutre et parfaitement objectif

SOS-homophobie lui a du reste décerné le 13 novembre 2010, à Madrid, le « Tolerantia Preis », prix européen de la tolérance qui distingue chaque année une personnalité s’illustrant « dans la défense des droits lesbiens, gay, bi et transexuels ». Une récompense bien méritée eu égard aux combats menés par cette adepte du gazon maudit en faveur de l’autorisation pour les homosexuels de se marier, d’adopter et même de donner leur sang.

Le mariage gay expliqué à vos enfantsCaroline Mécary était donc vraiment l’interlocuteur neutre et parfaitement objectif pour répondre à la question posée par « Mon quotidien » via sa rédactrice en chef d’un jour, la petite Léonie, 9 ans et demi, élève de CM2. Laquelle devait se sentir, comme on s’en doute, vachement « concernée » par les problèmes de lesbiennes et de travelos en goguette.

Pour illustrer son propos, « Mon quotidien » a choisi une jolie photo: l’échange des alliances d’un couple d’homosexuels américains souriants et endimanchés, spécialement venus au Canada pour se marier. Un trajet que les amis de la jaquette pourraient bien finir par s’épargner puisque, comme le précise « Mon quotidien » en guise de préambule, « le Président des Etats- Unis vient de dire qu’il était pour l’autorisation du mariage entre deux personnes du même sexe ». Et Caroline Mécary de conclure l’entretien en précisant que le nouveau président François Hollande veut lui aussi autoriser le mariage homosexuel. Alors n’est-ce pas, si tous les gens bien sont d’accord… Papa et maman ont intérêt à numéroter leurs abattis s’il leur prenait l’idée saugrenue de ne pas être assez ouverts. D’esprit, s’entend.

Gabrielle Cluzel

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 11 juillet 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Le mariage gay expliqué à vos enfants

L’Union européenne encourage la politique pro immigration de François Hollande

L’Union européenne encourage la politique pro immigration de François Hollande


13/06/2012 – 12h30
BRUXELLES (NOVOpress) – L’Union européenne (UE) salue les efforts du pouvoir socialiste en France afin de favoriser une immigration débridée. Ainsi, Bruxelles vient de souligner un « changement d’attitude sur des dossiers tels que la politique d’asile et Schengen, sur lesquels le ministre Valls a montré plus d’ouverture et de flexibilité », a déclaré Michele Cercone, porte-parole de la commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström.

L’Union européenne encourage la politique pro immigration de François HollandeLa commissaire européenne aux Affaires intérieures de l’UE a d’ailleurs estimé que « l’immigration sera nécessaire pour l’Europe ». Pour Ivan Rioufol, cette prise de position « exprime parfaitement l’aveuglement des élites face au multiculturalisme. Celui-ci est pourtant en train de bouleverser les équilibres identitaires et d’attiser les tensions au cœur de la plupart des nations ouvertes ». Le journaliste regrette que « l’Europe est vue par elle comme un immense hôtel, un hall d’aéroport où chacun aurait sa place en fonction de sa seule utilité technique, économique, reproductrice. C’est un monde plat, indifférencié et inhumain que défend, avec sa règle à calcul, ses statistiques et ses certitudes, Madame la commissaire ».

Crédit photo : Cicilie Fagerlid+, via Flickr, licence CC.

[Tribune libre] L’identité dépend-elle de la souveraineté ? par Dominique Venner

[Tribune libre] L’identité dépend-elle de la souveraineté ? par Dominique Venner


[box class =”info”]Source : le site de Dominique Venner[/box]

Remarques liminaires : Je reproduis ici intégralement un article fondateur que j’avais publié dans Le Figaro du 1er février 1999 sous le titre : « La souveraineté n’est pas l’identité ». Cet article s’inscrivait dans le débat provoqué par le Traité d’Amsterdam et les discussions au sujet de la future Union européenne. Mon intention était de libérer les esprits à l’égard de l’histoire jacobine et « statocentrée » (ayant l’État pour explication), qui a toujours été enseignée en France sous l’influence d’un Etat centralisateur exceptionnellement puissant. Cette histoire exclusivement centrée sur l’Etat a pratiqué une sorte de négation du peuple français et de la nation charnelle que j’entendais réhabiliter. Cet article provoqua quelques vives polémiques dans les milieux les plus attachés à l’idée de souveraineté, favorisant une réflexion nouvelle sur l’identité nationale. Je le reproduis tel qu’il fut publié à l’époque.

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Un vent de panique souffle dans nos ultimes chaumières. La France survivra-t-elle à l’Euro, au traité d’Amsterdam, à la conjuration des eurocrates, à l’an 2000 ? Les abandons de souveraineté sont-ils des abandons d’identité ? Sur ces vraies questions, sur le défi de la construction européenne, les historiens sont restés étrangement silencieux. Pourtant, s’il est un domaine où l’histoire peut éclairer l’avenir, c’est bien celui de l’identité française au sein de l’Europe.

Contrairement à la nation allemande qui a vécu sans Etat unitaire pendant six siècles, de 1250 à 1871, la France n’a pas l’expérience d’une telle interruption. L’Etat unitaire s’y est maintenu sans discontinuer dans la même période. De là une relation causale inscrite dans nos esprits entre  souveraineté et identité. C’est même devenu une sorte de dogme, entretenu par l’enseignement jacobin de l’histoire, que la nation française serait une création de l’Etat et que, privée de ce dernier, elle serait en péril de mort et de dissolution.

Si cela était, une telle nation ne vaudrait pas cher. Mais c’est faux. Certes, personne ne contestera que l’Etat, royal ou républicain, a édifié le cadre politique et administratif de la nation. En revanche, il n’est pour rien dans la formation de sa substance. Il n’est pas le créateur du peuple français ni la source de son identité. Et cela, l’histoire le démontre. Mais cette vérité est si contraire à nos idées reçues, qu’il faut quelques développements.

Reportons-nous aux origines, au Serment de Strasbourg, publiquement prêté en février 842 par Charles le Chauve et Louis le Germanique, petits-fils de Charlemagne. Le texte faisant foi fut rédigé en roman (français ancien) et en tudesque. Il s’agit du plus ancien document connu attestant une séparation linguistique entre barons francs germanophones et francophones issus de la même souche. Le Serment de Strasbourg est en quelque sorte l’acte de naissance officiel des Français et des Allemands avant la France et l’Allemagne. En ce IXe siècle, sans qu’il n’y eut jamais d’Etat national, deux peuples et deux cultures différentes sont déjà attestés par l’émergence mystérieuse de deux langues distinctes.

Avançons dans le temps. Dès les XIe et XIIe siècle, les preuves abondent d’une spécificité française rayonnante. A l’époque, l’Etat centralisé est encore inexistant, la petite cour des petits rois de ce temps n’est pour rien dans la Chanson de Roland, ni dans Tristan et Iseult, ni dans le Lancelot de Chrestien de Troyes, monuments primordiaux d’une francité bien enracinée dans le socle européen. Le rôle de l’Etat est tout aussi absent dans l’affirmation du style roman et dans le foisonnement, aux siècles suivants, de l’admirable architecture profane des châteaux, des villes et des maisons rurales, négligée par l’historiographie savante jusqu’à André Chastel.

Qu’est-ce qu’un peuple, qu’est-ce qu’une idendité? Au XIIe siècle, l’illustre Suger, abbé de Saint-Denis et conseiller de Louis VII, répond à sa façon : “Nous sommes Français de France, nés d’un même ventre.” Cinq siècles plus tard, le grammairien Vaugelas, chargé en 1639 de diriger la rédaction du  Grand dictionnaire de l’Académie propose cette définition : “Peuple ne signifie pas plèbe, mais communauté représentée fidèlement par sa noblesse.”

Moins que l’Etat, le facteur déterminant de la naissance d’une nation, est l’existence d’un “peuple-noyau”, homogène, nombreux, actif, “représenté par sa noblesse”, à partir duquel se déploient une langue et un style qui, de proche en proche s’étendent aux peuples voisins et apparentés. Tel fut le destin historique du “peuple-noyau” d’île de France, Picardie et Neustrie, à forte composition franque. Les rois capétiens en firent le socle de leurs ambitions. Qu’est devenu, sous la sèche férule de l’Etat, ce “peuple-noyau”, peuple de Bouvines et de tant d’autres exploits, jadis si vigoureux ?

C’est à lui que nous devons notre langue et sa force intérieure longtemps inentamée. Emile Littré l’a souligné dans son Histoire de la langue française. Il y montrait quelle vitalité puissante et proprement originelle a permis le passage d’un bas-latin celtisé et germanisé au roman puis au français.

Avant que d’être ennoblie par la littérature, la langue a surgi du peuple. Montaigne le savait bien qui écrivait : “J’aimerais mieux que mon fils apprît aux tavernes à parler qu’aux écoles d’éloquence… Puissé-je ne me servir que des mots qui servent aux Halles de Paris!” Ronsard ne disait pas autre chose en assignant cette condition à l’adoption de mots nouveaux : “qu’ils soient moulés et façonnés sur un patron déjà reçu du peuple“. Un patron qu’Etiemble, au XXe siècle, appellera joliment le “gosier populaire“. Encore faut-il naturellement qu’il y ait un peuple, c’est à dire des communautés vivantes et enracinées, tout ce que l’Etat centraliste n’aime pas et a toujours combattu.

L’Etat a sa logique qui n’est pas celle de la nation vivante. Celle-ci n’a rien à craindre des abandons de souveraineté, pour cette bonne raison que la souveraineté ne se confond pas avec l’identité. S’il en fallait encore une preuve, l’histoire du Québec nous l’apporterait éloquemment. Depuis le traité de Paris en 1763, les Français du Canada ont été totalement abandonnés par l’Etat royal. Isolés dans un univers hostile et sous une souveraineté étrangère, non seulement ils n’ont pas disparu, mais ils se sont multipliés, conservant leur langue ancestrale et leurs usages, luttant victorieusement contre l’hégémonie linguistique anglo-saxonne*. Là est l’identité, dans la fidélité à soi-même et nulle part ailleurs.

Notes:
On pourrait ajouter qu’au XIVe siècle plusieurs grands fiefs souvent d’origine carolingienne et de langue française échappaient à l’État royal, mais pas à l’identité française : Grande Bourgogne, Guyenne, Flandre française, Lorraine des ducs, Franche-Comté et Savoie, sans compter la Bretagne indépendante.

Photo : Bataille de Bouvines, tableau d’Horace Vernet/Wikipédia sous licence CC.