Cours de Bernard Lugan : L’afrocentrisme, une imposture historique ?

Bernard Lugan

31/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Pour son quatrième cours vidéo, Bernard Lugan a choisi de s’intéresser à l’afrocentrisme, ce courant historique popularisé par Cheikh Anta Diop et qui fait de l’Afrique le berceau des civilisations.

Il répond notamment aux questions suivantes :
– L’Homme vient-il d’Afrique ?
– Les anciens Egyptiens étaient-ils Noirs ?
– Les Africains ont-ils découvert l’Amérique ?

Un cours d’utilité publique, particulièrement à propos en période de confinement.

Pour visionner le cours : https://lescours-bernardlugan.teachable.com/p/afrocentrisme-une-imposture-historique


Fermeture des frontières – François Lenglet donne 100% raison à Marine Le Pen sur le Coronavirus

31/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Sur LCI, le journaliste François Lenglet donne 100% raison à Marine Le Pen sur le Coronavirus.

Alors que la présidente du Rassemblement National réclamait d’urgence la fermeture des frontières, le gouvernement a tardé à agir car cela remettait en cause son idéologie mondialiste.

François Lenglet manifeste ainsi son agacement :

Pourquoi la frontière serait-elle bonne autour d’un foyer familial et mauvaise dans un pays ? Alors là, ça m’échappe…
Par définition, on nous dit que le virus se moque des frontières. Pardon, le virus, il ne traverse pas à pied. Il traverse sur des gens. Si vous bloquez les gens, le virus ne passe pas.


L’histoire n’en a pas fini avec nous, par Jean-David Cattin (Les Identitaires)

La crise sanitaire engendrée par le Coronavirus frappe une Europe qui pensait être sortie de l’histoire. Face à une situation grave, l’état d’impréparation de nos élites politiques saute aux yeux. Comme si le pire n’était plus possible. Comme si la vie des sociétés européennes n’était plus qu’un long fleuve tranquille.

Plus de stocks, que du flux tendu. Délocalisation, même pour les entreprises stratégiques. Insuffisance de moyens hospitaliers, policiers, militaires. Si gouverner c’est prévoir, nous pouvons considérer que nous ne sommes plus gouvernés. Aucune vision à long terme, que de la gestion comptable. Et à ce jeu-là, nos élites nationales n’ont rien à envier à celles de Bruxelles. Le problème n’est pas institutionnel mais bien idéologique.

Tout sauf le courage

L’idéologie dominante considère que tout est préférable à l’usage de la frontière, de la force ou de la contrainte même symbolique. Tout cela ressemble plus à de la lâcheté qu’à de la bienveillance. De quoi d’autre s’agit-il lorsque l’on refuse d’appliquer rigoureusement le confinement en banlieue ? Pour se persuader que ce n’est pas le courage qui manque pour se défendre, on prétend que les problèmes n’existent pas.

Rien ne doit troubler la société de consommation, rien ne doit remettre en cause l’individualisme ambiant. Tout semble préférable à un retour à un peu de hiérarchie et d’esprit de communauté. Le déni du début de la pandémie rappelle celui relatif à l’invasion migratoire.

La crise sanitaire fait suite à celle, migratoire, sans précédent qui s’est déroulée à la frontière gréco-turque. Un début de solidarité européenne s’y est fait jour. Des moyens policiers ont été envoyés sur la ligne de front. Pour que la Turquie cède, quelques escouades de gardes-frontières ont suffi. Comme quoi, avec un peu de courage et de volonté politique, on pourrait résoudre beaucoup de nos problèmes.

Face à la crise, l’Europe au pied du mur

Bien sûr, la peur du populisme a certainement plus motivé Berlin et Paris que l’invasion migratoire elle-même. Bien sûr, ce sont encore les pays d’Europe centrale qui ont fait l’essentiel du travail. Mais que de chemin parcouru depuis 2015 et l’irruption en Europe de plus d’un million de migrants !

Après des années d’insouciance volontaire, l’Europe comprend petit à petit que l’histoire n’en a pas fini avec elle. L’acceptation du constat n’appelle pas nécessairement les bonnes réponses. Au moins, il ne sera plus possible de se bercer d’illusions.

Jean-David Cattin

Texte repris du site de : Les Identitaires

[Vidéo] Saint-Denis : des policiers ont encore été la cible de tirs de mortiers d’individus ne respectant pas le confinement

Jean-Paul Gourévitch : « La propagation de l’épidémie en Afrique sera problématique pour l’Europe »

Jean-Paul Gourévitch, auteur du livre Le Grand Remplacement, réalité ou intox, revient sur l’influence du Covid-19 sur les flux migratoires, et en particulier sur les conséquences de l’épidémie en Afrique.
Un entretien paru sur Boulevard Voltaire.

Les flux migratoires sont-ils augmentés ou diminués ?

On peut distinguer deux cas. À court terme, la plupart des pays asiatiques, africains et même européens ont fermé leurs frontières. L’Union européenne a fermé ses frontières extérieures et certains pays ont fermé leurs frontières intérieures. Les avions n’étant plus au sol et les bateaux bloqués au port, les flux migratoires sont par conséquent automatiquement en baisse.
À moyen terme, lorsque la pandémie sera peut-être jugulée, les migrations risquent de reprendre avec d’autant plus de force qu’elles ont longtemps été contrecarrées. Je ne parle pas simplement des migrations familiales, politiques, médicales et étudiantes, mais aussi des migrations économiques et sociales. Ce n’est pas la situation sanitaire qui crée le désir de migrer ou de ne pas migrer, mais la détresse économique et le rêve sociétal. On peut s’attendre à ce que de nouvelles vagues migratoires arrivent vers l’Union européenne. Comme à son habitude, elle n’a rien anticipé…

La fermeture des frontières a-t-elle une influence sur cette baisse des vagues migratoires ?

La réponse est oui, pour l’instant. Actuellement, l’Afrique paraît moins atteinte que les autres continents. Au 24 mars 2020, sur 414.000 infections recensées, le pays d’Afrique le plus touché était l’Afrique du Sud, avec 550 cas. Après, il y a l’Égypte, le Maghreb, le Burkina Faso, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. C’est la même chose pour les décès. Ces chiffres sont transmis par le gouvernement. Dans des pays où l’état civil est défaillant, les chiffres ne sont pas fiables.
Je pense, notamment, à la Somalie. Le pouvoir essaie de masquer la vérité, par exemple au Mali. En République centrafricaine, la collecte des données est impossible. Comment peut-on croire que le Mali, ce pays en guerre, n’a pas de contaminés et de morts ?
La situation ne va pas s’améliorer. Les pays africains n’ont pas suffisamment de matériels équipés, de protection et de médecins formés pour les besoins. L’Organisation mondiale de la santé a déclaré qu’elle craignait que l’Afrique ne puisse pas affronter la pandémie.

L’explosion des cas en Afrique est-elle inquiétante, d’un point de vue gestionnaire de crise migratoire ?

Le mot explosion est peut-être un peu forcé. Néanmoins, la propagation de l’épidémie est arrivée plus tard en Afrique. Maintenant, elle est en train de rattraper son retard. Cela va poser un problème à l’Europe. S’il n’y a pas de dépistage et de contrôle à l’entrée des pays européens lorsque l’immigration irrégulière en provenance du continent africain va reprendre, les pays européens prennent le risque d’être confrontés à une nouvelle vague d’épidémie.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

« Français, vos papiers ! » Le flicage plutôt que le dépistage

Le ministre de l’Intérieur en avait sans doute rêvé : voilà les Français assignés à résidence pour une durée indéterminée. Et les rassemblements interdits. Finis les Gilets jaunes ! Oubliée la claque reçue par le parti présidentiel lors du premier tour des municipales ! Puisque de toute façon le second tour n’est pas pour demain.
Avec le coronavirus, on a enfin muselé ces Gaulois jamais contents. Ah, Dieu, que la pandémie est jolie !
Une tribune de Michel Geoffroy.

Les Français, coupables de l’épidémie

Faute de masques, de dispositifs de dépistage, de respirateurs, et compte tenu de la saturation de notre système hospitalier, le gouvernement ne pouvait que prendre la voie du confinement durable des Français.

Même si cela surprend les Chinois et suscite les critiques du corps médical. Mais le conseil scientifique, qui semble désormais diriger la France, en a, paraît-il, décidé ainsi. Dont acte.

Ah ! Ces cochons de Français rebelles au confinement, aux gestes barrière et à la distanciation sociale, on va les mâter !

Les médias et les ministres ne cessent de les diaboliser : bientôt la pandémie sera de leur faute. Pas celle de la mondialisation débridée, du sans-frontiérisme, de la réduction des emplois et des dépenses publiques au nom du pacte de stabilité européen et de la bureaucratie.

Non, c’est la faute aux Français qui ne se confinent jamais assez bien !

Curieusement, on nous parle moins de ce qui se passe dans les banlieues ou les quartiers de l’immigration, manifestement à des années-lumière du confinement national. Il ne faut pas les stigmatiser, comme dirait Sibeth Ndiaye. De même, on glisse sur les bobos qui ont quitté les villes pour se réfugier à la campagne, emportant nonchalamment le virus avec eux.

Non, ce qui importe, ce sont, encore et toujours, ces maudits Français souchiens.

Avec le coronavirus, on va plus loin

Hier, les « forces de l’ordre » tapaient sans état d’âme sur les Gilets jaunes et plaçaient les manifestants préventivement en garde à vue.

Mais, avec le coronavirus, on peut aller encore plus loin dans le flicage des Français.

La police, la gendarmerie et bientôt les polices municipales s’empressent de verbaliser ces Français qui mettent la vie d’autrui « en danger » en sortant bêtement leur chien ou en achetant leur baguette de pain.

Le gouvernement a déjà rétabli les Ausweis : pour sortir il faut désormais exhiber le bon papier lors des contrôles. Sinon, Achtung ! On menace les Français d’amendes alourdies, voire de prison, au moment où le ministre de la Justice souhaite relaxer 5 000 détenus en fin de peine pour… lutter contre l’épidémie dans les maisons d’arrêt. Comprenne qui pourra.

Peut-être demain rétablira-t-on les tickets de rationnement, comme au bon vieux temps, pour empêcher les autochtones de faire trop souvent leurs courses ? Le préfet de l’Aisne ne voulait-il pas interdire la vente d’alcool comme au temps de la prohibition ?

Certains maires mettent déjà en place un couvre-feu avec l’accord des préfets, donc de l’État (mais pas en Seine-Saint-Denis, ce ne serait pas approprié, nous dit-on). D’autres rêvent de géolocalisation qui permettrait de mieux pister les malades et surtout les Français récalcitrants.

Où va-t-on s’arrêter ?

L’état d’urgence était-il urgent ?

Emmanuel Macron a déjà fait entrer en 2017 les dispositions de l’état d’urgence contre le terrorisme dans le droit commun, ce qui signifie qu’il a réduit à due concurrence les libertés des Français. Mais cela ne suffisait pas, manifestement.

Nous voilà donc maintenant sous le régime de l’état d’urgence sanitaire, qui autorise de nouvelles restrictions aux libertés et au droit de propriété, pour une durée de deux mois. Au-delà il faudra une loi pour le proroger, mais, comme LREM a encore la majorité des suffrages à l’Assemblée nationale, cela ne constitue pas vraiment une garantie !

En outre, l’état d’urgence sanitaire concerne tous les Français sans restriction, alors que les mesures antiterroristes ne touchaient qu’un nombre limité de personnes.

Mais cette urgence était-elle nécessaire ? Pour fabriquer des masques ? Pour construire des hôpitaux ? Ou pour continuer de déconstruire le droit social ?

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La vraie raison du maintien de Sibeth Ndiaye au gouvernement, par Clément Martin (Les Identitaires)

Sibeth Ndiaye a été nommée porte-parole du gouvernement d’Edouard Philippe le 31 mars 2019. Omniprésente dans les médias, il ne se passe plus une journée sans qu’une de ses boulettes ne vienne saturer les réseaux sociaux. Une autre personnalité avec le même palmarès aurait été remerciée depuis longtemps. Pas elle. Pourquoi ?

Une trajectoire marquée à gauche

Née au Sénégal, cette jeune africaine possède la nationalité française depuis sa naturalisation en juin 2016. Engagée à l’UNEF, elle avait adhéré au Parti socialiste en réaction à l’accession de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle de 2002. Elle s’inscrivait dans le courant de la gauche libérale, incarnée à l’époque par Dominique Strauss-Kahn.

Durant la campagne présidentielle de 2017, elle rejoint Emmanuel Macron et devient responsable de ses relations presse. Puis, elle remplace Benjamin Griveaux, un « techno blanc », en tant que porte-parole du gouvernement.

Sa nomination est symbolique du Grand Remplacement

Son arrivée auprès d’Edouard Philippe révèle le vide de la Macronie. Après la crise des Gilets jaunes et l’effondrement de la popularité d’Emmanuel Macron, les candidats ne se bousculaient pas pour entrer au gouvernement. Le cafouillage autour de la succession de Gérard Collomb est encore dans toutes les mémoires. Mais Sibeth Ndiaye est une arriviste. Loin de fuir ce marigot, elle y a vu une opportunité à saisir.

Les raisons de son accession au gouvernement

Rien ne la destinait à cela. Son précédent poste « relations presse » était certes très politique, mais sans rapport avec les compétences nécessaires pour devenir porte-parole. Elle ne doit sa promotion qu’à sa servilité envers le Président de la République et surtout, à une forme de discrimination positive. Même si personne à LREM n’ose l’avouer…

La ficelle est tout de même assez grosse. Critiquer Sibeth Ndiaye, c’est s’exposer à être accusé de racisme en retour. Elle est la caution multiculturaliste et « inclusive ». Elle-même n’hésite pas à censurer les sujets tabous en usant de cet argument éculé.

Dès qu’il était devenu visible de tous que les banlieues ne respectaient pas le confinement, elle a aussitôt dégainé la rhétorique antiraciste pour faire taire toute réaction.

Comme de nombreuses vedettes issues de l’immigration, ce n’est pas grâce à son talent qu’elle occupe sa position. Elle ne doit ce statut et son maintien – malgré les polémiques à répétition – qu’à son origine ethnique. Mais ce « privilège diversité » ne suffit pas à masquer son incompétence flagrante. Pour le moment, sa couleur de peau continue de la protéger. Jusqu’à quand ?

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Pourquoi le coronavirus est-il moins mortel en Allemagne ?

Les chiffres sont frappants : vendredi matin, il y avait déjà 47 278 cas de Covid-19 confirmés en Allemagne depuis le début de l’épidémie (dont 41 324 personnes actuellement malades) contre 29 155 en France (dont 22 155 malades). Pourtant, l’Allemagne n’avait encore eu que 281 décès liés au coronavirus contre déjà 1 696 en France. Cette anomalie par rapport aux autres pays européens intrigue. On a voulu expliquer la forte mortalité en Italie, puis en Espagne, par le fait que ces pays ont une population particulièrement âgée. Pourtant, quand l’Italie et l’Espagne avaient le même nombre de cas confirmés que la France aujourd’hui, dont la population est plus jeune, le nombre de morts y était similaire. Par ailleurs la population allemande est en moyenne quasiment aussi âgée que la population italienne ou espagnole. Mais il est vrai que la moyenne d’âge des gens diagnostiqués positifs au coronavirus est beaucoup moins élevée en Allemagne, et que les contacts intergénérationnels y sont probablement moins fréquents que dans les pays méditerranéens.

Pourquoi une moyenne d’âge plus jeune des personnes diagnostiquées Covid-19 en Allemagne ? C’est au moins en partie parce que, depuis le début de l’épidémie, l’Allemagne réalise beaucoup plus de tests afin de détecter les porteurs asymptomatiques du coronavirus SARS-CoV-2 et les isoler du reste de la population. Rappelons en effet que ce taux de mortalité de 10 % en Italie, de plus de 7 % en Espagne et de près de 6 % en France est un pourcentage de décès par rapport au nombre de cas diagnostiqués et non par rapport au total des personnes ayant eu ce virus, avec ou sans symptômes.

Les tests de dépistage

S’exprimant jeudi à l’occasion du lancement d’un nouveau réseau de recherche sur cette maladie dont l’objectif est de mettre en commun l’expertise accumulée par les CHU et les scientifiques, le virologue Christian Drosten, de l’institut de virologie de l’hôpital universitaire de la Charité de Berlin, a confirmé cette thèse : « Si l’Allemagne a si peu de décès par rapport au nombre de personnes contaminées, cela peut s’expliquer par le fait que nous réalisons un nombre extrêmement élevé de tests de dépistage en laboratoire. » Ceci grâce à un réseau serré de laboratoires répartis dans tout le pays. Jusqu’à récemment, le nombre de tests réalisés chaque semaine était d’environ 160 000, ce qui était déjà nettement plus qu’en Corée du Sud, souvent donnée en exemple. Ces derniers jours, le rythme est passé à environ 200 000 tests par semaine. En France, où les autorités n’ont pas préparé le pays à temps, seuls les personnels soignants et les personnes hospitalisées bénéficient de ces tests, pour environ 5 000 tests par jour, ce qui fait que les porteurs asymptomatiques ou présentant une forme bénigne du Covid-19 continuent de propager l’épidémie autour d’elles et qu’on ignore complètement le nombre réel des porteurs du virus.

Cela ne veut pas dire que la population âgée ne va pas se trouver bientôt plus massivement au contact du coronavirus en Allemagne malgré les mesures de distanciation sociale (adoptées tardivement, comme en France), mais là aussi l’Allemagne est mieux préparée que des pays comme la France, l’Italie ou l’Espagne. Il y a en effet dans les hôpitaux allemands 28 000 lits de soins intensifs (contre 7 000 en France) et environ 25 000 lits de réanimation équipés d’un respirateur artificiel (contre 5 000 en France), et cela aura forcément un impact sur la mortalité des seniors pendant la pandémie.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 27 mars 2020

Ces mosquées qui profitent du confinement pour faire l’appel à la prière

Philippe de Villiers : “Le nouveau monde est en train de mourir du coronavirus”

Depuis son Aventin vendéen, où il se trouve confiné comme le reste du pays, Philippe de Villiers analyse la signification profonde de la crise du coronavirus. Pour le fondateur du Puy du Fou, cette épreuve sonne le glas du mythe de la “mondialisation heureuse” et du nouveau monde, et le retour du “carré magique de la survie”, frontière-souveraineté-localisme-famille.

Lors de la campagne des élections européennes de 1994, vous évoquiez avec Jimmy Goldsmith la nécessité de la “démondialisation” et critiquiez le libre-échangisme mondial. L’actualité, avec la pandémie du coronavirus, vous donne-t-elle raison ?

Hélas ! Je me souviens que dans nos réunions publiques, Jimmy et moi avions cette formule qui faisait rire les salles : « Quand toutes les barrières sanitaires seront tombées et qu’il y aura une grippe à New Delhi, elle arrivera dans le Berry ». C’était un rire d’incrédulité : « ils exagèrent… » En fait, Jimmy avait tout vu, tout dit, tout écrit dans son livre « Le Piège », écrit en 1993, non seulement sur le plan sanitaire mais aussi sur le plan de l’économie et de la sécurité. Je racontais tous les soirs, devant nos assemblées de curieux, la même histoire métaphorique sur la « jurisprudence du Titanic » : « Le Titanic a coulé à cause d’une seule lame de glace qui a percé la coque. Parce que la carène du navire n’avait prévu qu’un caisson seulement. Lorsque nous avons créé le Vendée-Globe, nous avons imposé sept compartiments étanches dans la coque de chaque bateau. Si l’un des sept se remplit d’eau, il en reste six… Les compartiments étanches empêchent le bateau de couler. Eh bien, chers amis, la jurisprudence du Titanic, c’est que les nations sont les compartiments étanches de la mondialisation. »

La réaction des élites et des médias était la même : « On ne peut pas s’opposer à la mondialisation. Elle est dans le sens de l’histoire. »

Quelle est la signification profonde de l’épreuve que nous traversons ?

Le confinement obligatoire sonne le glas de la fameuse « mondialisation heureuse ». La défaite intellectuelle des mondialistes est à la mesure du drame du coronavirus. Il signale, pour ceux qui ont un peu de lucidité, la fin du « Nouveau Monde » et le retour en force de « l’Ancien Monde ». Après la chute du mur de Berlin, on nous a expliqué que nous allions entrer dans un nouveau monde qui viendrait inaugurer une nouvelle ère, post-moderne, post-nationale, post-morale, une ère de paix définitive. Ce nouveau monde serait deux fois novateur : d’abord il nous débarrasserait des souverainetés et des États, puisqu’il serait ahistorique et apolitique. Ce serait la fin définitive des guerres, de l’histoire, des idées, des religions et l’avènement du marché comme seul régulateur des pulsions humaines et tensions du monde. Les citoyens allaient se muer en consommateurs sur un marché planétaire de masse. Excitant, non ? Et puis – deuxième novation – le nouveau monde organiserait enfin le primat ricardien de l’économie sur la politique, portant ainsi l’idée pacifique d’une réallocation des ressources au niveau du « Village Global » et d’un monde d’ouverture multiculturel. On pensait que les grandes organisations supranationales suffiraient à la supervision de ce nouveau monde où tiendraient dans la Main invisible du libéralisme les bonheurs et prospérités. À partir de ce moment-là, le vocabulaire changea : on ne parlait plus de gouvernement mais de gouvernance, de loi mais de régulation, de frontière mais d’espace, de peuple mais de société civile.

Aujourd’hui, nous comprenons que cette vision idéologique est en train de mourir du coronavirus. En effet, quand revient le malheur, quand rôde la guerre – par exemple à la frontière gréco-turque – ou la mort – avec la pandémie -, les zombies des organisations internationales n’ont plus rien à dire – et d’ailleurs on ne les consulte plus. C’est le grand retour au carré magique de la survie.

Le premier point du carré, c’est la frontière, c’est à dire la protection, ce pour quoi les États ont été inventés. Le deuxième, c’est la souveraineté, c’est à dire la liberté des peuples pour prendre des décisions rapides et ajustées. Le troisième coin du carré, c’est le local, donc le contrôle au plus proche des intérêts vitaux. Le quatrième point, c’est la famille, puisque, quand on décide de confiner un pays, la « République de la PMA » ne confie pas les enfants des écoles aux fonds de pension mais aux pépés et mémés.

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Covid-19 : la résistance de la France d’en bas, par Ivan Rioufol

Ils sont nombreux, les petits, les obscurs et les sans-grades, qui luttent à main nue contre le coronavirus. Ils font partie, avec le corps hospitalier et médical, de ces braves qui maintiennent la France debout. Ce sont ces oubliés et ces modestes qui gèrent les magasins d’alimentation, transportent les marchandises, nettoient les villes, assurent la sécurité, font respecter la loi. Si ceux-ci venaient à réclamer leur “droit de retrait”, pour protéger leur vie, l’Etat ne tiendrait plus qu’à un fil. Les Français applaudissent avec raison, chaque soir à 20 heures, les médecins et leurs équipes. Mais qui songe vraiment aux caissières, aux éboueurs, aux facteurs, aux policiers et à tous ces anonymes qui n’ont pas rejoint les “planqués”?

Je m’empresse de préciser que je suis moi-même de ces confinés qui résistent en pantoufle, même si je n’ai pas quitté Paris et si je poursuis ma collaboration à CNews en me rendant trois fois par semaine dans les studios de la chaîne. Reste que la France d’en haut, qui s’éventait hier devant ces ploucs de Gilets jaunes en moquant leur patriotisme suspect, est à son tour devenue invisible et silencieuse. L’exode de nombreux citadins vers la France périphérique est venu rehausser encore davantage le courage de cette classe moyenne qui continue à aller travailler chaque matin, le plus souvent sans aucune protection. Le président de la République, qui a déclaré le pays “en guerre” contre le Covid-19, aura à récompenser ces combattants de l’ombre.

Dans l’urgence, il s’agit de protéger une armée en haillons. Il lui faut, comme pour les hôpitaux, des masques, des gants, des tests. Des primes doivent être distribuées. Pourquoi ne pas affecter la somme des contraventions au confinement à ces soldats sans armes ? Les grandes entreprises doivent avoir la décence de renoncer à leurs dividendes. Si rien n’est fait pour eux, ceux qui réclament un confinement total au moins jusqu’à la fin avril auront raison : la vie n’a pas de prix. Mais quel sera alors le solde économique, social, humain ? La gestion de cette crise sanitaire (1100 morts à ce jour en France) doit prendre garde à ne pas aggraver le mal en jetant des familles dans la misère et en poussant des entreprises à la faillite.

L’absurde serait atteint si l’Etat devait être amené à débourser des milliards d’euros en plans de relance et en aides, pour n’avoir su investir à temps dans des protections élémentaires. Lundi, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a appelé ceux “qui n’ont pas d’activité” à rejoindre “dans les champs” les agriculteurs en manque de main d’oeuvre pour des ramassages saisonniers. 80.000 postes sont à pourvoir. Cet appel peut s’entendre, même s’il contredit le : “Restez chez vous” du gouvernement. Il faut au moins nourrir la France. Emmanuel Macron a raison de ne pas fermer la porte au pragmatisme et au cas par cas. Encore faudrait-il qu’il n’utilise pas les volontaires comme de la chaire à canon.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Eric Zemmour : “Jérôme Salomon veut dissimuler l’incompétence du pouvoir”

27/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Dans l’émission “Face à l’info” (CNews) du 26 mars 2020, Eric Zemmour a pointé du doigt Jérôme Salomon qui “veut dissimuler l’incompétence du pouvoir“.

Par ailleurs, une plainte va être adressée au parquet de Paris. Elle est déposée par trois médecins qui reprochent au directeur général de la Santé des manquements dans la gestion de la crise sanitaire.

Selon les plaignants, des mesures plus strictes auraient dû être prises “avant le 13 mars 2020“, ce qui “aurait sans nul doute permis de juguler l’épidémie en réduisant le nombre de personnes contaminées, et donc de personnes susceptibles de contaminer les autres“.


Coronavirus et zones de non-droit : une maladie de Blancs, par Paul Vermeulen

Le confinement décrété mardi 17 mars 2020 a été rendu d’autant difficile à mettre en œuvre que les atermoiements de l’exécutif, tant du président de la République que du gouvernement, n’ont guère aidé. Il se serait organisé plus facilement si les consignes avaient été claires. Cependant, un facteur en particulier vient rendre encore plus compliquée la mise en œuvre efficace du confinement, c’est-à-dire la survie de nombre de nos concitoyens, dont celle de nos soignants : le comportement d’une partie importante des populations ethniquement non françaises et non européennes dans des quartiers qui se sont habitués, avec l’aide de la majorité des pouvoirs politiques en place depuis Mitterrand, à vivre en dehors de la République et de l’Etat français.

De multiples exemples ont été rapportés au cours de la première semaine de confinement, avec des individus impossibles à confiner et à verbaliser, finalement arrêtés et emprisonnés. Trop rarement. La situation est bien pire : elle ne concerne pas seulement des individus.

Ne t’en fais pas, ta cité va pas craquer

Ainsi, selon Le Canard enchaîné daté du 25 mars 2020, la cellule interministérielle de crise a averti le gouvernement le 22 mars, peu après que Sibeth Ndiaye se soit inquiétée d’une recrudescence du racisme, que « nous avons un problème avec les cités ». Ainsi, la réalité dénoncée depuis de nombreuses années par les « lépreux », pour reprendre une terminologie de Macron, apparaît au grand jour : des pans entiers du territoire français, n’étant plus français justement, ont fait sécession avec l’Etat. L’impossibilité de faire respecter le confinement dans les cités est remontée des préfets et des syndicats de policiers, au point que le ministère de l’Intérieur semble préférer relâcher la pression dans les quartiers ethniques plutôt que de perdre du temps à expliquer les lois françaises à des populations pour qui elles n’existent pas.

Pire, toujours selon le journal satirique, le 18 mars, Laurent Nuñez aurait déclaré : « Ce n’est pas une priorité que de faire respecter dans les quartiers les fermetures de commerce et de faire cesser les rassemblements. » Une telle phrase montre surtout l’incapacité de l’Etat à faire respecter la loi. La vie économique des cités se poursuit, des images circulant sur les réseaux sociaux montrant des dealers livrant à domicile, avec gants et masques. C’est aussi le cas à La Chapelle dans le 18e arrondissement. Le Point rapportait ainsi, mardi 24 mars, que dans cet arrondissement l’ambiance était celle d’un pays en voie de développement : trafics en tous genres, comme d’habitude, dans un quartier ethnique sans lien avec ce que devrait être la France. Dans ce genre de lieux, nombreux, la police ne parvient à confiner personne, s’entendant même répondre des « j’en ai rien à foutre de ton confinement » ou des « le coronavirus, c’est une maladie de Blancs ». Il n’est dès lors pas étonnant qu’une policière contractuelle de 23 ans reçoive un pavé dans la tête mardi 24 mars à Beauvais. La vie des « Blancs », quelle importance ?

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 26 mars 2020

“Sales blancs” : une femme crache sur des policiers en affirmant qu’elle a le coronavirus

Lundi 23 mars, une jeune femme de 24 ans s’est rebellée lors d’un contrôle effectué à Longjumeau dans l’Essonne. Ne possédant pas l’attestation de déplacement obligatoire pour sortir de chez soi en période de confinement, elle a insulté les policiers et a craché au visage de l’un d’eux, rapporte Le Parisien. Mardi 24 mars au soir, elle a été jugée en comparution immédiate et condamnée à sept mois de prison ferme et 350 euros d’amende. Connue des services de police, elle possède un lourd casier judiciaire.

Alors qu’elle est contrôlée à Longjumeau par des policiers municipaux, l’opération dégénère. Sans doute frustrée de se voir infliger une amende pour non-respect des règles de confinement, la jeune femme commence à insulter les agents, les traitant de « sales blancs » et de « fils de p*** ». Elle finit par leur lancer : « J’espère que vous allez tous crever du Covid », avant de tenter de s’enfuir.

Des policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de Longjumeau arrivent alors en renfort et tentent de menotter la rebelle, mais elle parvient une nouvelle fois à se libérer. Finalement rattrapée, elle griffe un des agents et crache sur un autre en disant : « J’ai le coronavirus, vous allez tous crever ».

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Le difficile confinement des « quartiers » : analyse médiatique

Depuis mardi 17 mars 2020, les déplacements sont strictement réglementés en France. En tout et pour tout, 5 motifs de déplacement sont tolérés. Le décret les instituant écarte toute autre possibilité, ainsi que toute possibilité de regroupement. Si dès le 17 mars, la contravention pour non-respect de ces dispositions était majorée, il en faudra plus pour intimider une partie de la population.
Nous revenons sur le traitement médiatique de la violation délibérée et assumée de ces règles, qui, conjuguée à la persistance d’une délinquance de droit commun, aboutit à mettre en danger de nombreuses personnes, dans un point de situation arrêté le 21 mars.

Les faits divers

Les articles consacrés au non-respect du confinement et à la délinquance pendant la première semaine de restriction de la circulation sont nombreux. Ils démentent les propos angéliques de la porte-parole du gouvernement sur les ondes de RMC le 20 mars. Nous y revenons plus loin. Les articles peuvent être classés en plusieurs catégories : les faits divers, les analyses sur la délinquance, les analyses consacrées à la politique pénale et au fonctionnement de la justice.

Les articles que nous citons vont du plus ponctuel et local à une échelle plus importante, jusqu’à constituer un véritable phénomène de société.

Les faits divers locaux

Parmi les événements ponctuels, on peut citer sur les réseaux sociaux la diffusion le 18 mars une vidéo prise à Grigny où visiblement, « personne ne respecte l’ordre de confinement ». Le site Actu 17, qui recense de nombreux faits divers, publie le 19 mars la photo de dealers à Melun qui défient le confinement pour faire leur publicité, équipés d’un matériel de protection (masques, combinaisons) si souvent absent pour le personnel soignant. « Ils sont mieux équipés que les policiers », déplore l’un d’entre eux.

À Nantes, la vente de drogue va bon train Place du commerce, nous informe Breizh-Info le 19 mars. Les dealers sont bien « à leur poste, bien agglutinés » selon le site d’information breton. Le 19 mars, c’est la Préfecture de police de Paris qui sur son compte Twitter nous informe que « des incendies volontaires nécessitant l’intervention de pompiers et de la police sont déclenchés » à Aulnay sous-bois. « Les auteurs irresponsables empêchent les secours d’intervenir et lancent des projectiles sur les policiers ».

Le journal suisse Le Temps consacre un article à l’impossible confinement dans la ville de Saint-Denis (93). Des policiers interrogés indiquent qu’ils verbalisent avec parcimonie, pour ne pas faire de vagues. Des épiceries servent de points de vente de masques dérobés à des hôpitaux, « la revente illicite de stupéfiants continue aussi ». Business as usual. Alors que sur le site internet du Parisien, une publicité remercie les « héros discrets », on apprend le 19 mars que « des véhicules des agents de l’hôpital de Poissy ont été fracturés pour voler leur macaron » afin de l’utiliser pour déjouer les contrôles de police.

À Trappes, les incidents se multiplient, constate Le Parisien le 19 mars. Des individus lancent des projectiles contre les forces de l’ordre, trois policiers sont blessés lors d’un contrôle d’attestation. Les jeunes contrôlés considèrent selon un policier qu’« ils sont au-dessus de ça ».

À Royan, une personne présentant des symptômes du coronavirus crache sur un policier d’après France 3. Un phénomène qui n’est pas isolé selon un syndicaliste policier qui s’exprime sur le site Boulevard Voltaire.

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Marine Le Pen sur les masques et tests -“On a menti aux Français en disant que ça ne sert à rien !”

26/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Marine Le Pen était l’invité de Patrick Roger et Cécile de Ménibus dans le Grand Matin Sud Radio du 25 mars 2020.

La présidente du Rassemblement national estime que “la politique du gouvernement de réserver les tests aux cas graves et hospitalisés ne semble pas la bonne pratique“. Selon Marine Le Pen, “la première des choses pour arrêter une épidémie est la connaissance des cas susceptibles de contaminer les autres pour qu’ils puissent eux-mêmes se confiner“.

Dès le départ, chacun savait que 15 jours de confinement seraient insuffisants“, regrette la députée du Pas-de-Calais. “C’est la stratégie de la torture chinoise : toutes les 48 heures on annonce une nouvelle chose“, s’indigne-t-elle. “Pourquoi ne pas avoir annoncé 45 jours directement ?“. Car pour Marine Le Pen, “si par chance on régule l’épidémie et qu’on peut faire sortir les Français avant la fin des 45 jours, tout le monde aurait été ravi“.

Pour la présidente du RN, “la parole du gouvernement a entamé la confiance que les Français leur portent, ils ont compris que quand on leur disait que les tests et les masques ne servaient à rien, en réalité c’est que nous en manquions“. Elle pointe du doigt “la cacophonie qui découle d’une erreur initiale : ne pas avoir mis en place dès janvier une cellule de crise et avoir minimiser la crise dès le départ“. Marine Le Pen rappelle que dans un premier temps, “le gouvernement a porté la parole qu’il s’agissait d’une grippe“. Alors, selon elle, “les Français n’ont pas compris ce changement de pied quand ils ont adopté les mesures de confinement. Beaucoup de Français sont aujourd’hui en colère et je peux les comprendre“.


Belloubet achète la paix dans les prisons

Voilà ce qu’on appelle une magistrale volte-face. Alors qu’elle affirmait encore le 17 mars dans 20 Minutes qu’elle n’était « pas du tout dans l’optique » de permettre la libération des détenus les « moins dangereux » afin de limiter les risques de propagation du coronavirus dans les prisons françaises, Nicole Belloubet, visiblement impressionnée par la multiplication des mutineries et par l’extrême violence de certaines d’entre elles, a opéré lundi un virage à 180° en autorisant la remise en liberté de… 5 000 détenus !

Les prisons à feu et bientôt à sang

Limoges, Draguignan, Lille-Sequedin, Marseille, Roanne, Aix-Luynes, Varennes-le-Grand, Meaux, Nantes, Carcassonne, Moulin, Fleury-Merogis… Au cours du seul week-end dernier, ce ne sont pas moins d’une quinzaine d’établissements pénitentiaires français qui ont été secoués par de violents incidents et des mutineries nécessitant l’intervention des forces de l’ordre et des équipes régionales d’intervention et de sécurité. Parmi les plus spectaculaires, on citera la mutinerie survenue dimanche soir au centre de détention d’Uzerche (Corrèze), où quelque 200 détenus déchaînés, après avoir refusé de réintégrer leurs cellules, ont réussi à prendre le contrôle de deux bâtiments, et, pour une quarantaine d’entre eux, à monter sur les toits. Une mutinerie particulièrement violente, qui s’est accompagnée de très nombreux départs de feu et du saccage de 250 cellules. Ce qui a d’ailleurs contraint l’administration pénitentiaire, après la difficile reprise en main de l’établissement par les gendarmes mobiles et les ERIS, à opérer toute la nuit des extractions de détenus vers d’autres prisons de la région Aquitaine. Présent sur les lieux lors ces événements, Dimitry Frère, de l’Ufap-Unsa Justice, devait même évoquer « des scènes de guerre »… Autre site qui aura vu dimanche un impressionnant déchaînement de violence : la prison de Maubeuge, où près d’une centaines de mutins, qui s’étaient visiblement mis d’accord via des réseaux sociaux de type Snapchat, ont arraché les grillages qui séparaient les chemins de promenade et les chemins de ronde, brisé les vitres des bâtiments auxquelles ils ont accès, et jeté des objets enflammés dans les trappes d’exfiltration d’air avec la volonté de mettre le feu aux bâtiments. Enfin, on notera qu’à Longuenesse, dans le Pas-de-Calais, s’ils n’ont par réussi à incendier les bâtiments, les détenus insurgés ont bombardé de projectiles les surveillants dont aucun, heureusement, n’a été blessé.

Le cadeau de Belloubet aux détenus

Officiellement responsables de ces violences et de ces tensions qui règnent depuis maintenant plusieurs jours (voir Présent du 19 mars) dans une grande partie des 188 établissements pénitentiaires français, la crainte des détenus d’être contaminés, et surtout l’annonce, le 17 mars, de la suspension des parloirs, décidée précisément pour éviter les contaminations. Afin de calmer les esprits, Nicole Belloubet s’était pourtant empressée d’annoncer jeudi dernier la mise en place de plusieurs mesures pour compenser cette suppression provisoire, dont la possibilité pour chaque détenu de bénéficier d’un crédit de 40 euros par mois lui permettant de téléphoner deux heures par semaine avec sa famille contre une durée de parloir hebdomadaire de 45 minutes. Mais aussi la gratuité de la télévision durant toute la période du confinement, ou encore la possibilité pour les détenus les plus démunis de bénéficier d’une aide majorée de 40 euros par mois leur permettant notamment de cantiner. Autant de mesures qui, cependant, n’auront pas suffi à calmer les esprits. C’est que, comme l’expliquait Thierry Not, secrétaire adjoint régional du syndicat Ufap-Unsa, « la crainte du coronavirus et la suppression des parloirs ont joué, mais il y a aussi une forme de challenge entre détenus et établissements visant à tout casser ». Par ailleurs, confiaient certains surveillants, la suspension des parloirs, dans nombre de prisons françaises, cela signifie aussi la fin de divers trafics, et notamment de stupéfiants…

Parallèlement, les prisons françaises étant surpeuplées, le ministre de la Justice, dans le cadre du confinement, avait aussi annoncé avoir « demandé aux juridictions de différer la mise à exécution des courtes peines d’emprisonnement », mesure qui, selon elle, a réduit ces derniers jours à « une trentaine d’entrées en prison quotidiennes contre plus de 200 habituellement ». En revanche, interrogée par les journalistes de 20 Minutes au sujet de la proposition de Martine Herzog-Evans, présidente de la Confédération francophone de la probation, de libérer les détenus les moins dangereux pour éviter le risque sanitaire, Belloubet avait alors répondu tout net : « nous ne sommes pas du tout dans cette optique-là ! » Or, moins d’une semaine après, coup de théâtre : prenant la loi sur l’état d’urgence sanitaire pour prétexte, le ministre annonçait vendredi sur France TV Info « travailler d’une part sur les détenus malades, qui ont d’autres maladies que le coronavirus, et d’autre part sur les personnes à qui il reste moins d’un mois de détention à faire », ajoutant que « nous pouvons procéder là à leur retrait des établissements ». Officialisée lundi lors d’une réunion en visioconférence réunissant Belloubet et les responsables des syndicats pénitentiaires, cette décision devrait permettre à quelque 5 000 détenus en fin de peine d’être remis en liberté dans les prochains jours ! Et cela, sans aucun aménagement de type « bracelet électronique » puisque, a précisé l’administration, les techniciens ne travaillent pas pendant le confinement… Ô, bien sûr, à la chancellerie, on relativise cette libération massive, en expliquant que cette mesure ne concernera que les personnes condamnées « pour des délits mineurs », ou encore que ce chiffre de 5 000 n’est pas encore certain. Mais la pilule a tout de même du mal à passer auprès des syndicats de surveillants, qui réclament en vain depuis des semaines du matériel de protection afin de pouvoir continuer de mener à bien leur mission.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 25 mars 2020