Nomination d’Élisabeth Borne : Macron dame un pion – Une « techno » libérale à Matignon

Élisabeth Borne

Après avoir subi plusieurs refus, Emmanuel Macron a finalement nommé à Matignon un bon petit soldat de sa garde rapprochée en la personne d’Élisabeth Borne, ex-ministre du Travail et exécutrice des basses œuvres libérales du précédent gouvernement. Une continuité qui n’annonce rien de bon pour le modèle social français.

Pour le poste de Premier ministre des liminaires de son second mandat, Emmanuel Macron voulait une femme, une femme et rien d’autre. Pourquoi ? Parce que c’est dans l’air du temps, cela flatte les féministes et ça fait « progressiste ». Et tant pis si les exemples du passé, entre l’implacable marâtre ultra-libérale Thatcher et l’incapable gaffeuse mitterrandienne Cresson, ne sont guère réjouissants. Ce qui compte, c’est la communication et paraître moderne, le reste est accessoire. C’est donc Elisabeth Borne qui s’y colle même si elle n’était pas, semble-t-il, le premier choix de Jupiter qui aurait même essuyé quelques refus. Certains pourront d’ailleurs reprocher au président de la République son manque d’audace, se contentant d’une femme blanche hétérosexuelle alors que de l’autre côté de l’Atlantique on a le courage de promouvoir aux plus hautes responsabilités des lesbiennes noires (en attendant mieux). Mais il est vrai qu’il ne faut pas non plus trop effaroucher la bourgeoisie prétendument « conservatrice » (prière de ne pas rire), de Versailles et d’ailleurs, qui a largement apporté ses suffrages au président sortant.

Quoi qu’il en soit, avec Elisabeth Borne, pas ou peu de surprises en perspective. C’est un parfait petit soldat macroniste, une « technicienne » à sang froid qui s’affirme de gauche mais qui met en place consciencieusement les réformes voulues par la droite affairiste et lancées par l’homme de la banque Rothschild.

C’est d’ailleurs cet empressement libéral qui a fait réagir Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, pour une fois presque sur la même longueur d’onde.

Pour la première, le choix d’Elisabeth Borne, ancien ministre du Travail et membre de la majorité présidentielle, démontre « l’incapacité à rassembler » d’Emmanuel Macron et « la volonté du président de poursuivre sa politique de mépris, de déconstruction de l’Etat, de saccage social, de racket fiscal et de laxisme ». Quant à Jean-Luc Mélenchon, il considère que l’ancien ministre est « responsable de la baisse de l’allocation d’un million de chômeurs, suppression des tarifs réglementés du gaz, report de 10 ans de la fin du nucléaire, ouverture à la concurrence de la SNCF et RATP » et affirme que sa nomination annonce « une nouvelle saison de maltraitance sociale ». Pour une fois, il semble, hélas ! difficile de lui donner tort. Reste maintenant à savoir si la nouvelle « Première ministre » (sic) disposera d’une majorité législative suffisamment large pour avoir les coudées franches pour appliquer le programme macronien ou si elle devra faire face à une opposition importante et combative pour défendre les « sans dents » face à la « start-up nation ». Souhaitons, bien sûr, que le second scénario s’impose et que ce soit la droite nationale qui incarne cette résistance.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 17 mai 2022

Vote communautaire : une menace à peine voilée – Mélenchon dépassé par un parti musulman

melenchon vote musulman

Jean-Luc Mélenchon a construit une grande partie de sa stratégie électorale pour l’élection présidentielle sur la séduction des quartiers abusivement appelés « populaires », qui sont en réalité les cités de l’immigration. Et pour capter cet électorat des néo-Français et des musulmans de France, il n’a pas épargné ses efforts : éloge passionné de la « créolisation » de la société, promotion du droit du sol intégral, défense du voile islamique, attaques contre la police toujours suspecte de « racisme », et promesse de revenir sur la pourtant bien timide loi macronienne « contre le séparatisme ». Indiscutablement, ses exercices de danse du ventre ont porté leurs fruits puisque le candidat de l’extrême gauche est arrivé en tête des suffrages dans nombre de ces zones que certains appellent « les territoires perdus de la République ». Pas perdus pour tout le monde en l’occurrence. En fin de compte, 69 % des électeurs musulmans ont voté pour le chef de file des « insoumis » au premier tour de la présidentielle 2022.

Avec de tels résultats, l’insoumis en chef pouvait penser avoir remporté la timbale, devenant le « leader » incontesté de la « nouvelle France » multiethnique et islamisée. Las, c’était faire preuve de beaucoup d’optimisme et d’une totale cécité face aux mouvements profonds qui travaillent l’Hexagone. Car malgré toute sa bonne volonté, Jean-Luc Mélenchon reste un homme blanc, athée et bourgeois, bref un vestige de la « France d’avant » qu’il a certes totalement trahie mais dont il reste le pur produit. Or ce profil ne convient pas du tout à une part grandissante de la population issue de l’immigration qui n’entend plus déléguer le pouvoir à des « babtous », fussent-ils serviles, mais bien prendre elle-même en main la défense de ses intérêts et la promotion de ses objectifs communautaires. C’est ainsi que l’Union des démocrates musulmans de France, un parti communautaire islamique, a annoncé avoir investi une centaine de candidats pour les élections législatives de juin prochain. Des candidats qui se trouveront donc en concurrence directe avec ceux de « l’union de la gauche » menée par Mélenchon.

Créée en 2012 par Nagib Azergui, un ingénieur en télécommunication, l’UDMF avait seulement présenté une dizaine de candidats aux élections législatives de 2017. Cinq ans plus tard, le mouvement en annonce une centaine, principalement concentrés dans les bastions du vote communautaire musulman (48 candidats en Ile-de-France, 16 en Auvergne-Rhône-Alpes). Cette croissance exponentielle est une démonstration irréfutable du développement du communautarisme musulman dans notre pays, d’autant que l’UDMF est ouvertement islamiste comme le montre son tract de campagne où est représentée une femme voilée. Le parti est d’ailleurs régulièrement pointé du doigt comme étant une émanation de la confrérie des Frères musulmans, mouvement par ailleurs interdit dans nombre de pays musulmans comme l’Egypte et la Syrie.

Le petit timonier Mélenchon sera-t-il à son tour « grand remplacé » par ceux-là mêmes qu’il a tant flattés et cajolés ? C’est un scénario, énième version de l’arroseur arrosé, qui apparaît fortement probable et dont on pourrait sourire s’il n’était pas, malgré tout, un nouveau et inquiétant symptôme de la profonde transformation ethnico-culturelle de notre nation.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 16 mai 2022

Robert Ménard : une girouette devenue folle ?

Robert Ménard

Le maire de Béziers a toujours été un personnage difficile à suivre, mais aujourd’hui, il a définitivement fini d’égarer les derniers intrépides qui tentaient de le faire. En effet, dans une tribune publiée ce mardi 10 mai dans Le Figaro, Robert Ménard appelle à donner une majorité à Emmanuel Macron aux législatives. Pour lui, il convient de « faire bloc » derrière le président de la République afin de contrer la « menace » représentée par la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale de Jean-Luc Mélenchon. Apparemment, les candidats de la droite nationale et patriote sont sortis de l’équation du fondateur de Boulevard Voltaire… Si l’on peut, à la première lecture, avoir des difficultés à croire à un tel positionnement, force est de constater que ce ralliement macroniste (dans l’espoir d’un strapontin ministériel ?) n’est en fait que le énième épisode d’une longue série de revirements, plus ou moins radicaux, souvent peu explicables, qui caractérise le parcours de l’édile biterrois.

Venu de la gauche humanitaire, l’ancien patron de « Reporters sans frontières » (où, reconnaissons-le, il avait pris des positions parfois courageuses sur la liberté d’expression) a progressivement glissé vers la droite nationale via la « droite hors les murs » dont il se serait sans doute bien vu le chef de file avant de se faire souffler la place par Eric Zemmour.

Robert Ménard, porté par un ego considérable, s’est toujours voulu un « électron libre » mais celui-ci s’est peu à peu transformé en ludion incontrôlable et incompréhensible.

Ainsi, entre deux déclarations d’amour passionné aux républicains espagnols ou aux antifascistes italiens, le maire de Béziers a longtemps travaillé à une entente entre Eric Zemmour et Marine Le Pen, avant de faire volte-face et d’insulter le camp de l’ancien journaliste en le qualifiant de rassemblement de « patriotes de pacotille qui fantasment sur Poutine ou sur Pétain. Une droite nostalgique qui est un véritable repoussoir ».

Un peu plus tard, ce fut au tour de Marine Le Pen – dont il était pourtant censé être un « soutien critique » –, de subir les foudres et les jugements péremptoires du torquemada du sud-est, critiquant sa campagne et estimant que le second tour était « une défaite » pour la candidate patriote.

Pour compléter le tout, Robert Ménard s’est également récemment adonné à un pathétique exercice de repentance, affirmant, confronté à la crise des réfugiés ukrainiens, regretter son opposition et ses déclarations vis-à-vis des réfugiés syriens et irakiens, propos qui le rendent aujourd’hui « honteux ».

On ne peut au final que conseiller à Robert Ménard d’aller soigner cet accès de remords honteux dans les salons de sa mairie – qu’il gère semble-t-il avec une grande efficacité – et de laisser la politique nationale à des gens un peu plus stables et cohérents que lui.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 12 mai 2022

Bordeaux veut sa maison de l’esclavage

esclavage repentance

Dans la pathétique course à l’échalote de la repentance et de la reptation face aux « minorités » forcément souffrantes à laquelle s’adonnent les ethno-masochistes de tous poils, les maires « écolos » des grandes cités françaises tiennent évidemment la corde.

Ainsi la mairie de Bordeaux envisage la création d’une indispensable « maison contre les esclavages et pour l’égalité » afin d’entretenir la sacro-sainte « mémoire » – qui se résume en réalité à une éternelle culpabilisation de l’homme blanc – et d’expier le passé de la capitale girondine qui, à la fin du XVIIe siècle, a prospéré sur la traite d’esclaves et le négoce de denrées coloniales produites par ces derniers. L’urgence d’un tel projet, évidemment financé par le contribuable, n’échappera évidemment à personne.

Il s’agit pour la ville, selon les promoteurs du projet, de « poursuivre et renforcer son effort de mémoire entamé il y a une dizaine d’années » en créant un lieu qui devra « porter sur les esclavages de notre modernité, du XVe siècle à aujourd’hui » et « explorer de façon pédagogique les liens entre mémoire des esclavages et discriminations raciales contemporaines ». Bref, on l’aura compris, il s’agit une nouvelle fois de porter un regard contemporain totalement anachronique sur un passé caricaturé et démonisé afin de culpabiliser un peu plus les Français et leur faire accepter l’idée mortifère que les immigrés d’aujourd’hui auraient des droits et des créances vis-à-vis d’eux au nom des souffrances, réelles ou fantasmées, de leurs hypothétiques et très lointains ancêtres.

Pour atteindre ce noble objectif, la municipalité, en collaboration avec l’association Mémoires et Partages, la municipalité a lancé lundi 9 mai une mission visant à créer un « centre de ressources contre les esclavages et pour l’égalité » afin de « réconcilier l’histoire et la mémoire » selon l’expression de Daniel Flaharty, médecin généraliste et vice-président de l’association.

Une mission comprenant pas moins d’une trentaine de membres (associatifs, politiques, membres de la société civile, etc.) a donc été constituée pour élaborer et mettre en place ce projet dont le coût n’a pas encore été établi. Parallèlement à la réalisation de ce grand œuvre, la ville de Bordeaux inaugure également ses « journées de la mémoire » (10-23 mai) qui proposera des manifestations « en faveur d’un faire mémoire collectif dans l’espace public ». Ainsi des plaques « explicatives » (dénonciatrices) vont être posées à côté des plaques de rue portant les noms de personnes « impliquées dans la traite et l’esclavage ». Deux plaques seront notamment posées rue Colbert, ancien ministre de Louis XIV et initiateur du Code noir, ordonnance royale qui légifère notamment sur la condition des esclaves dans les colonies françaises des Caraïbes et du sud de l’Amérique.

Cette grande opération de bourrage de crâne culpabilisant et de propagande manichéenne et simpliste sera donc bientôt renforcée par cette « maison de l’esclavage » qui, s’enthousiasme le président de l’association Mémoires et Partages, deviendra « un lieu d’éducation populaire ». De rééducation populaire digne d’une démocratie du même nom serait sans doute une expression plus adaptée.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 11 mai 2022

Identité numérique : un nouveau pas vers la société du contrôle absolu ?

identité numérique

Depuis, au moins, le début de la modernité, la surveillance et le contrôle des populations a été l’une des grandes préoccupations des Etats et de leurs polices. Mais jusqu’à une date récente, ce désir de flicage se présentait pour ce qu’il était et, de ce fait, rares étaient les individus non payés pour le faire qui y collaboraient volontairement. La donne a changé en quelques années grâce à une habile mutation faisant du contrôle social non plus un instrument de coercition et de limitation des libertés mais, tout au contraire, un outil permettant d’assurer la sécurité, la tranquillité et le bien-être de tous. C’est ainsi que disparaissaient, du moins dans le langage politico-médiatique dominant, les vilaines « caméras de vidéosurveillance », remplacées par de sympathiques « systèmes de vidéo-protection ». Par la magie de ce remarquable tour de passe-passe, les foules pouvaient enfin adhérer au projet et participer elles-mêmes, avec confiance et enthousiasme, à la mise sous tutelle, voire à la suspension, de leurs libertés individuelles et collectives ainsi qu’au sacrifice de leur vie privée sur l’autel de la sacro-sainte « transparence ».

La crise du Covid-19 a évidemment été un formidable accélérateur de ce mouvement avec l’apparition de « passes numériques » obligatoires et d’applications de géolocalisation permanente vous indiquant si par hasard vous aviez croisé un pestiféré covidien. Face à la quasi-absence de résistance de la part d’un peuple totalement anesthésié par la terreur sanitaire, l’Etat aurait eu tort de s’arrêter en si bon chemin. Ainsi a-t-il autorisé ce mardi 26 avril la création d’une nouvelle application nommée Service de garantie de l’identité numérique (SGIN). Celle-ci succède à Alicem, première tentative du genre finalement avortée, qui devait se baser sur les passeports biométriques et la reconnaissance faciale mais qui, elle, avait suscité malgré tout quelques polémiques et réticences. Le nouveau système n’est pourtant qu’à peine moins orwellien.

L’objectif est de permettre aux titulaires d’une carte nationale d’identité électronique (CNIe) ; disponible depuis le 2 août 2021 (contre l’avis de de la CNIL d’ailleurs), de bénéficier d’un moyen d’identification électronique pour s’authentifier sur un service en ligne, public ou privé. L’application disposera donc des nom, prénom, date de naissance, photo, adresse postale et email du détenteur. Seule l’empreinte digitale présente sur la CNie ne sera pas (nous dit-on en tout cas) enregistrée. Le SGIN fonctionnera sans contact, comme pour les paiements mobiles. Il sera, précise le gouvernement, « facultatif ». Pour combien de temps ?

« La création du moyen d’identification électronique et son utilisation relèvent de l’unique volonté des usagers », croit utile de préciser le décret d’institution du système. Mais qui a vraiment besoin de ce genre de « bidule » censé « faciliter » la vie quotidienne et « faire gagner du temps » mais qui ne sert finalement qu’à nourrir toujours plus de fichiers, tous connectés les uns aux autres, au niveau national comme européen ?

Ce nouveau dispositif pourrait apparaître comme un simple gadget réservé à quelques technophiles masochistes si on ne savait pas, à force d’exemples, que ce genre d’expérimentation a bien souvent vocation à être progressivement généralisée et imposée à l’ensemble de la société.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 28 avril 2022

Une élection, et après ?, par Xavier Eman

macron le pen

Ce n’est qu’une élection. Le résultat fait un peu mal au cul, certes, car on pouvait raisonnablement penser que le fait d’enfermer, de tabasser et de vacciner de force son peuple pour finir par lui promettre la retraite à 90 ans n’était pas forcément un super bilan ni un top programme pour être réélu triomphalement… Mais soit. 58 % des gens sont satisfaits de la France telle qu’elle est et du monde tel qu’il va. Dont acte. Nous n’étions pas non plus très convaincus par l’alternative proposée, qui ne représentait finalement que quelque chose entre une infime possibilité de rupture et un hypothétique moindre mal.

Rien de bon ni de bien, dans notre histoire, n’est jamais sorti, pour notre culture et notre civilisation, de ces urnes déifiées par le système que nous voulons justement abattre. N’en soyons donc ni surpris ni accablés. A l’aigreur, au dépit et au découragement qui nous tendent les bras, répondons par un surcroît d’engagement, de vigueur, d’enthousiasme, par une explosion d’activisme, par un débordement d’amour. Car si leur monde de calculateurs, de boutiquiers, de bourgeois, de déracinés, de cyniques, de matérialistes, de profiteurs, de séniles, de corrompus, de prébendiers, de pleutres et de robots se renforce, le nôtre n’en devient que plus impérieux et urgent.

Nos rires, nos feux de camp, nos poèmes et nos chansons face à leurs bilans comptables et leurs rapports d’experts. La vie contre la survie, l’idéal contre l’inexorable. Non pas que sous soyons meilleurs, plus brillants ou intelligents que quiconque, mais simplement vivants et conscients que ce court espace de temps qui nous est accordé sur cette terre n’a de sens et de valeur que s’il est mis au service d’objectifs qui nous dépassent, qui nous transcendent, de la mémoire de nos aïeux à l’avenir de nos enfants en passant par la grandeur de notre culture et la sauvegarde de notre identité. Ils se servent, nous sommes des serviteurs. De nos pères, de nos morts, de nos héros, de nos promesses, de nos rêves… Demain comme hier, le combat n’est pas un choix. Soyons meilleurs, plus travailleurs, plus courageux, plus radicaux, plus cohérents, plus formés, plus efficaces, plus empathiques, plus généreux…

De toute façon, il n’y a pas d’alternative. Rejoindre leur monde c’est dépérir, et nos coeurs comme nos âmes n’ont pas fini de hurler, même au coeur des plus sombres souffrances, leur violente et indomptée passion pour la vie. »

Xavier Eman

Face à la meute, Marine Le Pen fait front

Déclarations politiques outrées, articles bâtis à coups d’énormités, improbables appels à la mobilisation : jour après jour, l’entre-deux-tours prend des airs de 2002. Il s’agit de rediaboliser fissa la candidate de la droite nationale… qui reste sereine face à des attaques qui n’ont qu’un effet relatif sur l’électorat.

Comme c’était prévisible – et désormais habituel – l’accession de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle a immédiatement provoqué la mobilisation pavlovienne de toutes les composantes du système à tuer la France, terrorisées à la perspective d’une possible remise en cause de leurs prébendes et de leurs sinécures.

Sans surprise non plus, les premiers à se précipiter pour appeler à voter pour Emmanuel Macron ont été SOS Racisme et la Licra, les deux officines grassement subventionnées estimant que la victoire de Marine Le Pen signifierait « un basculement autoritaire, l’institutionnalisation de la discrimination, la libération de la xénophobie et du racisme ». N’en jetez plus !

Puis ce fut au tour des « sportifs », dont on se demande encore de quoi ils se mêlent, de signer un vibrant appel à faire barrage au Rassemblement national, se disant horrifiés à l’idée que ce soit Marine Le Pen qui ouvre les prochains Jeux olympiques de Paris mais beaucoup moins gênés quand il s’agit de cautionner la dictature communiste chinoise à Pékin ou d’aller jouer à la baballe sur les charniers d’ouvriers que sont les stades du Qatar. Le plus pathétique de ces donneurs de leçons – même s’il est ardu d’établir un classement – est peut-être l’ineffable Yannick Noah, très fier d’être retourné dans son village du Cameroun pour y « défendre sa culture et son identité » mais qui dénie ce même droit aux Français.

Les politiques ne sont bien sûr pas en reste. Au premier rang de ceux-ci on retiendra la remarquable prestation de Gérald Darmanin qui, en déplacement en Saône-et-Loire, a allègrement pulvérisé les frontières de la décence en même temps que celles du ridicule en déclarant qu’« avec elle [Marine Le Pen] les riches vont peut-être maigrir, mais les pauvres vont peut-être mourir aussi », avant de conclure : « Il ne faudra pas aller à la pêche. Sinon, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer. » Rien de moins ! Si vous votez mal, les cadavres joncheront les rues ! Le sens de la mesure et toujours cette volonté d’attiser les peurs de la population, qui a été l’une des marques de fabrique du quinquennat Macron.

Quant au Medef, il s’est contenté de juger que le programme d’Emmanuel Macron est « plus favorable à l’emploi et la croissance » et que celui de Marine Le Pen est une « impasse ». Une impasse en effet puisque ce programme réduirait la possibilité du patronat de recourir à cette « armée de réserve du Capital » qu’est l’immigration, et limiterait la précarisation et l’ubérisation de l’économie nationale autant que sa soumission aux règles libérales du marché globalisé.

On le voit, Marine Le Pen fait presque l’unanimité contre elle, ce qui est plutôt rassurant puisque ce bel unanimisme est constitué par le rassemblement de tous les coresponsables de la situation tragique que connaît la France aujourd’hui et qui menace son existence même. Malgré la « dédiabolisation », malgré une volonté parfois excessive de modération et de « normalisation », Marine Le Pen fait donc encore peur à tous ces gens-là. S’il fallait un seul argument pour voter sans hésiter pour elle, malgré tous les possibles désaccords, ce serait celui-là.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 14 avril 2022

Vingt ans après : vers un « front républicain » des traîtres et des cocus

front républicain

A peine les deux protagonistes du second tour connus, alors même que le dépouillement des votes n’était pas terminé, le premier réflexe de la quasi-totalité des candidats éliminés a été, dans un bel ensemble, d’appeler à « faire barrage à l’extrême droite » en votant pour Emmanuel Macron le 24 avril. S’il fallait encore une preuve de l’affolement apeuré qui s’empare du système des copains et des coquins à la perspective de l’élection d’un président patriote, celle-ci suffirait amplement.

C’est le communiste Roussel qui s’est précipité le premier pour exhorter ses faibles troupes à voter pour l’homme de la retraite à 65 ans. Le reste de la « gauche » a ensuite défilé pour entonner le même refrain, le petit doigt sur la couture du pantalon, auxiliaires empressés de l’homme du capital. Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, s’il n’a pas appelé directement à voter Macron, a invité ses partisans à « ne pas donner une seule voix à Mme Le Pen ». Seule Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière, n’a pas donné de consigne de vote, renvoyant dos à dos les deux candidats.

Les « damnés de la terre » vont donc apporter massivement leurs scrutins à l’enfant de Rothschild et de McKinsey, au grand casseur social, à l’éborgneur de Gilets jaunes, au démolisseur des services publics… Si la situation de notre pays n’était pas si tragique, on en rirait volontiers.

Alors que nous commémorons le fameux « 21 avril 2002 » (fameux à plus d’un titre), c’est donc reparti pour un tour, la momie « front républicain » est sortie de son tombeau et on s’apprête à agiter de nouveau les bannières mitées de « l’antifascisme de salon ». « No pasarán ! », va-t-on hurler dans les rues, comme les grands ancêtres en 1936 à Barcelone, et, espérons-le, avec la même efficacité. Rien ne semble avoir changé, tout est prêt pour deux semaines de propagande intensive à base de « valeurs républicaines », d’« heures les plus sombres » et de « dangers de l’extrémisme ». Les Français sont-ils toujours dupes ? On peut, hélas ! le craindre, tant le battage médiatique est imposant et permanent, mais on peut aussi espérer que la dégradation de leurs conditions de vie et le progressif effacement de la France à laquelle ils restent attachés leur fassent enfin choisir une véritable alternative. Nous le saurons dans deux semaines cruciales pour l’avenir du pays.

Quoi qu’il en soit, une fois encore, face aux périls qui menacent la France et les travailleurs français, la gauche dite « radicale » s’est déshonorée et a démontré qu’elle n’est qu’une désolante supercherie qui a définitivement abandonné le combat social au profit de ses lubies sociétales et de ses passions xénophiles et immigrationnistes. Quant à la droite « libérale » – en tout cas aux débris qui en restent –, elle a été égale à elle-même : ridicule et lâche.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 11 avril 2022

Corse : Macron, le pompier pyromane

macron corse

Au lendemain de l’annonce de la mort d’Yvan Colonna, Emmanuel Macron, invité sur la radio France Bleu, a appelé au « calme et à la responsabilité » et à des « discussions apaisées » en Corse. Sages paroles et nobles préoccupations mais est-il le mieux placé pour lancer cet appel, lui qui, avec l’aide empressée de ses ministres, a tout fait pour favoriser un regain de tension et de violence sur l’île de beauté ?

En effet, du moins si l’on en croit Le Canard Enchaîné, le président de la République aurait, à l’approche des élections, engagé des tractations avec les « nationalistes » corses en vue d’accorder une plus grande part d’autonomie à l’île afin de tenter « d’acheter », ni plus ni moins, un électorat insulaire qui lui avait fait défaut au dernier scrutin (la Corse est en effet la région de France qui a le moins massivement voté pour Emmanuel Macron en 2017). Quel meilleur moyen que cette tambouille électoraliste pour redonner de l’espérance et de l’énergie au mouvement indépendantiste ?

Ce fut ensuite au tour du ministre de l’Intérieur d’en remettre une couche en déclarant, avant même le début de tout débat, que le gouvernement était « prêt à aller jusqu’à l’autonomie ». Quelle étrange façon de négocier que d’abattre tout son jeu quand la partie n’est pas même entamée ! Est-ce encore là le résultat d’un judicieux (et coûteux) conseil du cabinet McKinsey ? Quoi qu’il en soit, comment ne pas voir dans ces propos un encouragement aux maximalistes et autres jusqu’au-boutistes corses, conscients de leur avantage et prêts à saisir l’occasion pour le pousser le plus loin possible ? Le FLNC l’a d’ailleurs bien compris en faisant immédiatement planer la menace d’une reprise de la lutte armée.

C’est enfin à nouveau Gérald Darmanin qui a rajouté de l’huile sur le feu en plaçant, de façon tout à fait scandaleuse, sur un pied d’égalité l’agression de l’assassin du préfet Erignac et l’assassinat de Samuel Paty, donnant un peu plus de grain à moudre à ceux qui veulent faire d’Yvan Colonna un « martyr ». Martyr de l’Etat français bien sûr, et nullement de l’islamisme. Le fait que l’agresseur d’Yvan Colonna soit un djihadiste d’origine camerounaise semble en effet avoir totalement disparu du débat, la colère et la vindicte des « nationalistes » corses se concentrant uniquement sur l’Etat français, cible il est vrai plus facile et bien moins dangereuse.

On voit bien en tout cas que le gouvernement macroniste est incontestablement responsable, du moins partiellement, de l’explosion de violence qui a secoué la Corse et qui pourrait se renouveler dans les prochains jours quand le temps du deuil et du recueillement sera passé.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 23 mars 2022

Armement, Défense : l’Europe en miettes

europe défense

Totalement vassalisée à Washington, incapable de tracer une troisième voie diplomatique dans la crise ukrainienne, l’Europe, où plus exactement l’Union européenne, existe-t-elle encore ?

On peut d’autant plus fortement en douter après la révélation de deux affaires qui démontrent la totale absence de cohérence et de solidarité au sein de cette « union » qui semble n’être que de façade.

En effet, une enquête, basée sur des documents « confidentiel défense », a révélé que la France a vendu du matériel militaire à la Russie – le Grand Satan d’aujourd’hui – jusqu’en 2020, délivrant à Moscou 76 licences d’exportation de matériel de guerre, notamment des caméras thermiques destinées à équiper des chars d’assaut et permettant de détecter des cibles humaines en pleine nuit, ou de repérer un véhicule dans un rayon de dix kilomètres. Du matériel qui se retrouve sans doute aujourd’hui sur le champ de bataille ukrainien…

La France a donc discrètement équipé l’armée russe entre 2014 et 2020, profitant d’une brèche juridique dans l’embargo décidé par l’Union européenne en août 2014. Les contrats signés avant cette date pouvant être maintenus et les livraisons d’armes assurées, les gouvernements de François Hollande et d’Emmanuel Macron en ont profité pour continuer ce commerce juteux qui aurait rapporté environ 152 millions d’euros. Financièrement profitable mais moralement plus que discutable, surtout à l’égard des « partenaires européens » censément unis dans la condamnation du régime de Vladimir Poutine.

Parallèlement, on apprenait que l’Allemagne compte acheter jusqu’à 35 avions de combat F-35 américains pour équiper son armée. Berlin a en effet décidé de dégager une enveloppe exceptionnelle de 100 milliards d’euros pour moderniser son armée. Louable préoccupation dans le contexte actuel mais que dire du choix d’un fournisseur américain alors que d’autres pays européens, au premier rang desquels la France, propose un matériel équivalent, voire de plus grande qualité et technicité ? Si elle se confirmait – ce qui semble être le cas –, cette décision serait un véritable camouflet pour la solidarité européenne et un très mauvais signe pour le projet franco-germano-espagnol SCAF (Système de combat aérien du futur) qui doit remplacer à l’horizon 2040 les avions de combat Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols.

Dans un tel contexte, comment imaginer la mise en place effective d’une réelle « défense européenne » débarrassée de son tuteur américain et véritablement indépendante ? Cette défense autonome est pourtant la seule chance de voir un jour exister une Europe qui soit une puissance capable de peser sur la scène internationale et de défendre ses propres intérêts sans être systématiquement à la remorque de Washington. La route vers la réalisation de cet indispensable projet semble aujourd’hui, hélas ! plus longue que jamais.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 15 mars 2022

Insécurité et délinquance : Nantes au bord de la crise de nerfs

délinquance insécurité

Jadis, la Cité des ducs était l’un des villes les plus attractives de France. L’agglomération bénéficiait en effet de nombreux atouts. Outre sa situation géographique, elle accueillait un important pôle universitaire, de nombreuses entreprises nourrissaient le marché de l’emploi et l’activité culturelle y était florissante. C’était alors la destination rêvée pour de nombreux Parisiens ne supportant plus les difficultés et les vicissitudes de la vie dans la capitale. Las, en quelques années, le rêve s’est mué en cauchemar et Nantes en un véritable coupe-gorge. Les explications de cette triste transformation ne sont guère originales, puisque ce sont presque toujours les mêmes, partout sur le sol national : explosion de la délinquance, règne des bandes ethniques, laxisme judiciaire et démission des pouvoirs publics.

La situation de la capitale bretonne s’est tellement dégradée que la population, excédée, organise désormais chaque semaine une manifestation pour dénoncer un quotidien de plus en plus invivable. C’était ainsi ce week-end le cinquième rendez-vous de ce rassemblement de la colère et du désespoir. Il rassemble de nombreux commerçants, notamment des patrons de bars et de restaurants, des riverains du centre-ville mais aussi des policiers municipaux réclamant davantage de moyens pour tenter de rétablir l’ordre. Ils demandent notamment à être équipés d’armes létales afin d’être plus dissuasifs face à des voyous « qui veulent en découdre avec les flics ». Tous les participants dénoncent une insécurité permanente et hors de contrôle et des agressions quasi journalières.

Face à l’inertie des institutions, l’association Sécurité nocturne Nantes a par ailleurs mis en place des initiations gratuites à l’autodéfense, notamment à l’intention des « travailleurs de nuit » – serveuses, portiers, gérants de bars… – qui sont les premiers exposés. On leur apprend les gestes indispensables pour faire face à des tentatives d’agression tout en leur rappelant que la « riposte doit être proportionnée à l’attaque » sinon ce sont eux qui risquent de se retrouver sur le banc des accusés, la justice étant curieusement beaucoup plus efficace et sévère dans ce genre de cas. Le monde à l’envers !

Nantes, cinquième ville du pays, est devenu le malheureux symbole de la dégradation de la qualité de vie en France et de l’incapacité des pouvoirs en place, émasculés par leurs dogmes idéologiques laxistes, à juguler la prolifération de la délinquance et de la criminalité. Il n’y a désormais plus de régions « préservées » ou de villes « protégées » ou, s’ils en existent encore marginalement, ce n’est, hélas ! qu’une question de temps avant qu’elles connaissent les mêmes affres que Nantes, désormais appelée « la petite Marseille ». Et rien ne changera tant que ne seront pas prises à bras-le-corps les questions d’un sévère contrôle de l’immigration et d’une réforme profonde du système judiciaire et carcéral. Une évidence qu’il faut garder en tête à quelques semaines d’une élection primordiale pour l’avenir du pays.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 14 mars 2022

Prisons françaises : le poids des détenus étrangers toujours plus lourd

prisons

Interrogé, lors d’une émission télévisée, sur la surreprésentation des détenus étrangers (à ne pas confondre avec ceux « d’origine étrangère ») dans les prisons françaises, le garde des Sceaux, Eric Dupond Moretti, avait répondu : « Il n’y a pas de statistiques qui sont tenues en la matière ». Las, il démontrait là qu’il connaissait bien mal l’institution qu’il est censé cornaquer puisque ces statistiques existent bel et bien et qu’elles démontrent le poids accablant et exponentiel que font peser les criminels étrangers sur le système carcéral national.

En effet, selon le dernier décompte de l’administration pénitentiaire, sur une population pénale qui s’élève à 69 173 individus, la proportion des étrangers est de 25 % (17 198 individus). A titre de comparaison, ce chiffre était de 17,2 % dix ans auparavant, en 2011. Le coût de leur prise en charge par l’Etat français, et donc par le contribuable, s’élève à près de 700 millions d’euros par an (environ 110 euros par jour et par détenu).

Ces délinquants et criminels viennent d’Afrique pour plus de la moitié (56 %), les autres sont des ressortissants européens, plus marginalement des Asiatiques et des Sud-Américains. Une centaine de détenus seraient « apatrides » même s’il s’agit le plus souvent de tentatives de camouflage de la nationalité d’origine pour éviter l’expulsion. Car c’est bien ici que se situe le cœur du scandale : dans la tragique faiblesse du nombre de rapatriements dans les pays d’origine. Seule une infime partie de ces détenus étrangers – qui sont quasiment tous sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français – font l’objet d’une telle mesure, au maximum une quinzaine par an, un chiffre totalement dérisoire ! En cause, la complexité et la lourdeur des dispositifs légaux de rapatriement. C’est en effet à l’administration pénitentiaire de constituer un dossier, qu’elle transmet au parquet (déjà surchargé par les affaires courantes), puis le magistrat de liaison de l’ambassade de France, située dans le pays d’origine du détenu, doit organiser ce rapatriement avant que le service national des transfèrements, chargé de déplacer les détenus, y procède. Finalement, la quasi-totalité de ces détenus étrangers végètent dans les prisons françaises – ils sont exclus donc exclus des aménagements de peine ou des programmes de réinsertion et, ne parlant généralement pas français, de la plupart des activités pénitentiaires – et ne quittent leur cellule que pour rejoindre un centre de rétention administratif, avant bien souvent d’être relâchés sur le territoire français avec d’évidence une récidive presque assurée.

Ce sont donc des milliards d’euros qui, depuis des années, sont dépensés en pure perte. Une gabegie immense qui devra être prise en compte lors de la nécessaire grande réforme du système carcéral français, actuellement en faillite totale, devenu une gigantesque usine à produire des récidivistes et n’assurant plus aucune de ses missions, au premier rang desquelles on trouve « punir » et « protéger ».

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 25 février 2022

Spotify : le PDG s’oppose à la censure

spotify

Depuis plusieurs semaines, le géant de la diffusion de musique et de contenus audio en ligne Spotify se débat dans la tourmente. En cause, des émissions de Joe Rogan, célèbre « influenceur » américain, dans lesquelles ce dernier évoque des thèses hétérodoxes, critiques et iconoclastes sur la crise sanitaire et les campagnes de vaccination. Un intolérable crime de lèse-covidisme qui a suscité un mouvement d’appel au boycott de la plate-forme ainsi que le retrait de plusieurs artistes de son catalogue, notamment le très gauchiste et très donneur de leçons Neil Young.

Confronté à cette tempête médiatique, Daniel Ek, le PDG de la société a fait parvenir un courriel à l’ensemble de ses employés pour y justifier le maintien en ligne de Joe Rogan et exprimer son refus de la censure. Si l’homme d’affaires « condamne » certains propos « nuisibles » et confirme le retrait de diverses émissions, notamment pour des propos inappropriés à caractère racial, il se déclare opposé aux exigences des plus radicaux de ses contempteurs qui veulent voir tout simplement disparaître Joe Rogan de l’offre Spotify. « Si je condamne fermement ce que Joe a dit et que j’approuve sa décision de retirer des épisodes de notre plate-forme, je réalise que certains veulent davantage. Et je veux dire une chose très clairement : je ne crois pas que réduire Joe au silence soit la réponse », écrit-il dans sa missive adressée au personnel et largement relayée par les médias. Pour Ek, la censure est « une pente glissante » qu’il se refuse à emprunter.

Très populaire, Joe Rogan est lié à la plate-forme d’origine suédoise par un contrat d’exclusivité estimé à cent millions de dollars. A la suite de discussions avec la plate-forme, il aurait accepté de retirer plusieurs dizaines d’émissions, notamment celles où il utilise le terme « nègre », ce dont il s’est excusé « humblement et sincèrement ».

Mais c’est surtout pour ses propos sur le Covid que l’animateur est voué aux gémonies de la bien-pensance. Il est notamment accusé d’avoir découragé la vaccination chez les jeunes et d’avoir poussé à l’utilisation d’un traitement non autorisé (mais défendu par de nombreux médecins comme le microbiologiste japonais Satoshi Omura, prix Nobel en 2015), l’ivermectine, contre le coronavirus.

Si des questions de « gros sous » sont certainement entrées en ligne de compte dans le choix du PDG de Spotify de défendre son « influenceur » vedette, cette prise de position n’en reste pas moins une petite victoire de la liberté d’expression face aux aboyeurs de la nouvelle inquisition du « médicalement correct ». Un cas de « non-aplatissement » suffisamment rare pour être souligné.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 8 février 2022

GAFA : des nouvelles des maîtres du monde

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On le sait, la crise sanitaire s’est révélée être une véritable manne pour certains secteurs économiques. C’est notamment le cas pour les GAFA, ces monstres tentaculaires qui en ont profité pour renforcer leurs positions hégémoniques. Ainsi, on apprend qu’en 2021 le marché français de la publicité digitale a enregistré des revenus de 7,7 milliards d’euros, en hausse de 24 %, profitant grandement de la « numérisation » croissante de l’économie. Globalement, ce marché a doublé en à peine cinq ans.

Sans surprise, ce sont les géants du secteur – Google, Meta (Facebook) et Amazon – qui se taillent la part du lion. Avec des revenus de trois milliards d’euros, Google pèse, à lui seul, près de 40 % du marché de la publicité digitale. Ensemble, le trio Google, Meta (Facebook) et Amazon représente près de 67 % de ce marché, contre seulement 40 % en 2019. Un développement exponentiel qui tend quasiment désormais à la position monopolistique. Cette situation devrait encore s’accélérer en 2022, des prévisions annonçant une nouvelle hausse du marché publicitaire digital en France autour de 18 %, pour atteindre les neuf milliards d’euros. Seule petite ombre au tableau, les nouvelles réglementations de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) qui demande un consentement explicite au recueil des données personnelles. Mais ne doutons pas que les GAFA s’adapteront fort aisément à cette légère contrainte.

Autre nouvelle touchant au monde merveilleux des GAFA, plus anecdotique mais néanmoins hautement symbolique, à Rotterdam, un pont historique va être démonté pour laisser passer le nouveau yacht de Jeff Bezos, l’ancien PDG d’Amazon et homme le plus riche du monde. En effet, le navire du milliardaire, en construction près de Rotterdam, est trop haut pour passer sous le pont Koningshavenbrug, qui est le seul accès possible à la mer. La mairie va donc faire démonter l’édifice bien qu’elle ait promis, après une rénovation majeure en 2017, de ne plus jamais démonter le pont. Mais que ne ferait-on pas pour complaire aux nouveaux maîtres du monde ? Surtout quand l’un d’entre eux s’offre un gigantesque yacht de luxe à 430 millions d’euros.

Le pont historique, construit en 1878, bombardé pendant la Seconde Guerre mondiale en 1940 puis réparé et rénové en 2017 va donc être démonté – à la charge du constructeur naval – pour céder le passage au nouveau jouet de monsieur Bezos. Si la mairie de Rotterdam met bien évidemment en avant l’importance économique et les emplois créés par la construction de ce navire, la population locale se montre plus dubitative et certains contestent fortement cette décision inédite.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 4 février 2022

Etats-Unis : une nageuse « transgenre » fait des vagues

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C’était prévisible, et même inévitable, et nous l’avions annoncé, avec quelques autres, sous les quolibets méprisant des belles âmes progressistes : l’intégration d’athlètes « transgenres » – c’est-à-dire des hommes – dans les compétitions sportives féminines allait déséquilibrer et fausser celles-ci et même, à terme, les faire imploser. Démonstration aujourd’hui par la natation féminine américaine.

En effet, à 22 ans, Lia Thomas a multiplié ces derniers mois les belles performances et les records dans les bassins universitaires américains. Seul problème, « Lia » est à l’origine un homme et le fait qu’elle enchaîne les victoires, écrasant la concurrence, commence à agacer jusque dans les rangs féministes. D’ailleurs, « la » nageuse ne pourra désormais plus participer aux épreuves de la NCAA (la fédération sportive estudiantine), à la suite d’une modification du règlement limitant la participation des athlètes transgenres aux compétitions. Ce changement réglementaire fait suite à une intense polémique qui agite les Etats-Unis. Au cœur de celle-ci, la méchante et obscurantiste nature qui, insensible aux idéologies à la mode, fait qu’un homme naît avec un corps et des caractéristiques physiologiques différents de celui d’une femme et que, sur cette base, les athlètes « transgenre » sont bien évidemment très largement, et injustement, avantagés – en termes de force, de puissance notamment – par rapport à leurs concurrentes.

Ainsi, depuis la saison 2021-2022, Lia Thomas a accumulé les performances remarquables, approchant voire dépassant les meilleures performances historiques dans la discipline. Fort logiquement, plusieurs anciennes nageuses, ainsi que des journalistes, ont dénoncé le caractère « faussé » et « artificiel » de ces résultats, certains établissant même un parallèle entre la nageuse « trans » et les nageuses de l’ex-RDA qui se dopaient à la testostérone ou aux stéroïdes anabolisants dans les années 80. C’est sans doute oublier que ce qui était hier une « tricherie » est aujourd’hui une grande « avancée sociétale ». Ces critiques ont néanmoins eu d’autant plus d’écho qu’elles ne provenaient pas uniquement du camp « réactionnaire ».

« En tant que championne olympique et avocate des droits civiques, je peux vous assurer qu’il n’y a rien de juste à ce que la femme transgenre Lia Thomas concoure pour l’Université de Pennsylvanie en NCAA », a ainsi déclaré Nancy Hogshead dans un texte publié par le journal anglais Daily Mail.

L’hydre progressiste se mord donc la queue et l’on s’écharpe dorénavant sur les campus américains entre tenants de « l’inclusion » à tout prix et défenseurs de « l’égalité des chances sportives » qui, n’en doutons pas, ne tarderont pas à être traités de dangereux « fachos ».

Le débat a pris une telle ampleur que même Donald Trump l’a évoqué en affirmant lors d’un meeting tenu le 15 janvier : « Nous interdirons aux hommes de participer aux sports féminins ». Une évidence de simple bon sens ? Malheureusement plus du tout dans le grand asile à ciel ouvert qu’est devenu le monde moderne.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 28 janvier 2022

Tests Covid : l’argent à plein nez – Un business très juteux

test covid

Pas plus que dans d’autres domaines, il n’y a d’égalité face à la crise sanitaire. Ainsi, si de nombreux secteurs de l’économie ont énormément souffert de celle-ci (restauration, hôtellerie, tourisme, transport aérien, etc.), elle a profité à d’autres et est même devenue véritable manne pour certains. On pense évidemment aux laboratoires pharmaceutiques, qui n’en finissent plus d’engranger les milliards, mais ils ne sont pas les seuls à voir actuellement leurs bénéfices exploser. C’est notamment également le cas des pharmaciens qui profitent largement de la déferlante des tests antigéniques réalisés depuis l’apparition du « variant omicron » par des hordes de vaccinés affolés, apparemment pas si confiants que cela en leur protection pfizerienne ou modernienne.

Entièrement remboursée par l’assurance maladie (sauf pour les parias non vaccinés), la multiplication exponentielle des tests est un véritable gouffre financier pour celle-ci, chiffré à près d’un milliard d’euros pour le seul mois de décembre 2021. Certaines pharmacies réalisent plus de 500 tests par jour, un véritable travail à la chaîne de forage nasal ! Une activité très rentable mais qui s’effectue parfois au détriment des autres missions de la pharmacie, notamment le conseil aux clients.

Chaque pharmacien touche de la Sécurité sociale 25 euros par test effectué qu’il achète entre deux et trois euros. Si on ajoute à cela le prix du matériel de protection (0,50 euro) et la rémunération du testeur (entre 9 et 11 euros), on obtient entre 10,50 et 13,50 euros de bénéfice. Soit une marge de plus de 40 %. Une marge plus qu’importante, d’aucuns diront excessive, qui pourtant ne suffit pas à apaiser les appétits de certains.

Ainsi deux pharmaciens, Zakaria et Samuel, sont actuellement dans le collimateur de la justice pour avoir fraudé l’Assurance maladie en faisant croire qu’ils fournissaient en tests antigéniques des professionnels de santé. Bilan de l’escroquerie : plus de 20 millions d’euros payés par la caisse primaire d’assurance maladie de Paris. C’est cette dernière qui a fait part de ses doutes à la justice après s’être vu facturer plus de trois millions de tests entre septembre et décembre 2021 par le docteur Zakaria, soit un total de 18 millions d’euros. Mi-décembre, à l’issue de sa garde à vue dans les locaux de la brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) de la PJ parisienne, le « docteur Zak » a été mis en examen et écroué. Samuel, lui, plus modeste, est soupçonné d’avoir mis en place un système de fausses factures lui permettant de toucher quatre millions d’euros de la CPAM75 entre août 2020 et novembre 2021. Il est pour l’heure toujours en liberté. Deux beaux exemples de « profiteurs de guerre », pour reprendre la terminologie martiale de notre cher président.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 24 janvier 2022

Apartheid sanitaire : l’Assemblée nationale adopte le passe vaccinal, par Xavier Eman

Assemblée nationale

Sans grande surprise, les godillots macroniens ont définitivement entériné la mise en place du nouvel outil de contrôle social voulu par le gouvernement. Le texte « renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire » a ainsi été voté par 215 députés, tandis que 58 se sont prononcés contre et sept se sont abstenus. On pourra noter au passage que 297 « élus du peuple » n’ont même pas daigné se déplacer pour participer à ce vote. Sans doute des opposants (tardifs) au travail du dimanche… Outre la majorité macroniste, une partie des députés LR et PS s’est prononcée en faveur des nouvelles restrictions de libertés, notamment Eric Ciotti, la nouvelle idole des droitards.

Le passage devant le Sénat n’aura finalement été qu’une formalité alors que certains naïfs espéraient une plus grande « résistance » de la part d’une assemblée réputée plus « sage » et « conservatrice ». Au contraire, le seul amendement sénatorial inscrit dans la nouvelle loi ne laisse pas d’être inquiétant et possiblement destructeur : en cas de désaccord entre parents sur la vaccination de leur enfant de 5 à 11 ans, l’un des deux pourra décider unilatéralement de le faire vacciner alors qu’il fallait jusqu’à présent un accord commun. De biens tristes drames et chantages familiaux en perspective !

Dès que la loi sera publiée par décret (vers le 20 janvier, espère le gouvernement), ce passe vaccinal se substituera donc à l’actuel passe sanitaire pour accéder à l’essentiel des lieux publics et des activités de loisirs (restaurants, cafés, bars, salles de sport, piscines, foires, transports publics interrégionaux…). Les magasins ou les lieux de culte ne sont pas concernés par la mesure, tout comme les établissements et services de santé (dont l’accès reste conditionné à un test négatif). Les non-vaccinés pourront donc encore acheter des denrées alimentaires, prier et éventuellement se faire soigner. Quelle générosité et quelle clémence envers ces irresponsables citoyens de seconde zone !

Dans ce nouveau cadre, les contrôles seront bien évidemment renforcés, chacun, ou presque, devenant le kapo de son voisin. Ainsi les restaurateurs et organisateurs de spectacles pourront vérifier l’identité des personnes présentant un passe vaccinal, en exigeant soit une carte d’identité, soit un « document officiel comportant sa photographie ». Le passe vaccinal ne s’appliquera qu’aux personnes à partir de l’âge de 16 ans, les mineurs de 12 à 15 ans restant soumis à l’obligation de présenter l’actuel passe sanitaire.

Alors que désormais tout le monde s’accorde à reconnaître que le « passe », sanitaire ou vaccinal, n’empêche nullement la transmission massive du virus et que son seul intérêt serait de limiter les « cas graves » et donc la pression sur les services de réanimation des hôpitaux dans lesquels le gouvernement refuse d’investir massivement comme la logique la plus basique le voudrait, ce vote apparaît clairement comme l’expression d’une volonté de « punir » les réfractaires aux oukases gouvernementaux bien plus que comme une quelconque mesure sanitaire.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 17 janvier 2022

Québec : les non-vaccinés vont être taxés

vaccin covid

C’est une nouvelle étape dans la persécution des non-vaccinés qui a été franchie chez nos cousins de Nouvelle France. En effet, le gouvernement de la province francophone est en train de mettre en place « une contribution santé », en prétendant que les non-vaccinés seraient un « fardeau» pour l’ensemble de la communauté alors que la plupart d’entre eux sont en parfaite santé, ne demandent rien à personne, et contribuent déjà, comme tous les autres citoyens, par l’impôt, au financement du système médical.

Le gouvernement du Québec souhaite que cette taxe soit d’un « montant significatif » qui est actuellement en cours de discussion.

Cette taxe est une nouvelle façon de discriminer et de pointer du doigt les non-vaccinés, boucs-émissaires de tous les maux et de toutes les difficultés actuelles. On assiste ainsi à inquiétant crescendo dans les mesures vexatoires prises envers une partie de la population qui, rappelons-le, n’a commis aucun délit si ce n’est celui de ne pas se soumettre aux oukazes – par ailleurs clairement inefficaces – du gouvernement.

Eric Duhaime, le chef du parti conservateur du Québec, a estimé pour sa part sur Twitter que le Premier ministre continuait « de trouver des outils et même une nouvelle taxe pour diviser les Québécois ».

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 12 janvier 2022