Cancel Culture, wokisme, puérilité des séries américaines : l‘actrice franco-américaine Beatrice Rosen nous en parle…

Raison d’être des universités occidentales à l’heure du wokisme

universités

Professeur d’informatique à la Faculté des Sciences, des Technologies et de Médecine de l’université du Luxembourg, Franck Leprévost réaffirme la vraie mission de l’université face aux menaces que représentent ces idéologies anti-scientifiques qu’on qualifie aujourd’hui de “wokistes”. Tribune.

À quoi sert une université ? Quels sont les défis contemporains de ses dirigeants ? La vague déferlante du wokisme sur les sociétés occidentales, et ses multiples tentatives d’emprises sur le monde universitaire, anglo-saxon puis d’Europe continentale, font que les réponses à ces deux questions ne vont plus de soi aujourd’hui. Compte tenu de l’impact sociétal des universités, et de leur capacité à forger les opinions et les esprits sur plusieurs générations, il est devenu urgent de replacer ces deux questions au cœur du débat, et d’y répondre avec clarté.

Le défi

Rappelons que la doctrine woke, se présentant comme une hypersensibilité aux revendications des minorités, renvoie chacun à son genre, sa race ou son ethnicité, procède à des déconstructions tous azimuts, et nie les réalités biologiques au profit de constructions sociales « fluides ». Cette mouvance pénètre les universités. Les facultés de sciences sociales et littéraires sont certes en première ligne, mais les scientifiques les suivent de près. D’une manière générale, le militantisme woke tend, comme l’écrit Nathalie Heinich, « à transformer les salles de cours en lieux d’endoctrinement et les publications en tracts. » (Ce que le militantisme fait à la recherche, Gallimard, Tracts, 2021). Nous vivons actuellement à l’heure de la cancel culture, où des professeurs peuvent être chassés de leur université, comme la philosophe, Kathleen Stock, accusée de transphobie ; où presque 5000 livres ont été brûlés dans des écoles canadiennes dans un « geste de réconciliation » avec les peuples indigènes ; où l’université de Cambridge accompagne les pièces de Shakespeare de « trigger warnings » ou « traumavertissements » ; et où, à la Sorbonne, des représentations de la pièce Les Suppliantes d’Eschyle, attaquées par des associations communautaristes antiracistes, ne peuvent avoir lieu que sous haute protection policière.

Comment une telle idéologie a-t-elle pu s’implanter dans les universités ? Pour ce qui concerne les États-Unis, deux éléments y ont joué un rôle. Romain Gary donne un premier éclairage dans son livre autobiographique Chien Blanc, publié en 1970 : « Le signe distinctif par excellence de l’intellectuel américain, c’est la culpabilité. Se sentir personnellement coupable, c’est témoigner d’un haut standing moral et social, montrer patte blanche, prouver que l’on fait partie de l’élite. Avoir « mauvaise conscience », c’est démontrer qu’on a une bonne conscience en parfait état de marche et, pour commencer, une conscience tout court. Il va sans dire que je ne parle pas ici de sincérité : je parle d’affectation. » Le deuxième élément concerne l’évolution du rapport entre professeurs de gauche et de droite dans les universités américaines. Jusqu’en 1996, ce rapport était en moyenne de 2 :1, mais entre 1996 et 2011, il évolue pour atteindre le ratio 5 :1, avec les professeurs de gauche à 60 %, ceux de droite à 12 %, et les « ne se prononcent pas » à 25 %. Si on ne regarde que les départements des humanités et des sciences sociales, ce ratio grimpe à des altitudes entre 17 :1 et 60 :1.

Pour lire la suite, c’est ici !

Idéologie woke : pas avec ma redevance !

woke

Nous aurions tort de ne pas nous en féliciter : la contre-offensive du bon sens contre l’idéologie woke est bien enclenchée en France. A tout seigneur tout honneur, reconnaissons à Pierre Valentin un rôle précurseur en ce domaine. Ce jeune politologue a signé l’été dernier deux notes particulièrement complètes qui lui avaient été commandées par le laboratoire d’idées Fondapol. Chose rare, ce travail de synthèse universitaire a rencontré un large écho médiatique, des colonnes de Marianne au Point, en passant par Europe 1, Sud Radio ou même RFI.

Visage souriant et propos clair, Valentin a beaucoup fait pour la compréhension en France de ce phénomène venu des campus américains et qui paraissait, au premier abord, aussi exotique qu’un serpent à plumes. Le wokisme est aujourd’hui devenu une ligne de fracture idéologique majeure. Le progressisme bon teint des années 1970 a largement été dépassé par cet acmé de la déconstruction.

Signe des temps, l’ancien président du Forum gay et lesbien de Lyon a déclaré il y a quelques jours que « le wokisme est un cancer intellectuel ». Allez comprendre… Manuel Valls n’a-t-il pas déclaré, pour s’en inquiéter, qu’ « à travers Christiane Taubira, le wokisme investit une candidate à la présidentielle » ? A l’Université, quelques courageux professeurs prennent la parole pour dénoncer la contamination woke, qui fait peser une véritable chape de plomb sur l’ensemble du corps enseignant et sur les étudiants. On se souvient de l’affaire Klaus Klinzer à Sciences-Po Grenoble, suspendu car soupçonné d’islamophobie. Plus récemment, le constitutionnaliste Christophe Boutin est sorti de sa réserve pour rappeler que « le wokisme et la cancel culture posent un problème important dans les universités ».

Rééducation des masses

Reste que dans les médias de grand chemin, le wokisme est à la mode. Rien d’étonnant quand on connaît les habitudes moutonnières de cette corporation. Télérama, Les Inrocks, France Inter, Libération, Causette et j’en passe en font des tonnes. Surenchère victimaire. Délire permanent. Encore n’est-ce que la pointe émergée de l’iceberg. Le wokisme contamine à grande vitesse les adolescents rivés à leurs écrans bleus et qui enchaînent les vidéos Tik-Tok dans un état d’abrutissement frôlant l’hypnose. Les grands maîtres de la rééducation des masses en auraient rêvé, l’addiction techno-numérique l’a fait. Konbini, Brut, France TV Slash injectent leur contenu orienté sur ces réseaux sociaux particulièrement prisés des jeunes.

C’est contre Slash, qui est une plateforme filiale de France Télévisions, et donc payée avec nos impôts, qu’est partie une contre-offensive il y a quelques jours. Sous l’intitulé « Pas avec ma redevance », un collectif s’est formé pour dénoncer la partialité idéologique de ces programmes via une pétition. Pour l’un de ses initiateurs, Arthur Monnet, le constat est clair : « Le pendant 100 % numérique du service public audiovisuel déroule en toute impunité une ligne ouvertement militante, reprenant sans retenue tous les tropismes chers aux “wokes”. » Panique à bord en quelques jours du côté de France Télévisions, et contre-feu allumé par Libération qui prétend voir derrière cette initiative la main cachée d’affreux réactionnaires tendance zemmouriste. La preuve que l’attaque avait porté au bon endroit…

Pierre Saint Servan

Article paru dans Présent daté du 16 février 2022

Wokisme – Disney qui remplace les nains par des « créatures magiques » – Une polémique dont personne ne sort grandi

Nos points de faiblesse, par Jean-Gilles Malliarakis

La scandaleuse expulsion de notre ambassadeur à Bamako, après que le gouvernement malien a renvoyé les soldats danois de la force Takuba, devrait nous inciter à réfléchir.

Depuis 2014, en effet, lancée par le regrettable Hollande, l’opération Barkhane a d’abord sauvé le Mali de sa désagrégation étatique, de la menace islamo-terroriste et, ne l’oublions pas de l’hypothèque sournoise de l’Algérie. Elle mobilise encore 5 000 soldats français. Le nombre de 53 morts, en bientôt 8 ans, ne doit, à cet égard pas nous induire en erreur : le meilleur hommage que nous devons leur rendre est de citer leur indispensable sacrifice en exemple : « nous souhaiterons faire école ».

Reste que, sous le règne de M. Macron, dont on se souviendra aussi que dès 2017 il a accepté de faire, plusieurs fois, « repentance » dans des termes odieux et destructeurs, il est hélas donné à penser à trop de Français que cet engagement était inutile. Nous acceptons que cet État, gouverné désormais par une clique militaire sans légitimité, renvoie notre ambassadeur et nous envoie, sans aucune pudeur, des centaines de milliers de ses ressortissants qui grossissent les rangs de la voyoucratie et du communautarisme islamique.

Cela nous amène à nous interroger sur l’inversion indispensable des flux migratoires si nous voulons enrayer le scénario de l’invasion. Il faudra bientôt, si nous entendons nous défendre chez nous, repérer les failles de la citadelle assiégée.

Or, parmi nos points de faiblesse, figure évidemment en place centrale la capitulation idéologique de nos dirigeants face aux forces de destruction.

En ce début de février, on débat au Palais du Luxembourg des assauts idéologiques que le mot à la mode « wokisme » semble résumer ces temps-ci. Si on doit le considérer seulement du point de vue intellectuel ce phénomène prend le relais d’une forme plus globale de décadence que l’essayiste anglais Douglas Murray analyse, à juste titre me semble-t-il, comme une « grande déraison »(1)⇓.

Les révolutionnaires de gauche parlent aussi à cet égard « d’intersectionalité » ; à savoir, en effet, que la folie des foules s’est emparée de plusieurs thèmes au profit intérieur d’un véritable syndicat des destructeurs, dans lequel s’engouffre une partie de la pseudo-droite, tous acharnés à détruire le monde occidental, à commencer par la société française(2)⇓ .

Or, la décadence de nos nations occidentales face à quelques puissances adverses ne doit être ni sous-estimée ni surinterprété. Si nous observons par exemple les deux ou trois désastres historiques comparables, la disparition de l’empire romain d’Occident en 476, ou la chute de Constantinople en 1453, la mort des civilisations se révèle beaucoup plus lente que ne veulent le croire les bons esprits fatalistes(3)⇓ .

Dans chacun des cas ce que l’on retrouve est un rapport démographique sur le long terme. Les empires romain, byzantin, wisigoth ont surtout été numériquement submergés, comme nous sommes en train de l’être.

Si la Chine communiste peut ambitionner de se diriger vers une suprématie mondiale, en commençant par une expansion en Asie centrale, c’est d’abord par la loi du nombre et par une immense réserve de main-d’œuvre corvéable à merci grâce à la dictature des 90 millions de membres d’un parti unique marxiste.

L’évaluation selon laquelle les Occidentaux sont divisés et les Européens incapables de s’unir est dès lors grossièrement partagée par les principales puissances rivales de l’Amérique.

Ceci inclue non seulement la Chine communiste et la Russie, mais aussi la Turquie d’Erdogan, formellement encore alliée de l’OTAN, mais candidate, on ne doit jamais le perdre de vue, à retrouver la direction politico-religieuse du monde islamique.

Et, par conséquent, ces pays cherchent activement les points de faiblesse leur permettant d’étendre leur influence aux delà de leurs frontières et même, de façon provocante, leur territoire.

Nous nous trouvons donc bientôt en Europe dans une situation tragique si nous ne redressons pas la barre.

1. cf. son ouvrage « La Grande Déraison », Race Genre, Identité, 460 pages, publié en 2020 aux éditions de L’Artilleur, il est présenté comme « n°1 des ventes en Angleterre », sous le titre original, en 2019, « The Madness Of Crowds »
2. cf. L’Insolent du 29 décembre 2021 « Du syndicat des destructeurs »
3. Entre le déclin des vertus guerrières de la Rome républicaine et la déposition de Romulus Augustule, il s’écoule cinq siècles ; quant à l’histoire byzantine elle se déroule sur plus de mille ans et, alternant phases de désordres internes et de renouveaux, elle ne se traduit en rien par la longue décadence que prétend décrire le décadent Gibbon. La prétendue dispute sur le sexe des anges, qu’aiment à citer tant de faux lettrés, n’a jamais existé, et le dernier empereur Constantin Paléologue est mort en héros défendant les murailles de sa Ville, trahi par les Occidentaux. Plus foudroyante en revanche semble la conquête de l’Espagne du royaume wisigoth par les Arabes en 711, qui doit beaucoup à la trahison.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

1984, d’Orwell, désormais dans le viseur du wokisme

Orwell 1984

À l’instar du réel, pour les zélateurs du progressisme, en 2022, 1984, le roman dystopique de George Orwell, est devenu offensant.

1984, l’une des plus grandes œuvres de la littérature britannique, à la fois visionnaire sur l’évolution de nos sociétés en cours d’annulation et prophétique sur celle de nos démocraties égalitaristes, entré depuis dans le panthéon des monuments littéraires universels, est aujourd’hui, parmi tant d’autres œuvres de la littérature classique anglo-saxonne – Brontë, Dickens, Beckett, etc. – sous le feu du delirium progressiste. « Les deux minutes de haine », rituel dont elles sont issues, le sont maintenant à l’encontre du livre. Publié en 1949, le roman d’Orwell se déroule dans un État totalitaire qui persécute la pensée individuelle et est notamment à l’origine d’expressions entrées dans la lexicologie courante: « Big Brother », « novlangue » et « police de la pensée », et j’en passe.

Le personnel académique de l’université de Northampton, en Grande-Bretagne, a émis un avertissement au lecteur – trigger warning – à l’encontre du roman au motif que celui-ci contient du « matériel explicite » que certains étudiants pourraient trouver « offensant et bouleversant ». Âmes progressistes à la sensibilité à fleur de peau, racisée ou non, s’abstenir donc du potentiel « offensant et bouleversant » de l’ouvrage ; celui-ci « aborde des questions difficiles liées à la violence, au genre, à la sexualité, à la classe, à la race, aux abus, aux abus sexuels, aux idées politiques et au langage offensant ».

Beaucoup de voix dénoncent cette hystérie wokiste. « Il y a une certaine ironie que les étudiants reçoivent maintenant des avertissements avant de lire 1984. Nos campus universitaires deviennent rapidement des zones Big Brother dystopiques où la novlangue est pratiquée pour réduire l’éventail de la pensée intellectuelle et annuler les orateurs qui ne s’y conforment pas », dénonce le député conservateur Andrew Bridgen. « Beaucoup d’entre nous – et nulle part cela n’est plus évident que dans nos universités – avons librement renoncé à nos droits pour nous conformer à une société homogénéisée gouvernée par une élite libérale [gauchiste, NDLR] nous “protégeant” des idées qu’ils jugent trop extrêmes pour nos sensibilités », poursuit-il.

Alors que 1984 sonne un avertissement éminemment prophétique sur les dangers du totalitarisme idéologique, de nos jours transfiguré sous forme de bien-pensance, de politiquement correct, de progressisme à sens unique, de censure et de culture de l’annulation, l’ensemble de plus en plus en phase avec nos sacro-saintes valeurs républicaines, ce genre de semonce va même à l’encontre même des thèmes que le livre est censé dénoncer. Mais encore, à l’heure où, d’un seul clic, l’omnipotence et l’omniscience d’Internet permettent de mettre à disposition de tout un chacun une constellation de contenus que l’on peut qualifier du moins offensant, du pornographique à l’extrêmement violent, au voyeurisme scabreux des « incivilités » quotidiennes sur les réseaux sociaux, mais aussi aux séries télévisées qui font l’apologie d’une violence décomplexée, fût-elle physique, morale ou sociétale, nos pauvres chouchous, hyperconnectés au virtuel et complètement déconnectés du réel, risquent la déstabilisation cognitive à la lecture d’un paragraphe.

Après la fabrique du crétin numérique, nous voici à l’ère du trouillard progressiste, de la génération woke qui hésite encore si elle est garçon ou fille. Il ne fait d’ailleurs aucun doute qu’Orwell, paraphrasant Bossuet, se rirait de nos jours des progressistes qui se plaignent des conséquences dont ils chérissent les causes. Des minorités dites opprimées, on verse dans la génération des offensés. Comment une génération à qui on donne la frousse pour un livre, une histoire, une grippe ou un rhume peut-elle encore appréhender l’histoire tragique qui l’attend ?

Pierre Mylestin

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Mathieu Bock-Côté : « Les deux guerres mondiales ont dévitalisé la civilisation européenne qui doute désormais de sa légitimité »

Mathieu Bock-Côté, un grognard face au néant

Les Français se méfient à raison des produits importés d’outre-Atlantique. L’américanisation n’a pas terminé ses ravages, qui après avoir inondé l’Europe de sa sous-culture, prétend maintenant imposer une sous-morale aussi pauvre qu’impitoyable. Le wokisme pensait pouvoir pénétrer en France avec facilité, il se heurte à une résistance surprenante. Un réveil du bon sens, de fierté nationale semble frémir. Ce qui aurait pu être une guerre-éclair, balayant toute opposition sur son passage, a muté en guerre de position. Le camp conservateur a repoussé les premières charges, il s’agit maintenant de reformer les troupes pour préparer la contre-offensive.

Dans ces mois décisifs, un solide gaillard de la Nouvelle France a pleinement tenu son poste. Son courage tranquille et son large sourire feraient presque oublier que Mathieu Bock-Côté est un lutteur expérimenté, un grognard qui a connu de nombreuses campagnes. Voilà un intellectuel vertébré, un débatteur qui a su en quelques années prouver qu’il avait le cuir particulièrement épais.

Se dressant contre les plus gros mensonges de l’époque, il sonne l’olifant – hier dans les colonnes du Figaro, aujourd’hui sur les plateaux de CNews ou d’Europe 1 – pour tirer le gros des troupes de sa torpeur et rappeler chacun à ses devoirs. C’est la voix tonitruante de Bernanos et la rigueur implacable d’un Raymond Aron. Un héritier fidèle d’Emmanuel Berl et de Pierre Boutang. Foin d’ingratitude ! Comment ne pas remercier le ciel de nous avoir donné, parmi dix ou vingt autres figures éminentes du réveil de la vraie droite, Charlotte d’Ornellas et Mathieu Bock-Côté ?

Mécanique du néo-progressisme

Qu’on nous comprenne bien, Bock-Côté n’est pas un Charles Martel venu punir à coups de masse d’armes les déviances insensées des cyber-gueux du wokistan international. Comme tout Québécois, il déploie des trésors de courtoisie, d’attention aux positions de l’autre, fût-il l’adversaire le plus furibard. Profondément conservateur sur le terrain culturel et politique, il est un libéral assumé pour ce qui touche à la liberté d’expression et la pluralité des opinions.

Surtout, Mathieu Bock-Côté a le mérite d’appuyer chacune de ses charges sur un immense travail de lecture et de documentation. Voilà ce qui le rend redoutable. Il lit l’adversaire in extenso, au prix d’héroïques descentes dans les enfers du néo-progressisme. Foucault, Derrida, Butler, DiAngelo n’ont plus aucun secret pour lui. Il a démonté et remonté minutieusement chaque pièce du wokisme, nuit après nuit, mois après mois. Un triptyque des plus solides en est né : Le Multiculturalisme comme religion politique (2016), L’Empire du politiquement correct : essai sur la respectabilité politico-médiatique (2019) et La Révolution racialiste : et autres virus idéologiques, qui vient de paraître. Vous recherchiez des munitions intellectuelles pour l’année nouvelle ? En voici de sérieuses.

Pierre Saint Servan

Article paru dans Présent daté du 22 décembre 2021

Florian Philippot / Jean-Frédéric Poisson : Surveillance de masse et wokisme ! [vidéo]

philippot poisson

08/12/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Deux invités de marque pour ce nouveau numéro de Bistro Libertés : Florian Philippot et Jean-Frédéric Poisson. Ils sont tous les deux candidats à l’élection présidentielle.

Amis ou frères ennemis, réponse dans ce Bistro où l’on évoque la surveillance de masse en raison de la crise sanitaire et l’idéologie du wokisme ! Autour de Martial Bild, on retrouve aussi Nicolas Vidal pour Putsch Media, Marc Eynaud de Boulevard Voltaire et Pierre Marin.

Un Bistro Libertés qui porte bien son nom, c’est maintenant !


Buffalo Grill : le « wokisme » chasse les cowboys et les indiens

Buffalo Grill

Jusqu’où ira se nicher le « wokisme », cette maladie sénile de la modernité consistant à traquer névrotiquement toute trace, surtout fantasmée, de « domination » (patriarcale, occidentale, blanche…) ou « d’appropriation culturelle ? La réponse est désormais connue : partout, jusque dans les ultimes recoins des domaines les plus improbables tels que les chaînes de restauration.

En effet, la chaîne de restaurants dédiés aux grillades « Buffalo Grill », fondée en 1980, a décidé d’abandonner l’ambiance « western » qui était jusque-là sa spécificité. Après 41 ans d’existence, fini le décorum « cowboys et Indiens » inspiré des westerns hollywoodiens, place à un nouveau logo et un nouvel univers : « American BBQ ». La chaîne promet désormais une ambiance plus « cosy et moderne » sans toutefois modifier les produits stars de Buffalo Grill auxquels les plus fidèles clients sont attachés.

Ainsi, sur une vidéo postée sur les réseaux sociaux, on peut voir un serveur Buffalo Grill en train de retirer de son restaurant une énorme statue de bison sous l’œil attristé d’un « vrai » Indien d’Amérique. « Bye Bye les cowboys et les Indiens », précise l’agence, et d’ajouter que « Buffalo Grill se réinvente en House of BBQ ». Une restructuration qui devrait coûter près de 80 millions d’euros.

Si la raison officielle mise en avant par la direction de la chaîne est la « modernisation » et le « renouvellement » de l’image de la société, de nombreux observateurs y voient également la marque de l’influence de l’idéologie « woke » qui sévit de plus en plus dans tous les secteurs de la société. L’utilisation à des fins commerciales de l’image des « Indiens », peuple natif d’Amérique, par des employés non issus de cette minorité serait en effet « offensante » pour celle-ci. La « tragédie indienne » ne serait pas propice à une « récupération » dans un lieu de détente et de loisirs tel qu’un restaurant populaire. Cet argumentaire aurait sans doute paru risible voire totalement délirant il y a quelques années mais il est hélas aujourd’hui pris très au sérieux, notamment dans le commerce où de plus en plus d’enseignes craignent de provoquer l’ire de telle ou telle association de défense des « intérêts » d’une quelconque minorité, forcément souffrante, et de se voir boycottées voir traînées en justice. Bienvenue en Absurdistan, système à visée totalitaire où règnent la peur et la surveillance permanente au nom de l’amélioration morale de l’humanité. De quoi sérieusement nous couper l’appétit.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 24 novembre 2021

Y a-t-il un « privilège blanc » en France ? François Bousquet et Louis-Georges Tin face à face [vidéo]

François Bousquet

25/11/2021 – FRANCE (NOVOpress)
«Wokisme», «cancel culture», «racisé»… Petit à petit, le débat français s’imprègne d’une nouvelle nomenclature progressiste importée des campus américains. Autre terme à succès brandi par les militants antiracistes et décoloniaux: le «privilège blanc». Entendre par là, l’ensemble des avantages dont bénéficieraient en France les personnes blanches au détriment des «racisés».

Ce nouveau concept peut-il «éveiller» aux inégalités raciales un public français «endormi»? Ou conduira-t-il à une radicalisation dangereuse des rapports sociaux en France? Pour faire le point, Sputnik donne la parole à deux intellectuels en désaccord: Louis-Georges Tin, ancien président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France), et François Bousquet.


Enfin le hijab non-binaire et inclusif qu’on attendait tous! – Benetton va nous faire aimer l’islam…

hijab Benetton

Sous prétexte de célébration de l’ouverture culturelle des sociétés occidentales à la diversité, et de lutte contre “l’islamophobie”, le conseil de l’Europe lançait la semaine dernière une campagne de promotion du voile islamique, avec un slogan « la liberté dans le hijab ». Destinée à ériger le voile comme le signe manifeste d’une émancipation individuelle volontaire, sous le feu des polémiques aussitôt sortie, la campagne fut vite retirée.

Cette semaine, le hijab revient sur le devant de scène, mais le scénario diffère. Les acteurs ne sont plus politiques mais économiques. Célèbre pour son ode à la diversité heureuse qui serait le pilier d’une société métissée et forcément pacifiée, la marque italienne Benetton créée sa gamme de hijab unisexe en partenariat avec le rappeur italo-tunisien Ghali, qui en fait la pub pendant la fashion week milanaise. Ainsi, pour la modique somme de 35 euros, homme et femme et tous les membres de la communauté LGBTQ+ pourront acheter un hijab décliné en quatre coloris : jaune, rouge, noir ou vert, comme n’importe quel pull de la marque italienne lui aussi décliné en série. Belphégor se met aux couleurs !

Marketing islamiste

Devant la tête d’un homme encapuchonné d’un voile rouge, on a du mal à garder son sérieux. Mais au-delà du risible, la commercialisation de ce hijab unisexe n’est pas anodine et s’inscrit dans la voie ouverte par d’autres grandes marques comme H&M ou Décathlon et son burqini. En faisant du voile un objet de mode comme les autres, ces marques le banalisent, le désislamisent, le dé-culturalisent….

Mais Benetton va donc encore plus loin, en rendant la chose unisexe. Loin d’être un marqueur politique d’une pratique rigoriste de l’islam qui enferme les femmes dans un statut d’infériorité, le voile devient inclusif, transgenre, progressiste. Est-ce à dire que la “pudeur” devient mixte également, et non plus réservée aux femmes musulmanes?

Un fantasme woke

En tout cas, cette inversion des valeurs est de l’ordre du pur fantasme, au regard du traitement réservé aux minorités homosexuelles et transgenres dans des pays où s’applique la charia réputée pour son intolérance sanguinaire, comme l’Arabie Saoudite ou la Malaisie. Mais elle est pour finir révélatrice aussi de cette nouvelle alliance entre wokisme et islamisme. Ces deux idéologies, en apparence opposées – l’une étant l’aboutissement de l’individualisme libertaire et l’autre puisant sa force dans l’appartenance communautaire – aspirent au même but : détruire l’Occident, diabolisé par les woke qui le considèrent comme étant structurellement organisé au bénéfice d’un patriarcat blanc néocolonial, raciste et homophobe, et condamné par les islamistes comme étant une terre impie et d’impureté à convertir.

La commercialisation de ce hijab unisexe est une nouvelle preuve que l’islam politique passe d’une stratégie défensive et de dissimulation (la taqiya) à une stratégie d’affirmation. Et tout ça grâce aux « forces de progrès » et à tous ces nouveaux chevaliers encagoulés par le hijab United Colors of Benetton au service de l’ordre du wokistan. Grazie mille Ghali !

Isabelle Marchandier

Tribune reprise de Causeur

Faut-il s’en prendre à la « nouvelle gauche identitaire ? », par Clément Martin (Les Identitaires)

gauche identitaire

Le terme a de quoi surprendre. « Nouvelle gauche identitaire ». Il avait été utilisé dans les colonnes du Figaro pour évoquer Sonia Mabrouk, journaliste, et Matthieu Bock-Côté, essayiste, qui conspuent le « fanatisme identitaire » des théories indigénistes.

Ces deux auteurs croient en l’assimilation, Sonia Mabrouk en est l’un des exemples. Cependant, ils vivent encore dans le mythe d’une société multiraciale apaisée où, par la raison toute-puissante, on viendrait à bout du « totalitarisme diversitaire ». La journaliste de Europe 1 a notamment apostrophé Eric Zemmour en lui demandant si, elle, « musulmane », était une Française comme les autres ? Bien sûr, si on la prend aux mots, la réponse est « non ». Car l’islam est en guerre ouverte contre l’ancienne chrétienté, c’est-à-dire l’actuelle Europe, depuis ses origines. Comment une personne se définissant « musulmane » peut-elle se définir comme aussi Français qu’un paysan bourguignon de père en fils ou un descendant de croisé normand du XIIe siècle ?

La révolte de la droite et de la gauche républicaine, tendance IIIe République, universaliste et polie, contre le wokisme nous laisse un goût d’inachevé. Des journaux comme Marianne ou Le Figaro montent au créneau contre l’indigénisme avec les mêmes arguments qu’on a pu autrefois utiliser contre les Identitaires. Certes Sonia Mabrouk et Bock-Côté récusent la théorie de la « tenaille identitaire », qui met sur un plan d’égalité l’islamisme qui tue et le « populisme ». Mais l’assimilationnisme n’est pas la réponse à un phénomène qui ne peut être résumé à une énième mutation du marxisme.

Le wokisme surfe sur une réalité : le besoin d’identité enracinée, communautaire. Le multiculturalisme a démultiplié ce besoin. Chassez le naturel et il revient au galop. Mais l’assimilationnisme, idéologie du métissage dans sa version bleu-blanc-rouge, est incapable de relever ce défi du besoin identitaire, absolument vital chez tout individu qui se questionne sur le lien entre passé, présent et futur qui l’habite.

L’indigénisme devrait réveiller chez les Français de souche la conscience d’être les véritables « indigènes » de la France, les autochtones qui ne se laisseront pas « grand-remplacer » sans bouger. La « nouvelle gauche identitaire » est certes un marxisme culturel. Mais elle pose les bonnes questions sur l’irréductibilité d’une identité ethnique qu’on n’efface pas en brandissant Victor Hugo et une bouteille de vin rouge. La France n’est pas qu’une civilisation littéraire et un amour du terroir. Chaque peuple a son génie particulier et doit lutter pour le conserver et l’enrichir.

Plutôt que de rester dans une pure dénonciation du wokisme, chevauchons-le au profit d’une réalité intemporelle : de la même manière que l’Afrique est africaine, l’Europe est européenne et doit le rester.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Le wokisme, vainqueur par la faiblesse de nos sociétés, par Clément Martin (Les Identitaires)

woke

On ne compte plus les délires woke imposées aux universités, aux grandes enseignes, aux compagnies aériennes, avec la suppression de « Mesdames, Messieurs » et autres actes de soumission.

On oublie que le wokisme n’est pas arrivé à l’improviste, comme un voleur à l’arrachée, dans nos sociétés. Une certaine faiblesse a préparé le terrain. Il y avait plusieurs signes inquiétants depuis plusieurs années.

Ainsi, bien avant l’écriture inclusive à base de points, tel que « tout.e.s », il y avait le fameux « Bonjour à chacune et à chacun », ou « Bonjour à tous et à toutes ». Ces innovations ridicules et fausses du point de vue de la langue, parce que le masculin est universel en français (comme lorsque l’on dit « l’homme » pour signifier l’humanité), manifestent une vision extrêmement individualiste des relations sociales. On ne s’adresse plus à un ensemble, quand on dit « Bonjour à toutes et à tous », mais à des catégories orgueilleuses de reconnaissance. Pire encore, avec le « chacune et chacun », qui voit l’orateur s’adresser à chaque individualité égocentrée, et non à un corps. L’individualisme narcissique de la société moderne est la matrice du wokisme.

Le retrait de la mention « Madame » dans les administrations est aussi une victoire passée inaperçue, mais précoce, du wokisme. Bien que celui-ci n’était pas encore apparu sur la scène médiatique francophone. Par volonté bornée de mettre fin à une identification jugée « patriarcale », au nom d’une conception émancipatrice de la femme, on a noyé toutes les femmes sous l’étiquette généraliste de « Madame ». On n’a pas compris, puisqu’on étai ivre d’idéologie, que le « Mademoiselle » est un titre, comme « Maître » pour un avocat ou « Docteur » pour un médecin. Dire « Mademoiselle » est un geste de reconnaissance pour la singularité d’une femme non-mariée, c’est l’expression d’une générosité sociale puisque l’on admet, de façon claire, la diversité du corps social. Dernier vestige de l’Ancien régime, le « Mademoiselle », dans une République égalitariste jusqu’à la folie, devait tomber. Il y avait pourtant des femmes fières de se faire appeler « Mademoiselle », même des dames d’un certain âge, qui tenaient à cet élément caractéristique de leur identité.

Le wokisme, comme toute révolution, est vainqueur par un mélange de bons sentiments et de terreur inoculé aux tièdes et aux mondains, qui par un excès de bienveillance pavent le chemin de l’enfer. C’est pourquoi le débat avec les woke, utile médiatiquement lorsqu’il est public, ne vaut guère dans la vie de tous les jours. L’enjeu, bien au contraire, est de sauver les gens normaux, les Français lambdas, de la contamination.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires