Nouvelles de Russie – Par Xavier Moreau [vidéo]

Tour de l’actualité russe au 15 décembre 2012 par Xavier Moreau : élections américaines, élections ukrainienne, relations germano-russes, Rosneft, discours de Vladimir Poutine, démographie russe, relations franco-russes.

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Russie : le communiste Sergueï Oudaltsov mis en examen

Russie : le communiste Sergueï Oudaltsov mis en examen

27/10/2012 – 14h00
MOSCOU (NOVOpress) – En Russie, Sergueï Oudaltsov, leader du Front de gauche, a été inculpé vendredi de « préparation à l’organisation de troubles massifs » contre le pouvoir de Vladimir Poutine. Comme pour son homologue en France, Jean-Luc Mélenchon, traité par Marine Le Pen en avril dernier de « gros bourgeois qui joue le populaire », Sergueï Oudaltsov est un homme du système qui joue au révolutionnaire à des fins démagogiques. Son grand-père était ambassadeur en Grèce et son arrière-grand-père un compagnon d’armes des bolcheviks.

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Déficit zéro annoncé en Russie pour 2012

Déficit zéro annoncé en Russie pour 2012

26/10/2012 — 18h00
MOSCOU (NOVOpress) —
A l’issue d’une réunion gouvernementale sur le budget cette semaine, le ministre russe des Finances, Anton Silouanov (photo) a confirmé qu’en 2012, la Russie ne connaîtrait aucun déficit budgétaire. A l’heure où les Etats européens, dont la France, connaissent des déficits et un endettement records, la Russie s’en sort plutôt bien.

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Syrie, Pussy Riot, cause animale : Poutine ne lâche rien !

Syrie, Pussy Riot, cause animale : Poutine ne lâche rien !

07/09/2012 – 08h00
MOSCOU (NOVOpress) –
Vladimir Poutine vient d’accorder une interview à la chaîne d’information Russia Today. Le président russe a déploré le soutien des occidentaux aux islamistes en guerre contre Bachar al-Assad en Syrie. « Aujourd’hui, quelqu’un utilise des combattants d’Al Qaïda ou des gens d’autres organisations qui partagent ses visées extrémistes pour atteindre leurs objectifs en Syrie. Il s’agit d’une politique très risquée et inconséquente », a regretté le dirigeant russe. Selon lui, les Etats-Unis pourraient aussi bien « ouvrir les portes de Guantanamo et laisser tous les détenus aller combattre en Syrie. C’est la même chose ».

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Manifestations à Moscou, la marche des millions d’euros… – Par Xavier Moreau

Pour rappel, Vladimir Poutine a obtenu en mars dernier, 45 602 075 voix, tandis que l’ensemble de ses opposants en ont obtenu 25 262 899. La presse française nous explique donc, sans rire, que Vladimir Poutine aurait opéré un bourrage d’urnes de… 20 339 176 voix.

Comme nous l’avions annoncé lors de notre dernier article, le désintérêt de la population russe pour l’agitation des groupuscules fascisto-anarcho-gauchisto-gay-libéraux, poussera ces derniers vers la radicalisation, afin de fournir la presse internationale, française notamment, en photos et vidéos truquées.

Nous n’étions pas à la marche dite des millions (en fait 50 fois moins nombreuse), qui ne fut marquée par aucun incident, pour avoir respecté les autorisations qui avaient été données aux organisateurs. En Russie comme en France, les manifestations sont soumises à autorisation. Le gouvernement russe vient simplement de faire correspondre sa législation aux législations européennes. Nous soulignerons au passage que le maintien de l’ordre en Russie est incomparablement moins violent que la répression exercée aux États-Unis contre les mouvements liés à « occupy Wall-Street ».
Enfin Ksénia Sobchak (photo), mélange de passionaria et de Paris Hilton, va devoir expliquer l’origine du million d’euros trouvé chez elle dans des enveloppes. La belle égérie affirme pour l’instant, qu’il s’agit de ses économies et qu’elle ne fait pas confiance aux banques… Il semble que pour l’opposition anti-Poutine, il soit plus facile de réunir des millions d’euros que des millions de militants.

Armement franco-russe

Suivant toujours scrupuleusement le mot d’ordre du département d’État américain, la presse française s’est émue de la collaboration franco-russe dans le domaine de l’armement. Parmi les organes de propagande dont Hillary Clinton dispose en France nous retiendrons cette fois France 24. Après nous avoir vendu la guerre en Libye, la chaine « française » tâche d’en faire autant avec la Syrie. La propagande est y tellement grossière, que nous finissons par nous dire que le public visé est composé de simples d’esprit. La palme peut être décernée au reportage du 23 mars 2012, qui se passe de commentaires (le passage à 3 min 19 vaut le détour, notamment avec l’excellent doublage de France 24).

Une des explications de la position russe se trouve dans ces reportages ridicules. Ni Vladimir Poutine, ni Sergei Lavrov, ni personne au sein du ministère russe des affaires étrangères ne croit cette propagande grossière. Si l’URSS était « l’empire du mal » pour Ronald Reagan, les États-Unis sont pour la Russie, « l’empire du mensonge ». Rarement dans l’Histoire des relations internationales, une puissance n’aura menti aussi massivement et aussi systématiquement. La patience des Russes à ce sujet fut exemplaire, mais il semble désormais que Sergei Lavrov soit fatigué de faire semblant de croire à la bonne volonté d’Hillary Clinton.

La véritable inquiétude du département d’Etat ne vient pas des hélicoptères russes mais des systèmes anti-aériens russes qui sont les meilleurs au monde et qui rendent impossibles les bombardements d’appui au sol et très périlleux le bombardement des populations civiles, qui reste le moyen favori du Pentagone pour faire plier les gouvernements insoumis.

La Russie a au contraire montré qu’elle était un facteur de stabilité, notamment dans le Caucase où son intervention mit fin à la tentative de nettoyage ethnique entreprise pas Mikhail Saakashvili. Le rapport de l’Union Européenne a d’ailleurs confirmé la légitimité de la riposte russe.

La France a donc le droit, parce que c’est son intérêt, et le devoir, parce que la Russie est un allié historique, source de stabilité régionale, de collaborer avec elle en matière d’armements. Le nouveau Président français et son nouveau Premier Ministre, sont réputés pour leur pragmatisme, la relation franco-russe sera une occasion parfaite de le vérifier.

Création de l’Observatoire franco-russe

Nous avons appris avec une joie non dissimulée la création de l’Observatoire franco-russe. À l’origine de ce projet se trouvent deux grands amis de la Russie, Emmanuel Quidet et Jean-Gabriel Arqueros. Ces deux hommes d’affaires, en prise permanente avec la réalité économique russe, ont une vision diamétralement opposée aux âneries de la presse française. C’est sans doute par crainte de voir cet institut accusé de « poutinisme », que ces deux russophiles ont confié la direction de l’observatoire à Arnaud Dubien, grand défenseur des révolutions oranges et critique véhément de Vladimir Poutine (son éditorial d’Eurasian Intelligence n°13 reste un modèle du genre). Sa première note d’analyse sur le nouveau gouvernement russe est un bon résumé de ce que l’on peut trouver dans la presse russe. Malgré un effort évident pour rester factuel, le nouveau directeur de l’observatoire n’a pu s’empêcher de nous servir une petite leçon de morale démocratique (bas de la page 2), tout en nous resservant subtilement le mythe de l’opposition Poutine-Medvedev.

Nous sommes cependant persuadé qu’Arnaud Dubien, avec les moyens dont il dispose, sera capable de faire mieux que les journalistes français basés à Moscou, ce qui ne devrait pas être très difficile. Une petite suggestion d’analyse : « d’où provient le million d’Euro réparti en petites enveloppes trouvé chez Ksenia Sobchak ? ». En tout état de causes, Realpolitik se fera un plaisir d’être un observatoire de l’observatoire.

Xavier Moreau

 

À propos de l’auteur
Xavier MoreauXavier Moreau

Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d’une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 12 ans, travaillant également sur l’Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie.

[box class=”info”] Source : Realpolitik.tv. [/box]

Crédit photo de Ksénia Sobchak : A.Savin, licence CC.

[Lu sur le net] Surprise ? Hollande n’a pas fait « plier » Poutine !

[Lu sur le net] Surprise ? Hollande n’a pas fait « plier » Poutine !

Comme attendu, chacun a campé sur ses positions syriennes ce vendredi soir à l’Élysée : François Hollande a affirmé, lors du point de presse commun avec son invité russe, qu’il n’y avait pas de solution en Syrie sans « départ de Bachar al-Assad » et demandé de nouvelles sanctions contre son régime, qui, a-t-il déclaré, « s’est conduit de manière inacceptable, intolérable » et a « commis des actes qui le disqualifient« . Ces déclarations un rien abruptes mais conformes à la vulgate occidentale n’ont peut-être pas complètement surpris Poutine, les deux hommes ayant dû assez longuement aborder le sujet au cours de leurs deux heures et demie d’entretiens – dîner compris. Mais elles l’ont visiblement agacé et il a fait allusion, juste après la sortie de Hollande, au fait que Bachar al-Assad s’était par le passé d’avantage rendu à Paris qu’à Moscou.

Poutine à Hollande : “Combien de civils victimes des rebelles ?

Pour le reste, et sur le fond de l’affaire, le président de la Fédération de Russie a répété que la solution à la crise syrienne ne pouvait être que politique et que rien ne pouvait y être obtenu par la force ; il a mis en doute l’efficacité des sanctions et dit qu’il fallait tout faire pour éviter une guerre civile, dit aussi que le régime n’était pas seul responsable du climat de violence, évoquant les victimes des « rebelles« . Poutine a même posé la question à l’intention de son interlocuteur et bien au-delà : “Combien de civils ont péri aux mains des autres, des rebelles, est-ce que vous avez compté ces pertes, il s’agit de centaines de personnes !Un rappel nécessaire en ce lieu et vis-à-vis de cet interlocuteur voué à la langue et à la pensée de bois sur ce sujet. Et aussi une façon de rappeler que la Russie ne se laissait pas impressionner par le pathos hypocrite des Occidentaux sur le drame de Houla, sur lequel ils se sont littéralement précipités sans attendre une vraie enquête, ce qui risque d’ailleurs de tourner à leur confusion. Le président russe a nié à ce sujet que la Russie ait livré à Damas des armes susceptible de servir à sa lutte contre les bandes armées.

[Lu sur le net] Surprise ? Hollande n’a pas fait « plier » Poutine !
À gauche la détermination, à droite la posture : qui a gagné selon vous ?
Répondant point par point à son – nous allions dire « adversaire » – hôte, Vladimir Poutine a eu ces mots sur le départ de Bachar réclamé mécaniquement par l’Ouest : « Si on écartait du pouvoir un président en exercice, est-ce que vous croyez qu’il y aurait un bonheur total dans ce pays demain ? Non » Et le chef de l’État russe a eu beau jeu de mettre en exergue les violences ayant suivi les chutes de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi, dans deux pays arabes victimes notables de l’ingérence humanitaire à l’occidentale.

Et, logiquement, il a réaffirmé son appui résolu au plan de paix Annan : « Nous devons tout faire pour que sa mission (à Kofi Annan) soit couronnée de succès et je considère comme contre-productif de déclarer à l’avance que sa mission est vouée à l’échec » : là encore un message clairement destiné à son voisin de pupitre.

Face à tant d’évidences inaudibles par lui et les siens, François Hollande a eu quelques mots pour dire qu’il n’ignorait pas les risques de guerre, seul lest que cet homme politique formaté pouvait lâcher en la circonstance.

La tension entre les deux présidents était visible, visage fermé côté russe, sourire crispé côté français.

Bref, Poutine a répété à Paris ce qu’il avait dit dans la matinée à Berlin, où Angela Merkel, tout en réclamant selon le catéchisme diplomatique européen le départ de Bachar, avait partagé la préoccupation exprimée par Poutine du risque d’une guerre civile, et s’était dit d’accord avec lui pour privilégier une solution politique. On se souvient d’ailleurs qu’un peu plus tôt les Allemands avaient pris publiquement leurs distances d’avec les menaces d’intervention militaire proférées par le président français sur France 2, réaffirmant que celle-ci n’était pas de saison. Il n’est pas exagéré de dire que le drame syrien et son appréhension par Hollande ont, au moins ponctuellement, éloigné Paris et Berlin.

Pas vraiment un succès diplomatique « hollandais »

Vladimir Poutine, qui avait d’autres sujets à examiner avec son homologue français, a eu par ailleurs des mots très aimables pour la France, pays dont il veut conserver l’amitié. Il n’empêche qu’il n’a à l’évidence pas goûté la surenchère hollandaise sur la Syrie. Pourquoi d’ailleurs une position aussi « marquée » de la part du nouveau président français ? D’abord, Hollande est, répétons-le hardiment, « formaté » depuis sa jeunesse par le kouchnérisme diplomatique, et croit donc à ce qu’il raconte, à savoir la fiction médiatique d’un dictateur martyrisant un peuple unanimement dressé contre lui. Et puis, il n’est pas du genre à se distinguer de la doxa diplomatique occidentale et européenne. Ensuite, certainement, il a voulu faire taire une bonne fois pour toutes sa réputation de « mou », d’homme de demi-mesures surtout face à un adversaire de poids et présenté lui comme un dur, et qui est le principal obstacle au programme euro-américain de « normalisation » du monde en général et du Proche-Orient en particulier. Du coup, il a peut-être un peu « surjoué », endossé un costume de chef de file anti-Bachar un peu trop grand pour lui, le véritable challenger de Poutine dans ce domaine s’appelant Barack Obama.

En tous cas, on a eu une millième démonstration de l’absolue interchangeabilité, sur les sujets essentiels, des équipes dirigeantes françaises, de « gauche » ou de « droite ».

La vrai morale de cette rencontre étant quand même que, faisant mentir certains titres grotesques de la presse française, Hollande n’a pas vraiment fait « plier » Poutine sur la Syrie, celui-ci restant calme mais très ferme. C’est donc plutôt, pour la « nouvelle France socialiste », un échec diplomatique marqué, encore un peu aggravé par la dissension apparue avec l’Allemagne sur le sujet. François Hollande et Laurent Fabius vont donc proposer, et sans doute obtenir, de leurs partenaires européens de nouvelles sanctions économiques contre le régime – et contre le peuple syrien par la même occasion. Et puis ils vont organiser, en juillet à Paris, une nouvelle réunion des « Amis de la Syrie« , nouvelle occasion de nouvelles incantations anti-Bachar, abondamment relayées par la presse française pas moins formatée que le président de la République. Tout ça pour ça…

(Vrais) amis de la Syrie, rassurez-vous : votre pays de coeur ou de sang n’a rien à craindre de ces brasseurs de mots et de ces marchands d’indignation.

[box class=”info”] Source : INFOSyrie. [/box]

Crédit photo : DR.

À bout de souffle ! Par Xavier Moreau

À bout de souffle ! Par Xavier Moreau

Tel aurait pu être le thème de la manifestation de l’opposition de rue ce samedi à Moscou, où la police moscovite a généreusement dénombré 10.000 participants. L’absence massive des représentants de la bourgeoisie aisée moscovite, qui composaient d’habitude le ventre mou de la contestation, a permis de mieux contempler le florilège des groupuscules hétéroclites qui forment l’épine dorsale de cette alliance improbable.

Nous avons donc pu observer une fois de plus les anarchistes défiler à côté des communistes et des gauchistes, qui défilaient eux-mêmes à côté des libéraux, défilant eux-mêmes à côté des fascistes, suivis de près, mais pas trop, par les activistes gays, qui arboraient prudemment leurs drapeaux arc-en-ciel. Ksénia Sobchak, la Paris Hilton russe, prit de nouveau la parole et se fit de nouveau siffler copieusement par les nationalistes qui la qualifièrent d’adjectifs, que la décence nous interdit de retranscrire ici.

Beaucoup de badauds, dont l’auteur de cet article, étaient venus assister à cette nouvelle manifestation, qui faute d’empêcher Vladimir Poutine de dormir, pourrait devenir une attraction touristique originale pour le samedi après-midi à Moscou. L’activiste, Sergeï Oudaltsov, a promis que l’opposition réunirait un million de manifestants pour le 1er mai, démontrant ainsi que son « Front de gauche » avait autant d’humour que son homologue français. La conclusion de cette manifestation pourrait tenir dans les deux mots que le nouveau Président russe a adressés à ces mêmes groupuscules le 7 mars dernier : « soyez sérieux ».

Xavier Moreau

[box] Cliquer sur les images pour les agrandir et lire plus facilement les légendes indiquant les drapeaux de différents mouvements, anarchistes, nationalistes, libéraux, gays. [/box]

À bout de souffle ! Par Xavier Moreau

À bout de souffle ! Par Xavier Moreau

À bout de souffle ! Par Xavier Moreau

[box class=”info”] Source : Realpolitik.tv. [/box]

La victoire de Poutine et la presse occidentale – Par Dominique Venner

La victoire de Poutine et la presse occidentale - Par Dominique Venner

Le sort et l’avenir de la Russie ne peuvent laisser indifférents les Européens que nous sommes. Ce qui retient notre attention dans la nette victoire du président Poutine, ce sont les commentaires unanimes de la presse française sous influence américaine. Partout on y relève une hostilité voilée au président russe et à sa victoire démocratique. Comment expliquer que des journaux aux opinions en apparence aussi différentes que Le Monde, Le Figaro ou Libération, se soient rejoints dans des interprétations soupçonneuses et perfides ?

On les voit user à l’égard de la Russie d’une « langue de bois » qui fait songer à ce qu’était l’ancienne « Pravda » [image en Une : première page de la Pravda vers 1950, avec la photo de Lénine], une « Pravda » de la bien pensance occidentale. Cette « pensée unique » est également à l’œuvre sur les sujets les plus chauds de la société française et européenne, telle l’entreprise du « grand remplacement » dénoncée par Renaud Camus. Mais revenons à la Russie. Un exemple de commentaires spécieux est offert par Le Figaro du 5 mars 2012, parlant de Poutine : « L’aisance de sa victoire [64 % des suffrages semble-t-il] ne peut cacher l’affaiblissement de celui qui, depuis le tournant du siècle, veut incarner la “verticale du pouvoir” en Russie. » Il me semble quant à moi, que si un candidat français à la prochaine élection présidentielle obtenait 64 % des suffrages au premier tour, on ne parlerait pas d’affaiblissement, mais plutôt de miracle. Mais poursuivons.

Pour Le Figaro, « Une opposition nouvelle est née de la contestation des résultats des législatives [de décembre 2011] » Le journaliste concède que « ce mouvement exprime les aspirations d’une nouvelle classe moyenne urbaine, qui, par son existence même, reflète l’un des principaux succès de l’ère Poutine : celui d’avoir sorti la société russe de la misère soviétique ». Visiblement, pour l’auteur de l’article, cet exploit pourtant herculéen est insuffisant. Comme ses pairs des autres médias, il exige plus : une « ouverture sur le monde et l’abandon des vieilles lunes de la guerre froide qui semblent revenues au centre de la politique étrangère du Kremlin ». Selon nous, ces « vieilles lunes de la guerre froide » semblent surtout réactualisées contre la Russie elle-même par la presse « occidentale » d’inspiration américaine. Pourquoi ? Le journaliste a donné lui-même la réponse : la Russie du président Poutine est coupable d’un défaut d’ « ouverture sur le monde ». On sait que ce type d’ouverture mondialiste a pour caractéristique première d’abolir les protections que les États nationaux peuvent opposer aux flux financiers de la « fortune vagabonde » dont le siège est à Wall Street. Selon toute évidence, ce « défaut d’ouverture » est une faute « morale » dont le président Poutine ne peut être absous. Ce qui justifie l’action dans les affaires intérieures russes de diverses ONG dont on connaît les attaches et les financements américains, des ONG qui sont pour quelque chose dans les manifestations de l’hiver.

Pour ceux qui s’étonneraient de l’unanimité des grands médias occidentaux à l’égard de la Russie du président Poutine, il faut rappeler une réalité fondamentale et pourtant méconnue de nos « démocraties ». Dans une tribune publiée naguère par le journal Le Monde, un publicitaire réputé avait analysé avec une franchise inhabituelle le système doucereusement totalitaire mis en place dans le monde occidental sous direction américaine après l’effondrement du communisme. Un système fondée sur le pouvoir presque absolu de la pub : « La publicité assure aujourd’hui une part importante de la fabrication et du maintien du lien social, expliquait l’auteur. La publicité déclare la guerre au politique pour mieux prendre sa place. (…) L’option ultralibérale de la publicité rejoint la promesse de tous les démagogues agitant le fantasme d’une démocratie directe où le peuple, débarrassé des instances représentatives classiques, se parlerait directement à lui-même. (…) La publicité produit un discours politique plus performant que le discours politique lui-même : faire obéir les être humains, canaliser leurs désirs transformés en révérence, les faire marcher droit en leur faisant emprunter l’énigmatique chemin de la servitude volontaire [1]. »

Cet aveu mérite d’être souligné. Relisons-le pour nous en pénétrer : « La publicité produit un discours politique plus performant que le discours politique lui-même : faire obéir les être humains, canaliser leurs désirs en leur faisant emprunter l’énigmatique chemin de la servitude volontaire. » Le personnel politique occidental et ses conseillers publicitaires, ont assimilé cette réalité de la persuasion clandestine. En revanche, ceux qui refusent de s’y soumettre, à l’exemple de Vladimir Poutine, sont voués à être désignés comme des ennemis.

Dominique Venner

 

Notes

  1. Tribune publiée dans Le Monde du 29 mars 2000 par Dominique Quessada, publicitaire et philosophe.

[box class=”info”] Source : le site internet de Dominique Venner. [/box]

Image en Une : première page de la Pravda vers 1950, avec la photo de Lénine qu’elle a comportée jusqu’en 1991. Domaine public, via Wikipédia

[Tribune libre] Poutine, un nouveau Pierre Le Grand ? Par Marc Rousset

[Tribune libre] Poutine, un nouveau Pierre Le Grand ? Par Marc Rousset

Les Etats-Unis, après avoir avalé la couleuvre Poutine qui faisait suite à l’âge d’or de la période Gorbatchev et Eltsine du déclin accéléré, voire de l’éclatement à venir de la Russie selon les rêves de Zbigniew Brzezinski dans Le Grand Echiquier (*), prenaient leur mal en patience en espérant se débarrasser de Poutine comme ils furent débarrassés du général De Gaulle en 1969. C’est ce qui explique la tentative désespérée d’une nouvelle Révolution orange en Russie avec le nouvel ambassadeur américain à Moscou Mac Faul qui se définit lui-même comme « un expert de la démocratie, des mouvements antidictatoriaux et des révolutions ». L’opposition actuelle, sans leader, sans unité aucune, avec des tendances diamétralement opposées en son sein, fait la Une des médias occidentaux ; mais elle ressemble en fait à l’armée hétéroclite de Bourbaki et fait penser à la fable de Jean de La Fontaine des Grenouilles qui demandent un roi !

Les peuples, dans les démocraties occidentales, ne supportent pas très longtemps les hommes d’Etat ayant une vision historique et demandant de l’autorité, de l’effort, de la persévérance, du courage pour non seulement redresser, mais développer le rayonnement et la puissance d’un pays. Ils préfèrent la repentance, les loisirs, la retraite à soixante ans, les 35 heures, le laxisme et l’endettement public éhonté ; c’est aussi plus facile pour se faire élire !

Les Etats-Unis pensaient donc tenir avec Medvedev un nouveau Gorbatchev qui, au nom du développement économique, de la liberté d’expression et d’un droit-de-l’hommisme à la russe, allait, avec les louanges et les encouragements de l’Occident, terminer en fait le travail de destruction massive de la puissance de l’URSS commencé avec Gorbatchev, toujours très populaire aujourd’hui partout dans le monde, sauf dans son propre pays ! L’erreur grotesque de Medvedev, consistant à s’abstenir à l’ONU d’opposer son veto à l’intervention militaire éhontée de l’OTAN en Libye derrière le paravent humanitaire, était porteuse d’espoir pour l’Occident et les Etats-Unis. Cela fleurait bon la bonne soupe, la naïveté et ce n’est pas l’envie qui manquait à Alain Juppé, qui excelle en la matière, de rejouer le même bon tour à la Russie en Syrie. Vladimir Poutine, en reprenant le contrôle de la politique étrangère, a contrecarré d’une façon prémonitoire les plans de l’Oncle Sam en Syrie et au Moyen-Orient ! En venant d’être réélu par 70 millions de Russes, avec près de 64% des voix, président de la Fédération de Russie, il pourrait bien contrecarrer encore pendant douze ans d’une façon irréversible les plans d’encerclement de la Russie et de la Chine par l’Amérique !

Un autoritarisme nécessaire

Poutine, c’est l’homme que les Américains n’attendaient pas et qui a non seulement redressé la Russie, mais l’a sauvée du dépeçage en trois tronçons. Le rêve géopolitique des Etats-Unis si la Russie avait perdu la guerre en Tchétchénie était de faire de la Russie une nouvelle Grande Pologne, en la ramenant à Stravopol, point de départ de la colonisation russe au XIXe siècle.

Poutine s’est aussi opposé avec succès à l’exploitation des ressources naturelles de la Russie par les groupes étrangers, ce qui était le but affiché par Mikhaïl Khodorkovski, patron de Youkos, interpellé le 25 octobre 2003 sur un aéroport de Sibérie alors qu’il venait de participer quelques jours plus tôt à un forum d’affaires à Moscou en compagnie de Lee Raymond, l’un des directeurs d’Exxon ; cette société était sur le point de participer jusqu’à hauteur de 25 milliards de dollars dans la fusion Youkos-Sibneft. Les capitaux américains d’Exxon Mobil et de Chevron-Texaco souhaitaient en fait s’infiltrer avec une participation de 40% dans le sanctuaire sibérien des hydrocarbures russes. En perdant ses ressources financières, la Russie perdait définitivement toute chance de rebondir.

Poutine a réussi pour l’instant à contenir, mais sans le briser complètement, l’encerclement par l’OTAN et l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC). Avec le projet du bouclier anti-missiles qui revient à l’ordre du jour, les Etats-Unis auront un adversaire redoutable qui continuera à leur dire leurs quatre vérités.

Vladimir Poutine, c’est aussi l’homme du KGB qui a vu venir et réussi à combattre à ce jour avec succès toutes les Révolutions orange en Ukraine, Géorgie, Kirghizstan, Ouzbékistan, les manifestations actuelles et à venir anti-Poutine en Russie n’étant que leur chant du cygne, un dernier soubresaut, une dernière tentative de l’Occident pour se défaire de Vladimir Poutine !

Le nouveau président a misé sur les valeurs traditionnelles, le sens de la grandeur, le patriotisme et l’Eglise orthodoxe pour éviter la « chienlit ». Son autoritarisme convient parfaitement et est même absolument nécessaire en Russie – comme l’autoritarisme convient en Chine, d’ailleurs – pour éviter l’éclatement tant redouté du pays. Quant à la corruption, de la même façon qu’elle a continué de plus belle en Ukraine avec l’arrivée au pouvoir de l’égérie de la Révolution orange Ioulia Timochenko, ce que savent tous les Russes c’est qu’un pouvoir politique fort est un bien meilleur antidote que les oligarchies politiques de type occidental car ces dernières ne feraient que s’acoquiner avec les oligarques russes ; il en résulterait une décadence qui serait encore plus rapide que dans l’actuelle Europe de l’Ouest.

Poutine, un nouveau Pierre le Grand ?

Le patriarche orthodoxe Kirill a vu juste en soutenant Poutine qui pourrait être considéré en 2024 comme un Pierre le Grand du XXIe siècle, à quatre conditions :

  • – développer d’une façon très intense le réarmement et la modernisation en cours de l’armée russe ;
  • – réussir le développement et la diversification déjà commencée par Medvedev de l’économie russe ;
  • – continuer à combattre la dénatalité russe, ce dont Poutine est parfaitement conscient ;
  • – ramener dans le giron russe, ce qui est inexorable historiquement à long terme, la Biélorussie et l’Ukraine, afin de constituer un contrepoids humain suffisant de deux cents millions d’habitants face à la Chine, l’Asie Centrale et le Caucase.

L’affrontement actuellement en cours de Poutine avec les Etats-Unis peut être comparé au premier combat du jeune tsar Pierre le Grand avec Charles XII qui mit fin, par la bataille de Poltava le 8 juillet 1709, à la suprématie suédoise dans la Baltique. Pierre le Grand, tout en renforçant et modernisant l’armée russe, ne commit pas l’erreur ensuite d’oublier l’économie, l’innovation et les arts, ce qu’il démontra en 1717 lors d’un déplacement en Europe. Pierre le Grand ancra la Russie avec une fenêtre sur l’Europe en fondant Saint-Pétersbourg. Le natif Poutine de cette même ville, qui parle allemand, ancien espion du KGB à Dresde avant la chute du Mur de Berlin, a une vision continentale européenne et souhaite se rapprocher pour des raisons géopolitiques de la France et de l’Allemagne. Maurice Druon ne s’y était pas trompé en voyant dans Poutine le défenseur européen d’un monde multipolaire plutôt que d’un monde obéissant à un shérif planétaire et « l’un de nos plus décisifs alliés ». Pour Poutine, l’avenir est donc européen !

Mais la Russie regarde aussi à l’Est et vers le Sud d’où peuvent venir de nombreux dangers, la fin de l’intervention occidentale en Afghanistan n’étant pas l’un des moindres. Au-delà de son effort démographique propre pour atteindre au minimum les 130 millions d’habitants et ne pas retomber à 100 millions en 2050, soit l’équivalent de la population turque à cette date, la Russie a besoin à terme de la Biélorussie et de l’Ukraine. Ces deux pays, dont l’un est son berceau religieux, représenteraient un apport humain d’environ 60 millions d’habitants pour constituer une superpuissance suffisante face à la Chine et à l’Asie Centrale. Si Poutine, sous sa présidence, réussit ce tour de force, en commençant très vraisemblablement par la Biélorussie, il pourra être véritablement comparé à Pierre le Grand, sinon il n’aura pas démérité et pourra être comparé au minimum à De Gaulle, Churchill, Bismarck, Richelieu et Clemenceau, ces grands hommes d’Etat ayant eu une vision historique, un courage, une continuité qui font cruellement défaut à nos petits politiciens européens actuels, atlantistes, libre-échangistes, démocrates, démagogues et droit-de-l’hommistes, ce qui ne sera déjà pas si mal !

Marc Rousset
Economiste, écrivain, auteur de La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou.
4/03/2012

(*) Zbigniew Brzezinski, Le Grand Echiquier, Bayard, Paris, 1997

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Bonne nouvelle pour la multipolarité, par Aymeric Chauprade

Bonne nouvelle pour la multipolarité, par Aymeric Chauprade

Le dimanche 4 mars 2012 restera sans doute comme une date historique. Vladimir Poutine revient en effet à la présidence de la Russie. J’avais déjà pu écrire que 1999 avait été un tournant dans l’histoire de la géopolitique contemporaine parce que son arrivée au pouvoir avait mis fin à la tentative unipolaire américaine. Nous pouvons affirmer aujourd’hui que Poutine va consolider le monde multipolaire qui se dessine et achever sa mise en déroute de l’oligarchie américaine et de son État profond dont l’action occulte et agressive (à l’œuvre en ce moment en Syrie) ne cesse de miner, chaque jour un peu plus, les possibilités de paix dans le monde.

Qu’est-ce qui nous permet d’affirmer cela ? La simple observation du déchaînement médiatique contre Poutine, que chacun d’entre nous aura pu observer, ces derniers mois, en Europe comme aux États-Unis. Manque de chance pour nos habituels aboyeurs de leçons démocratiques (qui ne sont en fait que les bons petits soldats de l’oligarchie occidentale), le peuple russe soutient massivement Poutine. Et ce ne sont pas les quelques irrégularités de fonctionnement du scrutin, statistiquement inévitables dans un pays aussi vaste que la Russie, et certainement moins graves que l’étrange comédie des bulletins de vote à trous lors de l’élection de Bush ou que l’obstruction en France à une candidature pesant autour de 20 %, qui pourront amoindrir l’incontestable légitimité de Poutine.

Vladimir Poutine, candidat plébiscité par les Russes, que, dans des temps anciens on aurait sans doute appelé Vladimir le Bien élu, est sans conteste aujourd’hui, dans l’hémisphère nord, le chef d’État le plus légitime qui soit. Cela ne peut que redonner espoir à ceux qui doutent du politique. Remettre son pays sur le chemin de la puissance et obtenir du même coup le soutien massif de son peuple, oui ça reste possible !

Logiquement il y a quelqu’un qui devrait être content ce soir, c’est Alain Soral. Quelqu’un qui a tout compris des forces profondes de l’histoire, celles que ne veut pas voir notre bon « bourgeois occidental » (Molière avait raison avec son bourgeois gentilhomme) aveuglé qu’il est par les chiffrons rouges agités devant ses yeux par la « grande presse ». Donc écoutez-le et lisez-le. Nous n’utilisons pas forcément les mêmes mots (et tant mieux), mais nos pensées sont en convergence.

Ce soir du 4 mars 2012 en tout cas, la dissidence internationale a marqué un point. Un point sans doute décisif pour l’avenir. Unissons nos forces, car au-delà de la cause des peuples souverains qui résistent à l’Empire, n’oublions pas qu’in fine, c’est la question de la liberté individuelle qui est en cause. L’Empire, machine à crétiniser les hommes en les gâtant en citoyen-consommateur, avance en effet tout à la fois vers « 1984 » et le « Meilleur des mondes ». Face à lui, les États qui nous sont aujourd’hui présentés comme des dictatures implacables (Syrie, Iran…) ne sont jamais que les premiers réfractaires à ce Big Brother mondial lequel masque de moins en moins ses desseins. A ceux qui en douteraient, confrontés aux images de l’incontestable brutalité de la guerre en Libye, puis en Syrie, je rappellerais qu’ils ne voient qu’une face de l’histoire. Sur l’autre, les projecteurs des médias occidentaux ne s’allument jamais. Cette autre face, je n’ai pas grand mérite, je l’ai prise en pleine poire en 1996, dans le Sud du Liban, devant les cadavres calcinés d’une bonne centaines de femmes et d’enfants libanais qui avaient cru qu’un abri de l’ONU restait un endroit sacré auquel jamais une armée ne s’attaquerait. Ils ne pouvaient pas savoir, les pauvres, ce que j’ai compris devant leurs corps en bouillie : l’histoire est dite par les vainqueurs et le droit ne s’applique qu’aux vaincus. Si vous êtes dans le club qui s’est autorisé à avoir l’arme atomique, vous pouvez écraser un pays, au nom d’une légalité que vous avez décrétée, tout pays qui prétend entrer dans le club sans votre autorisation. Si vous êtes pro-américain vous êtes forcément une démocratie, et si vous ne l’êtes pas, ce n’est pas grave ! Si vous êtes une démocratie mais que vous n’êtes pas pro-américain, c’est grave et vous ne pouvez donc pas… être une démocratie..

Donc je veux bien que l’on soit horrifié par les bombardements sur Homs qui doivent être terribles pour les civils piégés. Mais alors, il faut avoir le courage de regarder en face le résultat des bombes de l’OTAN sur la Serbie, sur l’Irak, sur la Libye, sur l’Afghanistan ; le résultat des bombes d’Israël sur Gaza ou le Sud du Liban. Car enfin, ces corps-là, ces enfants-là, ces femmes-là, on ne vous les montre jamais ! Comme on ne vous parle pas des reporters de guerre qui sont morts sous des bombes occidentales dans les prétendues guerres humanitaires de l’ère post-soviétique.

Peut-être que l’intelligence consiste aussi à être capable d’imaginer (un peu de bon sens devrait suffire, pas besoin de longues études) ce que les télévisions occidentales ne vous montrent jamais…

En résumé :

  1. L’Occident de l’ingérence humanitaire a davantage massacré dans toutes les agressions qu’il a menées depuis 1990 que les régimes qu’il combattait.
  2. Il y a, au moins, autant de trucages et de verrouillages dans les élections dites démocratiques des pays occidentaux (surtout en France et aux États-Unis, car je ne parle pas de la Suisse, seule authentique démocratie d’Europe) qu’il y en a dans cette Russie présentée sans cesse comme une éternelle autocratie.

Conclusion : Qu’on cesse de nous prendre pour des cons parce qu’il reste, en France, quelques penseurs qui ne sont pas « à la gamelle » et qui continuent à réfléchir. Quand j’étais gosse, dans mon école publique (je n’ai été que dans des écoles publiques) on m’apprenait que l’école ça sert à former l’esprit critique. Je n’ai retenu que cela.

Aymeric Chauprade

 

Aymeric ChaupradeAymeric Chauprade
Professeur de géopolitique et Directeur de la Revue Française de géopolitique et du site www.realpolitik.tv est l’auteur de l’ouvrage de référence « Géopolitique, constantes et changements dans l’histoire » éd. Ellipses.

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La Russie avant les élections : point de situation [vidéo]

La Russie avant les élections : point de situation [vidéo]

Xavier Moreau revient sur les manifestations “orangistes” et le positionnement de la Russie sur la Syrie. Enregistrement réalisé le 22/02/2012.

 

À propos de l’auteur, Xavier Moreau

Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d’une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 12 ans, travaillant également sur l’Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie.

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Poutine sera réélu par le peuple russe pour le Bien de la Russie et de l’Europe ! Par Marc Rousset

Poutine sera réélu par le peuple russe pour le Bien de la Russie et de l’Europe ! Par Marc Rousset

Monsieur André Glucksmann, obsédé par Vladimir  Poutine,  le contre-modèle exemplaire de  ses rêves politiquement corrects  et droit de l’hommistes, n’hésite pas à écrire  dans une chronique du Figaro du Vendredi  24 Février 2012 : « Poutine réussira-t-il la falsification administrative des élections présidentielles ? Devra-t-il fomenter une épidémie d’attentats attribués à d’imaginaires ennemis pour mieux réprimer les contestataires ensuite ? Ou pourquoi pas, lancera-t-il une expédition militaire, genre deuxième guerre de Géorgie,  afin de s’imposer comme l’homme fort et insubmersible de la Russie ? »
A noter que  Monsieur Glucksmann n’est pas à une contre-vérité près car les faits et les enquêtes impartiales de l’Union Européenne  démontrent que c’est bel et bien la Géorgie du jeune, inconscient et fougueux Président  Mikhaïl Saakachvili  qui a commencé en Aout 2008  les hostilités militaires en Ossétie du Sud  et les a terminées  dans une  totale déroute.

Or, le jeudi 23 Février 2012, devant une foule  réunie dans le stade moscovite de Loujkini  et évaluée par les autorités à 130 000 personnes, Poutine a montré au monde que les mouvements d’opposition peinent à trouver leur second souffle.  « Désormais, il n’y aura plus lieu de parler de la révolution orange car la rue nous appartient » a pu déclarer Vladimir Bourmatov, un député de Russie unie (1). Il est probable que Poutine sera réélu avec plus de 50% des voix et non plus des scores de 71% des voix comme en 2004, mais quoi d’anormal ? Les peuples  européens de l’Ouest ont-ils été reconnaissants  par leurs votes à  Winston Churchill, à Clemenceau, à De Gaulle ?

Poutine, l’obsession des Etats-Unis et des Occidentaux

L’Amérique  veut déstabiliser et faire sauter  le verrou Poutine pour plusieurs raisons. La Russie  est  devenue une superpuissance pétrolière respectée, à défaut d’être crainte. Poutine a brisé les rêves de Mikhaïl Khodorkovski , patron de Youkos, et ceux  des Etats-Unis  qui voulaient mettre la main   sur les ressources énergétiques de la Russie.

Poutine veut également réarmer la Russie, immense pays  richissime ouvert aux quatre vents et deux fois plus grand que les Etats-Unis avec au grand maximum  130 millions de Russes en 2050 ! Poutine veut dépenser 590 milliards d’euros d’ici à dix ans pour se protéger de la menace militaire de l’OTAN et des États-Unis. Selon le quotidien Rossiskaya Gazeta,  le plan de modernisation militaire lancé il y a un an par Poutine comprendrait : construction de 400 missiles balistiques d’ici à 2022, 8 croiseurs sous-marins  lance-missiles stratégiques, 20 sous-marins polyvalents, 50 navires de surface, 600 chasseurs de cinquième génération, mille hélicoptères, 2300 chars modernes, 2000 canons automoteurs, 28 régiments de systèmes de missile sol-air S400. Tout spécialiste des problèmes militaires sait en effet parfaitement que le système  américain de bouclier antimissile est dirigé contre la Russie, l’Iran n’étant qu’un prétexte !

Poutine n’a pas digéré non plus l’erreur de Dimitri Medvedev qui n’a pas  mis son véto au Conseil de Sécurité de l’ONU , d’où  la brèche éhontée dans laquelle s’est engouffrée l’Occident en bombardant la Libye et en intervenant avec des troupes au sol dans un conflit tribal interne, en lieu et place d’une zone d’exclusion aérienne, ce  qui n’est  pas sans rappeler la mauvaise foi de l’expansion de l’OTAN  à l’Est, contrairement aux promesses qui avaient été faites lors de la chute du Mur de Berlin  à Gorbatchev et  plus tard à Boris Eltsine !

Poutine s’oppose à l’intervention militaire occidentale en Syrie pour protéger  les exportations russes d’armement ainsi que la seule et unique base maritime pour la flotte russe en Méditerranée !

Poutine sera réélu par le peuple russe pour le Bien de la Russie et de l’Europe ! Par Marc Rousset
Marc Rousset

Poutine peut enfin se prévaloir d’un succès sur le plan économique à faire pâlir d’envie les Occidentaux. La croissance du PIB devrait frôler les 4,5% en 2011 et en 2012.Le taux de chômage est descendu à 6,3% ; la dette du pays est faible, inférieure à 10%du PIB. Les réserves de change sont d’environ 500 milliards de dollars. L’inflation est à la baisse, estimée à 6,5% , soit son plus faible niveau depuis 20ans.La Russie est déjà aujourd’hui la 10ème économie du monde en PIB nominal et la 6ème en termes de parité de pouvoir d’achat. La Russie devrait être la 4èmeéconomie de la planète en 2020.

Poutine propose un contre-modèle à  l’Europe décadente

Poutine a dores et déjà sauvé la Russie, mais il est d’autant plus dangereux qu’il propose à l’Europe occidentale  un autre modèle que le droit de l’hommisme et l’incite à se libérer du protectorat militaire américain. Poutine a compris que le redressement, le rétablissement de la Russie  passait par les valeurs traditionnelles, le patriotisme, l’Eglise orthodoxe, le sens de l’effort et du dépassement, constituant un magnifique contre-exemple pour les démocraties européennes décadentes et aveugles. Alors que les droits de l’hommistes souhaitent que la Russie s’adapte au modèle occidental, c’est bien au contraire, selon Vladimir Poutine,  aux Européens de l’Ouest de retrouver leurs valeurs traditionnelles, de ne plus pratiquer la repentance. En ce sens, Poutine est le sauveur potentiel de l’Europe de l’Ouest !

Poutine est enfin dangereux  car  il est  natif de Saint Petersburg , la ville symbole du rapprochement européen fondée par Pierre Le Grand ; il  parle allemand , il  a travaillé pour le KGB  à Dresde et  a une vision continentale européenne historique que n’ont pas nos dirigeants  atlantistes actuels !

C’est ainsi que devant le Bundestag, il a pu dire :

« Si à une certaine époque, la réconciliation historique de la France et de l’Allemagne fut l’une des conditions de base de l’intégration ouest-européenne, aujourd’hui, c’est le partenariat entre la Russie, l’Allemagne et la France qui constitue le facteur positif majeur de la vie internationale et du dialogue européen.

Je suis profondément convaincu que la Grande Europe unie de l’Atlantique à l’Oural, et de fait jusqu’à l’ Océan Pacifique, dont l’existence repose sur les principes démocratiques universels, représente une chance exceptionnelle pour tous les peuples du continent, pour le peuple russe notamment…..Le peuple russe a toujours eu le sentiment de faire partie de la grande famille européenne, à laquelle le rattachent les mêmes valeurs culturelles, morales, spirituelles. »
Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie

Marc Rousset, économiste, écrivain, auteur de « La Nouvelle Europe-Paris-Berlin-Moscou », pour Novopress France.

(1) Le Figaro du Vendredi 24 Février –« Poutine poursuit “la bataille pour la Russie” »

Crédit photo : Presidential Press and Information Office, licence CC.