La France n’est pas atteinte que du virus…, par Philippe Bilger

virus delation

Si on veut bien regarder derrière les polémiques grotesques, les fausses informations, les mensonges et l’humour prétendu, derrière certains comportements, derrière des vigilances citoyennes, derrière tout ce qui, jour après jour, vient assombrir, indigner, tourner en dérision, flatter, provoquer, jeter du sel médiatique sur des plaies à vif, le tableau et l’état de la France ne sont pas brillants.

Quelle déliquescence, quel délitement !

Avec quelle rage vengeresse, quelle immédiateté furieuse, quelle pulsion révolutionnaire on se jette contre la France du haut dès l’instant où on nous a offert l’opportunité, vraie ou fantasmée, de soutenir la France du bas ! L’envie, la jalousie, l’aigreur sont portées à leur comble et, avant même de s’interroger, de questionner ou de douter, on s’abandonne avec délice à ce que l’esprit partisan libère de pire !

Au sujet de cette ineptie hypertrophiée médiatiquement de ministres se gobergeant dans des restaurants clandestins et au lieu de mettre d’abord en suspens son jugement, j’entends encore une représentante de LFI dénoncer, sur-le-champ, les privilèges, l’irresponsabilité, l’injustice, les discriminations, le pouvoir coupable et plaindre le peuple brimé !

Il n’est pourtant pas fatal, même quand on a des convictions fortes, de présumer tout de suite le pire et de ne pas accepter une retenue, une attente sauf à considérer que le refus de la précipitation serait en lui-même réactionnaire.

Combien de Français, par ailleurs, se sentent une âme de justiciers au petit pied en photographiant leurs compatriotes qui ne respecteraient pas les règles et honteusement dérogeraient aux précautions sanitaires même les plus extrêmes, que cette inquisition concerne les fidèles d’une église et/ou les adeptes du divertissement et du loisir indifférents aux recommandations des autorités soit par un anarchisme basique soit par négligence ou incompréhension !

On peut qualifier ces citoyens, jeunes ou moins jeunes, d’irresponsables mais il est troublant de constater à quel point l’épidémie et sa gestion au petit malheur la chance ont instillé un poison multiforme dans les veines de notre pays.

En poussant au paroxysme des tendances qui existaient déjà dans la tranquillité des temps ordinaires ou en faisant surgir, chez beaucoup, des appétences de dénonciation, des stigmatisations qui il y a longtemps, sur un registre historique, auraient eu de tragiques et d’odieux effets.

Cette France qu’on nous avait promise unie, rassemblée en 2017 n’a jamais été plus éclatée, plus fracturée. Non seulement à cause du communautarisme qu’on pourfend trop par le verbe pour le réduire pratiquement mais en raison de cette invasion au quotidien, face à un péril qu’on parvient trop difficilement à maîtriser, de tentations démagogiques auxquelles on ne résiste plus : l’autre est un ennemi, les politiques sont au-dessus des lois, je suis seul à respecter le règlement, je dois épier mon voisin, les envies sont légitimes puisqu’en haut il n’y a que de la turpitude et de l’injustice et que le bas doit être sanctifié au nom de la République, et ainsi de suite… L’humain se vide, se déverse, juge, condamne, trie, guillotine au figuré.

La France est la proie d’une fièvre qu’aucun vaccin ne fera baisser.

J’ai peur de l’avenir. Ce ne sont pas seulement les détresses économiques et sociales dont nous aurons à payer le prix longtemps mais les blessures profondes et dangereuses d’une nation qui s’est essaimée en mille rancoeurs, frustrations, malaises et revendications. On aspire à de l’impossible parce qu’on nous a désillusionné sur le possible.

La future campagne présidentielle imposera le choix d’un médecin présidentiel de haute volée.

Avant d’agiter et de bouleverser, il faudra recoudre et guérir.

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com

Il y a bien plus inquiétant, pour notre pays, que ce virus !

virus progressisme

Le conflit majeur de notre époque, en Occident, est celui du progressisme et du conservatisme. Il ne s’agit pas d’une opposition entre deux conceptions politiques qui puissent se succéder au pouvoir, comme les Libéraux et les Conservateurs au Royaume-Uni pendant le XIXe siècle. Il s’agit d’une lutte à mort en ce que le progressisme consiste à détruire ce que, justement, les conservateurs veulent conserver. Mais c’est un conflit qui transcende les États-nations et, d’une certaine manière, reprend ce que les marxistes appelaient la lutte des classes. Simplement, au lieu d’opposer un prolétariat conquérant à une bourgeoisie décadente, elle oppose une oligarchie mondiale triomphante aux peuples humiliés. Warren Buffett, pendant un temps l’homme le plus riche du monde, disait sur CNN, en 2005 : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner. »

Il y a une oligarchie mondialiste qui est constituée de puissances financières qui contrôlent la majorité des médias et une partie essentielle des réseaux sociaux. Elle règne sur un certain nombre d’instances internationales et diffuse son pouvoir dans les États occidentaux par le biais de représentants locaux. Son objectif est clair : diluer les volontés politiques nationales afin de substituer à la démocratie une technocratie des « sachants ». Le gouvernement mondial, dont « l’État profond » américain et l’Europe « bruxelloise » sont les étapes, est l’objectif final. Son terrain de prédilection est la lutte contre des ennemis, certes non humains, mais qui oblige « moralement » à contrôler davantage les hommes : le réchauffement climatique, malheureusement un peu abstrait, ou le virus, beaucoup plus convaincant parce qu’il parle à chaque individu de sa propre mort.

Mais il faut, aussi et surtout, en finir avec les nations, c’est-à-dire les peuples conscients de leur identité historique, parce qu’ils sont capables d’exprimer leur volonté, comme le montrent les votes hostiles des nations européennes à l’encontre de leur fusion dans une Europe fédérale. Pour cela, trois processus sont en œuvre : d’abord, l’immigration de remplacement qui prive les peuples de leur unité et de la transmission de leur identité ; ensuite, le matraquage de la cancel culture, c’est-à-dire de la dénonciation et du renversement de la culture occidentale grâce à une culpabilisation de l’Histoire, des héros et des œuvres qui en font la richesse ; enfin, l’atomisation des sociétés en une poussière d’individus consommateurs et hédonistes, après la destruction des familles fondées sur la nature et l’évidence des sexes. La violence et l’intolérance des attaques contre le populisme, c’est-à-dire contre la réaction légitime et démocratique des peuples désirant persévérer dans leur être, contre le conservatisme sociétal lorsqu’il s’oppose à l’avortement ou au « mariage unisexe », témoignent du caractère acharné, littéralement « terroriste » et, en somme, totalitaire de cette offensive : il s’agit non de vaincre momentanément l’adversaire, mais d’empêcher toute alternance, d’interdire tout retour, de bâillonner sa pensée par le biais de lois liberticides, d’inciter les médias à lui refuser la parole. Bref, il s’agit de l’anéantir.

C’est ce que vivent Trump et ses partisans aujourd’hui, c’est ce qui tente de s’installer en Europe avec la mise à l’écart de Salvini en Italie, avec la mise à l’index de la Hongrie ou de la Pologne, avec la mise au pas des Français par la Macronie qui profite du Covid-19 pour museler l’opposition, effacer tout autre débat, décourager les manifestations et même gommer les élections – ces fâcheuses récréations démocratiques. Les Français, contents ou pas de l’action d’un gouvernement qui a multiplié les erreurs, ne pensent plus qu’à ça, et c’est ce qui compte, car face au risque, tout le monde se tourne vers l’État protecteur, bon ou mauvais, plus que vers l’opposition verbeuse.

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

La peur, virus plus mortel que le Covid, par Ivan Rioufol

Il faut sortir, très vite, de l’hystérie sanitaire : elle va tuer davantage que le Covid. Le virus est mortel dans un cas sur mille. Il est bien moins contagieux que la peur, qui tétanise une partie du monde. En France, la vie s’est arrêtée au prétexte de sauver les plus vulnérables. Tout le monde s’est félicité que l’économie s’efface devant l’humain. Mais, aujourd’hui, les détresses causées par les enfermements, les isolements, les interdits s’annoncent plus tragiques que les contaminations. Selon l’Ifop, un Français sur cinq aurait envisagé de se suicider.

Les Echos de ce lundi rappellent, citant une enquête nationale sur l’état psychologique de la population, que la dépression touchait presque 21% des gens à la mi-novembre, c’est-à-dire deux fois plus que fin septembre ! Les jeunes, qui ont été invités par l’Etat à se sacrifier pour épargner à leurs parents ou grands-parents un possible risque fatal, sont les plus atteints : 29% des moins de 24 ans seraient dans un état dépressif, soit 16 points de plus que fin septembre ! “Ce deuxième confinement a ôté toute pulsion de vie à notre société“, explique un psychanalyste. “La vague de suicide est sans doute à venir“, prévient un psychiatre. La tyrannie de l’Ordre sanitaire a crée un monde invivable.

Le refus du gouvernement d’ouvrir, mardi, les lieux de culture (théâtres, cinémas, musées, spectacles, etc.) illustre l’abrutissement auquel conduit la modélisation de la société : la voici réduite à des courbes, des chiffres, des algorithmes, des prévisions au doigt mouillé. Olivier Véran, ministre de la Santé, semble prendre plaisir à distiller un même discours anxiogène et illisible, destiné à terroriser l’opinion. La ministre de la Culture, la pétulante et sans doute trop positive Roselyne Bachelot, a disparu du paysage politique. Il n’y a place que pour des hommes gris et masqués, nouveaux moines pénitents exigeant la soumission du troupeau.

Mais comment comprendre cette réticence à libérer les activités culturelles, tandis que les transports collectifs, les magasins, les grandes surfaces, les manifestations en tous genres brassent des milliers de personnes ? L’inacceptable a été franchi dans l’obsession hygiéniste, cette politique réduite au degré zéro. La démocratie n’y prend que des sales coups. C’est ainsi que le sort de la jeune Mila, chassée de son lycée militaire par crainte de réactions islamistes face à ses insolences, n’émeut guère le Landerneau médiatique. Faudrait-il vivre couché, rampant, tremblant ? Il est urgent de revivre !

Ivan Rioufol

Texte daté du 14 décembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ce que le virus a détruit : l’identité, la liberté, la démocratie

virus dictature

La pandémie qui submerge la planète, notre continent plus que d’autres, et notre pays en particulier, a exacerbé jusqu’au paroxysme la confusion mentale qui depuis longtemps avait envahi notre pensée collective. La multiplication des canaux d’information a engendré à la fois la possibilité de tout dire et les manipulations destinées à empêcher d’effectuer dans ce “tout” des choix rationnels. Le virus a touché des corps, en a tué un certain nombre, mais il a contaminé bien davantage nos esprits.

Après le passage du tsunami, et avant le prochain déjà annoncé, au milieu de cet océan de doutes et de peurs, quelques certitudes surnagent : notre pays est plongé dans une ambiance délétère qui, sous prétexte de sauver les corps, peut-être, massacre, anéantit, extermine à coup sûr les esprits, ce qu’on appelait jadis les âmes, et qui ne sont plus aujourd’hui que des cerveaux malades. Ce que le virus a détruit, avec la complicité de l’oligarchie régnante, tient en trois mots : l’identité, la liberté, la démocratie, bref ce qui fait d’un individu une personne, ce qui donne au corps une âme parce que le corps est habité par une culture et une foi, parce qu’il est dirigé par une volonté autonome et responsable, parce qu’il participe aux choix collectifs directement ou par le biais de ses représentants. Que l’on puisse au-delà du raisonnable s’en prendre à la liberté du culte et dans le même temps ruiner le commerce du livre, sous la menace de sanctions, en dit long sur les “valeurs” auxquelles notre société se trouve réduite : “métro, boulot, dodo”. La trilogie perçue comme le venin des années 60 est devenue la potion d’aujourd’hui. Pour la liberté, c’est pire encore : il faut cette fois remonter aux années 1940 pour retrouver les atteintes subies maintenant à la liberté d’aller et de venir, à celle de se réunir, à celle d’entreprendre, à celle de commercer. Le couvre-feu et les “ausweis” ont fait leur retour, et dans les rues défile une armée des ombres, masquées, soumises et qui ne songent pas à résister.

Lorsque les libertés constitutionnelles, celle d’aller et de venir, de travailler, celle du culte sont malmenées, l’Etat de droit est pulvérisé par le régime d’exception. Lorsqu’un ministre ose donner l’ordre de sortir de l’hémicycle à des députés parce qu’ils s’opposent à lui et ont mal voté, il s’agit d’un acte gravissime qui bouscule la séparation des pouvoirs, insulte le peuple à travers ses représentants, révèle l’esprit dictatorial qui l’inspire. Au Parlement, l’exécutif n’est pas chez lui alors que les députés sont chez eux. Si la majorité actuelle avait eu la moindre dignité, elle devait exiger le départ du ministre et par la suite sa démission, déjà amplement justifiée par des mensonges et des errances qui devraient le conduire devant la Cour de Justice de la République. Un Etat de droit en miettes, un peuple méprisé : quelle que soit la définition que l’on donne à la démocratie, ce n’est plus le régime qui règne en France. Dans quelques semaines, les fêtes les plus importantes pour le peuple français, fête chrétienne de Noël avec ses crèches, déjà honnies des laïcistes, fête indo-européenne du solstice d’hiver avec ses sapins, interdits par les Khmers verts, devraient permettre aux familles de se retrouver, au peuple de communier, religieusement ou non, dans une même ferveur unifiante.

Les esprits desséchés qui nous gouvernent sont-ils encore capables de comprendre qu’un peuple privé de ses rites et de ses communions n’est plus qu’un troupeau ? Mais dans le fond, n’est-ce pas leur désir profond ?

Christian Vanneste

Texte repris du site Boulevard Voltaire

Le virus a bon dos, par Maxime Tandonnet

Les informations se suivent et ne se ressemblent pas. La rentrée de septembre est marquée par la peur d’une reprise de la pandémie et d’une seconde phase « exponentielle ». D’autres sources d’informations montrent le contraire, comme cet article de Capital. Depuis mars dernier, le monde a changé en mal. Il a basculé dans tout autre chose. Nous vivons dans le monde d’après et il n’est pas beau à voir. L’arrêt des grands voyages planétaires est emblématique de l’anéantissement de la liberté et de l’enfermement des consciences. Le chômage, le désœuvrement et la pauvreté ravagent nos sociétés mais la dissimulation et le truquage des réalités sont désormais banalisés, comme dans n’importe quel système totalitaire. La violence omniprésente est le signe de la désintégration du tissus social, dans un monde où il est interdit de voir le visage d’autrui et de serrer les mains. La montée des idéologies de la table rase extrémiste en politique n’est que le reflet de la barbarie croissante de la société. L’indifférence, l’abstentionnisme, le repli sur soi, le dégoût et la méfiance imprègnent toute vie politique.

Alors, l’unique explication à ces phénomènes qui est donnée est celle du virus. De fait, le virus n’est qu’un déclencheur, l’étincelle qui a mis le feu aux poudres de la maison globale. L’effondrement, la crise suprême de civilisation était déjà en germe dans l’exubérance de la mondialisation chaotique et débridée. Le virus a fait éclater une bulle qui devait de toute façon éclater. Aujourd’hui, il est un prétexte. Il est là certes. Il est là mais il a pris toute sa place, toute son utilité, sa raison d’être comme pilier du monde d’après. Il est là aussi pour faire peur, pour faire oublier nos malheurs, nos désastres et nos échecs, la chute dans le nihilisme.

Les élites dirigeantes ou influentes ont besoin de ce virus comme bouc émissaire d’une société épouvantable dans laquelle nous sommes en train de faire naufrage, une société sans travail, sans jeunesse, sans courage, sans imagination, sans désir, sans but, sans idéal, sans liberté – en particulier la première de toutes, la liberté de se déplacer, de franchir les frontières, de partir, bref s’évader, le plus joli mot de la langue française. Même quand le virus aura objectivement disparu, il sera toujours là, comme une menace infernale brandie par les autorités morales et nous tenir en laisse par le biais de la peur. Et s’il n’est vraiment plus là, il sera aussitôt remplacé par un autre virus.

Le « monde d’après » – le nôtre désormais – a besoin de lui, le virus est au centre de son équilibre et de sa survie. Et contre la peur, il n’existe qu’une seule arme: la vérité.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Un virus et l’économie est au bord du gouffre ?, par Paul Vermeulen

Un dégât collatéral de l’épidémie du coronavirus, évaluée ce jour à environ 80 000 personnes infectées dans le monde, est son impact sur les marchés financiers. C’est un révélateur d’une économie fragile fonctionnant sur l’émotion. Si l’économie actuelle, c’est-à-dire la mondialisation, est menacée par le premier virus venu, dont on ne sait finalement que peu de choses, il convient en effet de s’inquiéter. Faut-il voir une corrélation entre l’épicentre chinois du virus, la Chine étant devenue de même un épicentre, sinon le principal épicentre de l’économie mondialisée ? L’avenir le dira. Si un des facteurs d’émotion est la vitesse de propagation, le Covid-19 touchant des pays comme la Corée du Sud, l’Italie, l’Espagne, le Japon, l’Iran ou les Etats-Unis, mais aussi le continent africain, l’autre est d’apprendre qu’il peut être transmis par des personnes ne présentant aucun symptôme.

L’émotionnel accroît le danger potentiel de l’épidémie

Dans cette situation où l’on sent que les individus mondialisés sont gavés depuis des années de séries, films et propos catastrophistes de type collapsologie ou d’appels à ce qu’un virus réduise une surpopulation mondiale qui, contre toutes les évidences démographiques sérieuses, serait responsable de tous les maux de la planète, le monde est émotionnellement au bord d’une panique qui a d’ailleurs commencé en Italie, où des supermarchés sont pris d’assaut. Le plus inquiétant est cependant que la panique émotionnelle gagne actuellement les marchés financiers. Le fait est que les bourses plongent et que plane sur les consciences le souvenir de la crise de 2008. Le Fonds monétaire international (FMI) a averti que la crise « pourrait mettre en péril la reprise » mondiale et a abaissé de 0,4 point sa prévision de croissance pour la Chine en 2020, à 5,6 %. Ce n’est qu’un début, d’après nombre d’économistes de plateaux de télévision. Les Bourses mondiales ont alors cédé à la panique face à l’accélération de l’épidémie : les places de Paris, Francfort, Londres, Madrid et Zurich chutaient de plus de 3 % lundi matin 24 février, tandis que celle de New York baissait mardi de près de 2 %, sa plus forte baisse depuis deux ans, comme la bourse australienne.

Celle de Milan, de plus de 4 %. En Asie, les Bourses chinoises ont terminé la séance de lundi en ordre dispersé, Hong Kong et Shanghai finissant dans le rouge tandis que la Bourse de Shenzhen a clôturé de peu dans le vert. Au Japon, la chute est de 3,3 %. De même, les cours du pétrole viennent de plonger de 4 %. Or, la Chine est le premier consommateur mondial de brut. L’or, valeur refuge, a atteint un nouveau sommet en sept ans, culminant à 1 689,31 dollars, une première depuis fin janvier 2013. Nous ne connaissons pas encore clairement les risques du Covid-19, peut-être gravissimes, mais nous savons déjà combien une récession économique née de l’irrationalité peut être néfaste. De quoi être inquiets, pour le coup, la montée de l’irrationnel n’étant jamais une bonne nouvelle.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 26 février 2020

Coronavirus : la frontière est plus que jamais nécessaire

« A ce stade, la situation est parfaitement sous contrôle. » Sibeth Ndiaye, sur les ondes de RFI le 28 janvier. Tout va bien donc, selon le porte-parole du gouvernement de la sixième puissance mondiale. « J’assume parfaitement de mentir pour protéger le président. » Sibeth Ndiaye, 2017. Tout compte fait, il va falloir s’informer ailleurs.

Le coronavirus a commencé son épopée à Wuhan, une ville chinoise de onze millions d’habitants. C’est ici que se produit quotidiennement le Huanan Seafood Wholesale Market, une sorte de marché gigantesque et parfaitement illégal où l’on peut se procurer de la viande animale rare : chameau, rat, serpent, chat… Et chauve-souris. C’est ce Chiroptera qui serait, selon les récentes recherches, responsable de la propagation du virus mortel. Le responsable, mais qui est le coupable ? Certainement le gouverneur de la région, lequel savait quels risques étaient pris par sa population et n’a pas eu la présence d’esprit de faire appliquer des normes sanitaires. Toujours est-il que le virus a muté, et est désormais transmissible par l’homme. Environ cinq mille cas sont déclarés à ce jour, dont une cinquantaine à l’étranger. En France, trois cas sont pris en charge à Paris et un à Rouen. Le monde retient son souffle.

La frontière est close

La Chine a pris des mesures médicales draconiennes pour enrayer l’épidémie. Distribution de masques, fabrication de médicaments, et… confinement. Cinquante-six millions d’habitants sont enfermés dans une zone dont ils n’ont pas le droit de sortir, soit presque la population de la France. Comment est-ce possible ? Les aéroports sont contrôlés par les forces de l’ordre, les axes de circulation routière bloqués, et des patrouilles cernent la zone.

Les pays étrangers sont autorisés à exfiltrer leurs ressortissants, moyennant des contrôles médicaux stricts. Par exemple, le Japon a fait sortir cent cinquante de ses citoyens. En France, le défilé du nouvel an chinois a été annulé, et le trafic en provenance de Chine est contrôlé. Voici les consignes officielles du Quai d’Orsay :

« Un accueil spécifique des voyageurs est mis en place aux aéroports de Charles De Gaulle et Saint-Denis de La Réunion pour les vols en provenance de Chine, Hong-Kong et Macao. Cet accueil est assuré par des personnels d’associations agréés de sécurité civile, en lien avec le service médical de l’aéroport renforcé de professionnels de santé médicaux et paramédicaux issus de la réserve sanitaire du ministère chargé de la santé. Des flyers en trois langues (français, anglais et mandarin) sont remis à tous les passagers pour leur indiquer la conduite à tenir en cas d’apparition de symptômes, de façon à assurer une détection rapide d’éventuels nouveaux cas de coronavirus sur le territoire. »

Autrement dit, la frontière est close. Mais personne ne s’en offusque, et la population accueille avec soulagement la nouvelle. Comment est-ce possible ? s’interrogent les lecteurs de Présent. Depuis des dizaines d’années, la résignation la plus totale est de mise chez les pouvoirs publics quand il s’agit de contrôler l’entrée sur le territoire de migrants venus du Sud. Comment se fait-il qu’en cas de virus, l’exécutif fasse preuve d’une détermination par ailleurs efficace ? L’affaire de ce virus prouve que la maîtrise des frontières est avant tout idéologique, et que les flux intarissables de clandestins ne sont en rien une fatalité. La France a la capacité de contrôler qui entre chez elle, preuve en est.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 28 janvier 2020

Guérison de l’infirmière française touchée par le virus Ebola

Guérison de l’infirmière française touchée par le virus Ebola

06/10/2014 – SAINT-MANDE (Novopress via le Bulletin de réinformation
L’infirmière française touchée par le virus Ebola est désormais guérie, une annonce faite par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. L’employée de Médecins sans frontières avait été rapatriée début septembre, depuis une mission au Libéria.

Le premier cas français contaminé par Ebola a quitté l’hôpital militaire de Saint-Mandé hier (dimanche 5 octobre, note de Novopress), après avoir subi deux traitements expérimentaux, dans un cadre de sécurité draconien.

Le virus qui s’est diffusé cette année en Afrique de l’ouest, a fait de nombreuses victimes au Libéria avec 2 000 morts, 800 en Guinée et au Sierra Leone 600. Sa diffusion en Europe via les flux aériens et migratoires n’est donc qu’une question de temps.

Crédit photo : CDC/ Cynthia Goldsmith via Wikipédia (cc).

L’expulsion d’un clandestin guinéen annulée… à cause d’Ebola

L'expulsion d'un clandestin guinéen annulée... à cause d'Ebola

19/09/2014 – NANCY (via 20 Minutes)
Décidément la justice française marche sur la tête. Ainsi, à Nancy, l’expulsion d’un Clandestin guinéen a été annulée… à cause de l’épidémie d’Ebola qui sévit en Guinée ! S’il ne s’agit pas de fort heureusement de résoudre la problème de l’immigration clandestine en soumettant les clandestins à un risque sanitaire, on peut cependant s’interroger sur une telle décision de justice.

D’autant que le quotidien 20 Minutes qu rapporte cette décision de justice (lire ci-dessous) nous indique que le clandestin est nullement régularisé. Décision aussi ubuesque que celle du gouvernement visant à empêcher certains “Français” de rejoindre l’Etat islamique, par le biais d’une sortie de territoire. Alors que dans les deux cas (clandestins et djhadistes) il faudrait tout simplement empêcher le retour en France…

L’expulsion d’un jeune Guinéen clandestin a été annulée par le tribunal administratif de Nancy en raison de l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en Afrique de l’Ouest et notamment dans son pays d’origine. «Le tribunal a retenu principalement le risque d’épidémie lié à Ebola» pour annuler l’arrêt préfectoral d’expulsion, a déclaré l’avocate du sans-papier, Me Anne-Laure Taesch.

(…)

Son avocate avait plutôt fait valoir son statut de mineur pour tenter d’éviter son expulsion, le jeune homme affirmant n’avoir que 16 ans. Cependant un examen osseux a fixé son âge à 19 ans. «Mineur ou adulte, on ne pouvait pas le renvoyer dans son pays en raison de l’épidémie», dit-elle aujourd’hui, espérant que ce jugement fera jurisprudence pour d’autres dossiers similaires.

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Photo Une : image du virus Ebola par un microscope électronique. Crédit : CDC/ Cynthia Goldsmith via Wikipédia (cc).