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Jean Daubigny, le préfet qui a violemment réprimé la Manif pour tous, va être jugé pour fraude fiscale

30/03/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Il n’a pas payé ses impôts, ni même déclaré ses revenus, pendant des années. L’ancien préfet de la région Ile de France Jean Daubigny, ex-directeur de cabinet de Manuel Valls au ministère de l’Intérieur, sera jugé prochainement pour fraude fiscale, a t on appris mardi de source judiciaire.

Entre 2011 et 2014, le montant des impôts impayés serait de 190 000 €. Selon Mediapart, son comportement remonterait à plus loin encore, mais les faits sont désormais prescrits.

Il a été préfet de Paris et de l’Ile de France de décembre 2012 jusqu’à sa retraite en avril 2015. Il est l’un des principaux responsables des brutalités exercées par les forces de l’ordre contre les militants de la Manif pour tous, à l’époque des nombreuses manifestations d’opposition à la politique de destruction de la famille, menée par le pouvoir socialiste.


Incidents à Paris : la manifestation contre les «violences policières» dérape

20/03/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Paris, dimanche après-midi, contre les «violences policières» à l’appel de plusieurs organisations, quelques semaines après l’«affaire Théo» qui avait entraîné des violences urbaines en banlieue parisienne.

La foule scandait les slogans suivants : «Zyed, Bouna, Théo et Adama, on n’oublie pas, on ne pardonne pas», «pas de justice, pas de paix», «Police partout, justice nulle part» ou «urgence, urgence, la police assassine en toute impunité».

Mais des échauffourées ont éclaté en fin d’après-midi entre des manifestants cagoulés et les forces de l’ordre.

Voici le reportage proposé par Line Press.


Théo Police

L’affaire Théo ou le dilemme du maintien de l’ordre dans la France de 2017

Depuis bientôt quinze jours, la France vit au rythme des violences urbaines consécutives à ce qu’il est désormais convenu d’appeler « l’affaire Théo », du nom de ce jeune molesté par des policiers à Aulnay-sous-Bois. Ce fait divers et ses conséquences sont aujourd’hui à l’origine d’un vif débat sur la place de la police dans la société. Des intellectuels publient une tribune au vitriol dans Libération, François Hollande rencontre Théo sans même attendre les conclusions de l’enquête, tout le monde y va de son commentaire sur les violences policières.

Les inquiétudes sur les dérives potentielles de l’action de la police sont légitimes. La police demeure un instrument de coercition au service du pouvoir et, à ce titre, elle est parfois dénuée de toute neutralité comme ont pu le constater à leurs dépens les participants des « manifs pour tous », pourtant peu enclins a priori à l’hostilité envers l’institution policière. Personne n’a intérêt à voir émerger une police toute-puissante et grisée par l’impunité.

Cependant, dans ce débat, il faut aussi juger en replaçant l’action de la police dans le contexte spécifique des banlieues de l’immigration. Sans s’appesantir sur l’incident précis d’Aulnay-sous-bois, dans lequel l’enquête dira s’il y a eu ou non une exaction, le recours à la force par la police s’avère souvent indispensable pour l’accomplissement de sa mission.

En effet, l’immigration massive et sauvage de ces cinquante dernières années a alimenté le développement de ces quartiers dans lesquels vivent des communautés en sécession avec un pays d’accueil qu’elles ne voient pas comme leur patrie. Dans cette même logique, une partie de ces habitants ne reconnaissent pas l’autorité de ses forces de l’ordre. Cela implique que la police y est considérée comme un ennemi par des pans entiers de la population et non par de simples individus entrés en rébellion pour des raisons plus personnelles.

Pour parler plus concrètement, aujourd’hui, n’importe quelle interpellation dans une cité provoque un attroupement hostile, n’importe quelle perquisition nécessite de mobiliser une compagnie de CRS au cas où la situation dégénérait. Les interventions policières dans ces cités se font donc dans un climat d’hostilité générale qui rend inopérantes les méthodes douces. Les problématiques de la police française dans cet environnement relèvent plus de celle d’une force militaire d’occupation d’un pays étranger que de celle d’une force de police, gardienne de la paix parmi ses concitoyens.

Dans ce contexte, le recours à la violence par la police devient nécessaire, là où dans d’autres situations sa prééminence suffirait. Certes, son usage est encadré par la loi. Mais croire que le maintien de l’ordre est possible sans dérapages et dommages collatéraux est méconnaître la réalité du terrain. Il faut être naïf pour penser qu’il est humainement possible d’agir dans le calme et de respecter scrupuleusement le protocole dans des situations où les fonctionnaires sont sous pression et où tout s’enchaîne trop rapidement pour réagir avec un parfait sang-froid.

Le dilemme est le suivant : si on paralyse les policiers par des condamnations au moindre écart, on s’expose à ce qu’ils perdent totalement le contrôle dans les quartiers. Les bavures seraient dès lors le prix à payer pour ne pas voir les choses empirer. Du reste, si l’état a aujourd’hui abandonné ces quartiers, c’est bien par peur d’une « bavure » entrainant une mort.

Une société multiraciale pacifiée ne semble donc pas compatible avec le maintien d’une police déontologiquement irréprochable, conformément à l’idéal démocratique. Les exemples des Etats-Unis, véritable Etat policier, ou du Brésil en sont la preuve la plus flagrante.

Louis Brequin