Viktor Orbán : « L’immigration a divisé l’Europe en deux »

Tandis qu’en Occident, nos dirigeants multiplient discours creux, éléments de langage rédigés par des chargés de communication douteux, il est toujours intéressant de regarder ce qui se fait à côté de nous : voici quelques morceaux choisi du discours prononcé par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán le 23 juillet 2022, devant des étudiants.

Chers amis,

Lorsque l’on observe le monde, ce qui est le plus frappant, c’est que les données suggèrent qu’il va de mieux en mieux et pourtant nous avons l’impression que c’est le contraire. L’espérance de vie a atteint soixante-dix ans, et en Europe, elle est de quatre-vingt ans. Au cours des trente dernières années, la mortalité infantile a diminué d’un tiers. En 1950, le taux de malnutrition dans le monde était de 50 %, alors qu’il est aujourd’hui de 15 %. En 1950, la proportion de la population mondiale vivant dans la pauvreté était de 70 %, et en 2020, elle ne sera plus que de 15 %. Dans le monde entier, le taux d’alphabétisation est passé à 90 %. En 1950, la durée moyenne de la semaine de travail était de 52 heures, mais elle est tombée à 40 heures par semaine aujourd’hui, le temps de loisirs passant de 30 à 40 heures. Je pourrais continuer la liste longuement.

(…)

Il y a cent ans, quand on parlait du déclin de l’Occident, on faisait référence au déclin spirituel et démographique. Ce que nous voyons aujourd’hui, en revanche, c’est le déclin de la puissance et des ressources matérielles du monde occidental. Je dois dire quelques mots à ce sujet pour nous permettre de bien comprendre la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Il est important que nous comprenions que d’autres civilisations – la Chine, l’Inde, disons le monde orthodoxe, et même l’Islam – ont également connu un processus de modernisation. Et nous constatons que les civilisations rivales ont adopté la technologie occidentale et maîtrisé le système financier occidental, mais elles n’ont pas adopté les valeurs occidentales – et elles n’ont absolument pas l’intention de les adopter. Néanmoins, l’Occident veut diffuser ses propres valeurs, ce que le reste du monde ressent comme une humiliation. C’est quelque chose que nous comprenons, car nous ressentons parfois la même chose. Je me souviens d’un épisode de la vie de notre ministre des affaires étrangères Péter Szijjártó, vers 2014, sous une précédente administration américaine. Un fonctionnaire du gouvernement américain en visite a poussé négligemment une feuille de papier devant lui et a simplement dit que la Constitution hongroise devait être modifiée sur les points qu’elle contenait, après quoi l’amitié serait restaurée. Nous comprenons donc cette résistance du reste du monde à la propagation des valeurs par l’Occident, à son exportation de la démocratie. En fait, je soupçonne que le reste du monde a compris qu’il doit se moderniser précisément parce que c’est le seul moyen de résister à l’exportation des valeurs occidentales qui lui sont étrangères. Le plus douloureux dans cette perte de territoire, cette perte de pouvoir et de territoire matériel, c’est que nous, en Occident, avons perdu le contrôle des vecteurs énergétiques. En 1900, les États-Unis et l’Europe contrôlaient 90 % de tous les approvisionnements en pétrole, gaz naturel et charbon. En 1950, ce chiffre était tombé à 75 %, et aujourd’hui la situation est la suivante : les États-Unis et l’Europe contrôlent ensemble 35 %, les États-Unis 25 %, tandis que nous contrôlons 10 % ; les Russes 20 % ; et le Moyen-Orient 30 %. Et la situation est la même pour les matières premières. Au début des années 1900, les États-Unis, les Britanniques et les Allemands détenaient une proportion considérable des matières premières nécessaires à l’industrie moderne. Après la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques sont intervenus ; et aujourd’hui, nous constatons que ces matières premières sont détenues par l’Australie, le Brésil et la Chine – 50 % des exportations totales de matières premières de l’Afrique allant à la Chine. Mais si nous regardons vers l’avenir, ce que nous voyons n’est pas très bon non plus. En 1980, les États-Unis et l’Union soviétique dominaient l’approvisionnement de la plupart des terres rares qui constituent les matériaux de base des industries fondées sur la technologie moderne. Aujourd’hui, les Chinois en produisent cinq fois plus que les États-Unis et soixante fois plus que les Russes. Cela signifie que l’Occident est en train de perdre la bataille des matériaux. Si nous voulons comprendre l’état du monde, si nous voulons comprendre l’état de l’Occidental dans le monde, notre point de départ doit être que la plupart des vecteurs énergétiques et des ressources énergétiques du monde se trouvent en dehors de la civilisation occidentale. Ce sont des faits concrets.

Dans ce contexte, notre situation – celle de l’Europe – est doublement difficile. C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont la stratégie qu’ils ont. L’année 2013 est une année qui n’a été notée ou écrite nulle part par personne. Mais c’est l’année où les Américains ont lancé de nouvelles technologies d’extraction de matières premières et d’énergie – pour simplifier, appelons cela la méthode d’extraction d’énergie par fracturation. Ils ont immédiatement annoncé une nouvelle doctrine de la politique de sécurité américaine. Je la cite, elle est la suivante. Cette nouvelle technologie, ont-ils dit, les mettrait dans une position plus forte pour poursuivre et atteindre leurs objectifs de sécurité internationale. En d’autres termes, l’Amérique n’a pas caché qu’elle allait utiliser l’énergie comme une arme de politique étrangère. Le fait que d’autres soient accusés de cela ne doit pas nous tromper. Il s’ensuit que les Américains mènent une politique de sanctions plus audacieuse, comme nous le voyons dans l’ombre de l’actuelle guerre russo-ukrainienne ; et ils ont entrepris d’encourager fortement leurs alliés – en d’autres termes, nous – à s’approvisionner chez eux. Et cela fonctionne : les Américains sont en mesure d’imposer leur volonté parce qu’ils ne dépendent pas de l’énergie des autres ; ils sont en mesure d’exercer une pression hostile parce qu’ils contrôlent les réseaux financiers – appelons-les interrupteurs pour simplifier – de la politique de sanctions ; et ils sont également en mesure d’exercer une pression amicale, ce qui signifie qu’ils peuvent persuader leurs alliés d’acheter chez eux. Une version plus faible de cette politique a été observée lorsque le président Trump s’est rendu pour la première fois en Pologne, où il a simplement parlé de la nécessité pour eux d’acheter du « gaz de la liberté ». Cette stratégie américaine n’a été complétée que maintenant, en 2022, par la politique de sanctions. Voilà où nous en sommes, et je ne serais pas surpris que l’uranium, l’énergie nucléaire, soient bientôt inclus dans cette sphère. Les Européens ont répondu à cela, nous, Européens, avons répondu à cela, car nous ne voulions pas nous rendre dépendants des Américains. Ce n’est pas gentil, mais entre eux, les politiciens européens disent : « Nous avons attrapé un Yankee, mais il ne nous lâche pas. » Ils ne voulaient pas vraiment maintenir cet état de fait, et ils ont donc essayé de protéger l’axe énergétique russo-allemand aussi longtemps que possible, afin que nous puissions faire entrer l’énergie russe en Europe. Cet axe est aujourd’hui mis en pièces par la politique internationale. Puis, sous l’impulsion des Allemands, nous avons apporté une autre réponse : le passage aux sources d’énergie renouvelables. Mais jusqu’à présent, cela n’a pas fonctionné, car la technologie est coûteuse, et donc l’énergie qui en est tirée l’est aussi. En outre, le passage à cette technologie moderne ne se fait pas automatiquement, mais seulement sous la pression d’en haut, exercée sur les États membres par la Commission de Bruxelles – même si cela nuit gravement aux intérêts des États membres.

En passant, je dirai quelques mots sur les valeurs européennes. Voici, par exemple, la dernière proposition de la Commission européenne, qui dit que tout le monde doit réduire sa consommation de gaz naturel de 15 %. Je ne vois pas comment elle sera appliquée – même si, d’après ce que j’ai compris, le passé nous montre le savoir-faire allemand en la matière. De plus, si cela ne produit pas l’effet escompté et que quelqu’un n’a pas assez de gaz, il sera retiré à ceux qui en ont. Donc, ce que fait la Commission européenne, ce n’est pas demander aux Allemands d’inverser la fermeture de leurs deux ou trois dernières centrales nucléaires encore en activité, qui leur permettent de produire une énergie bon marché : elle les laisse fermer ces centrales. Et s’ils manquent d’énergie, d’une manière ou d’une autre, ils prendront du gaz chez nous qui en avons, parce que nous l’avons stocké. Nous, les Hongrois, appelons cela un « Einstand » [confiscation forcée par une partie plus forte], ce que nous avons appris dans « Les garçons de la rue Paul » [le roman A Pál utcai fiúk]. C’est à cela que nous pouvons nous préparer.

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[Interview] Viktor Orbán sur les sanctions contre la Russie : « L’économie européenne s’est tirée une balle dans les poumons »

Viktor Orbán

Nous vous proposons de découvrir ci-dessous la traduction française de l’interview donnée par le Premier ministre de Hongrie, Viktor Orbán, lors de l’émission Good Morning Hungary, animée par Zsolt Törőcsik. L’occasion de découvrir le point de vue du dirigeant hongrois sur la crise majeure qui frappe aujourd’hui l’Union Européenne du fait de la situation en Ukraine.

Zsolt Törőcsik : La situation des prix de l’énergie en Europe occidentale devient de plus en plus intenable, et ce n’est vraiment pas une question de quantité d’énergie disponible, mais de savoir s’il y a de l’énergie tout court. Je ne pense pas que beaucoup d’entre nous aient cru que la pandémie serait suivie d’une crise encore plus grave, et que la situation là-bas toucherait également la Hongrie. Dans quelle mesure cela est-il impactant ?

Viktor Orbán : Nous assistons effectivement à une guerre des prix de en Europe. Le jeudi 24 février – si je m’en souviens bien – personne n’aurait pensé que ce qui était apparu n’était pas simplement un conflit ou une guerre entre l’Ukraine et la Russie, mais qu’une ère se terminait et que nous entrions dans une nouvelle phase de l’histoire européenne : une ère de guerres. Et cela a un impact. Il est vrai que la Hongrie essaie de rester en dehors de cette guerre, et nous devons rester vigilants afin de veiller à ce que le conflit armé ne s’étende pas à la Hongrie. Mais nous devons aussi reconnaître que cette guerre ne se déroule pas seulement sur les lignes de front, mais aussi dans l’économie mondiale – ou du moins dans l’économie européenne ; et nous devons reconnaître qu’une partie de cette guerre est l’augmentation des prix de l’énergie, avec une inflation de guerre, des prix de guerre, et que cela remet en question tout ce à quoi nous sommes habitués. Nous pouvons dire que nous avions une vie moderne et sûre, et les conditions de base pour cela existaient dans toute l’Europe.

Bien sûr, certains gouvernaient mieux que d’autres, d’autres moins, mais rien ne remettait en cause les conditions de base de la vie en Europe. Aujourd’hui, cependant, nous devons nous battre pour tout ce que nous avons considéré comme acquis. Il y aura deux grandes batailles ici, dont la première est en train de se dérouler. Il s’agit de la lutte pour l’énergie, pour freiner l’augmentation du coût de la vie, pour des prix des services publics tolérables. Mais il y aura aussi une bataille pour l’emploi. En effet, toutes les prévisions sur lesquelles je me base, les études et les analyses internationales, montrent que l’effet combiné de la politique de sanctions et de la guerre entraînera l’entrée en récession de l’économie européenne, en d’autres termes, le début d’une contraction ou d’une baisse des performances. Il y a toujours une pénurie de main-d’œuvre en Hongrie, mais je conseille à tous ceux qui ont un emploi et un travail de le valoriser et de tout faire pour le conserver ; car dans les mois à venir, nous pouvons nous attendre à un ralentissement de l’économie européenne

Zsolt Törőcsik : Mais nous sommes toujours dans la première bataille pour l’énergie. Il n’y a pas si longtemps, les Russes ont déclaré que l’exploitation de Nord Stream ne pouvait être garantie, et hier, le président Macron a déclaré que nous devions nous préparer à l’éventualité que le gaz russe cesse de circuler. Ici, en Hongrie, devrions-nous avoir davantage peur que l’énergie soit chère, ou qu’il n’y en ait pas ?

Viktor Orbán : La guerre a fait quintupler les prix de l’électricité et sextupler les prix du gaz. Maintenant, il y a des pays qui s’engagent dans la politique de sanctions. Le plus important serait que Bruxelles se rende compte qu’une erreur a été commise. Non seulement la politique de sanctions n’a pas répondu aux espoirs qui avaient été placés en elle, mais elle a eu l’effet inverse de celui escompté. Ils pensaient que la politique de sanctions ferait plus de mal aux Russes qu’aux Européens. Cela ne s’est pas produit, et nous avons été plus touchés. Ils pensaient que la politique de sanctions pourrait être utilisée pour raccourcir la guerre, avec la possibilité d’obtenir un succès rapide en affaiblissant la Russie. Cela n’a pas fonctionné non plus et, loin de réduire le conflit, de nous rapprocher de sa conclusion, la guerre s’éternise. Et la politique de sanctions ne peut en aucun cas nous y aider. Je dois dire qu’au début, je pensais que nous nous étions tirés une balle dans le pied, mais maintenant il est clair que l’économie européenne s’est tirée une balle dans les poumons, et partout nous voyons qu’elle est à bout de souffle. Dans certains pays, cela signifie qu’il n’y aura pas d’approvisionnement en énergie, pas de gaz naturel ; dans d’autres pays, il y aura du gaz, mais le prix sera très élevé.

Notre situation sera la seconde, car nous avons pris des décisions qui nous permettent d’obtenir la quantité d’énergie nécessaire. La question est de savoir combien de temps nous pourrons maintenir le coût de cette énergie dans des limites tolérables. Nous avons dû déclarer l’urgence énergétique, ce que nous avons fait lors du Conseil des ministres de mercredi. Vos auditeurs ont beaucoup entendu parler de cela, mais peut-être moins du fait que j’ai également ordonné la création d’un groupe opérationnel, qui sera dirigé par Gergely Gulyás. Sa tâche sera de mettre en œuvre ces décisions, ces décisions d’urgence en matière d’énergie, et d’en élaborer de nouvelles si nécessaire. Nous avons augmenté la production nationale de gaz naturel – ou demandé aux entreprises de l’augmenter. Il y a un débat sur la question de savoir si cela est même possible. J’ai écouté ce débat et voici la décision que nous avons prise : augmenter la production – notre propre production nationale – de 1,5 milliard de mètres cubes à 2 milliards. Nous avons autorisé le ministre des affaires étrangères, M. Péter Szijjártó, à acquérir de nouvelles réserves de gaz naturel, et il est déjà en passe d’obtenir 700 millions de mètres cubes de gaz supplémentaires. Nous avons imposé des interdictions d’exportation aux transporteurs d’énergie, à l’exception bien sûr des réserves que nous stockons pour d’autres sur une base locative. Nous fournirons ces quantités aux parties qui louent ces installations de stockage – car, après tout, nous sommes Hongrois. J’ai dû ordonner une augmentation de la production de lignite : actuellement, deux unités alimentées au lignite fonctionnent dans notre centrale électrique de Mátra, et deux autres sont en réserve ; j’ai dû ordonner l’activation de ces deux dernières unités. Nous avons également dû ordonner la prolongation de la durée de fonctionnement des unités déjà en service à la centrale nucléaire de Paks. Enfin, pour maintenir les réductions des charges des ménages, nous avons dû nous tourner vers une consommation supérieure à la moyenne. En d’autres termes, en essayant de préserver les réductions des charges des ménages, nous avons dû prendre une décision qui garantit que les réductions continueront à s’appliquer à ceux qui consomment une quantité moyenne d’énergie, tandis que ceux qui consomment plus que la moyenne devront payer le prix du marché pour cette énergie – ou essayer de réduire leur consommation en dessous du niveau moyen s’ils le peuvent. Je demande respectueusement aux Hongrois et aux familles qui consomment plus que la moyenne de reconnaître que nous sommes maintenant obligés de faire payer le vrai prix pour une consommation supérieure à la moyenne ; si nous ne le faisons pas, toute la politique de réduction de la facture énergétique des ménages devra être abolie.

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Ferenc Almássy (Viktor Orbán, douze ans au pouvoir) : « La Hongrie n’ayant pas de soft power, c’est une cible facile et bon marché pour nos propagandistes occidentaux » [Interview]

Viktor Orbán

Véritable bête noire des institutions européennes et de ses partenaires d’Europe de l’Ouest depuis plus d’une décennie, Viktor Orbán mène une politique provoquant de violents remous dans la presse occidentale. Alors que le 31 mars, le Visegrád Post a fêté ses six années d’existence. son équipe vient de publier un livre fondamental pour comprendre la situation en Hongrie : « Viktor Orbán, douze ans au pouvoir » permet de comprendre la politique défendue par le Premier ministre hongrois, loin de la propagande Occidentale et/ou du clan Soros.

Pour évoquer ce travail majeur, Breizh-info a interrogé Ferenc Almássy qui dirige le Visegrad Post et a participé à la rédaction du livre tout comme Olivier Bault, Yann Caspar, David Engels, Thibaud Gibelin, Nicolas de Lamberterie, Gábor Stier et Árpád Szakács.

Breizh-info.com : Tout d’abord, quelles ont été les premières conséquences de la réélection de M. Orban en Hongrie ? Quelles vont être les principales mesures de sa nouvelle mandature ? Quels sont les grands chantiers qui se profilent à l’horizon ?

Ferenc Almássy : De nouvelles attaques des institutions européennes ! Ca peut paraître incroyable, mais nous en sommes là. Comme en 2018, un très suspicieux hasard de calendrier fait que moins de 48h après le résultat des élections, une nouvelle procédure sanctionnant la Hongrie est initiée. Cette fois-ci, c’est l’usine à gaz dudit mécanisme de conditionnalité pour la protection du budget de l’UE, sensé protéger l’état de droit, en tout cas tel que l’entend la très progressiste Commission européenne, qui est utilisé. En somme, la Hongrie ne respecterait pas l’état de droit – on attend toujours les preuves, et même, pour commencer, une définition dans les traités de l’état de droit… – et donc il faut la sanctionner. En vérité, il s’agit évidemment d’un abus juridique des technocrates bruxellois pour faire avancer un agenda politique contre la volonté des peuples et faisant fi de toute légitimité démocratique.

Il s’agit d’une politique souverainiste, résolument axée sur la défense des intérêts hongrois. Ainsi par exemple, Orbán a refusé de soutenir l’Ukraine, et cantonne l’aide de la Hongrie aux réfugiés ukrainiens – où en revanche la Hongrie est exemplaire. Orbán ne veut pas que, je cite, les Hongrois payent le prix de la guerre, d’une guerre qui n’est pas celle des Hongrois. Il vient d’ailleurs, mercredi 25 mai, après une modification de la constitution, de déclarer l’état d’urgence pour prendre des mesures économiques exceptionnelles afin de garantir la protection du portefeuille des foyers face à l’énorme crise économique qui commence. Les banques, assurances, multinationales, entreprises pharmaceutiques, les publicitaires, les compagnies aériennes ou encore le secteur de l’énergie vont subir une taxe exceptionnelle pour financer le maintien des bas tarifs énergétiques pour les foyers, mais aussi pour réarmer plus vite l’armée hongroise.

Breizh-info.com : Votre livre aborde les 12 années au pouvoir de M. Orban d’une manière particulière, puisque contrairement à toute la presse mainstream francophone, vous ne cherchez pas à les diaboliser. Comment expliquez-vous cette diabolisation en Occident ?

Ferenc Almássy : Ce que vous appelez manière particulière, je l’appelle journalisme analytique. Nous tentons tout simplement de faire notre travail honnêtement. Bien entendu, personne ne peut être parfaitement neutre et objectif dans l’analyse politique. Nous avons aussi nos biais, mais cela ne change rien à notre but : donner l’image la plus exacte possible au lecteur dans un ouvrage le plus synthétique possible.

Beaucoup de nos confrères en revanche agissent bien plus en militants qu’en analystes ou en journalistes – c’est pour la plupart des auteurs la motivation de leur engagement dans la voie du journalisme politique : chercher à rééquilibrer ce qui est apporté au grand public, car il y a trop de mensonges et de manipulations dans les médias dominants. Encore une fois, c’est normal d’avoir un avis sur une personnalité politique ou sur des mesures en particulier, et l’expression de cet avis dans la presse est légitime. Mais ce qu’on peut lire ou entendre va beaucoup plus loin, souvent, il y a des procès d’intentions, des mensonges, des traductions erronées, et la présentation d’une réalité alternative qui n’a pour but que de servir une narration motivée idéologiquement.

La Hongrie n’ayant pas de soft power, c’est une cible facile et bon marché pour nos propagandistes occidentaux. Notre équipe tente de faire un travail plus honnête. Nous expliquons ce qui selon nous sont des réussites d’Orbán, mais portons aussi des critiques lorsque nous jugeons cela légitime.

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Viktor Orbán : « Cette décennie sera une ère de danger, d’incertitude et de guerre. »

Viktor Orbán

Découvrez des extraits – choisis et traduits par la rédaction du Visegrád Post – du discours d’investiture de Viktor Orbán pour son 5e mandat de Premier ministre hongrois.

Sans grande surprise suite aux élections législatives du 3 avril dernier qui avaient amené une nouvelle victoire électorale du Fidesz avec 54,1 % des voix et surtout 135 députés (sur 199), soit une nouvelle majorité des deux tiers pour le parti conservateur hongrois au pouvoir sans interruption depuis 2010, Viktor Orbán a été réélu, ce lundi 16 mai, pour un cinquième mandat de Premier ministre de la Hongrie par 133 voix contre 27.

Après le vote des députés qui lui ont accordé leur confiance pour la quatrième fois consécutive, Viktor Orbán s’est adressé, comme de coutume, au Parlement :

« Mes premiers mots sont des remerciements. Je remercie mes collègues députés pour leur soutien. Merci pour la confiance de l’électorat. J’ai été élu par les membres du Parlement, mais je n’oublierai pas que le mandat vient des électeurs, du peuple hongrois.

[…] Nos opposants ont fait en sorte que l’élection se déroule sous une surveillance internationale et nationale sans précédent. Tout le monde a pu constater que la Hongrie est un pays où il n’y a pas et où il ne peut y avoir de fraude électorale. Je remercie les militants de l’opposition pour leur travail de surveillance, qui a contribué à protéger la réputation de la Hongrie et la confiance du public dans la démocratie hongroise. […]

Après douze ans de gouvernement, nous avons obtenu la majorité absolue des voix. Je m’efforcerai de mériter cette énorme confiance, qui est sans précédent dans toute l’Europe.

L’occident est entré dans une ère de danger, d’incertitude et de guerre

[…] L’Europe, l’homme occidental, et avec lui la Hongrie, nous, le peuple hongrois, sommes entrés dans une ère de danger. Cette décennie sera une ère de danger, d’incertitude et de guerre. La décennie a commencé par l’épidémie de coronavirus et s’est poursuivie par la guerre. La guerre et la politique européenne de sanctions […] ont créé une crise énergétique. La crise énergétique et les hausses des taux d’intérêt américains se sont combinées pour donner naissance à une ère de forte inflation. Tout cela va entraîner une période de récession, de déclin économique, avec une alternance d’années de baisse, de stagnation et de performances économiques médiocres en Europe. […]

Le grand remplacement est un suicide pour l’Europe

Les migrations vers les pays riches vont s’intensifier telle une force tectonique. […] Je considère le grand programme européen d’échange de population, qui vise à remplacer les enfants chrétiens européens manquants par des adultes et des migrants d’autres civilisations, comme une […] tentative de suicide. […]

« Cette guerre n’aurait jamais dû commencer »

La guerre russo-ukrainienne en est à son quatre-vingt-deuxième jour. Cette guerre n’aurait jamais dû commencer.

[…] Aujourd’hui, l’Europe n’a aucun moyen de gérer le conflit dans son voisinage. Faute de force et de moyens, les dirigeants du continent sont convaincus que les sanctions européennes peuvent mettre la Russie à genoux. C’est possible sur le papier, et de nombreux politiciens sur papier brandissent une sorte de preuve théorique. Mais j’ai beau essayer de me souvenir, je ne peux penser à aucun blocus continental qui ait été efficace. […]

La Hongrie ne bloquera pas les sanctions dans l’intérêt de l’unité européenne, tant qu’elles ne franchissent pas la ligne rouge de l’autodéfense de l’économie hongroise, c’est-à-dire tant qu’elles ne menacent pas la sécurité énergétique de la Hongrie.

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Nouveau succès écrasant de Viktor Orbán en Hongrie : pourquoi un tel résultat ?

Viktor Orbán

Dimanche 3 avril se tenaient des élections législatives en Hongrie. Pour la quatrième fois d’affilée, la formation politique de Viktor Orbán remporte une majorité des deux tiers au Parlement. Afin de comprendre ce triomphe inattendu, remettons brièvement le scrutin de dimanche en perspective.
Découvrez cette analyse de Thibaud Gibelin, essayiste, professeur invité au Mathias Corvinus Collegium, auteur de Pourquoi Viktor Orban joue et gagne – Résurgence de l’Europe centrale.

Du retour au pouvoir à 2018

– En 2010, le Fidesz revient au pouvoir après huit années calamiteuses aux affaires de la coalition libérale-socialiste, marquées par des scandales de corruption, des manifestations réprimées par la police (2006), et bien surtout le marasme économique et le recours à un prêt du FMI.
– En 2014, la majorité constitutionnelle des deux tiers est renouvelée de justesse selon la carte électorale et le mode de scrutin modifiés par les réformes constitutionnelles. Désormais, le Parlement hongrois compte 199 sièges : 106 pourvus par autant de circonscriptions et 93 acquis selon un scrutin de liste. Les électeurs votent donc deux fois, pour leur député local et pour la liste de leur choix. Les Hongrois du bassin des Carpates participent seulement au scrutin de liste.
– Même l’obtention de la majorité absolue n’était pas garantie, puisque la « révolution conservatrice » paraissait anachronique et révoltante aux yeux de très nombreux observateurs. Les Hongrois en jugèrent autrement.
– En 2018, l’incertitude est maximale la veille du scrutin. L’évènement majeur de la législature écoulée, la crise migratoire, rebat les cartes. Viktor Orbán a assumé une position forte, clivante et minoritaire sur le refus de l’immigration extra-européenne et des quotas. Privé de marge de manœuvre et pressé d’arriver au pouvoir, le parti d’extrême-droite Jobbik se dit prêt à gouverner avec l’opposition de gauche. Le Fidesz fait campagne avec la slogan trumpien « pour nous, c’est la Hongrie en premier », rejetant l’opposition comme autant de forces inféodées à « l’empire Soros ». La forte participation le jour de l’élection est interprétée par les observateurs occidentaux comme un sursaut démocratique pour chasser Viktor Orbán : c’est l’inverse qui se produit. Le Fidesz renouvelle sa majorité des deux tiers.

La situation en 2022

– Traumatisée par des échecs à répétition, l’opposition a décidé de se coaliser. Les diverses tendances de gauche et l’extrême-droite repentie choisissent à l’automne 2021 le conservateur indépendant Péter Márki-Zay pour mener une liste commune. Face aux scores cumulés de l’opposition, le Fidesz peut effectivement être mis en minorité. Le profil de Péter Márki-Zay, catholique et père de famille nombreuse, doit même séduire la base électorale du Fidesz.
– Une fois encore, rien ne se passe comme prévu. Les partis d’opposition ne veulent rien perdre de leurs prérogatives, la rédaction d’un programme commun s’avère une gageure, Márki-Zay passe pour un prête-nom à la fois sans autorité sur ses puissants soutiens et maladroit dans ses déclarations décousues et unilatérales. De plus, le Jobbik perd son identité politique dans cette coalition, ce qui offre une fenêtre de tir au jeune parti nationaliste Mi Hazank, qui a fait de la défense des libertés face à la « dictature covidique » un de ses chevaux de bataille.
– Les deux blocs reste au coude à coude jusqu’à mi-décembre, fluctuant avec une très faible amplitude entre 43 et 47%, les points restants vont aux indécis revendiqués et aux petites formations alternatives. Le Fidesz dégage depuis le début de l’année une mince mais constante avance. Quand Viktor Orbán s’impose comme champion de la paix face à la guerre russo-ukrainienne, il confirme son avantage. Mais ce n’est que dans les derniers jours que le Fidesz approche la barre des 50% selon certains sondages.
– L’opposition n’a pas cessé de rester très haut dans les intention de votes, entre 43% et 47%, un écart qui laissait toutefois présager la victoire du Fidesz. Enfin, les derniers jours, quelques études ont évalué l’opposition plus près des 40%.

Les résultats

– Dimanche vers 20h30, les premiers résultats partiels paraissent sur les chaînes de télévision. D’emblée le Fidesz semble assuré d’un triomphe, d’autant que les résultats des métropoles, où l’opposition concentre ses forces, ne sont pas encore dépouillés. Mais la tendance ne s’inverse pas. En ce qui concerne les circonscriptions, c’est un raz-de-marée. Si Budapest est acquis à l’opposition – à l’exception de deux circonscriptions périphériques – toutes les circonscriptions du pays élisent un député Fidesz, à l’exception de deux circonscriptions urbaines au sud du pays.
– Le Fidesz non seulement renouvelle sa majorité constitutionnelle des deux tiers, mais la renforce de deux sièges, passant de 133 à 135 députés. Autre record, la liste Fidesz remporte 53% des suffrages, très loin devant l’opposition coalisée (35%).
– L’autre évènement de ce scrutin concerne le parti nationaliste Mi Hazank, qui passe la barre des 5% et envoie 7 députés au Parlement.

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Pourquoi la victoire d’Orban énerve le Système

Les Hongrois ont mal voté : des « démocrates », dépités, vont les accuser de faire le jeu de Vladimir Poutine, des populistes, de l’extrême droite, etc. En renouvelant pour la quatrième fois, hier soir à l’issue des législatives, le mandat de Viktor Orban (53% des suffrages, contre une coalition de six partis), les électeurs ont tourné le dos aux intimidations des européistes et de leur progressisme imposé. La réaction de rejet, ce lundi matin, du journaliste macronien Brice Couturier est révélatrice de la perdition du camp du Bien, quand ses gendarmes jugent insupportable la déviance populaire. Couturier écrit dans un tweet : « Poutine a gagné en Hongrie. Son ami, Viktor Orban remporte, une fois de plus, des élections plus ou moins libres. L’extrême droite hongroise rêve d’une dissolution de l’Ukraine, à la faveur de laquelle Budapest en récupérerait un morceau. L’UE doit sévir. » Revient en mémoire la réplique de Bertolt Brecht : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple ». En l’occurrence, c’est contre le gouvernement de l’Union européenne, ses technocrates, ses juges et son « état de droit » que les Hongrois ont exprimé majoritairement leur défiance. En réélisant Orban, bête noire de l’UE immigrationniste, multiculturelle et soumise à la tyrannie des minorités, les électeurs avalisent la poursuite de la révolution conservatrice dont la Hongrie est devenue un des fers de lance. Au-delà de ce succès, se lit la défaite de l’idéologie post-nationale que promeut une Union doctrinaire coupée des peuples et des nations.

Cette résistance face à la machinerie du prêt-à-penser européen est révélatrice d’une exaspération plus générale. Elle se lit chez les Européens qui n’entendent pas se soumettre aux lubies de décideurs bruxellois qu’ils n’ont pas élu. Cet avertissement lancé au Système et à ses inféodés présage-t-il d’une même rupture, dimanche, lors du premier tour de la présidentielle française ? Une semblable aspiration à un conservatisme traverse l’opinion. Les mouvements antisystèmes représentent près de 50% de l‘électorat (si l’on y mêle Mélenchon Le Pen, Zemmour, Dupont-Aignan, Lassalle, etc.).

L’européisme macronien est une posture qui s’essouffle et ne produit plus d’idées. Samedi, lors de son unique meeting à grand spectacle, le président-candidat à réduit son programme à « quatre grandes causes » : l’égalité homme-femme, la protection de l’enfance, l’Education, la Santé. Ces choix ont sciemment fait l’impasse sur les questions identitaires et civilisationnelles qui motivent de plus en plus les électeurs inquiets de leur survie, en Hongrie comme en France et ailleurs. La stratégie rudimentaire d’Emmanuel Macron, qui consiste à dénoncer un « danger extrémiste » et une « extrême droite » derrière ceux qui abordent ces questions, est l’aveu de son désintérêt pour la vie des gens ordinaires. Les Français pourraient aussi mal voter, aux yeux de la macronie déphasée.

Ivan Rioufol

Texte daté du 30 mars 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Viktor Orbán : « Nous avons remporté une si grande victoire que vous pouvez là voir de la Lune, mais certainement aussi de Bruxelles. La gauche hongroise a été le pire investissement de Soros »

Viktor Orbán sur la guerre en Ukraine : apaisement avec la Russie et besoin d’une Europe-puissance

Orban Poutine

Dans ce conflit sanglant entre la Russie et l’Ukraine, la position de Viktor Orbán est intéressante. Constatant d’un côté que la Russie intervient à cause de l’OTAN, le Premier ministre hongrois soutient malgré tout le peuple ukrainien… tout en appelant à la paix et en refusant l’escalade contre la Russie. Une position qui montre que les implications de cette guerre sont loin des déclarations simplistes de certains responsables occidentaux.
Voici la traduction d’un article paru dans le Magyar Nemzet le 3 mars 2022 réalisée par le Visegrád Post.

« Le plus important, c’est que la Hongrie reste en-dehors de cette guerre. »

– Le plus important, c’est la vie et la sécurité des Hongrois, y compris de ceux de Subcarpatie [province la plus occidentale de l’Ukraine actuelle, nommée Transcarpatie par les peuples vivant à l’est des Carpates : Ukrainiens etc. – n.d.t.] – a affirmé mercredi, à propos de la guerre russo-ukrainienne, le Premier ministre Viktor Orbán, dans un message vidéo publié sur sa page Facebook. À l’issue d’un conseil de gouvernement, il a déclaré que « nous ne pouvons pas prendre de décisions, et ne prendront pas de décisions de nature à transformer en cible des agglomérations hongroises, ou la population hongroise – y compris celle de Subcarpatie, qu’elle soit ethniquement hongroise ou ukrainienne ».

Et d’ajouter : « Après l’évaluation de la situation à laquelle le gouvernement a procédé au septième jour de la guerre, le cabinet a confirmé que la Hongrie continuera à ne pas envoyer de soldats ou d’armes sur le territoire ukrainien. »

« Le plus important, c’est que la Hongrie reste en-dehors de cette guerre. »

Le Premier ministre a néanmoins fait valoir que l’Ukraine est notre amie, qu’elle est en difficulté, et que nous avons le devoir de porter assistance à ceux qui sont en difficulté. « Nous avons lancé l’une des plus vastes missions humanitaires de l’histoire de la Hongrie. Au titre de sa première phase, nous allons envoyer pour 600 millions de forints d’aliments, de matériel hygiénique et de produits de puériculture » – précise-t-il dans ce message vidéo.

L’avantage d’un gouvernement expérimenté

Dans l’interview exclusive qu’il a accordée à l’hebdomadaire Mandiner, Viktor Orbán affirme que la guerre en cours est déjà la troisième à se déchaîner dans notre voisinage sous des gouvernements qu’il dirige. Et d’énumérer : en 1999, le lendemain du jour de notre adhésion, l’OTAN est intervenue dans la guerre du Kosovo. En 2014, c’est la crise de la Crimée qu’il a eu à gérer – et maintenant, cette seconde guerre russo-ukrainienne. Il voit cette expérience gouvernementale comme un avantage – l’avantage de disposer du calme stratégique : peu parler, mais, quand on parle, s’exprimer alors avec précision et responsabilité. Dans de telles circonstances, on ne peut pas permettre que des préoccupations de campagne passent devant les intérêts de la nation, car le moindre geste déplacé peut provoquer des dommages. Pour lui, en situation de guerre, un mot est déjà la moitié d’un acte. « – L’opposition voudrait expédier des armes, qui serviraient ensuite à tirer sur des russes, ou même des soldats, qui iraient se battre contre les Russes. Cela montre bien qu’ils n’ont pas d’expérience, pas de méthode, et que le sens des responsabilités leur fait complètement défaut. Leurs déclarations irresponsables ne font que jeter de l’huile sur le feu, chose qui va à l’encontre des intérêts de la Hongrie. Plutôt que d’aventurisme, nous avons besoin d’une politique responsable, de sécurité et de stabilité » – affirme-t-il. Revenant sur son expérience, il explique que « s’il on dresse le bilan de nos gouvernements, on verra que, depuis 2010, on aura tout vu : une crise financière, l’écoulement de boue rouge du site d’Ajka, l’inondation, la guerre de Crimée, la crise des migrants, le coronavirus, et finalement la guerre russo-ukrainienne. « L’époque des crises, que nous vivons aujourd’hui, nous prive de la période de paisible création que nous aurions méritée, et malgré tout, nous avons, nous autres Hongrois, réussi à construire un système d’aide aux familles, et à redresser l’économie » – mais tout cela, d’après Viktor Orbán reste peu au regard de notre potentiel, étant donné que le gros de nos énergies est passé à compenser les conséquences des crises.

Pour lire la suite, c’est ici !

Ferenc Almássy (Visegrad Post) : « Viktor Orbán est en recherche active de partenaires et d’alliés » [vidéo]

29/11/2021 – EUROPE (NOVOpress)
Manifestation du 11 novembre en Pologne (et désinformation de l’AFP, l’Agence France Presse, à ce sujet), tensions à la frontière polonaise avec la Biélorussie sur fond de crise migratoire, Covidisme en Hongrie, échanges politiques avec la France…

Breizh-info a fait le point sur de nombreux sujets d’actualité concernant l’Europe centrale avec Ferenc Almássy, rédacteur en chef du Visegrad Post, journal francophone, anglophone, germanophone incontournable pour comprendre l’Europe centrale.


La Hongrie d’Orban inspire le réveil des peuples, par Ivan Rioufol

L’ « orbanisation » des esprits est en marche. Diabolisé par les médias, le premier ministre hongrois Viktor Orban s’impose progressivement en défenseur écouté des frontières, des nations, des peuples souverains. La France qui se droitise (Le Figaro, ce mercredi) est perméable à ses discours contre l’immigration de masse, le multiculturalisme, la défense des racines chrétiennes ou l’intrusion du lobby LGBT au sein de l’école. Mardi, Marine Le Pen a été reçue en grandes pompes à Budapest par celui qui reste la bête noire d’Emmanuel Macron et d’une Union européenne impériale. « Je ne partage rien de ses valeurs », avait dit d’Orban le chef de l’Etat français, en avril 2018. « L’illilibéralisme n’est pas notre identité », avait-il persisté en décembre 2020. Macron avait même, en 2018, limogé l’ambassadeur de France en Hongrie, Eric Fournier, au motif que ce dernier avait récusé l’accusation en antisémitisme portée contre Orban et avait considéré ce pays comme un « modèle » dans « sa gestion des mouvements migratoires illégaux (mon blog du 2 juillet 2018).

En France, les médias anti-Orban alertent sur ses atteintes à la liberté de la presse ou à l’indépendance de la justice. Mais ces mêmes dénonciateurs ne disent jamais rien de la gauche française qui monopolise l’audiovisuel public, du gouvernement qui multiplie les lois pour mettre les réseaux sociaux sous surveillance, ou de la Justice qui reste sous la tutelle du pouvoir politique. Notre démocratie n’a rien d’exemplaire.

En réalité, Orban récolte les fruits de sa résistance face à une Union européenne arrogante et brutale, coupée des Etats-nations et de leurs lois. L’Europe de Visegrad (Hongrie, Pologne Tchéquie, Slovaquie), par l’attachement qu’elle porte à ses racines et à ses protections identitaires, attise l’intérêt de ceux qui, notamment en France, veulent accompagner le réveil des peuples oubliés.

Ce n’est pas un hasard si Eric Zemmour et Marion Maréchal ont été également reçus par Orban il y a un mois, dans le cadre moins officiel d’un colloque. Quand le Hongrois déclare à l’adresse de Bruxelles, en mars 2015 : « Nous avons renvoyé le sultan et ses janissaires, l’Empereur Habsbourg et ses soldats, les Soviets et leurs camarades (…) », il rappelle le profond attachement historique de son peuple à sa liberté et à son indépendance. Orban fait aussi comprendre que l’actuelle Union européenne pourrait bien connaître le sort funeste de l’Union soviétique si elle devait s’entêter à imposer des « valeurs » – ouverture à l’Autre, relativisme des cultures, soumission aux minorités, accommodements unilatéraux avec l’islam – décrétées par des juges européens sans légitimité démocratique. Dans le bras de fer que Bruxelles cherche à engager avec la Pologne ou la Hongrie rebelles, les apparatchiks européistes risquent d’accélérer la solidarité des nations renaissantes; la France en fait partie.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 octobre 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Visite présidentiable – Orbán et Marine Le Pen sur la même ligne

Orban marine le pen

La dirigeante du Rassemblement national a été reçue en grande pompe mardi par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán. Comme on aime à le souligner dans l’entourage de Marine Le Pen, si sa nièce Marion Maréchal et le polémiste et candidat non déclaré Eric Zemmour avaient été reçus par Orbán il y a un mois à l’occasion du 4e Sommet démographique auquel ils avaient participé, « ils ont été reçus en tant qu’intellectuels, en marge d’un colloque ; Marine Le Pen ne va pas rencontrer Viktor Orbán dans sa bibliothèque mais dans ses bureaux! » (dixit l’eurodéputé Philippe Olivier). Mais comme l’a déclaré le Hongrois, répondant à la question d’un journaliste français lors de la conférence de presse commune avec Marine Le Pen, il n’est pas question d’apporter un soutien à l’un ou l’autre des candidats à la présidentielle française car « il faut être respectueux de ses hôtes » et le gouvernement magyar ne peut « pas prendre de position sur ce qui ne regarde que le peuple français ».

Il n’empêche que recevoir Marine Le Pen avec les honneurs est une manière de jeter les bases d’une coopération entre nos pays dans l’éventualité d’un changement de l’équipe dirigeante à Paris. De son côté Marine Le Pen était venue afficher son soutien à Viktor Orbán et à sa majorité parlementaire et montrer que le rapport de forces pourrait bien changer au sein de l’UE après les élections d’avril en France. Ce n’est pas inutile pour le Premier ministre hongrois alors que son opposition va présenter un candidat unique à l’issue d’un processus de primaires qui a abouti il y a une dizaine de jours et qu’elle compte faire campagne avec notamment la promesse d’améliorer les relations avec Bruxelles.

Lors de la conférence de presse conjointe, le Premier ministre hongrois a remercié Mme Le Pen et son parti pour ses positions au Parlement européen en défense de la Hongrie, et il a fustigé la dérive de l’UE : « Actuellement en Europe, il y a une pression idéologique jamais vue encore. (…) Pour nous ce n’est pas quelque chose de nouveau. Nous avons déjà connu la doctrine Brejnev. (…) Nous savons donc ce que c’est, un centre idéologique qui ne reconnaît pas la pluralité des opinions et qui veut nous contraindre à respecter un seul cadre idéologique. » De même, Marine Le Pen a critiqué cette UE qui « s’envisage désormais de plus en plus comme un Etat unitaire centralisé (…) Nous n’avons plus affaire à une volonté de coopération mais une volonté d’asservissement, non plus à une organisation interétatique mais un à véritable empire ». Répondant à la question d’un journaliste français sur la loi hongroise de protection des enfants, qui interdit l’endoctrinement LGBT à l’école, Marine Le Pen a d’ailleurs répondu qu’elle ne défendait pas la souveraineté de la France pour aller dire aux Hongrois quelles sont les lois qu’ils doivent se donner, et que c’est sur les questions communes, comme l’immigration, que les nations européennes sont appelées à travailler ensemble.




Faisant écho à la tirade d’Orbán sur la doctrine Brejnev remise au goût du jour par l’UE, avec le chantage financier de la Commission et de certains gouvernements (dont celui de Castex) qui a remplacé les chars du Pacte de Varsovie, la candidate du RN a déclaré : « La Hongrie de 2021, sous votre conduite, Monsieur le Premier ministre, se place une nouvelle fois et conformément à sa vocation multiséculaire à la pointe du combat pour la liberté des peuples, ce combat si essentiel dans un monde en proie à la tentation totalitaire, ce combat sans lequel il n’y a pas de liberté des personnes. »

Sur les souverainetés nationales, sur les limites des compétences de l’Union européenne inscrites dans les traités et à faire respecter, sur la politique énergétique et le risque que les propositions de la Commission européenne en matière de lutte contre le réchauffement climatique ne détruisent les classes moyennes (dixit Orbán) et aussi les classes modestes (dixit Le Pen), et aussi sur la nécessité de former une alliance des souverainistes au Parlement européen, les deux responsables politiques ont affiché leur convergence de vues tout au long de cette conférence de presse.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 27 octobre 2021

Propagande LGBT – Malgré les menaces de Clément Beaune, Viktor Orbán ne lâchera rien !

« Il y a une loi homophobe très grave qui a été votée en Hongrie à la mi-juin. Sur ce sujet, il peut, il doit y avoir des sanctions juridiques, voire financières » : c’est sur ces paroles que notre secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, s’est envolé, mardi, pour rencontrer son homologue hongrois. Et, accessoirement, apporter son soutien aux associations LGBT hongroises. Sur place, Le Parisien rapporte le témoignage de cinq militants qui décrivent « des brimades homophobes croissantes depuis la loi ». Pas franchement de quoi se bousculer autour de Clément Beaune, cet habitué des voyages dans les pays anti-LGBT. En mars, déjà, c’était la Pologne (ces zones interdites aux LGBT, qui se sont révélées un fantasme) ; cette semaine, cap sur la Hongrie ! Belle occasion, pour le secrétaire d’État, de se payer un coup de projecteur médiatique alors qu’il ne fait que prendre le train « en marche » de la Commission européenne en guerre contre Viktor Orbán depuis 2015. Époque où la Hongrie est le premier pays à se rebeller en refusant les quotas de migrants imposés par Bruxelles.

Cette fois-ci, c’est un amendement de protection des mineurs adopté en juin par le Parlement hongrois en annexe à une loi renforçant les sanctions contre les pédocriminels qui ouvre les hostilités. Les Français, conscients de l’entrisme des associations LGBT à l’école agréées par l’Éducation nationale que vient couronner la dernière circulaire Blanquer, pourraient bien devenir jaloux…

Car en Hongrie, c’est un peu différent de chez nous : la quasi-totalité des députés (à une voix contre) ont décidé de soustraire les enfants à la propagande LGBT. Et ceci, en totale conformité avec la Constitution qui sacralise le mariage comme étant l’union exclusive d’un homme et d’une femme et fait obligation à l’État de « défendre l’auto-identité des enfants concernant leur genre à la naissance et assure leur éducation sur la base de valeurs chrétiennes ».

Une vision anthropologique aux antipodes de celle des dirigeants de l’Union européenne. Lors de la crise des migrants, en 2015, la Hongrie a tracé son chemin et refusé le remplacement de son peuple pour privilégier la relance de sa natalité et le soutien aux familles. En 2010, le pays affichait un taux de natalité catastrophique (1,2 enfant par femme). Dix ans après, les efforts commencent à payer : le nombre de mariages a augmenté de 45 % et le taux de natalité est passé à 1,55.

La Hongrie n’est pas isolée. S’unir pour résister et construire : c’était le but de ce 4e Sommet démographique mondial organisé à Budapest, fin septembre. Avec la participation de responsables politique polonais, tchèques, slovènes, et aussi Mike Pence, l’ancien vice-président de Donald Trump pour les États-Unis, Marion Maréchal et Éric Zemmour pour la France.

Le combat est rude. La Pologne ne le sait que trop. La Hongrie sous la menace exorbitante de ne pas avoir droit aux 7 milliards que doit lui verser la Commission européenne. Mais Viktor Orbán est taillé pour résister. Il fera entendre la voix de son peuple en organisant un référendum en février 2022 sur le sujet de la protection des mineurs. Comme il l’avait déjà fait en 2016 sur le sujet de l’accueil des migrants. Une force pour pouvoir clamer à la face de toute l’Europe : « Nos mesures sont en harmonie avec la volonté des Hongrois. »

Il fut un temps où l’Union européenne s’occupait du calibrage des cages à poules pondeuses, du bisphénol dans les biberons et des jouets pour les porcelets. Une époque révolue : nous avons accouché d’un monstre. Mais les pays de l’ancien bloc communiste ont une avance sur nous. Comme le disait Viktor Orbán au sommet en question : « Nous connaissons la nature des réflexions marxistes, nous sommes vaccinés contre le virus woke. Notre histoire nous défend de la gauche culturelle. » À la tribune, il affichait une détermination sans faille : « Nous allons continuer la lutte contre Bruxelles : on sait exactement ce qu’on a à faire ! »

Courage, la Hongrie !

Sabine de Villeroché

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Cran d’arrêt – Orbán contre la menace afghane

hongrie orban immigration

Les politiciens français ont au moins une qualité, c’est celle de la constance. Constance dans l’aveuglement, l’erreur et le déni, malheureusement. En effet, face à la crise afghane et aux nouveaux flux migratoires qu’elle va engendrer, on assiste aujourd’hui à un véritable concours d’appels à l’accueil inconditionnel de nouveaux migrants alors même que le pays subit au quotidien les conséquences désastreuses de cette politique irresponsable de charité dévoyée.

Ainsi, le maire de Lille, Martine Aubry, appelle les villes de France à accueillir des Afghans, « chacun devant prendre sa part » selon elle. Indiquant avoir déjà reçu 620 dossiers transmis par des Afghans, elle affirme que sa ville est prête à accueillir entre 100 et 120 d’entre eux. L’ancien ministre socialiste dénonce par ailleurs l’imprévoyance de la communauté internationale et évoque un « grave problème moral ».

Pour tenter de régler celui-ci et faire face à l’afflux de migrants, Martine Aubry conseille également « à chaque ville de donner une maison pour une grande famille ». Donner, rien de moins… Les nombreux Français mal logés ou en situation de précarité apprécieront sans doute à sa juste valeur cette noble générosité. D’autant que l’édile a cru bon d’ajouter : « Qu’est-ce que ça coûte d’accompagner une grande famille pendant un an, deux ans, le temps qu’ils apprennent le français et qu’ils se réintègrent ? » En effet, ça ne coûte rien, c’est de l’argent public, comme aurait pu dire un autre brillant gestionnaire, en l’occurrence François Hollande. Et, au-delà du coût, en quoi serait-ce légitime dans un pays frappé par le chômage de masse et la paupérisation ?

De son côté, Marlène Schiappa, ministre chargé de la Citoyenneté, a écrit à une vingtaine d’élus qui avaient proposé d’accueillir des réfugiés afghans pour leur demander de mettre leurs actes en conformité avec leurs belles déclarations d’intention afin « d’offrir aux réfugiés un cadre d’accueil humain et digne, sur l’ensemble de nos territoires, conformément à notre politique d’asile ».

« Sur l’ensemble de nos territoires », personne ne devant échapper à ce nouvel enrichissement culturel.

Pour entendre une voix divergente, prenant à contre-pied cet angélisme xénophile, il faut encore une fois se tourner vers l’étranger et notamment la Hongrie, dont le Premier ministre, Viktor Orbán, répondant aux injonctions à l’accueil lancées par les dirigeants de l’Union européenne, a déclaré :

« Je pense qu’il n’est pas possible de combler les différences d’opinion au sein de l’UE, donc le seul moyen est de rendre aux nations leurs droits sur cette question de la migration. Ceux qui affluent sont tous musulmans et modifient la composition de notre continent. C’est un défi pour notre héritage chrétien. »

Des propos forts et courageux, hélas bien trop rares, qui ont le grand mérite de dépasser le stade purement émotionnel dans lequel se vautre la majorité du personnel politique européen pour poser les véritables problématiques et enjeux de la question migratoire. Puissent-ils être largement entendus. Il y va de l’avenir de notre civilisation.

p class= »relecture » style= »text-align: right; »>Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 2 septembre 2021

Le nouveau rideau de fer – Une résolution contre la Hongrie, par Olivier Bault

rideau fer Hongrie

« Cette pensée me revient depuis que j’assiste avec étonnement aux attaques […] contre notre paquet de lois sur la protection de l’enfance. De plus en plus, je constate que les chemins de l’Europe occidentale et de l’Europe centrale se séparent à nouveau en termes de culture et de valeurs, mais maintenant, nous sommes enfin du bon côté. » Ces mots sont de l’éditorialiste hongrois Tamás Fricz qui les écrivaient lundi dans le quotidien conservateur Magyar Nemzet. Son éditorial est intitulé « Un rideau de fer culturel et des valeurs est descendu à travers l’Europe ». Le Hongrois y fait référence au célèbre discours de Winston Churchill de 1946, qu’il paraphrase.

Comme pour lui donner raison, le Parlement européen, dans sa résolution adoptée jeudi et intitulée « Résolution sur les violations du droit de l’UE et des droits des citoyens LGBTIQ en Hongrie par suite de l’adoption de modifications de la législation au Parlement hongrois », pointe du doigt un certain nombre d’anciens pays de l’Est.

La loi hongroise accentuant les peines pour les crimes de pédophilie et interdisant la promotion auprès des mineurs de l’homosexualité et des pratiques de changement de sexe entrait justement en vigueur jeudi, en dépit des menaces de sanctions fusant de toutes parts : de la Commission européenne qui a promis d’utiliser tous les instruments à sa disposition pour forcer la Hongrie à changer une loi relevant pourtant des compétences nationales, du Parlement européen qui exige donc des sanctions financières immédiates et de 18 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, dont Emmanuel Macron, qui ont signé une lettre appelant au respect des personnes homosexuelles faisant l’objet de discriminations. La Hongrie n’y est pas nommée, mais la lettre a été signée et publiée immédiatement après le vote de la loi hongroise.

En ce qui concerne cette résolution du Parlement européen, précisons que 147 députés ont quand même voté contre, mais il s’agissait bien sûr principalement des groupes conservateurs et souverainistes, c’est-à-dire les groupes Conservateurs et Réformistes européens ainsi qu’Identité et Démocratie, dont les députés RN qui ont tous voté contre la résolution. Les Républicains, membres du Parti populaire européen (PPE), se sont coupés en deux avec une moitié qui a voté pour et l’autre moitié, constituée de François-Xavier Bellamy, Brice Hortefeux, Nadine Morano et Arnaud Danjean, qui s’est abstenue, comme la presque totalité de leurs collègues espagnols du PP. Les autres abstentions ou votes contre au PPE étaient principalement le fait de députés d’anciens pays de l’Est.

Et alors que les députés de son parti ANO votaient en faveur des sanctions contre la Hongrie avec le groupe Renew, rassemblant les centristes libéraux-libertaires tels les LREM français, le Premier ministre tchèque Andrej Babis a déclaré qu’il ne voyait pas pourquoi il signerait la lettre des 18 pays de l’UE pour demander des sanctions contre la Hongrie alors que la loi hongroise a pour unique but de protéger les mineurs, qu’elle ne discrimine pas les personnes LGBT et qu’il s’agit de toute façon d’une affaire interne hongroise. Babis n’a pourtant rien d’un conservateur, et son attitude illustre parfaitement ce rideau de fer qui coupe à nouveau l’Europe en deux. Sauf que cette fois, nous sommes, nous, Français, du côté des régimes totalitaires, même s’il s’agit encore d’un totalitarisme mou… en voie de durcissement.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 9 juillet 2021