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L’Europe vole au secours de l’Espagne et de Chypre

L’Europe au secours de l’Espagne et de Chypre, mais pas sans contrepartie

28/06/2012 — 17h00
BRUXELLES (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) —
Les demandes d’aide financière de l’Espagne et de Chypre ont été approuvées mercredi par les ministres des Finances de la zone euro.

Comment seront réglées les difficultés espagnoles ?

S’agissant de l’Espagne, le gouvernement n’appelle pas formellement à l’aide pour combler son déficit public mais pour recapitaliser ses banques, dont la situation est très fragile. Sur la base de rapports d’experts, le premier ministre Mariano Rajoy a chiffré le besoin de ces dernières entre 51 et 62 milliards d’euros. Entre les lignes, le communiqué de Bruxelles laisse comprendre que le montant pourrait être supérieur, sans dépasser toutefois les 100 milliards d’euros.

Par quel moyen l’argent sera‑t‑il versé ?

La somme sera d’abord fournie par le fonds européen de solidarité financière (FESF), avant la mise en place du mécanisme européen de solidarité (MES), qui doit encore être ratifié. Les partenaires européens auront ainsi un droit de regard sur l’utilisation des fonds par le gouvernement espagnol, qui se porte seul garant de leur remboursement. Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) ne prêtera pas d’argent à l’Espagne.

Qu’en est‑il du cas chypriote ?

Alors que Chypre prendra la présidence de l’Union européenne le 1er juillet prochain, le pays va être directement placé sous tutelle financière de la troïka (Union européenne, BCE, FMI) comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Confronté à un secteur bancaire en détresse et des déséquilibres macroéconomiques majeurs, le pays n’a pas encore chiffré précisément ses besoins, même si des journaux locaux évoquent un montant de 10 milliards d’euros, soit la moitié du PIB de l’île. En contrepartie de cette aide dont le FMI déterminera le montant, Chypre devra procéder à des ajustements budgétaires et à des réformes structurelles, tout comme à un renforcement de son secteur bancaire et financier.

Crédit photo : MPhotographe via Flickr, licence CC.

« Faut-il sortir de l’euro ? » de Jacques Sapir

« Faut-il sortir de l’euro ? » de Jacques Sapir

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.[/box]

[box class=”info”] Au fil des jours, la question posée par certains politiques et de nombreux économistes devient de plus en plus cruciale : « Faut-il sortir de l’Euro ? ». Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et à l’Université de Moscou, auteur de nombreux ouvrages qui font école, en a fait le titre de son dernier livre paru en janvier dernier aux éditions du Seuil.
Les experts s’accordent pour reconnaître que la monnaie unique se révèle aujourd’hui un piège dangereux, néanmoins très peu disent avec conviction ce qu’il en sera pour les pays concernés si la zone euro, dont on dévoile les défauts structurels, devait disparaître.
Michel Leblay, économiste connu de nos lecteurs par ses articles mis en ligne sur le site de Polémia, vient de lui remettre une synthèse fort documentée du livre de Jacques Sapir. C’est un véritable cours d’économie et d’histoire financière européennes. Nous la soumettons à leur appréciation. Ils trouveront le texte dans son intégralité en version PDF, en cliquant en fin d’article.

Polémia [/box]

« Faut-il sortir de l’euro ? » de Jacques SapirDans son essai, Faut-il sortir de l’euro ? , Jacques Sapir, comme a son habitude, présente une argumentation économique, intelligible et étayée, assortie de données statistiques, approfondissant les causes, exposant les solutions. L’un des éléments clés de la démonstration est la mise en exergue du rôle central occupé par l’Allemagne dans la mise en place de la monnaie unique et des règles définissant son fonctionnement dont elle a été le principal bénéficiaire. Il expose tout l’intérêt, notamment pour la France, d’une sortie de l’euro en termes de compétitivité retrouvée et de restauration d’une base industrielle substantielle. Abandonner l’euro, dans sa forme actuelle, la monnaie unique, ne signifie pas, pour autant, un renoncement à un étalon monétaire européen. L’auteur préconise, comme d’autres, l’adoption d’une monnaie commune dans laquelle seraient libellés les échanges extérieurs des Etats membres de la zone monétaire de l’euro ainsi redéfini.

A propos de la distinction entre la monnaie unique et la monnaie commune, il faut préciser que la première se substitue aux monnaies nationales, devenant le seul étalon monétaire pour tous les pays de la zone l’ayant adopté. Au contraire, la monnaie commune ne remplace pas les monnaies nationales qui demeurent pour toutes les transactions internes aux Etats. Par contre, ces monnaies nationales ne sont convertibles, selon une parité préalablement fixée, que dans la monnaie commune, unité de compte dans laquelle sont réalisés tous les échanges internationaux. Seule cette monnaie commune est cotée sur le marché libre des changes.

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Dans une première étape, l’économiste, après un panorama historique et théorique, établit un ensemble de constats qui tendent à démontrer l’échec de la voie choisie. La présentation de cette analyse a été ainsi ordonnée :

  • les fondements de l’euro
  • un bilan négatif
  • des réponses inadéquates

Jacques Sapir examine, ensuite, les conséquences de la situation présente et les options possibles. Cette partie est agencée de la manière suivante :

  • la défaillance des décideurs politiques
  • le coût d’un sauvetage des pays en risque de défaut
  • les options pour la sauvegarde de l’euro
  • les bénéfices pour la France d’une monnaie dévaluée
  • en l’absence d’alternative, sortir de l’euro

L’essai s’achève sur quatre remarques :

  • la résolution de la crise est d’essence politique
  • l’abandon de l’euro n’est pas la fin de l’Europe
  • une nouvelle monnaie de réserve à définir
  • la coordination monétaire plutôt que la coopération

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Si elle survient dans un contexte économique et financier dégradé après la crise dite des « subprimes » intervenue aux Etats-Unis en 2007 – 2008 et la perte par ceux-ci de leur note AAA, la crise qui affecte la zone euro a, d’abord, un caractère spécifique avec la conjonction de trois phénomènes :

  • « l’étranglement de certaines économies d’Europe par le montant des dettes tant publiques que privées » dû au seul financement possible par les marchés financiers (les avances des banques centrales ou la détention obligatoire par les banques commerciales d’un montant de dettes publiques en proportion de leurs actifs étant exclues) et à un taux de change unique qui altère fortement la compétitivité ;
  • une croissance des pays de la zone inférieure à celle des pays développés du fait des taux d’intérêt élevés imposés par la BCE et de la surévaluation de la monnaie qui en résulte ;
  • l’absence d’unification des politiques budgétaires et économiques et des réglementations bancaires ; cette unification supposant un Etat fédéral et « les puissants mécanismes de transferts associés », prohibés par les traités. Les conditions d’un fédéralisme n’étant en aucune manière réunies, Jacques Sapir souligne que les dirigeants des différents pays ont ainsi cédé à « l’idéologie européiste et au mythe des Etats-Unis d’Europe ».

Les fondements de l’euro

Esprit tourné vers l’analyse économique approfondie, l’auteur met en évidence deux théories censées justifier la création d’une monnaie unique. Il retrace aussi l’historique de cette construction monétaire avant de préciser les conditions de sa mise en place.

Les références théoriques

Elles touchent à deux arguments. L’un justifiant, par la nécessité, la création d’une monnaie unique, l’autre postulant, par principe, que cette création engendrerait « une unification rapide des mécanismes économiques » des pays attachés à cette monnaie.

La nécessité a pour fondement un article de Robert Mundell, publié en 1961, selon lequel « une économie, en régime de libre échange et de libéralisation des capitaux, ne pouvait plus avoir de politique monétaire indépendante si l’on était en présence d’une mobilité parfaite – ou quasi parfaite – des capitaux ». L’essayiste observe que, dans le contexte de l’époque, la position de Mundell ne relevait que d’un « préjugé normatif libéral » visant à rapprocher l’économie du cadre théorique de « l’équilibre général » défini par Léon Walras .

Le principe est celui de « l’essentialisme monétaire », selon la dénomination de Jacques Sapir. Suivant cette théorie, recourant aux sciences sociales, la monnaie serait l’institution centrale des économies capitalistes. Par son existence même, cet instrument d’échange commun créerait les conditions d’un fonctionnement cohérent de l’économie. L’euro devait donc engendrer une homogénéité économique entre les pays l’ayant adopté.

L’historique

La volonté d’ordonner l’espace monétaire propre aux pays membres de la Communauté économique européenne, devenue l’Union européenne, le 1er novembre 1993, date du début des années soixante-dix à la suite du rapport « Werner ». Ce fut d’abord le « Serpent monétaire européen », instauré par l’accord de Bâle du 10 avril 1972, qui limita, dans un premier temps à plus ou moins 1,5 % les marges de fluctuations entre les monnaies des pays signataires, ces marges furent portées à plus ou moins 2,5 % en mars 1973. L’accord faisait suite aux bouleversements intervenus sur le marché des changes après la décision du Président des Etats-Unis, le 15 août 1971, de suspendre la convertibilité-or du dollar. La chute des cours de la livre sterling, de la lire, du franc français par rapport au Deutsche Mark obligea la Grande Bretagne et l’Italie à quitter définitivement le dispositif et la France, temporairement, à deux reprises. Cette situation amena le président de la Commission européenne, Roy Jenkins, à faire, le 27 octobre 1977, une première proposition de création d’une monnaie unique, assortie d’un budget communautaire représentant une contribution de 10 % du produit intérieur brut de chacun des pays. Finalement, il est décidé de créer, le 13 mars 1979, le Système monétaire européen fondé sur une valeur de référence, l’ECU , avec une marge de fluctuation de plus ou moins 2,25 % des monnaies participantes par rapport à cette valeur de référence. Le système, dans son existence, sera marqué par plusieurs ajustements de parité dont trois dévaluations françaises.

Jacques Sapir remarque que « cet échec fut largement perçu comme le produit d’une spéculation que l’on ne pouvait empêcher et traduisant l’inanité de demi-mesures ». La monnaie unique paraissait alors comme le seul moyen de s’affranchir de la spéculation. En fait, cette monnaie instaurée, la spéculation, aux premiers signes d’incertitude allait se porter des taux de change aux taux d’intérêt. L’auteur considère qu’au travers de ces expériences c’est la notion même d’une liberté de mouvement des capitaux qui est en cause, idée régulièrement reprise dans l’essai.

La création de l’euro et le rôle de l’Allemagne

Selon l’auteur, loin d’être pour l’Allemagne réunifiée le « sacrifice » présenté, l’union monétaire répondait, en réalité, dans les conditions de sa mise en œuvre, à ses intérêts bien compris. L’effondrement démographique de la première puissance économique du continent supposait pour le paiement des retraites futures l’accumulation et la capitalisation d’une richesse patrimoniale. Il en découlait deux exigences :

  • « l’accès sans restrictions, qu’elles soient tarifaires (principe du Marché unique) ou monétaires (impossibilité de dévaluer) aux principaux marchés de ses voisins (la France, l’Italie, l’Espagne) » ;
  • « une soumission accrue à la logique des marchés financiers » afin de placer de la manière la plus judicieuse les revenus tirés de la position commerciale. De ce point de vue, Jacques Sapir observe qu’il découle « de la prise de conscience de la crise démographique » en Allemagne une importance croissante du secteur financier. A l’examen des statistiques économiques, il apparaît que le secteur industriel est en rétraction depuis une vingtaine d’années.

En contrepartie d’une ouverture totale de leurs marchés, les partenaires de l’Allemagne bénéficiaient, au travers de l’euro, de taux d’intérêt très bas leur permettant par un endettement à « bon compte » d’acheter ses produits.

Cependant, le système comportait de fortes contraintes :

  • les Etats ne pouvaient emprunter qu’auprès des seuls marchés financiers, la première puissance économique de l’Union y voyait le moyen de les obliger à des politiques économiques rigoureuses ;
  • le principe d’une mutualisation de la dette était exclu, jugé « anticonstitutionnel » par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe ;
  • l’absence d’une solidarité fiscale et budgétaire.

Or, concernant ce dernier point, Jacques Sapir souligne que « pour fonctionner, la monnaie unique suppose que l’on puisse transférer des ressources vers les régions qui seraient indûment pénalisées lors d’un choc asymétrique ou qui s’appauvriraient car la productivité y serait plus faible que dans d’autres régions ». Un monopole monétaire dans une économie hétérogène implique « un volet important de redistribution » selon la situation des territoires, faute de quoi, comme c’est le cas entre les pays de la zone euro, les écarts de productivité et de coût salarial réel sont accrus.…

Michel Leblay

Pour accéder au texte intégral, cliquer ici.

– Jacques Sapir, Faut-il sortir de l’euro ?, éditeur Seuil, 12/01/2012, 204 pages

[box class=”info”] Source :  Polémia – 4/06/2012 [/box]

Capitalisme rhénan, politique industrielle et préférence communautaire pour sauver l’euro et l’emploi ! Tribune libre de Marc Rousset

Capitalisme rhénan, politique industrielle et préférence communautaire pour sauver l’euro et l’emploi ! Tribune libre de Marc Rousset

Les rafistolages monétaires de la BCE, quelques «obligations projet » et des interventions ponctuelles de la BEI ne serviront qu’à reporter l’éclatement de la zone euro si des mesures structurel les à long terme porteuses d’avenir, de croissance et d’emploi ne sont pas mises en place immédiatement. Le » Ministère du redressement productif « ne doit pas devenir l’ambulancier de service des seules entreprises en difficulté avec des mesures électoralistes aussi démagogiques et inefficaces que coûteuses.

Fin de la logique financière anglo-saxonne de la primauté de l’actionnaire et retour au capitalisme industriel rhénan ainsi qu’à la préférence communautaire

Il faut en finir avec les profits à court terme, les stock options et opposer à la la logique de l’actionnaire, la logique à long terme des parties prenantes de l’entreprise (« stakeholders » ). L’entreprise doit penser avant tout à son développement et à sa survie à long terme. La finalité de l’entreprise n’est pas de satisfaire les intérêts immédiats des actionnaires, mais de prendre aussi en compte les attentes de tous ses ayants droits et plus particulièrement de son innovation, de sa recherche, de ses investissements et de la stabilité de son personnel. Cette contradiction avec les intérêts de l’actionnaire et la pression des analystes financiers est en partie responsable de la désindustrialisation française. Mais la cause première est bel et bien le libre échange mondialiste qui ne met pas en place des droits de douane pour compenser les bas salaires, les coûts sociaux et les charges environnementales , ce qui oblige les entreprises à délocaliser . Le retour à la préférence communautaire est impératif pour la France !

Pour une politique industrielle de la France sous peine d’éclatement de la zone euro

IL faut tout d’abord poser en préambule que sans diminution des coût salariaux français et des prélèvements fiscaux dans les entreprises , sans redressement de la compétitivité, toute politique industrielle est vouée à l’échec car cela équivaudrait à des postures électorales , à élaborer en fait des stratégies industrielles reposant sur du sable.

Une politique industrielle doit contribuer essentiellement à produire des biens sur le territoire national en choisissant des créneaux judicieux afin de les exporter. C’est tout à fait le contraire de ce que vient de faire Renault qui avec son usine de Tanger et sans protection douanière européenne a contribué à la politique industrielle marocaine, mais en aucun cas à une stratégie volontariste industrielle française . Pendant ce temps, les Etats-Unis imposent des droits de douane pour les cellules photovoltaïques provenant de la Chine dont le montant varie de 31% à 250% sur les entreprises !

La France ne pourra pas faire non plus l’économie d’une nouvelle politique énergétique en développant son industrie nucléaire, tout en s’intéressant à quelques énergies renouvelables. IL importera aussi de se poser t sérieusement la question de l’exploitation ou non du gaz de schiste, après avoir engagé toutes les études nécessaires préalables et investi dans des programmes de recherche et de développement sans a priori, comme cela avait été fait avec succès pour de nombreuses réalisations françaises pendant les « trente glorieuses ».

Améliorer l’avantage compétitif français ne signifie pas embaucher des fonctionnaires inutiles pour palabrer sur le sujet avec empilement des fonctions au niveau de l’Etat, des régions, des départements, des communautés urbaines, des villes , et des chambres de commerce et d’industrie. Mais bien de prendre des mesures incitatives et d’apporter des aides efficaces et concrètes aux PME et PMI. IL faut en terminer avec les hôtels de région à 200 millions d’euros, les 22 ambassades inutiles des régions à l’étranger, et les 700 000 fonctionnaires territoriaux tout récemment recrutés !Cela signifie aussi réduire les charges inadmissibles de 76 milliards d’euros par an du coût de l’immigration dont personne ne parle jamais dans le monde politiquement correct.IL importe également de diminuer les prestations sociales laxistes en se limitant aux seules prestations justes ,équitables et nécessaires ! L’Allemagne a donné l’exemple avec son remède de cheval Hartz IV qui , au-delà de sa très grande dureté, montre à la France la direction à prendre sur le chemin du bon sens et du redressement !

L’idée de TVA sociale, au lieu d’être abandonnée pour des raisons démagogiques de diminution du pouvoir d’achat et de la demande devrait au contraire être reprise pour encourager l’offre et la compétitivité des entreprises fabriquant sur le territoire national.

Le risque du décrochage de la France par rapport à l’Allemagne

Le capitalisme rhénan allemand donne des résultats intelligents car les syndicats allemands ne cherchent pas à mettre en danger la croissance et la productivité. Les dernières augmentations accordées en Allemagne, après dix années d’efforts et de vaches maigre devraient encourager la France à limiter au contraire les salaires pour se donner un peu d’oxygène compétitif !

Les creusements des déficits commerciaux français aboutiront sinon à une crise sans précédent avec l’Allemagne qui ébranlera les fondements mêmes de la construction européenne, tout éclatement de l’UE devant au contraire aboutir à une refondation France/Allemagne sur une base carolingienne !

La Chine est en passe de ravir à la France la place de premier partenaire commercial de l’Allemagne. En 2007, les ventes allemandes à la Chine (30 milliards d’euros) ne représentaient qu’un tiers des ventes allemandes à la France(91 milliards).En quatre ans, le commerce avec la France a peu évolué. En revanche les ventes allemandes à la Chine (machines outils et voitures de luxe) ont dépassé les 60 milliards et les importations allemandes de Chine (appareils électroniques et vêtements) les 75 milliards d’euros.

Le déséquilibre franco-allemand de 35 milliards d’euros a représenté la moitié du déficit global français en 2011. Si rien ne change, des ratés inéluctables apparaitront dans le couple franco-allemand soi-disant moteur de l’Europe tandis que le Lombard Mario Monti montre l’exemple des mesures structurelles à prendre pour améliorer la nécessaire et insuffisante compétitivité française !

En conclusion, la France s’installe dans un déficit structurel créé par sa désindustrialisation et son manque de compétitivité. La France et l’Allemagne doivent faire émerger un nouveau modèle industriel avec une harmonisation fiscale et sociale. Un rapprochement et une collaboration avec la Russie s’impose également. Rien ne résistera à long terme aux pays émergents, aux Etats-Unis et à la Chine, pas même l’Allemagne, si la préférence communautaire n’est pas rétablie et si la France ne met pas en place immédiatement une politique industrielle tout en s’inspirant davantage des vertus du capitalisme rhénan .

Marc Rousset, économiste, écrivain, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

Image en Une : logo fait d’après le modèle de celui de la douane allemande.
Référendum sur le Pacte budgétaire européen : les Irlandais hésitent mais n’ont guère le choix

Référendum sur le Pacte budgétaire européen : les Irlandais hésitent mais n’ont guère le choix

24/04/2012 – 10h00
DUBLIN (NOVOpress Breizh) – Les Irlandais vont-ils approuver le Pacte budgétaire européen lors du référendum qui aura lieu le 31 mai prochain ? La plus grande incertitude semble régner aujourd’hui quant au résultat du scrutin.

Signé par 25 des 27 Etats-membres de l’Union européenne, la ratification du Pacte budgétaire européen par le Parlement irlandais doit être préalablement approuvée par référendum. Cette procédure démocratique, prévue par la Constitution irlandaise, provoque de vives inquiétudes à Bruxelles qui n’oublie pas que l’’Irlande avait rejeté le traité de Nice en 2001 et celui de Lisbonne en 2008. Ce n’est en effet qu’après avoir obtenu de nouvelles concessions que ces traités avaient finalement été ratifiés.

Selon un sondage réalisé par l’institut IPSOS/MRBI publié la semaine dernière par l’Irish Times, si 30% des personnes interrogées se sont déclarées en faveur du «oui» contre 23% en faveur du «non», 39% des électeurs irlandais n’ont pas encore arrêté leur position.

Le principal syndicat irlandais, le SIPTU, vient d’annoncer de son côté qu’il n’appellera à voter « oui » que si le traité inclut un engagement de créer plusieurs dizaines de milliers d’emplois. Forte de 200.000 membres, cette organisation, qui avait contribué au rejet du Traité de Lisbonne en 2008, pense en effet que le pacte impose « une approche à sens unique sur l’austérité qui ne fonctionnera pas ».

Le président du SITPU, Jack O’Connor, a affirmé dans un communiqué que si le gouvernement acceptait cette proposition, son organisation appellerait à voter en faveur du Pacte « parce qu’il nous donnera à tous une chance de sortir de ce cauchemar ».

Nombreux sont en réalité les Irlandais qui craignent que leur pays – qui a déjà reçu une aide financière de 85 milliards d’Euros – se retrouve dans une position difficile si le traité était rejeté. Cela aurait en effet pour conséquence de barrer l’accès de l’Irlande au Mécanisme européen de stabilité, au cas où elle aurait besoin de faire appel à une nouvelle aide internationale. La Troïka tient bien en laisse le Tigre celtique.

Crédit photo : Informative, via Flickr, licence CC
Les européistes veulent interdire le financement européen des eurosceptiques

Les européistes veulent interdire le financement européen des eurosceptiques

06/04/2012 – 15h30
BRUXELLES (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) – Le 29 mars, le Parlement européen a voté un texte par lequel, « il se dit inquiet du fait que les principes sur lesquels l’Union européenne est fondée, à savoir les principes de la liberté, de la démocratie, du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l’État de droit ne sont pas totalement respectés ».

Il est également souligné qu’une subvention du Parlement ne devrait être octroyée qu’aux partis qui respectent scrupuleusement les principes fondateurs de l’Union ainsi que la charte des droits fondamentaux. « De fait le Parlement demande par conséquent que ce règlement soit révisé en conséquence ».

Tout esprit curieux aura compris que la modification des règles conduira à la non reconnaissance de l’Alliance européenne des mouvements nationaux, regroupant neuf partis dont le Front national afin qu’elle ne puisse plus bénéficier d’un financement. Cela sur un critère idéologique.

Crédit photo : JFLogan/Wikipédia sous licence CC

Les pays européens devront accueillir toujours plus de réfugiés

Les pays européens devront accueillir toujours plus de réfugiés

31/03/2012 – 10h15
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) – 
Le programme adopté avant hier par le parlement européen a pour but d’installer dans l’Union européenne les personnes qui ont reçu le statut de réfugiés. Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, plus de 172 000 personnes devront être « réinstallées » (c’est le terme consacré) en 2012.

Les priorités couvriront les réfugiés irakiens en Turquie, en Syrie, au Liban en Jordanie ; les réfugiés afghans en Turquie, au Pakistan, en Iran ; les réfugiés congolais au Burundi, au Malawi, au Rwanda, en Zambie ; les réfugiés somaliens en Éthiopie ; les réfugiés birmans au Bengladesh, en Malaisie, en Thaïlande, les réfugiés érythréens dans l’est du Soudan, etc.

Le « Fonds européen pour les réfugiés », financé par les Etats de l’Union, déboursera entre 4000 et 6000 euros par réfugié.

Photo : Parlement européen à Strasbourg. Crédit photo : JLogan, domaine public.
Bruxelles maintient sous perfusion le régime vietnamien

Bruxelles maintient sous perfusion le régime vietnamien

30/03/2012 – 08h00
HANOI (NOVOpress) –
Selon le site internet du Courrier du Vietnam, édité par l’agence vietnamienne d’information, le vice-Premier ministre Hoàng Trung Hai a « apprécié les bonnes relations entre le Vietnam et l’UE ces derniers temps ». Et pour cause ! L’Union européenne (UE) est l’un des plus importants bailleurs de fonds du régime vietnamien avec 754 millions d’euros octroyés en 2012.

En déplacement à Hanoi le 28 mars, Andris Piebalgs, commissaire au développement de l’Union européenne, a confirmé que Bruxelles renforcerait sa coopération économique avec le Vietnam. En janvier dernier, l’Union Européenne avait aussi manifesté son désir d’inaugurer avec Hanoi « un dialogue de haut niveau sur les droits de l’Homme », tandis que la répression contre la dissidence s’est aggravée depuis 2009.

Mais dans le même temps, l’UE maintient sous perfusion l’une des dernières dictatures communistes au monde. Un nouvel exemple du double discours très prisé par les technocrates bruxellois. A l’image de tout l’argent européen détourné par des pouvoirs corrompus en Afrique depuis des décennies, qui bénéficiera réellement de ces centaines de millions d’euros dans ce pays d’Asie du sud-est : le peuple vietnamien ou les dirigeants à la tête d’une dictature vieille de près de 40 ans ?

Photo : drapeau du Vietnam. Crédit photo : buck82 via Flickr, licence CC.
Europe : nationalistes de tous les pays unissez-vous ! Par Philippe Derricks

[Tribune libre] Europe : nationalistes de tous les pays unissez-vous ! Par Philippe Derricks

Bonne nouvelle : les instances européennes ont été obligées de reconnaître le statut de parti politique de l’Alliance européenne des mouvements nationaux, dirigée par le Français Bruno Gollnisch.

Cette formation a reçu une dotation de 300 000 euros pour l’année 2012, afin de valoriser les idées patriotiques au niveau européen.

L’information est passée relativement inaperçue : lors de la session plénière du Parlement européen de la semaine du 13 février 2012, les instances européennes ont reconnu le statut de « parti politique au niveau européen » à l’AEMN (Alliance européenne des mouvements nationaux), présidée par le député européen du FN Bruno Gollnisch. Ceci, car elle est parvenue à atteindre le quota nécessaire d’élus de plusieurs Etats membres de l’Union. Bonne nouvelle : elle recevra désormais une dotation annuelle de près de 300 000 euros !

Il ne faut toutefois pas confondre un groupe parlementaire au Parlement européen (les élus FN y siègent actuellement comme non-inscrits) avec un parti politique européen, qui peut regrouper des formations politiques, des élus européens, nationaux ou régionaux. Les financements obtenus par un parti politique au niveau européen ne peuvent en aucun cas servir à financer les partis nationaux qui les constituent, mais uniquement à diffuser en Europe les idées et programmes de ce parti.

Cette petite victoire a principalement été obtenue grâce à la persévérance de Bruno Gollnisch, de Béla Kovács, député européen et responsable des affaires extérieures du parti populiste hongrois Jobbik, trésorier de l’AEMN, et de Nick Griffin, député européen et président du British National Party (BNP).

Les européistes grincent des dents

L’AEMN a été constituée à Budapest le 24 octobre 2009, lors du congrès du Jobbik. Elle rassemble principalement le FN, le Jobbik, le BNP, ainsi que plusieurs petits partis nationalistes en Europe (tels Fiamma Tricolore en Italie, l’ex-FN belge ou le parti nationaliste ukrainien Svoboda).

L’association AEMN a ensuite été constituée de façon informelle à Strasbourg, en tant qu’association de droit local alsacien-mosellan, mais n’a pas su remplir, entre 2009 et 2011, les critères nécessaires à sa reconnaissance par les instances européennes. L’adhésion d’un député lituanien a toutefois permis de franchir les critères nécessaires pour l’année 2012.

Début 2011, après son accession à la présidence de son parti, Marine Le Pen a toutefois quitté l’AEMN, pour mettre en œuvre une stratégie européenne différente et se rapprocher des partis qui sont davantage dans la mouvance « populiste », tels le FPÖ autrichien, le Vlaams Belang flamand ou la Lega Nord italienne.

En tout état de cause, ce n’est pas avec le sourire que les dirigeants européens se sont vus contraints d’entériner la reconnaissance de l’AEMN. Le député socialiste britannique (d’origine indienne) Claude Moraes a tout simplement appelé au boycott de cette formation ! Quant à Edward McMillan-Scott, vice-président du Parlement, il s’est publiquement inquiété du fait que les différents partis qui constituent cette alliance coopèrent entre eux (bigre ! Des élus de même sensibilité politique coopérant entre eux !) et qu’ils constituent une plateforme commune en vue des élections européennes de 2014.

La troisième force européenne

Bruno Gollnisch peut cependant rassurer ces esprits frileux, contrairement à ce que l’on pouvait supposer, il ne sera pas question de coalition européenne : « Nous sommes des nationaux conséquents et chacun dans son pays a vocation à être souverain. La dénomination “parti politique européen” peut être trompeuse, mais nous sommes surtout une alliance de patriotes et de souverainistes ». Quant aux fonds alloués pour l’année 2012, « ils seront principalement utilisés pour l’organisation de colloques et l’ouverture de sites Internet d’information sur les ravages du mondialisme sur nos identités. Nous voulons aussi lutter contre la diabolisation dont nous sommes l’objet. Nous tiendrons une réunion, début mars, pour décider de la façon dont nous ferons usage de ces fonds ». Quant aux critiques du vice-président McMillan, « le véritable scandale n’est pas que nous récupérions quelques miettes des subventions accordées aux partis politiques européens, mais que certains prétendent en avoir le monopole : le Parti populaire européen touche près de 6 millions d’euros annuellement, et le Parti socialiste européen près de 5 millions ! »

Gollnisch regrette également que l’ensemble des élus et des formations anti-mondialistes, souverainistes et populistes ne coopèrent pas ensemble : « Nous pourrions alors constituer la troisième force politique européenne, après les chrétiens-démocrates – qui n’ont de chrétien que leur nom –, les socialistes et devant les libéraux ».

L’accession au statut de parti politique européen de l’AEMN marque en tout cas une nouvelle étape de la contestation souverainiste qui grandit au sein des élus européens. En effet, depuis 2009, on trouve à la droite du PPE deux groupes parlementaires au Parlement européen : les Conservateurs et réformistes européens, constitués principalement des partis conservateurs britannique et tchèque ; le Groupe Europe libertés démocratie dans lequel on retrouve la Lega Nord, le LAOS grec, ou le MPF de Philippe de Villiers. Et en périphérie, plusieurs partis politiques, dont désormais l’AEMN. Au vu des évolutions politique et économique actuelles et à venir, cette dernière tendance pourrait se renforcer considérablement lors du scrutin européen de 2014.

Philippe Derricks

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 7 mars 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Photo en Une : Parlement européen à Strasbourg. Crédit photo : JLogan, domaine public.

Europe : nationalistes de tous les pays unissez-vous ! Par Philippe Derricks

A la différence des Français, les Irlandais vont être appelés à se prononcer par référendum sur le traité européen de stabilité

A la différence des Français, les Irlandais vont être appelés à se prononcer par référendum sur le traité européen de stabilité

03/03/2012 – 08h30
DUBLIN (NOVOpress Breizh) – Les Irlandais devront se prononcer par référendum sur le Traité relatif à la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (TSCG). C’est ce qu’a annoncé mardi en fin d’après-midi le Premier ministre Enda Kenny. Un recours au référendum écarté, en France, par Nicolas Sarkozy.

« Le peuple irlandais sera invité à autoriser par référendum la ratification du traité de stabilité européen », a déclaré au parlement Enda Kenny (photo), qui a affirmé sa conviction que c’est l’intérêt de son pays d’approuver ce traité signé fin janvier, destiné à renforcer la discipline budgétaire des Etats signataires. «Au bout du compte, cela reviendra à voter pour la stabilité économique et la reprise» a conclu le Premier ministre.

Une victoire du « non » aurait pour conséquence de réduire à néant l’unanimité de la zone euro concernant le dispositif de redressement mis au point conjointement par la Chancelière allemande et Nicolas Sarkozy : la fameuse «règle d’or» de retour à l’équilibre budgétaire qui s’imposerait à tous les Etats concernés, assortie de sanctions automatiques en cas de dépassement des plafonds. En cas de rejet du traité par les Irlandais, le pacte s’appliquerait quand même aux seize autres membres de la zone euro, avec la conséquence de créer un nouvel ensemble au sein d’une Union européenne à multiples vitesses.

Le résultat de la consultation s’annonce incertain. Si les Irlandais sont très soucieux de leur souveraineté – ils n’entendent pas remettre en question leur « particularisme » fiscal contesté par la France et l’Allemagne – ils savent aussi qu’en rejetant le traité ils perdraient le bénéfice des fonds de secours auxquels Dublin avait dû faire appel en 2010.

Ce recours au référendum semble exclu en France. « On peut parfaitement imaginer un référendum sur l’Europe, sur la monnaie unique par exemple (…), parce que la question est parfaitement claire : Voulez-vous échanger le franc contre l’euro ? » a déclaré Nicolas Sarkozy, qui estime que le TSCG ne comporte pas d’abandon de souveraineté. « S’agissant d’un traité avec 200 ou 250 articles, je ne vois pas la question claire qu’il y aurait », a-t-il enfin affirmé.

« Ce n’est pas une arme. Le référendum est une méthode qui présente un autre avantage qui consiste à dire à cette France qui souffre du fait de la crise (…) qu’elle aura la parole, qu’elle n’est pas exclue du débat et qu’elle peut trancher un certain nombre de sujets quand il y a blocage manifeste ». Depuis l’annonce de sa candidature Nicolas Sarkozy a pourtant affirmé haut et fort son intention de recourir au référendum.

A la différence des Irlandais, «la France qui souffre » ne saurait donc être autorisée à se prononcer sur un traité européen qui comporte, non pas comme l’affirme le Président de la République « 200 ou 250 articles », mais en tout et pour tout… 16 articles. Donner la parole au peuple ? Il ne faut rien exagérer.

Crédit photo : Seán licence CC.

Le maïs OGM Monsanto va-t-il être commercialisé ?

Le maïs OGM Monsanto va-t-il être commercialisé ?

25/02/11 – 12h00
PARIS (NOVOpress)
– Le 20 février dernier, les ministres de l’Écologie et de l’Agriculture ont demandé à la Commission européenne de suspendre la mise en culture du maïs transgénique MON 810.
Parallèlement à cette démarche, les autorités françaises se préparent à prendre une mesure conservatoire en cas de refus européen.

Mais dans l’attente de cette mesure, quid du maïs OGM MON810 à nouveau autorisé par les instances européennes (et le Conseil d’Etat français pour non-respect des procédures) et de sa diffusion sur notre sol ?

Face à cette question, les associations environnementalistes sont inquiètes et demandent à ce que ce maïs ne puisse pas être commercialisé durant le laps de temps nécessaire à l’Etat français pour prendre une nouvelle mesure légale d’interdiction. Cette interdiction est d’autant plus urgente que la période des semis approche.

Dans l’attente d’une mesure gouvernementale, les associations écologistes et environnementalistes « appellent au bon sens et à la responsabilité des coopératives et des agriculteurs et leur demandent de ne pas vendre ni semer ce maïs transgénique lors de la prochaine campagne ».

Elles invitent par ailleurs la population à participer à la consultation publique ouverte sur ce sujet : http://agriculture.gouv.fr/consultation-mesure-d-urgence-MON810

Crédit photo : kmillard92 via Flickr (cc).

Mondialisation : les plus pauvres règleront la facture

Mondialisation : les plus pauvres règleront la facture

13/02/2012 – 08h00
BRUXELLES (NOVOpress) — Sans doute trop occupés par la crise, le pseudo débat électoral ou les petites phrases des uns ou des autres, nos médias semblent bien avoir passé sous silence un événement pourtant de premier plan : le sommet euro-indien de vendredi dernier. Pourtant ce dernier ne visait rien moins qu’à donner une impulsion décisive à l’accord de libre-échange sur lequel l’Inde et l’UE planchent en toute discrétion déjà depuis 2007. Le porte parole du commerce de l’UE John Clamcy estimait même que cette rencontre pourrait être décisive « pour aboutir à un accord dans les meilleurs délais ».

Selon Bruxelles, les négociations seraient déjà en phase finale, et les discussions porteraient principalement encore sur l’automobile et les pièces détachées, ainsi que les vins et spiritueux. L’accord de libre-échange vise une très large ouverture du marché, la libéralisation de presque l’ensemble des échanges commerciaux entre l’EU et l’Inde, et concerne outre les marchandises et les services, également les marchés publics et la propriété intellectuelle. Les entreprises européennes bénéficieront ainsi d’un accès illimité au marché indien (1,2 milliards d’habitants), où la présence d’une classe moyenne en forte croissance et avide de produits de consommation, laisse augurer de juteuses affaires et encore plus de perspectives d’expansion. En échange, l’Inde demande en plus de droits de douane européens réduits, que l’on supprime également des critères non monétaires, comme la conformité à des normes et d’autres règlements régissant l’importation dans les pays européens.

Le secteur agroalimentaire espère des profits considérables grâce à ce nouveau et vaste marché. Les producteurs de volailles allemands qui peinent à écouler tout ce qui n’est pas blanc de poulet, pourront enfin expédier massivement par bateau tout ce que le consommateur européen boude, tout en s’épargnant d’onéreux frais de retraitement de déchets. Et les producteurs laitiers sont également dans les starting-blocks. Les seulement 4000 tonnes de lait en poudre et 15 tonnes de fromage expédiés par les Allemands entre janvier et novembre 2011 laissent espérer une marge de croissance potentielle colossale. Sans compter que comme croit le savoir Michael Lohse, porte-parole de l’Union des agriculteurs allemands, la classe moyenne indienne est friande de charcuterie et l’alimentation made in Germany bénéficie d’une excellente réputation aussi en Inde.

Pourtant, avec sa production estimée à 112,5 millions de tonnes, l’Inde est un des premiers producteurs laitiers mondiaux. Mais presque les trois quarts de ses 70 millions de vaches appartiennent à des petits ou très petits paysans, dont la survie tient aux fortes taxes sur les importations. Un récent essai de suppression des taxes douanières à la demande de l’OMC en 1999, avait abouti à une multiplication par quarante des importations de petit-lait en un an, puis à une remise en place dans l’urgence de taxes à hauteur de 60 %.

De même, l’importation massive de cuisses de poulets européennes pourrait casser les prix et menacer la survie de millions de ces petits producteurs qui élèvent leurs volailles dans les arrière-cours.

Des ONG européennes et indiennes soulignent le fait que 90% de la population travaille dans des secteurs non structurés, et que près de 800 millions d’Indiens survivent encore avec moins de 3 Dollars par jour. Cet accord de libre-échange laisse craindre un phénomène de déclassement social massif et l’ouverture de chaines d’hypermarchés occidentales risque de ruiner des millions de commerçants des rues, de marchands forains et de propriétaires de petits commerces de toute sorte, qui en l’absence d’autre formation n’auront guère de chances de trouver un autre gagne-pain.

Il y a certes une résistance à ce projet qui cherche à s’organiser sur place et appelle à des manifestations de protestation. Chez nous une bonne vingtaine de députés européens verts et de gauche ont adressé un courrier au Commissaire du commerce de l’UE Karel De Gucht, pour le mettre en garde devant les conséquences probables de cette brutale ouverture des frontières, en réclamant une pause des négociations et une analyse des conséquences prévisibles sur des groupes de population fragiles comme les pêcheurs et les agriculteurs. Et ils protestent également contre le fait que de nombreux documents de ces négociations soient systématiquement dissimulés aux représentants de la société civile.

Mais toutes ces considérations n’intéresseront sans doute guère la masse des députés européens appelés un jour prochain à se prononcer sur cet accord.

Crédit photo : McKay Savage via Flickr (cc)

La Russie critique l’embargo pétrolier contre l’Iran

La Russie critique l’embargo pétrolier contre l’Iran

25/01/12 – 16h50
MOSCOU (NOVOpress) –
« Une erreur », « des mesures contre-productives »… la diplomatie russe n’a pas mâché ses mots pour qualifier les nouvelles sanctions européennes contre l’Iran.

« Les nouvelles sanctions européennes contre l’Iran risquent de saper les efforts diplomatiques internationaux visant à régler le problème nucléaire iranien » a notamment déclaré le ministère russe des Affaires étrangères.

Pour la Russie, cette « pression » visant à « punir » le manque supposé de collaboration de l’Iran est une politique « totalement erronée qui n’aboutira à aucune concession. »

Le Conseil de l’Union Européenne a approuvé lundi l’adoption d’un embargo sur les livraisons de brut iranien lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 à Bruxelles.

Crédit photo : dioplamtiefrance via Flickr, licence CC.

L'Union européenne : la prison des peuples européens - Par Michel Geoffroy

L’Union européenne : la prison des peuples européens – Par Michel Geoffroy

L’Union européenne était autrefois un espoir pour les jeunes Européens. Mais cet espoir reposait sur un malentendu.

Pour beaucoup d’Européens il s’agissait du rêve d’un continent unifié, « de l’Atlantique à l’Oural », libéré du communisme comme de l’atlantisme, débarrassé des querelles nationales, mais aussi indépendant et prospère : une Europe solidaire et puissante, ouverte sur le monde. Au moment du lancement de l’euro, certains y croyaient encore.

Mais ce rêve a fait long feu. L’idée européenne a tourné au cauchemar. La construction européenne que promeut l’oligarchie, consiste justement à déconstruire la puissance et l’identité des Européens : l’Union européenne se construit désormais contre les Européens. Ceux ci n’auront bientôt plus d’alternative que la révolte.

Le cauchemar européen

Car la chute du communisme soviétique, qui était une bonne nouvelle en soi, n’a pas fait avancer l’Europe dans le sens de la puissance et de l’indépendance. Au contraire, l’idée européenne a régressé.

L’atlantisme s’est renforcé : l’Europe n’est plus conçue que comme un espace libre-échangiste, aux frontières floues et qui ne se définirait que par une adhésion à ses prétendues  valeurs, auxquelles tous les peuples pourraient donc finir par se rattacher, au moins sur le pourtour de la méditerranée. Dans cette Europe là, la préférence communautaire qui figurait à l’origine du marché commun, est devenue un délit.

L’Union européenne, grenouille qui veut devenir bœuf à 27, à 28 ou au-delà , est restée un nain politique, une soft power  dans l’orbite du grand frère américain et cela, conformément aux intérêts de ce dernier.

Contrairement à ce que prétend la propagande de l’oligarchie, l’Union européenne ne protège plus personne, sinon les riches et les allogènes.

Il n’y a pas de défense européenne, on se remet en tout à l’OTAN, c’est-à-dire à une organisation dirigée par les Etats-Unis. L’alignement atlantiste de la France conduit par Nicolas Sarkozy et la réduction continue des budgets militaires sur le continent, ont détruit tout espoir de construire une Europe indépendante tant au plan diplomatique que militaire.

Les Yankees ont gagné !

Les frontières de l’union, économiques ou autres, sont des passoires qui ne nous protègent pas. L’euro surévalué nuit à la croissance et à l’emploi des Européens ; en outre, il ne peut survivre qu’en limitant toujours plus la souveraineté budgétaire et financière des Etats, voire la souveraineté politique comme l’a montré la façon dont la gouvernance européenne veut traiter la question des dettes souveraines des Etats membres.

Les Européens minoritaires en Europe ?

Rome n’est plus dans Rome. A Bruxelles, épicentre du cauchemar européen, 30% de la population est désormais musulmane : tout un symbole !

Les flux migratoires à destination de l’Europe occidentale et de la France en particulier ne cessent pas et sont en train d’initier un mouvement de changement de population.

Toute tentative, même modeste, de réguler plus fortement les entrées, se heurte aux décisions des juges européens et aux pressions continues du patronat et des associations. L’immigration n’est donc nullement choisie, mais en réalité imposée aux peuples européens, qui doivent au surplus se plier de plus en plus aux mœurs exotiques des nouveaux arrivants.

Car l’oligarchie nous explique maintenant que pour ne pas heurter la sensibilité de leurs hôtes si généreux, il faut que les Européens mettent en veilleuse leurs convictions : par exemple ne plus fêter Noël (on dit « bonne fin d’année » en novlangue), ne pas décorer de sapins, ne pas manger de porc, accepter les femmes voilées, les crimes d’honneur, les mosquées et les lieux de prière, ne pas caricaturer Mahomet etc. Bref renier notre histoire et nos origines chrétiennes, qui ne figurent d’ailleurs plus dans les valeurs de l’union européenne.

Il suffit de se promener dans les rues de nos villes pour se rendre compte que l’immigration, notamment africaine, s’installe partout. Or plus le nombre de personnes d’origine immigrée augmente, plus elles ont tendance à se regrouper en communautés : c’est une loi de la nature. L’assimilation fonctionne donc en proportion inverse du nombre de personnes à assimiler.

La constitution de communautés d’origine étrangère est lourde de conséquences pour la paix civile comme le démontrent d’ores et déjà les émeutes ethniques que les pays européens connaissent tour à tour et qui se ressemblent toutes dans leur déroulement puisque leur cause est identique.

Avec sa politique migratoire démente, l’oligarchie de l’Union européenne a donc recréé en Europe un problème des minorités qui avait pourtant déjà empoisonné la première moitié de notre XXe siècle et qui avait par deux fois conduit à la guerre. Comme si cela ne suffisait pas, l’oligarchie y a ajouté au surplus un problème religieux –celui de l’Islam- et un problème noir.

La prison des peuples européens

L’Union européenne ressemble chaque jour un peu plus à l’Empire autrichien vieillissant, que l’on surnommait la prison des peuples : une juxtaposition de communautés et de « minorités » rivales, imbriquées les unes dans les autres, sous la domination d’une administration tatillonne et d’une aristocratie cosmopolite. Mais l’Empire autrichien a duré plusieurs siècles. Le machin de Bruxelles, comme disait avec mépris le général De Gaulle, n’aura sûrement pas cette longévité !

Car l’Union européenne se présente aujourd’hui aux peuples européens sous le seul visage du fardeau et de la contrainte : toujours plus de règles, de normes, de jugements, de prélèvements, de sanctions, de boycottages contre les gouvernements, les peuples et les nations, et toujours plus de privilèges pour les allogènes.

Ainsi cette Europe s’est construite en passant outre à la volonté des peuples européens, en foulant aux pieds cette démocratie que l’on se targue pourtant d’incarner et que l’on a voulu imposer par les armes aux Libyens et sans doute demain aux Syriens. Son fondateur, le Français Jean Monnet ne s’est d’ailleurs jamais présenté à une seule élection.

Quand un pays vote mal, on le fait revoter : comme en Irlande. Quand les peuples refusent de ratifier la constitution européenne, on leur impose le traité de Lisbonne via les parlements. Quand un premier ministre grec envisage de soumettre à référendum le plan de rigueur imposé par la zone euro, on menace de lui supprimer toute aide économique. Quand le gouvernement hongrois issu des urnes révise les pouvoirs de la banque centrale, on le menace de sanctions.

L’Union européenne est une construction oligarchique qui tient les peuples européens en suspicion. Comme le déclarait significativement un ministre du nouveau gouvernement italien, « le populisme est l’un des principaux ennemis aujourd’hui en Europe » (Les Echos du 9 janvier 2012) ; ennemi, vous avez bien lu : cette oligarchie considère son propre peuple comme un ennemi !

Le moulag

L’Union européenne est un tyran mou, mais ombrageux, d’autant plus redoutable qu’il est sans visage. Nous vivons dans une sorte de goulag mou, sans barbelés, avec des supermarchés et des chômeurs. Mais nous sommes aussi soumis à une police de la pensée, chaque jour plus intolérante.

Ce n’est plus un ectoplasme comme dans les années 60 : c’est malheureusement devenu une métastase, qui risque de tuer l’Europe.

Car les prétendues valeurs européennes sont en réalité mortelles pour ceux qui y croient.

Ainsi ces valeurs nous recommandent d’accueillir toujours plus d’immigrés, d’ouvrir toutes grandes nos frontières aux marchandises et aux hommes étrangers. Elles nous imposent de ne discriminer personne, sauf les Européens ! On a découvert à propos de la Hongrie que l’indépendance de la Banque centrale était aussi une valeur : la finance libre et les Européens asservis aux impôts et aux dettes : voilà le vrai programme de l’oligarchie!

L’Union européenne n’offre en outre qu’une seule option : se soumettre à ses diktats ou bien se trouver exclu, sanctionné, ou privé de ses droits de vote (comme dans les futurs traités européens souhaités par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en cas de dérive budgétaire), mais sans avoir le droit de se retirer… Hier les Autrichiens étaient coupables de déviance politique pour avoir introduit au gouvernement le FPÖ ; puis les grecs ont été coupables de déviance budgétaire. Aujourd’hui on diabolise les Hongrois coupables sur les deux plans. A qui le tour demain ?

Tant que la prospérité était tant bien que mal assurée, on pouvait le tolérer. Mais à l’heure de la récession, le caractère insupportable de la contrainte européenne apparaît de plus en plus.

De la récession à la sécession ?

La situation de l’Europe n’est pas sans rappeler malheureusement celle qui a conduit à la guerre civile américaine au XIXe siècle.

Derrière le pathos de l’antiesclavagisme, cette guerre civile a en effet opposé les Etats du Sud –c’est-à-dire pour l’essentiel les Etats fondateurs des Etats-Unis qui étaient libres, échangistes car dénués d’industrie– aux Etats du Nord qui étaient protectionnistes et industriels. Les Etats du Nord entendaient imposer leurs tarifs douaniers au Sud agricole qui était importateur net, et cela, tout en lui déniant le droit de se retirer de l’Union. Une situation intenable pour les sudistes (qualifiés de rebelles par les Etats du Nord) qui n’avaient alors plus d’autre choix que la sécession, et bientôt celui de défendre leurs droits par les armes.

Comme au temps d’Abraham Lincoln aujourd’hui en Europe un front sépare de plus en plus profondément les libre-échangistes de ceux qui veulent protéger leur économie, leurs emplois, leur identité et leur culture. Ces derniers sont aussi des rebelles -on dit  populistes  de nos jours- aux yeux de l’oligarchie libre-échangiste et des entreprises transnationales.

Comme au temps d’Abraham Lincoln, l’Union européenne est devenue un carcan : elle ne conçoit pas qu’on puisse souhaiter la quitter pour retrouver sa souveraineté.

Comme au temps d’Abraham Lincoln, l’immigration a pris la place de l’esclavage pour servir de justification morale aux intérêts économiques les plus sordides. Elle pourrait aussi servir demain de prétexte à des mesures violentes à l’encontre des peuples rebelles. N’a-t-on pas fait la guerre à la Serbie pour lui imposer la partition ethnique du Kosovo, au mépris de tous les principes du droit européen ?

Comme au temps d’Abraham Lincoln, enfin, les peuples n’ont plus que leur courage et leur détermination à opposer à ceux qui violent leurs droits.

Michel Geoffroy

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Chypre claquera-t-elle enfin la porte d’entrée européenne à la Turquie ? Par “Politically Incorrect”

Chypre claquera-t-elle enfin la porte d’entrée européenne à la Turquie ? Par “Politically Incorrect”

Après le Danemark qui vient tout juste d’accéder à la présidence européenne pour six mois, ce sera le tour de Chypre -la Chypre grecque, partie sud de l’ile séparée de la partie nord agressée en 1974 par la Turquie, et occupée depuis de manière illégale. Cette présidence est une provocation pour la Turquie, mais il est aussi question de gaz.

Serait-ce au titre d’une solidarité entre orthodoxes que Chypre, qui fait partie des états en faillite de l’UE, vient de bénéficier d’un crédit de 2,5 milliards d’euros de la part de la Russie? Pas seulement, car d’énormes gisements de gaz y ont été découverts, et l’agresseur et conquérant turc aimerait pouvoir unilatéralement décider du tracé des frontières et du partage de cette manne!

Le différent sera de taille. Et ils s’y rajouteront les élections qui auront lieu l’an prochain à Chypre, où aucun candidat ne pourra se permettre de faire cadeau aux Turcs de champs pétrolifères. Il y a donc de fortes chances pour que ce conflit se durcisse et tant que rien ne changera, la Turquie ne pourra pas adhérer à l’UE.

Ceci est évidemment connu à Ankara, où l’on cherche à définir une stratégie pour la suite. La partie nord de l’ile et la Turquie doivent-elles à nouveau se montrer aimables avec les Grecs, ou au contraire durcir sensiblement le ton pour intimider l’UE ? Tous s’interrogent pour savoir quelle sera la meilleure façon de procéder et le quotidien Hürriyet pose la question du remariage ou du divorce, sans apporter de réponse. Politically Incorrect est pour le divorce, pour la bonne raison que nous ne voulons pas accueillir encore 10 ou 15 millions de Turcs en Allemagne. Les chances sont donc bonnes cette année, pour que Chypre mette des obstacles sérieux à l’adhésion de la Turquie à l’UE.

[box class=”info”] Source en allemand : Politically Incorrect [/box]

Ecosse

La question écossaise préoccupe vivement le gouvernement britanique

30/12/2011- 14h00 LONDRES (NOVOpress Breizh) –  Depuis que les nationalistes du Scottish Nationalist Party ont remporté une éclatante victoire aux élections écossaises en mai dernier, le Premier ministre David Cameron (conservateur) a promis de se battre « jusqu’à la limite de ses forces » pour conserver l’Ecosse dans l’Union. Son gouvernement travaille maintenant d’arrache-pied en vue de s’attaquer à une anomalie longtemps restée en suspens depuis la création du parlement écossais : ce qu’on appelle la « West Lothian Question » (question du Lothian occidental).

Cette question se rapporte au fait que les députés de circonscriptions écossaises peuvent voter à Westminster sur des sujets tels que la santé et l’éducation en Angleterre, tandis que les députés anglais n’ont pas voix au chapitre sur les sujets similaires en Ecosse… Après des ajournements répétés, le gouvernement a confirmé cette semaine qu’une commission destinée à examiner la West Lothian Question sera mise sur pied en février afin de remettre ses conclusions en 2013. Cela pourrait conduire au premier changement des droits de vote des députés depuis l’Acte d’union de 1707. Une commission de révision dirigée par Kenneth Clarke, secrétaire d’Etat à la Justice, a ainsi élaboré un plan visant à restreindre le droit des députés écossais à voter des lois qui concernent seulement l’Angleterre.

Les défenseurs de l’Union ont également longuement débattu à propos de la réponse à donner au Premier ministre écossais M. Salmond et à ses projets de référendum. Celui-ci a suggéré qu’il pourrait organiser un referendum proposant trois options aux Ecossais, à savoir celle du statu quo, celle de l’indépendance pure et simple ou celle de rester dans le Royaume-Uni, mais en accroissant les pouvoirs dévolus au parlement écossais.

De son côté, M. Cameron a créé récemment une sous-commission ministérielle, rattachée aux principaux ministres, afin de réfléchir à l’approche que le gouvernement doit adopter vis-à-vis d’un référendum en Ecosse. Certains membres du cabinet britannique se sont déclarés en faveur de la troisième option, celle qui consiste à donner davantage de pouvoir à Holyrood. Mais d’autres sont d’avis que l’attribution de davantage de pouvoirs à M. Salmond ne pourrait en définitive que conduire à l’indépendance pleine et entière de l’Ecosse ; ils veulent donc changer la loi afin de limiter le référendum à une question « oui ou non ».

Les partis unionistes sont également divisés quant à la question de savoir qui devrait décider du référendum et quand. De hauts responsables du Parti conservateur voudraient que M. Cameron prenne l’agenda en main et convoque lui-même un référendum écossais. Cela lui permettrait de dicter le calendrier et les termes du débat. Une hypothèse que réfute le ministre du travail, estimant qu’une telle initiative pourrait déclencher une réaction négative de la part des électeurs écossais.

Quel que soit le moment choisi pour le vote, les unionistes sont confrontés à un immense défi face à la campagne solidement argumentée et bien organisée de M. Salmond en faveur de l’indépendance. Ce dernier, qui vient de désigner Angus Robertson, le chef du groupe parlementaire du SNP à Westminster, comme directeur de sa campagne en faveur de l’indépendance, entend bien en effet réussir son pari. La marche de l’Ecosse vers l’indépendance semble très bien partie.

CeCrédit photo : Finlay McWalter Wikipedia licence CC

 

Le chiffre du jour : Le Mécanisme européen de stabilité coûtera 80 milliards !

Le chiffre du jour : Le Mécanisme européen de stabilité coûtera 80 milliards !

16/12/2011 – 14h45
PARIS (NOVOpress) –
Les instances de l’Union Européenne ont vu les choses en grand : le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui sera mis en place en juillet 2012, sera ainsi doté d’un capital de 80 milliards d’euros, financé évidemment par les contribuables des Etats‑membres. Le MES succèdera au Fonds européen de stabilité financière qui ne bénéficiait pas de garanties publiques sur ses émissions.

Du coup, le MES, nouvelle écharde financière, va grever le budget de la France de seize milliards d’euros et corrélativement alourdir la dette publique mais pas le déficit public selon les très hypocrites critères de Maastricht.

Malgré un échelonnement des versements initialement prévu sur cinq ans, le Premier ministre François Fillon faisant montre de volontarisme ou jouant les mouches du coche, nul ne sait trop, a laissé entendre que les délais seraient beaucoup plus courts, avec l’adoption début 2012 d’une loi de finances rectificative.

Le président turc Abdullah Gül très inquiet des tendances “islamophobes” en Europe

Le président turc Abdullah Gül très inquiet des tendances “islamophobes” en Europe

[box class=”info”] Le président turc Abdullah Gül a parlé de l’Europe lors de son intervention vendredi dernier à la « World Policy Conference » de Vienne.
Le site internet autrichien SOS – Österreich a rendu compte de cette intervention. [/box]

A la « World Policy Conference » de Vienne, le “savoir-faire” turc était invité.

« L’Union Européenne rencontre des difficultés à prendre des décisions et à progresser ». C’est ce qu’à déclaré le président turc Abdullah Gül ce vendredi, lors du discours d’ouverture de la WPC. « L’ignorance de ses propres critères économiques a conduit à la difficile situation actuelle » a-t-il déclaré.

Avions-nous besoin du président turc pour faire cette découverte ? Pas vraiment -mais Gül a d’autres conseils à donner à nous autres européens :

Le président turc Abdullah Gül très inquiet des tendances “islamophobes” en Europe

Abdullah Gül et Condoleezza Rice pendant qu'elle était secrétaire d'État des États-Unis.

Pour Gül maintenant, l’Union Européenne est en danger, du fait du partage de l’UE entre la zone euro et les autres pays. Il espère que des décisions courageuses seront prises, car selon lui elles intéressent tous les pays.

Mais il a surtout fait part de son inquiétude face aux conséquences de la crise économique européenne sur la vie politique. « Il y a des manifestations croissantes d’intolérance et de discrimination dans la plupart des pays d’Europe, ainsi qu’une approbation de plus en plus importante pour des partis pour qui l’immigration serait la principale responsable de l’insécurité, de la criminalité, de la pauvreté et des problèmes sociaux » a continué Gül.

« Nous sommes extrêmement inquiets face à la recrudescence de tendances xénophobes et islamophobes », a-t-il insisté. En guise d’exemples, il a évoqué le massacre de cette année en Norvège, ainsi que les récents meurtres attribués à des néo nazis en Allemagne. « Il y a une grande inquiétude dans toutes les communautés immigrées d’Europe », a-t-il rajouté.

 

L’hôte de cette conférence, le président [autrichien] Heinz Fischer, s’est également exprimé: « j’espère que le résultat des discussions actuelles aboutira à plus d’Europe, et non à moins ».

 

Nous ne sommes qu’un modeste blog autrichien, mais nous voudrions également dire quelque chose à monsieur Gül.

Ces « tendances islamophobes » seraient faciles à endiguer si l’on mettait immédiatement un terme à l’immigration musulmane. Cela freinerait la croissante criminalité liée à l’immigration et diminuerait des frais d’intégration colossaux; cela mettrait un terme à l’aliénation de notre pays natal, de notre culture et des valeurs occidentales !

Ci-dessus monsieur Gül ne peut évoquer que deux exemples [qui l’inquiètent]. Nous lui conseillons de visiter quotidiennement notre site : d’innombrables exemples qui NOUS inquiètent l’y attendent.

Dans notre pays cela se nomme de l’outrecuidance, quand un président qui est co-responsable d’une immigration massive en Europe, qui dans son propre état suit un cours islamo-nationaliste, se plaint ensuite de « phobies » en Europe, et reproche de l’intolérance.

Visiblement il n’y avait à cette « World Policy Conference » pas un seul individu suffisamment courageux pour répliquer à ces constantes insultes.

[box class=”info”] Source : SOS – Österreich (en allemand). [/box]

Crédit photo : U.S. federal government, domaine public.

La mondialisation à la source de l’endettement : l’heure de vérité !

La mondialisation à la source de l’endettement : l’heure de vérité !

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia.

[box class=”info”] « Crise de l’euro », « crise de la dette » : les débats politiques et médiatiques passent à côté de l’essentiel. Il n’y a pas de crise de l’euro, il y a une crise de la dette. Et cette crise de la dette est due à la mondialisation sauvage. L’enjeu est simple : baisser massivement le niveau de vie des Européens ou bien réindustrialiser le continent européen en rétablissant des frontières. Un point de vue de François Thuillier pour Polémia. [/box]

Crise de l’euro, crise de la dette, crise économique, tout le monde y va de son analyse, de ses pronostics, de ses solutions. Et chacun, qu’il soit politique, journaliste ou économiste, de nous faire part de ses inquiétudes, de ses commentaires ou de ses recommandations, quand il ne s’agit pas d’ouvrir une polémique sur les responsabilités des uns ou des autres. Pourtant, dans cette abondance de débats rien de clair n’émerge, ni sur la nature réelle du problème ni sur les remèdes à y apporter.

L’euro est en crise mais son cours reste élevé

Première incohérence : on nous parle d’une crise de l’euro. Or il n’y a pas de crise de l’euro. Certes, la monnaie européenne gêne aujourd’hui des pays comme la Grèce qui ne peuvent plus dévaluer pour redresser leur économie. Mais l’euro en tant que tel reste une monnaie forte. Si l’euro n’inspirait plus confiance, personne n’en voudrait plus et son cours s’effondrerait. Ce qui est loin d’être le cas.

En revanche, il y a bien une crise de la dette due à des niveaux d’endettement auxquels beaucoup d’Etats européens ne peuvent plus faire face. Mais rares sont les observateurs qui avancent des explications convaincantes sur l’origine de cet endettement généralisé. On laisse entendre que cette dérive serait due au laxisme de nos dirigeants. Sans doute y a-t-il là une part de vérité, mais peut-on réellement expliquer un phénomène aussi généralisé et aussi continu par une simple dérive des comportements politiques ?

L’endettement des pays européens, conséquence de la mondialisation sauvage

En réalité, l’endettement massif des pays européens est principalement la conséquence de la mondialisation sauvage et du soutien idéologique indéfectible qu’elle reçoit des dirigeants du système. La mondialisation a en effet provoqué, avec la désindustrialisation, un transfert de richesse des pays européens vers les pays émergents, qui se traduit par un appauvrissement relatif de l’Europe. Or, nos gouvernants, qui n’ont cessé de vanter les mérites de cette mondialisation, n’ont jamais voulu admettre cette terrible vérité. Et pour supprimer les effets désastreux qui en résultent, ils ont cherché, malgré l’appauvrissement de notre nation, à maintenir le niveau de vie et de protection des citoyens en recourant massivement à l’emprunt. Pour ne pas avoir à réduire les prestations sociales, le service public et le pouvoir d’achat, ils ont fait vivre notre pays au-dessus de ses moyens.

Il faut donc le dire haut et fort : la crise de l’endettement est la conséquence directe de la mondialisation sauvage. Comment expliquer autrement que l’endettement débute dans les années soixante-dix et aille croissant à mesure que les droits de douane sont supprimés et que la dérégulation commerciale se généralise ? Comment expliquer autrement que les pays européens soient tous largement endettés alors que les pays émergents disposent tous de larges excédents ?

Il n’est plus possible de camoufler les effets néfastes de la mondialisation

C’est donc clair : la crise que nous connaissons aujourd’hui vient du fait que la politique de camouflage des effets néfastes de la mondialisation est devenue impossible dès lors que le niveau d’endettement a atteint son seuil maximum.

Si l’on comprend cela, on comprend pourquoi aucun gouvernement n’a jamais pu apporter une solution véritable à ce problème et pourquoi aucun des partis en présence ne peut résoudre cette crise. Attachés aveuglément à l’idéologie de la mondialisation, liés par les propos idylliques qu’ils tenaient il y a peu de temps encore sur ses supposés bienfaits, ils ne voudront jamais se déjuger et, en refusant de s’attaquer aux causes profondes de la crise, ils ne pourront qu’en développer les conséquences funestes.

Mondialisation sauvage ou régulation aux frontières ?

Nous sommes donc à la croisée des chemins, car quel que soit le discours de nos dirigeants il nous faut maintenant revenir à la réalité. Dès lors, deux voies et deux voies seulement nous sont ouvertes. Ou bien on remet en cause la mondialisation sauvage par une régulation réelle aux frontières de l’Europe qui permettrait de réindustrialiser notre continent et de retrouver une prospérité suffisante pour résorber nos dettes. Ou bien on laisse les frontières grandes ouvertes et il faudra alors se résoudre, contraint et forcé, à réduire le niveau de vie et de protection de nos compatriotes et à organiser l’appauvrissement et donc la régression inexorable des nations européennes.

Tel est le véritable enjeu. Un enjeu que personne hélas ne présente clairement aux Français.

François Thuillier

[box class=”info”] Source : Correspondance Polémia – 28/11/2011 [/box]