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Turquie – Syrie : tension maximale

09/02/2016 – MONDE (NOVOpress)
La Turquie a annoncé être prête à ouvrir ses frontières aux dizaines de milliers de Syriens qui fuient les combats autour d’Alep. La Russie dénonce de son côté les mouvements de troupes turques qui laisseraient présager une offensive terrestre d’Ankara en Syrie.

Si les Syriens poussés à l’exode « sont à nos portes et n’ont pas d’autre choix, nous devons laisser entrer nos frères et nous le ferons », a déclaré le président turc Erdogan. Il n’a cependant pas précisé quand les Syriens pourraient entrer en Turquie. À date, le poste-frontière d’Oncupinar semble encore fermé. Il s’agit du dernier point de passage officiel entre les deux pays encore accessible aux quelque 30 000 Syriens qui ont fui les combats autour d’Alep et attendent dans des conditions très précaires.

En filigrane, Erdogan fait pression sur les Européens au sujet des réfugiés : pressé de répondre à la crise humanitaire, il explique, par la voix de son vice-Premier ministre Numan Kurtulmus qu’avec 2,7 millions de réfugiés syriens, la Turquie « a atteint les limites de sa capacité ». Et en dépit des sommes importantes promises par l’UE, le pays ne semble pas décidé à réguler le flot de clandestins qui quittent son sol vers la Grèce. L’une et l’autre questions sont donc de puissants leviers pour obtenir de l’UE des rallonges de crédits ou des avantages politiques. Il est significatif que la chancelière allemande Angela Merkel ait fait un déplacement à Ankara lundi. Qu’a-t-elle encore promis à Erdogan ?
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La France reconnaît avoir fourni directement des armes aux “rebelles” syriens

Le trompeur Printemps arabe, de la démocratie au terrorisme…

Source : Nouvelles de France
Un point de situation complet et pertinent sur la Syrie, déchirée par un terrorisme d’importation.

Mars/avril 2011, le printemps arabe fleurissait en Syrie. Des manifestations d’opposants avaient lieu dans de nombreuses villes. Le gouvernement alternait la carotte des baisses de taxes, des augmentations de postes et de salaires avec le bâton d’une répression sévère.
Dans une mise en scène bien réglée, les médias dénonçaient la barbarie du régime, des défections se produisaient dans ses rangs, un organisme de transition voyait le jour tandis que la protestation se muait en rébellion et la révolte en guerre civile. Le scénario étonnamment semblable à celui d’autres tournages se produisait avec des variantes locales.
Le dictateur ne partait pas comme en Tunisie. L’armée ne basculait pas comme en Égypte. Faute d’intervention militaire directe d’une puissance occidentale, le régime ne s’effondrait pas comme en Libye. Il tenait avec le soutien de milices loyalistes, celui de l’Iran et de la Russie et l’arrivée des supplétifs chiites libanais ou irakiens.

Il contrôle aujourd’hui plus de 70 % de la population, notamment les personnes déplacées qui se sont mises sous sa protection, dont on parle peu. Pendant ce temps, l’opposition connaissait, sans avoir gagné, le sort de celle de Libye apparemment victorieuse. Sa façade démocratique se craquelait, son unité se fissurait.
Deux conseils dominés par les Frères Musulmans, l’un appuyé par la Turquie, le CNS, l’autre par le Qatar, la CNFOR revendiquaient la légitimité. Le décor démocratique et son Armée Syrienne Libre étaient débordés par des groupes islamistes rivaux et de plus en plus violents : le Front islamique, le Front Al-Nosra, l’État islamique multipliaient les conflits fratricides. Les Kurdes accédaient de fait à l’autonomie le long de la frontière turque.
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Prison à vie requise pour des journalistes turcs dissidents

29/01/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Ceux-ci sont enfermés depuis le 26 novembre pour avoir diffusé une vidéo prouvant le soutien militaire turc à des rebelles islamistes. Ils publiaient auparavant pour un des principaux journaux turcs dissident.

Qualifiant l’acte de trahison, le président Erdogan lui-même serait plaignant avec le chef de ses services secrets. Il avait promis à la télévision turque que les deux hommes paieraient le prix fort pour avoir dévoilé cette vidéo.

Les procureurs du tribunal d’Istanbul ont requis à l’encontre des deux hommes une peine de réclusion à perpétuité aggravée, ainsi qu’une peine de perpétuité ordinaire.

Quelle est la situation en Syrie à la veille des négociations de paix à Genève ?

25/01/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Aujourd’hui lundi devaient se tenir des négociations de paix entre le régime syrien et l’opposition, mais des difficultés dans la composition de la délégation de l’opposition semblent retarder la tenue des débats ; débats qui s’annoncent sous un jour encore plus sombre depuis les raids aériens qui ont tué plus de 90 civils en 48 heures la semaine dernière.
Toutefois, si les discussions sont encore au point mort, la situation militaire et les combats évoluent à chaque instant.

L’armée russe progresse, semble-t-il dans le nord-est du pays ?
En effet, La Russie a envoyé de nouvelles troupes dans un aérodrome du nord-est de la Syrie contrôlé par l’armée du régime, et cette nouvelle progression inquiète Washington et Ankara.

Pourquoi les États-Unis et la Turquie sont-ils particulièrement concernés ?
Selon Robert Ford, l’ancien ambassadeur des États-Unis en Syrie « Grâce à ce pas les Russes visent trois buts : renforcer la position du gouvernement syrien et ses alliés kurdes dans l’est de la Syrie, compliquer, entre-temps, l’activité américaine, ainsi que protéger ses arrières de l’ennemi retrouvé de Moscou, à savoir la Turquie ».

L’apparition des troupes russes dans cette région peut signifier en effet que Moscou cherche à renforcer ses liens avec la milice kurde, milice qui s’est fait une bonne réputation dans la lutte contre l’État islamique.

Quelle est la réponse des États-Unis sur le terrain ?
La réponse des conseillers militaires américains a été d’augmenter le nombre d’opérations conjointes avec les milices kurdes. Selon le Wall Street Journal, ces manœuvres militaires parallèles peuvent créer de nouveaux points de tension avec la Russie, Washington et Moscou cherchant à protéger leurs propres intérêts concurrents dans la région.

Comment peuvent se manifester ces nouveaux points de tension ?
Les forces armées américaines et russes ont commencé à aménager des bases aériennes dans les zones respectivement contrôlées par les Kurdes et l’armée gouvernementale syrienne, dans le nord-est. La distance qui sépare les deux bases n’est que de 50 kilomètres.

Istanbul, Djakarta, Ouagadougou, la concurrence de la terreur

18/01/2016 – MONDE (NOVOpress)
Si les attentats d’Istanbul et Djakarta sont imputables à l’État islamique, celui de Ouagadougou porte la marque d’Al-Qaeda, qui veut montrer qu’elle a encore des crocs.

Au moins 29 personnes, dont deux Français, ont été tuées au cours d’une attaque à Ouagadougou, revendiquée par Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Vendredi, des assaillants s’étaient mis à tirer dans deux établissements de la capitale du Burkina Faso, avant de faire irruption dans l’hôtel Splendid. L’assaut des forces armées, qui avait débuté à 2 heures du matin, s’est achevé ce samedi en fin de matinée avec le soutien des forces spéciales françaises.
Un scénario similaire à celui des attentats de novembre à Paris : des terroristes entrent dans des lieux publics fréquentés, tirent dans le tas et meurent sous les balles des forces armées.
Après l’attentat d’Istanbul, mardi dernier, qui a fait 10 morts et 17 blessés, attribuée à État islamique (EI) et celui perpétré en Indonésie (deux morts et 20 blessés), jeudi dernier, qui porte aussi la marque de Daesh, celui de Ouagadougou ressemble un peu à la réponse du berger à la bergère.
Al Qaeda, qui en a attribué la responsabilité au groupe Al-Mourabitoune de l’islamiste algérien Mokhtar Belmokhtar, cherchait à frapper la France dans son pré carré africain. Au delà de la cible première, le groupe terroriste en perte de vitesse au Moyen-Orient et en Europe voulait montrer qu’il fallait encore compter avec lui, notamment dans la zone sahélo-saharienne. L’Afrique reste en effet l’un des derniers bastions d’Al Qaeda et le groupe terroriste entend bien marquer sa présence et marquer des points face à son rival de l’État Islamique.

Les deux organisations terroristes partagent les mêmes cibles : « l’occident » et tout ce qui semble se rapprocher de ses valeurs.
Au Burkina Faso, le gouvernement a été nommé il y a trois jours et le nouveau président élu démocratiquement, Roch Marc Christian Kaboré, a pris ses fonctions il y a deux semaines. « C’est une transition politique d’un régime semi-autoritaire vers la démocratie. Cela fait du pays un symbole de progrès, d’avancée. C’est aussi ce genre de symbole que les terroristes veulent détruire », commente Cynthia Ohayon, experte à l’International Crisis Group (ICG) à Dakar.



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Recep Tayyip Erdoğan

Attentat à Istanbul: l’étrange réaction d’Erdogan

13/01/2016 – TURQUIE (NOVOpress)
La Turquie est frappée une nouvelle fois par le terrorisme. Cette fois c’est Istanbul qui a été visée par un attentat qui semble porter la marque de l’État islamique.

Les autorités turques tentent d’imposer un black-out médiatique, tandis que le président Erdogan semble décider à mettre l’État islamique et le PKK dans le même sac.


Vu sur Twitter

Non à la Turquie dans l’UE !

19/12/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Comme le dit si justement Robert Ludovic, la Turquie est le trait d’union de l’Europe avec L’Etat Islamique… ET comme le montre bien le dessin, c’est la Russie qui dévoile que derrière Erdogan, c’est Daesh qui nous attend.

Publié le

Le Su-24 russe abattu ne présentait aucune menace pour la Turquie

18/12/2015 – MONDE (NOVOpress)
Sous les yeux d’experts internationaux et de la presse, les Russes ont ouvert la boîte noire du SU-24 qui a été descendu par des chasseurs turcs. Les Russes affirment détenir la preuve que leur bombardier ne représentait aucune menace pour la Turquie.

La boîte noire du bombardier russe abattu par la chasse turque est endommagée, mais elle sera exploitable, selon les autorités russes. Celles-ci ont invité des experts de 14 pays afin de participer au déchiffrage de la « boîte noire » du Su-24. Néanmoins, seuls les représentants de la Chine, de la Grande-Bretagne et des États-Unis ont consenti à y participer.

« Pour le moment, nous avons toute la base de preuves nécessaires, confirmant l’absence de violation de l’espace aérien turc par l’avion russe », a dit le porte-parole des Forces aérospatiales russes Sergueï Dronov.

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La boîte noire du SU-24 russe abattu par les Turcs en corus de démontage devant la presse et des experts internationaux.

Si cette information se trouvait confirmée de source indépendante, ce serait la preuve flagrante de la forfaiture turque, qui ne fait dès à présent guère de doute. Cela placerait Erdogan, que Wikileaks accuse de préméditation dans cette affaire, documents à l’appui, dans une position très délicate par rapport à la Russie, mais aussi à ses alliés, notamment américains.


La Turquie multiplie les provocations à l’encontre de la Russie

16/12/2015 – MONDE (NOVOpress)
Deuxième incident naval en 24 heures : des bateaux civils venus de Turquie effectuent des manœuvres dangereuses contre des navires russes.

Multiplication de provocations, tests de la fermeté de la marine russe ou succession de bourdes ? Tout laisse à penser que la multiplication des incidents entre navires turcs et russes ne doit rien au hasard.
Hier, en mer Égée, un chalutier turc s’est approché à environ 600 mètres du destroyer russe Smetlivy, obligeant l’équipage, après de multiples appels radio et visuels, à tirer des coups de semonce pour stopper la course du bateau de pêche turc. La Turquie a d’ailleurs annoncé suite à cet incident que « sa patience avait des limites », estimant la réaction russe disproportionnée. Côté russe, on estime au contraire que la tension entre les deux pays justifie les mesures prises, par ailleurs en plein accord avec le droit international.
Aujourd’hui, c’est un navire de commerce en provenance de Turquie qui a entravé la marche d’un convoi russe en mer Noire.
Deux installations gazières étaient déplacées vers une nouvelle zone d’exploitation à l’entrée des eaux territoriales russes. C’est alors qu’un vaisseau naviguant sous pavillon turc a croisé la route du convoi, « Agissant en violation des règlements internationaux pour prévenir les collisions en mer et des conventions de navigation généralement reconnues, le vaisseau turc n’a pas laissé passer le convoi naviguant perpendiculairement et essayé de s’arrêter sur son chemin, provoquant une situation de collision », a fait savoir Chernomorneftegaz dans un communiqué ajoutant que le capitaine du bateau turc gardait le silence malgré les tentatives d’entrer en contact par radio.
Un croiseur russe est intervenu pour chasser l’intrus tandis qu’un remorqueur venait au secours du convoi particulièrement peu manœuvrable.

La Turquie, qui a abattu un bombardier russe voilà trois semaines, est entrée illégalement en Irak il y a quelques jours, qui frappe sur les Kurdes au lieu d’attaquer Daesh — qu’il soutient en sous-main —… est en train de devenir un fauteur de guerre de première importance. Rappelons que c’est ce même pays que Merkel et l’UE veulent faire rentrer dans l’Europe de Bruxelles.


Crédit photo : Tostan via WikiCommons (CC) = destroyer Smetlivy

Ils osent tout : l’Arabie Saoudite à la tête d’une coalition islamique anti-terroriste

15/12/2015 – MONDE (NOVOpress)
L’un des principaux bailleurs de fonds du fondamentalisme et des mouvements terroristes Islamiques prend la tête d’une … coalition de pays musulmans pour lutter contre le terrorisme. Les indépendantistes corses n’ont qu’à bien se tenir.

L’Arabie saoudite fait partie de la coalition internationale qui, sous la conduite des Etats-Unis, est supposée combattre l’État islamique en Syrie et en Irak. A croire que cela ne suffit pas à blanchir son image de grand financier du fondamentalisme et des mouvements terroristes Islamiques, puisque Ryad a formé une coalition, comprenant 34 pays, notamment l’Égypte, la Turquie et le Pakistan ou encore le Sénégal, destinée à combattre “toute organisation terroriste” par des opérations militaires.
A la question de savoir si la nouvelle coalition va se consacrer à la lutte contre l’EI, le prince Mohamed, fils du souverain saoudien, a souligné qu’elle allait combattre “toute organisation terroriste”. Elle sera dotée d’un centre de commandement basé à Ryad pour “soutenir les opérations militaires dans la lutte contre le terrorisme”, selon les communiqués officiels de Ryad.

F16 saoudiens engagés au Yémen

F16 saoudiens engagés au Yémen

En attendant, cette coalition ne rassemble(1) que du beau linge, la Turquie étant connue pour son soutien financier (par le trafic de pétrole) et logistique (par l’acheminement de matériel et d’hommes via son territoire) à l’État Islamique. Le Pakistan, de son côté, a créé, formé et développé le mouvement taliban…avec les fonds saoudiens et le soutien américain. Si l’Égypte est le berceau des Frères Musulmans, l’une des matrices du fondamentalisme révolutionnaire sunnite, il fait bien avouer que le pouvoir égyptien est le seul parmi les grand pays arabes de cette coalition à souffrir du terrorisme et à le combattre.
Parmi les autres membres de cette intéressante coalition, le Soudan est depuis longtemps un foyer terroriste, de même que la Somalie ou la Palestine. Quant à la Libye, elle est partagée depuis la brillante intervention occidentale entre factions plus extrémistes les unes que les autres, laissant l’État Islamique prendre peu à peu le contrôle du pays.
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L’Armée turque entre en Irak

10/12/2015 – MONDE (NOVOpress)
Officiellement pour soutenir et former des Kurdes irakiens, l’armée turque est entrée en Irak, à proximité des champs pétrolifères de Mossoul. Le gouvernement irakien considère cette manœuvre comme hostile, mais n’a pas réagi militairement.

La Turquie a envoyé 1 200 soldats avec une vingtaine de chars et de l’artillerie lourde dans un camp près de Mossoul. Officiellement, ces camps servent à l’entraînement par la Turquie de Kurdes irakiens sunnites pour combattre l’État islamique.
La présence de chars et d’artillerie dans une base destinée à l’entraînement aux armes légères montre bien que les intentions turques sont belliqueuses. D’ailleurs, Ankara a déjà annoncé qu’elle allait pousser son dispositif à 2000 hommes. Beaucoup pour une simple mission d’entraînement.

Le gouvernement et tous les grands partis irakiens voient ce mouvement de troupes turques comme un acte hostile contre leur pays. Abadi a exigé le retrait immédiat des forces turques, mais il est peu probable que la Turquie obéisse.

De fait, la Turquie revendique la région de Mossoul depuis la fin de la Première Guerre Mondiale et convoite ses champs pétrolifères. S’implanter dans cette zone en profitant de l’anarchie ambiante est un moyen pour Ankara d’annexer de facto la région et de diriger encore plus le pétrole produit autour de Mossoul vers la Turquie.
La contrebande de pétrole entre les Kurdes du PDK, implantés autour de Mossoul, et la Turquie bat déjà son plein. La présence de l’armée turque permet, en attendant une possible annexion, de sécuriser ces flux de pétrole.

Il est probable que les États-Unis laissent cette situation tendue entre deux alliés en l’état. La seule solution pour le gouvernement irakien serait de faire appel à la Russie. Ce n’est pas invraisemblable quand on se souvient que le gouvernement irakien, pourtant fortement inféodé aux USA, avait annoncé que les frappes Russes anti-État Islamique étaient les bienvenues en Irak.

La Russie emploie des sous-marins contre l’État Islamique

09/12/2015 – MONDE (NOVOpress)
Après les missiles de croisière tirés depuis des navires et les bombardiers stratégiques, la Russie a frappé Daesh avec des missiles tirés depuis un sous-marin. Un arsenal qui envoie des messages clairs.

Pour la première fois, l’armée russe a frappé des cibles en Syrie avec des missiles de croisière tirés depuis un sous-marin en Méditerranée.
« Toutes les cibles ont été détruites », a déclaré e ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, indiquant que des infrastructures pétrolières, des dépôts de munitions et une fabrique de mines avaient été visés.
Les observateurs militaires avaient déjà été frappés (eux aussi…) par la précision à longue distance et la puissance des missiles de croisière « Kalibr », déjà tirés depuis des croiseurs stationnés en mer Caspienne et à nouveau lancés, depuis le sous-marin de dernière génération Rostov-sur-le-Don.

Avec des hélicoptères, des avions d’attaque au sol et des chasseurs-bombardiers, la Russie déployait déjà un arsenal aérien complet contre l’État Islamique. S’y sont ajoutés des bombardiers stratégiques et des missiles de croisière.
L’emploi de ces systèmes d’armes n’a rien d’innocent. De fait, le « boulot » pourrait être aussi bien fait avec des bombardements aériens classiques, mais l’efficacité opérationnelle n’est pas le seul facteur qui rentre en ligne de compte. Tout d’abord, cela permet aux différentes composantes militaires russes d’acquérir de l’expérience et de tester en conditions réelles les armes et les hommes.

Mais surtout, cela envoie des signaux clairs aux autres intervenants sur le terrain, notamment les Américains et les Turcs. Après l’affaire du TU-24 descendu par la chasse turque dans un véritable guet-apens et le bombardement d’installations de l’armée régulière syrienne par les avions de la « coalition » (démenti par les USA), la Russie a montré les muscles et fait passer un message.
Les États-Unis et Israël avaient été prévenus en amont des frappes russes effectuées depuis un sous-marin ; les Russes n’étaient pas tenus de le faire selon l’accord du 21 octobre destiné à éviter les incidents entre avions, aux termes duquel la Russie communique ses plans de vol en Syrie. Cette « mesure supplémentaire de précaution » des Russes a été « appréciée », selon le porte-parole du Pentagone Peter Cook.

Pentagone qui aura certainement aussi apprécié à sa juste valeur la déclaration de Vladimir Poutine, qui notait en passant que les missiles de croisière Kalibr pouvaient être équipés de têtes nucléaires, tout en espérant que l’usage de la force nucléaire « ne sera jamais nécessaire dans la guerre contre le terrorisme ».
Les états-majors occidentaux étant parfaitement au courant des capacités atomiques de ces missiles de croisière, les relever dans une déclaration publique revient en langage diplomatique à mettre en gras, souligné en rouge et surligné en jaune le message sous-jacent : « nous restons calmes, mais cessez de nous casser les… pieds, maintenant. »

Charles Dewotine

La responsabilité du président turc pointée du doigt dans le crash de l’avion de chasse russe

07/12/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Wikileaks a mis en évidence samedi dernier des messages postés sur le réseau social twitter par un lanceur d’alerte turc, Fuat Avni. Ces messages datent de début octobre, début de l’intervention russe en Syrie, et prédisent l’événement. Le message indique : « Erdogan a donné l’ordre d’abattre un avion russe opérant en Syrie en clamant qu’il a violé l’espace aérien turc ». Moscou dément pourtant que son avion survolait l’espace aérien turc.


Général Pinatel : la Turquie organise l’invasion migratoire en lien avec l’État islamique

Source : Sputnik
Spécialiste en géopolitique, géostratégie et sur les questions du Moyen-Orient, le Général Pinatel n’a rien d’un fantaisiste. Quand il affirme que la Turquie est à l’origine des vagues de migrants qui envahissent l’Europe, en lien avec l’État Islamique, il donne tout le crédit d’un expert reconnu à une thèse que de nombreux observateurs pressent depuis longtemps. Il éclaire ainsi les choix diplomatiques français et européens d’une lumière crue. Quand donc allons-nous revoir nos alliances et notre politique étrangère ?

Les preuves du soutien de la Turquie à l’État islamique s’accumulent

03/12/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Dans un entretien à l’agence de presse Sputnik, le major-général au service de renseignement de l’Armée syrienne libre, Hosam Al-Awak a déclaré « Nous avons à notre disposition des photos représentant des contrats pétroliers signés entre la Turquie et le groupe terroriste Daech ».
Dans cet entretien-choc, nous apprenons que la Turquie soutient l’État islamique depuis 2011 « Depuis le début de la crise syrienne, en 2011, la Turquie continue à soutenir par tous les moyens les islamistes radicaux et djihadistes syriens dans leur lutte contre les groupes modérés », a-t-il souligné.
Pour le major-général, « Les Frères musulmans de Syrie, couvrant cette activité, coopéraient avec lesdites organisations pour éliminer l’Armée syrienne libre, ainsi que d’autres groupes modérés ».

Cela ouvrirait-il une recomposition des alliances ?
Alors que les Russes soutiennent fermement Bachar Al-Assad, l’Armée syrienne libre qui cherche à le détrôner depuis 2011, souhaite s’allier.
C’est ce que déclare le major syrien dans cet entretien : « Nous estimons que la Russie est une alliée par excellence. Face à la crise syrienne, les Russes pourraient sans aucun doute coopérer avec toutes les factions modérées, y compris l’Armée syrienne libre », a poursuivi le militaire.
Et de souligner : « Le cas échéant, l’implication russe dans le conflit syrien portera ses fruits. À l’avenir, nous comptons défendre les intérêts russes en Syrie ».

Éric Zemmour : "À chacun son sacré"

Éric Zemmour : “Seul Poutine comprend bien son adversaire turc”

02/12/2015 – FRANCE (NOVOpress)
“Avec des amis comme ça, on n’a pas besoin d’ennemis”, lâche Éric Zemmour. À ses yeux, “la Turquie d’Erdogan, c’est le modèle d’islamisme modéré tant vanté par nos élites qui emprisonne les journalistes et ferme les télévisions d’opposition”. Elle évoque aussi “irrésistiblement ces soldats saxons qui, en pleine bataille, retournèrent leurs armes contre la Grande Armée de Napoléon”.

Trois milliards d’euros : “C’est le prix à payer pour conserver des millions de Syriens (…) sur le sol turc, et les empêcher de se répandre en Grèce, d’où ils fonceront vers l’eldorado allemand où Angela Merkel commence à prendre conscience de sa candeur stupide”, ajoute le journaliste.

La corde au cou, comme les bourgeois de Calais, nos éminences bruxelloises supplient Erdogan d’avoir l’obligeance de surveiller sa frontière, ce que les garde-côtes et la marine turque devraient faire uniquement pour respecter leurs obligations internationales

Éric Zemmour rappelle qu’au moins Poutine comprend bien son adversaire turc….


Analyse du jeu géostratégique turc en Syrie

01/12/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Les relations entre la Turquie et la Russie entrent en phase de turbulences
Suite à l’attaque de l’avion russe par la Turquie, le président Vladimir Poutine a choisi la rétorsion économique. Plusieurs organisations turques seront désormais interdites en Russie, de même que l’emploi de citoyens turcs dans les entreprises russes à partir du 1er janvier 2016.
Les vols charters entre les deux pays sont, par ailleurs, désormais interdits, ainsi que la vente de séjours touristiques en Turquie par les agences de voyages russes. Le régime sans visas actuel va, lui aussi être annulé. Enfin, de nombreux produits turcs seront interdits d’entrée sur le territoire.

Mais que cache cette soudaine action belliqueuse de la Turquie ?
La position turque est ambiguë : bien qu’ayant réagi de façon extrêmement excessive en abattant l’avion russe, les déclarations d’apaisement fusent depuis Ankara. La Turquie cherche simplement, comme l’a relevé le président de la République tchèque, à « montrer ses muscles » à la Russie et aux alliés occidentaux.
En effet, il apparaît désormais clairement que la Turquie finance l’État islamique en achetant leur pétrole et l’État islamique possède, aux yeux des Turcs, deux qualités : ils combattent à la fois les Kurdes, ennemis jurés des Turcs, et le régime syrien de Bachar Al-Assad.
Aussi, un tel soutien ne peut expliquer qu’une chose : la Turquie souhaite accroître son influence dans le Moyen-Orient, et compte sur la déstabilisation engendrée par Daesh pour y parvenir. Il n’est pas question, comme l’a affirmé à chaud Vladimir Poutine, d’« alliance » entre la Turquie et l’État islamique, mais bien de tentative de récupération d’un chaos régional qui reconfigure l’équilibre des forces.
La Turquie tient au partenariat avec la Russie, que cela soit en termes économiques ou stratégiques. Faussement prévenant, le ministre turc propose donc de renforcer le partenariat russe et turc et de faire front commun. Hors langage diplomatique cela signifie à n’en pas douter : associe-nous à votre prise d’influence en Syrie ou nous vous mettrons des bâtons dans les roues.

Il apparaîtrait que les enjeux sont aussi d’ordre colonial et démographique…
Effectivement, la politique extérieure turque est aussi affaire de démographie coloniale. De la même façon que l’Empire ottoman mettait en place une politique de colonisation de peuplement en Europe de l’Est, le gouvernement turc actuel s’évertue de faire venir en Syrie des populations turcophones ouïgoures, originaires de la province chinoise du Xinjiang. Musulmans et de langue turque, les mouvements séparatistes ouïgours sont depuis longtemps sujets à tensions entre la Turquie et la Chine.
Or, il s’avère que de nombreuses familles ouïgoures s’installent actuellement au nord de la Syrie, notamment dans la région d’Idlib, et qu’elles viennent via la Turquie ou via les filières de l’État islamique. Pour la Turquie, l’enjeu est, comme jadis, de gagner en influence via l’implantation de populations turcophones.
Ces zones, en phase de turquisation, avaient justement été la cible de certains des tirs de la Russie. Ceci semble à même d’expliquer, en grande partie, la décision turque d’abattre l’avion russe. Le message est clair : ne touchez pas aux turcophones de Syrie. En outre, l’implication d’Ouïgoures dans la région explique l’intérêt toujours croissant de la Chine dans ce conflit. Jusqu’où ira cette implication, telle est la question.