Après les Arméniens, la Turquie massacre encore les Kurdes

Après les Arméniens, la Turquie massacre encore les Kurdes

30/12/2011 – 12h00
ANKARA (NOVOpress) –
La Turquie n’aime décidément pas les peuples qui dérangent son impérialisme. Après les Arméniens il y a un siècle, Ankara continue la persécution des Kurdes. L’aviation turque a massacré, jeudi, 35 jeunes kurdes, âgés de 16 à 20 ans, réfugiés dans un village irakien situé à la lisière de la frontière turque. Après avoir affirmé qu’un groupe de « rebelles séparatistes » était visé,  le pouvoir islamique turc évoquait en fin de journée une possible erreur… Ce qu’affirmaient plusieurs médias locaux et élus kurdes.

Ces tueries de longue date n’ont pas empêché le pouvoir islamique turc de donner des leçons de démocratie à la Syrie, sommée en novembre dernier, « d’engager des réformes démocratiques et de mettre fin à la répression ». Le régime islamique du Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdogan, continuait dans la même veine un mois plus tard en accusant cette fois la France d’un pseudo génocide en Algérie. Pour Riposte laïque, « Erdogan dit également n’importe quoi », en expliquant que « l’Algérie comptait 7,5 millions de musulmans en 1948, 8,5 millions en 1954, et… 11,5 millions en 1966, selon les recensements officiels. Il s’agit donc d’une croissance démographique remarquable, qui s’est même accélérée pendant la guerre d’Algérie. Comme extermination, on fait mieux… ».

De l’intelligence de ces « Droits de l’Homme » qui installent l’islamisme dans le monde arabe…

De l’intelligence de ces « Droits de l’Homme » qui installent l’islamisme dans le monde arabe…

[box class=”info”] Par Aymeric Chauprade le 24 décembre 2011. [/box]

De l’intelligence de ces « Droits de l’Homme » qui installent l’islamisme dans le monde arabe et nous brouillent avec la Turquie

J’interromps un long silence, volontaire je dois dire. La raison ? Une série de voyages, en Amérique Latine et dans le monde arabe, mais aussi la volonté de prendre du recul sur les nombreux événements qui ont fait l’actualité géopolitique récente. J’espère ne pas avoir trop déçu les lecteurs qui pouvaient légitimement attendre mes commentaires durant ces dernières semaines. Qu’ils se disent que dans notre société d’immédiateté et de bruit de fond, l’abstinence est parfois aussi un bienfait.

Le vote par l’Assemblée nationale française d’une loi visant à pénaliser la contestation du génocide arménien, me paraît être, pour quelqu’un qui se réclame de la realpolitik, un bon moment pour revenir au débat.

Chacun sait que je ne suis pas favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, et cela pour une raison simple : non seulement les Turcs ne sont pas Européens, mais l’idée même d’Europe s’est en partie forgée dans l’opposition aux Turcs ottomans. Le monde turcophone est une aire culturelle qui dispose de ses propres critères de civilisation, et qui ne se limite pas à la différence religieuse avec les Européens. Et si j’étais méchant je dirais que comme je ne leur veux pas de mal, je n’ai aucune raison de leur souhaiter de monter à bord d’un bateau qui coule.

De l’intelligence de ces « Droits de l’Homme » qui installent l’islamisme dans le monde arabe…

Pour autant, ni l’affection particulière que l’on peut avoir pour le peuple arménien, ni l’opposition à la candidature turque à l’Union européenne, ni l’hostilité de certains à l’AKP (le parti islamiste turc qui gouverne), ne doivent affaiblir notre sens du discernement.

J’ai noté, ces derniers temps, que chercher des querelles avec « l’ennemi musulman » était une pente à laquelle cédait facilement nombre de défenseurs des identité française et européenne. Quand on entre dans ce genre de logique, il convient d’observer une règle de bon sens qui consiste à se demander pour « qui roule-t-on vraiment ?». Il est évident que tout ce qui conduit à l’aggravation des relations entre les peuples européens d’un côté, les Iraniens, les Turcs et les Arabes de l’autre, sert les Américains et les Israéliens mais certainement pas les Européens. Que les choses soient dites clairement à ceux qui pensent qu’Huntington a la solution : nous ne règlerons pas le problème de l’immigration extra-européenne par la guerre avec le monde musulman.

Qu’il soit bien entendu ensuite que le réalisme (la realpolitik) ne signifie pas l’absence de valeurs ou le piétinement de celle-ci. J’établis une distinction entre les « Droits de l’Homme », fabrication révolutionnaire, et la liberté, valeur antique. La liberté, depuis la Grèce, Rome et la chevalerie européenne, est au cœur de ce qu’est l’identité de l’Europe. Les « Droits de l’Homme », droits abstraits d’un homme abstrait, n’ont, quant à eux, rien à voir avec la liberté, et bien au contraire ! C’est au nom des « Droits de l’Homme » que depuis deux siècles, une seule et même politique de Terreur est menée : celle qui terrorise les peuples et les prend pour cible davantage que leurs armées, autant dans la France de 1793, que dans le vieux Sud américain, l’Irak baasiste, la Serbie, la Libye, sans oublier Dresde et Cologne, Hiroshima et Nagasaki. Demain peut-être en Syrie et en Iran.

La realpolitik c’est d’abord le rejet de cette politique des « Droits de l’Homme » qui au prétexte de libérer les peuples d’eux-mêmes, n’a cessé de les assassiner et de les livrer à des forces étrangères. La realpolitik c’est ensuite la première protection de l’idée de liberté, valeur essentielle de la civilisation européenne, qui, associée à l’exercice de la raison, est sans conteste le premier facteur du succès historique de l’Occident.

Les « Droits de l’Homme » sont en train de détruire ce que la liberté et la raison ont construit durant des siècles en Occident. Ils détruisent la puissance des Européens, annihilent leur capacité à établir le diagnostic lucide de leur véritable situation (soumission au mondialisme américain et invasion migratoire), et attisent le ressentiment des vieux peuples qui reviennent dans l’Histoire (Russes, Chinois, Indiens, Iraniens, Turcs…).

Je ne suis pas en train de contester la loi votée sur le génocide arménien au motif d’intérêts purement économiques qui seraient menacés et en m’asseyant sur mes principes. Je conteste cette mauvaise idée, parce qu’elle est, une fois de plus, le produit de l’aveuglement provoqué par la fiction des « Droits de l’Homme ».

Et plus cette fiction s’impose dans notre pays, au détriment de la realpolitik, plus la liberté recule.

Cela fait des années que la liberté d’investigation dans le champ de l’Histoire est fragilisée en France, qu’une politique de Terreur mémorielle règne sur notre pays, et que le débat est écarté au profit de la loi, surtout quand les vérités dominantes commencent à être menacées par des arguments « trop convaincants ».

Il n’est plus permis d’affirmer librement les conclusions de travaux scientifiques portant sur certaines périodes de l’Histoire (Deuxième Guerre mondiale et époque coloniale surtout) ; il n’est plus possible d’énoncer des faits et des chiffres qui établiraient un lien entre immigration et criminalité. Et, à la différence du monde-anglo-saxon, il n’est plus possible de travailler sur les différences génétiques et biologiques entre groupes ethniques et raciaux.

Ce n’est plus la science (sciences humaines et sciences exactes), ou du moins la résultante de ses libres débats, qui, chez nous, tend à énoncer la vérité, ce sont des dogmes idéologiques. Et quand ces dogmes faiblissent face à l’exercice de la raison, des lois viennent immédiatement à leur renfort pour empêcher la raison de progresser. Il existe un exemple consternant de cet effacement de la vérité scientifique, au profit de l’idéologie, un exemple qui normalement devrait réveiller les Français, ceci tout simplement parce qu’il frappe directement leurs enfants : la théorie du genre (la gender theory) qui postule que la différenciation sexuelle est le produit d’une détermination sociologique et non d’une détermination biologique, et qui est imposée à nos écoliers contre la vérité scientifique, et pas seulement contre les morales juive, chrétienne et musulmane, ou les sagesses asiatiques. Certes, les manuels d’histoire souffrent depuis bien longtemps d’une vision déformée de l’Histoire. Des médiévistes comme Régine Pernoud ou Jacques Heers se sont battus, à juste titre, contre l’image noire que l’enseignement républicain a donnée du Moyen-âge, un Moyen-âge version « Nom de la Rose », ramené aux dents pourries et à la peste, caricaturé à l’extrême pour mieux souligner la césure de la Renaissance, et surtout un Moyen-âge privé de sa dimension fondamentale : « l’enchantement » et la spiritualité. Ce qu’il y a d’essentiel dans le Moyen-âge – la puissance de la foi et l’enchantement du réel- est complètement passé à côté de nos écoliers. Comme la philosophie médiévale d’ailleurs, puisque notre enseignement de la philosophie saute allègrement de Platon à Helvétius.

Au-delà du seul Moyen-âge, et pour renforcer sa légitimité, la République n’a cessé d’inculquer à ses petits écoliers une vision manichéenne de l’Ancien Régime. Cette vision grossière et contraire à la vérité s’est étendue ensuite à l’époque coloniale, durant les trois dernières décennies, avant d’englober toute l’histoire de la civilisation européenne. Dans les derniers manuels d’histoire, ce qui a été grand est dominateur (Louis XIV, Napoléon) y est volontairement effacé au profit d’empires africains incertains. Mais ce qui est nouveau, c’est que les manuels de Sciences et vie sont maintenant également rattrapés par les dogmes de l’idéologie dominante. Le fait d’être un homme ou une femme est désormais aussi une construction sociologique, et par voie conséquence il devient légitime de pouvoir changer de sexe et de sexualité. Pour donner une légitimité au résultat de la démonstration, on a tordu les prémisses. Le contraire même de la démarche scientifique. Le sexe n’est plus un fait naturel qui s’impose à nous dès notre naissance. Il y a eu d’abord la négation des races, puis celle des nations ; il y a maintenant la négation des sexes. Et la loi est désormais chargée de nous faire entrer dans le crâne cette nouvelle religion mondialiste et ses dogmes si le conformisme n’y parvient naturellement.

La nouvelle religion a sa nouvelle histoire, laquelle est ponctuée de catastrophes incontournables, l’Holocauste des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, dans une moindre mesure celui des Arméniens, puis le « petit Holocauste » du 11 septembre. Certains holocaustes, mais pas tous quand même ! On n’imagine guère en effet nos députés votant une loi pénalisant la négation du génocide des Indiens d’Amérique lequel est au fondement pourtant de la création des… Etats-Unis d’Amérique, ou une loi visant à pénaliser la négation de la dispersion palestinienne en 1948 et 67. Il faut dire qu’il y a peu d’Indiens qui voteront à la prochaine élection présidentielle française. Peu de Palestiniens non plus, même s’il y a pourtant beaucoup d’Arabes. Le jour où la proportion de Français rendue à l’évidence deviendra trop importante, on peut s’attendre aussi à une loi pénalisant la contestation de la version officielle du 11 septembre.

Aujourd’hui en France, un universitaire est emprisonné (après avoir été détruit socialement) non parce qu’il a attaqué une banque, mais parce qu’il a osé contester des vérités historiques établies. A l’inverse, ceux qui martyrisent de façon quotidienne les Français (Français de souche ou nouveaux Français qui ont fait l’effort de le devenir), ceux qui les volent, les insultent, bousculent leurs Anciens, giflent leurs ados maigrichons et terrorisent leurs filles, ceux-là n’intéressent pas la représentation nationale. Non, pour nos députés, ce qui est essentiel, c’est de protéger la mémoire arménienne, comme ils ont cru protéger hier la mémoire juive. Manifestement, ils pensent avoir été élus pour ployer le genoux devant les minorités, plutôt que de s’occuper d’une masse de braves Français qui, inexplicablement, renouvelle leur mandat depuis plus trois décennies.

Je reviens à cette mauvaise idée de loi sur le génocide arménien.

1/ Ce débat doit rester celui des historiens. Les Parlementaires, dont l’immense majorité est ignare et n’a jamais lu un seul livre sur le sujet, n’ont pas à s’en mêler. Ils n’ont pas plus à légiférer sur la question arménienne, qu’ils n’avaient hier à légiférer sur les drames concentrationnaires de la Deuxième Guerre mondiale.

2/ Cette question appartient aux Arméniens et aux Turcs. Elle regarde la Turquie et non la France. Il ne faut pas venir se plaindre si les Turcs rétorquent en se penchant sur notre passé colonial. C’était tellement prévisible. Parler de l’Algérie pour les Turcs c’est à la fois semer la discorde chez nous, mais c’est aussi rehausser un peu plus le prestige de la Turquie dans le Maghreb.

3/ Puisqu’ils se déchaînent maintenant sur notre Histoire, j’avoue que les Turcs m’amuseraient davantage s’ils s’occupaient de légiférer sur la contestation du génocide des Vendéens. S’ils ne les connaissent pas encore, qu’ils se précipitent sur les ouvrages de l’historien français Reynald Secher, spécialiste des guerres de Vendée. Ils y trouveront les textes de la Convention qui donnèrent l’ordre explicite d’éradiquer une population toute entière, hommes, femmes et enfants, parce qu’elle était, « ethniquement contre-révolutionnaire ». Ils y découvriront des massacres de grande ampleur qui ne furent pas le résultat de débordements de la part des exécutants, mais bien d’une politique criminelle planifiée au plus haut niveau, utilisant des méthodes préindustrielles (noyades de Carrier à Nantes) et la Terreur (tannage des peaux humaines, cannibalisme, nourrissons cuits dans des fours à pain) comme stratégie militaire.

J’imagine même combien il serait intéressant pour une élite turco-musulmane anti-kémaliste de découvrir combien leurs adversaires « jacobins » kémalistes doivent à cette Révolution française, qui fut aussi la matrice des grands totalitarismes du XXe siècle (bolchévisme et nazisme) et des grandes idéologies modernistes du monde musulman auxquels s’opposent islamistes turcs et Frères musulmans arabes !

Si nos gouvernants ont décidé de nous faire détester par des pays émergents qui comptent de plus en plus, comme le Mexique (avec l’affaire Cassez) ou la Turquie, qu’ils nous le disent clairement. De ce point de vue, les résultats engrangés durant l’année 2011 sont exceptionnels !

Le Maroc a interdit ce 24 décembre un numéro de L’Express figurant Mahomet. Début de scandale dans notre presse bienpensante. Et alors ? Nouvelle leçon de Droits de l’Homme à attendre ? Il ne suffit pas de la Tunisie, du Mexique, de la Turquie, il nous faut maintenant nous fâcher avec le Maroc ? Nous ne sommes pas en train de parler d’un titre de presse français sur le territoire français mais d’un titre français sur le territoire marocain. Les Marocains n’ont-ils pas le droit de faire ce qu’ils veulent chez eux ? Ils seraient donc obligés de distribuer L’Express ? Ils n’auraient pas le droit d’estimer que ce numéro peut constituer un trouble à l’ordre public ? Le PJD (parti islamiste) n’est-il pas encore assez fort (il gouverne) à nos yeux qu’il faudrait lui donner encore un coup de main ? Il y a un très bon historien du Maroc (je ne peux que recommander son excellente et tout récente Histoire du Maroc), Bernard Lugan qui ne doit pas en revenir en ce moment ! Il y a quelques jours, l’émission qu’il enregistrait pour I-Télévision avec Robert Ménard, afin de présenter un décapant essai « Décolonisez l’Afrique ! » (paru aux éditions Ellipses début décembre) a été purement et simplement censurée, c’est-à-dire enregistrée mais jamais diffusée. Nos amis marocains devraient poser la question à la France : si vous interdisez de parole votre plus grand historien de l’Afrique, pourquoi alors ne pourrions-nous pas (de temps en temps mais c’est tellement rare !) bloquer la distribution de l’un de vos titres de presse sur notre territoire ?

A la vitesse à laquelle la France multiplie les querelles, il faut maintenant se poser une question. La bêtise suffit-elle à tout expliquer ? Ou bien y-a-t-il une force plus profonde qui pousse dans cette direction ?

Aymeric Chauprade

[box class=”info”] Source : Carnet de bord d’Aymeric Chauprade. [/box]

Algérie : la Turquie a la mémoire courte, par Bernard Lugan

Algérie : la Turquie a la mémoire courte, par Bernard Lugan

 

Les déclarations du Premier ministre turc, Monsieur Erdogan, à propos du « génocide » que la France aurait commis en Algérie, relèvent à la fois de l’hystérie verbale et de la plus grotesque manipulation historique. De plus, Monsieur Erdogan est bien mal placé pour parler de « génocide » en Algérie, région qui fut durant trois siècles une colonie ottomane sous le nom de Régence d’Alger (Wilayat el-Djezair en arabe et Gezayir-i Garp en turc), et dans laquelle les janissaires turcs s’illustrèrent par leurs méthodes particulièrement brutales et expéditives.

En 1520, Sidi Ahmed ou el Kadhi fut le premier résistant kabyle à la colonisation turque, réussissant même à s’emparer d’Alger et forçant le chef de bande Khar ad-Din Barberos à se replier à Djidjelli.

En 1609, les Kabyles vinrent battre les murs d’Alger puis, entre 1758 et 1770, ce fut toute la Kabylie qui se souleva. Au début du XIXème siècle, plusieurs autres insurrections se produisirent, notamment entre 1805 et 1813, puis en 1816 et enfin en 1823. Il en fut de même dans les Aurès où les Chaouias réussirent à interdire toute présence effective du pouvoir ottoman. Constantine fut un cas à part car les Ottomans y avaient de solides alliés avec la tribu des Zemoul, ce qui n’empêcha pas les autres tribus kabyles de se soulever régulièrement.

Tous ces mouvements furent noyés dans le sang, à l’image de ce qui fut la règle en Libye : « La force est employée à la turque : les colonnes de réguliers, Turcs et Couloughlis, usent du sabre, du fusil et du canon, brûlent récoltes et villages, s’emparent d’otages, empalent et décapitent, exposant par dizaines les têtes coupées. L’usage de la force démontre la résolution du maître et l’irréversibilité de la situation » [1]

Dans la Régence d’Alger, les Turcs pratiquèrent une ségrégation institutionnalisée, la politique de l’élite dirigeante militaro administrative ottomane étant d’éviter de se dissoudre par mariage dans la masse de la population.
La violence ottomane ne s’exerça pas uniquement contre les populations locales. Quelques exemples :
– Le 27 mai 1529, après un siège de trois semaines, les 25 survivants de la garnison espagnole qui défendait le fort construit dans la baie d’Alger capitulèrent contre la promesse qu’ils auraient la vie sauve ; or, leur chef, le comte Martin de Vargas, grièvement blessé, fut massacré à coups de bâton par les soldats turcs.
– Le 20 juillet 1535 Khayr ad-Din Barbaros lança un raid sur l’île de Minorque, aux Baléares, enlevant plusieurs centaines de captifs, hommes, femmes et enfants qui furent vendus sur le marché aux esclaves d’Alger.
– En 1682, après que le Dey eut déclaré la guerre à la France, l’amiral Duquesne se présenta devant Alger où les Turcs massacrèrent le père Jean Le Vacher, consul de France, en l’attachant à la bouche d’un canon[2]
– En 1688, pour lutter contre les pirates, le maréchal d’Estrées bombarda Alger et plusieurs captifs français furent également attachés à des canons.

La piraterie constitua jusqu’au début du XIXème siècle le cœur de la vie politique et économique de la Régence turque d’Alger. Il s’agissait bien de piraterie et non de Course puisque les raïs, les capitaines, n’obéissaient pas aux règles strictes caractérisant cette dernière. La recherche historique a en effet montré que son but n’était pas de s’attaquer, avec l’aval des autorités, à des navires ennemis en temps de guerre, mais que son seul objectif était le butin. A l’exception du raïs Hamidou, tous les acteurs de cette piraterie étaient des Turcs, de naissance ou renégats, aucun n’était d’origine algérienne.

Ceci étant, deux choses doivent être claires :
1) Les lois mémorielles (loi Gayssot, loi Taubira et autres) interdisent et assassinent la recherche historique et c’est pourquoi tout historien sérieux doit exiger leur abrogation.
2) Les politiques n’ont pas à encadrer l’Histoire ; quant aux députés, au lieu de voter des lois mémorielles électoralistes, ils feraient mieux de se préoccuper du sort des Français qui les ont élus. Mais, comme le disait Charles Maurras : « A quoi songe un élu ? A être réélu ».

Bernard Lugan, le 23/12/12

[1] Martel, A., « Souveraineté et autorité ottomane : la Province de Tripoli du Couchant (1835-1918) ». Université Paul Valéry. Montpellier, en ligne.
[2] En 1830, après la prise d’Alger, le canon surnommé la « Consulaire », fut envoyé à Brest où il se trouve actuellement.

[box class=”info”]Article de Bernard Lugan du 23 décembre 2011. Libre reprise de Novopress. Source : bernardlugan.blogspot.com[/box]

Génocide arménien : vers une loi mémorielle de plus en France ?

21/12/2011 – 17h00
PARIS (NOVOpress) –
L’Assemblée nationale examinait ce matin, un projet de loi condamnant le génocide arménien ainsi que sa négation (passible d’un an de prison et de 45000 euros d’amende). Cette loi, qui succèderait à la loi Taubira ou encore à la loi Fabius-Gayssot, serait ainsi une loi de plus imposant, sous peine de prison, une histoire officielle et non discutable.

Elle provoque d’ores et déjà la colère de la communauté turque de France mais aussi et surtout du gouvernement turc, qui envisage une dégradation des relations entre Paris et Ankara si une telle loi était votée.
Certains députés font état de leur étonnement concernant cette proposition de loi, quand on sait qu’en 2008, un rapport adopté par l’Assemblée unanime invitait les parlementaires à ne pas légiférer sur l’histoire.

Comme pour le “référendum d’initiative populaire” hier, on sent que les élections approchent et que certaines communautés sont très prisées par rapport à leur poids électoral (les arméniens de France, présent en masse dans les Bouches du Rhône, région de la député Valérie Boyer, à l’origine du projet de loi, représentent 500 000 électeurs).

Le génocide arménien ayant déjà été reconnu par la France en 2001 et cette reconnaissance ayant fait l’objet d’une loi, la proposition de loi qui sera examinée aujourd’hui ne vise donc qu’à punir la négation de ce génocide.

Alors que des solutions sont aujourd’hui cherchées afin de combler le manque de places en prison et afin de mettre fin à la surpopulation carcérale, les députés français s’apprêtent à voter une loi (une de plus) qui pourrait aboutir à enfermer des individus, uniquement pour leurs écrits ou leurs propos. Étrange conception de la liberté de recherche, d’expression, de ton et de parole, dans un pays qui semble de plus en plus abandonné à la pensée unique et au politiquement correct.

La Turquie et la France en vif conflit autour du génocide arménien

La Turquie et la France en vif conflit autour du génocide arménien

16/12/2011 – 20h30
ANKARA (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) –
Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoğlu, a critiqué très durement le projet de loi débattu le 19 décembre prochain à l’Assemblée nationale française visant à punir la négation du génocide arménien.

La Turquie et la France en vif conflit autour du génocide arménien
Cadavres d'Arméniens assassinés lors du massacre d'Adana (Turquie) pendant le génocide arménien.

Selon le chef de la diplomatie turque « La Turquie est prête à confronter son histoire avec une mémoire juste mais nul ne devrait penser qu’avec ce type de loi on nous retirera le droit de défense. Nous ne céderons jamais. Ils ne devraient même pas y songer. Il est hors de question qu’une réponse ne soit pas donnée aux initiatives visant à souiller notre pays »

Ce texte de loi proposé par Valérie Boyer prévoit des peines allant jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour tous ceux qui auront contesté ou minimisé l’existence du génocide des Arméniens de 1915.

Photo : cadavres d’Arméniens assassinés lors du massacre d’Adana (Turquie) pendant le génocide arménien. Source non crédité, licence CC.

Le président turc Abdullah Gül très inquiet des tendances “islamophobes” en Europe

Le président turc Abdullah Gül très inquiet des tendances “islamophobes” en Europe

[box class=”info”] Le président turc Abdullah Gül a parlé de l’Europe lors de son intervention vendredi dernier à la « World Policy Conference » de Vienne.
Le site internet autrichien SOS – Österreich a rendu compte de cette intervention. [/box]

A la « World Policy Conference » de Vienne, le “savoir-faire” turc était invité.

« L’Union Européenne rencontre des difficultés à prendre des décisions et à progresser ». C’est ce qu’à déclaré le président turc Abdullah Gül ce vendredi, lors du discours d’ouverture de la WPC. « L’ignorance de ses propres critères économiques a conduit à la difficile situation actuelle » a-t-il déclaré.

Avions-nous besoin du président turc pour faire cette découverte ? Pas vraiment -mais Gül a d’autres conseils à donner à nous autres européens :

Le président turc Abdullah Gül très inquiet des tendances “islamophobes” en Europe
Abdullah Gül et Condoleezza Rice pendant qu'elle était secrétaire d'État des États-Unis.

Pour Gül maintenant, l’Union Européenne est en danger, du fait du partage de l’UE entre la zone euro et les autres pays. Il espère que des décisions courageuses seront prises, car selon lui elles intéressent tous les pays.

Mais il a surtout fait part de son inquiétude face aux conséquences de la crise économique européenne sur la vie politique. « Il y a des manifestations croissantes d’intolérance et de discrimination dans la plupart des pays d’Europe, ainsi qu’une approbation de plus en plus importante pour des partis pour qui l’immigration serait la principale responsable de l’insécurité, de la criminalité, de la pauvreté et des problèmes sociaux » a continué Gül.

« Nous sommes extrêmement inquiets face à la recrudescence de tendances xénophobes et islamophobes », a-t-il insisté. En guise d’exemples, il a évoqué le massacre de cette année en Norvège, ainsi que les récents meurtres attribués à des néo nazis en Allemagne. « Il y a une grande inquiétude dans toutes les communautés immigrées d’Europe », a-t-il rajouté.

 

L’hôte de cette conférence, le président [autrichien] Heinz Fischer, s’est également exprimé: « j’espère que le résultat des discussions actuelles aboutira à plus d’Europe, et non à moins ».

 

Nous ne sommes qu’un modeste blog autrichien, mais nous voudrions également dire quelque chose à monsieur Gül.

Ces « tendances islamophobes » seraient faciles à endiguer si l’on mettait immédiatement un terme à l’immigration musulmane. Cela freinerait la croissante criminalité liée à l’immigration et diminuerait des frais d’intégration colossaux; cela mettrait un terme à l’aliénation de notre pays natal, de notre culture et des valeurs occidentales !

Ci-dessus monsieur Gül ne peut évoquer que deux exemples [qui l’inquiètent]. Nous lui conseillons de visiter quotidiennement notre site : d’innombrables exemples qui NOUS inquiètent l’y attendent.

Dans notre pays cela se nomme de l’outrecuidance, quand un président qui est co-responsable d’une immigration massive en Europe, qui dans son propre état suit un cours islamo-nationaliste, se plaint ensuite de « phobies » en Europe, et reproche de l’intolérance.

Visiblement il n’y avait à cette « World Policy Conference » pas un seul individu suffisamment courageux pour répliquer à ces constantes insultes.

[box class=”info”] Source : SOS – Österreich (en allemand). [/box]

Crédit photo : U.S. federal government, domaine public.

La Turquie demande à la France de contribuer “à la résolution du différend historique turco-arménien”

La Turquie demande à la France de contribuer “à la résolution du différend historique turco-arménien”

11/12/2011 – 15h30
ANKARA (NOVOpress) –
Le ministère turc des Affaires étrangères a demandé dans un communiqué à la France de contribuer “affirmativement à la résolution du différend historique turco-arménien par voie de dialogue” et d’éviter “les approches non scientifiques et injustes”.

La Turquie demande à la France de contribuer “à la résolution du différend historique turco-arménien”
Cadavres d'Arméniens assassinés lors du massacre d'Adana (Turquie) pendant le génocide arménien

Ankara a souhaité faire de l’action préventive, avec dans sa ligne de mire à l’approche des élections présidentielles en France, cette fameuse loi pénalisant la négation du génocide arménien par les Turcs, toujours évoquée par les différents hommes politiques français mais jamais appliquée après les élections.

Pour le ministère turc des Affaires étrangères, “en une période stable où la Turquie et la France peuvent multiplier les moyens de coopération bilatérale et internationale, la Turquie espère que des initiatives non compensables ne soient pas lancées. La responsabilité, dans les prochaines phases, appartiendra aux auteurs des initiatives”.

Photo : cadavres d’Arméniens assassinés lors du massacre d’Adana (Turquie) pendant le génocide arménien. Source non crédité, licence CC.

Pour la remigration des turcs et des africains, par Filip Dewinter, président du Vlaams Belang [audio]

Pour la remigration des turcs et des africains, par Filip Dewinter, président du Vlaams Belang

16/11/11 – 17h00
ANVERS (NOVOpress) –
Le Vlaams Belang, premier parti d’opposition flamand, organise une conférence de presse à Ankara, en Turquie, sur le thème de la remigration.

L’objectif : informer les dirigeants politiques turcs sur la nécessité de rapatrier leurs nationaux présent en Europe dans leur pays d’origine.

Comment la politique de remigration peut-elle se mettre en place ? Avec quels partenaires ? Ne faut il pas pour cela une volonté politique européenne forte ?

Filip Dewinter (photo), président du Vlaams Belang, a accepté de répondre à nos questions

Propos recueillis par Yann Vallerie pour Novopress France.

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Crédit photo : Gerard Nipho, licence CC.

La Turquie ose donner des leçons de démocratie à la Syrie

La Turquie ose donner des leçons de démocratie à la Syrie

16/11/2011 – 09h30
ANKARA (NOVOpress) –
« La Turquie a perdu espoir de voir le régime syrien répondre favorablement aux demandes de la communauté internationale d’engager des réformes démocratiques et de mettre fin à la répression », a déclaré mardi Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc. Samedi, des manifestants syriens ont défilé devant les représentations diplomatiques turques de Damas et Alep.

Cet appel à plus de démocratie en Syrie de la part de la Turquie, allié stratégique des Etats-Unis qui veulent abattre le régime nationaliste syrien, ne manque pas de sel.

Thorbjorn Jagland, Secrétaire général du Conseil de l’Europe, vient en effet de demander à la Turquie de respecter la liberté de la presse. Sous le régime islamique du Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdogan, 57 journalistes sont actuellement emprisonnés en Turquie, pays en pointe dans la persécution de nombreuses populations : chrétiens, Kurdes, Arméniens…

Photo : Ankara, Turquie. Crédit photo : Emiliano Ricci, via Flickr, licence CC.

Intégration : les jeunes Allemands doivent apprendre le turc à la maternelle, selon un membre du SPD

Intégration : les jeunes Allemands doivent apprendre le turc, selon un membre du SPD

05/11/2011 – 08h00
BERLIN (NOVOpress) — Si la maîtrise de la langue du pays d’accueil est une des conditions universellement reconnues pour une bonne intégration de populations nouvellement installées, il semble que ce ne soit pas le cas pour tout le monde.

Bernhard Witthaut, membre du SPD (socialiste) et nouveau président du syndicat de police GdP depuis janvier, a eu une révélation : afin de combattre les préjugés que les jeunes Allemands pourraient avoir vis-à-vis de la communauté turque, ils doivent apprendre le turc, et ce dès la maternelle…

Dans les grands centres comme Berlin, il faudrait donc qu’à l’avenir l’on puisse proposer aux petits enfants âgés de 3 à 5 ans un enseignement du turc, pour limiter les tentations communautaristes des populations “migrantes”, liées à la langue et à la religion : « Fritz saura alors ce que Mohamed est juste en train de dire sur lui ».

L’on se rappelle que le PS avait souhaité l’enseignement de la langue arabe au collège. En cas de panne sèche d’idées pendant la campagne présidentielle, celui-ci pourra toujours se tourner vers son équivalent d’Outre-Rhin.

Crédit photo : Thorben Geyer via Flickr (cc)

Immigrés Kurdes et Turcs s’affrontent à Paris [vidéo]

Kurdes et Turcs viennent s'affronter à Paris

30/10/2011 – 21h30
PARIS (NOVOpress) —
Des affrontements violents ont opposé des militants Kurdes et Turcs, place de la Bastille à Paris.

Environ 150 manifestants turcs étaient réunis contre «le terrorisme en Turquie» ce dimanche après-midi, lorsque plusieurs dizaines de partisans du PKK les ont assailli.

Selon un organisateur de la manifestation, Hakan Fakili, membre d’une association d’échanges culturels entre la France et la Turquie cité par l’AFP, «dix manifestants ont été blessés, lynchés par des terroristes du PKK venus du quartier de Strasbourg-Saint-Denis armés de projectiles et de battes de base-ball». Les policiers ont séparé les belligérants en jetant des grenades lacrymogènes et en formant par la suite un cordon de sécurité entre les deux parties.

Ces affrontements font craindre une escalade de la violence en Ile-de-France entre Turcs et Kurdes, l’attaque de cette après-midi ressemblant fortement à une déclaration de guerre.
Encore une fois, l’immigration que les gouvernants de l’Union Européenne et français laissent déferler aboutit à ce que la France en particulier soit de plus en plus le lieu de combat des différents peuples non-européens.

NB : Le titre qui apparait dans la vidéo ci-dessous n’est pas de Novopress.

Le PVV de Geert Wilders s’insurge contre l’immixtion de la Turquie dans l’élaboration des normes européennes

Le PVV de Geert Wilders s'insurge contre l'immixtion de la Turquie dans l'élaboration des normes européennes

29/09/2011 – 16h30
AMSTERDAM (NOVOpress via Lionel Baland) –
Le PVV de Geert Wilders (Pays-Bas) en vient à se demander si “la Commission européenne a perdu la raison”.

En effet, dans un communiqué, le PVV avance : “Ce mercredi 28 septembre 2011, le ministre Turc des affaires étrangères et le négociateur de l’Union européenne, Egemen Bagis, ont fait savoir, lors d’une conférence de presse, que la Turquie et l’Union européenne ont atteint ensemble une étape. Les bureaucrates turcs obtiennent de nouveau une influence dans l’introduction des lois européenne. Cela aidera, selon Egemen Bagis, à écarter la mauvaise image de l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne.”

Ce qui a entraîné la réprobation de Geert Wilders et de Barry Madlener, chef de file des élus du PVV au sein du parlement européen.

Le président turc évoque pour la première fois la fin de l’adhésion à l’UE

Le président turc évoque pour la première fois la fin de l’adhésion à l’UE

22/09/2011 – 22h20
BERLIN (NOVOpress) –
En visite d’État en Allemagne, le président turc Abdullah Gül (photo) a évoqué pour la première fois le fait que la Turquie n’entre pas au sein des pays de l’Union Européenne. Selon le président turc, la Turquie se plierait au fait de ne pas être un membre de l’Union Européenne : « si les habitants d’un seul de ses pays ne veulent pas de nous et considèrent la Turquie comme un poids ».

Il est vrai que l’Union Européenne, qui traverse actuellement une crise économique sans précédent semble beaucoup moins attractive pour les Turcs. Alors que dans le même temps, Ankara, seizième puissance économique mondiale est en plein essor.

Italie : Faut-il céder au chantage turc ?

Italie : Faut-il céder au chantage turc ?

19/09/2011 – 17h00
ROME (NOVOpress) –
« L’Europe ne peut se permettre de perdre la Turquie ». C’est la position officielle du gouvernement italien. Alors que le gouvernement turc vient de menacer de geler ses relations avec l’Union européenne si Chypre assurait, comme il est normalement prévu, la présidence tournante de l’Union en juillet 2012, le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, s’est déclaré « très inquiet » de voir Ankara s’éloigner de Bruxelles, dans une interview publiée hier par le quotidien Il Messaggero. « Cela fait des années », a expliqué Frattini, « que nous nous faisons les avocats du rapprochement entre la Turquie et l’Europe parce que nous savions que, à force de lui fermer la porte au nez, Ankara se tournerait vers l’est. Les récentes déclarations anti-israéliennes d’Erdogan sont un signal alarmant ». « C’est pourquoi, a conclu le ministre, nous devons convaincre la France et l’Allemagne de suivre notre politique extérieure vis-à-vis de la Turquie, parce qu’éloigner celle-ci serait une erreur gravissime ».

Mag Franz Obermayer du FPOe
Mag Franz Obermayer du FPOe

Il va falloir aussi convaincre les parlementaires autrichien, comme Mag Franz Obermayer, eurodéputé du FPOe, qui, dans un communiqué en réponse aux menaces turques, indique : « Même pour l’OTAN et pour les partisans les plus béats d’une adhésion de la Turquie il doit enfin être clair qu’avec ses objectifs religieux et géopolitiques, la Turquie n’a pas sa place dans l’UE. Un tel partenaire ne ferait que créer des problèmes pour l’UE. »

Cette complaisance du gouvernement italien a été vivement critiquée dans Il Giornale, le propre quotidien de la famille Berlusconi, par le plus célèbre converti d’Italie, infatigable dénonciateur de l’islamisation de l’Europe, Magdi Cristiano Allam. Pour lui, « L’Europe ne doit pas céder à l’aspirant sultan tuc ». « Si un pays islamique comme la Turquie, quelque important qu’il soit sur le plan géo-politique, militaire et économique, est déjà en mesure aujourd’hui de tenir à lui tout seul l’Union européenne en échec, et en même temps de s’adjuger, avec l’autorisation et la complicité de l’ensemble de l’Occident, un rôle dirigeant dans la résurrection d’un califat islamique sur les rives de la Méditerranée – califat que nous avons l’illusion d’imaginer comme démocratique et libéral –, cela signifie que cette Europe est totalement impuissante et que l’Occident est voué au suicide ». Allam appelle l’Europe à résister fermement au chantage turc, tout en déplorant : « Cette Europe de l’euro, relativiste, pétrie de bons sentiments et islamiquement correcte, s’est transformée en désert et s’est résignée à devenir une terre d’occupation ».

Soulignant que la Turquie n’a rien à voir avec l’Europe, Allam rappelle les ravages de l’occupation turque dans le nord de Chypre, l’épuration ethnique des grecs chypriotes, la destruction des églises ou leur transformation en mosquées, mais aussi le passé islamiste d’Erdogan et la répression croissante dont sont victimes les chrétiens de Turquie depuis son arrivée au pouvoir. Il conclut : « Et c’est à ce régime islamique que nous confions notre destin, en lui donnant la mission de ruiner les régimes dictatoriaux laïques qui étaient au pouvoir sur l’autre rive de la Méditerranée pour les remplacer par des régimes islamiques équivalents. Certes, si notre idéal en fait de voisin est le régime islamique turc d’Erdogan, cela veut dire que nous avons remisé la raison et que nous avons perdu tout amour de nous-mêmes ».

L’ambassadeur turc à Berlin : “L’assimilation est impossible”

L’ambassadeur turc à Berlin : “ L’assimilation est impossible”

16/09/2011 – 13h30
BERLIN (NOVOpress) –
L’Allemagne doit se turquifier toujours davantage. Telle est la substance de l’interview accordée au quotidien Die Welt par l’ambassadeur de Turquie, Ali Ahmet Acet, qui s’apprête à quitter son poste après trois années passées à Berlin. Suppression du visa, généralisation de la double nationalité, affirmation des Turcs dans la société allemande mais en gardant leur identité, et, bien sûr, adhésion de la Turquie à l’Union européenne, voici les principaux passages.

Die Welt : Si vous tirez un bilan de votre mandat comme ambassadeur, comment ont évolué les relations entre l’Allemagne et la Turquie, et l’intégration des Turcs en Allemagne depuis 2008 ?

L’ambassadeur turc : Il y a eu peu de changements substantiels. Nous n’avons fait aucun progrès sur la question de permettre aux Turcs de voyager en Allemagne sans visa. C’est le principal problème entre l’Allemagne et la Turquie. En ce qui concerne la communauté turque, j’ai déjà l’impression que de plus en plus de personnes d’origine turque jouent un plus grand rôle dans la société allemande, que ce soit dans la politique, dans l’économie ou dans la culture.

Die Welt : Thilo Sarrazin nie dans son livre que les Turcs, les Arabes et les autres musulmans aient la capacité et la disponibilité à s’intégrer. Les Allemands sont-ils devenus plus islamophobes ?

L’ambassadeur turc : Il y a partout en Europe une tendance à considérer avec crainte l’autre en général et les communautés différentes. L’islamophobie et la xénophobie ont augmenté au quotidien.

Die Welt: Vous avez une fois appelé les Turcs en Allemagne à défendre leurs droits de manière plus offensive et par exemple à exercer plus de pression pour l’enseignement du turc dans les écoles. Est-ce que la communauté turque est trop timide ?
L’ambassadeur turc : J’ai voulu dire qu’on doit formuler ses besoins, sinon on n’obtiendra rien dans cette société. Mais c’est vrai que les Turcs se sentent souvent écrasés par une forte bureaucratie et par une atmosphère xénophobe, par exemple dans la recherche de logements. Ils doivent prendre plus d’assurance dans leurs rapports avec la société allemande.
Ce serait très important pour nous si les Allemands comprenaient mieux les problèmes des immigrés. Dans 20 ou 30 ans, l’Allemagne aura besoin de plus d’immigrés que jamais auparavant. C’est pourquoi, l’Allemagne doit mieux s’occuper des immigrés et leur accorder les libertés dont jouissent d’autres minorités [on se demande qui est visé, NdT]. Par exemple, des Turcs qui vivent ici depuis 30 ans et paient des impôts ne peuvent pas voter aux élections municipales.
Nous voulons que les gens deviennent des citoyens allemands mais l’Allemagne ne permet pas la double nationalité. Pour les citoyens de beaucoup d’autres pays, il y a pourtant la double nationalité. Les Turcs sont ainsi d’une certaine façon mis à part. Si les Turcs devenaient citoyens allemands, ils s’intégreraient bien mieux dans la vie allemande.

Die Welt: Lors de la dernière visite en Allemagne du premier ministre Erdogan [en février 2008], il y a eu des débats parce qu’Erdogan avait déclaré devant des milliers de Turcs que l’assimilation était un crime contre l’humanité et que les Turcs devaient toujours rester turcs [Erdogan a tenu exactement les mêmes propos deux ans plus tard devant les Turcs de France, NdT]. Est-ce positif que les autorités turques s’expriment de cette manière ?
L’ambassadeur turc : Ces deux affirmations avaient été tirées de leur contexte. Il m’a fallu un certain temps pour convaincre la société allemande que notre Premier Ministre n’avait pas de mauvaises intentions contre l’Allemagne. Par ailleurs, il est impossible d’assimiler les Turcs. Les Turcs ont beaucoup le mal du pays, ils éprouvent des liens forts avec leurs villages et leur famille. En outre, ils ont une autre religion.
À cause de ces différences, l’assimilation n’est pas possible. C’est pourquoi on doit permettre aux Turcs de faire partie de l’Allemagne mais en conservant leur identité culturelle.

Die Welt: La Turquie négocie pour devenir membre de l’Union européenne…
L’ambassadeur turc : La Turquie a toujours été un pays européen. Nos yeux ont toujours été tournés vers l’Occident, en direction de la modernité et du progrès. L’Union européenne devrait prier la Turquie d’adhérer.

Le coup de pouce turc aux islamistes tunisiens

Le coup de pouce turc aux islamistes tunisiens

16/09/2011 – 12h30
TUNIS (NOVOpress) –
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan (photo) est arrivé mercredi soir en Tunisie, deuxième étape après l’Egypte de sa tournée des pays du “Printemps arabe”. Le leader du parti islamiste turc, AKP, a délivré jeudi le même message qu’au Caire il y a deux jours : « Islam et démocratie ne sont pas contradictoires ». Cette déclaration, bien loin de la réalité vécue sur le terrain par les minorités religieuses en Turquie (catholiques, protestants…), est mûrement réfléchie.

Les Tunisiens doivent en effet élire le 23 octobre une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution. Or, les islamistes d’Ennahda apparaissent comme les favoris de ce scrutin. A la grande frayeur des milieux laïques et intellectuels tunisiens.
Erdogan se sert ainsi du thème de la démocratie comme cheval de Troie pour signer la victoire de l’islamisme en Tunisie, comme il l’a fait en Turquie à partir de 2002, date de la prise de pouvoir de l’AKP. Le 16 septembre, le Premier ministre turc se rend cette fois en Libye. En début de semaine, le chef des autorités de transition libyennes, Moustapha Abdeljalil, déclarait : « Nous sommes un peuple musulman, à l’islam modéré et nous allons rester sur cette voie ». En Tunisie comme en Libye, la dialectique d’Erdogan fait des émules…

Égypte : les Frères musulmans demandent à Erdogan l’instauration d’un califat islamique

Égypte : les Frères musulmans demandent à Erdogan l'instauration d'un califat islamique

15/09/2011 – 08h30
LE CAIRE (NOVOpress) – Le printemps arabe va-t-il déboucher sur la restauration de l’empire ottoman ? C’est la question que l’on peut se poser au vu des dernières déclarations des Frères musulmans égyptiens.

En effet, non seulement ces derniers viennent de féliciter la Turquie pour avoir renvoyé l’ambassadeur d’Israël, mais surtout les islamistes égyptiens (qui sont les grands bénéficiaires de la chute de Moubarak) demandent au Premier ministre turc, Recep Erdogan (photo ci-dessus), l’instauration d’un califat islamique.

Tel est le sens des messages qu’ils ont adressés à Recep Erdogan, lorsqu’ils l’ont accueilli à l’aéroport du Caire. Les Frères musulmans ont même déployé une banderole où était inscrit : “La Turquie et l’Egypte sont un seul peuple – nous voulons un califat islamique en commun avec la Turquie.”

328e anniversaire d’une victoire européenne capitale

328e anniversaire d'une victoire européenne capitale

Sur la colline du Kahlenberg aux alentours de Vienne, le 12 septembre 1683, les 250 000 soldats turcs du grand vizir, Kara Mustafa Pacha, sont vaincus par l’armée autrichienne et allemande (70 000 hommes) commandée par le duc Charles V de Lorraine, et l’armée polonaise (30 000 hommes) du roi de Pologne Jean III Sobieski.

328e anniversaire d’une victoire européenne capitale Les Turcs sont forcés à une retraite désordonnée et rapide. Le sultan donne l’ordre de décapiter le grand vizir vaincu. C’est la fin de la précédente expansion turque en Europe et le début de la reconquête des pays européens occupés par les Ottomans.

Les Turcs avaient mis le siège devant Vienne le 14 juillet 1683 et déjà une partie des remparts viennois étaient pris. Si Vienne tombait les Ottomans pouvaient poursuive leur invasion de l’Europe (Vienne est à peine à 750 km de Strasbourg, alors que par exemple la distance de Toulon à Dunkerque est de 1100 km !).

328e anniversaire d’une victoire européenne capitale Mais plusieurs pays européens surent s’unir pour venir au secours de Vienne et conjurer la menace. Arrivées devant Vienne depuis leurs pays respectifs les forces européennes surent également, pour plus d’efficacité, décider très vite d’avoir un commandement unique centré sur le Roi de Pologne. Celui-ci mena lui-même la charge de cavalerie finale décisive avec ses redoutables lanciers polonais et la cavalerie des autres pays ; peut-être la plus grande charge de cavalerie de l’histoire. La spectaculaire charge de cavalerie du film de Peter Jackson “Le Retour du Roi” (2003), troisième volet de la trilogie “Le Seigneur des anneaux”, présente tellement de similitudes (voir vidéo sur YouTube) avec la situation avant et pendant la charge devant Vienne que cela ne semble pas pouvoir être un simple hasard !

328e anniversaire d’une victoire européenne capitaleEn reconnaissance pour cette victoire, le pape Innocent XI institue la fête du Saint Nom de Marie (elle ne figure plus aujourd’hui au calendrier romain). Les boulangers viennois créent la brioche en forme de croissant (l’emblème ottoman) pour commémorer l’évènement. Ne mangeons plus nos croissants sans une pensée pour les valeureux et intelligents défenseurs de l’Europe qui surent s’unir pour arrêter et faire refluer cette invasion turque le 12 septembre 1683.

328e anniversaire d’une victoire européenne capitale Hier, dimanche, cet anniversaire a été commémoré par une messe solennelle sur le site de la bataille dans l’église de Saint-Joseph sur le Kahlenberg. La messe a été célébrée par SE Mgr Gérard Bernacki de l’Archidiocèse de Katowice (Pologne) et accompagnée par la chorale de l’Archidiocèse. Mgr Bernacki a souligné l’importance de cette bataille dans l’histoire, mais a évité toute allusion à la situation actuelle, en particulier à l’expression viennoise : 1529 – les Turcs devant Vienne pour la première fois, 1683 – les Turcs devant Vienne pour la deuxième fois, 2011 – les Turcs ont fini par prendre la ville de Vienne.

328e anniversaire d’une victoire européenne capitale Des chants et des danses folkloriques ont eu lieu après la messe ainsi qu’un événement sportif, une course en l’honneur du roi polonais Sobieski.

Il est très agréable de constater que le souvenir de la bataille de Kahlenberg est encore si vif en Pologne que chaque année de nombreux polonais, notamment des jeunes gens, viennent à Vienne pour participer aux commémorations. Par contre l’administration rouge-vert de la ville de Vienne n’avait même pas envoyé un représentant officiel pour les cérémonies.

Xavier Merlin