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Analyse du jeu géostratégique turc en Syrie

01/12/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Les relations entre la Turquie et la Russie entrent en phase de turbulences
Suite à l’attaque de l’avion russe par la Turquie, le président Vladimir Poutine a choisi la rétorsion économique. Plusieurs organisations turques seront désormais interdites en Russie, de même que l’emploi de citoyens turcs dans les entreprises russes à partir du 1er janvier 2016.
Les vols charters entre les deux pays sont, par ailleurs, désormais interdits, ainsi que la vente de séjours touristiques en Turquie par les agences de voyages russes. Le régime sans visas actuel va, lui aussi être annulé. Enfin, de nombreux produits turcs seront interdits d’entrée sur le territoire.

Mais que cache cette soudaine action belliqueuse de la Turquie ?
La position turque est ambiguë : bien qu’ayant réagi de façon extrêmement excessive en abattant l’avion russe, les déclarations d’apaisement fusent depuis Ankara. La Turquie cherche simplement, comme l’a relevé le président de la République tchèque, à « montrer ses muscles » à la Russie et aux alliés occidentaux.
En effet, il apparaît désormais clairement que la Turquie finance l’État islamique en achetant leur pétrole et l’État islamique possède, aux yeux des Turcs, deux qualités : ils combattent à la fois les Kurdes, ennemis jurés des Turcs, et le régime syrien de Bachar Al-Assad.
Aussi, un tel soutien ne peut expliquer qu’une chose : la Turquie souhaite accroître son influence dans le Moyen-Orient, et compte sur la déstabilisation engendrée par Daesh pour y parvenir. Il n’est pas question, comme l’a affirmé à chaud Vladimir Poutine, d’« alliance » entre la Turquie et l’État islamique, mais bien de tentative de récupération d’un chaos régional qui reconfigure l’équilibre des forces.
La Turquie tient au partenariat avec la Russie, que cela soit en termes économiques ou stratégiques. Faussement prévenant, le ministre turc propose donc de renforcer le partenariat russe et turc et de faire front commun. Hors langage diplomatique cela signifie à n’en pas douter : associe-nous à votre prise d’influence en Syrie ou nous vous mettrons des bâtons dans les roues.

Il apparaîtrait que les enjeux sont aussi d’ordre colonial et démographique…
Effectivement, la politique extérieure turque est aussi affaire de démographie coloniale. De la même façon que l’Empire ottoman mettait en place une politique de colonisation de peuplement en Europe de l’Est, le gouvernement turc actuel s’évertue de faire venir en Syrie des populations turcophones ouïgoures, originaires de la province chinoise du Xinjiang. Musulmans et de langue turque, les mouvements séparatistes ouïgours sont depuis longtemps sujets à tensions entre la Turquie et la Chine.
Or, il s’avère que de nombreuses familles ouïgoures s’installent actuellement au nord de la Syrie, notamment dans la région d’Idlib, et qu’elles viennent via la Turquie ou via les filières de l’État islamique. Pour la Turquie, l’enjeu est, comme jadis, de gagner en influence via l’implantation de populations turcophones.
Ces zones, en phase de turquisation, avaient justement été la cible de certains des tirs de la Russie. Ceci semble à même d’expliquer, en grande partie, la décision turque d’abattre l’avion russe. Le message est clair : ne touchez pas aux turcophones de Syrie. En outre, l’implication d’Ouïgoures dans la région explique l’intérêt toujours croissant de la Chine dans ce conflit. Jusqu’où ira cette implication, telle est la question.

L’UE promet 3 milliards de dollars à la Turquie

30/11/2015 – MONDE (NOVOpress)
Après qu’un sommet européen s’est réuni dimanche sur l’immigration que subit l’Europe, les pays se sont accordés pour verser une somme de 3 milliards d’euros à la Turquie a annoncé le Premier ministre turc venu représenter Recep Tayyip Erdogan. Le Premier ministre turc a déclaré : « C’est un jour historique dans notre processus d’accession à l’Union européenne ». Donald Tusk, président du Conseil européen qui représente les chefs d’État européens a commenté « Notre objectif principal est d’endiguer le flot des migrants en Europe », il a ensuite décrit la Turquie comme une « partenaire clé » dans la lutte antiterroriste et dans le règlement de la guerre islamique en Syrie.

Légende photo : Donald Tusk, président du Conseil européen



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Vladimir Poutine refuse de rencontrer Erdogan lors de la COP21

28/11/2015 – MONDE (NOVOpress)
La tentions reste maximale entre la Turquie et la Russie. Vladimir Poutine a refusé de rencontrer son homologue turc en marge du sommet COP21 et durcit les sanctions économique à l’encontre d’Ankara. Il réitère ses accusation de complicité entre la Turquie et l’Etat Islamique, notamment par l’achat de pétrole. Bref, conscient que la Russie est devenue incontournable dans le jeu syrien, Poutine ne se prive pas de dire que le roi est nu… 

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Destruction du bombardier russe par les forces turques : l’arroseur arrosé ?

26/11/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
La destruction du bombardier russe par la chasse turque est intervenue alors que François Hollande entamait une tournée visant à structurer une vaste alliance contre l’État islamique en incluant la Russie. Or, de par leur appartenance commune à l’OTAN la France et la Turquie se doivent solidarité en cas de tension avec une puissance tierce.

Ankara chercherait-elle à enfoncer un coin entre Paris et Moscou ?
Tous les éléments semblent plaider pour un acte délibéré d’agression de la part de la Turquie. Moscou nie avoir violé l’espace aérien turc tandis qu’Ankara parle de 17 petites secondes, d’après Wikileaks. Pas de quoi menacer son intégrité territoriale. L’agression est donc au mieux disproportionnée, au pire injustifiée.

D’autant plus que, dans ce domaine, la Turquie ne se gêne pas. D’après le journal grec protothema, citant des données de l’Université de Thessalie, le nombre de violations de l’espace aérien grec par l’armée de l’air turque en 2014 est de 2 244.

Cet événement pourrait même avoir ouvert une boîte de Pandore. En effet, de plus en plus de voix accusent désormais Ankara de soutenir financièrement l’État islamique, en lui achetant du pétrole. C’est ce qu’a insinué Wesley Clarke, l’ancien commandant en chef de l’OTAN.

Cette tentative de division est donc vouée à l’échec ?
Il est trop tôt pour le dire, mais les attentats de Paris semblent avoir dessillé les yeux. Flatter le fondamentalisme sunnite n’a pas assuré la sécurité des Français. Aujourd’hui, la priorité est la lutte contre l’État islamique. Or la position turque est de plus en plus ambiguë et les États-Unis, échaudés par leurs expériences afghanes et irakiennes, ne souhaitent pas s’engager militairement dans la région.

Reste la Russie…
La Russie apparaît en effet plus que jamais comme l’alliée naturelle de la France. François Hollande en semble conscient, lui qui a réservé à Vladimir Poutine la conclusion de sa tournée diplomatique.

Ankara pourrait donc finir isolée diplomatiquement
La Turquie court aussi un gros risque économique. D’après le quotidien russe Kommersant, des représailles financières se préparent au Kremlin. Jacques Sapir a estimé à 1 % du PIB turc le manque à gagner dans le domaine du tourisme. Sans compter la remise en cause de projets énergétiques, comme le gazoduc Turkish Stream, qui s’apprêtait à conférer un rôle stratégique à la Turquie dans le domaine de l’énergie.

Crédit photo : Alexander Mishin via Wikipedia (CC) = Sukhoi Su-24M of the Russian Air Force inflight

La Turquie abat un avion russe. Danger d’escalade !

24/11/2015 – MONDE (NOVOpress)
La Turquie a abattu ce matin un avion russe, qui aurait violé son espace aérien, ce que dément Moscou. Il semble que le Su-24 russe ait été en fait abattu dans la zone tampon de 8 km côté syrien de la frontière mis en place unilatéralement par la Turquie. Ce qui n’empêche pas les risques d’escalade.

La Turquie a abattu mardi matin un avion militaire russe qui aurait violé son espace aérien près de sa frontière avec la Syrie, a annoncé la présidence turque. « Un avion russe Su-24 a été abattu conformément aux règles d’engagement après avoir violé l’espace aérien turc malgré les avertissements », ont indiqué ces sources.
Tandis que la tension monte entre les deux pays, plusieurs chaînes d’information turques diffusent des images de la chute de l’appareil russe en feu qui s’est écrasé à la frontière dans les montagnes syriennes, en face de la province de Hatay.

Moscou a confirmé de son côté qu’un Su-24 appartenant à l’armée russe avait été abattu, mais dans l’espace aérien syrien. « Aujourd’hui, sur le territoire syrien, à cause de tirs présumés venus du sol, un avion Su-24 appartenant aux forces aériennes russes déployées en Syrie s’est écrasé », a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué, ajoutant qu’il « se trouvait exclusivement dans l’espace aérien syrien ». Le sort des pilotes est incertain, l’aviation russe a dépêché des équipes de secours en hélicoptère, mais certaines sources affirment que l’un est mort et l’autre capturé. Une vidéo qui a commencé à circuler sur Internet semble en effet montrer un pilote d’avion au sol, entouré de combattants arabophones, mais il est impossible d’affirmer qu’il est vivant ou mort.

Depuis le début de l’intervention militaire russe aux côtés du président Bachar El-Assad fin septembre, les incidents à la frontière se multiplient entre Ankara et Moscou. Le 3 octobre, une escalade avait été évitée de justesse : des chasseurs turcs avaient intercepté un avion militaire russe engagé en Syrie qui aurait violé leur espace aérien, en le forçant à faire demi-tour. Moscou s’était alors justifié en évoquant de « mauvaises conditions météo ». Le 16 octobre, l’armée turque a également abattu un drone de fabrication russe qui aurait pénétré dans le ciel turc.

Ce qui est certain, c’est que la Turquie a unilatéralement déplacé la frontière turco-syrienne de 8 km au sud :
La Turquie La Turquie maintient une zone tampon de 8 km à l’intérieur de la Syrie depuis juin 2012, depuis qu’un missile syrien de défense aérienne a abattu un avion de chasse turc qui s’était égaré dans l’espace aérien syrien. En vertu des nouvelles règles d’engagement mises en vigueur depuis lors, « l’armée de l’air turque considérera toute cible qui se trouve à moins de 8 km de la frontière turque comme un ennemi et agira en conséquence ».
Les différentes « violations » de l’espace aérien turc susmentionnées s’étaient déroulées dans cette zone tampon et les excuses de Moscou n’étaient que des signes d’apaisement envers Ankara.

Il semble à ce stade que l’avion russe abattu par l’armée de l’air turque l’ait été dans cette zone tampon et non au-dessus du ciel turc. Ce grave incident pourrait être une réponse du régime turc à une série de bombardements russes qui, d’après Ankara, ont visé des villages de la minorité turcophone de Syrie. Vendredi, l’ambassadeur russe avait même été convoqué par les autorités turques. Une mise en garde, avait prévenu Ankara, contre les « sérieuses conséquences » de cette opération.

La Turquie a également annoncé qu’elle saisissait l’OTAN, dont elle est membre, et l’ONU sur instruction du premier ministre, Ahmet Davutoglu. De son côté, la Russie a qualifié la destruction d’un chasseur-bombardier de l’armée russe en Syrie d’« incident très sérieux » et considère qu’avoir abattu le Su-24 est une forme de soutien au terrorisme.
est-ce que l’OTAN (lire, les USA) ont trouvé là l’incident qu’ils recherchaient pour tenter de chasser la Russie de Syrie ? Dans le meilleur des cas, nous avons affaire à un grave incident diplomatique. Dans le pire… les prochaines heures nous en diront probablement plus.

Charles Dewotine



Quelle Europe ? Par Vincent Revel

04/11/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Incapable d’avoir une ligne constructive à propos du problème syrien, Bruxelles joue encore avec le feu. Pour essayer de contraindre les Turcs à mieux contrôler leurs frontières, nos technocrates européens relancent une possible adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Face aux défis, crises, conflits et dangers de l’ère moderne – démographie croissante et galopante qui prévaut dans la majorité des pays musulmans et dans les pays en voie de développement, émergence politique et économique des puissances chinoise et indienne, défi du terrorisme islamiste et radicalisation du monde musulman, prolifération de la menace nucléaire, mondialisation des échanges, immigration de masse qui fragilise de nombreuses nations, loi des marchés financiers, grandes criminalités organisées, problèmes écologiques, impérialisme américain… -, l’Europe n’aurait-t-elle pas besoin, dans les années à venir, de se définir et de s’exprimer en tant que civilisation pour continuer à se faire entendre et respecter sur la scène internationale ?

L’Europe, à l’image de la France, défend, avec conviction et depuis trop longtemps, l’idée du multiculturalisme. L’ouverture aux cultures étrangères est devenue une obligation, une nécessité et un devoir pour les pays européens au point de vouloir les assimiler à nos sociétés et parfois les substituer à nos traditions.
Selon nos commissaires européens et les gardiens de la pensée unique, la diversité est considérée aujourd’hui comme une chance. Ce phénomène, typiquement occidental, est vécu comme une fatalité avec laquelle les nations européennes doivent se développer et vivre pour espérer construire un avenir radieux. Seuls les avantages du multiculturalisme sont mis en avant et jamais les inconvénients ne sont sérieusement pris en compte.
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Erdogan retrouve la stabilité

02/11/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Ce dimanche en Turquie, les élections législatives ont été gagnées par l’AKP. Le Parti de la justice et du développement a remporté la majorité absolue lors de ce scrutin ayant appelé 54 millions d’électeurs turcs. Le parti du président Recep Tayyip Erdogan prend possession de 320 sièges sur 500 au Parlement turc. Grâce à ce plébiscite, l’AKP au pouvoir depuis 2002 ne souffrira d’aucune gêne au Parlement. Le CHP emporte lui 25 % des voix, le MHP nationaliste 12 % et quant à lui le parti pro-kurdes HDP glane 10,5 % des votes et atteint donc le seuil nécessaire de 10 % pour pouvoir siéger au Parlement.

Quelle est l’importance de ce scrutin
L’AKP avait étonnamment perdu en juin dernier la majorité absolue au parlement, ce qui n’était pas arrivé depuis treize ans. Un résultat mettant en danger la politique du président turc. Le scrutin d’hier était donc primordial pour raffermir le pouvoir d’Erdogan qui n’a eu de cesse de marteler durant la campagne que seul « Un gouvernement d’un seul parti peut conjurer les risques d’un chaos imminent. » Haroun Armagan porte-parole du parti gouvernemental a estimé « Le peuple turc a choisi la stabilité pour le pays et pour son économie. »

Une victoire à double tranchant
Cette victoire s’est construite en partie sur le clivage Turcs/Kurdes. Le président Erdogan a rallumé le conflit divisant le pays afin de galvaniser son électorat turc. Les résultats de cette politique de division ne se sont pas fait attendre, des échauffourées ont éclaté entre Kurdes et policiers pendant le dépouillement.
Mais cette victoire arrive à point nommé deux semaines après qu’Angela Merkel eut déclaré qu’elle travaillerait pour que les négociations au sujet de l’entrée de la Turquie dans L’UE débutent promptement.



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Angela Merkel fait des appels de pied à la Turquie

21/10/2015 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Alors que les migrations, légales comme illégales, venues des pays musulmans inquiètent chaque jour davantage les opinions européennes, la chancelière Angela Merkel a réaffirmé son soutient à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. La réouverture des négociations est proposée afin d’encourager la Turquie à aider l’Europe face à l’afflux de clandestins. Ainsi, l’Allemagne propose, pour lutter contre l’immigration illégale, de signer un traité communautaire avec un pays de 75 millions de musulmans qui fera exploser l’immigration légale en Europe. D’ici là, les citoyens turcs bénéficieraient de davantage de visas et d’une aide financière. Lutter contre l’immigration illégale en nourrissant l’immigration de peuplement légale, voilà qui ne sera pas pour rassurer les autochtones d’Europe.


Invasion migratoire : à Bruxelles, sommet de dupes, la Turquie grande bénéficiaire

16/10/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Entre les promesses non tenues qui s’accumulent et les concessions bien réelles à la Turquie, le dernier sommet de l’Union européenne consacré à la crise migratoire ressemble fort à un nouveau marché de dupes.

Les hotspots destinés à canaliser et comptabiliser les « migrants » ? Promis et pas tenus, sauf deux en sous-effectif flagrant, à Lampedusa (Italie) et Lesbos (Grèce). La zone tampon « démilitarisée » le long de la frontière turco-syrienne afin d’accueillir les réfugiés ? Aux oubliettes. Les renforts pour Frontex et l’EAS0, le bureau européen d’appui à l’asile, l’agence chargée d’aider les pays européens à gérer les frontières extérieures de l’UE ? On les attend encore. Les assauts de fermeté des dirigeants allemands ou français, expliquant que seuls les « vrais » réfugiés seraient accueillis et les migrants économiques refoulés ? Des ronds dans l’eau du marécage médiatique. Sommet après sommet, l’Union européenne accumule les promesses de fermeté non tenues et les renoncements bien réels.

 

Rien de surprenant donc à la lecture du bilan de celui qui s’est clos hier. Côté nouvelles promesses qui n’engagent que ceux qui y croient, la création d’un corps de garde-frontière européen… Ce pas acté, mais pour Hollande, « l’idée a progressé »… c’est dire si le projet a peu de chance de voir le jour avant la fin des temps. Afin de soigner l’image humanitaire de tout le monde, l’Union européenne ouvrira six camps d’accueil pour réfugiés dans le sud de la Turquie et pour rassurer la Grèce et la Bulgarie il est prévu une fois de plus un renforcement de la coopération entre Frontex, les garde-côtes grecs et les garde-côtes turcs.

La Turquie puisqu’on en parle, qui est la principale bénéficiaire des renoncements de l’UE. Le pays, qui accueille plus de deux millions de Syriens, est en effet en position de force face à l’UE. C’est lui qui est en mesure d’ouvrir ou de fermer (du moins partiellement) les vannes des flots de « réfugiés » qui déferlent sur l’Europe.
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Le génocide arménien non reconnu par la CEDH

16/10/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Génocide arménien : la Suisse déboutée
Apparemment, il y aurait deux poids deux mesures dans le traitement du négationnisme. Si la Shoah est protégée par les institutions européennes qui traquent ses contempteurs, le génocide arménien, lui, ne bénéficie pas de la même bienveillance.

Un homme politique turc avait été condamné par l’État suisse pour avoir publiquement déclaré que la thèse du génocide relevait du « mensonge international »
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a tranché : d’après elle, en condamnant le Turc à une amende pour avoir nié le génocide arménien, la Suisse a « violé la liberté d’expression » ; toutefois la CEDH ne remet pas en cause « la pénalisation des négationnismes, en particulier de la Shoah ». Elle ajoute que les propos de l’homme politique incriminé « n’ont pas porté atteinte à la dignité des membres de la communauté arménienne au point d’appeler une réponse pénale », notamment parce que ces propos « ne peuvent pas être assimilables à des appels à la haine » contre les Arméniens. Ce jugement a été rendu par 10 voix contre 7 par les juges européens, dans un arrêt définitif.

Cette décision ne concerne pas la négation du génocide des Juifs par les nazis, a souligné la CEDH
Cette précision était attendue avec impatience par les juristes européens, notamment, car ce point aurait pu avoir une incidence sur une procédure actuellement en cours en France, par laquelle un négationniste conteste la constitutionnalité de la loi réprimant la négation de l’holocauste. Pour la CEDH, pénaliser la négation de l’holocauste « se justifie » : une telle attitude « passe invariablement pour la traduction d’une idéologie antidémocratique et antisémite ». Concernant le génocide arménien, la Cour européenne se déclare par ailleurs « incompétente » pour prendre position quant à sa réalité historique.

Pour déterminer si des propos négationnistes peuvent ou doivent être poursuivis en justice, la CEDH a souligné la nécessité de tenir compte du contexte et du pays dans lequel ces propos ont été tenus
L’association Suisse-Arménie (ASA) s’est déclarée « consternée et profondément choquée » par la décision rendue à Strasbourg. Soutenue par une, telle argumentation, elle revient en effet à rendre juridiquement subjective l’appréciation d’un génocide, hormis celui de la Shoah. Ce dernier possède désormais un traitement de faveur officiel et exclusif.

Crédit photo : Claude TRUONG-NGOC via WikiMedias (CC) = CEDH


La Turquie déstabilisée à cause de son soutien aux djihadistes

14/10/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

À la suite du spectaculaire attentat d’Istanbul samedi, le jeu trouble du président Erdogan apparaît au grand jour.

Qu’il s’agisse de la guerre islamique en Irak, et plus encore de la guerre en Syrie, il semble que la Turquie ne cherche même plus à cacher à ses voisins son soutien à Daech et Al-Nosra ?
En effet, il ne s’agit plus de signes, mais de preuves. Philipe Rodier, sur le site Boulevard Voltaire, cite par exemple le maire de la ville de Kessab frontalière de la Turquie : il a raconté comment son village, peuplé majoritairement d’Arméniens, fit l’objet toute une nuit d’un intense bombardement provenant de Turquie avant un déferlement, au matin, de combattants islamistes ayant traversé la frontière gardée par six postes turcs !

L’intervention des Turcs en Syrie est surtout dirigée contre le régime syrien et contre les Kurdes — et sûrement pas contre Daech
Cette intervention directe et indirecte a relancé la guerre civile entre Turcs et Kurdes. Pour Erdogan, l’État islamique est le bras armé pour lutter contre ses ennemis, à l’extérieur, mais peut être aussi à l’intérieur.
Philippe Rodier estime ainsi, je cite : « Qu’il ne faille pas exclure que le commanditaire de l’attentat d’Ankara puisse être le gouvernement islamiste turc lui même ». Ce serait une manière pour ce dernier de neutraliser son opposition et de créer un climat de tension.

En attendant, Erdogan se dit être la victime des djihadistes…
Il a également pointé des failles dans le système de renseignement turc. Une explication qui réapparaît à chaque grand attentat islamiste, depuis le 11 septembre 2001, à la tuerie de Charlie Hebdo.

Les gouvernements occidentaux et en premier lieu le gouvernement français sont étonnamment indulgents avec l’obscur Erdogan
Les enjeux énergétiques n’y sont pas étrangers, car, parallèlement, la Russie de Poutine s’oppose à la Turquie sur fond de concurrence entre différents projets de gazoducs dans la région.

Attentat en Turquie : la goutte qui fait déborder un vase déjà très plein

13/10/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Samedi, la Turquie a connu l’un des attentats les plus sanglants des dernières années. Deux explosions lors d’une manifestation organisée par un parti de gauche pro-kurde ont causé une centaine de morts et plus de 500 blessés.

Le gouvernement et l’opposition s’accusent mutuellement suite à l’attentat
Le parti HDP, organisateur de la manifestation de samedi a directement accusé le gouvernement d’être responsable de l’attentat. Il accuse le gouvernement d’Erdogan de ne pas avoir pris les mesures de sécurité nécessaires. Deux réunions publiques du HDP avaient déjà fait l’objet d’attaques durant l’été. Le gouvernement de son côté a accusé le PKK, parti indépendantiste kurde. Il dénonce une tentative de victimisation de la part des Kurdes.

Les attentats interviennent dans un contexte politique compliqué
Le parti au pouvoir, l’AKP, un parti islamo-conservateur, a perdu sa majorité au Parlement en janvier. Le dirigeant, Recep Tayyip Erdogan, de plus en plus décrié dans son pays est dans une position inconfortable.

Un contexte turc qui pourrait avoir une influence importante sur l’Europe
L’influence turque en Europe est grande. La semaine dernière, Erdogan tenait un rassemblement devant 12 000 personnes à Strasbourg. Il y avait affirmé, « Vous êtes les Turcs d’Europe ». On peut donc légitimement craindre une importation en Europe des tensions turques.
Par ailleurs, la guerre en Syrie a amené plus de deux millions de réfugiés en Turquie. Il y a très sûrement des islamistes dans ces camps de réfugiés. Et on sait que la Turquie est une des portes d’entrée majeure pour les clandestins en Europe. Le gouvernement turc a d’ailleurs aussi ciblé l’État islamique pour l’attentat de samedi…



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Erdogan fait son show islamiste à Strasbourg… et invite les turcs à noyauter la politique française

05/10/10/2015 – MONDE (NOVOpress)
Le chef de l’État turc et président du parti « islamiste conservateur » AKP est venu tenir un meeting électoral ce dimanche à Strasbourg, sous prétexte de réunion contre le terrorisme. Parlant de cela, entre les références appuyées à l’islamisme et l’absence de tout propos contre Daesh, son propos avait au moins le mérite de la clarté… De même quand il a appelé les Turcs présents en France à s’impliquer en politique française pour promouvoir l’islam.

À noter que le site Fdesouche a rendu publique une lettre de l’eurodéputé Aymeric Chauprade à M. Cazeneuve, accusant le gouvernement de soumission à l’islamisme.

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Erdogan est en campagne électorale en vue des législatives anticipées et tient à gratter chaque voix turque pour le parti AKP islamiste, y compris celle de la diaspora. C’était la raison de la tenue de cette « réunion contre le terrorisme » aux allures de meeting électoral qui s’est tenue hier à Strasbourg devant plus de 12 000 personnes venues de France et d’Europe, et dont on peut résumer la teneur en un message simple : un seul drapeau, un seul pays, une seule foi.
Au-delà du fait plus que contestable de venir dans un pays étranger faire campagne – Bruxelles était pressentie pour accueillir l’événement, mais a refusé —, il est intéressant de noter quatre points à l’usage des naïfs :

• À ceux qui pensent que cette visite ne les concerne pas, s’agissant d’un meeting du président turc à l’adresse de sa diaspora, il faut souligner quelques propos qui n’ont pas été repris par la presse « officielle ». Le président turc a en effet encouragé les 650 000 Turcs présents en France, et notamment les 350 000 d’entre eux qui peuvent prétendre à la double nationalité (ce sont ses chiffres), à s’investir en politique… française. Il a ainsi regretté qu’il n’y ait aucun turc à l’Assemblée nationale et au Sénat français. « Nous devons changer cette situation ! Nous devons avoir des Turcs à des fonctions plus efficaces ! »

« Notre foi notre langue notre culture ont des droits en Europe » a-t-il affirmé précisant que les ambassades de Turquie étaient derrière les Turcs. « Soyez-en sûr ! »

Il les a aussi invité à conserver leur culture dans les pays d’accueil, bref, il a commis une ingérence caractérisée dans les affaires intérieures françaises, sans que cela n’émeuve personne…
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Bouleversement géopolitique : Obama prêt à travailler avec la Russie et l’Iran pour combattre l’État Islamique

29/09/2015 – MONDE (NOVOpress)
Avec une certaine réticence, Barack Obama a accepté à la tribune des Nations Unies l’idée de travailler avec l’Iran, la Russie – et donc Bachar El-Assad — pour lutter contre Daesh. Le résultat d’un bouleversement des équilibres géostratégiques majeur… et lourd de menaces. Par Charles Dewotine

C’est un revirement qui laisse – une fois de plus — la diplomatie française sur le carreau.
Obama a admis l’idée de travailler avec la Russie et l’Iran et donc avec leur allié Bachar El-Assad, contre l’État Islamique en Syrie. Bien sûr, le président américain a dénoncé le président syrien, traité de « tyran » et accusé de « massacrer des enfants innocents », mais le Département d’État a déjà accepté de revoir « le calendrier de son départ ». En clair, le renversement d’Assad n’est plus à l’ordre du jour… Sauf pour Hollande, ce dont tout le monde se moque.

Obama, en avalant des couleuvres de la taille d’un boa constrictor – collaborer avec la Russie, Grand méchant devant l’éternel et l’Iran, naguère encore sur la liste des États-voyous — répondait ainsi au vœu de Poutine, formulé le jour même, à la même tribune des Nations Unies.
Le président russe plaidait la nécessité de former une vaste coalition anti-djihadiste qui serait « semblable à celle contre Hitler » dans laquelle Russie, Iran, États-Unis, mais aussi pays arabes et le gouvernement légal syrien auraient tous un rôle à jouer. Il a insisté sur le fait que refuser de coopérer avec le gouvernement syrien et son armée dans cette lutte serait « une énorme erreur » et a sévèrement taclé -sans les nommer bien sûr- les USA, leurs alliés et leur politique de «révolutions démocratiques» dont on subit les conséquences :

Sous la forme de vagues de migrants fuyant les régions ravagées par la guerre et cherchant une vie meilleure en Europe.
[…]
Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? Personne n’y répondra. Au lieu du triomphe de la démocratie, nous voyons la violence et le désastre social, personne ne pense aux droits de l’Homme et aux droits à la vie.

Au vu des résultats bien minces de l’US Air Force dans la lutte contre l’État islamique… et des preuves du soutien yankee, turc et saoudien – au grand minimum passif ou involontaire — à ce même « Califat » qui s’accumulent, Obama n’avait d’autre choix que de manger son chapeau. Il ne peut en effet laisser la situation pourrir ou lui échapper totalement alors que l’opinion américaine pense à près de 70 % que l’EI est la principale menace pour leur pays et que les élections présidentielles approchent. Même s’il ne sera pas candidat, Obama doigt en tenir compte.

Pourtant, les enjeux de ce spectaculaire rebondissement vont toutefois bien au delà du sort de Daesh ou d’Assad. Il suffit pour s’en convaincre de regarder de plus près les acteurs en scène.
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Soupçons sur le père d’Aylan Kurdi : passeur ? ivre ?

10/10/09/2015 – MONDE (NOVOpress)
Après les soupçons de mise en scène de la célèbre photo, les témoignages contre le père d’Aylan Kurdi se multiplient : selon certains, il serait en fait le passeur qui a conduit involontairement sa propre famille à la mort, selon d’autres, ivre, il aurait été la cause du naufrage.

Plusieurs témoignages diffusés dans des médias internationaux mettent en cause le père du petit garçon kurde mort noyé lors d’une tentative de passage clandestin entre la Turquie et la Grèce. Difficile d’y voir clair, mais il est sûr que ce formidable – et sordide — coup médiatique en faveur de la politique immigrationniste n’a pas fini de révéler tous ses secrets.

Selon un témoignage recueilli par Zaïd Benjamin, correspondant à Washington de Radio Sawa (voir tweet ci-dessous) et relayé par nos confrères de Fdesouche,

Une passagère du bateau affirme qu’il n’y avait pas de passeur turc et que c’est le père d’Aylan qui pilotait le bateau.
Voici la traduction complète de ses propos :

Il est parti piloter prenant deux enfants avec lui et son épouse. C’est Abu Ghâlib, dont les médias parlent ; le père de l’enfant Aylan. Les médias ont diffusé leurs photos. Il a pris ses enfants et il les a enterrés côte à côte.
Abu Ghâlib dit que la famille irakienne s’est noyée*. Pourquoi il dit ça ? Comment nous nous sommes noyés ?
Il disait : « celui qui pilotait est un Turc qui s’en noyé en se jetant à l’eau ». Tout ça est faux. C’est Abu Ghâlib qui pilotait.

Pour le quotidien Il Giornale, une tante d’une des victimes affirme que

le père d’Aylan était ivre et a causé l’accident.

D’autres enfin accusent le père d’avoir été le seul de la famille à porter un gilet de sauvetage. Les récits contradictoires de l’intéressé après le naufrage ne font qu’ajouter à la confusion et à la suspicion autour de cette triste affaire.

[Mise à jour du 11/09]
Les rumeurs prennent consistance d’un point de vue médiatique du moins, puisqu’elles commencent à être relayées jusqu’en France, notamment par le très politiquement correct Obs.

Abdallah avait expliqué avoir pris en charge la conduite du bateau après que le conducteur avait paniqué et sauté par dessus bord. Mais selon Zainab Abbas, traduite par sa cousine installée en Australie, “c’était un passeur, oui, et c’est lui qui conduisait le bateau” depuis le début, rapporte le “Daily Telegraph”. Elle raconte qu’il conduisait trop vite et que tout le monde n’avait pas de gilets de sauvetage.


Syrie : victoire des Kurdes contre l’EI à Tal Abyad, la Turquie refoule les réfugiés

16/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Alors que les forces kurdes marquent des points contre l’État islamique en Syrie, la Turquie dévoile son double jeu, ne laissant passer les réfugiés fuyant les combats que quand ceux-ci peuvent couvrir la fuite des terroristes de l’EI.

Les Unités de Protection du Peuple Kurde, forces kurdes de Syrie, ont encerclé et pris la ville de Tal Abyad tenue par les terroristes de l’État islamique, soutenus dans leur offensive par des raids aériens américains. Proche de la frontière turque, Tal Abyad se trouve dans la province de Raqa, bastion de l’État islamique et constitue un point de passage important pour ses combattants.
Des milliers d’habitants tentent désespérément d’échapper aux combats, fuyant vers les zones contrôlées par les Kurdes et surtout tentant de franchir la frontière turque.


Pendant plusieurs jours, les observateurs étrangers ont voir des milliers de civils bloqués derrière les barbelés qui séparent la Turquie de la Syrie. Malgré les pleurs et le désespoir de familles entières, souvent accompagnés de jeunes enfants, les militaires turcs n’ont pas fait le moindre geste pour les secourir. Bien au contraire les rares civils parvenant à se faufiler ont été repoussés par des canons à eau et des gaz lacrymogènes.


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Recep Tayyip Erdoğan

Turquie : défaite électorale pour Erdogan

09/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Dimanche avaient lieu les élections législatives turques. L’occasion pour le président au pouvoir Recep Tayyip Erdogan de vérifier sa popularité

Recep Tayyip Erdogan, à la tête de l’AKP, le parti de la justice et du développement est aux commandes à Ankara depuis 2002. Après plus de 10 ans comme Premier ministre, il était devenu président cet été. En tant que dirigeant national, il avait rompu avec la tradition kémaliste de stricte séparation religion/État en réintroduisant les valeurs conservatrices musulmanes. Il a aussi poussé un développement économique exponentiel de son pays qui lui a longtemps assuré une très forte popularité.

Les résultats de dimanche montrent pourtant une baisse de cette popularité
En effet, l’AKP n’a récolté ce dimanche que 43 % des suffrages. Ce chiffre, qui peut nous apparaître comme un véritable triomphe au vu de la situation politique française, est en réalité pour lui un échec. En effet, depuis l’été dernier et son accession à la fonction présidentielle, monsieur Erdogan cherche à changer la constitution. Son objectif : mettre en place un régime présidentiel qui lui permettrait d’assurer de façon plus sereine son emprise sur le pouvoir. Pour cela, il lui faut la majorité des 2/3 au parlement soit 367 sièges. Avec 330 sièges, il aurait pu proposer un référendum. Mais ses 270 sièges environ ne lui permettront ni l’un ni l’autre.
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[Exclusivité Novopress] Pour la mairie de Nantes, écrire en français est une discrimination

21/11/2014 – NANTES (NOVOPress)
Vus en mairie de Chantenay à Nantes et transmis par un correspondant local, des tracts (photos) pour le service “entour’âge”, émanation des services du département, entièrement rédigés en langue étrangère, manifestement en arabe et en turc.

Il ne s’agit aucunement d’une traduction mais bien d’un service public intégralement promu dans les langues citées, avec l’argent du contribuable français et clairement dirigé vers les communautés en capacité de lire les dépliants.

De la république “une et indivisible” au communautarisme le plus flagrant, la mairie de Nantes semble toujours en tête pour faire du “vivre ensemble” un “payez pour les autres”.

Crédit photos : NOVOpress (c).

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