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RIchard Ferrand

Richard Ferrand, démission !, par Guy Rouvrais

Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, a un modèle politique. Mais ce n’est pas, comme on le pourrait le penser, celui dont il a été le bras droit pendant la campagne et qui a fait de lui un membre du gouvernement, à savoir Emmanuel Macron, non, c’est celui qu’il a battu, François Fillon.

Dans l’affaire qui l’accable – ou plutôt les affaires – (voir Présent du 26 mai), il calque son attitude sur celle du malheureux candidat républicain, jusqu’à lui emprunter, mots pour mots, ses arguments de défense. Défense mais pourquoi, puisqu’il « n’y a rien d’illégal », dit-il, dans le fait que les Mutuelles de Bretagne, dont il était le directeur général, ayant le choix entre trois sites pour louer des locaux commerciaux, ont opté pour celui de sa compagne ? Ces locaux, ayant été rénovés à grands frais par la mutuelle (184 000 euros), la valeur des parts de la SCI, créée à la hâte, « a été multipliée par 3 000 », six ans plus tard.

Son collègue, Christian Castaner, volant à son secours, reprend sa justification : « Un acte de droit privé parfaitement légal qui n’est ni délictuel, ni pénal. » Lucide, il ajoute : « Ça tombe mal, car cela crée de la suspicion dans un contexte de suspicion. » C’est le moins qu’on puisse dire, encore qu’il soit rare qu’une telle affaire tombe bien pour un gouvernement… Quant au porte-parole de La République en marche, Benjamin Griveaux, il a ce curieux argument : « La moralisation de la vie publique concerne l’argent public. Là, c’était de l’argent privé. » On peut donc être immoral avec de l’argent privé, bien que ce soit celui des mutualistes ? Belle mentalité !

Et l’emploi de son propre fils en tant qu’assistant parlementaire, comme celui de Fillon ? Simple job d’été pour quelque 8 000 euros. Pourquoi lui ? Réponse qui ne va pas lui faire que des amis parmi ses électeurs : « Je vous invite à aller faire un tour en Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire pour travailler cinq mois qui sait lire et écrire correctement. » A part le fils Ferrand, les jeunes, là-bas, savent à peine lire et écrire, les Bretons sont des demeurés. Là, c’est Macron qui est son modèle, en 2014 ce dernier traitait, lui, les ouvrières des abattoirs bretons Gad d’« illettrées ».

Quoique tout cela soit on ne peut plus légal, il assure, à l’unisson de Fillon : « Si c’était à refaire, je ne le referais pas » et ce, pour le même motif : « Ce qui était autorisé à l’époque ne l’est plus aujourd’hui. » Prise de conscience récente car, croyant toujours cela normal, il n’a rien signalé à Macron au moment de la formation du gouvernement. Laquelle fut retardée de 24 heures, afin de vérifier la probité des pressentis, éplucher leurs comptes, sonder leur passé, tendre l’oreille pour écouter le tintement d’éventuelles casseroles. Ferrand est passé au travers, à moins que Macron, chantre de la transparence, n’y ait rien vu de moralement répréhensible.

Comment Richard Ferrand peut-il rester dans un gouvernement qui va incessamment présenter une loi sur la moralisation de la vie publique, déclarée comme prioritaire et essentielle au renouveau du pays ? La simple décence l’implique : Ferrand démission ! Mais le ministre l’affirme : « Je ne démissionnerai pas. » Ce fut aussi le leitmotiv de Fillon. Ce sont les électeurs qui l’ont chassé.

Guy Rouvrais

Article repris du site du quotidien Présent

Chard Edouard Philippe

Edouard Philippe, un Premier ministre exemplaire !, par Caroline Parmentier

Pendant que le nouveau président se dépêche de vérifier si ses nouveaux ministres ont bien eu le temps de planquer leur magot, son nouveau Premier ministre a déjà un problème de patrimoine.

Edouard Philippe a écopé d’un « blâme » de la part de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, qui avait constaté des « manquements d’une certaine gravité » dans sa déclaration de patrimoine. En 2014, invité à renseigner dans le formulaire la valeur de son appartement à Paris, Edouard Philippe écrit « aucune idée ». Même réponse pour la valeur de sa propriété en Indre-et-Loire : « aucune idée ». Et pour sa résidence en Seine-Maritime, toujours « aucune idée ». Dans la case où il doit indiquer sa rémunération, il va même jusqu’à écrire : « Je ne suis pas certain de comprendre la question. »

Faites la même chose, brave citoyen français, dans votre déclaration d’impôts à rendre ces jours-ci et voyez ce qui se passe ! Ce n’est pas sans rappeler un certain Thomas Thévenoud et sa « phobie » des déclarations d’impôts. Edouard Philippe s’est formellement opposé aux lois sur la transparence de la vie publique adoptées en réaction au scandale Cahuzac. C’est cet homme-là qui va exiger de nous un comportement exemplaire, nous demander de nous serrer la ceinture et de faire des sacrifices.

Charia alimentaire

Edouard Philippe est également soupçonné de conflit d’intérêts : l’Observatoire du nucléaire accuse le maire du Havre d’avoir « offert un pont d’or à son ancien employeur Areva pour qu’il installe deux usines d’éoliennes off-shore ».

Le Premier ministre figure aussi systématiquement parmi les 150 parlementaires les moins actifs, tant en ce qui concerne ses interventions en séance que ses propositions de loi, ses questions orales et écrites ou encore sa présence en commission. Il affiche 113 semaines d’activité sur 47 mois de mandat, soit l’un des plus mauvais ratios de l’Assemblée.

Mais l’un de ses plus beaux exploits reste sa stricte application de la charia alimentaire dans les écoles publiques du Havre. En décembre 2012, sa mairie ordonne de jeter 8 500 portions de mousse au chocolat destinées aux cantines scolaires en raison de la présence de gélatine de porc dénoncée par le personnel des cuisines et interdite par l’islam. Son opposition municipale dénonce « un gâchis alimentaire et financier scandaleux alors que les Restos du cœur et les associations caritatives se démènent à la veille de Noël pour donner à manger à de plus en plus de nos concitoyens ».

Caroline Parmentier

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 18 mai 2017

Christiane Taubira a oublié qu'elle était filmée

Plainte de Buisson contre Taubira : la ministre bientôt devant un juge ?

12/11/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
Accusé en 2010 par l’association Anticor de non-respect des règles d’appel d’offres, Patrick Buisson avait répliqué en mettant en cause Taubira, pour prise illégale d’intérêt. Malgré une justice encore plus lente que d’habitude, les éléments contre La Garde des Sceaux s’accumulent.

A l’origine de l’affaire, la plainte lancée en 2010 par l’association Anticor contre Patrick Buisson : l’association accuse Patrick Buisson d’avoir réalisé, sous le quinquennat de Sarkozy (2007-2012) pour près de 1,4 million d’euros de sondages d’opinion sans respecter les règles de l’appel d’offres.

Loin de se démonter, le « Monsieur sondages de l’Élysée » contre-attaque 2012 en dénonçant la présence de Christiane Taubira dans le comité de parrainage d’Anticor. Il porte plainte contre la garde des Sceaux pour « prise illégale d’intérêt », estimant que la garde des Sceaux, qui est l’autorité hiérarchique du parquet, serait à la fois juge et partie.
Malgré une longue procédure s’apparentant à de l’obstruction, la plainte finit par être déclarée recevable atterrit sur le bureau de la juge d’instruction Sabine Kheris qui s’empresse… de ne rien faire, peu soucieuse sans doute de voir sa carrière torpillée par la garde des Sceaux.
Pourtant, des éléments venant étayer la thèse de Patrick Buisson ont fini par fuiter dans les médias, ce qui devrait obliger le parquet à faire au moins semblant de mener des actes d’instruction dans ce dossier.

Des rivalités internes au sein de l’association Anticor ont suscité une brouille entre les militants. Certains d’entre eux ont claqué la porte, non sans avoir divulgué à la justice les e-mails internes échangés tout au long de l’affaire par les dirigeants d’Anticor. France 3 a eu accès à l’intégralité de ces courriels. On y apprend que la présence de Christiane Taubira au conseil d’administration d’Anticor préoccupe les dirigeants de l’association.
Ainsi, Suzanne Devallet, membre du bureau, écrit :

Au-delà de “l’affaire Taubira”, je continue de penser que, permettre à des personnalités politiques membres du gouvernement de faire partie de notre comité de parrainage, c’est se tirer inutilement une balle dans le pied.

taubira buisson

Extrait de la correspondance mail entre membres de l’association Anticor

Mieux, les échanges montrent aussi qu’Anticor a été en relation avec le cabinet de Christiane Taubira pour gérer la crise. Le cabinet de la ministre a en effet demandé à Anticor des éléments sur l’implication de la ministre dans l’association, laquelle indiquera que Taubira se contentait d’assister à quelques réunions et remises de prix. De plus, la communication vers la presse sera plus ou moins coordonnée entre la chancellerie et l’association, tout en évitant soigneusement de rencontrer la ministre en personne.

Si Anticor explique que Taubira n’intervenait en rien dans ses décisions, si l’association coincée par une tribune de La Garde des Sceaux ne lui a jamais prié de quitter le comité de parrainage pour ne pas sembler la désavouer, l’association a néanmoins fini par modifier ses statuts et discrètement supprimer le fameux comité de parrainage. Une attitude qui ne fleure pas tellement la transparence…