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Brexit : la loi sur la sortie de l’Union européenne en débat à Westminster

Le projet de loi révoquant la loi de 1972 sur l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté économique européenne et donnant aux ministres le pouvoir de transposer, là où c’est nécessaire, l’acquis législatif européen dans les textes britanniques, a été adopté lundi en deuxième lecture par la Chambre des communes.

La procédure législative n’est toutefois pas terminée, et le Premier ministre Theresa May n’est pas assurée du résultat final, car la majorité de lundi est fragile et n’a été rendue possible qu’en raison du vote dissident de certains députés travaillistes qui n’ont pas voulu se plier aux consignes de Jeremy Corbyn, le chef du Labour. Celui-ci appelait à voter contre. Le camp gouvernemental a lui aussi été affecté par une rébellion et une partie des Tories n’ont apporté leur soutien à ce projet de loi qu’à la condition de donner au Parlement un droit de veto sur l’accord final entre le Royaume-Uni et l’UE. Au total, 157 amendements ont été déposés, y compris par des « conservateurs » pro-UE.

Certains, dans la majorité comme dans l’opposition, rêvent même déjà d’un veto du Parlement de Westminster suivi d’un deuxième référendum sur le Brexit !

Jeremy Corbyn voudrait, en dépit du vote des Britanniques dans le référendum sur le Brexit, préserver l’appartenance du Royaume-Uni au Marché unique et la libre circulation des personnes. Son illustre prédécesseur à la tête du Labour, l’ancien Premier ministre Tony Blair, propose encore autre chose. Il a rédigé un rapport où il avance que le Royaume-Uni pourrait reprendre le contrôle de son immigration sans sortir de l’UE. Il s’agirait par exemple d’exiger que les travailleurs des autres pays de l’Union aient déjà une proposition d’emploi avant de pouvoir se rendre en Grande-Bretagne pour y travailler, et d’interdire à ceux qui n’ont pas de travail de louer un logement, d’ouvrir un compte en banque ou d’accéder aux prestations sociales. De telles propositions suscitent un certain étonnement de la part de celui qui, Premier ministre, avait immédiatement ouvert en grand le marché du travail britannique aux citoyens des anciens pays de l’Est qui ont adhéré à l’UE en 2004. Les règles européennes ne l’y obligeaient pourtant pas, il aurait pu reporter l’ouverture du marché du travail du Royaume-Uni de plusieurs années comme l’ont fait, par exemple, l’Allemagne et la France. 

Un autre sujet d’inquiétude pour les partisans d’un retour à la souveraineté du Royaume-Uni, ce sont les projets de participation à la politique de défense commune de l’UE, confirmés par le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson dans un article publié mardi dans The Times. Cela va même jusqu’à ne pas exclure « que des troupes britanniques servent sous des structures de commandement de l’UE et de continuer à contribuer au budget des affaires étrangères de l’UE ».

Pour l’association de vétérans Veterans for Britain, qui avait fait campagne pour le Brexit, cela reviendrait à « abdiquer les pouvoirs en matière de défense » et à « trahir les électeurs britanniques ».

Les électeurs ont mal voté et les élites pro-UE se démènent comme elles le peuvent pour corriger le tir.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 14 septembre 2017