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Macron comme artisan et seul bénéficiaire de la scission chez les Républicains

Chez les Républicains, lors des législatives, il y avait trois campagnes en une. Il y avait celle favorable à la majorité, une autre rassemblant ceux qui étaient contre et, enfin, la troisième, ceux qui n’étaient ni pour ni contre, bien au contraire. Il était peu probable que, dans la nouvelle Assemblée, ils puissent faire groupe commun. Il y aura donc deux groupes de députés LR. Nous trouverons donc des Républicains canal historique, dans l’opposition, probablement avec le même président, Christian Jacob, d’autres dans la majorité, les « constructifs » pro-Macron, autour de Thierry Solère (photo) qui en est l’architecte et qu’il dirigera peut-être si, d’ici là, il n’est pas promu ministre.

Cela s’appelle une scission. L’artisan en est Emmanuel Macron lui-même, LR ayant réagi comme il l’espérait. Il avait besoin de soutiens plus nombreux à droite pour atténuer le rose vif de son attelage majoritaire et de son entourage, il a donc fait son marché parmi les Républicains, épargnant la présence de candidats d’En marche aux uns, en imposant aux autres, les premiers ont été élus pour la plupart, presque tous les autres ayant été renvoyés dans les ténèbres extérieures de la défaite.

On ne s’étonnera donc pas que ce soient les protégés de l’Elysée qui aient constitué un groupe à son service. Dans la « nouvelle » politique, cela s’appelle un « renvoi d’ascenseur » comme… dans l’ancienne. Evidemment, les autres qui étaient hier encore leurs compagnons voient en eux des traîtres alors que, eux aussi, comme leurs frères désormais ennemis, ont voté Macron au second tour de l’élection présidentielle, mais c’était alors pour « sauver la République » contre Marine Le Pen, ça ne compte donc pas…

Sans même parler de morale politique, les ralliés à la majorité nouvelle, à l’évidence, font un mauvais calcul à court terme dont ils finiront par être les victimes. Si Macron réussit son quinquennat, ce dont nous doutons, ils n’en tireront aucun profit, ils n’auront été que l’appendice inutile d’une majorité macroniste qui n’aura pas eu besoin d’eux pour accomplir le programme du chef de l’Etat. S’il échoue aussi lamentablement que François Hollande, ce qu’on ne saurait exclure, ils seront, en revanche, considérés comme associés à la défaite et coresponsables, ce qui leur interdira de se présenter comme un recours dans le cadre d’une alternance.

Est-ce à dire que les autres, qui campent dans l’opposition, seront mieux lotis dans cette dernière perspective ? D’abord, rien ne dit qu’ils maintiendront cette opposition tout au long de la législature, l’attrait de prébendes et de maroquins exerçant toujours une certaine fascination sur la gent parlementaire. Mais, surtout, ceux qui composent ce groupe, ce sont les vétérans du sarkozysme, quand ce n’est pas du chiraquisme, les Copé, Woerth, Accoyer, Jacob, etc. Ils ne peuvent proposer, pour succéder un jour au pouvoir, que la restauration de ce dont les Français ne veulent plus, ayant congédié les têtes d’affiche d’hier, les Sarkozy, Juppé, Fillon. 

Le salut du pays ne passe ni par les uns, ni par les autres, la complicité comme la restauration sont des impasses, l’opposition ferme et résolue de la droite nationale seule ouvre un avenir un pour le pays.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 22 juin 2017
sous le tire « Scission chez les Républicains »