Un antiracisme coupable du délit de bêtise…, par Philippe Bilger

Eschyle censure antiracisme

Des étudiants et des militants de la cause noire ont empêché par la force la tenue d’une pièce d’Eschyle, Les Suppliantes, au motif que des acteurs blancs portaient des masques sombres ou étaient grimés en noir” (Le Monde).

Ces étudiants appuyés et soutenus par le CRAN jamais en retard d’un combat absurde dénonçaient le “blackface”, un procédé qui consistait à exhiber et à ridiculiser des Noirs pour amuser les Blancs.

Pour le metteur en scène Philippe Brunet, helléniste passionné, il s’agit “d’une forme d’ordre moral imposé de force“. Il récuse à juste titre l’accusation d’avoir voulu tourner en dérision les Noirs alors que dans le théâtre antique, le masque est constamment utilisé et que faute de budget et de temps, il n’a pu faire porter aux comédiens les masques dorés initialement prévus.

Par ailleurs, la tragédie d’Eschyle est aux antipodes du sarcasme et de la discrimination : elle se contente d’être une grande oeuvre universelle.

Philippe Brunet, la pièce ayant dû être annulée, s’interroge sur un dépôt de plainte ou non. Ces censeurs se rengorgeant face au succès de leur intervention, la plainte marquerait un coup d’arrêt et l’expression du refus de céder à cette scandaleuse intimidation (Le Figaro).

Que tirer de cette lamentable péripétie ?

D’abord l’absence de culture, radicale, de ces étudiants et militants. Ils ignorent tout et ont remplacé le savoir par un esprit vindicatif compulsif mettant sur le même plan des démarches douteuses et racistes qui ont existé et des manifestations honorant le théâtre et n’offensant en aucun cas ce qu’ils sont.

C’est de la bêtise dans sa quintessence.

Mais, comme ce groupuscule et le CRAN sont prétendus progressistes, de gauche et forcément admirables puisqu’ils mettent en cause un racisme, aussi imaginaire soit-il, ils ne sont pas traités comme ils le mériteraient : pour des ignares que l’idéologie a rendu délirants. Il y a encore un zeste de révérence pour ces obsessionnels de la race. Au point de faire ressembler leur antiracisme à une lamentable pantalonnade tristement contre-productive.

Tentons de deviner quelles seraient les réactions si l’extrême droite ou le catholicisme conservateur, face à d’authentiques indignités, se révoltaient et faisaient annuler une pièce emplie de toutes les nauséabondes audaces que l’air du temps adore : la prévision est facile, ce serait un lynchage politique et médiatique contre ces rustres incapables d’apprécier les vrais, les grands spectacles.

Deux poids deux mesures à l’évidence.

Cessons de gratifier en l’occurrence ces étudiants et le CRAN de quoi que ce soit d’autre que de bêtise !

Il faudrait inventer ce délit pour eux.

Philippe Bilger

Texte repris du site Philippebilger.com

Pièce d’Eschyle annulée pour « racisme »: le masque noir des antiracistes

L’Unef, le Cran et d’autres associations « antiracistes » habituées des combats vides de sens ont empêché une pièce antique et humaniste, Les Suppliantes d’Eschyle, de se jouer. Le réalisateur Philippe Brunet est accusé du délit de « blackface » au motif que certains des acteurs portent des masques noirs…

La censure décoloniale tente une fois de plus d’imposer sa tyrannie, jouant de son discours victimaire permanent pour étouffer l’art, la culture, la pensée. Dernier exploit en date, avoir empêché par la force la représentation des Suppliantes d’Eschyle à la Sorbonne, lundi 25 mars. Tout à leur obsession de la couleur de peau, de la surface, de ces apparences au-delà desquelles ils sont incapables de voir, ils veulent faire taire ce qu’ils ne parviennent pas à comprendre. Ils sont une injure à l’intelligence, un danger pour la liberté, une menace pour l’idée même de civilisation.

L’inquisition antiraciste

Rendez-vous compte de ce qui les dérange. Dans une université de lettres classiques, lors d’un festival nommé les Dionysies, des acteurs vont jouer une pièce ancienne à l’ancienne. Comme au temps du miracle grec ils monteront sur scène porteurs de masque, blancs pour les habitants d’Argos, noirs pour les personnages venus d’Égypte. Opposition simpliste ? Nullement. Aujourd’hui comme il y a 25 siècles, les masques noirs sont aussi bien pour les héroïnes que pour leurs cousins qui les poursuivent, et l’on apprendra d’ailleurs qu’ils sont tous descendants d’une princesse d’Argos – masque blanc – et de Zeus en personne.

Imaginons un instant que des étudiants d’extrême droite montent un commando pour interdire une pièce de théâtre sous prétexte que des acteurs Noirs y seraient grimés en Blancs. J’ose croire que le tollé serait général, et les sanctions rapides ! Heureusement, d’ailleurs. Mais alors pour quelle raison l’image « en négatif » de cette situation n’a-t-elle pas les mêmes conséquences ? Est-ce à croire qu’il y aurait entre Noirs et Blancs une telle différence qu’il faille leur appliquer des justices différentes ? Que ce qui est interdit aux uns doive être permis aux autres, selon le seul critère de l’épiderme ? Voilà ce qui serait véritablement raciste !

Nous pensions nous être délivrés du poids de l’inquisition, du pape fou qui vandalisait les statues antiques pour cacher leur nudité, des autodafés dévorant dans leurs bûchers les tableaux et les livres, des brutes fascistes attaquant les théâtres. Plus de cela chez nous ! Erreur. L’hydre immonde de l’obscurantisme rampe toujours, et relève certaines de ses têtes abjectes.

Senghor reviens, ils sont devenus fous

Il est question de masques de théâtre, eh bien les masques tombent : la Ligue de défense noire africaine, la Brigade anti-négrophobie, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) et l’Unef, en s’unissant pour bloquer l’entrée d’une université et interdire une pièce millénaire et profondément humaniste, se placent résolument du côté de la barbarie et de l’arbitraire.

Ô Senghor, qu’ont-ils fait de tes combats ? Ils sont ton antithèse.

Barbarie : rentiers d’un antiracisme de façade, ils courent le risque à force d’excès de décrédibiliser une juste cause, qu’ils prétendent servir mais dont ils ne font que se servir.

Ils sont le pendant de ceux qui reprochaient à Mathilde Edey Gamassou d’être métisse, et ne voyaient de Jeanne d’Arc que la couleur de peau, ignorant la foi, l’ardeur, le courage. Charybde et Scylla.

Arbitraire : il n’est qu’à lire leurs pathétiques tentatives de justification pour constater leur désir de totalitarisme : ils n’auraient rien contre la liberté d’expression, disent-ils, puisque s’ils empêchent une mise en scène par la menace de violence, ils en acceptent une autre de la même pièce mais dont le « parti-pris » convient à leur idéologie.

Voilà qui est aussi absurde qu’hypocrite ! Défendre la liberté d’expression, c’est défendre le droit de chacun de dire qu’il n’est pas d’accord avec nous. Plus encore : c’est défendre son droit d’essayer de convaincre les autres que nous avons tort.

Pour lire la suite, c’est ici !

Aurélien Marq

Article paru sur Causeur daté du 28 mars 2019

«Blackface» à la Sorbonne : Jean-Yves Le Gallou face à Louis-Georges Tin

28/03/2019 – FRANCE (NOVOpress)
RT France a organisé un débat avec Jean-Yves Le Gallou, fondateur de l’Institut Polémia, et Louis-Georges Tin, président du Cran.

Sur le plateau de la chaîne d’info, ils débattent de l’annulation de la pièce de théâtre antique Les Suppliantes à la suite du blocage d’activistes de la communauté noire.


L’idéologie antiraciste a encore frappé, cette fois contre le théâtre grec antique

28/03/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le syndicat étudiant l’Unef a obtenu avec l’aide d’associations antiracistes l’annulation de la tragédie d’Eschyle « les Suppliantes ». Motif : la mise en scène de Philippe Brunet, spécialiste du théâtre grec, est « afrophobe, colonialiste et raciste » : certains comédiens sont grimés en noir ! La cabale a rondement été menée par le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) qui accuse le metteur en scène de « propagande coloniale ».

La direction de la Sorbonne n’a pas digéré ces attaques. Elle a défendu la troupe dans un communiqué dans lequel elle précise qu’« empêcher, par la force et l’injure, la représentation d’une pièce de théâtre est une atteinte très grave et totalement injustifiée, à la liberté de création ».

Mais cela n’a pas suffi.


Nicolas Sarkozy s’affiche ostensiblement au théâtre où est jouée la pièce de BHL

Nicolas Sarkozy s'affiche ostensiblement au théâtre où est jouée la pièce de BHL

13/09/2014 – PARIS (via BFMTV)
Plus qu’une virée au théâtre, un signe politique fort. En effet, Nicolas Sarkozy n’a pas choisi par hasard le théâtre de l’Atelier où est jouée la pièce de Bernard-Henri Lévy pour s’afficher ostensiblement dans l’assistance, en présence de sa femme Carla Bruni. Les caméras de télévision ont pu nous montrer un BHL accueillant le couple Sarkozy à la descente du véhicule. Mais surtout, à la sortie du théâtre, on peut voir les liens amicaux très forts entre Sarkozy et BHL. Logique pour ceux qui il y a trois ans ont plongé par exemple la Libye dans un chaos tel que ça participe du flot quotidien de clandestins débarquant en Europe…

Cette sortie de Sarkozy pour assister à la pièce de BHL indique surtout que l’éventuel futur candidat à l’élection présidentielle s’éloigne de la ligne Buisson qu’il avait pourtant fait sienne en 2007 et 2012 et affiche sa véritable nature, celle d’un centriste qui veut l’ouverture à gauche.

Une compagnie de théâtre se bat contre Coca-Cola

Une compagnie de théâtre se bat contre Coca-Cola

02/07/2014 – NANTES (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
La compagnie de théâtre nantaise, Royal de Luxe, a décidé de déclarer la guerre au géant agro-alimentaire Coca-Cola. Royal de Luxe est connue pour ses spectacles de rue avec ses marionnettes géantes. En 2012, Coca-Cola propose à la compagnie un partenariat. La multinationale imagine un spot publicitaire avec un père Noël de 12 mètres de haut. La compagnie nantaise refuse, en disant qu’elle a toujours refusé de se mettre au service d’une entreprise commerciale.

Coca-Cola ne se laisse pas abattre et décide de tourner cette publicité tout de même. La compagnie décide alors de porter plainte contre le géant américain en parlant d’injurieuse usurpation. Même si la compagnie de théâtre ne possède aucun droit de propriété intellectuelle sur le personnage de Santa Claus, elle accuse Coca-Cola d’avoir volé le concept et toute la technique d’animation des marionnettes.

Photo : Bâtiment du World of Coca-Cola à Atlanta (USA). Crédit : Disavian via Wikipédia (cc).

Avignon : le festival Off aura bien lieu

Avignon : le festival Off aura bien lieu

24/06/2014 – AVIGNON (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
Le bureau du festival Off d’Avignon confirme dans une lettre adressée lundi au public que les compagnies monteront sur scène du 5 au 27 juillet malgré la mobilisation des intermittents et les menaces de grève. Les compagnies monteront sur scène parce qu’« elles n’ont pas d’autre choix : tirer un trait sur une année d’investissement humain et financier et sur les tournées qui se décident pendant le Off équivaudrait à faire une grève de plusieurs mois qui, immanquablement, les condamnerait à disparaître ». On rappellera que ces saltimbanques du festival d’Avignon avaient déclaré ne pas vouloir se produire si le Front national remportait les élections municipales. C’est à se demander si « travail » et « intermittent » font bon ménage ?

Photo : Palais des papes à Avignon. Crédit : Jean-Marc ROSIER via Wikipédia (cc).

Clément Méric : les Japonais de la rue Saint-Guillaume

Clément Méric : les Japonais de la rue Saint-Guillaume

Les antifas cagoulés et armés dont faisait partie Clément Méric. Crédit photo : DR

11/06/2013 – 18h45
PARIS (via Polémia) – Une mort inutile. En 1974 le monde découvrait l’odyssée d’Hiro Onoda, ce soldat japonais caché dans la jungle de l’île de Lubang et qui continuait la guerre du Pacifique tout seul, ne sachant pas que le Japon avait capitulé en 1945. En juin 2013, à l’occasion de l’émotion causée par la mort de Clément Méric, on découvre qu’il existe encore des « militants antifascistes », 68 ans après la disparition du fascisme en 1945. Là s’arrête la similitude, hélas.

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Non, Luchini n’est pas Alceste !

Non, Luchini n’est pas Alceste !

Désormais, parce qu’il est réac revendiqué, parce qu’il prétend qu’il vaut mieux « être indépendant que branché », Luchini, à droite, est devenu comme une évidence. D’autant plus qu’il joue son propre personnage sur la scène. Dans Alceste à bicyclette (copie d’écran en Une), il est sur ses terres à l’Ile de Ré, et il est un « méchant » absolument jubilatoire. Mais ne vous y fiez pas : Luchini n’est pas Alceste !

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« Sur le concept du visage du fils de Dieu », la pièce qui divise (aussi) les évêques bretons

«Sur le concept du visage du fils de Dieu », la pièce qui divise (aussi) les évêques bretons


04/11/2011 – 10h00
RENNES (NOVOpress Breizh) – « Sur le concept du visage du fils de Dieu », la pièce de Roméo Castellucci jugée blasphématoire par de nombreux catholiques sera jouée à Rennes du 10 au 12 novembre. Des représentations données sous haute surveillance policière et sur fond de désaccord entre deux évêques bretons comme cela a été le cas pour la représentation à Paris.

Présentée lors du dernier festival d’Avignon, la pièce a déclenché la semaine passée à Paris de nombreuses manifestations de la part des militants royalistes d’Action Française et des catholiques de l’Institut Civitas qui la jugent blasphématoire et christianophobe.

Mgr d'Ornellas : "Manifester contre Castellucci est une erreur de perspective. "

Qu’en est-t-il exactement ? Dans une chronique de France Culture, la critique Joëlle Gayot parle ainsi de la pièce : « Devant nos yeux, sur une immense toile tendue, le visage du Christ nous observe. Au pied de cette peinture, une scène terrible se passe. Un vieil homme se trouve là, diminué, impotent. Son fils en costard cravate s’apprête à partir travailler. Le vieillard fait sur lui. Il pleure, murmure ‘ pardon, excuse moi’. Son fils le nettoie, change sa couche. La même scène se reproduit plusieurs fois. Le vieillard défèque, il sanglote. Le fils le change, hurle, pleure. Puis le spectacle bascule. C’est le visage du Christ qui est l’objet des regards. Le fils colle sa bouche sur la toile et l’embrasse. Des enfants arrivent qui balancent des grenades sur l’immense visage avant que le vieillard lui même ne grimpe dessus pour y déverser ses propres excréments. Le spectacle s’achève sur ses mots écrits « Tu es mon berger ».

« Une pièce devant laquelle le Tout-Paris cultureux se pâme. Très audacieuse, si si si, elle consiste essentiellement à tout tartiner de merde, y compris un portrait du Christ. » écrit Catherine Ségurane, sur le site Agoravox.

Mgr d’Ornellas, archevêque de Rennes, ne trouve quant à lui rien à redire à l’œuvre de Castelluccci. Dans un communiqué, il écrit : « J’ai lu Castellucci qui confesse (sic) : « j’ai toujours été fasciné par l’image du Christ ». Ne nous trompons pas de combat en luttant contre une christianophobie à laquelle on veut nous faire croire. Les chrétiens, eux, croient au Christ, Fils de Dieu. Vivre selon leur foi est leur vrai combat quotidien, dans l’amour qui écoute le cri des chercheurs de Dieu. Manifester contre Castellucci est une erreur de perspective. »

Mgr Centène : "Je félicite et j’encourage tous ceux qui, en cohérence avec leur foi, n’hésitent pas à agir publiquement"

Un point de vue que ne partage manifestement pas Mgr Centène, qui a apporté son soutien aux manifestants parisiens. Dans une lettre adressée à François de Penfentenyo, président de l’institut Civitas, reproduite par le Salon beige, l’évêque de Vannes écrit : « Comme vous le faites justement remarquer, les manifestations soi-disant culturelles et artistiques attaquant le Christ et son Église sont en hausse constante. A l’heure où, en de nombreux pays, les chrétiens subissent, au seul motif de leur foi, de multiples vexations quand leur vie n’est pas tout simplement mise en péril, il me semble effectivement nécessaire de réagir avec fermeté(…)Alors que nos frères, en de nombreux endroits, font face avec courage et détermination pour maintenir le trésor de la foi malgré le danger, je ne peux que soutenir toute action visant à défendre, avec charité et fermeté, l’honneur du Christ et de l’Église. »

Et Mgr Centène de conclure : « Je félicite et j’encourage tous ceux qui, en cohérence avec leur foi, n’hésitent pas à agir publiquement, et qui, bien que n’usant pas de violence, aussi bien verbale que physique, sont emmenés par les forces de police et placés en garde à vue, alors qu’ils manifestent, en toute justice, leur désapprobation face à des spectacles dont l’ignominie dépasse l’entendement même. »

A l’appel de plusieurs mouvements catholiques une manifestation est prévue le 10 novembre à 18 h 30 devant le théâtre national de Bretagne. Absente la plupart du temps dans les quartiers dits « sensibles » de Rennes, la police sera bien au rendez-vous : « Un service d’ordre extrêmement puissant sera présent à l’extérieur du Théâtre national de Bretagne, rue Saint-Hélier, afin d’éviter tout contact entre manifestants et spectateurs. Des policiers, il y en aura aussi dans la salle. Au moindre dérapage, les fauteurs de trouble seront interpellés, des poursuites seront engagées » » déclare à Ouest-France le directeur du théâtre François Le Pillouër. De quoi se protéger contre ce que Monseigneur d’Ornellas appelle une « erreur de perspective ».

Crédit photos  : Mgr Pierre d’Ornellas, Pymouss, licence cc. Monseigneur Centène, archives NOVOpress Breizh.