Marine Le Pen dénonce l'”amateurisme total” du gouvernement

19/12/2018 – FRANCE (NOVOpress)
La présidente du Rassemblement national est revenu ce mercredi 19 décembre sur le couac de Matignon à propos des mesures pour le pouvoir d’achat. Pour rappel, les Français ont été surpris en apprenant l’annulation d’annonces faites un mois plus tôt, avant que celles-ci ne soient finalement rétablies….

Marine Le Pen a ainsi commenté :

On va mettre beaucoup d’énergie à essayer de comprendre où on en est, parce que le moins que l’on puisse dire c’est que ce gouvernement d’experts et d’économistes qu’on nous avait vendu fait preuve d’un amateurisme absolument total.
On annonce des mesures et puis on les retire puis on annonce qu’elles sont rétablies et ce à peu près dans l’intégralité des domaines. Ils (les membres du gouvernement, ndlr) n’ont aucune vision globale parce qu’en réalité ils ne savent pas où ils vont. Ils réagissent à une actualité mais ils n’ont pas une idée précise de là où ils veulent mener le pays

Hausse pour les salariés au Smic, annulation de la hausse de la CSG, défiscalisation des heures supplémentaires, défiscalisation de la prime de fin d’année, annulation des taxes carburants… Les mesures annoncées par Emmanuel Macron coûteront 10 milliards d’euros. “C’est insuffisant”, estime Marine Le Pen.

Dix milliards d’euros, c’est la moitié du CICE, c’est la moitié des cadeaux monstrueux qu’on a faits aux grandes entreprises auxquelles on n’a même pas exigé en contrepartie qu’elles créent de l’emploi ou qu’elles en maintiennent.


Gilets jaunes : Macron doit céder, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron doit céder. Il doit annoncer, tout de suite, l’abandon des taxes supplémentaires sur le carburant prévues au 1 er janvier. Le geste d’apaisement aurait même dû intervenir dès ce lundi matin. Ce recul ne sera pas la fin du monde, contrairement à ce qu’annoncent des écolos illuminés : la France n’émet qu’1% du CO2 mondial et, dans ce minuscule pourcentage, la voiture ne participe pas même à la moitié du gaz rejeté. Un entêtement du chef de l’Etat à “maintenir le cap” n’est plus tenable, sauf à vouloir attiser une folle stratégie du chaos, au nom d’un orgueil immature. L’insurrection populaire des Gilets jaunes a atteint, samedi, un degré de violence insupportable. Les ultras, de droite, de gauche et des cités, ont largement contribué aux saccages et aux pillages. Une troisième mobilisation nationale, samedi prochain, risquerait de livrer Paris aux armes mortelles de la guerre des rues.

Déjà, samedi, quelques halls d’immeubles d’habitation ont été la cible d’incendiaires. Tous les Gilets jaunes ne sont pas devenus enragés. Mais beaucoup d’entre eux font le constat, navrant, de n’espérer être entendus du Pouvoir qu’en se radicalisant toujours davantage. Devant cette France incandescente, il revient au président de la République d’abandonner sa posture volontariste. Macron est désormais attendu sur sa capacité à se réconcilier avec une société civile en rupture. L’urgence est de redonner au peuple en colère sa place dans la vie politique.

“Paris est fragile !”, jubilaient, samedi soir boulevard Malesherbes, des éléments de l’ultragauche ayant pris possession de la voie abandonnée par les forces de l’ordre. Ici, trois personnes auront suffi à construire un barrage. De fait, la capitale s’est révélée vulnérable, proie facile de commandos organisés. La décision de bloquer totalement l’accès aux Champs-Elysées à partir de la Place de l’Etoile a été l’occasion pour les Gilets Jaunes de se masser devant l’Arc de Triomphe, avant de l’abandonner dans l’après-midi à des casseurs de l’ultragauche et des cités. Parmi les slogans peints sur le monument : “L’ultradroite perdra”, “Justice pour Adama”, du nom d’un jeune homme, Adama Traoré, décédé au cours d’une interpellation policière.

Reste que beaucoup de Gilets jaunes n’ont pas jugé utile de se désolidariser des éléments les plus sauvages, voire de s’y opposer. Dans ce contexte, le gouvernement serait irresponsable s’il devait donner prétexte à une autre démonstration de force des insurgés. Ceux-là seraient néanmoins bien inspirés de s’inquiéter de l’image qu’ils sont en train de donner à cette révolte très française, toujours soutenue largement pas l’opinion. La Marseillaise, fréquemment entonnée par la foule, illustre la puissance de l’imaginaire révolutionnaire et la force patriotique du mouvement. Cependant il est urgent que les femmes, très présentes, modèrent la colère aveugle qui se prête aux infiltrations des loups.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Gilets jaunes – Nicolas Dupont-Aignan : “Christophe Castaner est un incompétent et un cynique”

03/12/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, président de Debout la France, était l’invité politique du Grand Matin Sud Radio.

Deux jours après une nouvelle manifestation des Gilets Jaunes marqués par des scènes de violence sur les Champs-Élysées, Nicolas Dupont-Aignan a mis en cause la responsabilité du gouvernement et du ministre de l’Intérieur.

J’ai demandé la démission de Christophe Castaner, qui est un incapable et un cynique. C’est inadmissible ce qui s’est passé, il fallait protéger l’Arc de Triomphe. Pourquoi n’était-il pas protégé ? On nous prend pour des imbéciles. Comment une préfecture de police, qui connaît par cœur les casseurs, notamment d’extrême-gauche, a pu laisser des rues de Paris comme ça ?

Le député de l’Essonne voit dans ce mouvement des Gilets Jaunes “la France qui se lève” : “Ce n’est pas la question de la droite ou de la gauche, mais d’un peuple qui doit pouvoir vivre. Et pour vivre, il faut pouvoir changer de politique. On est en concurrence avec des esclaves, en Bulgarie, en Chine ou ailleurs. On a supprimé toutes les protections et les Français commencent à vivre comme des esclaves eux aussi.”

Derrière les casseurs, Nicolas Dupont-Aignan voit l’œuvre de “racailles de banlieues” :

J’ai vu des gens formidables, des Français comme les autres, qui manifestaient paisiblement. J’ai vu de la racaille de banlieue qui venait piller les magasins. Peut-être parce qu’elle avait des ordres, la police ne faisait rien. Par contre, le retraité, la police lui mettait des coups de matraque et lançait le canon à eau. J’ai peur de l’engrenage. Je trouve le gouvernement irresponsable. Je crains qu’il y ait une liaison entre la racaille des banlieues et les casseurs et que tout ça finisse très mal. Je suis très sévère avec le président de la République qui me fait penser à ces pyromanes déguisés en pompiers.


Les Gilets jaunes, c’est la France des ronds-points et des péages

Comme il est difficile d’être un représentant des Gilets jaunes ou un porte-parole des blocages ! A peine un membre est-il nommé qu’il est aussitôt déprécié. Il en fut ainsi pour la délégation des huit « gilets jaunes » qui affirmait vouloir nouer un contact « sérieux » avec le gouvernement (au total ils ne furent que deux à rencontrer le ministre de la Transition écologique). De nombreux participants actifs considéraient qu’ils n’étaient pas représentatifs pour parler de baisse des taxes et de création d’une « assemblée citoyenne ».

Alors comment trouver une véritable représentativité, celle-ci devenant de plus en plus nécessaire à la structuration de ces multiples rassemblements ?

Un responsable local des Gilets jaunes interrogé par CNews a peut-être, sans le vouloir, apporté une réponse.

A la question « Irez-vous samedi 1er décembre à Paris ? », il a répondu :

« Non, nous resterons ici sur notre rond-point car ici on se connaît et on peut mieux organiser des ripostes. »

On le voit, la confiance est le maître-mot des Gilets jaunes. Cette nouvelle appellation militante ne croit plus dans les partis politiques, dans les gouvernants et dans les syndicats, tout simplement parce que depuis 40 ans les corps constitués n’ont fait que les tromper. Aujourd’hui leur croyance est circonscrite là où ils se retrouvent, sur les carrefours et sur les péages. Ils ont besoin de dialoguer entre eux, de se retrouver, de s’apprécier, de recréer des attaches fortes. Comment des saltimbanques de l’audiovisuel, amis des puissants et chéris des médias, pourraient-ils les comprendre, eux qui touchent en un mois ce que ceux d’en bas n’arrivent pas à gagner en deux ans, voire plus ?

Des qualités humaines

La méfiance est une des constantes de cette majorité de ruraux. Ils ne créent un lien et font crédit à l’autre que si celui-ci est en interaction avec leur combat. C’est pour cette raison qu’ils apprécient l’aide des citoyens qui les ravitaillent en vivres, en ustensiles de cuisine ou en matériel de couchage.

La solution pour trouver dans cette configuration des mandataires est difficile mais elle existe. Tout l’édifice repose sur les « chefs » des grands ronds-points. Ils doivent constituer l’ossature de cette révolte. Certes, ils n’auront pas les connaissances suffisantes pour résister à la dialectique d’un énarque mais ils auront des qualités humaines supérieures : l’abnégation, l’engagement, la ténacité, la confiance de leurs affidés. De plus, en 15 jours le groupe aura eu le temps de reconnaître celui qui se sera mis en avant par sa droiture, son honnêteté et sa bienveillance. Une personne non pressentie par un média ou un politique mais par l’ensemble du clan.

Lui seul pourra porter efficacement les revendications de cette population qu’il connaît et qu’il solidarise. Ensuite, intégré aux milliers d’autres locaux semblables à lui, il pourra avec eux débattre lors d’un grand week-end pour désigner les représentants nationaux. Certes, ce ne sera pas facile, chacun tirant à hue et à dia, mais impérativement à la fin des deux jours un conseil représentatif devra être nommé et un responsable validé. Alors cette assemblée hétéroclite s’accordant par capillarité sur des noms deviendra crédible. N’oublions pas que derrière les Gilets jaunes, c’est l’espoir de tout un peuple qui se dresse (84 % des Français trouvent le mouvement justifié). Il serait déplorable que ce soulèvement soit annihilé par des disputes de bas étage que les médias se feraient un plaisir de rapporter et dont seul l’Etat profiterait.

Guillaume Bernadac

Article paru dans Présent daté du 30 novembre 2018

Gilets jaunes : Non, sire Macron, ce n’est pas une révolte, c’est une révolution, par Francis Bergeron

Le président Macron a la tête bien faite. Il a un plan rationnel pour le redressement de la France, qui passe par des étapes précises : d’abord le retour dans le vert des comptes des entreprises. Nous y sommes à peu près. Puis la réforme de l’appareil d’Etat. Elle est annoncée, avec une réduction du nombre de fonctionnaires, et une simplification des procédures administratives. Cette étape sera atteinte à la fin de son quinquennat. Nous entrerons alors dans une troisième étape, qui correspondra à son second quinquennat : la marche vers le plein emploi, l’augmentation du pouvoir d’achat. Il est à craindre (pour lui) qu’il ne voie jamais cette troisième étape. Et même la deuxième étape est déjà en train de se gripper. L’exécutif est tellement affaibli que la macronie pourrait tomber dans l’apathie hollandaise. Mais rien n’exclut non plus que la tête de Macron ne finisse au bout d’une pique.

Depuis deux siècles on berce notre imaginaire avec la colère du peuple, qui finit bien, quand elle se termine en révolution. La révolte est partie d’une fiscalité punitive sur les carburants, pénalisant d’abord ceux qui travaillent, ceux qui vivent en banlieue et en province, ceux qui se lèvent tôt, comme disait Sarkozy. Une fiscalité pour supporter aussi notre part de charges migratoires, le coût d’une transition énergétique, née de l’idéologie écologique, le coût d’un Etat obèse, les coûts de la Communauté européenne, et alors même que la croissance, dans le monde, se ralentit, et qu’à l’heure des comptes chacun découvre que son pouvoir d’achat a chuté ces dernières années.

Pour éviter que la révolte ne se transforme en révolution, il faudrait que Macron baisse les pouces sur les carburants. Un Sarkozy, un Mitterrand, un Chirac, et même peut-être un Hollande, l’auraient compris, car ce sont des animaux politiques. Mais Macron ? Il n’en prend pas le chemin ? Tant pis pour lui. Car avec les Gilets jaunes, il est fort possible que nous assistions à un événement d’une portée inédite, qui pourrait bel et bien renverser la table.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 27 novembre 2018

Révolte des Gilets Jaunes : l’histoire est bien le lieu de l’imprévu !

Le grand historien Dominique Venner aimait à dire que « l’histoire est le lieu de l’imprévu ». La révolte des Gilets Jaunes le démontre une fois de plus.

En Europe, la révolte des peuples contre le Système oligarchique qui les met en servitude, a pris avant tout une tournure identitaire et anti-immigration.

C’est pourquoi les pays du groupe de Visegrad sont entrés en dissidence contre l’Union Européenne. Et c’est la question migratoire qui explique l’opposition croissante à Mme Merkel en Allemagne et la victoire de la Ligue du Nord et du mouvement Cinq Etoiles en Italie. Comme elle explique pour une part aussi le vote britannique pour le Brexit.

Révolte sociale en France

En France le moteur de la crise est social : la France invisible, celle que le Système a rejeté dans les ténèbres périphériques, a revêtu un gilet jaune qui la rend visible, parce qu’elle a tout simplement de plus en plus de difficultés à vivre décemment.

Parce qu’elle voit son niveau de vie diminuer, parce qu’elle paye de plus en plus d’impôts et de taxes, parce que l’ascenseur social ne fonctionne plus et parce que l’Etat, si complaisant vis-à-vis des racailles, ne la protège plus. Parce que personne ne répond plus à son angoisse.

Il y a bien sûr un lien entre la question identitaire et la question sociale. La France invisible souffre d’autant plus qu’elle sent bien que le Système a plus d’égards pour les immigrants, surtout entrés irrégulièrement en France, que pour elle.

Mais la question migratoire n’a pas été pour autant mise en avant par les Gilets Jaunes : dommage pour le Pouvoir qui se préparait déjà à pourfendre la « xénophobie » ou la « peste brune [1]» !

Les astrologues n’ont rien vu venir

Evidemment les écrans de nos télévisions sont, depuis samedi dernier, pleins d’experts qui nous « expliquent » la révolte des Gilets Jaunes. Comme des météorologues qui nous présentent le temps qu’il fera ….hier.

Mais à vrai dire personne n’avait prévu l’ampleur de la réaction populaire.

Surtout pas l’oligarchie, qui vit dans sa bulle, dans ses « résidences de standing » protégées par les digicodes ou dans ses palais dorés protégés par la police.

Pas la classe politique, qui n’a rien vu venir, comme à son habitude.

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La mobilisation est générale, par Francis Bergeron

De la taxe sur les carburants à la folie des éoliennes

C’est l’augmentation perpétuelle de la taxe sur les carburants qui a mis en marche cette extraordinaire révolte sociale des Gilets jaunes. Le gouvernement vient d’annoncer qu’il renonçait aux péages urbains et à la nouvelle taxe poids lourds, ce qui est une première victoire. Mais la colère ne retombera que s’il est mis un terme à l’inflation des taxes sur les carburants. Déjà, le Sénat vient de voter un gel de la hausse des taxes. Bruno Retailleau, le chef des Républicains au Sénat, préconise que le projet de budget 2019 soit construit sans les augmentations de ces taxes.

Ce vote sera-t-il vu comme une porte de sortie possible à la crise ? Alors que le prix du pétrole est fortement en baisse, le fait que le prix à la pompe, lui, continue à augmenter, rend hystériques les Français. Retailleau expliquait dimanche qu’il faut « sortir de l’écologie idéologique, qui est un gauchisme, et de l’écologie médiatique que Nicolas Hulot incarne ».

Si Macron cède sur ce point, son schéma de « transition écologique » aura du plomb dans l’aile. Et c’est toute sa stratégie d’occupation de l’espace politique de l’écologie qui sera remise en cause. L’aile gauche du conglomérat « En marche » risque alors d’aller marcher… dans une autre direction.

« Peste brune » sur les plateaux du Limousin ?

Mais s’amorce déjà une seconde vague de contestation, plus rurale, tout aussi déterminée, concernant cette fois les implantations d’éoliennes. La colère contre les éoliennes prend en effet un virage radical. Et les Darmanin et autres Castaner auront beau chercher, ils trouveront encore moins de traces de « peste brune » sur les plateaux du Limousin que sur les Champs-Elysées. La radicalité, ce sont d’abord les très nombreuses associations qui sont en train de se fédérer, ces « vents de colère » qui soufflent sur les campagnes et créent de nouvelles solidarités rurales. Mais jusqu’à ce jour, les manifestations anti-éoliennes, si elles attirent du monde, ne font pas la une des journaux, y compris de la presse de province.

Le second symptôme d’une radicalisation contre l’écologie idéologique, ce sont les sabotages d’éoliennes. Une liste impressionnante a été mise en ligne, qui montre que de nombreuses éoliennes ont été prises pour cibles et sont à présent à l’arrêt. L’information est pour l’instant mise sous le boisseau pour éviter les phénomènes de contagion.

Qui sont les saboteurs ? Des gaucho-écolos ? Impossible, puisque ces éoliennes, ce sont eux qui les voulaient ; elles font partie du plan de transition énergétique. Des « pestes brunes » ? Ils auraient alors une capacité de dissimulation extraordinaire ! Non, les anti-éoliennes sont tout simplement ceux qui habitent à proximité des éoliennes. Ils ont pris conscience du préjudice esthétique, du saccage des paysages, ils découvrent le bruit, les conséquences sur l’équilibre écologique, précisément. Or les éoliennes de seconde génération sont en train d’arriver. Elles mesurent 150, 200 mètres de haut. Chacune d’elles nécessite une emprise au sol de 300 ou 400 mètres carrés. On ne peut pas les fixer sur les anciens emplacements. 1 000 ou 1 500 tonnes de béton et de structures métalliques doivent être coulées dans le sol. Ce sont donc des milliers d’énormes blocs bétonnés qui truffent peu à peu nos champs et nos collines, faisant s’effondrer l’immobilier local.

La fin des éoliennes ? Ce serait aussi la fin de la COP 21, de la transition énergétique, de la dictature de l’écologiquement correct. C’est le combat de demain des Gilets jaunes ruraux.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 27 novembre 2018

Gilets Jaunes : Jordan Bardella dénonce “le mépris et l’arrogance du gouvernement”

27/11/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Deux jours après la nouvelle mobilisation des Gilets Jaunes à Paris, marquée par de nombreux incidents, notamment concentrés sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris, Jordan Bardella, invité politique du Grand Matin Sud Radio, a expliqué que le gouvernement “a cherché à jeter le discrédit sur l’ensemble du mouvement“.

Le porte-parole du Rassemblement national a notamment déclaré :

Les forces de l’ordre ont eu des ordres particulièrement étranges. J’ai vu des personnes âgées, des mères de familles, se faire gazer. Et on a laissé assez vite les casseurs monter en tête de cortège. Le ministère avait indiqué que les Champs-Élysées seraient fermés. Il faut que le ministre rende des comptes. Les Gilets Jaunes ne sont pas des casseurs. Ce sont des citoyens paisibles qui veulent dire stop à la politique de matraquage fiscal mis en place par Emmanuel Macron, qui est insupportable.


Gilets jaunes : 2 – Macron : 0

Acte 2 réussi pour les gilets jaunes. Les images des fumées et des dégâts des Champs-Élysées que ne manque pas d’exploiter M. Castaner n’y changeront rien. D’abord parce que le ministre de l’Intérieur a perdu toute crédibilité depuis qu’il s’évertue, de façon indécente et mensongère, depuis huit jours, à mettre des morts sur le dos des gilets jaunes (voir la fake news du décès de mardi imputé à tort aux gilets jaunes). Ensuite parce que ces dégâts, visiblement causés par des casseurs infiltrés, sont sans commune mesure avec ceux que laissent les manifestations de l’ultra-gauche – pourtant encadrées par le service d’ordre des syndicats. Enfin, et surtout, parce que les Français apportent un soutien massif aux gilets jaunes : ils sont 77 % à trouver le mouvement « justifié » (dont 49 % « totalement justifié » !), selon le dernier sondage Odoxa pour Le Figaro et franceinfo publié samedi, et 82 % souhaitent qu’Emmanuel Macron et le gouvernement annulent les taxes sur les carburants, prévues pour janvier, qui ont déclenché l’incendie.

La victoire des gilets jaunes est totale car ils ont réussi à semer la discorde chez l’ennemi, et sur tous les fronts.

Sur le fond, ils ont démontré que leurs revendications étaient fondées en termes de pouvoir d’achat et de justice sociale, et démasqué le mensonge écologique et la culpabilisation du pouvoir. Les sociologues (Christophe Guilluy, Jean-Pierre Le Goff, etc.) qui, depuis des années, décrivent leur France et leurs souffrances économiques et culturelles leur ont fourni la caution intellectuelle face aux bien-pensants écolo-libéraux qui essaient de défendre encore -mais avec bien moins d’assurance – les décisions d’Emmanuel Macron. Et pas besoin de les avoir lus ou d’en avoir fait une fiche pour briller à Sciences Po quand ce qu’ils décrivent, c’est leur quotidien depuis des années, voire des décennies. Désormais, ces beaufs que l’on n’attendait pas sont sortis de leur invisibilité et sont conscients de la vérité et de la justesse de leur combat.

Mais ils ont aussi remporté la victoire du champ de bataille, ou plutôt des champs de bataille, car samedi, les rassemblements étaient encore très nombreux partout en province et, surtout, les gilets jaunes ne se sont pas laissés enfermer dans le piège du choix du terrain : à Bordeaux, ils ont bravé l’interdiction de la préfecture pour se diriger vers l’hôtel de ville ; à Paris, ils ne sont pas tombés dans le piège du pré carré du Champ-de-Mars. Mieux : ils ont opéré un prodigieux renversement et montré que c’est le pouvoir qui s’était enfermé dans son donjon. Georges Michel le disait ici il y a déjà une semaine. Arnaud Benedetti lisait cet enfermement dans « la carte du périmètre de sécurité enveloppant les hauts lieux de la République dans un no man’s land symbole d’un isolement, d’une coupure sur-signifiante entre l’exécutif et le peuple, […] image d’un État retranché, assiégé ».

Ce sont des actes d’insoumission minimes mais très forts symboliquement : ni les syndicats ni la trop bien élevée Manif pour tous n’avaient osé. C’est dans ces actes de désobéissance – comme celui de Jean Lassalle revêtant le gilet jaune à l’Assemblée -, que se lisent la détermination et l’intelligence d’un acte de révolte ou de dissidence. Les gilets jaunes ont choisi les heures et les lieux. Ce sont eux qui ont l’initiative et le pouvoir en est réduit à suivre. Un pouvoir qui n’est, en l’occurrence, ni fort ni intelligent.

Il y a là une transgression et une insolence légitimes, surtout quand elles s’adressent à Emmanuel Macron. Il n’est plus besoin de rappeler ses insolences à lui, ses provocations (« Qu’ils viennent me chercher ! »). Mais, plus profondément, Emmanuel Macron a accédé au pouvoir, comme il le reconnaissait lui-même en février dernier, par une sorte d’« effraction », une transgression et une insolence inédites. La révolte des gilets jaunes est le miroir de cette effraction, la réponse à cette disruption. Et ce n’est plus de la communication politique. Le premier président de l’ère 2.0 ne devrait pas s’étonner de voir déferler contre lui la première révolte sociale 2.0. Quant au match, le score est net : Gilets jaunes : 2 – Macron : 0.

Frédéric Sirgant

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

8 Français sur 10 sont derrière les « gilets jaunes » !, par Par Caroline Parmentier

Ni les « fake news » répandues par Castaner accusant les « gilets jaunes » d’« affaiblir le pays face au terrorisme », ni la légende urbaine des trois fameuses « bavures » raciste, islamophobe et homophobe (Présent du 22 novembre) ni l’inventaire à la Prévert des morts du Samu et des débordements racontés par les élus LaREM dans les médias, n’y font rien. Au contraire. Non seulement les Français ne se détournent pas des « gilets jaunes », mais ils sont encore plus nombreux à trouver légitime leur mobilisation et leur appel à bloquer Paris samedi, comme le révèle un sondage Odoxa pour Le Figaro et Franceinfo.

A Présent, nous avons été parmi les tout premiers soutiens de la contestation. Dès le mois d’octobre, nous avons protesté contre le prétexte écolo de la hausse du carburant qui pénalise toujours les mêmes, les classes populaires et moyennes, c’est-à-dire vous et moi. Dès le 10 novembre, Présent affichait tous les jours un gilet jaune en haut à droite de la une et je portais le mien sur le plateau de Bistro Libertés le 16 novembre, veille de la mobilisation nationale.

Preuve de l’échec de la stratégie de diabolisation du gouvernement, 62 % des sondés refusent de qualifier les « gilets jaunes » de « violents ». Une grande majorité les définit comme « populaires » (81 %), « courageux » (77 %), engagés dans « une lutte pour l’intérêt général » (78 %). Deux Français sur trois (66 %) appellent à ce que la mobilisation se poursuive. Sans surprise, 83 % des sympathisants de Marine Le Pen soutiennent la poursuite du mouvement. Et les sympathisants LaREM sont de plus en plus écartelés : quatre sur dix estiment la contestation « justifiée ».

Les « gilets jaunes » ont contre eux en revanche l’arrière-garde des syndicats préhistoriques d’extrême gauche, largement discrédités, furieux de voir que la mobilisation nationale se fait sans eux et leur petite boutique. Précision ahurissante, la CGT des agents de douanes a porté plainte mercredi contre ces « gilets jaunes » qui ont signalé la présence de migrants clandestins dans la cuve d’un camion, à Flixecourt (Somme) en déclarant qu’ils avaient « fait mieux que la douane » (Présent du 23 novembre). La CGT douanes les poursuit pour « injure », « diffamation » et pour « incitation à la haine raciale ». Quand on n’est pas complice des passeurs (même quand on est douanier !) on est un criminel raciste…

Deux nouveaux hashtags : #Balancetongilet et #Balancetongiletjaune ont fait leur apparition dans le matraquage médiatique pour décrédibiliser la contestation. De même qu’un groupe Facebook intitulé « Paye toi un journaliste » qui recense les mésaventures des journalistes bobos de l’autre côté du périphérique, au pays des gueux, des beaufs et des sans-dents. Comme cette jeune Bécassine de BFM TV qui s’est fait bousculer aux cris de « BFM menteurs » et « BFM macronistes » et qui raconte qu’elle n’a « jamais rencontré une telle haine ». Plus haineux que les bandes armées des cités, les racailles ou les djihadistes : les « gilets jaunes ».

Pour la première fois, Emmanuel Macron feint de remarquer la marée jaune et la révolte. Il répond à côté et annonce pour mardi « un nouveau cap pour la transition écologique » et de nouvelles aides individuelles pour la faire passer. Sans revenir sur l’étranglement fiscal et les taxes qui mettent les comptes au rouge dès le 15 du mois. Les Français qui bloquent les routes aujourd’hui ne réclament pas d’assistanat. Ce sont des hommes et des femmes qui demandent à vivre décemment de leur emploi et à nourrir, loger, scolariser, chauffer et soigner leurs enfants avec leur salaire, ce qu’ils n’arrivent plus à faire.

La mobilisation de samedi ne désarme pas. La manifestation a été interdite place de la Concorde mais autorisée sur le Champ-de-Mars (VIIe). Afin de « protéger les lieux sensibles » de la capitale. Sur LCI, Priscillia Ludosky, l’une des représentantes du mouvement, refuse cette alternative : selon elle, le groupement doit se dérouler dans « le cœur de Paris » près du rond-point des Champs-Elysées.

Sur les réseaux sociaux, les « gilets jaunes » appellent à rejoindre Paris très tôt dans la matinée, puis à dégainer leurs gilets à un endroit et un horaire précis qui sera divulgué au dernier moment.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 23 novembre 2018

Crise française du pouvoir central, par Jean-Gilles Malliarakis

Ce 22 novembre ceux des Franciliens qui se reconnaissent en arborant fièrement leurs gilets jaunes se sont donné un rendez-vous citoyen devant le Sénat[1]. Leur protestation vient en appui de l’initiative des sénateurs demandant la suppression des 577 millions de nouvelles taxes pétrolières prévues par le budget 2019.

À l’évidence manifestent-ils ainsi une dimension de plus en plus préoccupante de la crise franco-française actuelle.

Notons que, dans sa Lettre politique du 22 novembre, qu’il intitule “Gilets jaunes : insurrection des beaufs ou juste colère du peuple ?” Laurent Joffrin confronte deux interprétations du mouvement contestataire. “Pour les uns, écrit-il, parmi les gouvernants notamment, et plus généralement dans les couches plus prospères ou diplômées, l’affaire est pliée : les gilets jaunes forment une bande de beaufs pollueurs accros à la bagnole, qui bloquent les routes illégalement, qu’on doit traiter par un mélange de bonnes paroles et d’interventions policières. Pour les autres, partis d’opposition, militants du social, ou intellos radicaux, c’est la juste colère d’un peuple oublié.”

Ayant pris lui-même pour pseudonyme le nom d’une station de métro, le patron de Libé ne m’en voudra certainement pas de souligner le caractère finalement très centraliste parisien d’une telle analyse. On y perd de vue qu’il ne s’agit pas seulement d’un peuple oublié mais aussi des terres piétinées et méprisées de chacune de nos régions.

Une fois de plus en refusant, cette année, d’honorer, ou plutôt, penseront certains, de polluer de sa présence le congrès des maires de France, le pouvoir jupitérien est demeuré dans la ligne de sa filiation jacobine. Démentant sa promesse de 2017, c’est au palais de l’Élysée qu’il daigna convoquer une partie des congressistes. Les invités avaient été arbitrairement choisis par ses collaborateurs. Il en témoignait sans novation jusque dans son discours, radotant, une fois encore le mot archi usé de république.

On s’étonnera donc, si l’on n’exerce qu’épisodiquement le dur et prenant métier de lecteur du quotidien Le Monde, du titre donné au compte rendu de l’événement par Patrick Roger : “offensive de charme” peut-on lire en haut de l’article[2]. Cette annonce se voit largement contredite par les réactions des intéressés.

Notons aussi une anecdote manifestant une impudence plus grande encore. La délicieuse sylphide nommée Jacqueline Gourault avait convié, pour un échange d’idées devant un buffet apéritif, les présidents départementaux de l’AMF, l’excellente Association des Maires de France. Car, depuis juin 2017, elle exerce d’assez imprécises fonctions de “ministre auprès du ministre de l’Intérieur”. Plus ou moins supposée intervenir en interface du pouvoir central et des collectivités locale elle siège au gouvernement en sa qualité de survivante nécessaire de l’éphémère fournée de ministres issus du Modem. En septembre, elle n’avait pas hésité à déclarer qu’elle “ne sent pas la défiance des territoires (…) Il peut y avoir, concède-t-elle, des interrogations, voire des inquiétudes, mais sur le terrain nous nous employons à répondre à toutes les préoccupations concrètes des élus locaux.”

L’heure fixée par l’imposante sous-ministre était prévue le 20 novembre à 18 heures 30. À un tel moment de la journée, en principe, on apprécie de la part de l’invitant cette exactitude que Louis XVIII en 1820 qualifiait de “politesse des Rois et le devoir de tous les gens de bien”. Inutile de dire que la république se moque bien d’une telle règle d’élémentaire courtoisie de la part de ses glorieux seigneurs vis-à-vis de ses manants. Elle n’est donc arrivée qu’à 19 h 45. Un bon tiers des invités, lassés de l’attendre, étaient retournés vers leur propre congrès.

Mépris total de l’État central pour les représentants de nos villages : mépris de plus en plus réciproque.

On va au-delà de la question fiscale qui attisa le conflit en octobre à propos de la taxe d’habitation.[3]

Le mot même de territoire en démontre l’éloignement.

Un de mes plus vieux et chers camarades utilisant quant à lui le surnom de Marquenterre, bien évocateur de son enracinement dans les terroirs du nord, me le rappelait La notion de territoire a été forgée par des urbanistes néomarxistes proches du PC dans les années 1980 elle a été lancée par un colloque tenu et présidé par Jean-Pierre Brard alors maire de Montreuil dans une salle au dernier étage d’un parking dominant la ville. Le territoire est un non-lieu sans histoire ni géographie où cohabitent des groupes sociaux sans appartenance identitaire. Brard avait réussi le tour de passe-passe de ne pas prononcer une seule fois le mot immigré dans la première ville du Mali. C’est, concluait mon vieil ami, une réussite conceptuelle formidable.”

Certes, le communiste Brard ne résumait pas à lui tout seul les références du pouvoir actuel. [Encore que…] Mais devant la rareté de ses propres succès, Jupiter en son Olympe se contentera sans doute de celui-ci.

Quant au peuple bafoué, celui des manants et autres contribuables, il se tournera plus volontiers, dans cette crise française d’un pouvoir central en faillite morale, dans un gun premier temps, vers ce Sénat, symbole de sa résistance, que la troisième république vouait à la fonction de grand conseil des communes de France.

[1] [1] cf. “Les gilets jaunes devant le palais du Luxembourg”
[2] “L’opération de charme d’Emmanuel Macron face aux maires.”
[3] cf. L’Insolent du 15 octobre : “L’État central, les maires et les taxes.”

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

[Vidéo] Gilets jaunes : reportage sur une opération de péage gratuit

22/11/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Après la grande opération qui s’est déroulée samedi, des Gilets jaunes se sont réunis de nouveau ce lundi après-midi au péage de Buchelay sur l’A 13.

Les protestataires se sont retrouvés à 14 heures pour une opération qui s’est déroulée jusqu’à la fin de la journée : « On a rendu le péage gratuit mais il n’y a pas eu de blocage. On a demandé aux routiers s’ils voulaient bien être solidaires en s’arrêtant juste avant les barrières pendant deux minutes chacun », explique l’un des responsables de l’opération.

Un reportage signé Line Press.


Gilets jaunes : l’Acte II, par Caroline Parmentier

Après quatre jours de mobilisation, des blocages se poursuivent, notamment sur les autoroutes et les dépôts pétroliers. Avec une réclamation massue : le départ d’Emmanuel Macron. Samedi prochain, 24 novembre, un « Acte II » est envisagé à Paris.

Alors que Christophe Castaner a assuré que les derniers déblocages auraient lieu dans les prochaines heures, un événement intitulé « Acte II Toute La France à Paris » a été lancé sur Facebook par Eric Drouet, chauffeur routier et père de famille de 33 ans, originaire de Melun. Il est l’une des figures des Gilets jaunes. Il appelle au « coup de grâce » sous la forme d’une grande mobilisation à Paris samedi 24 novembre : « Il faut mettre un coup de grâce et tous monter sur Paris par tous les moyens possibles (covoiturage, train, bus). Paris parce que c’est ici que se trouve le gouvernement ! Nous attendons tout le monde, camions, bus, taxis, VTC, agriculteurs etc. Tout le monde ! » L’opération compte déjà 30 000 participants déclarés et 200 000 personnes intéressées. Selon les chiffres minorés du ministère de l’Intérieur, ils étaient encore 20 000 manifestants lundi, répartis en 350 points dans toute la France.

Parmi les analyses les plus intéressantes que l’on peut lire sur le mouvement, celle du géographe Christophe Guilluy auteur de La France périphérique : Comment on a sacrifié les classes populaires, qui a théorisé dans plusieurs ouvrages la fracture grandissante entre la France des métropoles et de la mondialisation et celle des territoires périphériques : « Les conflits sociaux ont toujours existé mais c’est la première fois dans l’histoire qu’il y a une perte de contact aussi grande entre le haut et le bas de la société. La France d’en haut a fait sécession avec la France d’en bas. Je crois que nous sommes face à un processus de réaffirmation culturelle des classes moyennes. »

Et ils sont où… les musulmans ?

Christine Tasin appuie en effet dans Riposte Laïque sur ce que « tous les témoignages reçus, toutes les images, toutes les vidéos montrent » et ce que Présent constatait dans notre édition spéciale. Il n’y a pas ou très peu de musulmans dans les rangs des Gilets jaunes : « La France du 17 novembre est la France des “de souche”, la France des lépreux, la France d’il y a 50 ans, blanche, mixte, goguenarde, aimant rire et persifler, aimant danser, hommes et femmes main dans la main, et se révolter. (…) Mais où étaient-ils, ces immigrés et notamment ces musulmans qui occupent tant nos dirigeants et qui intéressent tellement les politiques qu’ils obsèdent ? Les musulmans se fichent de nos demandes, de nos contestations, ils ne se joignent pas à nous. Pourquoi ? Ne seraient-ils pas concernés par le prix de l’essence ? Ne vont-ils pas travailler ? Ne circulent-ils pas ? Cochez la bonne réponse. On peut en cocher plusieurs. »

Contrairement à ce que voudraient nous faire croire le gouvernement et les médias de gauche et malgré leurs efforts de disqualification et de diabolisation du mouvement, les enquêtes d’opinion indiquent un soutien massif des Français aux Gilets jaunes. Sur la route, aux ronds-points, aux barrages, les Français les saluent chaleureusement avec des concerts de klaxons, des pouces levés ou des gilets jaunes agités aux fenêtres. La classe invisible est devenue visible.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 20 novembre 2018

Gilets jaunes : le réveil de la France oubliée, par Ivan Rioufol

Les Gilets jaunes : “Nous aussi, on tient le cap !“. Le premier ministre, qui avait annoncé dimanche soir sur France 2 : “Le cap est le bon et nous allons le tenir“, a reçu sa réponse, ce lundi matin, de la part des meneurs. Désormais, un rapport de force s’engage entre la révolte populaire contre les taxes sur le carburant et le gouvernement décidé à assumer l’affrontement. “La trajectoire carbone, nous allons la tenir”, a précisé Edouard Philippe. Au 1 er janvier, la taxe sur le diesel sera donc augmentée de 6,5 centimes par litre, et de 2,9 centimes pour l’essence. A la fin du quinquennat, les taxes supplémentaires sur le diesel auront été portées au total à 30 centimes, 16 centimes pour l’essence. Prenant la parole après la première manifestation des Gilets jaunes, samedi partout en France (environ 300.000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, chiffres contestés par les organisateurs), le premier ministre n’a pas cherché l’apaisement, même s’il a reconnu un “ras-le-bol fiscal”. Or, plutôt que de renoncer, en conséquence, à la fiscalité punitive sur les carburants, il a rajouté de l’huile sur le feu. Philippe a, en effet, dénoncé également “l’anarchie, la pression et la violence” dans des scènes qui auraient eu lieu.

Ce choix de la diabolisation est aussi celui du leader de la CFDT, Laurent Berger : ce lundi, sur RTL, il a alerté sur “une forme de totalitarisme” chez des manifestants ayant exigé le port du gilet jaune à des automobilistes bloqués. Dans un tweet posté samedi, Bernard-Henri Lévy a illustré la vision de la France d’en haut, jugeant celle d’en bas : “Poujadisme des Gilets jaunes. Echec d’un mouvement qu’on nous annonçait massif. Irresponsabilité des chaînes d’info qui attisent et dramatisent. Soutien à Macron, à son combat contre les populismes et à la fiscalité écolo“.

Le paradoxe est d’observer de telles consciences de gauche, théoriquement sensibles à l’injustice sociale, revendiquer leur dédain pour les plus pauvres et les plus délaissés. Ce basculement dit beaucoup de la nouvelle révolution française qui s’engage. Voir du poujadisme dans la révolte des Gilets jaunes relève de la paresse intellectuelle. Ce ne sont pas seulement des petits commerçants qui ont manifesté samedi, mais plus généralement une classe moyenne issue de la ruralité et des zones périurbaines sorties des radars officiels. La France oubliée se réveille. Elle compte se faire entendre encore. Paris n’est plus le centre de l’histoire qui s’écrit. L’erreur du gouvernement est de parier sur un essoufflement du mouvement, au prétexte de son amateurisme, de ses manques d’encadrements, de leaders, de slogans, de projets. Ces indiscutables lacunes peuvent se corriger. A Paris, les quelques centaines de manifestants ont déjà réussi le tour de force stratégique d’envahir, paisiblement, la rue du Faubourg Saint-Honoré, jusqu’à quelques dizaines de mètres de l’Elysée. Les magasins de luxe des alentours, restés ouverts, n’ont pas été un instant inquiétés. La dynamique est du côté des “derniers de cordée”, qu’Emmanuel Macron ne sait comprendre.

Ceux-ci n’entendent plus être à la traine, ni se laisser insulter par une caste qui n’envisage pas de se réformer. Il suffit d’observer la perpétuation de la même morgue chez les “élites” pour se convaincre de la fracture entre ces deux mondes. La place de la Concorde, à Paris, pourrait être le prochain point de ralliement de la province en colère, samedi prochain. Reste la question : La France des métropoles, pour l’instant indifférente, peut-elle devenir solidaire de la France des périphéries ? Au-delà des taxes, c’est un mode de vie commun à une majorité de Français que défendent les Gilets jaunes.

Ivan Rioufol

Texte daté du 19 novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

« Gilets jaunes » : le pouvoir contre le peuple – 17 novembre : une journée de tous les dangers pour le régime ?

16/11/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Sur les réseaux sociaux, la colère à l’encontre du régime a atteint une rare intensité. Au point de stupéfier – et d’inquiéter – les journalistes du système, habitués au ronron des salles de rédaction. C’est ainsi que « La Voix du Nord » en ligne titrait lundi dernier : « Emmanuel Macron, cible d’une haine de plus en plus violente sur nos réseaux sociaux ». En cause, certes, les « anti-promesses » du candidat Macron sur le pouvoir d’achat, mais également la terrible dégradation du prestige de la fonction présidentielle, avec la fête de la musique à l’Élysée ou encore la virée de Saint-Martin, de la même farine. La presse étrangère s’en est donnée à cœur-joie, multipliant les caricatures féroces. Le président focalise désormais sur sa personne rancœur, détestation et mépris, comme jamais. « Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir »…

L’intervention du chef de l’Etat mercredi soir ne paraît pas avoir dissuadé les « Gilets jaunes »

L’intervention, qui s’est déroulée à bord du porte-avions Charles De Gaulle, était à des années-lumière des préoccupations quotidiennes des Français. Une seule bonne nouvelle : la réaffirmation du droit de manifester. Merci M. le président. Une réaffirmation qui fut largement tempérée par des déclarations martiales, aussi bien du Premier ministre que du duo Castaner/Nunez, à l’Intérieur, mettant sévèrement en garde les manifestants contre d’éventuels blocages. Des menaces durement ressenties par la rue. La direction de la police nationale vient par ailleurs de recadrer les policiers tentés par une fraternisation avec les « Gilets jaunes ». « Castaner va-t-il être le ministre de la castagne ? » a ironisé Gilbert Collard…

Des menaces complaisamment relayées par les grands organes de presse

Le régime a fait jouer les grands groupes de presse pour diffuser de fausses informations destinées à casser la mobilisation des « Gilets jaunes ». C’est ainsi que les médias à la botte – Europe1, Ouest-France, actu.fr, etc. – affirment que de nombreux « Gilets jaunes », effrayés par les menaces du pouvoir, resteront chez eux. Sud-Ouest, France Info, L’Express, Le Parisien, etc. titrent sur les sanctions encourues, en les disproportionnant. Régulièrement échaudés par les mensonges du régime, dont cette très récente histoire de ce pseudo attentat d’un pseudo groupe d’ultradroite, les Français seront-ils une nouvelle fois dupes ?

L’augmentation du prix des carburants et du fioul n’est évidemment qu’une raison-écran. Derrière, il y a le rejet massif de la classe politique du système

Les syndicats se sont ostensiblement désolidarisés de la journée du 17. Rien d’étonnant après les révélations sur les grasses subventions gouvernementales dont bénéficient ces mêmes syndicats, ou encore sur le train de vie somptuaire des dirigeants de Force Ouvrière. Alors que le Rassemblement national et Debout la France ont immédiatement fait connaître leur soutien aux « Gilets jaunes », l’adhésion des partis politiques du système a été pour le moins chiche. Wauquiez a finalement opté pour le soutien, mais après avoir déclaré que son rôle à la tête de LR était de « lutter contre la vague populiste ». La France Insoumise, d’abord effarouchée par les relents « populistes » de cette jacquerie, n’a condescendu qu’avant-hier à lui apporter son soutien, et encore : partiellement.
Pour Mélenchon, entre le risque politique de s’associer à une initiative soupçonnée d’être instrumentalisée par l’« extrême-droite », et celui d’abandonner à Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan un mouvement largement soutenu par l’opinion, le choix fut proprement cornélien. A quelques mois du scrutin européen, et après le désastre communicationnel que fut l’histoire granguignolesque de la perquisition chez Mélenchon-Chikirou, la direction de la France insoumise a finalement choisi le peuple, mais en se pinçant le nez.

Gilets jaunes – Éric Zemmour : “Le 17 novembre, une jacquerie fiscale”

16/11/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Blocages des routes et points stratégiques, actions de sensibilisation symboliques, manifestations contre la hausse du prix des carburants… Les “gilets jaunes” veulent mettre la France à l’arrêt, samedi 17 novembre. Plus de 1.500 actions sont attendues sur tout le territoire. Mais seule une centaine a été déclarée en bonne et due forme auprès des autorités. Ces dernières ne craignent pas forcément de débordements majeurs mais restent vigilantes face au haut degré d’improvisation du mouvement.

Emmanuel Macron n’est pas l’expression d’un nouveau monde mais l’aboutissement ultime d’un système qui a plusieurs décennies, déclare Éric Zemmour. C’est l’incarnation de la fin du système qui fait la même politique depuis 30 ou 40 ans (…) qui privilégie les métropoles contre tous les autres territoires“, ajoute-t-il.

Selon Éric Zemmour, la mobilisation du 17 novembre “est ce qu’on appelle une jacquerie. C’est une jacquerie fiscale. C’est très inquiétant mais c’est le gouvernement qui a créé ça“, estime-t-il, à travers “l’augmentation de la fiscalité que l’on dissimule derrière un paravent écologique“.