De Taha Bouhafs au burkini : comment la gauche française piétine méticuleusement le féminisme

burkini

« Ne m’appelez plus jamais gauche, la gauche, elle m’a laissé tomber. » L’épave du paquebot féministe, navire amiral du progressisme occidental, vient une fois de plus de se fracasser sur ses insondables contradictions.

Le premier trou dans la coque, béant, c’est bien sûr celui des agressions sexuelles – gérées en interne – dont a fait l’objet l’ex-futur-candidat aux législatives Taha Bouhafs. « Si Clémentine Autain a eu une forme de discrétion (sic) sur la nature des accusations qui étaient portées contre Taha Bouhafs, c’est parce que d’abord et avant tout, ce qui doit primer dans ce genre de cas, c’est la parole et la volonté de ces femmes », a justifié Adrien Quatennens, sur Europe 1, dimanche. Les arguments sont éculés. Il est frappant de constater que ce sont exactement ceux que la gauche, à raison, n’a eu de cesse de dénoncer quand il s’agissait de pédophilie dans l’Église : faire du bruit fait plus de mal que de bien aux victimes qui sont traumatisées et préfèrent la discrétion, si les victimes n’ont pas souhaité ester en justice, et si leur entourage leur a déconseillé de le faire, c’est pour éviter de donner du grain à moudre à l’adversaire, en l’occurrence cette extrême droite raciste qui s’est acharnée sur Taha Bouhafs. Bref, toutes les femmes agressée sexuellement sont des victimes, mais certaines le sont plus que d’autres. Elles n’ont qu’à bien choisir leur bourreau. Comme Deborah Samuel. Car notons au passage que l’horrible supplice de la jeune étudiante nigériane insultée, frappée, flagellée, brûlée sous des pneus comme un cadavre de chien par des hommes, cochait toutes les cases pour susciter l’indignation des féministes… sauf une : ses agresseurs étaient des Africains musulmans. Cela a suffi pour l’invisibiliser dans le monde médiatique et politique.

De même, arguer d’une commission en interne permettant de gérer « ça » en famille est d’un rare et scandaleux culot : La France insoumise, dans les affaires de « violences policières », n’a-t-elle pas toujours accusé l’IGPN, parce que de « la maison », d’être juge et partie ?

La deuxième avarie dans le rafiot féministe est, bien sûr, le burkini grenoblois, avec cette fois dans le rôle principal Éric Piolle, qui prétend, en unissant dans la même phrase et en apposition, les seins nus et le burkini, réussir à faire cohabiter dans ses piscines ce que NUPES compte mélanger dans les urnes : la France libertaire des grandes métropoles et la France islamiste des banlieues. Reste à savoir qui va, in fine, faire boire la tasse à l’autre dès le pédiluve, même si l’on a quand même vaguement une idée.

Pour Éric Piolle, le port du burkini « devrait être vu comme un progrès social » (resic). L’étape prochaine sera sans doute la polygamie, sorte de progrès social aussi, puisque d’une certaine façon elle force au partage (toujours du même côté). Un bout du chemin dans les esprits est déjà fait, AssaTraoré, avec laquelle la ci-devant candidate aux primaires Sandrine Rousseau posait fière et dithyrambe, à la Fête de l’Huma l’automne dernier, a déjà, dans les colonnes de Paris Match, décrit la polygamie, citant le modèle de ses parents, comme « une expérience formidable ». C’est confirmé, les écolos sont bien verts, pas comme les petites feuilles tendres des arbres au printemps, mais comme la couleur préférée de l’islam.

Notons que parmi les 113 personnalités qui ont dit oui au burkini, dans une récente tribune intitulée « En mai, mets ce qu’il te plaît » figurent Caroline De Haas et Alice Coffin (qui, en 2004, se disait opposée au voile islamique).

Où sont donc passées les féministes de jadis, Benoîte Groult en tête, à laquelle Caroline De Haas, lors de sa disparition en 2016, avait rendu hommage dans les colonnes du Point, dans une tribune intitulée « Pourquoi Benoîte Groult a compté pour moi ? ». Caroline De Haas sait-elle seulement qu’en 1975, dans son célèbre livre Ainsi soit-elle (Livre de poche), Benoîte Groult avait repris à son compte, pour dénoncer la condition de la femme en pays musulman, la citation violente d’Ernest Renan : « L’islam est la chaîne la plus lourde que l’humanité ait jamais portée » ?

C’est confirmé, le féminisme n’est qu’un vulgaire escabeau pour la gauche : un outil sur lequel on s’appuie pour se hisser dans la carrière mais que l’on piétine en même temps.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Taha Bouhafs et l’agonie interminable de la politesse politique, par Clément Martin (Les Identitaires)

Taha Bouhafs

Dans un tweet récent[1], la journaliste du Figaro Eugénie Bastié se lamentait du fait que le militant indigéniste notoire Taha Bouhafs (épinglé à de multiples reprises dans son propre camp pour des déclarations incendiaires) retire sa candidature aux législatives dans la 14e circonscription du Rhône. Selon ce dernier, son choix aurait été motivé par la pression médiatique ultraviolente dont il aurait fait l’objet (menaces de mort, entre autres[2]). Eugénie Bastié affirme qu’il aurait été préférable de battre l’ex-candidat de La France Insoumise dans les urnes plutôt que d’employer la pression médiatique à son encontre. Ce que révèle l’attitude de la journaliste du Figaro, c’est l’aveuglement et la ringardise de la droite, empêtrée dans son souci de la respectabilité politique et de l’adhésion aux « règles du jeu », alors même que celles-ci n’ont jamais été que des entraves pour la droite.

Le temps béni de la démocratie apaisée

Les règles théoriques de la politesse politique se superposent de façon quasi-parfaite avec celles du discours social-démocratique : dans une telle société, rationnelle et progressiste, la lutte politique est un processus paisible, ordonné par la loi et la bienséance, au cours duquel la compétition pour le pouvoir ne doit jamais recourir à la violence. Chaque citoyen peut participer au « jeu politique », tant qu’il en respecte les règles ; ensuite, comme le veut la formule, « que le meilleur gagne ». Certes, les différentes factions politiques qui participent à la compétition pour le pouvoir ont des visions différentes de la direction dans laquelle il faut emmener la société (tant que cette direction est conforme aux fondements de la société, qui par ailleurs sont eux-mêmes issus d’un combat politique plus ancien). Pour autant, chacun doit voir son opposant comme un adversaire (quelqu’un que l’on veut battre dans un jeu) et non comme un ennemi (que l’on veut détruire ou soumettre brutalement). Celui qui gagne doit faire preuve de modération à l’égard de son adversaire et ne pas tomber dans l’humiliation du perdant. Celui-ci, à l’inverse, est tenu de respecter l’issue du processus démocratique sans faire de vagues.

Mais ces règles théoriques sont aujourd’hui un mode d’emploi complètement dépassé pour faire de la politique. La France, comme tant d’autres sociétés occidentales, est polarisée : à mesure que les années passent, le fossé entre la tribu de gauche et la tribu de droite se creuse. Entre les deux, un bloc centriste se fait l’arbitre de la vie politique, de façon sectaire et autoritaire. La gauche et le centre ont depuis longtemps compris que leurs opposants politique (droite et « extrême droite ») sont des ennemis existentiels et non de simples concurrents. Si la droite accède au pouvoir (a fortiori la droite populiste et identitaire), cela signerait à leurs yeux entre autres la fin de la démocratie et le retour du totalitarisme, l’abolition des droits de l’Homme et des subventions à SOS Méditerranée. Pour les bien-pensants, l’élection n’est plus un processus politique destiné à sélectionner les représentants politiques les plus en phase avec les attentes du peuple, mais une concoction instable et dangereuse qui pourrait déclencher un cataclysme sur la société. Par conséquent, tous les coups sont permis. Pour eux. Lorsque la gauche tente d’accéder au pouvoir, elle ne recule devant rien, pas plus que quand elle l’exerce.

« Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser. »

Aux règles théoriques (symétriques et égalitaires) du jeu démocratique se sont ainsi rajoutées d’autres règles informelles. Le problème, c’est que la droite continue de se référer aux vieilles règles pour mener le combat politique. Sans comprendre que les consignes ne s’appliquent qu’à celui qui les accepte, la droite signe ses défaites, nombreuses et successives.

La droite, en continuant de gémir auprès de la gauche pour que celle-ci revienne à la civilité de l’ancien monde et fasse le choix de l’apaisement, illustre son propre aveuglement : parce que les règles de la politique « sauvage » sont plus efficaces que les règles « polies », la gauche n’a bien évidemment aucun intérêt à accepter les demandes de ses compétiteurs. Dans un jeu comme le jeu politique, la tenue des règles n’advient que lorsque les deux parties acceptent de s’y soumettre : dès le moment où l’un des acteurs décide de s’émanciper de l’esprit des règles (tout en se conformant éventuellement à leur lettre), alors la compétition devient asymétrique tant que le deuxième joueur refuse de faire de même. Autrement dit, le seul espoir pour la droite, dans le contexte actuel, d’accéder au pouvoir pour ensuite l’exercer de façon effective, c’est de laisser tomber les entraves de la politesse politique.

Disons-le clairement : depuis des décennies, la droite subit les campagnes de dénonciation et de diffamation de la gauche. Les universités, le monde de la culture et de la presse ont été purgés des opposants à l’utopie égalitaire globale. L’hégémonie de la gauche lui permet même de faire pression pour que hommes politiques « de droite » votent le regroupement familial ou les restrictions à la liberté d’expression (restrictions qui s’appliquent à 99 % pour notre camp, ce qui est évidemment une coïncidence). Le service public fait office de bureau de surveillance et de correction des discours dérangeants, alors que l’Éducation nationale s’efforce d’écerveler les plus jeunes générations pour en faire de parfaits écocitoyens, domesticables et joyeux de voir leur pays se transformer en bidonville.

Nous aussi, nous avons le devoir de nous émanciper des chaînes de la bienséance politique et de comprendre que notre combat est existentiel : sans notre victoire, c’est notre civilisation qui est en péril, et pas simplement la mise en place de quelques ajustements politiques secondaires (point d’indice de calcul des retraites ou interdiction des pailles en plastique).

Réjouissons-nous que Taha Bouhafs ait décidé d’abandonner sa candidature avant le début de la campagne. S’attirer la sympathie de ceux qui nous détestent est un but illusoire.

Il est temps pour les populistes et les identitaires de prendre conscience du chaos ambiant et de la déliquescence de la société française : la France est un archipel dont les eaux ont vocation à être parcourues par des pirates en quête de pillage et des corsaires en quête de liberté, et non par des navires de croisière.

[1] https://twitter.com/EugenieBastie/status/1523933671824269313
[2] https://www.huffingtonpost.fr/entry/pourquoi-la-candidature-de-taha-bouhafs-aux-legislatives-a-tourne-a-lechec_fr_627a199fe4b00fbab632c797

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

La Vérité sur Taha Bouhafs | Contre-enquête [vidéo]

Taha Bouhafs

28/10/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Vendredi 17 septembre dernier, le journaliste Taha Bouhafs porte plainte contre le site d’actualité Fdesouche en raison de la publication d’une liste de plusieurs centaines de personnalités fichées « islamogauchistes », et dans laquelle son nom figure.

Largement soutenu par des élus de gauche, des Insoumis aux écologistes, des syndicats journalistiques et par son camp, Taha Bouhafs vient pourtant tout juste d’être condamné ce mardi 28 septembre par le tribunal judiciaire de Paris pour injure raciste envers une policière, Linda Kebbab, après l’avoir traitée d’Arabe de service. Le journaliste, connu aussi pour avoir qualifié Sonia Mabrouk de « collabeur », se lance donc dans un nouveau combat judiciaire.

Pour décrypter la situation du polémiste, Livre Noir a mené sa contre-enquête : Taha Bouhafs est-il vraiment journaliste ou bien un militant politique au service de l’islamogauchisme ?