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Bombarder la Syrie, c’est facile ; mater les antifas, c’est plus compliqué !

Notre gouvernement serait-il donc incapable de maîtriser la chienlit où qu’elle se passe ?

Il est décidément plus facile, pour notre Président, d’envoyer douze missiles détruire quelques bâtiments vides à cinq heures de son palais que de pacifier nos propres rebelles. Malgré des forces de police conséquentes, il est à craindre que le site de Notre-Dame-des-Landes continue à être envahi, non plus d’ailleurs par les zadistes, mais par une racaille venue d’ailleurs.

Notre gouvernement serait-il donc incapable de maîtriser la chienlit où qu’elle se passe ? Pas question, bien sûr, d’envoyer quelques missiles sur cet aéroport virtuel qui ne verra jamais le jour. Pas question, non plus, de risquer une bavure policière. M. Collomb préfère voir quelques gendarmes blessés plutôt qu’un seul révolutionnaire. C’est ainsi que le duo Macron-Collomb laisse casser, sans état d’âme, les centres-villes de Nantes, Rennes ou Toulouse par quelques centaines de jeunes têtes brûlées dissimulées sous les cagoules noires des antifas.

Ah oui, Monsieur le Président, il est plus facile d’appuyer sur un bouton pour faire décoller quelques bombardiers que de mater nos propres rebelles, qu’ils soient étudiants, antifas, grévistes ou clandestins. C’est ainsi que vous gouvernez en menaçant, sans vraiment agir. Sauf contre un certain Bachar à qui, ultime fumisterie, on retire sa Légion d’honneur. Une décoration qui vaut bien, à elle seule, la vingtaine de millions qu’a coûté à l’armée française, déjà bien pauvre, cette nuit du 13 au 14 avril.

Notre éminent Président a dû se sentir humilié lorsque celui qu’il avait traité, dimanche soir, d’« ennemi du peuple syrien » lui a rétorqué, non sans justesse : « En ce qui concerne les Français, on sait que la France a été le fer de lance du support du terrorisme en Syrie. Depuis les premiers jours, ils ont le sang des Syriens sur les mains. À ce jour, leur position n’a pas dramatiquement évolué. Ils ne sont pas en mesure d’appeler à une conférence de paix. »

On se souvient que Laurent Fabius s’était réjoui, lui, « du bon travail, sur le terrain, du Front al-Nosra ».

Le dialogue avec les Syriens semble désormais tout à fait impossible alors que ce pays, qui avait été sous mandat français depuis 1920, était imprégné de notre culture. La langue française y était fortement répandue. Dans les écoles et universités de Damas et Homs, on s’instruisait en français.

Il aura fallu l’inconscience d’un Hollande puis d’un Macron pour détruire, en moins de dix ans, cette amitié, ces relations fraternelles entre les deux pays. Demain, il faudra reconstruire ce que la coalition et les rebelles devenus terroristes ont détruit, ce que cette guerre civile a coûté aux infrastructures du pays. Reconstruire le pays, pierre par pierre. À coups de milliards de dollars.

Si la France n’avait pas déclaré une guerre morale, virtuelle puis réelle à la Syrie, les bâtisseurs français que sont les Bouygues, les Vinci ou Eiffage, et d’autres entreprises plus modestes, auraient pu se partager un gigantesque gâteau : celui de la reconstruction de villes entières, d’usines, de routes.

Demain, lorsque les armées de Bachar el-Assad auront nettoyé les derniers bastions rebelles, ce seront les grues chinoises ou russes qui œuvreront à travers ce vaste pays en ruine.

Macron, May et Trump n’auront plus qu’à regretter cet énorme manque à gagner pour les entrepreneurs de leur pays. Et, sauf assassinat toujours possible dans ces pays du Moyen-Orient, Assad sera toujours là, du haut de ses un mètre quatre-vingt-neuf, pour les narguer. Pour nous narguer, nous, le peuple, qui n’avions pourtant eu aucune intention belliqueuse à l’égard de ces populations syriennes d’origines diverses qui ont tant souffert.

Floris de Bonneville

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Attaques illégales en Syrie : un bilan pour le moins mitigé

18/04/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le raid nocturne illégal Franco-Britannico-Américain en réaction à l’utilisation d’armes chimiques sans la moindre preuve officielle aurait été d’un point de vue militaire un véritable échec. Près de trois quart des missiles tirés ont été interceptés par la défense antiaérienne syrienne seule, et ce, sans l’aide des dernières technologies russes. Le dernier quart de missiles non interceptés n’a fait aucun mort et peu de dégâts. Certains aéroports visés n’ont même pas été atteints et le pseudo centre de recherches chimiques de Barzah qui aurait été pulvérisé, si tout s’était déroulé comme prévu, n’a été que partiellement endommagé.

Une action militaire qui égratigne donc à peine la Syrie

Précisons premièrement que Russie et Syrie auraient été prévenues de l’attaque. Les uns pour éviter de les provoquer et de tomber dans l’escalade. Quant à la Syrie c’est le peu de morts à déplorer qui pourraient indiquer une évacuation préparée.

D’autre part, cette opération n’aura- nous l’avons vu – pas affecté les forces armées syriennes qui s’en sortent intactes et vont pouvoir poursuivre la reconquête du territoire national dans les prochaines semaines. Mieux, Bachar el Assad sort probablement grandi de cette affaire aux yeux d’une forte majorité de son peuple.

Les réactions russes ne se font pas attendre

Avant-hier a eu lieu à Moscou une réunion extraordinaire du Conseil de la Douma d’Etat, au cours de laquelle les chefs de toutes les factions et les chefs de commissions ont examiné un projet de loi en réaction à l’opération Syrie.

Selon le président de la Douma, “il est temps pour nous de réagir à ce comportement grossier des États-Unis, au lobbying non dissimulé des intérêts américains, à la création d’obstacles au travail des entreprises russes. Il est temps de prendre « miroir » des mesures que nous imposent les Américains. “

Éric Zemmour : “Les frappes occidentales en Syrie, un coup d’épée dans l’eau”

17/04/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Les bombardements occidentaux contre les usines chimiques syriennes suscitent de multiples réactions.

Pour Éric Zemmour, ces frappes ont “privé Assad d’armes dont il n’a nullement besoin”.

Tout le monde est content. Donald Trump est content d’avoir déployé ses beaux missiles. Emmanuel Macron est content d’avoir pu sortir ses beaux Rafale et de ne pas les avoir cloués au sol, comme avait du s’y résigner François Hollande en 2013, lorsqu’il avait été lâché par Obama. Les Anglais sont tout simplement contents de prouver qu’ils ont encore une armée.

L’ennui c’est qu’en face, chez les soi-disant adversaires, tout le monde est content aussi. Russes, Iraniens, et même les Syriens d’Assad jubilent. Les Russes prétendent qu’ils ont intercepté 70% des missiles occidentaux. Les Iraniens font comme s’ils n’étaient pas concernés. Et Assad se faisait filmer par la télévision syrienne, arrivant à son bureau comme s’il ne s’était rien passé. “Même pas mal”.

Il faut dire qu’il y a de quoi. Les bombardements occidentaux l’ont privé d’armes dont il n’a nullement besoin. On ne saura peut-être jamais si c’est bien lui et ses troupes qui ont utilisé ses bombes au chlore, ou si c’est un coup des rebelles pour le faire accuser, selon la méthode utilisée pendant la guerre en Yougoslavie. Dans les deux cas, une chose est sûre : sans armes chimiques, Assad va gagner sa guerre et reconquérir son territoire.


Double victoire pour le gouvernement syrien

13/04/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Depuis samedi et l’accusation d’utilisation d’armes chimiques portée contre le gouvernement syrien, la situation de celui-ci est pour le moins délicate. Elle s’est tout de même améliorée ce jeudi. Le régime syrien a en effet remporté une victoire militaire très symbolique, puisque le drapeau syrien flotte à présent sur Douma.

La prise de cette ville, ultime poche de résistance des opposants salafistes dans la région, conclut ainsi la reconquête de la Ghouta entreprise il y a plus de cinq ans par le gouvernement syrien. Les combattants ennemis n’ont fait que se replier plus au Nord dans des zones encore acquises au Front Al Nosra.

L’image du drapeau syrien flottant sur le dernier fief insurgé de la région reste néanmoins un message fort, qui pourrait contrebalancer légèrement la tendance médiatique de ces derniers jours.

La seconde bonne nouvelle pour le gouvernement syrien est la prudente volte face entreprise par certaines grandes puissances occidentales.

En effet, plusieurs dirigeants avaient des ripostes promises à cette attaque chimique présumée.

Alors qu’un front quasiment unanime se dressait contre eux et leur promettait des représailles militaires immédiates, celui-ci semble se fissurer. Mme Merkel a déclaré que l’Allemagne ne participerait pas à des actions militaires contre le régime d’Al Assad. Mr Macron, qui avait déclaré en début de semaine faire une annonce dans les prochains jours à ce sujet, a reporté sa décision, déclarant attendre d’avoir vérifié toutes les informations. Même Mr Trump, qui avait promis le pire, a lui aussi temporisé, préférant se féliciter que la région soit débarrassée de l’État Islamique.

L’ensemble de la communauté occidentale semblait d’ores et déjà convaincue que cette attaque chimique ne pouvait être que l’œuvre du gouvernement syrien.

Celui-ci a donc tout à gagner à voir la situation se tasser et les enquêtes se prolonger, ne pouvant guère être accusé plus encore. Il pourra ainsi dans le même temps continuer à œuvrer à la reconquête du reste de son territoire encore aux mains des salafistes.

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Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie

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Comment les islamistes de la Ghouta réduisaient la population civile en esclavage, par Antoine de Lacoste

On en sait un peu plus sur les méthodes de « gouvernement » des différentes milices islamistes.

Depuis que l’armée syrienne a libéré la quasi-totalité du territoire de la Ghouta, cette vaste banlieue est de Damas, on en sait un peu plus sur les méthodes de « gouvernement » des différentes milices islamistes.

La population se taisait par peur des représailles, l’ineffable OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme) n’était sans doute pas au courant, donc les médias non plus.

Et pourtant… Des milliers d’hommes ont été, pendant des années, réduits en esclavage par les islamistes pour construire leur arme de guerre favorite : les tunnels.

On sait que ces tunnels, qui peuvent s’étendre sur des dizaines de kilomètres, ont été largement utilisés par les islamistes depuis le début du conflit. Afin de parfaire leur technique, les dirigeants de Daech avaient même fait venir en Syrie des spécialistes reconnus : des militants du Hamas palestinien qui avaient bâti un réseau remarquable dans la bande de Gaza.

Depuis, l’ensemble des groupes islamistes utilisaient cette méthode afin de se protéger des bombardements, de ravitailler des zones encerclées ou de monter des embuscades dans le dos de l’armée syrienne.

Seulement, creuser des tunnels, c’est long et fatigant. Et puis les combattants ont mieux à faire. Alors, quoi de mieux que de rafler les hommes en état de creuser, tout en assurant la subsistance de leurs familles, étroitement surveillées comme il se doit ?

La main-d’œuvre n’étant pas toujours suffisante, Jaych al-Islam, le groupe salafiste qui tenait Douma jusqu’à présent, s’est livré à de nombreux enlèvements en zone loyaliste. L’opération la plus spectaculaire a eu lieu en 2013 à Adra : des dizaines de fonctionnaires et de civils pris au hasard ont été enlevés, certains avec leurs familles. Les prises les plus intéressantes ont été incarcérées, les autres envoyées dans les tunnels. On les a appelés « les kidnappés d’Adra ». La plupart sont alaouites, la confession de la famille Assad. Rappelons que cette incursion à Adra s’est accompagnée de massacres épouvantables, mais cela n’a pas beaucoup intéressé l’OSDH.

Plusieurs de ces esclaves ont disparu. Leurs familles n’ont aucune nouvelle et, depuis que la Ghouta est progressivement libérée, de nombreuses mères ou épouses font le guet. En effet, des dizaines de prisonniers ont déjà été libérés à la faveur des négociations menées par les Russes et chacun espère voir réapparaître les siens.

D’autres prisonniers ont été vus récemment : afin d’empêcher les bombardements, les islamistes les mettaient dans des cages qu’ils disposaient au milieu de la chaussée…

Les familles sont également sans nouvelles de plusieurs dizaines de femmes, et le pire est à craindre pour elles.

Tous ces prisonniers, dont on ignore le nombre exact, ont été au cœur des négociations de ces derniers jours qui vont aboutir à la libération totale de l’est de la Ghouta.

Antoine de Lacoste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Comment les djihadistes sont-ils jugés en Syrie ?

09/02/2018 – SYRIE (NOVOpress)
Le reportage va au-delà de l’illustration. Il a valeur d’expertise. Les reporters racontent leur expérience du terrain.

Découvrez “Profession reporter” dédiée à la question suivante : “Comment les djihadistes sont-ils jugés en Syrie ?”.


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Un djihadiste “français” détenu en Syrie : «Je veux rentrer chez moi et oublier»

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Syrie : l’Etat islamique a bénéficié de l’aide militaire fournie par les Américains aux opposants au régime de Bachar el-Assad

15/12/2017 – SYRIE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Selon l’étude publiée hier par une ONG, l’aide militaire fournie par les Américains, et les Saoudiens, aux opposants au régime syrien a contribué à armer l’organisation Etat Islamique. Ce rapport de l’ONG Conflict Armament Research constitue l’étude la plus complète, et la plus précise à ce jour, sur la manière dont l’Etat islamique assurait son approvisionnement en armes. Une grande partie de ce matériel de guerre est naturellement constituée de pillages effectuées par l’EI dans les bases des armées irakienne et syrienne. C’est ainsi que, lors de la chute de Mossoul en juin 2014, de Palmyre en décembre 2016, ou encore lors de l’offensive ratée des forces loyalistes à Taqba en juin de la même année, les djihadistes avaient récupéré de nombreux équipements, des systèmes sol-air de défense ainsi que plusieurs dizaines de chars.

Mais le rapport de l’ONG dévoile également des aspects très inattendus…

Il prouve en effet que l’EI est parvenu à récupérer beaucoup d’armes fournies par les Etats-Unis (et l’Arabie saoudite) aux groupes armés anti-Bachar. Il révèle par ailleurs que des armes livrées aux opposants au régime syrien par les Américains avaient été achetées, par les Etats-Unis donc, en Russie, Bulgarie, Roumanie et Chine, et que les contrats signés incluaient tous une clause de non-réexportation. Il est donc pour le moins curieux que ces armes aient pu être livrées par les Américains à leurs protégés anti-Bachar, en sus naturellement de se retrouver entre les mains de l’Etat islamique…

Le rapport est néanmoins prudent sur l’intentionnalité de ce transfert

Selon Damien Spleeters, l’un des auteurs de l’étude : « Le rapport n’affirme pas qu’il y a collusion entre les rebelles [les opposants au gouvernement syrien] et l’Etat islamique, tout en n’excluant pas non plus cette hypothèse ». Le rapport n’élucide donc pas les circonstances qui ont conduit à ce que les djihadistes prennent possession du matériel militaire livré par les Américains aux opposants au régime syrien. Mais M. Spleeters indique : « C’est une chose sur laquelle nous espérons pouvoir enquêter à l’avenir ».

Syrie : Attaques, enlèvements, églises brûlées… Le cauchemar des chrétiens du Khabour

23/09/2017 – SYRIE (NOVOpress)
Ces dernières années, les chrétiens de Syrie ont été victimes d’exactions de la part de l’État islamique. Attaques, enlèvements, églises brûlées…
Dans la vallée du Khabour, au nord-est du pays, des villages entiers ont été rayés de la carte. Pourtant, malgré la menace islamiste, certains chrétiens d’Orient refusent d’imaginer l’exil.

D’autres, déplacés dans les pays voisins ou qui ont émigré en Europe ou aux États-Unis, envisagent même de revenir sur leur terre natale.


Tanneguy Roblin (SOS Chrétiens d’Orient) : “Il reste encore une présence forte de Daech en Irak et en Syrie”

12/07/2017 – SYRIE (NOVOpress)
Tanneguy Roblin, chef de mission en Irak de l’association SOS Chrétiens d’Orient, livre pour Boulevard Voltaire son analyse de la situation après la libération de Mossoul par l’armée irakienne.

Il explique quels sont les enjeux de cette bataille qui a été longue : enjeux symbolique, militaire et humain. Il fait le point de ce qu’il reste à reprendre sur le terrain à l’État islamique et décrit les défis colossaux auxquels va être confronté l’Irak : réinstallation des personnes déplacées (estimées à 900.000 rien que pour Mossoul), reconstruction.

Mais, aussi, il va falloir éviter qu’un phénomène de communautarisation ne se développe sur les ressentiments, afin d’empêcher la création d’un nouvel État islamique dans le futur.


L’armée russe affirme avoir tué le chef de l’État islamique

16/06/2017 – SYRIE (NOVOpress)
L’armée russe affirme avoir probablement tué en Syrie le chef de l’État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi. Des rumeurs avaient déjà couru.
Elle l’aurait tué lors d’une frappe menée fin mai par son aviation sur une réunion de hauts dirigeants de l’organisation jihadiste près de Raqqa.

Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a déclaré :

Al-Baghdadi se trouvait à cette réunion et a été éliminé dans le bombardement.

Selon ce communiqué, le commandement du contingent militaire russe en Syrie a “reçu fin mai des informations sur la tenue dans la banlieue sud de Raqqa d’une réunion de dirigeants de l’organisation terroriste Etat islamique”.
Au total, l’armée russe affirme avoir tué une “trentaine de chefs de guerre et jusqu‘à 300 combattants” et plusieurs “hauts dirigeants” d’EI. Elle évoque notamment le “chef de la sécurité” d’Abou Bakr al-Baghdadi.


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Eric Zemmour : « Trump parle désormais comme un banal Bush junior »

23/05/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Implacable réquisitoire, ce matin sur RTL, d’Eric Zemmour contre Donald Trump après le voyage à Ryad du président des Etats-Unis et sa désignation de l’Iran comme ennemi prioritaire dans sa lutte du Bien contre le Mal. Voici l’intégralité de son éditorial, au vitriol.

Donald Trump Iran« Les présidents américains passent, les Saoud restent : c’est ce qu’ont dû penser avec un sourire goguenard les princes de Ryad en écoutant le discours du président Trump. Ils ont pourtant eu chaud, avec Obama d’abord, qui leur préférait ostensiblement les Iraniens. Obama avait engagé un très audacieux renversement géostratégique pour substituer à la traditionnelle alliance avec les Saoud, qui date du président Roosevelt à la fin de la Seconde Guerre mondiale, un rapprochement avec l’autre grand pôle du monde musulman : celui des chiites iraniens. Les puits de pétrole saoudiens en ont tremblé de peur.

« Cette audace de son prédécesseur aurait pu – aurait dû – plaire à Donald Trump. Après tout, derrière l’Iran, il y a la Russie et Trump voulait justement se rapprocher de la Russie. Un Trump qui pendant sa campagne avait multiplié les tweets ravageurs contre le pays, je cite, “qui veut asservir les femmes et tuer les homosexuels“. Trump qui se mettait alors dans les chaussons idéologiques de Samuel Huntington et assumait la guerre de civilisation entre un bloc musulman et un bloc judéo-chrétien. Mais souvent Trump varie, fol qui s’y fie… »

« L’Arabie saoudite est redevenue un merveilleux royaume et l’islam une religion de paix. Pourtant, depuis des années, on sait à quoi s’en tenir. C’est l’Arabie saoudite qui a au départ financé Al Qaida et Ben Laden. C’est l’Arabie saoudite qui a au départ financé le califat islamique et on passe sur l’actuelle guerre au Yémen, où l’aviation saoudienne fait des ravages. »

« Daesh n’est qu’une Arabie saoudite qui a réussi. Ryad est la matrice de la salafisation du monde, en terre d’islam mais aussi en Europe comme en Afrique, à grands coups de mosquées et d’écoles coraniques »

« Refuser l’entrée de ressortissants venus de pays musulmans pour protéger l’Amérique contre le terrorisme pour chanter les louanges de l’Arabie saoudite, c’est comme si le président Roosevelt avait, dans les années 1930, interdit l’entrée de son pays aux nazis tout en se rendant à Berlin pour glorifier ce grand démocrate que fut le chancelier Hitler. »

Mais voilà, « l’Arabie saoudite a de l’argent, beaucoup d’argent, énormément d’argent. L’accueil de Trump fut fastueux. Le président américain a pu annoncer, triomphant, 380 milliards de dollars d’investissement et de contrats. Ce n’est plus un voyage présidentiel, c’est la hotte du Père Noël. Et les princes en ont profité pour glisser un chèque de 100 millions de dollars dans les souliers de la fille de Trump, Ivanka, et son fonds de femmes entrepreneuses. »

« Plus de guerre de civilisation, plus de problème avec l’islam, c’est seulement l’éternelle lutte entre le Bien et le Mal : Trump parle désormais comme un banal Bush junior. Avec les mêmes contradictions. »

« Comment combattre à la fois l’Iran et l’Etat islamique, alors que ces deux-là sont d’inexpiables adversaires ? Comment régler les questions syrienne, irakienne, afghane sans traiter avec l’Iran ? Pourquoi flatter les potentats saoudiens et dénigrer une république islamique d’Iran qui organise, elle, des élections à peu près démocratiques ? »

« Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons, disait Lénine. Il y a belle lurette que les Saoud ont compris qu’il suffisait de remplacer capitaliste par mécréant. »

Trump Syrie

Trump et la Syrie : une affaire complexe

19/04/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)
Suite à la répansion de gaz sarin sur la localité rebelle de Ran Cheiroun, les positions américaines vis-à-vis de la guerre en Syrie sont troubles, à tout le moins sont-elles complexes.

A-t-on d’ailleurs plus d’informations quant à l’enquête sur cette attaque ? Le bras de fer se poursuit. Le ministre russe des Affaires étrangères a accueilli ses homologues syrien et iranien pour une série d’entretiens consacrée à l’attaque imputée à Damas par les médias et les gouvernements occidentaux.

Jawad Zarif, Walid Mouallem et Sergueï Lavrov insistent pour qu’une enquête objective soit menée sous l’égide de l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques) sur l’utilisation des substances toxiques, et que cette enquête soit effectuée par une équipe équilibrée. Cela, à leurs yeux, n’était pas le cas dans le projet de résolution présentée au Conseil de sécurité des Nations Unies.

De son côté, dans sa première déclaration à ce sujet, Bachar al Assad a assuré : « Pour nous, il s’agit d’une fabrication à 100 % ». Enfin, le ministre syrien des Affaires étrangères se dit prêt à accueillir et à aider l’OIAC. Pour Sergueï Lavrov, il est inadmissible que l’Organisation enquête sur ce qui s’est passé sans se rendre sur le terrain. D’après le chef de la diplomatie russe, ceux qui empêchent la mise en place qu’une commission d’enquête indépendante n’ont « pas la conscience tranquille ».

Dès lors, comment comprendre les actions américaines par rapport à cette volonté affichée d’apaisement ?

Plusieurs lectures sont possibles. Pour certains, avec les actions cumulées en direction de la Syrie, de la Corée du Nord et en Afghanistan, Trump donne des gages aux néoconservateurs afin de pouvoir mener sa bataille interne contre l’Etat profond américain.

Pour d’autres, il s’agit d’un revirement total, significatif de ce que la politique étrangère américaine est tel un porte-avions lancé à pleine vitesse : impossible à dérouter par un seul individu, fût-il président du pays.

Certains estiment enfin que Trump a saisi un prétexte pour rappeler aux Russes que si le peuple américain a exprimé le souhait d’un certain isolationnisme, les forces de projection et de frappe de l’armée américaine demeurent bien réelles.

Force est de constater que ces différentes analyses servent chacune la compréhension d’une situation particulièrement complexe.

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Eric Zemmour : « Donald Trump a dynamité sa propre campagne électorale »

11/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Donald Trump frappe la Syrie, se brouille avec la Russie mais est aimable avec son homologue chinois. Une politique qui tranche avec sa campagne électorale. Pour Éric Zemmour, paraphrasant Michel Audiard, « un changement, c’est un changement, trois changements, c’est un reniement ».

« En quelques jours, assure l’éditorialiste, le président américain n’a pas seulement atomisé, façon puzzle, une base militaire syrienne, il a aussi dynamité sa propre campagne électorale. »

« Il a agi, pour Eric Zemmour, comme aurait agi Hillary Clinton, qui l’a d’ailleurs félicité. Le candidat de “l’Amérique d’abord“ a rejoué au gendarme du monde. Le républicain iconoclaste a remis les bottes de Bush junior et des néo-conservateurs. Le pourfendeur des médias s’est soumis au diktat émotionnel et compassionnel de ces photos d’enfants morts qu’on arbore à chaque fois qu’on veut manipuler l’opinion. »

Pour lui, « le président qui ne se faisait aucune illusion sur la crédibilité de ses services de renseignement s’est empressé de les croire lorsqu’ils lui ont affirmé que l’attaque chimique contre des civils provenait obligatoirement de l’armée syrienne. Il ne s’est à aucun moment demandé si les rebelles ne disposaient pas, eux aussi, d’armes chimiques. Pourtant en Irak, comme à Alep, en Syrie, les hommes du califat islamique n’ont jamais hésité à faire feu de tout bois. Et dans la bataille pour Mossoul, les civils et les enfants ne sont guère épargnés, y compris par les bombardements de la coalition occidentale. »

La conséquence est que « son grand renversement d’alliance avec la Russie de Poutine a du plomb dans l’aile » :

« Poutine a sous-estimé la puissance des lobbies et de l’establishment washingtonien. En quelques jours, ceux-ci ont raflé la mise. »

« Ils ont obtenu le désaveu de Steve Bannon, son conseiller à la fois le plus cultivé et le plus marqué à droite. Et quand il rencontre le président chinois, Trump ne parle plus de la taxe de 45 % sur les importations chinoises qui faisaient si peur aux géants américains du commerce. Depuis lors, tous ceux qui l’insultaient l’encensent. Trump devrait se méfier du baiser qui tue. »