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Blanquer

Démission du patron des programmes scolaires : merci Monsieur Blanquer !

Le responsable des programmes scolaires Michel Lussault claque la porte. Connu pour son laxisme et les désastreux « nouveaux programmes », il lâche la présidence du Conseil supérieur des programmes en accusant le ministre de l’Education nationale de vouloir détricoter les réformes précédentes et de céder aux « bas instincts d’une clientèle politique ».

Surnommé le « gentil idéologue » ou encore « le petit télégraphiste de Vallaud-Belkacem » (c’est elle qui l’avait nommé à ce poste en 2014), Michel Lussault a eu la lourde charge de présenter les nouveaux programmes scolaires, « version refondée du socle commun de connaissances », qui ont provoqué le tollé que l’on sait, avec l’abandon des humanités, la simplification à l’extrême de l’apprentissage de la langue et le nivellement toujours plus bas d’une formation déjà d’une grande faiblesse. Au menu, la suppression du latin et du grec, « la disparition de tout ce qui rappelle tant les racines chrétiennes de la France que le fait national » (selon l’historien Patrice Gueniffey dans Le Figaro) au profit notamment d’un enseignement de l’histoire de l’islam. Mais aussi l’introduction dans les programmes des classes primaires du « prédicat » remplaçant les notions élémentaires de grammaire.

Avec cette démission, la fronde enfle contre le ministre de l’Education du côté des syndicats enseignants : le SE-Unsa, qui couvre le primaire et le secondaire, estime qu’il s’agit d’une « mauvaise nouvelle pour l’école, mais peut-être d’un geste politique utile pour réussir à faire entendre que le débat scolaire prend une mauvaise direction en flattant les plus réactionnaires et en laissant croire que l’école se serait laissé aller au laxisme pédagogique ». Quelle idée en effet !

A noter la réaction du Snalc, syndicat d’enseignants minoritaire : « Lussault, bon débarras ! » et pointant de « gigantesques dysfonctionnements » lors de la fabrication des programmes du primaire et du collège.

Mais comme on pouvait s’y attendre, les annonces jugées conservatrices et les retours aux fondamentaux voulus par Blanquer ulcèrent la plupart des syndicats d’enseignants. Quand il annonçait mi-septembre dans L’Express être en faveur de la maîtrise des quatre opérations de calcul dès le CP-CE1 (au lieu d’apprendre la division en CE2), Michel Lussault s’en étonnait publiquement, affirmant ne pas avoir été prévenu et doutant de l’efficacité d’une telle réforme.

« Son départ ne me gêne pas du tout », commente Jean-Michel Blanquer avec une certaine satisfaction :

« Ce n’est pas un problème. Je suis dans un travail d’organisation de l’Education nationale pour que tous les enfants sachent lire, écrire, compter et respecter autrui à la sortie de l’école primaire. Si ça gêne M. Lussault, ce n’est vraiment pas grave qu’il s’en aille. »

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 28 septembre 2017