Permis de procréer et permis de tuer : le grand renversement

Il arrive assez fréquemment que les actualités se télescopent dans la noosphère, comme ce fut le cas lors des semaines écoulées où nous avons assisté à la légitimation d’idées autrefois tabous, rappelant d’ailleurs ces « zeures les plus sombres de notre histoire » si fréquemment convoquées ces dernières années qu’on ne sait plus les reconnaître quand elles reviennent véritablement. Permis de procréer sur L’Obs et permis de tuer sur Konbini : comment en sommes-nous arrivés là ?

Trois tendances semblaient se dégager depuis quelques semaines dans le cadre de la chasse à l’Homme que livrent les nouvelles ligues de petite vertu : les pervers narcissiques, la vasectomie pour tous et bien évidemment …la « masculinité toxique ». C’était sans compter sur l’arrivée en force de l’eugénisme compassionnel sur Konbini, grâce à l’inénarrable Hugo Clément.

Notre homme s’était déjà fait remarquer l’an passé en conviant une dame qui avait planifié son suicide assisté en Suisse et qui militait pour la légalisation de la pratique, mais aussi dernièrement en interrogeant un homme tout fier après avoir annoncé sa vasectomie censée sauver la planète de ses futurs rejetons – soit dit en passant, ce n’est peut-être pas plus mal de nous épargner ça -.

Au micro d’Hugo Clément donc, qui s’étonne que les porcs exposés au salon de l’agriculture finissent à l’abattoir, car il devait croire qu’on leur payait une retraite aux Caraïbes, s’expriment des « âmes en détresse », des gens qui ont des « témoignages à nous donner », dont Anne Ratier qui a confessé le meurtre de son enfant polyhandicapé âgé de trois ans en 1987.

On aimerait être compatissants envers cette dame. On voudrait nous aussi comprendre ce qui a pu la pousser à commettre un tel acte. Qui sommes-nous pour juger ce qu’elle a pu traverser ? Mais, au fond, est-ce le sujet principal de cette sombre affaire ?

Il est sidérant de penser qu’on puisse donner la parole à une meurtrière- c’est bien de ça qu’il s’agit -, y compris si elle a des circonstances atténuantes, et surtout de faire la promotion de ce geste qui, rappelons-le, est illégal au regard du droit pénal en vigueur. Permis de tuer, oui. Permis de tuer les éclopés, les handicapés et les gênants.

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Fin de vie : la loi est adoptée

29/01/2016 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Par un vote mercredi à l’Assemblée, le Parlement a adopté la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie
Après quatre ans de gestation, la loi Claeys-Leonetti a obtenu l’approbation du PS et des Républicains. Hollande se félicite d’avoir tenu une de ses promesses de campagne de 2012. Cette loi est supposée venir compléter la loi Leonetti de 2005.

Une grande nouveauté : l’affirmation du « droit à la sédation profonde et continue »
Cette loi est une étape historique puisqu’elle prévoit un « droit à la sédation profonde et continue » jusqu’au décès, pour, notamment, les personnes atteintes d’une maladie grave et incurable. L’application de ce droit se veut encadrée par des directives anticipées formalisées, qui donnent la possibilité au malade de se prononcer sur un éventuel « acharnement thérapeutique ». Paradoxalement, la loi prévoit également la possibilité de sédation pour les patients hors d’état d’exprimer leur volonté en situation d’acharnement thérapeutique.

Une loi qui joue donc sur l’ambiguïté ?
Le premier souci des instigateurs de la loi a été d’affirmer que ce texte n’ouvre pas un droit à la mort, à l’euthanasie ou au suicide assisté. Toutefois, on retrouve la même ambiguïté, sans doute intrinsèque au sujet, le médecin pouvant trancher en dernier recours. Une fois de plus, le législateur rend opaques ses lois pour ne pas heurter l’opinion publique.

Une loi qui ne satisfait ni les pro-euthanasie ni les pro-vie
L’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) a qualifié le texte « De fruit d’un consensus mou [qui] propose pour seule issue la déshydratation et la nutrition », souhaitant une solution plus radicale, impliquant un protocole médicalisé actif. De son côté, la Conférence des évêques de France s’est félicitée que soient développés l’accès et la formation aux soins palliatifs, avec l’annonce par le gouvernement de la mise en œuvre d’un plan triennal en ce sens.

Euthanasie en Belgique : 1 personne sur 60 tuée sans son consentement

12/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Bientôt en France : les médecins généralistes belges « tuent des patients qui n’ont pas demandé à mourir » selon un rapport qui affirme que des milliers de personnes ont été tuées sans leur consentement.

Des milliers de personnes âgées ont été tuées par leur propre médecin généraliste sans jamais avoir demandé de mourir sous les lois de l’euthanasie en vigueur en Belgique, selon un rapport universitaire paru hier le 11 juin.
Il est indiqué qu’environ un décès sur 60 concerne une personne qui n’a pas demandé l’euthanasie.
La moitié des patients tués sans leur consentement étaient âgés de plus de 80 ans, révèle l’étude, et deux tiers d’entre eux été à l’hôpital et ne souffraient pas d’une maladie incurable telle que le cancer. Dans environ 4/5 des cas, la mort n’a pas été discutée avec les patients soumis à des « euthanasies involontaires » parce qu’ils étaient dans le coma ou atteints de démence, ou plus simplement parce que les médecins ont décidé qu’il ne serait pas dans leur intérêt d’en discuter avec eux.
Très souvent les médecins n’informent pas les familles de la préparation d’une injection mortelle, car ils jugent que cette décision médicale doit être prise par eux seuls, selon le rapport publié par le Journal of Medical Ethics.
Le rapport a soulevé de nouvelles questions sur cette loi de plus en plus controversée mise en place il y a 13 ans qui a remporté une large acceptation dans l’univers médical, et qui permet même maintenant à des enfants d’être tués par leurs médecins. L’auteur du rapport, le professeur Raphael Cohen-Almagor, de l’Université de Hull, déclare :

la décision pour savoir si une vie n’est plus digne d’être vécue n’est pas entre les mains du patient, mais dans celles du médecin.

« Il faut aussi noter que cette pratique est surtout développée en Belgique parmi tous les pays où l’euthanasie est légale, comme les Pays-Bas. »
« Il est inquiétant que certains médecins assument eux-mêmes la responsabilité d’abréger délibérément la vie de leurs patients sans une indication claire sur ce que veulent ces personnes. »
« La population belge devrait être au courant de la situation actuelle et savoir que si leur vie arrive au point où les médecins jugent qu’elle ne vaut pas la peine d’être vécue, en l’absence de testament indiquant leur volonté alors ils pourraient être mis à mort. »
La loi sur l’euthanasie de la Belgique limite la pratique de l’homicide par compassion aux adultes et enfants émancipés qui souffrent atrocement et qui sont capables d’y consentir. Cela reste officiellement illégal pour les médecins de tuer les patients qui n’ont pas donné leur consentement à leur mort. Cependant l’étude a révélé que de nombreux généralistes tuent leurs patients sans consentement et que l’absence de consentement peut être plus fréquente que les décès officiellement approuvés.

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