Loi Falorni sur le suicide assisté : un enjeu identitaire, par Clément Martin (Les Identitaires)

suicide assisté

De quoi parle-t-on ?

Le député LREM Olivier Falorni a présenté la semaine dernière un projet de loi visant à autoriser le suicide assisté, comme en Belgique ou en Suisse. 3 000 amendements ont été déposés, dont 2 300 par des députés LR, bloquant ainsi le débat parlementaire et faisant barrage à la proposition de l’élu macroniste. Rappelons que l’euthanasie passive, légalisée par la loi Leonetti en 2005, concerne les personnes « en fin de vie » et permet au médecin d’arrêter les soins, après discussion avec la famille. L’euthanasie active suppose l’injection d’une substance létale au malade. Dans le suicide assisté, le malade procède lui-même à l’opération à l’aide d’un tiers. Olivier Falorni prône le recours à une « assistance médicalisée active à mourir » pour toute personne « capable et majeure en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable », et ne pouvant être « apaisée » ou jugée « insupportable » (Le Point, 8 avril 2021).

L’explosion droit-de-l’hommiste

La frontière entre l’aide apportée par le médecin (ce que suppose l’expression d’ « assistance médicalisée ») et l’intervention directe du professionnel, pour palier aux défaillances du malade, est extrêmement fine. Dans de nombreux cas, pour ne pas dire la majorité, le tiers se substituera au malade puisque ceux qui demandent la mort sont dans un état d’impuissance physique. Sinon pourquoi réclamer cette loi alors qu’ils pourraient s’administrer un cocktail de médicaments ou s’intoxiquer au monoxyde de carbone, avec du charbon de bois, sans douleur ni violence ? Clairement, il s’agit de réclamer à la nation un énième droit à, après le changement de sexe et la PMA. Un « droit à ne pas souffrir » reconnu et subventionné, comme une garantie devant les aléas les plus dramatiques de la vie. La proposition du député Falorni s’inscrit dans l’hyper-inflation droit-de-l’hommiste qui consiste à faire cautionner par la société tous les choix privés, aussi marginaux soient-ils, au mépris évident du principe de responsabilité. D’autant plus que les cas montés en épingle dans les médias sont des cas isolés, tels Chantal Sébire, victime d’une tumeur extrêmement rare et suicidée en 2008. Les conséquences sont infinies : en 2014, la Belgique a autorisé le suicide assisté des adolescents capables de « discernement ».

La légalisation du meurtre

D’autre part, le suicide assisté confie à des professionnels de santé une mission qui viole le serment d’Hippocrate et la raison d’être de la médecine : soigner. Nous vivons dans une telle confusion intellectuelle que les mots n’ont plus aucun sens. Il faut dire la vérité. De toutes évidences, le projet Falorni légaliserait l’homicide. Que l’on discute sereinement à partir de cette réalité. Si le projet Falorni passe, les dérives deviendront la règle et les récits policiers s’enrichiront de ces cas d’assassinats sous l’alibi du suicide assisté. Le changement anthropologique et civilisationnel est majeur, un tabou sautera avec autant de facilité qu’on reconnaît l’interdiction de la peine de mort comme un acquis intouchable. La contradiction saute aux yeux : « oui, mais en cas d’erreur judiciaire ? » se défendaient les abolitionnistes derrière Robert Badinter, « et en cas d’erreur médicale ? » peut-on répondre à Olivier Falorni. De fait, les guérisons inattendues ou les réveils subis après un long coma ne sont pas difficiles à trouver. Pourquoi ces situations auraient-elles moins de valeur que les cas rares sur lesquels on s’appuie pour défendre l’euthanasie ou le suicide assisté ? Aucune mesure politique ne satisfera toutes les parties en présence : il y a des drames, à l’instar des dernières années de Vincent Lambert, qui s’imposent à nous comme des énigmes insolubles.

L’art du bien commun et des choix difficiles

Refuser le suicide assisté, ce n’est pas nier le problème. Au contraire, c’est peser le coût et les bénéfices d’une telle révolution. Si le bénéfice physique, en termes de douleur ressentie, est évident pour le malade ou l’handicapé grave, le coût éthique et psychologique est énorme pour l’ensemble de la société. Comment ne pas déjà le voir dans l’actuelle tyrannie sanitaire, qui sacrifie tout un pays pour une maladie qui touche seulement certains publics ? Le politique n’est pas une institution chargée de satisfaire les intérêts privés, subjectifs et à court-terme, mais l’art difficile et exigent du bien commun. L’État ne doit pas être une nounou, sans quoi il sombrerait sous les revendications les plus diverses, mais un capitaine courageux dans la tempête. Le modèle à suivre nous est donné par Ulysse dans l’Odyssée. A la barre de son navire, entre Scylla le monstre à six têtes et le tourbillon Charybde qui engloutirait tout l’équipage, le roi d’Ithaque prend le risque de perdre six hommes plutôt que de sacrifier l’avenir. Le politique est aussi l’art des choix difficiles, sur une ligne de crête entre idéalisme et pragmatisme. Le vrai courage est là.

La vie est un combat

L’Europe a vu son confort matériel s’accroître de façon inouïe en moins d’un siècle et demi. Parallèlement, le suffrage universel, le libéralisme moral et le narcissisme engendré par la société de consommation nous ont fait renoncer à la notion de vérité, au profit d’une survalorisation du « ressenti » personnel. La sincérité et l’émotion priment la raison. Dès lors, puisque c’est techniquement faisable, pourquoi interdire le suicide assisté ? Ce point de vue ignore le pilier de la civilisation : l’effort et la souffrance qui en découle. L’acceptation de la souffrance, dans une mesure que chacun doit déterminer en conscience (pensons à la jeune mère qui refuse la péridurale), est un marqueur du courage et de la grandeur d’âme. Toute souffrance dépassée, à l’image de la peur surmontée, est le point de départ d’une nouvelle vie, la condition sine qua non de l’héroïsme. Voulons-nous retrouver l’âge des héros ou bien stagner dans celui des toilettes publics « inclusifs » ? Acceptons le risque inhérent à toute aventure qui vaut la peine d’être vécue. Les bâtisseurs des cathédrales ont-ils demandé des indemnités à l’archevêché de Paris parce qu’ils souffraient de la silicose, dite « maladie des tailleurs de pierre » ? Les samouraïs japonais ont-ils recherché d’autres responsables qu’eux-mêmes pour un seppuku raté ? Dans la philosophie du suicide assisté, il y a le refus de l’imprévu, cette variable d’ajustement décisive dans une existence humaine. Au contraire, affirmons que la vie est un combat et que nous l’assumons dans ses bons et ses mauvais jours.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Permis de procréer et permis de tuer : le grand renversement

Il arrive assez fréquemment que les actualités se télescopent dans la noosphère, comme ce fut le cas lors des semaines écoulées où nous avons assisté à la légitimation d’idées autrefois tabous, rappelant d’ailleurs ces « zeures les plus sombres de notre histoire » si fréquemment convoquées ces dernières années qu’on ne sait plus les reconnaître quand elles reviennent véritablement. Permis de procréer sur L’Obs et permis de tuer sur Konbini : comment en sommes-nous arrivés là ?

Trois tendances semblaient se dégager depuis quelques semaines dans le cadre de la chasse à l’Homme que livrent les nouvelles ligues de petite vertu : les pervers narcissiques, la vasectomie pour tous et bien évidemment …la « masculinité toxique ». C’était sans compter sur l’arrivée en force de l’eugénisme compassionnel sur Konbini, grâce à l’inénarrable Hugo Clément.

Notre homme s’était déjà fait remarquer l’an passé en conviant une dame qui avait planifié son suicide assisté en Suisse et qui militait pour la légalisation de la pratique, mais aussi dernièrement en interrogeant un homme tout fier après avoir annoncé sa vasectomie censée sauver la planète de ses futurs rejetons – soit dit en passant, ce n’est peut-être pas plus mal de nous épargner ça -.

Au micro d’Hugo Clément donc, qui s’étonne que les porcs exposés au salon de l’agriculture finissent à l’abattoir, car il devait croire qu’on leur payait une retraite aux Caraïbes, s’expriment des « âmes en détresse », des gens qui ont des « témoignages à nous donner », dont Anne Ratier qui a confessé le meurtre de son enfant polyhandicapé âgé de trois ans en 1987.

On aimerait être compatissants envers cette dame. On voudrait nous aussi comprendre ce qui a pu la pousser à commettre un tel acte. Qui sommes-nous pour juger ce qu’elle a pu traverser ? Mais, au fond, est-ce le sujet principal de cette sombre affaire ?

Il est sidérant de penser qu’on puisse donner la parole à une meurtrière- c’est bien de ça qu’il s’agit -, y compris si elle a des circonstances atténuantes, et surtout de faire la promotion de ce geste qui, rappelons-le, est illégal au regard du droit pénal en vigueur. Permis de tuer, oui. Permis de tuer les éclopés, les handicapés et les gênants.

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Fin de vie : la loi est adoptée

29/01/2016 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Par un vote mercredi à l’Assemblée, le Parlement a adopté la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie
Après quatre ans de gestation, la loi Claeys-Leonetti a obtenu l’approbation du PS et des Républicains. Hollande se félicite d’avoir tenu une de ses promesses de campagne de 2012. Cette loi est supposée venir compléter la loi Leonetti de 2005.

Une grande nouveauté : l’affirmation du « droit à la sédation profonde et continue »
Cette loi est une étape historique puisqu’elle prévoit un « droit à la sédation profonde et continue » jusqu’au décès, pour, notamment, les personnes atteintes d’une maladie grave et incurable. L’application de ce droit se veut encadrée par des directives anticipées formalisées, qui donnent la possibilité au malade de se prononcer sur un éventuel « acharnement thérapeutique ». Paradoxalement, la loi prévoit également la possibilité de sédation pour les patients hors d’état d’exprimer leur volonté en situation d’acharnement thérapeutique.

Une loi qui joue donc sur l’ambiguïté ?
Le premier souci des instigateurs de la loi a été d’affirmer que ce texte n’ouvre pas un droit à la mort, à l’euthanasie ou au suicide assisté. Toutefois, on retrouve la même ambiguïté, sans doute intrinsèque au sujet, le médecin pouvant trancher en dernier recours. Une fois de plus, le législateur rend opaques ses lois pour ne pas heurter l’opinion publique.

Une loi qui ne satisfait ni les pro-euthanasie ni les pro-vie
L’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) a qualifié le texte « De fruit d’un consensus mou [qui] propose pour seule issue la déshydratation et la nutrition », souhaitant une solution plus radicale, impliquant un protocole médicalisé actif. De son côté, la Conférence des évêques de France s’est félicitée que soient développés l’accès et la formation aux soins palliatifs, avec l’annonce par le gouvernement de la mise en œuvre d’un plan triennal en ce sens.

Euthanasie en Belgique : 1 personne sur 60 tuée sans son consentement

12/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Bientôt en France : les médecins généralistes belges « tuent des patients qui n’ont pas demandé à mourir » selon un rapport qui affirme que des milliers de personnes ont été tuées sans leur consentement.

Des milliers de personnes âgées ont été tuées par leur propre médecin généraliste sans jamais avoir demandé de mourir sous les lois de l’euthanasie en vigueur en Belgique, selon un rapport universitaire paru hier le 11 juin.
Il est indiqué qu’environ un décès sur 60 concerne une personne qui n’a pas demandé l’euthanasie.
La moitié des patients tués sans leur consentement étaient âgés de plus de 80 ans, révèle l’étude, et deux tiers d’entre eux été à l’hôpital et ne souffraient pas d’une maladie incurable telle que le cancer. Dans environ 4/5 des cas, la mort n’a pas été discutée avec les patients soumis à des « euthanasies involontaires » parce qu’ils étaient dans le coma ou atteints de démence, ou plus simplement parce que les médecins ont décidé qu’il ne serait pas dans leur intérêt d’en discuter avec eux.
Très souvent les médecins n’informent pas les familles de la préparation d’une injection mortelle, car ils jugent que cette décision médicale doit être prise par eux seuls, selon le rapport publié par le Journal of Medical Ethics.
Le rapport a soulevé de nouvelles questions sur cette loi de plus en plus controversée mise en place il y a 13 ans qui a remporté une large acceptation dans l’univers médical, et qui permet même maintenant à des enfants d’être tués par leurs médecins. L’auteur du rapport, le professeur Raphael Cohen-Almagor, de l’Université de Hull, déclare :

la décision pour savoir si une vie n’est plus digne d’être vécue n’est pas entre les mains du patient, mais dans celles du médecin.

« Il faut aussi noter que cette pratique est surtout développée en Belgique parmi tous les pays où l’euthanasie est légale, comme les Pays-Bas. »
« Il est inquiétant que certains médecins assument eux-mêmes la responsabilité d’abréger délibérément la vie de leurs patients sans une indication claire sur ce que veulent ces personnes. »
« La population belge devrait être au courant de la situation actuelle et savoir que si leur vie arrive au point où les médecins jugent qu’elle ne vaut pas la peine d’être vécue, en l’absence de testament indiquant leur volonté alors ils pourraient être mis à mort. »
La loi sur l’euthanasie de la Belgique limite la pratique de l’homicide par compassion aux adultes et enfants émancipés qui souffrent atrocement et qui sont capables d’y consentir. Cela reste officiellement illégal pour les médecins de tuer les patients qui n’ont pas donné leur consentement à leur mort. Cependant l’étude a révélé que de nombreux généralistes tuent leurs patients sans consentement et que l’absence de consentement peut être plus fréquente que les décès officiellement approuvés.

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