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Souveraineté et désordre politique, un livre majeur de Guilhem Golfin

21/05/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Cet article consacré à l’ouvrage Souveraineté et désordre politique, de Guilhem Golfin, a paru à la rubrique Livres de l’hebdomadaire Minute du mercredi 17 mai 2017 sous la signature de Charles du Geai. Il fait écho aux débats qui ont lieu, par exemple, entre Jacques Sapir et Jean-Yves Le Gallou. D’où le fait, peut-être, qu’il ait été repris également par la fondation Polémia.

C’est un titre qui sonne comme une analyse de la présidentielle. Souveraineté et Désordre politique, premier essai du jeune docteur en philosophie Guilhem Golfin, est pourtant bien plus important que cela. Ses pages exigeantes plongeront les lecteurs dans une réflexion fondamentale pour l’avenir de la droite : suffit-il d’ânonner une défense de la souveraineté pour proposer le remède miracle aux souffrances intellectuelles et morales des Français ?

L’auteur affirme la réalité d’un débat qui ne cesse de diviser les représentants politiques :

« La configuration politique actuelle se présente effectivement, pour l’essentiel, sous la forme d’une opposition entre le supranationalisme mondialiste – ou le cosmopolitisme moderne – et le souverainisme, entendu de manière générale comme exigence d’un retour au principe de souveraineté classique et donc à un ordre international fondé sur les Etats. »

Il s’empresse cependant de noter la stérilité d’une telle présentation du débat, dont les électeurs font constamment les frais.

A force de gagner pour perdre, les électeurs perdent patience. Et si cela tenait à une panne du monde des idées ? C’est la thèse de ce membre de l’Institut Montalembert :

« Croire résoudre le problème de l’unité du peuple par le recours au seul exercice du pouvoir compris comme imposition de l’obéissance, c’est-à-dire en ayant recours à la souveraineté, c’est se bercer d’illusion. »

Et cette illusion ne date pas d’hier mais de Jean Bodin, philosophe angevin qui vécut de 1530 à 1596 et donna naissance à un renouvellement important de la philosophie politique. Dans ses Six Livres de la République, il affirme : « L’État souverain est plus fort que les lois civiles. »

Cette proposition ne choquera plus personne, sauf qu’elle constitue une contradiction fondamentale avec la pensée classique. Soucieux de libérer le pouvoir civil du catholicisme, Jean Bodin fusionne les deux qualités du pouvoir : la potestas et l’auctoritas. Chez les Anciens, le pouvoir civil (législatif et militaire) différait de la dignité du pouvoir, fruit de la vertu et du mérite, qui concernait l’auctoritas. La souveraineté (auctoritas) n’était donc pas fonction d’une loi ou d’une constitution mais d’un état d’exception qui contraignait le pouvoir. Avec Bodin, la souveraineté se place du côté du pouvoir parce qu’il est pouvoir et réduit donc la primauté de la justice et de l’unité du peuple au profit de l’obéissance à la loi.

C’est à cette source que les souverainistes contemporains puisent leurs justifications en prétendant que la question de la définition juridico-politique du pouvoir fut immuable des Grecs à François Hollande. Manipulation délétère pour l’auteur puisqu’elle permet de ne pas penser les impératifs de justice et d’unité comme des éléments préalables à la pratique politique sur un territoire donné.

L’argumentaire de Guilhem Golfin est solide. Il précise que si la souveraineté est un attribut du politique, il ne peut en résumer le principe. En un mot : hurler contre l’Union européenne et les transferts de souverainetés est largement insuffisant pour s’opposer au mondialisme. L’esprit chagrin dirait que Florian Philippot est bien insuffisant pour affronter Emmanuel Macron.

En termes philosophiques, notre auteur pointe le premier impensé du souverainisme contemporain : la communauté naturelle. Nous connaissons sa conséquence : le refus de tout discours défendant l’unité de notre peuple et son identité. A force de penser une nationalité définie par la loi, une liberté des gens établie en fonction de contrats abstraits, ces derniers voient leurs relations familiales et sociales fracassées par toutes les idéologies.

Le souverainisme intégral est donc tout à fait moderne. Pire, il est à l’origine d’une rupture essentielle dans l’histoire de la droite : l’abandon d’une définition du peuple qui ne soit pas idéologique. Dès lors, toutes les vannes furent ouvertes pour que multiculturalisme et haine de soi s’imposent dans les discours. Comme nos lecteurs peuvent le constater chaque jour, la critique de l’Union européenne n’implique pas de réarmement législatif et intellectuel contre l’immigration massive. C’est ce que note l’auteur :

« Comment imaginer qu’il puisse être à l’origine de la reformation du peuple quand il a historiquement été impuissant à contrer efficacement sa progressive dissolution, quand il n’a jamais joué en vérité ce rôle d’unification, mais a profité de l’unité du peuple et du territoire au bénéfice de l’Etat qui n’a cessé des lors de croître au fur et à mesure que le peuple s’affaiblissait ? »

Il s’agit alors de proposer des alternatives. Le livre donne des pistes intéressantes. A la triple rupture avec Dieu, la Nature et la Tradition qui fonde la politique moderne, il répond par un retour à des familles autonomes, mises dans les conditions favorables à l’éducation et à la transmission. A l’oubli des finalités qui revient à soutenir le renforcement de l’Etat comme étant souhaitable en soi, il rétorque par la redécouverte du bien commun conçu comme la correspondance entre la vie collective des hommes et le perfectionnement de leur qualités.

Guilhem Golfin participe donc de ce corpus en constitution autour de Guillaume Bernard, Philippe Pichot-Bravard, Frédéric Rouvillois ou encore Patrick Buisson, qui cherche à provoquer un renouvellement de notre définition du politique et in fine des assises philosophiques de la droite. Si le pari est osé, son urgence est quotidiennement posée alors que la droite est à la renverse, engoncée dans ses paradoxes sans lendemain.

Charles du Geai

Guilhem Golfin, Souveraineté et Désordre politique, éd. du Cerf, 208 p., 19 euros.

Yannick Jaffré Souverainisme identitaire

Yannick Jaffré : « Je plaide pour un souverainisme identitaire »

07/02/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Yannick Jaffré a connu un parcours pour le moins atypique, puisqu’il vient de l’extrême gauche anarchiste, puis a été chevènementiste, avant de se tourner vers Marine Le Pen et de se définir désormais quasiment comme identitaire puisqu’il déclare à Martial Bild :

« Sur le plan identitaire, je suis carabiné, farouchement anti-immigrationniste, anti-multiculturaliste. »

Celui qui dénonce sur le plateau de TV Libertés la soumission des élites françaises à l’atlantisme est surtout professeur de philosophie. Cet agrégé a dirigé durant deux ans le Collectif Racine « pour la sauvegarde des savoirs et des humanités », qui appartient au Rassemblement Bleu Marine.

Yannick Jaffré PoutineYannick Jaffré est aussi l’auteur d’un ouvrage intitulé Vladimir Bonaparte Poutine (éd. Perspectives libres), une contribution pointue au dialogue franco-russe qui construit une analogie à trois termes entre l’épopée du Consulat bonapartiste, la Russie de Vladimir Poutine et la France contemporaine. Passionné de politique internationale mais aussi spécialités des questions touchant à l’enseignement, Yannick Jaffré dirige un blog, Sévèrement français, destiné à ne pas opposer souveraineté et identité !

L’entretien accordé par Yannick Jaffré à TV Libertés a le triple avantage d’être riche, vivant et varié.

Elections grecques : une coalition inédite de la gauche radicale et des souverainistes

Elections grecques : une coalition inédite de la gauche radicale et des souverainistes

28/01/2015 – ATHÈNES (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
Alexis Tsipras (photo), nommé Premier ministre dès lundi, a constitué son gouvernement hier. Aux côtés des ministres du parti Syriza de la gauche radicale, le nouveau gouvernement grec compte des ministres issus de la droite de conviction. Il s’agit de membres du parti des Grecs indépendants, appelé Anel. On compte parmi eux le chef d’Anel : Panos Kammenos, connu pour son franc‑parler, a été nommé ministre de la Défense.

Anel est clairement un parti souverainiste de droite
Le souverainisme et le populisme d’Anel sont précisément ce qui justifie cette alliance de circonstance entre la gauche radicale et des conservateurs de droite. Le parti des Grecs indépendants a récemment quitté le giron du centre‑droit libéral, par opposition à la politique de maintien dans la zone euro à tout prix.

Syriza et Anel partagent dans l’immédiat un même objectif :
Renégocier les obligations de la Grèce avec l’Union européenne et le FMI, notamment en allégeant et en reportant le paiement de la dette grecque. Ce n’est que si les créanciers de la Grèce refusaient cette restructuration de la dette que la nouvelle coalition grecque devrait se résoudre à quitter la zone euro.

Cette alliance reste néanmoins fragile
Alors que Syriza est favorable à une Europe fédérale, au laxisme migratoire et hostile aux valeurs traditionnelles et à l’Eglise, Anel affirme des convictions opposées : souverainisme, protection contre l’afflux d’immigrés, attachement aux valeurs traditionnelles.

En cas de déception, l’électorat populaire pourrait se reporter sur Aube dorée

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Rémi Tremblay : "Le Québécois du XXIe siècle se coupe de ses racines"

Rémi Tremblay : “Le Québécois du XXIème siècle se coupe de ses racines”

19/07/2014 – MONTREAL (via Présent)
Nous reproduisons avec leur aimable autorisation un entretien réalisé par nos confrères de Présent, pour le numéro 8148, avec Rémi Trembaly de la Fédération des Québécois de souche.


La Fédération des Québécois de souche (FQS) se présente comme « un réseau d’hommes et de femmes, Québécois de souche, partisans du principe de l’union sacrée entre une terre et son peuple ». Outre l’animation de son site Internet, la FQS publie une revue papier, Le Harfang, pour laquelle notre dessinatrice Chard a fourni quelques dessins… A l’origine du Harfang, Rémi Tremblay. Il est membre de la FQS depuis 2011 et l’un des porte-parole de l’organisation. Il nous donne un aperçu du Québec version « pays réel ».

Propos recueillis par Samuel Martin


Tout d’abord, pouvez-vous dresser un état des lieux rapide des forces politiques au Québec ?

Avant toute chose, je crois qu’il est important de spécifier qu’au Québec nous vivons dans une monarchie de type britannique. Bref, chaque comté élit un député qui, lui, élira le Premier ministre. Donc, pas de proportionnelle ni d’élection du chef d’Etat. Cela crée évidemment des problèmes pour les petits partis qui, bien qu’ils reçoivent un certain pourcentage de votes, n’obtiendront pas de députés. Ce système, loin d’être parfait, explique pourquoi, aux élections du printemps, le Parti libéral fut élu avec une majorité des sièges bien que seulement 18 % des Québécois en âge de voter l’aient fait pour eux.

Si les Français croient que le PS et l’UMP c’est du pareil au même, ils seront estomaqués de constater la similitude entre les trois grands partis au Québec. Nous avons le Parti libéral (centre gauche, fédéraliste), le Parti québécois (centre gauche souverainiste) et la Coalition Avenir Québec (centre gauche, autonomiste). Bref, au plan des idées, les trois partis ont un programme interchangeable. Ils s’entendent comme larrons en foire sur tous les sujets (immigration, justice, taxation, enjeux sociétaux…), sauf sur le statut du Québec au sein du Canada.

Le Parti québécois (PQ) n’est-il pas proche de la droite nationaliste ?

Vu de l’étranger, peut-être, mais c’est une mauvaise perception. Le PQ est très semblable au Scottish National Party (Parti national écossais, note de Novopress), un parti impossible à taxer de droite. Pour ce qui est de la droite, il n’existe qu’un parti libertarien (Parti conservateur), mais même ce parti ne fait que récolter quelques milliers de votes sans aucun espoir de faire élire un député.

Il existe également un parti de gauche extrême, semblable au Front de Gauche de Mélenchon, mais celui-ci est relativement marginal, avec seulement trois élus.

C’est dans la société civile que les groupes nationalistes sont plus actifs. Il existe une multitude de groupes défendant notre langue et certains groupes plus nationalistes mais, à l’exception de la Fédération des Québécois de souche, tous nient le volet ethnique de notre identité.

Nous, Français, sommes mal renseignés sur la réalité de l’immigration au Québec. Quelle image avez-vous, de votre côté, de l’état actuel de la France ?

Nous devons malheureusement dire que nous utilisons souvent la France comme un exemple de ce qui attend le Québec si nous ne modifions pas de façon drastique nos politiques d’immigration. Ici, il est bien connu que l’immigration de masse est un fléau pour la France, avec tous les problèmes que cela amène. Les émeutes des banlieues et l’islamisation continuelle ont été médiatisées au Québec, mais étonnamment, personne ne semble être en mesure d’apprendre des erreurs des autres, et nous accueillons au prorata plus d’étrangers que la France.

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