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Autriche Hofburg

Autriche : comment la question de l’Europe a influé sur la présidentielle

A moins d’un mois du premier tour de la présidentielle française, il n’est pas sans intérêt, en particulier dans la perspective du second tour, de revenir sur le résultat de cette élection, dont Hofer avait longtemps était donné favori – sans avantage décisif, il est vrai.

Autriche alexander-van-der-bellenLe 4 décembre dernier, Alexander Van der Bellen était élu président de la République d’Autriche. Cette élection concluait un processus laborieux de plus de sept mois – le premier tour de l’élection, qui avait vu l’éviction des candidats soutenus par les partis de gouvernement, avait eu lieu le 24 avril 2016 – marqué par de nombreuses irrégularités, polémiques et défaillances techniques. La victoire de ce vieux candidat indépendant proche des écologistes, au soir du 4 décembre, était déjà suffisamment nette, à la surprise générale, pour que Norbert Hofer, candidat du FPÖ, reconnaisse immédiatement sa défaite et félicite son adversaire sans attendre le dépouillement des votes par correspondance.

L’équilibre des forces en présence

Considérons tout d’abord les rapports de force. Le 24 avril, Norbert Hofer avait viré en tête avec 1,5 million de voix, soit un peu plus de 35 % des suffrages exprimés. Ceci correspondait au socle électoral du FPÖ et ne constituait en aucune façon une surprise. Face à lui, Alexander Van der Bellen rassemblait sur son nom un peu plus de 900 000 voix (21,3 %), devançant d’une courte tête Irmgard Griss, elle-même candidate indépendante, et humiliait les candidats de la SPÖ et de l’ÖVP.

Au second tour, le 22 mai, Hofer avait pu rallier plus de 720 000 voix supplémentaires, sans pour autant réussir à l’emporter face à Van der Bellen, lequel bénéficiait du soutien des éliminés du premier tour – à l’exception de Griss – et de la coalition habituelle de la bien-pensance. A la suite du recours introduit par Norbert Hofer, la Cour constitutionnelle autrichienne décidait, le 1er juillet, d’invalider l’élection, ce qui devait, après quelques péripéties, ramener les électeurs aux urnes début décembre. Les deux seconds tours de cette élection font apparaître les éléments suivants :

22 mai 4 décembre Δ
Norbert Hofer 2.220.654 2.124.661 -95.993
Alexander Van der Bellen 2.251.517 2.472.892 +221.375
Participation 4.637.046 4.749.339 +112.293
Bulletins invalidés 164.875 151.786 -13.089
Votes par correspondance 759.968 617.539 -142.429

 De ces éléments, il ressort que, d’un tour à l’autre :

  • Norbert Hofer a perdu environ 96 000 électeurs, soit environ 2 % ou encore 13 % des conservateurs hors socle FPÖ qu’il avait pu ou su rallier en mai, très vraisemblablement au bénéfice de son adversaire ;
  • Alexander Van der Bellen a en outre bénéficié du surcroît de mobilisation de l’électorat, avec 125 000 voix supplémentaires (hausse de participation, baisse du nombre de bulletins invalidés), soit 2,6 % ;
  • Pour l’anecdote, de nombreux électeurs ont visiblement choisi de revenir aux urnes plutôt que de voter par correspondance en décembre.

La carte du vote du premier tour montre clairement la domination relative du FPÖ sur l’ensemble du territoire autrichien, à l’exception des grands centres urbains, Vienne, Linz, Graz et de l’ouest – Vorarlberg, ouest du Tyrol. Les cartes des deux seconds tours montrent clairement comment le vote Van der Bellen s’est étendu à partir de ses îlots de résistance.

Les raisons de la bascule

Il ne fait aucun doute que Norbert Hofer a fait l’objet d’une campagne de diabolisation qui a porté ses fruits et l’a mené à l’échec au seuil de la Hofburg. Il faut cependant s’attarder sur le sujet de cette campagne.

Le FPÖ n’est pas comparable au Front national, en ce qu’il a déjà été associé, comme partenaire minoritaire, à des gouvernements : un processus de diabolisation, tel qu’on le connaît en France, n’est pas envisageable en Autriche. En revanche, il est possible de le pousser à la faute, en particulier sur un sujet qui tient à cœur à une partie de la population, singulièrement cette frange bourgeoise et conservatrice sur le plan des valeurs, mais plutôt libérale et européiste en économie. Et c’est précisément ce qui s’est produit.

Dès l’été 2016, alors que le coup de tonnerre du Brexit vient de retentir dans un ciel européen déjà passablement assombri, Norbert Hofer évoque la possibilité d’un référendum sur la sortie de l’Autriche de l’Union européenne, l’Öxit, en cas d’entrée de la Turquie – perspective redoutable mais ô combien lointaine – ou en cas d’une évolution des traités vers plus de centralisme bruxellois. La presse autrichienne et plus généralement germanophone s’empare immédiatement de cette déclaration, passant sous silence les réserves ou conditions formulées par Hofer, répétant à l’envi que le candidat du FPÖ menace la place et l’image de la République alpine en Europe.

Dès lors, Hofer aura beau dire et répéter partout et sur tous les tons qu’il n’a évoqué ce référendum que comme ultima ratio face à Bruxelles, rien n’y fera. Il ne parviendra jamais, jusqu’à l’élection du 4 décembre, à convaincre de sa bonne foi européenne.

Mieux : les médias autrichiens n’auront de cesse, avec le succès que l’on sait, de le comparer à… Marine Le Pen, dont les positions anti-européennes et jacobines passent mal – c’est un doux euphémisme – sur ces vieilles terres impériales.

La suite est connue : défection, marginale et pourtant décisive, d’une fraction de l’électorat du premier « second tour », mobilisation modeste mais réelle d’abstentionnistes ou d’indécis, et le bon Alexander, qui aura lui-même fait des efforts louables pour montrer son enracinement autrichien (voir photo), entrera à la Hofburg en janvier 2017.

Leçons pour la présidentielle qui vient

Il n’est pas question, évidemment, de transposer le cas autrichien à la France. Les constellations politiques, comme les astres et leurs conjonctions, sont par trop éloignées. Néanmoins, il convient de considérer le rôle central qu’a joué la question européenne à Vienne, alors même qu’elle ne semblait agiter qu’une petite fraction du corps électoral.

En réalité, le peuple autrichien – est-il en cela très éloigné du peuple français ? – a du mal à envisager un destin purement national face aux défis du temps, et se tourne naturellement vers l’Europe. Le Béhémoth bruxellois reste l’unique option qui s’offre à lui aujourd’hui.

Travesties et caricaturées, les positions européennes du FPÖ ont conduit Norbert Hofer à l’échec. Pour ses positions moins travesties et moins caricaturées – en matières européennes – Marine Le Pen pourrait échouer à faire mentir les sondages au soir du deuxième tour.

François Stecher
Depuis Hambourg
24/03/2017

Texte repris de la Fondation Polémia
(
titre initial : « L’Autriche et l’Europe : retour sur une élection »)

Marine Le Pen

La Commission européenne parie sur la défaite de Marine Le Pen à l’élection présidentielle

10/03/2017 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
En cas de victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle, la Commission européenne n’a pas de plan B. Pierre Moscovici, commissaire européen a en effet déclaré :

« Je fais de la politique depuis plusieurs années et mon expérience politique me dit : il ne faut pas préparer de plan B. Si vous le faites, c’est que vous ne croyez plus au plan A. Notre plan A est qu’elle perdra. Et j’espère qu’elle perdra à grand fracas. Ceci serait un signe important que les Français ne l’ont pas laissée les séduire. »

La sortie de la zone euro que propose le FN engendrerait-elle un scénario noir pour la France ? C’est en tout cas ce qu’affirment les médias dominants, sans plus d’arguments. Le Brexit pourrait même selon eux détruire l’Union européenne et créer en France une crise financière et bancaire sans précédent. Crise prédite aussi en cas de victoire de Trump que l’on attend toujours aux Etats-Unis. Une chose est à peu près sûre, la victoire de Marine Le Pen serait « la fin de l’Europe que nous connaissons », comme le dit Pierre Moscovici.

Pourquoi ce commissaire européen tient il tant à l’Union européenne ?
L’Union européenne permet de mieux s’opposer aux Russes et aux Américains selon Pierre Moscovici. Ainsi, donc, selon lui Marine Le Pen sert les intérêts des Russes et des Américains. Elle leur permettrait de ne plus s’opposer à un bloc d’Etats, mais à 27 Etats dispersés lors des négociations.

Euro

Le maintien dans la zone euro est-il synonyme de faillite annoncée ?

09/03/2017 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Les opposants à Marine Le Pen et Jean‑Luc Mélenchon aiment à répéter que la sortie de l’euro serait fatalement le chemin vers la faillite et la ruine. Cette thèse sous‑entend que l’euro est un instrument de prospérité et de stabilité, mais est‑ce si sûr ?

L’Institut Montaigne, aujourd’hui proche de Macron, soutient que la sortie de l’euro coûterait, selon les scénarios, quelque 9 points de produit intérieur brut à la France. Ce qui signifie en creux que l’euro aurait gonflé notre PIB de presque 10 % depuis son adoption. Pourtant, la croissance des pays de la zone euro n’est pas plus importante que celle des pays européens qui ne sont pas membres de la zone euro.

L’euro a cependant profité aux pays les plus compétitifs, comme l’Allemagne. L’Allemagne a aujourd’hui un excédent commercial de 250 milliards d’euros, soit l’équivalent de 8 % de son produit intérieur brut. Un excédent qu’elle doit aussi au fait que l’euro est pour elle une monnaie sous‑évaluée de 15 %, selon le FMI. Quant aux pays du sud de l’Europe, comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal, l’euro est une monnaie trop forte pour eux : l’euro les empêche de proposer des prix compétitifs, malgré la baisse des salaires dans ces pays ces dernières années.

En Europe du sud, la rigidité monétaire induite par la monnaie unique nuit fortement à la croissance. D’où le chômage de masse et les difficultés budgétaires des Etats. La France connaît une situation intermédiaire : selon le FMI, l’euro est surévalué de 5 % pour l’économie française. Ce qui explique notre déficit commercial de 48 milliards d’euros.

Quoi qu’il en soit, la situation n’est pas tenable pour les membres de la zone euro : les déséquilibres courants se creusent, les dettes publiques ne se résorbent pas, les liquidités s’accumulent dans le nord de l’Europe mais désertent le sud. En termes de prospérité et de stabilité, l’euro n’a pas tenu ses promesses. A tel point que la question la plus pertinente n’est pas celle de savoir s’il faut mettre fin à la monnaie unique, mais quand et dans quelles conditions il y sera mis fin.

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Eric Zemmour : « Mélenchon et Hamon ne sont plus de la même France »

23/02/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « Le jeu est fini. Le jeu de rôles, le jeu de dupes, Le jeu de trompe-couillon, le jeu de Hamon et Mélenchon », estimait Éric Zemmour ce matin sur RTL, parlant d’un « jeu du plus-unitaire-que-moi-tu-meurs », autrement dit « le jeu parodique de la réactualisation du programme commun de l’union de la gauche, sauf qu’il n’y a plus de programme commun et qu’il n’y a plus d’union de la gauche » :

« Hamon et Mélenchon connaissent les rôles de Georges Marchais et de François Mitterrand sur le bout des doigts, mais le public a quitté la salle depuis longtemps. »

« Ni Hamon ni Mélenchon, ajoute Zemmour, n’avait jamais eu l’intention de retirer sa candidature ; ni Hamon ni Mélenchon n’a jamais cru un seul instant que l’autre se retirerait à son profit. Ces jeux tactiques font partie des poisons et délices de l’histoire de la gauche française. Enfin, poison plus que délice qui derrière le rideau des habiletés, des vanités, la réalité d’une discorde fondamentale qui s’appelle l’Europe. » Car la frontière entre les deux gauches, ajoute-t-il, « se situe quelque part entre Bruxelles et Berlin »

Si Jean-Luc Mélenchon « a tiré un trait sur ses illusions passées », s’« il a compris qu’il n’y avait pas de salut dans la zone euro », Benoît Hamon « croit, ou plutôt veut faire croire, qu’il est toujours possible de renoncer aux politiques définies à Bruxelles sans casser la zone euro » et « il nous refait le coup de Hollande en 2012, qui lui-même refaisait le coup de Jospin en 1997, qui lui-même avait pris ses leçons chez François Mitterrand ».

« Entre Hamon et Mélenchon, explique Eric Zemmour, la divergence sur l’Europe est la mère de tous les désaccords. […] Mélenchon est un laïc à l’ancienne, à la française, quand Hamon s’est converti dans sa ville de Trappes aux accommodements raisonnables avec l’islam. » Et de conclure :

« Mélenchon et Hamon n’ont plus les mêmes électorats, ne sont plus du même monde, plus de la même gauche, plus de la même France. »

Même pour faire barrage à Marine Le Pen ? Cela, Eric Zemmour ne le dit pas.

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Eric Zemmour : « Rome qui pleure, Vienne qui rit. On ne comprend plus rien. »

06/12/2016 – FRANCE (NOVOpress) : A Rome, Matteo Renzi a été sévèrement battu. A Vienne, Alexander Van der Bellen l’a emporté sur Norbert Hofer. Pourquoi deux scrutins aux résultats si différents ?, s’est interrogé ce matin Eric Zemmour sur RTL, faisant d’avoir mine d’être perdu : « On ne comprend plus rien. Rome qui pleure, Vienne qui rit. Matteo Renzi qui perd son pari en Italie, mais le candidat de l’extrême droite qui perd lui aussi son pari en Autriche. Le vent venu de l’océan, le vent du Brexit, le vent de Trump, qui souffle encore fort en Italie mais qui ne franchit pas les Alpes. Le social-libéral italien qui chute, l’écolo-libéral autrichien qui gagne. On ne comprend plus rien. Les dirigeants européens ne comprennent pas davantage, ils se contentent de délivrer des messages de félicitations pour Vienne et de consolation pour Rome. Aux dernières nouvelles, personne n’a interverti les messages, cela aurait pu tant la confusion est à son comble. »

Cette entrée en matière étant faite, Eric Zemmour explique :

« L’Europe ne sait plus à quel saint ou à quel diable se vouer. Pourtant, l’Autriche comme l’Italie sont dans la zone euro. Mais l’Italie a un chômage important et est terriblement endettée tandis que l’Autriche a un chômage très faible et est peu endettée. L’Italie ressemble plus à la France, l’Autriche plus à l’Allemagne. L’Autriche est une région de la grande Allemagne, elle a subi une sorte d’Anschluss économique, mais ne s’en plaint pas. L’Italie voit son tissu industriel se déliter, et s’en plaint amèrement. »

Et l’éditorialiste va plus loin :

« L’Autriche est au cœur de la zone euro ; l’Italie est dans la périphérie. Et cela change tout. L’Autriche bénéficie des avantages de la monnaie unique, l’Italie pâtit de ses inconvénients. »

Selon Zemmour, « l’Autriche a la même monnaie que l’Allemagne, ce qui lui permet d’attirer à elle tous les capitaux, tous les travailleurs qualifiés qui sont attirés comme un aimant par le cœur le plus compétitif de la zone euro. […] Pour redevenir attractive, il faudrait [à l’Italie] une bonne dévaluation. […] Avec l’euro, elle ne peut plus jouer à ce jeu-là. Elle doit baisser les salaires et la protection sociale. […] »

Et de conclure ainsi :

« Dans un système à plusieurs monnaies, les compétitivités s’ajustent par les dévaluations. Dans un système à monnaie unique, les compétitivités s’ajustent par la destruction des industries les plus faibles et donc par le chômage de masse. C’est le destin tragique de l’Italie et de la France. »