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Election présidentielle : pourquoi rien n’est joué à un mois du premier tour

23/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : A un mois du premier tour qui aura lieu le dimanche 23 avril, tout pronostic sur l’issue de cette étrange élection présidentielle relève d’un pari à pile ou face. Quoi qu’en dise une lecture superficielle des sondages, absolument rien n’est joué. C’est ce qui ressort… de ces mêmes sondages, qui n’indiquent qu’une chose : 18 millions des 47 millions d’électeurs inscrits ne savent absolument pas pour qui ils vont voter ! 

Si l’on se base sur le dernier paru (tous donnent sensiblement les mêmes indicateurs), le sondage quotidien Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio publié mercredi 22 mars à 18 heures, que constate-t-on ?

Que sur un corps électoral d’environ 47 millions de Français, seuls 63,5 % d’électeurs potentiels livrent une intention de vote. 36,5 % disent vouloir s’abstenir, ce qu’ils feront… ou pas. Car le taux d’abstention habituel pour une élection présidentielle, le scrutin préféré des Français, est plutôt de 20 %.

Les intentions de vote qui sont indiquées ne sont évidemment celles que des Français se disant sûrs d’aller voter, soit celles de 29,8 millions d’électeurs… sur 47 millions potentiels et sur 37,6 millions probables (une participation de 80 %). Ce qui n’est pas rien !

Quand cette enquête donné Emmanuel Macron et Marine Le Pen en tête du premier tour, à l’égalité avec 25,5 % des voix, cela ne représente pour chacun que 7,6 millions des suffrages. Au premier tour de 2012, François Hollande (28,63 %) en avait recueilli près de 10,3 millions et Nicolas Sarkozy (27,18 %) plus de 9,7 millions.

Deuxième élément, et pas le moindre, sur ces 29,8 millions d’électeurs se disant sûrs d’aller voter et exprimant une intention de vote, 35 % – soit 10,4 millions ! – disent pouvoir encore changer d’avis.

Deux électorats, et deux seulement, semblent solides : celui de Marine Le Pen, avec 79 % d’électeurs sûrs de leur choix, et celui de François Fillon (73 %). Le moins assuré est l’électorat d’Emmanuel Macron : 45 % de ses électeurs potentiels disent pouvoir encore changer d’avis !

Sur 7,6 millions de Français envisageant d’apporter leur voix à Emmanuel Macron, seuls 4,2 millions se disent certains de le faire. Soit à peine plus que ce que Jean-Luc Mélenchon avait recueilli en 2012 (3 985 000 voix) et qui ne lui avait permis que de se classer… en quatrième position, avec 11,10 % des suffrages.

Résumons : à un mois du premier tour, les sondages indiquent principalement que 19,4 millions de Français sont certains de leur intention de vote… et que plus de 18 millions d’électeurs probables n’en savent rien ou peuvent encore opter pour un autre candidat !

En 2012, 46 millions de Français étaient inscrits sur les listes électorales. Au second tour, François Hollande avait été élu avec 51,64 % des suffrages, ce qui représentait très exactement 18 millions de voix !

Autrement dit, une masse équivalant à la totalité des électeurs de François Hollande au second tour de 2012 ne sait toujours pas, à un mois de l’élection, pour qui elle va voter. Quand on vous dit que rien n’est joué…

Marc Limeuil

Ifop élection présidentielle 1

Ifop élection présidentielle 2

Macron Marine Le Pen

Pour le sondeur Jérôme Sainte-Marie, Marine Le Pen peut être élue face à Macron

18/02/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Après avoir fait une large partie de longue carrière à l’institut BVA, où il dirigeait le département Opinions, Jérôme Sainte-Marie a fondé sa propre société « d’études, de conseil et de formation », PollingVox. Dans L’Opinion du 17 février, il s’élève contre l’idée communément répandue selon laquelle un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle serait le moins favorable de tous pour la présidente du Front national :

« A l’inverse, je crois qu’un candidat qui déstructure le système partisan actuel, comme le fait Emmanuel Macron, peut offrir à Marine Le Pen une chance de l’emporter. »

Son raisonnement est le suivant : « Avec de tels candidats face-à-face, on peut avoir affaire à une déstructuration totale du paysage politique. Ce serait un candidat “et droite et gauche“ face à une candidate “ni droite ni gauche“. Un candidat pro CETA, pro Union européenne, du oui, face à une candidate de la préférence nationale, de la sortie de l’euro, du non. »

Et Jérôme Sainte-Marie d’ajouter :

« Si le second tour devient alors un référendum sur la mondialisation et l’Europe, Marine Le Pen peut le gagner, car ses idées sont, du moins par rapport à celles d’Emmanuel Macron sur ces sujets, majoritaires.