Mali : des héros français, pour oublier les lâches, par Ivan Rioufol

Dans une France gangrenée par les traîtres, leur mort accidentelle prend une dimension héroïque : les treize officiers et sous-officiers qui ont été tués, lundi soir au Mali, dans une collision entre deux hélicoptères qui les transportaient, forcent l’admiration. Leur destin tragique enchantera les djihadistes du Sahel et des banlieues françaises. Mais l’exemple de ces soldats rappelle qu’il existe encore une jeunesse prête à mourir pour sa patrie, tandis que beaucoup d’autres ont capitulé ou collaborent déjà avec l’ennemi intérieur. Les victimes s’appellent Nicolas, Benjamin, Clément, Alex, Pierre, Julien, Romain, Romain, Alexandre, Antoine, Valentin, Jérémy, Andreï. Ils ont des prénoms et des noms qui se retrouvent familièrement sur les monuments aux morts des guerres passées.

C’est cette même histoire, généreuse et courageuse, que ces jeunes militaires poursuivaient, en affrontant depuis 2013 les groupes djihadistes au Sahel. L’honneur de la France est de tenir ce front, seule, afin d’épargner à toute une partie de l’Afrique d’être gagnée par le califat, qui servirait alors de possible base arrière à la conquête de l’Europe. “Cette tragédie ne peut être une remise en cause de notre engagement”, a précisé ce mercredi le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre. Reste que la détermination française dans la lutte contre l’islamisme à l’extérieur ne se retrouve pas à l’intérieur.

La France a un rôle historique à tenir dans la guerre contre l’islamisme, ce totalitarisme du XXIe siècle. Elle ne peut se retirer du Mali, où la population est néanmoins gagnée par un sentiment anti-français, sans perdre la face et laisser un vide qui serait rempli par les mouvements terroristes. Sa présence au Sahel, avec 4500 hommes, est un rempart pour la sécurité des nations européennes. Celles-ci tardent d’ailleurs à lui prêter main forte, financièrement et militairement. L’Union européenne fait des phrases mais n’apporte rien de concret. Cette situation est anormale. Pour autant, l’observateur ne peut être que troublé quand il compare la combativité française au-delà de ses frontières et sa pusillanimité dès qu’il s’agit de résister à l’emprise fanatique dans les cités. La guerre menée au Mali contre l’islam conquérant est destinée à briser les reins d’une idéologie qui déteste l’Occident. Or le pouvoir donne le sentiment, au plan intérieur, de vouloir s’excuser de sa brutalité extérieure.

Si la main de la France est ferme au Mali, elle tremble dans les banlieues rebelles. L’extrême gauche, on l’a vu lors de la manifestation de la honte du 10 novembre à Paris, a même fait alliance avec les plus rétrogrades des organisations islamistes. Tandis que des héros meurent au Mali, des lâches paradent en France. Ceux-là font honte, voilà tout.

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 novembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Barkhane, l’heure des questions, par Etienne Defay

13 morts. 13 soldats et officiers français qui ne rentreront pas chez eux. C’est l’épisode le plus meurtrier de l’armée depuis l’attentat du Drakkar au Liban en 1983.

Dans la nuit de lundi à mardi, un hélicoptère Tigre et un hélicoptère Cougar se sont percutés. Il n’y aurait eu aucun survivant. L’opération Barkhane aura, depuis son lancement en 2013, coûté la vie de 38 de nos soldats. De quoi poser cette question lancinante : à quoi bon ? Pour répondre à cette question, il faut revenir un peu en arrière : l’opération Barkhane est une opération militaire menée au Sahel et au Sahara par l’armée française, qui vise à lutter contre les groupes armés salafistes djihadistes dans toute la région du Sahel. On peut nommer les groupes Ansar Dine, AQMI, Al Mourabitoune, Etat Islamique dans le Grand Sahara ou encore Ansarul Islam. Face à cette menace protéiforme : l’armée française a déployé entre 3000 et 4500 hommes.

Lancée le 1er août 2014, elle prend la suite des opérations Serval et Epervier. Elle est menée sur le papier en coordination avec les pays membres du G5 Sahel à savoir le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Tchad et le Niger. Mais c’est bien là que réside une facette du problème :

« Il n’y a pas de calendrier qui se dessine et les objectifs demeurent extrêmement flous. L’agenda est illisible, et la feuille de route semble absente. » remarque Caroline Roussy, chercheuse à l’Iris. En d’autres termes, aucune visibilité. C’est ce que font remonter les militaires présents sur place et qui nous parlent sous couvert d’anonymat. « Hormis tuer du terroriste, on ne sait pas vraiment ce qu’on fait là. A chaque fois qu’on détruit un convoi et condamnons de fait un passage, ils en empruntent un autre le lendemain. On est 3000 à devoir découper et ratisser le Sahara. » Autant chercher une aiguille dans une botte de foin ! Et cette botte de foin est infestée de serpents dont le venin imprègne tout et s’infiltre partout. Le corps français a beau se démener, piquer et repiquer la botte, le venin progresse et agrandit chaque jour son cercle d’influence. Aujourd’hui, toute la partie nord du Burkina Faso est classée rouge. Faute de frontières solides entre les pays, les djihadistes s’infiltrent, frappent et s’évanouissent ; cette menace fantôme oblige nos soldats à des trésors de patience, de diplomatie et exige des nerfs d’acier. Car bien souvent, les assassins se dissimulent sous les traits d’une population civile a priori amicale. Même si le sentiment anti-français progresse au Mali où nos forces sont de plus en plus regardées comme une armée d’occupation.

En effet, à l’annonce de la mort de nos soldats, de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux montrent des internautes africains ravis ou hilares qui ne cachent pas leur hostilité. Or, sans l’armée française, le Mali serait aujourd’hui aux mains des islamistes. Mais, sans vision claire, sans feuille de route et surtout sans capacité des pays africains concernés de gérer le problème djihadiste efficacement, nos troupes sont en quelque sorte condamnées à rester. Car partir signifierait avouer un échec. Pire, une défaite. Une défaite qui rendrait caduques des années d’efforts, une défaite qui assurerait aux terroristes une base arrière, une défaite qui conférerait à nos pertes un statut d’inutilité. A l’inverse du sens de leur sacrifice. Ce dernier en revanche, ne s’en ira jamais.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 27 novembre 2019

Léa et Florence, veuves exemplaires de deux héros français, par Ivan Rioufol

Léa et Florence seront là, mardi matin, devant les deux cercueils posés dans la cour d’honneur des Invalides. Les compagnes des deux soldats d’élite du commando-marine Hubert, tués au combat au Burkina-Faso, vendredi, lors d’une libération d’otages, sont déjà à la hauteur de la dignité et du courage des deux superbes héros français, Alain Bertoncello et Cédric de Pierrepont. Les deux jeunes femmes ne se connaissent pas. Mais il est frappant de les entendre employer les mêmes mots pour parler, dans leurs larmes, des “valeurs” qui ont poussé les deux militaires d’exception à donner leur vie pour en sauver d’autres. Léa, parlant d’Alain : “Si c’était à refaire, il le referait. Il était là pour remplir sa mission, jusqu’au bout. Il était là pour ça”. Florence, parlant de Cédric : “Il était vraiment un homme de combat. Je sais que si c’était à refaire, il y retournerait”.

Mais les deux veuves disent aussi le même amour qui liait respectivement les deux couples. Léa : “Nous croquions la vie ensemble et nous étions très complémentaires dans une relation fusionnelle (…) C’était un homme parfait et c’était mon soleil”. Florence : “J’ai perdu l’amour de ma vie, je l’attendais depuis toujours. J’ai perdu un homme parfait. Tout le monde a perdu un homme parfait. J’étais prête à l’absence, mais je n’étais pas prête à le perdre”. Le 28 mars 2018, le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame avait bouleversé la nation, en prenant la place d’un otage dans un supermarché de Trèbes, avant d’être assassiné par le terroriste islamiste. Ce nouvel acte de bravoure vient rappeler aux cyniques et aux désabusés que rien n’est moins ringard que d’accepter de mourir pour la France, au nom du devoir et de l’honneur.

Emmanuel Macron devait-il pour autant accueillir personnellement, samedi sur la base de Villacoublay, trois des quatre otages libérés, dont les Français Laurent Lassimouillas et son mari Patrick Pique ? C’est l’enlèvement le 1 er mai de ces deux derniers touristes, qui effectuaient leur voyage de noce dans un parc animalier de Penjari, au Benin, qui a déclenché l’opération de sauvetage dans l’urgence, avant que les ravisseurs djihadistes n’atteignent le Mali. Au vu des circonstances, et compte tenu du fait que les lieux visités par le couple étaient considérés comme déconseillés, la présence du chef de l’Etat au pied de la passerelle est difficilement compréhensible.

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Les familles de militaires moins bien loties que les fonctionnaires civils

armee-francaise

23/11/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie: C’est ce qui ressort du dernier rapport annuel du Haut comité d’évaluation de la condition militaire, lequel dresse le bilan de l’année 2015. L’étude indique que les familles dont le « référent » est militaire ont un « niveau de vie annuel moyen » globalement inférieur à celui de leurs équivalents civils. Il s’élève à 24 380 €, soit un montant inférieur à celui d’un ménage toutes catégories sociales confondues (26 000 €) et surtout d’un ménage fonctionnaire civil de l’Etat (29 170 €).

« Comparé au niveau de vie annuel moyen des ménages, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, celui du ménage dont la personne de référence est un militaire est inférieur de plus de 6 % alors que celui du ménage dont la personne de référence est un fonctionnaire civil de l’État est supérieur de 12 %. »

Le rapport précise que, sur la période étudiée (2008-2013), « le revenu individuel moyen des militaires est inférieur de 5,2 % à celui des fonctionnaires civils de l’État et celui du conjoint de militaire est inférieur de 31,3 % à celui du conjoint de fonctionnaire civil de l’État ».

Le rapport note aussi qu’« à catégorie socioprofessionnelle équivalente, la différence de niveau de vie annuel moyen entre un ménage dont la personne de référence est un militaire et celui dont la personne de référence est un agent titulaire de la fonction publique de l’État est en défaveur du ménage du militaire ».

Ces différences s’expliquent pour une grande part par le « revenu individuel moyen » des conjoints : on le sait, la mobilité géographique propre à l’état militaire pénalise souvent les épouses dans leur carrière.

D’où des revenus inférieurs pour ceux qui risquent leur vie pour la sécurité et la liberté de tous…

Commandos français parmi les djihadistes : la bombe à retardement

des commandos partis faire le Djihad

5 mai 2014 – MONDE (NOVOpress)
Une chronique du numéro 24 de Guerres & Histoire nous le rappelle : un ancien militaire du 1er Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine (1er RPIMa) s’est radicalisé et est considéré par les services de renseignements comme un terroriste potentiel.

Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialisé dans les questions de Défense, a des sources assez bien placées pour apprendre que les services secrets ont identifié une dizaine d’anciens militaires français qui ont rejoint les réseaux djihadistes. Et parmi eux, un ancien des Forces Spéciales, vétéran de l’un des régiments les plus sélectifs et les plus prestigieux de l’armée française. Il s’agit d’un Français d’origine tunisienne, né en Seine-Saint-Denis en 1974 et de confession musulmane. Il a servi cinq ans dans l’armée, puis a travaillé dans la sécurité privée et la protection des installations sensibles. Il s’est radicalisé en quelques années, et est devenu salafiste.

Où est-il ? Les services secrets l’ignorent. Si cet ancien militaire était soupçonné d’avoir rejoint la Syrie pour y combattre dans un groupe djihadiste armé, sa trace a été perdue depuis.
D’autres anciens militaires français ont été identifiés à la tête de groupes de combattants armés en Syrie et en Irak, l’un d’eux a d’ailleurs mis ses compétences militaires au service de l’instruction au combat de jeunes djihadistes français dans la région de Deir Ezzor. D’autres ex-soldats français identifiés par les services sont des experts en explosifs, parmi eux, il y a des anciens de la Légion étrangère ou d’anciens parachutistes. Certains sont convertis, d’autres issus de culture arabomusulmane.

Bref, nous avons des hommes dotés de passeports français, dont certains instruits aux techniques commandos les plus ardues, qui sont passés à l’ennemi. Qu’ils reviennent en France pour y commettre eux-mêmes des attentats ou qu’ils se contentent de déléguer des terroristes formés par eux et nous aurons à lutter contre des dangers autrement plus graves que Mohammed Merah ou les frères Kouachi, qui n’étaient que des « amateurs éclairés ».

Jean-Dominique Merchet le rappelle

Tous les responsables américains et européens le savent : tôt ou tard, il y aura un gros problème de terrorisme avec un ancien militaire, des forces spéciales ou du renseignement.

Crédit photo : Julia.taccoen via Wikimedia (CC)

Le bourbier afghan : 5 soldats français tués

13/04/07 – 16h30
PARIS (NOVOpress)
– A la veille des commémorations du 14 juillet devant mettre à l’honneur les soldats de retour « d’opérations extérieures », et après la visite éclair de Nicolas Sarkozy en Afghanistan, 5 nouveaux militaires français ont trouvé la mort aujourd’hui dans cette guerre.

La multiplication des pertes humaines au sein du contingent français ces dernières semaines est tragiquement révélatrice de la dégradation de la situation sur le terrain. L’enlisement des troupes occidentales parait sans issue, alors même que l’on peine de plus en plus à discerner les intérêts nationaux dans ce théâtre d’opérations meurtrier.

Les cinq nouveaux soldats français sont morts dans une attaque suicide contre l’armée française. L’attaque a eu lieu lors d’une assemblée de notables à Joybar, dans la province de la Kapisa, à 25 km au nord-est de Kaboul.

Quatre autres soldats français et trois civils afghans ont également été blessés lors de cet attentat suicide. C’est l’attaque est la plus meurtrière contre des soldats français depuis août 2008.

Il serait temps d’arrêter la Busherie afghane de cette guerre américano-centrée avec laquelle la France n’a aucun intérêt. Une guerre honteusement poursuivie par Barack Obama, ancien prix Nobel de la Paix et actuel président des Etats-Unis.