Loi d’urgence sanitaire : l’entente malgré tout ?

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La majorité a eu chaud et peut mesure d’emblée sa marge de manœuvre. Après des discours électriques inhérents à la motion de censure déposée par la NUPES contre le gouvernement d’Élisabeth Borne, discours qui a vu les fleurets se démoucheter et l’affrontement tant attendu survenir enfin, les 577 députés se sont penchés sur l’examen du projet de loi de sécurité sanitaire.
Une tribune publiée le 12 juillet 2022.

Deux motions, deux ambiances…

En préambule, les députés devaient s’exprimer sur la motion de rejet déposée par la NUPES. Contrairement à la motion de censure qui avait laissé l’ultra-gauche seule malgré le soutien à la marge de Nicolas Dupont-Aignan, cette nouvelle motion de rejet a cette fois suscité le soutien du Rassemblement national. Pourquoi un tel revirement ? « Les deux textes n’ont rien à voir. La motion n’avait pas d’autre intérêt que de faire le buzz. La situation est beaucoup trop grave pour faire du buzz », réagit, par téléphone, la députée RN de la Gironde Edwige Diaz. « Si elle avait abouti, nous aurions perdu du temps, tout cela pour passer de Mme Borne à Mme Borne, d’autant que nos collègues de gauche n’avaient aucune alternative à proposer. » Pas le même sujet pour le RN, donc, qui a vu dans cette proposition de motion de rejet une occasion de tenir les promesses faites aux Français.

« Nous voterons favorablement cette motion de rejet préalable, en effet […] il y a des soignants que vous refusez ce soir de réintégrer, ils sont à bout et l’hôpital craque », justifie le député RN du Loiret Thomas Ménagé dans l’Hémicycle. Outre le passe, c’est évidemment cette question de la réintégration des soignants non vaccinés qui provoque le fait que « les extrêmes se rejoignent », pour reprendre le verbatim en vogue en Macronie. « L’article 40 ne doit pas empêcher la réintégration des personnels soignants non vaccinés », réagit, de son côté, l’Insoumis Éric Coquerel. En bref, malgré leur refus de soutenir non « une motion de censure mais une motion d’imposture », comme l’a déclaré le jeune député RN de la Moselle Alexandre Loubet, le RN et la gauche de la gauche font front commun contre ce projet de loi sanitaire. Une occasion, pour la majorité, de couper court aux accusations de la NUPES d’être les alliés objectifs du RN.

Le sort des soignants

Estimés à 15.000 fin 2021, ils seraient maintenant entre 4 et 5.000, d’après la Fédération hospitalière de France. Suspendus et sans revenus, ces milliers de travailleurs de la santé ont les yeux braqués sur l’Assemblée et espèrent encore un revirement. S’ils ne représentent qu’environ 0,3 % du corps hospitalier, ils incarnent un enjeu politique et font s’entrechoquer deux visions radicalement opposées de la société civile. Le tout sanitaire face aux libertés individuelles. L’opposition entre la responsabilité individuelle et le coercitif.

Les LR en soutien du gouvernement, les écolos désertent !

Quoi qu’il en soit, avec 192 voix contre l’adoption de cette motion de rejet et 172 pour, on touche du doigt la fragilité de la majorité, et la chambre d’enregistrement que fut l’Hémicycle durant les cinq dernières années se mue en théâtre de guerre de tranchées. Il aura fallu le barrage des LR pour faire basculer le vote en faveur de la majorité. Une position politique qui rend service à la majorité et qui permet au groupe de la droite classique de ne pas être rejeté dans le groupe « des extrêmes qui se rejoignent ». Une position qui met toutefois à mal leur statut de groupe d’opposition. « Ils sont responsables de leurs votes et les Français jugeront », réagit, par téléphone, Christophe Bentz, député RN de Haute-Marne. Surprise, aussi, du côté des écologistes, pourtant membres de la NUPES. Sur 23 membres, 22 n’étaient pas présents au vote. Seul le député Karim Ben Cheikh était présent et a soutenu la motion de ses collègues NUPES.

Ce projet de loi qui fera l’objet de débats qui risquent de durer jusque tard dans la soirée a été, en quelque sorte, le galop d’essai de cet Hémicycle, présidé pour l’occasion par le vice-président Sébastien Chenu. Une symbolique qui a ému sur les réseaux sociaux : « En ce moment, l’Assemblée nationale tient sa première séance présidée par un fasciste. Comment en est-on arrivés là… », s’est ému, sur Twitter, François Malaussena, conseiller à l’Assemblée. « Je ne m’y habituerai jamais », déplore la journaliste Nassira El Moaddem. Au gouvernement, il va en tout cas falloir s’y faire, composer, recomposer, passer en force ou dissoudre. Le palais Bourbon se mine et la démocratie a meilleure mine.

Marc Eynaud

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Docteur Bernard Kron – Obligation vaccinale: la «colère noire» des «blouses blanches» [vidéo]

docteur Bernard Kron

17/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
À compter de ce mercredi 15 septembre, l’obligation vaccinale s’impose en France à différents corps de métiers. Notamment au personnel de santé. Or certains soignants n’entendent pas se plier à la loi et envisagent de rendre leurs blouses. Même marginal, le manque d’effectifs qui en découlerait pourrait handicaper un système hospitalier déjà fragilisé par la crise du Covid-19. La coupe est-elle pleine pour l’hôpital? Ou est-il encore assez solide pour encaisser ce nouveau coup dur? Enfin, es manifestations et les grèves entamées en 2019 contre la politique de santé du gouvernement vont-elles repartir de plus belle?

Pour en parler, Sputnik donne la parole au docteur Bernard Kron, membre de l’Académie nationale de chirurgie et auteur de l’ouvrage Blouses blanches, colère noire (éditions Max Milo).


Les soignants non vaccinés ne sont pas des pestiférés

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« Individualistes », « égoïstes », « criminels » : les lyncheurs se bousculent pour disqualifier les soignants qui refusent de se faire vacciner contre le Covid-19. Ils avaient jusqu’à ce mercredi pour se plier à l’obligation décrétée par l’Etat. A compter de ce jour, les récalcitrants (environ 300.000) assument une suspension immédiate du contrat de travail et du salaire. Même si cette frange est minoritaire, son éviction risque de perturber la vie dans les hôpitaux et les Ehpad. Tous les médias, qui hier encore applaudissaient le dévouement du personnel soignant laissé seul au front, dénigrent unanimement ces protestataires.

Ils sont jugés coupables d’oser tenir tête à l’Ordre sanitaire et à ses certitudes, ses interdits, ses obligations. Personne ne semble s’étonner de la violence subie par des professionnels devenus, du jour au lendemain, des pestiférés par décision politique. « La liberté individuelle n’est pas celle de contaminer autrui », répète à l’envi le gouvernement et les habituels donneurs de leçons. L’argument pourrait s’entendre si ces soignants non vaccinés avaient été identifiés comme étant à la source des contaminations, et si la vaccination avait démontré sa totale efficacité. Or ce n’est pas le cas.

La propagande d’Etat conforte une société de plus en plus indifférente aux libertés. La nouvelle idéologie hygiéniste, qui produit des directives ministérielles à foison, se contente d’une vérité officielle qui ne correspond pas exactement aux faits. Plutôt que de hurler contre ces soignants, qui prennent le risque de plus toucher un euro, il serait préférable de les écouter. Leur défense de la liberté de se faire vacciner, dans un consentement libre et non faussé, peut s’entendre. Idem pour la libre disposition de leur corps. Leurs réserves sur ces nouveaux vaccins génétiques en phase expérimentale valent mieux que l’omerta officielle qui s’observe sur certains effets secondaires. Il ne devrait pas être interdit, non plus, de débattre de ces premiers pas dans la banalisation des manipulations génétiques, préalables à l’homme performant, voire au transhumanisme.

De surcroît, il est désormais admis que ces vaccins ARN, s’ils éloignent les formes les plus graves pour les sujets à risques, ont une efficacité relative. Le personnel soignant vacciné ne serait immunisé qu’à 50% et pourrait donc contaminer des patients. Les vaccins eux-mêmes seraient à la source de nouveaux variants qui s’adaptent au terrain. On sait désormais que l’immunité collective ne sera pas atteignable par la seule vaccination imposée. Bref, rien n’est plus révoltant, comme toujours, que de vouloir faire taire une parole qui dérange. C’est pourquoi il faut soutenir aussi ces soignants poursuivis par la férocité de la meute.

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 septembre 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’annonce choc d’Olivier Véran après l’allocution de Macron : « A partir du 15 septembre, les soignants non vaccinés ne pourront plus travailler et ne seront plus payés »