“Le socialisme contre la gauche”, numéro 142 de la revue “Éléments” [vidéo]

"Le socialisme contre la gauche", numéro 142 de la revue "Éléments" [vidéo]

07/12/2012 – 12h30
PARIS (NOVOpress) – Le numéro 142  de l’indispensable revue  Éléments vient de sortir. Le dossier : “Le socialisme contre la gauche – Jean-Claude Michéa”. Au sommaire également : “Olivier Maulin, l’enchanteur contre le monde moderne”, “Bercy Village : le triomphe du gloubi-boulga identitaire”, “L’Europe a-t-elle (encore) un avenir ?”, etc.

Présentation de la revue socialiste révolutionnaire “Rébellion”, par Louis-Alexandre [audio]

Présentation de la revue socialiste révolutionnaire "Rébéllion", par Louis-Alexandre [audio]

05/01/2012 – 12h15
TOULOUSE (NOVOpress) –
Le 51ème numéro de la revue Rébellion, bimensuel de l’organisation socialiste révolutionnaire européenne, est sorti. Cette revue, fondée au début des années 2000, étonne par sa longévité et surtout par sa régularité et son augmentation constante de lectorat. Farouchement anti-capitaliste, Rébellion réussit à s’élever au dessus des clivages politiques, afin de proposer une alternative totale au système mondialiste.

Quelle est l’essence de la revue ? Quelle est son audience réelle ? A quel réseau appartiennent les bénévoles de Rébellion ? C’est à ces questions que Louis-Alexandre, un des rédacteurs, a bien voulu répondre, tout en revenant sur l’actualité (Hongrie, islam, capitalisme notamment) avec Yann Vallerie au micro de Novopress.

Pour plus d’informations et pour commander la revue, rendez vous sur le site Internet de la revue : http://rebellion.hautetfort.com/

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Pour Jean-Marc Ayrault « Noël » est-il un gros mot ?

Pour Jean-Marc Ayrault « Noël » est-il un gros mot ?

27/12/2011 – 14h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – « A toutes et à tous je souhaite de bonnes fêtes et une très belle année 2012, l’année du changement ». Le 23 décembre, sur son blog, Jean-Marc Ayrault a présenté ses vœux à ses concitoyens. Rien de plus normal en cette fin d’année, sauf que le maire de Nantes se garde bien de faire la moindre référence à la fête de Noël.

Cette disparition n’étonnera pas tous ceux qui ont constaté que les animations municipales de Noël, dans la cité des Ducs de Bretagne, ont supprimé quasiment tous les symboles traditionnels de cette fête – sapin, étoile, crèche, Père Noël et ses rennes – et ne sont plus que d’anonymes illuminations à l’image d’un centre commercial de la société marchande.

Fête chrétienne célébrant la naissance de Jésus de Nazareth, Noël est pourtant célébré depuis le IVe siècle chaque 25 décembre. On sait qu’avant l’apparition du christianisme cette date correspondait, dans la tradition européenne, aux fêtes païennes du solstice d’hiver. « Noël, fête de la mémoire, fête de la famille, fête du souvenir, fête de la foi et de l’espérance a traversé siècles et millénaires sans mourir », constate le philosophe Alain de Benoist*. Une fête profondément enracinée donc, pour les croyants comme pour les non-croyants, en particulier dans la culture des peuples d’Europe.

En s’abstenant de citer le mot de Noël, Jean-Marc Ayrault entend sans doute, en bon mondialiste, éviter tout vocable susceptible de heurter la « diversité » ou de troubler le « vivre ensemble ». Dans un pays « multiculturel », il est des références qu’il vaut mieux, selon lui, éviter. Alors quoi de plus « neutre », de plus « universel », que de souhaiter simplement « bonnes fêtes », sans plus de précision ? Etonnante évolution de la part de celui qui fut, durant son adolescence, militant du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne.

François Hollande, dont Jean-Marc Ayrault a été nommé récemment « conseiller spécial », n’a manifestement pas les mêmes pudeurs à l’égard des fêtes islamiques. «Ces jours-ci, nous célébrerons la grande fête de solidarité et de partage qu’est l’Aïd-al-Fitr. A l’issue du mois de jeûne du Ramadan, temps fort de joie, d’échange de vœux et de présents, elle illumine la vie et les demeures de millions de nos compatriotes de culture musulmane. Issue d’une longue tradition et porteuse de riches héritages culturels, par les valeurs qu’elle porte et l’idéal social qu’elle vise, elle s’inscrit pleinement dans cette démarche d’universalité », écrivait en septembre dernier le candidat socialiste à la présidentielle.

Aujourd’hui s’il est de bon ton, pour les hiérarques du PS, de rendre un hommage appuyé à l’Islam, évoquer le simple mot de Noël leur semble par contre incongru. « Le mot ‘ouvrier’ n’est pas un gros mot » aurait dit un jour Pierre Mauroy à Jospin. Il semble bien, pour Jean-Marc Ayrault, que celui de Noël en soit un.

* Fêter Noël, Editions Atlas 1982

Image en Une : La nativité, par G. de la Tour. Cliquer sur l’image pour la voir en entier.

François Hollande à Saint-Nazaire : recherche voix ouvrières désespérément

François Hollande à Saint-Nazaire : recherche voix ouvrières désespérément

21/12/2011 – 13h00
SAINT-NAZAIRE (NOVOpress Breizh) – « Je suis à Saint Nazaire car notre pays a un avenir industriel. Je serai le président du redressement industriel et productif ». François Hollande était avant-hier en Bretagne pour visiter le chantier naval STX et l’usine Airbus d’où sort le long courrier A350. Quand le chantre du mondialisme social démocrate (voir vidéo ci-dessous), à la recherche des électeurs ouvriers que le PS ne séduit plus guère, redécouvre sur le tard la nécessité pour la France d’avoir une industrie puissante
.

« Le capitaine de pédalo vient voir le dernier chantier naval d’importance encore en activité en France ». L’ironie mordante de Jean-Luc Mélenchon aura inspiré certains mauvais esprits nazairiens, qui auront salué à leur manière la visite du chantier naval effectuée au pas de charge par le candidat socialiste. Celui-ci n’a pas manqué de rappeler « la nécessité pour la France d’avoir une politique de construction navale », oubliant un peu vite que STX France SA, propriétaire des chantiers nazairiens, appartient en réalité pour les deux tiers à STX Europe, une filiale à 100 % du coréen STX Business Group, et pour un tiers à l’Etat français – via le Fonds stratégique d’investissement. L’avenir de la navale française dépend donc aujourd’hui de décideurs installés en Corée du Sud.

Lors d’une rencontre avec des représentants du réseau d’industriels locaux Neopolia – 145 entreprises industrielles représentant plus de 13 000 salariés – dont certains travaillent dans le développement du projet d’éoliennes en mer, le député de la Corrèze s’est dit prêt à encourager ce secteur d’activité, comme toutes les énergies renouvelables. Une déclaration qui devrait plaire à ses alliés d’Europe Ecologie Les Verts. Avant de se reprendre aussitôt en réaffirmant clairement sa position « pour le maintien d’une industrie nucléaire puissante et prépondérante ». Ce qui leur plaira assurément beaucoup moins.

Derrière cet appel à la ré-industrialisation, il faut sans doute voir dans la visite de François Hollande à Saint-Nazaire – fief ouvrier dirigé depuis des lustres par les socialistes – la volonté de ce dernier de tenter de se réapproprier les voix d’un électorat populaire qui s’est éloigné du PS. Dans un rapport de 88 pages qui a fait beaucoup de bruit lors de sa sortie en mai dernier, Terra Nova, un think tank socialiste, constate en effet le divorce des ouvriers et employés d’une part et des socialistes de l’autre. A force de favoriser l’ultra-libéralisme mondialiste et le capitalisme financier, ceux-ci ont perdu le contact avec le peuple authentique. Pour Terra Nova le nouveau « peuple de gauche » serait désormais constitué des jeunes, des femmes, des « minorités » et des diplômés.

Le candidat socialiste arrivera-t-il à remonter la pente dans un électorat populaire dont il ne peut malgré tout se passer pour espérer l’emporter en 2012 ? On peut se poser la question. Selon un récent sondage BVA, 43 % des ouvriers auraient l’intention de voter Marine Le Pen à la présidentielle. La candidate du Front National vient d’ailleurs d’annoncer sa venue à Saint Nazaire le 13 avril 2012 pour y tenir l’un de ses derniers meetings de campagne. Une démarche qui ne relève pas du hasard.

Crédit photo: François Hollande via FlickR. Licence CC.

Georges Orwell – Le socialisme contre la modernité ? Sur Méridien Zéro ce soir 11 décembre

Georges Orwell - Le socialisme contre la modernité ? Sur Méridien Zéro ce soir 11 décembre

L’émission de la webradio Méridien Zéro de ce dimanche 11 décembre 2011 (23h à 0h30) est consacrée à l’œuvre de l’écrivain britannique Georges Orwell. Orwell est particulièrement connu pour son roman d’anticipation de contre-utopie “1984”.

Georges Orwell - Le socialisme contre la modernité ? Sur Méridien Zéro ce soir 11 décembre

Intégration : les jeunes Allemands doivent apprendre le turc à la maternelle, selon un membre du SPD

Intégration : les jeunes Allemands doivent apprendre le turc, selon un membre du SPD

05/11/2011 – 08h00
BERLIN (NOVOpress) — Si la maîtrise de la langue du pays d’accueil est une des conditions universellement reconnues pour une bonne intégration de populations nouvellement installées, il semble que ce ne soit pas le cas pour tout le monde.

Bernhard Witthaut, membre du SPD (socialiste) et nouveau président du syndicat de police GdP depuis janvier, a eu une révélation : afin de combattre les préjugés que les jeunes Allemands pourraient avoir vis-à-vis de la communauté turque, ils doivent apprendre le turc, et ce dès la maternelle…

Dans les grands centres comme Berlin, il faudrait donc qu’à l’avenir l’on puisse proposer aux petits enfants âgés de 3 à 5 ans un enseignement du turc, pour limiter les tentations communautaristes des populations “migrantes”, liées à la langue et à la religion : « Fritz saura alors ce que Mohamed est juste en train de dire sur lui ».

L’on se rappelle que le PS avait souhaité l’enseignement de la langue arabe au collège. En cas de panne sèche d’idées pendant la campagne présidentielle, celui-ci pourra toujours se tourner vers son équivalent d’Outre-Rhin.

Crédit photo : Thorben Geyer via Flickr (cc)

Un prof de philo très contesté… par une militante socialiste [vidéo]

Un prof de philo très contesté… par une militante socialiste

06/09/2011  – 18h15
LUNEL (NOVOpress) –
La rentrée aurait pu se faire dans le calme et l’atmosphère studieuse au lycée Victor Hugo de Lunel (Hérault).

Ce n’est visiblement pas ce que souhaitaient le syndicat SNES et la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) locale, qui ont cru bon d'”alerter” la presse ainsi que les parents d’élèves, les élèves et le rectorat sur “l’appartenance” dans un passé récent d’un professeur de philosophie (Jean-Baptiste Santamaria) à des partis dits “d’extrême droite”

Outre les tracts distribués dans le lycée (ou comment exacerber les tensions, voire menacer indirectement l’intégrité physique du professeur) et appels au rectorat, un reportage télévisé (avec photos et CV du professeur) de France 3 a alerté de nombreux lecteurs (voir vidéo ci-dessous).

En effet, durant ce reportage, une représentante des parents d’élèves prend de nombreuses fois la parole, parlant de “l’inquiétude des professeurs et des parents d’élèves”, arguant du risque de “politisation des cours”, dénonçant “les nouveaux critères de recrutement” qui auraient favorisé la nomination du professeur stigmatisé.

Il s’agit de Guilène Raoulx (photo ci-dessus), responsable de la FCPE au lycée Victor Hugo mais qui a également fait partie de la liste socialiste aux dernières élections municipales dans la commune de Marsillargues, canton de Lunel. Les 2 images sont reproduites à partir des documents de ces municipales ; dans l’image ci-dessous Guilène Raoulx est à droite à mi-hauteur (cliquer sur l’image pour l’agrandir).

Un prof de philo très contesté… par une militante socialiste

Il est intéressant de noter que dans la biographie de l’enseignant que montre France 3 au début du reportage, le journaliste cache la fin des lignes. Dans la biographie ces fins de lignes rappellent que Santamaria a eu longtemps dans sa jeunesse une activité très à gauche, en particulier de délégué CGT. Ce rappel aurait gêné la manipulation de l’opinion. Dans la vidéo la hargne de la militante socialiste responsable de la FCPE s’explique peut-être par ce passé : c’est comme dans l’Islam, l’apostasie, la conversion justifient la peine de mort, ici quand même seulement la mort professionnelle.

Ainsi, c’est en réalité une militante socialiste qui de façon partisane s’érige en redresseuse de torts. Ni Le Midi Libre (dans lequel l’information est également parue), ni France 3 n’ont précisé cet aspect politique, préférant laisser le nom et prénom du professeur stigmatisés, sans possibilité d’ailleurs de répondre puisqu’à aucun moment, ces médias ne l’ont interrogé.

Une étrange conception du journalisme, une étrange conception également de la “neutralité politique”.

Italie : le village “sauvé” par les immigrés

Italie : le village "sauvé" par les immigrés

27/08/2011 – 9h00
ACQUAFORMOSA (NOVOpress) — « Le village sauvé par les immigrés », c’est le titre du Corriere della Sera d’hier. Le journaliste du grand quotidien bourgeois est allé en Calabre et en est revenu lyrique. « Plus qu’une ressource. Par ici les immigrés sont les sauveurs de la patrie. Ou, mieux, de la municipalité. Car, s’il n’y avait pas les immigrés, la commune d’Acquaformosa, petit pays perdu au cœur du Pollino, serait destinée à disparaître, en passant sous le seuil fatidique des mille habitants pour être englobée, selon les règles du nouveau budget, dans la plus proche commune de plus de mille habitants ».

Partout dans cette région de montagne superbe mais isolée, les communes souffrent de la dépopulation : les jeunes s’en vont et ne restent plus que les vieux dans des rues de plus en plus vides. « A Acquaformosa, pas même 1 200 habitants en tout, c’est exactement le contraire qui arrive et le village commence petit à petit à se revitaliser. Le mérite en revient au maire Giovanni Manoccio (Liste Civique d’Acquaformosa) – lequel avait eu son moment de gloire médiatique en 2009 pour avoir officiellement déclaré son village “municipalité interdite à la Ligue du Nord”. Depuis environ trois ans, en vertu du projet Sprar (Service de Protection des Demandeurs d’Asile et Réfugiés du Ministère de l’Intérieur), il a offert une résidence à diverses familles de réfugiés. Un peu moins de trente personnes (quatre familles), mais qui ont contribué à remettre miraculeusement en marche un système socio-économique destiné à décliner ». Leur arrivée a créé des emplois : agents d’aide aux réfugiés, interprètes… Les 16 écoliers immigrés représentent déjà 20% du total et dissipent toutes les craintes qu’on pouvait avoir pour la survie de l’école, qui risquait d’être fusionnée avec celle du village voisin.

« Acquaformosa déplore environ vingt décès chaque année, contre un nombre de naissances qui se comptent sur les doigts d’une main. Les plus de 65 ans représentent encore près de 40% de la population et les rues du village sont pleines de personnes âgées et de cannes. La tendance pourrait pourtant s’inverser bientôt, vu qu’il y a déjà eu trois naissances cette année. Deux sur trois sont des enfants d’immigrés. Le plus célèbre est Giovanni, ainsi nommé en l’honneur du maire, fils de Larry et Blessing, un couple nigérian qui a fui la pauvreté envahissante de Benin City après une longue traversée du désert et l’odyssée tourmentée de la Méditerranée. Peu importe que Giovanni ait la peau noire et ait pour nom Onaiwu : il est devenu la mascotte du pays, le symbole de la renaissance contre la dépopulation ; son sang est nigérian, mais il est calabrais de naissance ». Son frère, David, trois ans, parle à moitié calabrais et à moitié nigérian.

« Parmi les immigrés accueillis, il y a aussi deux familles arméniennes, dont l’une d’origine kurde. Il y a quelques semaines, dans le contexte de la crise en Afrique du Nord, est arrivée une famille du Tchad (tandis qu’une autre devrait arriver dans les prochains jours), débarquée à Lampedusa après une terrible épopée accompagnée de deux petits enfants. La mère, enceinte, mettra bientôt au monde son troisième enfant. Et le village sera de nouveau en fête, une fête de bienvenue pour un nouveau citoyen acquaformositain ».

Voilà donc ce que la presse bourgeoise donne en modèle à toute l’Italie. Cela s’appelle la substitution de population.

[box class=”info”]Source : www.corriere.it[/box]

[box class=”warning”]Voir aussi : Schöllnstein, ou le “mini” Lampedusa bavarois[/box]

La gauche milliardaire – Les Badinter, l’anti bling-bling

La gauche milliardaire - Les Badinter, l’anti bling-bling

Ils forment un joli couple de retraités, Robert et Elisabeth. Lui, du barreau et de la politique ; elle, du féminisme. Presque cinquante ans de vie commune, trois enfants et ils s’aiment comme au premier jour, avec la même fraîcheur. Vie privée décente et retenue publique, charme et discrétion. Voilà qui nous éloigne du clinquant habituel des nouveaux riches du PS. L’anti-bling-bling a élu domicile chez les Badinter.

Héritière du groupe Publicis, fondé par son glorieux père, Marcel Bleustein-Blanchet – l’illustre Gaudissart des Trente Glorieuses, celui qui a vendu à des Français médusés par tant d’abondance la société de consommation –, Elisabeth se classe au 56e rang des plus grosses fortunes de France, selon le magazine « Challenges » : 652 millions d’euros, 10 % du capital de Publicis, dont elle préside le conseil de surveillance avec une mâle assurance. Question de chromosomes sûrement.

Car le féminisme d’Elisabeth est à courant alternatif. Les bimbos siliconées et les pouffes peroxydées, sévèrement bannies de sa production intellectuelle, redeviennent subitement de précieux auxiliaires publicitaires dès lors qu’il s’agit de faire grimper les ventes de déodorants et de voitures. Homo duplex, disait Buffon, l’homme est double. Les femmes aussi. Que l’homme qui est sans contradiction leur jette la première pierre !

Robert et Elisabeth, c’est comme un vélo en tandem : il y en a un qui pédale et un autre qui guide. Attention cependant, ne pas se fier aux apparences : la femme libérée ne l’est pas tant que ça. Chez les Badinter, c’est la suffragette qui trime ; et c’est le ténor du barreau qui ramasse les lauriers. Robert a beau avoir un physique de choriste fluet et longiligne, dès qu’il prend la parole, il fait jouer sa voix de bronze comme un premier prix du Conservatoire. Le résultat est impressionnant. A vous donner la chair de poule. C’est que l’ex-garde des Sceaux et président du Conseil constitutionnel est une autorité morale, héritier en filiation directe de Montesquieu et Condorcet.

Nous, malheureux que nous sommes, n’avons qu’une conscience. Celle de Robert est si grande qu’il en a fait son métier. Il est droit, les hommes sont tordus, il va les redresser –au nom du Bien, cela va sans dire (même si c’est mieux en le disant). Les Droits de l’homme sont ses tables de la Loi, dont il est le Moïse guidant l’humanité arriérée vers la Terre promise de l’Etat de droit. Tu condamneras la peine de mort, tu dépénaliseras l’homosexualité, etc. C’est beau comme un film de Cecil B. DeMille.

A travers des gens comme les Badinter, on mesure combien les socialistes ont perdu le peuple. Qu’est-ce qu’un ouvrier de chez Renault ou un maçon du Poitou-Charentes ont à faire de l’abolition de la peine de mort ? D’abord, en ces matières, ils sont généralement pour les solutions expéditives. Ensuite, ils ont d’autres soucis quotidiens que les débats oiseux qui agitent les dîners en ville.

Comment être socialiste quand on a 750 millions d’euros d’argent de poche ? Il n’y a qu’une seule réponse : transformer la gauche en un parti libéral-progressiste à l’américaine.

En réalité, la gauche parisienne ne mène plus que des combats compatibles avec son train de vie et ses réflexes culturels – hier la peine de mort, aujourd’hui l’homoparentalité. C’est le triomphe de la gauche morale, avec les Badinter ; immorale, avec les DSK et autres Julien Dray. Pour le social, mieux vaut s’adresser directement à Pôle emploi et à Marine Le Pen.

François-Laurent Balssa

[box class=”warning”]Article paru ce mercredi dans “Minute” du 3 août. En kiosque ou sur Internet.[/box]