Belgrade : “Solidarité Kosovo” reçoit le prix serbe de “la réalisation la plus noble de l’année”

Belgrade : “Solidarité Kosovo” reçoit le prix serbe de “la réalisation la plus noble de l’année”

A la tribune, Arnaud Gouillon a dédié cette récompense aux donateurs de Solidarité Kosovo.

20/12/2012 –  16h00
BELGRADE (NOVOpress) – Lundi, à l’Assemblée de la ville de Belgrade s’est déroulée la cérémonie de remise des prix pour “la réalisation la plus noble de l’année” organisée par Vecernje Novosti, le quotidien national le plus vendu de Serbie.

A l’occasion du jubilé d’or marquant la 50ème édition de cette très populaire manifestation, le jury a décerné un prix spécial au fondateur de l’association humanitaire française « Solidarité Kosovo », Arnaud Gouillon.

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La Serbie se met au rouble

La Serbie se met au rouble

22/10/2012 — 16h00
BELGRADE (NOVOpress via le bulletin de Réinformation) — La Serbie vient de rappeler qu’elle se place résolument en amie et alliée de la Russie, en accordant à la monnaie russe le statut de devise étrangère acceptée dans les transactions financières serbes.

Cette décision est censée s’inscrire dans une logique russe de renforcement des liens bilatéraux avec la Serbie tout en battant en brèche l’omniprésence du dollar en tant que devise internationale. Cela pourrait même conduire à terme à remplacer l’euro comme monnaie de réserve de substitution. A l’heure de la crise sans précédent que connaît la zone euro, une telle décision ne peut être que la bienvenue.

Crédit photo : Центробанк РФ via Wikipédia (cc).

Serbie : le Parti progressiste (SNS) rompt avec le FPOe autrichien

Serbie : le Parti progressiste (SNS) rompt avec le FPOe

Tomislav Nikolić, président SNS de la république de Serbie. Crédit photo : Wikipédia (cc).

15/10/212 – 20h30
VIENNE (NOVOpress) — Les découpages frontaliers hérités du traité de Saint-Germain-en-Laye (1919) nous ont laissé en héritage en Europe centrale maints problèmes de minorités, mais aussi de nombreuses solidarités transfrontalières. Un terrain idéal – avec en plus la multiplication des partis politiques issus de la chute du communisme – pour permettre aux eurocrates et aux grands partis européens une influence non négligeable sur la politique intérieure des divers états nés de l’effondrement de la monarchie austro-hongroise, puis plus récemment de l’explosion de la Yougoslavie.

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Serbie : on ne plaisante pas avec l’hymne national

Serbie : on ne plaisante pas avec l'hymne national


30/05/2012 – 10h00
PARIS (NOVOpress) —
 À dix jours de l’Euro de foot, l’affaire fait grand bruit en Serbie, où le sport, prolongation de la guerre selon l’adage, cristallise toutes les passions.

Siniša Mihajlović
Siniša Mihajlović, sélectionneur de l'équipe nationale serbe. Crédit photo : Roberto Vicario via Wikipédia Commons (cc)

Le sélectionneur de l’équipe nationale serbe, Siniša Mihajlović (photo ci-contre), a en effet exclu l’international Adem Ljajić (maillot violet de l’AC Fiorentina, ci-dessus) après que ce dernier eut refusé d’entonner l’hymne national de la Serbie lors du match amical samedi contre l’Espagne.

L’attaquant du club italien de la Fiorentina a informé le sélectionneur “qu’il n’a pas chanté l’hymne national pour des raisons personnelles et qu’il ne changera pas d’avis, raison pour laquelle Siniša Mihajlović lui a demandé de rentrer à la maison”, a précisé la Fédération dans un communiqué.

Ljajić, qui est musulman, alors que la majorité des Serbes sont chrétiens orthodoxes, doit certainement avoir ses raisons mais celles-ci semblent incompatibles avec l’amour du maillot et le respect des symboles nationaux. Cet épisode sera t-il celui d’une longue série pour marquer l’arrivée récente à la tête de l’équipe de Mihajlovic qui exige de ses joueurs qu’ils suivent un code de conduite strict, avec notamment l’obligation de chanter l’hymne national lors des matches internationaux. Simple bon sens diront certains, aberration raciste et xénophobe doit-on penser en ce moment même au ministère des Sports français.

Les Serbes ne cesseront de nous étonner et à l’heure du délitement des nations et du foot business, ils envoient un signe positif au reste de l’Europe.

Photo en Une : crédit Roberto Vicario via Wikipédia Commons (cc)

Un nationaliste à Belgrade : de Serbie, les médias, une fois de plus, n’avaient rien vu venir – Par Jean Bonnevey

Un nationaliste à Belgrade : de Serbie, les médias, une fois de plus, n’avaient rien vu venir - Par Jean Bonnevey

C’est une défaite pour l’Europe de Bruxelles. Le candidat de la prétendue « communauté internationale», qui a fait la guerre à la Serbie, a perdu la présidentielle. Cet échec n’avait pas été envisagé, surtout pas par nos médias, même si, comme nous l’avions écrit, le vote du premier tour mettait le candidat nationaliste en bonne position, avec un report des ultras nationalistes et surtout des partisans du parti socialiste de l’ancien président Milosevic, malgré des consignes contraires.

Au premier tour, Boris Tadic, candidat adoubé, était sorti en tête, avec 26,7% des voix contre 25,5% à Tomislav Nikolic (photo) et depuis, le président sortant a pu compter sur le ralliement des socialistes de l’ancien président Slobodan Milosevic, qui devraient conclure un accord de coalition avec DS à la suite des législatives. Pour les observateurs, c’était donc joué. Voila ce que l’on pouvait lire le jour du vote sur figaro.fr : « avec près de 58 % des voix, selon le dernier sondage réalisé avant le scrutin, Boris Tadic devait être confortablement réélu dimanche à la présidence serbe, face au nationaliste Tomislav Nikolic. Fort de ses soutiens sur la scène internationale” etc. Ce magnifique article n’est plus accessible, comme par hasard, sur Internet. Bien vu, cher confrère… Il n’était pas le seul.

Un vote de fierté nationale contre une stratégie de repentance et de livraison-marchandage

Ce vote n’est pas, cependant, un vote contre le rapprochement de Belgrade avec l’Union Européenne et même pas, véritablement, un vote de défiance vis-à-vis de la crise actuelle de la dette et de l’euro, qui rend cette communauté bien moins attrayante pour les candidats. C’est une sanction de la méthode. C’est un vote de fierté nationale contre une stratégie de repentance nationale et de la livraison-marchandage des anciens combattants des guerres post-yougoslaves, traités comme des bourreaux, mais considérés encore comme des héros par nombre de leurs compatriotes; à tort ou à raison là n’est pas le problème. La Serbie a voté pour une voie européenne, mais sans humiliation.

[…]

Tomislav Nikolic a immédiatement tenu à rassurer sur l’option européenne de son pays. “La Serbie maintiendra sa voie européenne (…) Ce scrutin n’a pas porté sur qui conduira la Serbie vers l’UE mais sur qui réglera les problèmes économiques créés par le Parti démocratique” (DS) de M. Tadic. “La Serbie doit développer son économie et doit enrayer la pauvreté. Nous devons commencer à œuvrer pour nous débarrasser de la corruption“, a poursuivi Tomislav Nikolic, ancien allié de l’ex-homme fort de Serbie, Slobodan Milosevic.

[…]

Les accusations de «fraude électorale» formulées entre les deux tours et le rappel de la question du Kosovo, qui avait quelque peu disparu, ont porté leurs fruits. S’y ajoute un discours très centré sur des valeurs morales («l’intégrité», la «dignité», et le «patriotisme»), qui a fait mouche. Vouloir rejoindre l’UE dans son état actuel ne suffit pas comme programme.

[…]

Un vote européen contre la repentance et la soumission pour obtenir l’entrée dans un ensemble en crise et pour résoudre des difficultés internes imputées au pouvoir sortant. Un vote populiste qui aura des répercussions comme d’autres dans toute l’Europe.

[…]

Jean Bonnevey

[box class=”info”] Source et article complet sur Metamag.fr . [/box]

Crédit photo : DR.

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de Solidarité Kosovo Espagne – Par Miguel Gomez

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de Solidarité Kosovo Espagne – Par Miguel Gomez

Le samedi 3 décembre 2011 avait lieu le lancement officiel de Solidarité Kosovo Espagne. « Solidaridad Kosovo », sous l’impulsion de Nicolas Mirkovic, devenait ainsi la première antenne européenne de l’association humanitaire française, Solidarité Kosovo, créée en 2004. L’association espagnole n’aura pas mis longtemps à mettre son désir d’aider les populations chrétiennes du Kosovo en action puisque le premier convoi humanitaire de « Solidaridad Kosovo » vient d’avoir lieu au mois d’avril 2012 (soit cinq mois seulement après sa création). Le savoir-faire ainsi que l’aide technique fournie par l’association mère française a permis de gagner un temps précieux dans l’organisation de ce premier convoi.

Le 31 mars dernier, à 7 h du matin, l’équipe de volontaires de Solidarité Kosovo Espagne s’était donnée rendez-vous à Alcala de Henares, au nord de Madrid. Borja, Jorge, Miguel, Hector et la présidente de l’association, Lourdes Simon étaient fin prêts pour s’élancer dans une aventure de huit jours et de plus de 6500 km qui allait les conduire jusqu’au Kosovo. Quel est le but de cette jeune équipe de bénévoles ? Venir au secours de la minorité serbe de cette région, victime comme nous allons le constater, d’une constante violation de ses droits fondamentaux dans l’indifférence totale des grandes organisations internationales.

Après une courte pause, mise à profit pour bien répartir nos dix mètres cubes de chargement entre nos deux véhicules et pour boire quelques cafés bien serrés, nous avons pris la route vers le lointain Kosovo. Nous emportons des meubles, des vêtements, des produits alimentaires, des jouets et du matériel de sport réparti dans un véhicule utilitaire et une voiture logistique.

Après dix heures de route, nous arrivons à Nîmes où notre convoi se divise. Le camion prend la direction du nord, vers Lyon, où nous récupérons Arnaud Gouillon. Arnaud est le fondateur de Solidarité-Kosovo et il a à son actif plus de 18 convois humanitaires au Kosovo ! Non seulement il connaît le Kosovo comme sa poche, mais il parle parfaitement serbo-croate. Arnaud a la lourde tâche de mener le convoi humanitaire espagnol à bon port puis d’organiser les distributions dans les différentes enclaves serbes du Kosovo. Son expérience a été l’un des grands atouts pour la réussite de ce voyage.

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de <em>Solidarité Kosovo Espagne</em> - Par  Miguel Gomez
L'équipe fait une halte en bord de route en Serbie

En s’arrêtant tout juste le temps nécessaire pour refaire le plein et se restaurer, nous traversons six pays et au soir du troisième jour nous parvenons aux limites de la région du Kosovo. Nous avons dû patienter trois longues heures au « poste frontière » pour permettre la fouille des véhicules, remplir d’interminables formulaires, les faire tamponner par un officier des douanes et payer une assurance véhicule obligatoire à un prix exorbitant (200€ pour 15 jours pour un véhicule utilitaire!).

Au cours de cette longue attente, nous avons eu l’opportunité d’examiner en détail le système douanier mis en place par les autorités albanaises de Pristina. En étudiant simplement la liste des tarifs d’assurances affichée au guichet, nous avons constaté la première discrimination dont sont victimes les Serbes : les véhicules immatriculés en Serbie sont obligés de payer le double du prix dont nous avons dû nous acquitter pour entrer au Kosovo. Avec un salaire local qui dépasse rarement les 350€ on se demande qui peut être en mesure de payer cela, l’objectif étant visiblement de limiter la venue de Serbes au Kosovo.

A la nuit tombée, une fois les formalités achevées, nous avons franchi la frontière pour nous enfoncer au Kosovo où nous allons séjourner trois jours. Durant le parcours, nous contemplons attristés des paysages désolés, une très grande pauvreté, des maisons en ruines, des routes en très mauvais état, des tonnes d’ordures dans les champs et des rivières gravement polluées.

A notre arrivée, nous avons été reçus avec beaucoup d’amitié et d’affection par notre ami serbe, le diacre Bojan, permanent du bureau humanitaire financé par « Solidarité Kosovo » France, lequel nous a invités à partager un dîner dans la plus pure tradition serbe. Viandes grillées et autres mets typiques ont satisfait nos ventres affamés par trois jours de grignotage sur les routes d’Europe.

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de Solidarité Kosovo Espagne – Par Miguel Gomez
Nous arrivons avec des provisions pour une vieille grand-mère de Laplje Selo

Le lendemain matin, nous avons repris notre route de bonne heure, en rendant une première visite matinale à une vieille grand-mère malade dont la maison se situe près de la ville de Laplje Selo. La précarité de sa situation nous a beaucoup émus. Cette grand-mère vit seule dans une maison délabrée qu’elle ne parvient plus à entretenir, victime du poids des années. La pension symbolique qu’elle reçoit (environ 60€) ne permet pas de vivre, même au Kosovo. Sans l’aide quotidienne que lui fournit le diacre Bojan grâce au financement de « Solidarité Kosovo », cette grand-mère, comme tant d’autres familles, ne pourrait tout simplement survivre. Nous avons effectué des réparations d’urgence dans son domicile afin de faciliter sa vie quotidienne et nous lui avons laissé des provisions de nourriture et des produits de premières nécessités afin de l’aider à subvenir à ses besoins. Ses larmes en guise de remerciement ont provoqué chez chacun d’entre nous une émotion forte et palpable…

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de Solidarité Kosovo Espagne – Par Miguel Gomez
Les sourires et les gestes en disent plus que les mots

Après cette séparation émouvante, nous avons pris la direction de Staro Gracko pour distribuer des jouets, des confiseries et du matériel sportif aux enfants de l’école élémentaire. Comment ne pas ressentir un pincement au cœur en nous rendant sur le lieu où en 1999 des extrémistes albanais ont massacré des habitants de la ville ? Nous avons lu les noms des victimes sur une plaque commémorative qui rappelle la date de naissance de chacune d’entre elles. C’est ainsi que nous avons appris que la plus jeune avait à peine quatre ans.

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de Solidarité Kosovo Espagne – Par Miguel Gomez
"Monument aux victimes serbes de Staro Gracko en 1999"

Poursuivant notre route, nous avons repris la distribution dans différentes écoles des enclaves de Gracanica et de Kosovska Kamenica. Notre venue a suscité l’intérêt de la télévision locale. Ici, les talents linguistiques d’Arnaud Gouillon ont à nouveau fait merveille car il a répondu en direct aux questions des journalistes. La venue de jeunes Espagnols au Kosovo est un signe d’espoir pour une population qui se sent abandonnée de tous et qui est aux prises avec une situation dramatique.

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de Solidarité Kosovo Espagne – Par Miguel Gomez
Nous profitons de nos passages télés pour envoyer des messages de soutien

Dans l’après-midi, le diacre Bojan nous a conviés à une promenade dans la ville de Prizren. Cette ville située à l’extrême sud du Kosovo était la capitale de l’empire serbe à l’époque médiévale. Cette ville n’a malheureusement pas été épargnée par les tragédies de 1999 et 2004. Ici nous avons pu observer les conséquences de la guerre et des pogromes antichrétiens. Au cours de ces terribles événements, des extrémistes musulmans ont profané des monastères, vandalisé des monuments et des œuvres d’art et détruit des milliers de maisons. Cette visite de la ville nous a permis de prendre mieux conscience des souffrances du peuple serbe. Voici douze ans, la ville comptait 30 000 chrétiens, aujourd’hui ils sont à peine vingt cinq. Nous pourrions croire que la situation s’est apaisée. Il n’en est rien. Les lieux de culte chrétiens sont protégés par des policiers et entourés de réseaux de fil de fer barbelés. Ces précautions ne sont pas exagérées. La nuit suivant notre départ, la cathédrale de la vierge de Ljeviska, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, a fait l’objet d’un tir à l’arme à feu.

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de Solidarité Kosovo Espagne – Par Miguel Gomez
Prizren : le quartier serbe est entièrement détruit, les barbelés sont partout

Le lendemain matin, nous avons repris la distribution d’aide humanitaire dans différents villages situés à proximité de Kosovska Kamenica, dans l’Est du Kosovo, où la triste situation des enfants nous a brisé le cœur. Ces gamins fréquentent des écoles sans chauffage et au mobilier scolaire et sportif dans un état déplorable. Nous avons laissé dans chaque école du matériel scolaire ainsi que des ordinateurs. Chaque enfant a également eu droit à un cadeau qui nous avait été donné par des enfants espagnols d’une école primaire de Madrid. La solidarité n’attend pas le nombre des années.

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de Solidarité Kosovo Espagne – Par Miguel Gomez
Distribution de jouets dans une école près de Kosovska Kamenica

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de Solidarité Kosovo Espagne – Par Miguel Gomez

En fin de matinée, nous sommes arrivés au club de foot de la commune de Silovo. Quelques semaines avant notre venue, Ivana Gajic et Arnaud Gouillon s’étaient rendus dans cette enclave dans le cadre du développement des projets de Solidarité-Kosovo. Ils avaient eu un entretien avec le Président du club de foot qui leur avait fait part des difficultés croissantes rencontrées ainsi que des besoins matériels indispensables pour la bonne pratique de ce sport. L’équipe française qui était sur place au Kosovo nous avait alors transmis immédiatement la liste de matériel que nous avons pu récupérer en Espagne et emmener avec nous lors de ce convoi, trois semaines à peine, après la rencontre avec le responsable sportif. Nous avons livré ce précieux matériel directement aux jeunes sportifs de l’équipe de Silovo. A nouveau, ce geste de solidarité a attiré la télévision locale qui a enregistré un entretien en anglais avec Borja Heras.

Dans l’après-midi, nous avions rendez-vous au monastère de Draganac où nous avons remis le reste du mobilier (des lits, des armoires etc.) destiné aux familles serbes environnantes. Les moines nous ont accueillis avec chaleur et gentillesse, nous offrant des produits monastiques artisanaux et répondant à nos questions sur leur situation. Arnaud a été surpris de voir que son ami Ilarion, moine francophone du monastère, parle également parfaitement anglais. La haute culture de ces hommes saints n’a d’égal que l’attachement à leur foi et à leurs terres. Ils nous ont détaillé avec calme et dignité les vexations quotidiennes dont ils font l’objet, le manque de liberté et ce climat persistant de tension qui rend chaque jour incertain.

En fin de journée, nous avions l’intention de visiter le monastère de Visoki Decani en Métochie (Ouest du Kosovo), mais cela fut rendu impossible en raison de la tombée de la nuit et des menaces d’extrémistes, qui avaient signalé leur présence la veille par des graffitis hostiles et insultants à l’égard de la petite communauté monastique.

Carnet de voyage du premier convoi humanitaire au Kosovo, de Solidarité Kosovo Espagne – Par Miguel Gomez
Au monastère de Draganac, avec au centre notre ami le moine Ilarion

Au matin de notre dernière journée au Kosovo, nous nous sommes rendus au monastère de Gracanica, trésor serbe du XIVème siècle inscrit lui aussi au patrimoine mondial de l’Humanité. Ce lieu important de l’histoire serbe avait fait l’objet d’importantes destructions durant l’occupation turque. L’église garde néanmoins sa splendeur d’antan avec ses fresques sublimes et ses voûtes majestueuses. Sur l’un des piliers centraux de l’église, nous découvrons une plaque commémorative « A la France », nous rappelant combien les liens entre la France et la Serbie sont étroits. Nous espérons que notre contribution au projet humanitaire qui a débuté en France voici huit ans, rapprochera également d’avantage le peuple espagnol du peuple serbe.

En début d’après-midi, nous commencions notre voyage de retour en prenant la direction de Belgrade où nous pouvions célébrer le succès de notre mission et reprendre des forces avant les trente heures de route qui nous séparaient de Madrid.

De ce premier voyage de Solidaridad-Kosovo Espagne, nous rentrons au pays avec le sentiment du devoir accompli et enrichis par les rencontres que nous avons faites. La situation humanitaire au Kosovo est cependant très critique pour les populations non-albanaises qui y vivent. Notre désir de faire changer les choses couplé aux souvenirs que nous ramenons avec nous, nous encouragent à poursuivre nos efforts en faveur de la liberté et des droits des minorités chrétiennes du Kosovo.

Miguel Gomez, bénévole espagnol

[box class=”info”] Pour aider l’association humanitaire Solidarité Kosovo, c’est ici. [/box]

Un bien triste anniversaire : 8 ans après le pogrom au Kosovo et en Métochie – Par Solidarité Kosovo

[box class=”info”] NDLR : Ce texte a été écrit hier 17 mars 2012. [/box]

Aujourd’hui marque le huitième anniversaire du pogrom anti-serbe au Kosovo du 17 mars 2004, lorsque 19 personnes ont été tuées et 34 églises orthodoxes serbes ont été détruites sous le regard quasiment impassible de l’ONU et des soldats de l’OTAN sur place.

La violence a explosé après une campagne savamment orchestrée par les médias albanais faisant accroire que des Serbes avaient poursuivi de jeunes Albanais dans la rivière Ibar, causant au moins trois d’entre eux de se noyer.

Suite à ce montage médiatique, une véritable déferlante de haine albanaise s’est abattue sur tout ce qui était serbe. En plus des morts et des églises profanées, plus de 5.000 Serbes et non-Albanais ont été expulsés de leurs maisons et plus de 900 personnes ont été blessées dans la violence qui a éclaté.

270 Albanais ont été arrêtés après la plus grande violence à caractère ethnique au Kosovo depuis l’arrivée des forces internationales en 1999 : 143 suspects ont été reconnus coupables de violence. La majorité d’entre eux a été condamnée à une simple amende.

Après une enquête de police de la MINUK (ONU) il a été prouvé que les accusations étaient fausses et que «les jeunes Albanais qui ont survécu étaient sous beaucoup de pression de la part des médias et des politiciens albanais pour accuser les Serbes du village voisin ». Les représentants de la communauté internationale ont évalué à l’époque que «la violence à caractère ethnique contre les Serbes du Kosovo a été planifiée et bien orchestrée».

Il est aujourd’hui certain que ce pogrom s’inscrivait dans la stratégie de purification ethnique du Kosovo organisée par les Albanais et leurs alliés depuis de nombreuses années et visant à couper définitivement le Kosovo et la Métochie de leurs racines serbe et chrétienne.

Un service commémoratif pour les victimes se tiendra aujourd’hui à l’Eglise Saint-Nikola à Pristina par l’évêque de Raška et de Prizren Monseigneur Teodosije, ami de Solidarité Kosovo.

Solidarité Kosovo

“Au pays du sang et du miel” d’Angelina Jolie : polémique sur fond de parti pris anti-serbe [lu sur le net]

"Au pays du sang et du miel" d'Angelina Jolie : polémique sur fond de parti pris anti-serbe

[box class=”info”]Tollé et vagues croissantes d’indignations : c’est ainsi que l’on pourrait résumer les réactions suscitées par le nouveau film d’Angelina Jolie, “Au pays du sang et du miel”, dans les Balkans. Jugé extrêmement partisan et manichéen, ce film traite des violences faites aux femmes pendant la guerre de Bosnie, avec dans le rôle des méchants : les Serbes. Rien de vraiment surprenant pour un film américain, présenté en France par Bernard-Henri Lévy.
En réaction, un collectif s’est créé en prenant pour exemple les « grassroots movements » anglo-saxons, exprimant la réponse de la nouvelle génération, de la jeunesse de l’époque des guerres et de Milosevic, désormais grandie et établie, qui construit son identité et défend ses valeurs. Percevant les conflits récents comme la fondation du futur, ses membres considèrent que l’omission totale des victimes Serbes est le meilleur garant de l’instabilité politique : le consensus international selon lequel les Serbes ne sont jamais victimes, et sont toujours coupables, empêche selon eux toutes les parties de faire face au passé. Novopress reproduit ci-dessous un texte initialement publié sur leur site, antisrbizam.com.[/box]

Le film d’Angelina Jolie anti-serbe après tout

Angelina Jolie aurait eu du mal à choisir un sujet plus difficile pour ses débuts de réalisatrice. Son film “Au Pays du Sang et du Miel” vise la violence dont les femmes furent victimes dans la récente et sanglante guerre en Bosnie-Herzégovine (1992-1995).

Ce sujet représente, en plus d’un défi professionnel, une immense responsabilité morale à l’égard des victimes.

La question qui se posait en tout premier lieu était de savoir si Jolie saurait éviter la partialité ethnique dans la présentation des victimes. Notre recherche a mis en évidence son échec complet sur ce plan.

Notre organisation est issue d’un rassemblement spontané et des réactions individuelles à l’omission des victimes serbes dans un reportage de la télévision nationale espagnole sur le camp d’extermination de Jasenovac : http://antisrbizam.com/en/rtve-apology/7-prevod/4

Après ce premier succès, nous avons décidé que le monitoring des cas de discours de haine et de la partialité des médias serait notre mission durable.

Les récentes premières du film «Au pays du sang et du miel» nous ont offert l’occasion attendue depuis longtemps d’en faire une analyse et de vérifier ainsi la partialité anti-serbe qui lui est reprochée.

Procédant par la méthode d’analyse du contenu nous avons compté les personnages apparaissant dans les scènes de violence et les avons catégorisés d’après leur sexe (hommes, femmes), leur rôle dans le conflit (civils, militaires), leur rôle dans l’acte de violence (victime, auteur de violence) et d’après leur appartenance ethnique (Musulman, Serbe, Croate). Puis nous avons comparé les valeurs ainsi obtenues aux statistiques officielles.

Une analyse complète, qui englobera les mentions textuelles et discursives de la violence et des critères supplémentaires sera publiée ultérieurement. En attendant, les premiers résultats sont toutefois déjà assez concluants:

Tous les criminels de guerre sont des Serbes.
Aucune des victimes civiles n’est Serbe.
Toutes les victimes civiles sont des musulmanes.

"Au pays du sang et du miel" d'Angelina Jolie : polémique sur fond de parti pris anti-serbe © Photo : GK Films
© Photo : GK Films

Les atrocités commises par les Serbes présentées dans ce film comprennent les détentions dans les camps, l’attaque contre un convoi de la Croix Rouge, l’expulsion des personnes de leurs logements et la confiscation de leurs appartements, la tuerie au hasard des passants, l’exécution massive au bord d’une fosse commune et la projection d’un bébé par la fenêtre d’un immeuble. L’histoire racontée dans le film se penche sur le sort de 46 femmes musulmanes internées dans un camp serbe où elles sont battues, violées et humiliées. De vielles femmes sont forcées de se déshabiller pour amuser les soldats.

Les résultats obtenus ne sont pas conformes à l’état des faits.

La guerre en Bosnie-Herzégovine a été une guerre civile qui opposait non deux, mais trois peuples constitutifs de ce pays : Musulmans (ou Bosniaques), Serbes et Croates. Les trois parties au conflit se faisaient mutuellement la guerre et commettaient des atrocités, y compris la violence sexuelle organisée sur les femmes, et les trois ont été victimes de ces crimes.

Des femmes serbes ont été systématiquement violées par les auteurs de crimes bosniaques et croates dans les camps de prisonniers à Sarajevo, à Odžak, Konjic, Kladanj, Dretelj, Bosanski Brod, Visoko, Čelebići, Tarčin, Mostar, et Tuzla, pour ne mentionner que les régions et les lieux les plus importants.

Le total et la proportion des victimes par leur appartenance ethnique ne sont disponibles que sous forme des estimations. D’après les estimations faites par le Centre de recherche et de documentation à Sarajevo, la guerre en Bosnie aurait fait un total approximatif de quelque 100.000 victimes, dont 66% de Musulmans, 26% de Serbes et 8% de Croates. Ce même Centre a dénoncé le chiffre de 20.000 femmes violées comme une “complète exagération” et une manipulation. À titre de comparaison, Jolie prétend dans son film que « jusqu’à 50.000 femmes bosniennes ont été violées ».

Ignorer les victimes serbes constituerait en soi un acte de discrimination et de manque de respect. Mais dans le film cet acte s’aggrave par le fait que Jolie ne fait rien pour exempter les victimes serbes de la culpabilité généralisée, pas plus que pour effleurer du moins la responsabilité des auteurs des méfaits musulmans.

D’après Jolie, le but du film aurait été de rendre hommage aux victimes. Mais le résultat en fut tout le contraire : les victimes sont discriminées, tues, culpabilisées et rendues encore plus vulnérables.

La réalisatrice et les acteurs ont à plusieurs reprises rejeté l’anti-serbisme qui leur était reproché en insistant qu’ils ont été justes et objectifs.

Les résultats de notre recherche révèlent cependant une partialité anti-serbe indubitable, à tel point que dans le film en question aucune victime serbe n’a été représentée et aucun auteur de crime qui ne fût Serbe.

Par rapport à la réalité, une telle représentation ne saurait même être qualifiée de partiale – elle est entièrement unilatérale.

Le portrait en noir et blanc est une procédure artistique profondément enracinée et cela non seulement à Hollywood. « Ce n’est pas un documentaire » est l’excuse que Jolie et son équipe ont souvent avancée.

La question qui se pose est celle de savoir ce qu’est ce film ? Est-ce un monument aux victimes d’une guerre civile, ou à une des parties belligérantes ? Devait-il témoigner du respect ou du mépris pour les victimes ?

Comment peut-on comprendre cet écart total entre le contenu du film et la réalité ? Pourquoi la réalisatrice n’arrive-t-elle pas à voir l’anti-serbisme même quand elle est confrontée avec lui ?

Si l’on écarte une préméditation dissimulée, la seule explication serait l’effet déshumanisant du préjugé anti-serbe qui rend la souffrance serbe moins angoissante et fait prendre le tort serbe pour acquis.

Dans la poignante scène finale du film, le personnage du Serbe Daniel répète : « Je suis un criminel de guerre ». Il exprime ainsi un consensus : les Serbes sont des criminels.

Ce film montre bien combien le préjugé anti-serbe est enraciné et dangereux, quand il peut convertir une militante des droits de la femme en complice de la dégradation des victimes du viol.

La lutte contre ces préjugés est une condition préalable de la réconciliation dans les Balkans car celle-ci ne peut se construire que sur la vérité.

En savoir plus : antisrbizam.com

[box class=”warning”]Articles de presse dans les médias serbes

Kurir : Naučno dokazano: Anđelinin film antisrpski
Press : Prebrojane sve žrtve
Pravda : Антисрбизам у Анђелинином филму

Articles de presse dans les médias bosniaques

Press.ba : Velimirović: Film postigao politički cilj
Fokus.ba : Premijera laži u mučilištu za Srbe

Articles de presse dans les médias autrichiens mise à jour au 29/02/2012
Unzensuriert : Jolies Regiedebut stempelt Serben zu Verbrechervolk[/box]

“Serbes, pardonnez-moi ” Entretien avec l’ex-officier de la KFOR au Kosovo, Kristian Kahrs

La vérité sur les événements au Kosovo, ou, comme disent les Serbes, dans la province du Kosovo et Metohija est rarement révélée au grand public en Occident. L’un des rares qui se soit engagé à dire la vérité sur le sort difficile des Serbes du Kosovo est Kristian Kahrs, un Norvégien d’origine. Retour sur son histoire :

Il était une fois un membre de la KFOR. Comme  officier du contingent norvégien, il a travaillé dans le service d’information des forces internationales. Après sept mois au Kosovo, Kahrs a terminé son travail en tant que major de la KFOR, et ne voulait plus renouveler son contrat. Une des raisons pour laquelle il aurait quitté la KFOR est notamment la dissimulation de l’information sur la persécution des Serbes. Aujourd’hui, il admet qu’il a été très naïf en 2000, lorsque l’OTAN a attaqué la Serbie. A cette époque, il croyait toujours que l’OTAN avait recouru à de telles mesures pour protéger les droits de l’homme au Kosovo et Metohija.

Après avoir terminé son travail dans le service d’informations de la KFOR, Kristian Kahrs a été actif pendant de nombreuses années comme correspondant de guerre en ex-Yougoslavie et dans d’autres points chauds à travers le monde. Il vit aujourd’hui en Serbie, qu’il considère comme sa seconde patrie.

“En tant qu’ancien officier de l’OTAN, je dois m’excuser auprès du peuple serbe, parce que nous n’étions pas en mesure de protéger les minorités au Kosovo et Metohijia”, a-t-il indiqué dans un enregistrement de télévision célèbre en Serbie.

“Sous la résolution 1244 de l’ONU et l’accord technico-militaire nous devrions protéger les Serbes de représailles des Albanais, mais nous y avons complètement échoué”, a déclaré Kahrs.

Je savais que la mafia albanaise était impliquée dans le commerce de la drogue, des armes et des personnes, mais je ne m’attendais pas à une telle haine de leur part. En outre, il y avait une campagne albanaise pour la purification ethnique des Serbes. Par conséquent, je m’excuse. J’ai été trop naïf et j’ai cru que nous pouvions créer une société multiethnique.

À propos du développement actuel des événements dans le nord du Kosovo Kristian Kahrs n’est pas surpris : “C’est un résultat direct de la politique occidentale dans les Balkans, qui n’accepte que l’indépendance du Kosovo et n’offre aucune autre solution. La division possible de la province serbe méridionale de Kosovo et Metohija n’est pas imaginable pour eux.”

Kristian Kahrs travaille sur un livre dont le titre provisoire est “Désolé Serbie. Un ancien officier de l’OTAN s’excuse” – avec l’espoir qu’il puisse au moins réveiller la responsabilité morale de ceux qui ont pris les décisions politiques sur le Kosovo et Metohija.

Rencontre avec son auteur

• Derrière ce livre, quelle est votre intention ?

Les peuples de l’ex-Yougoslavie, les Serbes, Albanais, Croates, etc, sont à maintes et maintes reprises interpellés par la communauté internationale afin de contribuer à la réconciliation et au pardon, mais on entend en revanche très rarement l’OTAN et l’Occident  s’excuser pour les erreurs qui ont été faites ici. Présenter des excuses au peuple serbe et admettre que nous avons été incapables de protéger les minorités au Kosovo était pour moi une réelle préoccupation et c’est ce que je souhaite faire passer dans mon livre. Si je peux amener certains de nos politiciens à réfléchir la prochaine fois avant de s’engager dans une guerre dévastatrice, alors le livre aura atteint son but.

• Comment êtes-vous devenu un officier de presse de la KFOR ?

J’ai travaillé comme officier de presse au siège de la KFOR de janvier à juillet 2000.

En fait, j’ai été appelé comme réserviste dans un exercice, à savoir l’exercice de l’OTAN “Bataille Griffin” en février et mars 1999. Je suis devenu officier de presse parce que j’avais auparavant travaillé comme pigiste pour l’agence Associated Press (AP) et parce que je parlais anglais.

J’ai été envoyé au commandement de la KFOR à Pristina. Initialement, il avait été prévu que je sois nommé porte-parole de presse, mais  cette position a été prise par mon commandant allemand, le colonel Horst Pieper et on m’a finalement délégué la responsabilité de la construction du site web officiel de la KFOR et du service de nouvelles en ligne.

Mon travail consistait principalement à défendre les positions de la KFOR et l’OTAN dans l’opinion publique et à répondre aux questions des journalistes .

Le service de nouvelles en ligne que j’ai lancé a été un  succès et a donné un visage différent à la KFOR, parce que beaucoup de choses pouvaient être représentés efficacement avec un impact public avec le site Web. Le premier message que nous avons publié était celui d’une attaque contre un bus serbe qui était en route entre la ville divisée de Mitrovica, au nord du Kosovo, et Pec, à l’ouest, et qui a été attaqué par des extrémistes albanais dans une embuscade avec des grenades propulsées par des roquettes . L’escorte française avait alors été incapable de prévenir l’attaque et ne pouvait pas suivre les criminels albanais, parce qu’ils étaient couverts par des champ de mines. Quand j’ai fini mon service en juillet 2000, nous avons compté, sur kforonline.com, 130 000 visites tous les jours.

Il était naturellement assez clair que je ne pouvais pas me comporter ici comme un journaliste indépendant, que je ne pouvais pas développer ma propre opinion. Cela a  eu pour conséquence de m’empêcher la critique nécessaire à évaluer l’activité de ma propre organisation. À cette époque, j’ai donc défendu le bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN, et j’ai attribué le blâme exclusif  à Slobodan Milošević. Quand je repense aujourd’hui aux déclarations que j’ai faites comme officier de presse, elles me semblent avoir été trop optimistes mais c’était juste mon travail de présenter tous les événements dans une lumière aussi favorable que possible.

Aujourd’hui, je souhaiterais n’avoir pas été aussi naïf et optimiste pour croire en la possibilité d’une société multi-ethnique au Kosovo.

• Quelles ont été les erreurs de la KFOR?

De mon point de vue, nous avons commis deux erreurs majeures dans la KFOR :

1) Nous aurions dû appliquer la loi martiale dès le premier jour où nous sommes arrivés au Kosovo, c’est à dire à partir de 12 juin 1999. Là, il n’y aurait pas eu de discussion possible à propos de notre responsabilité. Quiconque se serait montré dans la région après la nuit  aurait été arrêté et enfermé dans un camp avec des barbelés pour une ou deux semaines, indépendamment du fait qu’il soit serbe, albanais, ou autre. Cependant, nous étions beaucoup trop soucieux de jouer le rôle de libérateurs envers les Albanais.

2) Nous avons été trop laxistes avec la soi-disant Armée de libération du Kosovo (UÇK) qui  s’est intégrée en août 1999, initialement dans le Corps de protection du Kosovo, puis dans la Police du Kosovo (Kosovo Police Service, KPS). Des éléments criminels de l’UÇK ont donc acquis une légitimité au sein des institutions officielles du Kosovo. Le gouvernement serbe a très bien enregistré ces faits dans son Livre blanc sur la criminalité organisée et le terrorisme au Kosovo-Metohija. Parmi les officiers KFOR il y en avait beaucoup qui étaient opposés à ce développement, mais nous lui avons finalement donné libre cours pour protéger nos propres forces de l’attaque par des extrémistes albanais.

• Quel est le Livre blanc serbe sur le terrorisme et le crime organisé au Kosovo, que vous publiez sur votre site Web?

Ce Livre blanc a été initialement publié en Septembre 2003 par le gouvernement serbe. Le document est très complet, et aussi loin que je puisse dire, l’information est factuelle, même si bien sûr seul le point de vue serbe est présentée.

J’ai publié ce document pour la première fois en 2005, quand il y avait très peu d’informations concrètes sur le Kosovo y compris dans les milieux du renseignement occidental, alors que les forces de sécurité serbes possédaient naturellement une très longue et bonne expérience dans la région.

Il faut accepter le document pour ce qu’il est : une information très unilatérale. On ne peut pas l’utiliser pour une légitimation de la politique serbe contre les Albanais kosovars dans les années 90 et les crimes commis à cette époque. Le document y décrit toutes les activités de la soi-disant Armée de libération du Kosovo (UÇK) comme relevant du terrorisme, bien qu’il ai eu, pendant ce conflit, des activités terroristes émanant de toutes les parties impliquées. Il n’y a donc aucune excuse pour l’ancien dirigeant serbe Slobodan Milošević et sa tentative en 1999 de faire un nettoyage ethnique parmi la population albanaise du Kosovo.

Je ne pense pas que l’on puisse regarder l’UÇK comme un mouvement de libération, même si peut-être certaines de leurs activités peuvent être interprétées comme une lutte de libération contre un régime serbe d’oppression. Le Livre Blanc serbe a démontré très bien que derrière l’UÇK se trouvaient des intentions clairement criminelles, avec des liens vers le haut de la politique kosovo-albanaise et les institutions officielles d’aujourd’hui telles que le Corps de protection du Kosovo et la Police du Kosovo. Le crime organisé est l’un des plus grands problèmes au Kosovo et le restera à l’avenir.

Il ne faut pas négliger que le Livre Blanc serbe est obsolète d’une certaine façon, et qu’à ce jour, beaucoup de matériaux nouveaux et intéressants ont été dévoilés comme les études de Dick Marty sur le trafic d’organes humains au Kosovo. Il a travaillé en étroite collaboration avec les agences de renseignement occidentales et a des informations très récentes. Je recommande la lecture de cet entretien avec Dick Marty, Witness Safety Could Hamper Kosovo Organ Trafficking Investigation (“Les services de protection des témoins sont susceptibles d’affecter l’enquête sur le trafic d’organes au Kosovo”).

• Quelles sont les conséquences à long terme de la reconnaissance du Kosovo comme un Etat indépendant (2008)?

Le dernier chapitre de ce drame se déroulera en Bosnie-Herzégovine, et ce chapitre n’est pas encore écrit. L’indépendance du Kosovo n’était certainement pas une bonne chose pour la stabilité dans les Balkans, et je pense qu’une des conséquences principales sera la croissance des mouvements séparatistes dans tout le monde.

• Avez vous eu écho des  derniers convois d’aide humanitaire envoyés par la Russie et par l’ONG française “Solidarité Kosovo”?

Je suis impressionné de voir que il y a des gens en dehors de la Serbie qui veulent aider la minorité serbe du Kosovo. Il me semble que la tâche la plus importante est de trouver une solution supportable pour les deux-tiers des Serbes qui vivent au sud du fleuve Ibar. Cette région est de facto sous le contrôle du gouvernement de Pristina, ce qui signifie que les convois humanitaires doivent mener systématiquement des pourparlers avec les autorités locales afin d’être en mesure d’entrer dans cette région, indépendamment de la position qu l’on prend sur la question de l’indépendance du Kosovo.

• De nombreux partis identitaires européens soutiennent la Serbie . Êtes vous surpris par l’ampleur de ce soutien ?

Mon impression est que de nombreux européens, comme beaucoup de Serbes, sont sceptiques quant aux institutions européennes, qui apportent, à leurs yeux, une restriction de l’autodétermination nationale. Il est évident que la Serbie se trouve mise sous pression par l’UE sur la question du Kosovo, bien que cette dernière ne puisse pas demander officiellement une reconnaissance formelle d’un Kosovo indépendant, car cinq Etats membres de l’UE n’ont pas encore reconnu le Kosovo.

Si le peuple serbe veut que la Serbie adhère à l’UE, alors ce doit être après un débat libre et démocratique sur les avantages et les inconvénients d’une adhésion à l’UE, mais pas par une décision des politiciens serbes. Il doit s’agir d’un référendum. En Croatie, par exemple, il n’y a pas eu de débat sur les avantages et les inconvénients de l’adhésion à l’UE et je crains donc que le peuple croate n’ai pas pleinement conscience des conséquences de l’adhésion à l’UE. Au printemps, il y aura des élections parlementaires en Serbie et il sera intéressant de voir quel rôle jouent les perspectives européennes dans cette élection. Je ne pense pas qu’on donnera à la Serbie le statut de pays candidat à l’UE en 2012 ce qui augmentera le scepticisme des serbes sur la question.  Je crois que sur ces questions, le peuple serbe et les partis identitaires européens ont beaucoup de positions communes.

Convoi de Noël Solidarité Kosovo 2011 : dernière ligne droite avant le départ

Solidarite Kosovo : Mission humanitaire de Juillet 2011

[box] L’association Solidarité Kosovo nous communique [/box]

Amorcée depuis le mois de septembre, la préparation du convoi de Noël entame sa dernière ligne droite. A quelques jours de son départ, l’équipe de Solidarité Kosovo s’affaire aux derniers préparatifs.

L’ordre du jour est chargé : cartons, palettes, liste de colisage,  vérifications des passeports, des autorisations, confirmations des réservations, des itinéraires, du dispositif d’accueil… Tout doit être fin prêt et en bon ordre de marche avant le départ, les nuits s’annoncent courtes !

Ce matin à l’aube, c’est dans l’entrepôt lyonnais de Solidarité Kosovo que les membres du convoi se sont donné rendez-vous. Autour de l’équipe, une mine de générosité : jouets, vêtements, matériel,… récoltés et acheminés depuis le mois de septembre des quatre coins de la France.

Avant-hier encore, sur le Quai François Mauriac, les bénévoles franciliens organisaient la dernière récolte de jouets. Fraîchement arrivés à l’entrepôt, poupées et pulls s’ajoutent aux 40 m3 de matériel à mettre en carton avant le départ : le cœur est à l’ouvrage !

Au fur et à mesure que les cartons s’empilent, la route vers les Serbes du Kosovo se dessine dans les esprits des bénévoles. L’émotion palpable décuple les forces de la chaîne d’union franco-serbe impatiente de franchir les premiers péages.

La veille des départs se vit toujours avec intensité. Pour partager ensemble cette dernière ligne droite et nous soutenir avant le départ, vous pouvez nous faire parvenir un don de dernière minute qui servira au financement de ce convoi de Noël. Envoyez vos dons à Solidarité Kosovo – BP 1777 – 38 220 Vizille (chèques à l’ordre de Solidarité Kosovo) ou par Paypal : cliquez ici

Merci par avance, au nom des Serbes et des minorités du Kosovo et de la Métochie.

L’équipe de Solidarité Kosovo

Entretien avec Konstantin Dobrilović, membre du FPÖ et engagé pour le Kosovo-Serbe

Entretien avec Konstantin Dobrilović, membre du FPÖ et engagé pour le Kosovo-Serbe

– Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Mon nom est Konstantin Dobrilović, je suis né en 1984 à Münster en Westphalie (Allemagne), mes parents sont originaires de la Republika Srpska (Serbie). Je suis un théologien.

– Quel est votre rôle dans le FPÖ et pourquoi le FPÖ est-il engagé pour la Serbie et pour les Serbes du Kosovo ?

Depuis 2010, je suis le président de la plate-forme chrétienne libertaire*. Celle-ci unit les chrétiens de toute dénomination dans l’Est et le Sud-Est de l’Europe ainsi que les chrétiens orientaux, dont le statut est plus difficile, surtout après le “printemps arabe”. La plate-forme chrétienne libertaire organise également des événements, le prochain étant le 23 Janvier à Vienne, avec l’organisation d’une conférence sur le Kosovo à laquelle participeront le leader du FPÖ Heinz-Christian Strache, mais aussi l’ex-officier norvégien de la KFOR Kristian Kahrs qui était auparavant en poste au Kosovo.

Le FPÖ est engagé non seulement pour les Serbes, mais pour tous les peuples à qui une injustice est faite. Cela est particulièrement vrai pour les Serbes au Kosovo. Le chef du FPÖ Heinz-Christian Strache a toujours été au premier plan dans l’enquête. Récemment, il a critiqué le traitement de la Serbie concernant son statut d’adhésion à l’UE, ainsi que le traitement dédaigneux du convoi d’aide russe (NDLR: un convoi humanitaire russe à destination du Kosovo avait été bloqué la semaine dernière par la force européenne avant d’être finalement autorisé après que Moscou ait tapé du poing sur la table). D’autres responsables du FPÖ, comme l’eurodéputé Andreas Mölzer ou le porte-parole de politique étrangère et membre du Conseil national autrichien Dr. Johannes Hübner sont également intervenus pour le Kosovo Serbe à de nombreuses reprises

– Vous venez de rentrer de Serbie, quelle est la situation là-bas à l’heure actuelle ? Quelle est la position des Serbes du Kosovo? Des nouvelles persécutions ont elles été constatées sur place ?

La situation actuelle en Serbie est dramatique, car pour le gouvernement actuel de la Serbie les intérêts de l’UE sont plus importants que ceux des Serbes. La Serbie est une partie de l’Europe, mais l’Europe est plus que l’Union européenne. La situation des Serbes au Kosovo est extrêmement déprimante. Les persécutions ont lieu de façon ininterrompue de la part des musulmans. Depuis 1999, les Serbes comptent 1002 morts dans des attaques sous les yeux de la communauté internationale. À ce jour, aucun des assassins n’a été traduit en justice.

La population serbe qui reste au Kosovo est menacée chaque jour par des populations qui souhaiteraient les voir quitter le berceau de la Serbie. Dans la vie quotidienne, les citoyens serbes sont discriminés et provoqués. Pour les gens dans les enclaves, c’est pire, ils sont pratiquement coupés du reste du monde et ont peu de liberté de mouvement. Il arrive également que des moines et des nonnes orthodoxes soient kidnappés ou lapidés dans la rue. Les enfants serbes ne peuvent pas aller à l’école non accompagnés, parce que ce serait trop dangereux. Le KPS (Kosovo Police Service) parle des délinquants comme étant des cas isolés ou des personnes souffrant de troubles mentaux et rien n’est donc fait pour améliorer la situation.

Enfin, le gouvernement albanais du Kosovo fait tout pour supprimer toute trace d’histoire serbe du Kosovo (des monastères orthodoxes sont détruits et remplacés) et un véritable travail de propagande est effectué, notamment afin de convaincre l’opinion internationale et les habitants que le Kosovo serait en fait une ancienne propriété de l’Albanie et non pas le berceau de la Serbie.

Pour les Albanais il est également important que le nom “Metohija” n’apparaissent plus car ce mot** indique que 70% du pays appartient à l’Eglise orthodoxe serbe.

 – Comment avez vous réagi, aux côtés du peuple Serbe concernant l’incident de la semaine dernière avec le convoi d’aide russe bloqué par l’EULEX ?

Cet incident a clairement démontré que la mal nommée Force de secours international (European Union Rule of Law Mission in Kosovo, EULEX) ne soutient en réalité que le gouvernement albanais du Kosovo. Les gens en Serbie sont reconnaissants que le Gouvernement de la Fédération de Russie ait envoyé des secours au Kosovo et ce n’est d’ailleurs pas la première fois. Pendant la guerre des Balkans dans les années quatre-vingt-dix, les Serbes avaient déjà reçu de l’aide de la Russie, la solidarité orthodoxe étant très forte. Personnellement, je suis également très reconnaissant envers le peuple russe qui est un véritable ami et un grand allié des Serbes.

– La Russie pourrait-elle faire plus de pression sur le plan international pour améliorer la situation des Serbes au Kosovo? Est-ce que c’est possible ?

Il serait bon que la Russie le fasse, mais il y a malheureusement en Europe de l’Ouest trop de sentiment “anti-russe” prôné notamment par les gouvernements pour qu’une vraie coopération et une vraie écoute à l’égard des russes soit mise en place. Si la Russie était écoutée, le Kosovo n’aurait bien évidemment pas été reconnu par plusieurs pays européens, dont la France.

– Comment voyez-vous l’actuelle situation UE-Serbie et Russie-Serbie ?

Depuis le 9 décembre 2011 les relations avec l’UE sont à nouveau refroidies puisque la Serbie n’a pas reçu le statut de pays candidat alors qu’elle remplit toutes les conditions de Bruxelles. Mais apparemment, cela ne suffit pas pour l’UE : l’UE veut la reconnaissance du Kosovo par Belgrade, alors que la moitié des pays de l’UE ne reconnaissent pas cet Etat tout comme la moitié des pays de l’OTAN. Les relations entre la Russie et la Serbie ont toujours été et sont toujours très bonnes bien que le gouvernement actuel soit pro-UE et ait ignoré la Russie à plusieurs reprises. Cependant, les Serbes veulent également garder de bonnes relations avec les autres états, comme les États-Unis, ou d’autres pays extra-européens.

__________

*) “Libertaire” peut avoir quelques connotations en français que le mot allemand “freiheitlich” n’a pas. En allemand ce mot signifie “d’un esprit libre”, ou “épris de liberté” ; le terme désigne un mouvement politique principalement (mais pas seulement) en Autriche, qui est aussi appelé le “troisième camp” (c’est à dire ni socialiste, ni conservateur), typiquement représentée par le Parti de la Liberté d’Autriche (FPÖ).

**) les Albanais parlent du “Kosovo”, les Serbes du “Kosovo et Metohija” … “Metohija” = “La Métochie” (en serbe метохија, du grec μετοχή, “communauté”), http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tochie

 

 

Mölzer : l’UE n’a pas le droit d’imposer de nouveaux obstacles à la Serbie

FPÖ Mölzer : l'UE n'a pas le droit d'imposer de nouveaux obstacles à la Serbie

08/11/2011 – 12h30
VIENNE (NOVOpress via OTS) —
 Andreas Mölzer, député européen autrichien et membre du FPÖ, a déclaré en préambule au prochain sommet des états membres et des chefs de gouvernements de l’UE qui doit décider si l’on accordera le statut de candidat à la Serbie, que ni l’UE, ni ses états pris isolément, n’ont le droit d’exercer des pressions sur Belgrade ou de reconnaître le Kosovo. « Il est insupportable que les Kosovars soient mis sous protection, alors que l’on traîne les Serbes dans la boue », a critiqué Mölzer.

Il a clairement refusé la proposition faite par le Ministre fédéral des Affaires européennes et internationales Michael Spindelegger, qui ne voulait pour le moment accorder aux Serbes qu’un statut « à l’essai ». Mölzer a rajouté: « Belgrade a fait ses devoirs et collabore avec le tribunal international de La Haye, et c’est pourquoi il n’y a aucune raison de lui imposer de nouveaux obstacles. Car en ce qui concerne la recrudescence de tensions dans le nord du Kosovo peuplé de Serbes, ce n’est pas Belgrade qui est en cause, mais la soi-disant alliance internationale qui refuse d’accorder aux serbes du Kosovo les droits élémentaires dus à une minorité. »

Allant crescendo dans le “politiquement incorrect”, Andreas Mölzer a souligné que la Serbie faisait partie historiquement et culturellement de l’Europe, et qu’elle devait donc trouver sa place dans l’Union dès qu’elle aurait rempli les critères d’adhésion. Et de conclure : « dans ce contexte, il est incompréhensible que Bruxelles fasse preuve de tant de sévérité en ce qui concerne la Serbie, alors que la Turquie qui n’est pas européenne semble jouir de toutes les libertés ».

Bruits de botte au Kosovo

Bruits de botte au Kosovo

25/11/2011 – 08h30
PRISTINA (via le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) –
La situation semble se tendre au Kosovo. Il faut peut être y voir un rapprochement entre la Serbie et la Russie, donnant plus de poids géopolitique au gouvernement serbe pour ne pas lâcher le territoire historique de son peuple.

Hier, le ministre serbe de l’Intérieur, Ivica Dacic, a déclaré qu’une attaque contre les Serbes du Kosovo équivaudrait à une attaque contre Belgrade. Avant d’ajouter : « La Serbie ne restera pas les bras croisés ». Cette déclaration était adressée clairement au Premier ministre kosovar, Hashim Thaçi.

La situation à la frontière administrative entre la Serbie et le Kosovo s’est aggravée en septembre 2011, suite à la prise de contrôle par les Kosovars albanais de plusieurs postes douaniers situés dans les régions peuplées de Serbes. Les Kosovars musulmans sont aidés dans cette mission par la Mission policière de l’UE (Eulex) et la Force internationale de sécurité (Kfor) placée sous le commandement de l’Otan.

[box class =”info”]Crédit photo : capture d’écran d’une vidéo montrant les affrontements de juillet 2011.[/box]

Serbes du Kosovo : Moscou étudie les demandes de citoyenneté

Serbes du Kosovo : Moscou étudie les demandes de citoyenneté

18/11/2011 – 15h10
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinfo) — La Russie étudie les demandes de citoyenneté déposées par plus de 20 000 Serbes du Kosovo a déclaré hier à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Ces demandes font suite aux dépôts d’octroi de la nationalité russe auprès de l’ambassade russe à Belgrade par plus de 20 000 Serbes du Kosovo. Les Serbes veulent ainsi protester contre l’incapacité des autorités de Belgrade à les protéger contre les persécutions perpétrées par les Albanais et par les missions occidentales déployées dans la région.

Pour le ministre, « les Serbes se trouvent dans une situation désastreuse, ils se sentent dans l’impasse, parce qu’on les oblige à se soumettre au diktat de Pristina et à renoncer à disposer d’eux mêmes en dépit de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU ».

La situation à la frontière administrative entre la Serbie et Kosovo s’est aggravée en septembre 2011 suite à la prise de contrôle par les Kosovars albanais de plusieurs postes douaniers situés dans les régions peuplées de Serbes.

[box class=info]Dépêche publiée en partenariat avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie.[/box]
Crédits photo : Acid Zebra via Flickr (cc)

Kosovo, Loups dans la brume – De Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano

Kosovo, Loups dans la brume - De Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano

Kosovo, Loups dans la brume - De Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano

En 2010 sortait l’ouvrage “Lupi nella nebbia. Kosovo: l’Onu ostaggio di mafie e Usa” (Loups dans la brume. Kosovo : l’ONU otage de maffias et USA), un excellent ouvrage de deux grands journalistes italiens. On y suit les traces des deux reporters au Kosovo, qui grâce à leur expérience sur place, mais surtout à l’analyse de documents officiels (reproduits dans le livre ) en arrivent à une thèse sans appel : le Kosovo est volontairement laissé dans le chaos, car cette déstabilisation lui permet d’être « un des foyers les plus importants pour le trafic d’armes, de drogue, d’organes d’êtres humains ».

Pour Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano, les auteurs de ces trafics en tous genres ne sont autres que… les plus hautes personnalités politiques actuelles du Kosovo. Preuves à l’appui, les journalistes retracent les méfaits de ces anciens membres de l’UCK, l’organisation terroriste narcotrafiquante qui grâce à la guerre des Nations Unies et son administration a mis les mains sur le pays.

Parlementaires, ministres, maires, ont les mains recouvertes du sang de civils serbes, albanais pacifistes, mais aussi témoins gênants. Ils ont participé physiquement à tortures, assassinats, ou encore exportations d’organes d’êtres humains, cela pendant des années d’administration internationale et jouissant ainsi d’une impunité totale.

«Vous voulez savoir pourquoi ni l’ONU ni l’Union Européenne ne peuvent arrêter les vrais criminels au Kosovo ? La réponse est très simple : car ils devraient envoyer en prison tous les principaux leaders kosovars, les ex-guerriers de l’UCK auxquels l’ONU elle-même a confié de gouverner le pays. Ils ne peuvent pas arrêter leurs “partners”… »

La présence internationale et la déclaration d’indépendance n’ont pas amené bonheur et prospérité, mais misère et criminalité. Dont les premiers à faire les frais sont les serbes enfermés dans leurs enclaves.

Une seule petite remontrance cependant à faire au livre : l’emploi du terme « kosovars» pour identifier les albanais résidents au Kosovo. Bien qu’utilisé sans arrière-pensées par les auteurs, rappelons que ce fut une « tactique sémantique » pour justifier l’indépendance, faisant passer les albanais pour les habitants légitimes de la région, au grand dam des serbes.

Audrey d’Aguanno

La Serbie doit accepter la submersion migratoire, pour entrer dans l’Union Européenne

Pour entrer dans l'Union Européenne, la Serbie doit accepter la submersion migratoire

13/11/11 – 19h00
BELGRADE (NOVOpress) –
La Serbie subit depuis deux ans une submersion migratoire sans précédent. Le nombre de demandeurs d’asile a été multiplié par 35 depuis 2008 et compte désormais 2 700 demandeurs d’asile (selon le ministère de l’Intérieur, en 2008, ils étaient 77, en 2009, 275, en 2010, 522 ) ! Evidemment les deux seuls centres d’accueil des réfugiés sont débordés face à cet afflux massif d’immigrés en provenance d’Afghanistan, du Pakistan ou d’Afrique. D’ailleurs, un rassemblement a été organisé à proximité de l’un des centres d’accueil, dimanche dernier, réunissant environ 2.000 personnes à Banja Koviljača afin de protester contre cet afflux sans précédent de demandeurs d’asile et de réfugiés clandestins (vidéo ci-dessous). Car depuis plusieurs semaines les habitants de cette paisible ville ont peur, le 27 octobre dernier, une ressortissante britannique, de passage en Serbie, a porté plainte après avoir été victime d’un viol collectif de la part de cinq afghans. Un seul de ces agresseurs présumés, un Afghan de 25 ans a été arrêté et identifié. Les 4 autres sont pour l’instant recherchés.

Selon Miroslava Jelačić, de l’ONG Grupa 484, rapporté par le Courrier des Balkans, “les immigrés clandestins venus d’Afghanistan ou du Pakistan passent par la Turquie, la Grèce et la Macédoine. Leur voyage est organisé par des mafias régionales qui travaillent à la manière d’une chaîne, d’un pays à l’autre. Certains ne font que transiter par la Serbie, espérant rejoindre la zone Schengen, d’autres souhaitent s’y installer. Peu importe la manière dont ils sont entrés dans le pays. Ce qui compte, une fois sur le territoire, c’est de régulariser leur situation”.

Face au mécontentement de la population serbe, le gouvernement n’a aucune envie de réagir, bien au contraire. Afin de complaire à l’Union Européenne, l’adjointe du Défenseur des citoyens, Tamara Lukšić Orlandić a annoncé que la Serbie devait être prête à accueillir un nombre accru de demandeurs dans les mois qui suivent. « En tant que pays qui prétend obtenir l’adhésion à l’Union européenne, nous devons respecter les standards européens et assurer les conditions de logement pour les demandeurs d’asile, en consacrant une attention toute particulière aux mineurs. »