[Tribune libre ] Le 6 mai je prendrai de l’altitude ! Par Jean-Yves Le Gallou

[Tribune libre ] Le 6 mai je prendrai de l'altitude ! Par Jean-Yves Le Gallou

[box class=”warning”]Tribune publiée avec l’aimable autorisation du site Polémia[/box]

Le rôle de Polémia n’est pas de donner des consignes de vote mais d’apporter des éclairages. Voici une analyse de Jean-Yves Le Gallou légitimant l’abstention le 6 mai prochain. Pour lui, au-delà d’une scénarisation artificielle, il n’y a guère de différences sur l’essentiel entre Hollande et Sarkozy. Il ne s’agit pas pour les électeurs de choisir une politique mais d’apporter une légitimité démocratique à l’un des candidats préalablement sélectionnés par l’oligarchie mondiale et les médias. Nous publierons prochainement un point de vue différent de Philippe Christèle prenant, lui, position en faveur du président sortant. A nos lecteurs de décider !

Le 6 mai le spectacle présidentiel prendra fin.

Enfin ! Après six mois de simulacre démocratique, de tyrannie médiatique et de scénarisation théâtrale.

Avec son vrai-faux duel annoncé à l’avance, en forme de prophétie auto-réalisatrice, par les vrais maîtres : les médias et les agences de communication.

Avec la promotion d’un histrion révolutionnaire de carton-pâte et son vrai-faux suspense autour du « troisième homme ». Un vrai-faux suspense permettant de protéger les deux grands duellistes du Système. Et surtout d’empêcher une femme de devenir le deuxième homme !

Avec des médias accordant les deux tiers de leur temps de parole, jusque fin mars, à deux candidats et à deux seuls, au nom de… « l’équité » ; avant de réduire à presque rien les émissions politiques, pendant la campagne officielle, pour contourner la règle d’égalité.

Avec des « petits candidats » volés de leur campagne et scandaleusement traités par les grands seigneurs des médias au mépris aussi extravagant que leurs salaires.

Avec les deux favoris trahissant leurs promesses électorales… avant même l’élection : avec François Hollande annonçant une accélération du retrait des troupes françaises d’Afghanistan et envoyant immédiatement un émissaire à Obama pour apaiser ses inquiétudes ; ou le même Hollande dénonçant la finance à Paris avant d’aller rassurer la City à Londres ; avec Nicolas Sarkozy fustigeant urbi et orbi le halal avant d’expliquer en catimini aux autorités musulmanes et juives qu’il s’opposerait à tout étiquetage de l’abattage rituel !

De qui se moque-t-on ? De l’électeur pardi !

L’électeur n’est pas là pour choisir le président de la République. Il a simplement pour rôle d’apporter une légitimité démocratique à un candidat jugé acceptable par la superclasse mondiale pour représenter ses intérêts en France.

Il y avait de vrais choix au premier tour. Il n’y en a plus au second tour.

Nicolas Sarkozy et François Hollande sont d’accord sur l’essentiel : sur les règles bureaucratiques de l’Europe de Bruxelles, sur la soumission des lois françaises aux juges des Cours européennes de Strasbourg et de Luxembourg, sur l’intégration militaire à l’OTAN, sur l’acceptation des règles du libre-échangisme mondial voulu par l’OMC, sur l’abandon de la souveraineté monétaire à la Banque centrale européenne. Sur tout cela, Hollande ou Sarkozy, quelle marge de manœuvre ? A part les coups de gueule de l’un et les postures de l’autre, quelle différence ?

En politique intérieure, Sarkozy et Hollande sont aussi interchangeables aux yeux des grands lobbies financiers ou communautaires : lors de son dîner annuel, tenu en présence des 1000 plus grands oligarques français, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a fait de Sarkozy son invité d’honneur… tout en se préparant à accueillir Hollande l’année prochaine. Où serait le changement ? La présidente du MEDEF a, elle, fait un pas de deux : au final, Hollande lui paraît aussi patrono-compatible que Sarkozy. Et le lobby homosexualiste s’est vu promettre le mariage gay par Hollande dès 2013, pendant que Sarkozy lui demandait simplement d’être un peu plus patient… bref, d’attendre 2014. Quant à l’enseignement de la théorie du genre à l’école, rien à craindre de Hollande : Sarkozy l’a déjà mis en œuvre !

On me dit aussi que Hollande voudrait donner le droit de vote (aux élections locales) aux étrangers. Mais, sans l’intervention du Raid, le tueur islamiste Mohamed Merah aurait déjà pu voter à l’élection présidentielle puisqu’il était « français » : non par la culture, non par la civilisation, non par le sentiment, mais par les lois acceptées ou votées par Sarkozy !

Des docteurs de la foi et des adeptes du « vote utile » nous disent qu’il faudrait choisir le « mal » pour éviter le « pire » ! Cela, la « majorité silencieuse » le fait docilement depuis trente ans, avec le succès que l’on sait ! Et le mal devient le pire. Car si le mieux est l’ennemi du bien, le mal est l’ami du pire.

Le 6 mai prochain, « faire son devoir électoral » reviendrait donc pour moi à cautionner une tromperie.

En m’abstenant, je refuse d’apporter la légitimité de mon vote à des candidats dont les priorités réelles sont nuisibles aux intérêts du peuple français, à sa substance, à son identité et à sa dignité.

C’est pourquoi, dimanche 6 mai, je prendrai de l’altitude et j’irai méditer sur les cimes.

Par pitié, par de « remake » de 1981 ! Par « Minute »

Par pitié, par de « remake » de 1981 ! Par « Minute »

[box class=”info”] L’éditorial de l’hebdomadaire Minute de ce mercredi 25 avril fait un plaidoyer vibrant mais circonstancié pour le vote Sarkozy au deuxième tour des élections présidentielles.

Cet éditorial rappelle tout d’abord les circonstances de l’élection de François Mitterrand en 1981. Puis développe les raisons que voit son auteur pour que les électeurs de Marine Le Pen au premier tour, évitent en 2012 l’élection de François Hollande, en votant Nicolas Sarkozy au deuxième tour. [/box]

Dimanche 10 mai 1981, 20 heures. Sur les écrans de télévision, un portrait pixellisé se met à apparaître, en commençant par le crâne. Il y a quelques instants de doute puis, hélas, il n’y en a plus. François Mitterrand est élu président de la République. Avec 51,76 % des voix contre 48,24 % à Valéry Giscard d’Estaing, soit 1 065 956 voix d’avance. On décompte aussi 898 984 bulletins blancs et nuls… Merci qui ? Merci Chirac, qui, ayant obtenu 18 % des voix au premier tour, avait ordonné en coulisses, via les réseaux de Charles Pasqua, de faire la peau de Giscard, président sortant, soit en votant blanc, soit, carrément, en votant pour François Mitterrand. Ce dernier confiera à Valéry Giscard d’Estaing quelques semaines avant sa mort : « Vous étiez imbattable. […] Et je n’ai été élu que grâce aux 550 000 voix que m’a apportées Jacques Chirac au deuxième tour. Vous n’avez qu’à regarder les chiffres. Sans ces 550 000 voix qui ont changé de camp, je ne pouvais pas être élu. »

Le but de Jacques Chirac : faire place nette à droite pour reconfigurer celle-ci autour de lui et de son parti, le RPR, et lui permettre d’accéder à la présidence de la République. « Ni M. Giscard d’Estaing ni M. Mitterrand ne veulent changer la société », argumente alors, devant le comité central du RPR le directeur adjoint de la campagne présidentielle de Chirac, un trentenaire ambitieux nommé… Alain Juppé. Lamentable manœuvre. Minable manœuvre politicienne, accomplie sans aucun égard pour l’intérêt national et pour celui des Français, et qui va plonger la France dans quatorze années de « socialo-communisme » comme on disait à l’époque en une formule qui redevient cruellement d’actualité. Quatorze années de socialisme qui ne furent pas même atténuées par les deux cohabitations, tant la Constitution de la Ve République est ordonnée autour du bon plaisir du chef de l’Etat.

 

Que ceux qui avaient 13 ans en 1981 écoutent

Trois décennies plus tard, la tentation ressurgit de faire vivre à la France le « remake » de 1981. Pour les mêmes raisons. Sous les mêmes prétextes. Avec la même inconséquence. En pire. Au moins, le 11 mai 1981, Jacques Chirac avait-il déclaré : « Chacun devra voter selon sa conscience. A titre personnel, je ne puis que voter pour M. Giscard d’Estaing. » La formule était assassine mais il avait fait le « service minimum ». Cette fois, rien de tel. Pour le moment. Et les porte-flingues se sont fait plaisir. L’un, directeur de la campagne du candidat qui a obtenu aussi 18 % (17,90 % pour être précis), affirme sur RMC qu’il votera blanc. L’autre, directeur « stratégique » de la même campagne, va sur Canal + asséner qu’il va « peut-être voter blanc ou revoter Marine Le Pen ». A moins que ce ne soit Charles Martel, Louis XX ou, tant qu’on y est, Jules Ferry ?

« L’expérience est une lanterne sourde qui n’éclaire que celui qui la porte », dit-on en une formule attribuée tantôt à Confucius, tantôt à Louis-Ferdinand Céline. Manifestement, il y a du vrai. Ceux qui avaient 12 ou 13 ans en 1981 – ou n’étaient même pas nés – croient que la gauche et la droite, c’est pareil, et que dès les prochaines législatives, par une levée en masse des électeurs contre la politique de la gauche – tiens ! ce n’est donc pas pareil, finalement ? –, ils vont rafler la mise. Foutaises. Non seulement ils ne vont rien rafler du tout, au contraire de 1986, en raison de la proximité du scrutin législatif avec la présidentielle et de leur refus de tout accord électoral, mais, François Hollande emportant l’Elysée, la gauche encore une fois socialo-communiste disposerait d’absolument tous les pouvoirs.

Le 1er octobre 2011, la gauche a pris possession du Sénat. Il ne s’était écoulé que deux mois quand, le jeudi 8 décembre 2011, par 173 voix contre 166, le Sénat rose-rouge-vert a adopté une proposition de loi constitutionnelle visant à ouvrir aux étrangers non citoyens de l’Union européenne qui résident depuis plus de cinq ans en France la possibilité de voter et d’être élus aux élections municipales… Si le texte, présenté par le groupe Socialistes et apparentés et le groupe Europe Ecologie-Les Verts n’est pas allé plus loin, c’est uniquement parce que la droite était encore majoritaire à l’Assemblée nationale… Ce même texte avait été en effet adopté par l’Assemblée nationale le 20 octobre 1999 alors que la gauche y avait la majorité et que Lionel Jospin était à Matignon. Heureusement, une loi constitutionnelle ne peut être adoptée que par les trois cinquièmes des parlementaires réunis en congrès.

 

L’intérêt national passe avant tout

Hollande élu, il aura cette majorité – que François Mitterrand n’a jamais eue ! – dès le mois de juin. Ainsi que la mainmise sur la totalité des conseils régionaux de métropole, à l’exception de l’Alsace. Ainsi que sur soixante conseils généraux. Ainsi que sur vingt-cinq des trente-sept villes de plus de 100 000 habitants, en des majorités qui, hormis de rares exceptions, réunissent les socialistes, les communistes, les mélenchoniens, les écolos, les trotskistes et on en passe, ce qui relativise infiniment les appels de Jean-Luc Mélenchon et d’Eva Joly à voter pour François Hollande « sans contrepartie », d’autant que celles-ci sont déjà actées par des accords pour les élections législatives et pour les élections locales de 2014 ! Sans oublier, bien sûr, qu’il pourra s’appuyer sur l’écrasante majorité des médias.

Maire d’Orange (Vaucluse), Jacques Bompard, ancien du FN et authentique homme de droite depuis sa jeunesse dans les rangs du mouvement Occident puis aux comités Tixier-Vignancour, sait ce que l’emprise de la gauche sur un pays signifie. « Face au candidat de l’assistanat, de la fiscalité délirante qui frappera autant les travailleurs que les entreprises, du droit de vote pour les étrangers et de l’incitation à l’immigration massive, pas une voix ne doit manquer le 6 mai » à Nicolas Sarkozy a-t-il fait savoir, dès lundi matin, par communiqué. Un appel d’autant plus méritoire que, aux prochaines législatives, il aura face à lui un candidat de l’UMP. Mais cette période cruciale pour l’avenir de la France, Jacques Bompard a su tout de suite définir les priorités : l’intérêt national passe avant tout.

Puisse-t-il être entendu et son appel libérer la parole de ceux qui, ayant œuvré pour le succès de Marine Le Pen, savent très bien que la droite sarkozyste et la gauche rose-rouge-verte, quels que soient les nombreux reproches que l’on puisse faire à la première, ce n’est vraiment pas la même chose.

[box class=”info”] Éditorial de l’hebdomadaire “Minute” du 25 avril 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Photo en Une : François Mitterrand lors d’un meeting en 1981. Crédit photo : Jacques PAILLETTE via Wikipédia, licence CC.

Par pitié, par de « remake » de 1981 ! Par « Minute »

Guillaume Peltier au service de Sarkozy ou comment siphonner les voix populistes

Guillaume Peltier au service de Sarkozy ou comment siphonner les voix populistes

24/04/2012 – 08h00
PARIS (NOVOpress) –
Selon Guillaume Peltier, l’un des secrétaires nationaux de l’UMP, « la France n’a jamais été à ce point sur les thématiques que nous développons : protection, patriotisme économique, besoin d’autorité ». Dimanche soir, lors de la proclamation des résultats du premier tour de l’élection présidentielle, Guillaume Peltier ajoutait : « Si on n’avait pas parlé d’autorité et de protection, Marine Le Pen serait plus haute ».

Dans un entretien accordé à la Nouvelle République en janvier dernier, Guillaume Peltier, au « sommet de l’UMP », soulignait son ambition d’aujourd’hui et « la préparation de demain », préférant évoquer des « égarements passagers » relatifs à son ex-parcours populiste. Frontiste, mégrétiste, conseiller et principal collaborateur de Philippe de Villiers au début des années 2000… Guillaume Peltier est aimanté par le jeu politicien et les virages à 360 degrés.

Le porte-parole de Nicolas Sarkozy incarne l’ambition politicienne de droite, celle de tous les reniements afin de toucher du doigt les ors de la République. Comme Patrick Buisson, l’autre conseiller de l’hôte de l’Elysée, le jeune politicien est ainsi chargé de donner un vernis populiste à Nicolas Sarkozy. Pas sûr que les électeurs du Front national tombent dans le panneau comme en 2007.

Crédit photo : UMP Photos via Flickr, licence CC.

Dix enseignements sur le premier tour de l’élection présidentielle de 2012 – Par Andrea Massari

Dix enseignements sur le premier tour de l'élection présidentielle de 2012

[box class=”info”] Une fois de plus, les électeurs ont été trompés par les médias et par les sondages.
Une fois de plus, la bipolarisation remet en scène les éternels duettistes de l’UMP et du PS.
Une fois de plus, la campagne met en scène les oppositions verbales et camoufle les convergences de fond.
Andrea Massari décrypte pour Polémia les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2012. [/box]

1-Un nouveau désaveu de la classe médiatico-sondagière

Depuis plusieurs semaines les médias et les sondages scénarisaient deux duels : Hollande/Sarkozy pour la première place, Mélenchon/Le Pen pour la seconde. Au final, il y sept points d’écart entre le candidat du Front de gauche et la candidate du Front national : l’un était surestimé de 3,5 points, l’autre sous-estimé d’autant. Il est vrai que Mélenchon (11,11%) bénéficiait à la fois de la sympathie de nombreux journalistes trotskystes et de la bienveillance intéressée des stratèges sarkozystes… En novlangue, quand les médias et les sondeurs ont bobardé on dit que les résultats sont une « surprise ».

2-Le vrai échec de Mélenchon

Mélenchon a réussi à polariser sur son nom les voix de l’extrême gauche ; mais celles-ci, malgré la crise économique et la contestation du capitalisme financier plafonnent à moins de 13% (Mélenchon + Poutou + Artaud). C’est un peu mieux qu’en 2007, mais moins bien qu’en 2002.

3-L’incontestable succès de Marine Le Pen

Avec plus de 17,90% des suffrages exprimés, Marine Le Pen dépasse les meilleurs résultats de son père. Certes, elle n’atteint pas, en pourcentage, le total Le Pen + Mégret de 2002 (19,20%), mais en nombre de suffrages (plus de 6,3 millions) et en pourcentage des inscrits (près de 15%), c’est un record absolu !

Le couplage stratégie de « dédiabolisation » puis retour sur les « fondamentaux » (immigration et sécurité) dans la dernière ligne droite a plutôt bien fonctionné.

4-Le niveau du « bloc patriotique » est élevé

Si l’on regroupe les électeurs par rapport au discours qui leur a été adressé, on peut parler d’un « bloc patriotique », au moins par le verbe, avec Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Nicolas Sarkozy et ses paroliers (Buisson et Peltier, Guaino et Emmanuelle Mignon). Ce « bloc patriotique » se situe à un niveau élevé et le tricolore fait recette avec 47% des suffrages.

C’est plus qu’en 2007 où le score s’établissait à 45% (Le Pen père + Sarkozy + Villiers + Nihous). C’est plus aussi que le bloc de gauche en 2012 qui se situe à 43%.

Mais s’ils sont importants par ce qu’ils révèlent de l’état de l’opinion, ces résultats ne permettent en rien de prédire un succès sarkozyste au deuxième tour.

5-L’équation impossible de Nicolas Sarkozy

A 20h15 dimanche, la gauche était déjà rassemblée. Et il est raisonnable de croire que 85% des électeurs de Mélenchon, des petits candidats trotskystes et d’Eva Joly se reporteront sur Hollande (28, 63%). A contrario, les électeurs de Bayrou et de Le Pen se partageront plus ou moins également entre Sarkozy, Hollande et l’abstention.

Ainsi, pour gagner, Sarkozy (27,18%) devrait récupérer au moins les trois quarts de l’électorat lepéniste : un pari difficile, jamais réussi dans le passé ; et un pari qui sera d’autant moins facile à gagner cette année que Marine Le Pen appellera probablement à l’abstention dimanche 1er mai, Place de l’Opéra.

6-Le grand écart sarkozyste

Dans l’entre-deux tours, Sarkozy va poursuivre la stratégie Buisson : les oreilles des électeurs de Marine Le Pen vont être saturées de petite musique nationale et de flonflons patriotiques. Et le projet socialiste de droit de vote des étrangers aux élections municipales va être brandi devant leurs yeux comme un épouvantail.

Pourtant, comme l’a rappelé le directeur stratégique de Marine Le Pen, Florian Philippot, lors de la soirée électorale, il y a un fossé entre Sarkozy et Le Pen : l’un défend le système mondialiste, l’autre le combat, l’un accepte l’abandon de la souveraineté française, l’autre le refuse, l’un s’oppose à la préférence nationale (ou la priorité nationale), l’autre la promeut.

Comme en 2007, Sarkozy peut tout promettre en paroles à condition de n’en rien faire dans les actes (pour ne pas perdre l’appui des oligarchies qui le soutiennent). En 2007, il a été cru sur ses seules paroles. Mais après cinq ans d’expérience présidentielle son discours ne peut que se heurter à un certain scepticisme des électeurs. Chat échaudé craint l’eau froide ! Ce qui rend incertaine en 2012 la réussite du renouvellement de la manœuvre électorale de 2007 : tous les électeurs n’ont pas la mémoire-tampon du poisson rouge…

7-Front national : les ambiguïtés de la « dédiabolisation »

Marine Le Pen a déclaré quelques jours avant le premier tour que, dans l’esprit des électeurs en tout cas, la bataille de la dédiabolisation était gagnée. C’est en partie vrai, encore qu’incomplètement, car manifestement une partie des sondés ont continué de cacher leur vote.

Et surtout les mécanismes de diabolisation et d’intimidation du Système sont toujours en place. L’écrivain Renaud Camus a apporté son soutien à Marine Le Pen : mais malgré les prudences de langage et les précautions historiques qu’il a prises dans la tribune libre qu’il a adressée au Monde, il a, dans la foulée, perdu son éditeur. Le DRH du groupe Marie-Claire, Marc Desgorces, a, lui, rejoint le comité de soutien à Marine Le Pen, il a immédiatement été frappé d’interdits professionnels.

Cela s’explique. Certes, Marine Le Pen s’est démarquée des positions les plus « sulfureuses » de son père. Mais, en continuant à défendre la préférence (ou priorité) nationale, en refusant le droit du sol, en combattant les abandons de souveraineté à l’Union européenne, à l’OMC, à l’OTAN, en préconisant un protectionnisme raisonnable, elle reste profondément politiquement incorrecte.

C’est ce qui fait son intérêt pour ses électeurs. Mais c’est aussi ce qui la désigne comme une ennemie pour l’oligarchie financière et médiatique. D’où la persistance des mécanismes de diabolisation : ainsi Marine Le Pen, qui qualifie le nazisme de « pire abomination », reste diabolisée pendant que Mélenchon, qui fait l’apologie de la terreur et assume sans complexe le goulag (100 millions de morts), est toujours présenté comme un gentil garçon… A la mode anglo-saxonne, il y a les « good guys » d’un côté, les « bad guys » de l’autre.

8-Marine Le Pen : le défi de l’après-présidentielle

Bref, Marine Le Pen a encore du chemin à faire pour renverser la table… D’autant que jusqu’ici chaque période post-présidentielle a été une épreuve pour le Front national. Car au soir du premier tour les lampions médiatiques s’éteignent. Les caméras se braquent sur les deux seuls candidats restés en lice pour le second tour. Puis sur les cérémonies d’investiture du nouveau président et la constitution du nouveau gouvernement. Après un mois de diète médiatique les législatives arrivent avec un mode de scrutin particulièrement défavorable, d’autant que l’enracinement local du Front national est aujourd’hui très faible.

Certes, Marine Le Pen va tenter de changer la donne. Elle vise, pour le Rassemblement bleu marine qu’elle va constituer, un score important, de nombreuses triangulaires comme en 1997 et des élus au deuxième tour. Elle entend pour cela se présenter comme la nouvelle opposition : ce qui suppose évidemment l’élection de François Hollande, au demeurant arithmétiquement très probable.

9-La crise en embuscade pour le nouveau président

Quel que soit le vainqueur, l’état de grâce du nouveau président sera bref. La crise financière, l’ampleur de la dette et du déficit extérieur (80 milliards) reviendront très vite au premier rang de l’actualité. Les promesses électorales seront intenables. Et l’opinion sera d’autant plus déçue qu’à part venant de Bayrou elle n’a guère entendu de discours de rigueur. Or Bayrou, qui avait eu le courage de parler de la dette en 2007, n’en a guère été récompensé en 2012 où il n’a rassemblé que 9,13% des suffrages. Reconnaissons d’ailleurs que les deux tiers des électeurs (Hollande, Sarkozy, Bayrou) ont implicitement choisi la poursuite des politiques de mondialisation (comme ceux de l’internationaliste Mélenchon d’ailleurs). Cela ne peut que déboucher sur une amplification de la crise et un nouveau bond du chômage.

10-Les ambiguïtés du « vote utile »

« Au premier tour on choisit, au deuxième on élimine », la vieille formule va à nouveau s’appliquer. Hollande va s’efforcer de rassembler tous ceux qui veulent le départ de Sarkozy. A contrario, Sarkozy va faire une campagne du type « Au secours la gauche revient ! » La peur va à nouveau servir à mobiliser les électeurs de droite.

Reste à savoir si, à tout prendre, il ne serait pas plus démonstratif et moins dangereux d’avoir Hollande aux commandes pour faire face au rebond de la crise. Reste aussi à savoir si une présidence Hollande ne permettrait pas un profond renouvellement des majorités municipales en 2014.

Or il y a aujourd’hui moins de différences entre la droite et la gauche en politique nationale (parce que celle-ci se fait dans les instances internationales) que dans les politiques locales (où les élus sont plus libres, y compris vis-à-vis du politiquement correct).

Bref, pour avoir des maires de « droite » en 2014, ne vaudrait-il pas mieux voter Hollande en 2012 ? Alors, que le meilleur perde ? Que nos lecteurs se rassurent : ces propos provocateurs visent simplement à montrer la complexité des jeux stratégiques et des votes tactiques…

Andrea Massari
23/04/2012

Voir aussi :

Vers un big-bang politique ?
Marine Le Pen entre diabolisation, normalisation et banalisation

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

« Majorité silencieuse » « vote de peur » et « vote utile » : 44 ans d’histoire !

« Majorité silencieuse » « vote de peur » et « vote utile » : 44 ans d'histoire !

L’électeur a-t-il la mémoire tampon du poisson rouge ? Certains semblent le croire. En tout cas, pour l’élection présidentielle du 26 avril 2012, les vieilles recettes de la tactique électorale sont de retour : l’appel au « vote utile » et à la « majorité silencieuse » et l’ombre de la peur. Le bilan de 44 dernières années d’histoire politique pourrait pourtant conduire les électeurs à une certaine méfiance….

1968 : l’appel à la « majorité silencieuse » et sa trahison

Pour mettre fin à la « chienlit », Georges Pompidou obtient la dissolution de l’Assemblée nationale. Sur le fond d’un vote de peur, les élections de juin 1968 débouchent sur la chambre des députés la plus « réactionnaire » (au sens étymologique du terme) du XXe siècle. Son bilan est éloquent : loi Edgar Faure créant les conditions d’une destruction durable de l’université française ; loi Pleven contre le « racisme et l’antisémitisme » instituant le délit d’opinion et finançant les associations « antiracistes » ; ouverture des frontières à 200 000 travailleurs étrangers par an (une manière, il est vrai, de « tenir » les salaires et de rendre impossible de grandes grèves générales) ; abandon du privilège d’émission de la Banque de France.

1973 : « vote de peur » contre le « Programme commun » de la gauche et « libéralisme avancé »

En 1973, la « Droite » se mobilise avec succès contre le Programme commun. La majorité UDR/Républicains indépendants et centristes va activement légiférer : loi Mazeaud sur le code de la nationalité étendant le droit du sol et permettant à Merah et à ses consorts d’être aujourd’hui « français » ; réforme judiciaire ; réforme Haby créant le collège unique et mise en œuvre des pédagogies « nouvelles » ; loi Veil sur l’avortement ; explosion des prélèvements obligatoires.

1978 : nouveau succès d’une mobilisation contre la gauche et tentative de redressement

A l’issue d’une forte mobilisation de ses partisans, la majorité RPR/UDF sauve la mise. Le Premier ministre Raymond Barre tentera une politique raisonnable : résistances aux lobbys, recherche de l’équilibre budgétaire, maîtrise de l’immigration, début de politique sécuritaire (projet de loi Peyrefitte).

1986 : l’appel au « vote utile » débouche sur la majorité inutile

Malgré la proportionnelle et un Front National émergent, la coalition RPR/UDF gagne la majorité absolue : le « vote utile » a pleinement fonctionné, notamment durant la dernière semaine de la campagne. La plateforme RPR/UDF, sous influence du Club 89 et du Club de l’Horloge, était clairement « à droite » : réforme judiciaire d’inspiration répressive ; réforme du code de la nationalité fondée sur le droit de la filiation ; sélection à l’entrée de l’université ; limitation de l’immigration. Tout y était. Tout fut abandonné en décembre 1986 à la suite de la campagne de sidération médiatique qui a suivi la mort de Malik Oussékine. Il ne reste de cette période que quelques privatisations ayant fait la fortune d’un petit nombre….

1993 : Une chambre introuvable aux résultats non moins… introuvables

Dans une ambiance de fin de règne pour les socialistes, le RPR et ses alliés remportent une très large majorité. Mais là encore pour des résultats introuvables sauf quelques – toujours juteuses – privatisations (ni plus ni moins que celles qui suivront sous Jospin d’ailleurs !)

2007 : Une campagne présidentielle à droite toute …et puis quoi ?

La campagne de 2007 a fait naître d’immenses espoirs mais l’action n’a pas suivi le verbe. Elle a même parfois été en décalage complet. Il y a bien eu une rupture sarkozyste mais pas celle qu’attendaient ses électeurs : une rupture avec le modèle français mais pas une rupture avec le politiquement correct :
Le vrai bilan de Sarkozy : fausse rupture avec le politiquement correct, vraie rupture avec le modèle français (1re partie)

Éviter le pire pour garder le mal ?

Les ressorts du vote en faveur des gouvernants UMP sont toujours les mêmes : éviter le pire. Au risque d’avoir installé dans la durée une situation qui n’a cessé de se dégrader au regard de l’identité nationale, de la sécurité publique, de la qualité de l’instruction, de la liberté d’expression, sans même parler des comptes publics : les deux tiers de l’endettement français étant dus à des gouvernements dits de droite et non de gauche.

Andrea Massari

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Crédit photo : Ken Hammond, domaine public.

Présidentielles 2012 : Cliver ou pasteuriser ? Par Yvan Blot

Présidentielles 2012 : Cliver ou pasteuriser ? Par Yvan Blot

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.[/box]

[box class=”info”] Cliver ou pasteuriser ? Rassurer ses adversaires ou mobiliser ses partisans ? Adopter une stratégie de confrontation ou préférer le compromis ? Telles sont les clés d’analyse d’Yvan Blot, à trois semaines de l’élection présidentielle du 22 avril 2012. Sarkozy et Mélenchon, qui remontent dans les sondages, bénéficieraient d’une prime au « clivage », d’autant qu’ils bénéficient de médias très complaisants. Polémia livre ce texte à la réflexion critique de ses lecteurs. Affaire à suivre…

Polémia, 30/3/2012. [/box]

La stratégie diagonale : penser aux adversaires

L’évolution des sondages montre une fois de plus que la stratégie de polarisation l’emporte sur la stratégie diagonale pour gagner une élection. La stratégie diagonale postule que pour gagner une élection un candidat doit mobiliser ses électeurs mais aussi essayer d’étendre son électorat aux dépens de l’adversaire : un candidat de droite, comme Marine Le Pen (et avant elle Chirac ou Giscard) va donc vouloir se recentrer et emprunter des thèmes à la gauch: étatisme économique ou au moins social-démocratie, laïcité militante, critique du libéralisme économique, etc.)

A gauche, il s’agit, de façon symétrique, de récupérer des électeurs du centre ou de la droite. C’est ce qu’ont fait pendant longtemps les socialistes français tant ils étaient anticommunistes. Hollande a repris cette stratégie perdante : comme il pense que le socialisme mènera la France à l’échec économique (ce qui est vrai) il prend une position centriste agrémentée de quelques réformes symboliques dites sociétales, qui ne coûtent rien aux finances publiques, comme le mariage des homosexuels ou le vote des étrangers.

La stratégie de polarisation : penser aux abstentionnistes

La stratégie de polarisation tient compte de la dynamique électorale. Il faut mobiliser ses électeurs par un discours offensif sans concession, et ce discours entraînant permet de mobiliser les abstentionnistes, d’où un élargissement réel de l’électorat.

C’est ce qu’avait su faire François Mitterrand qui avait compris qu’il fallait mobiliser toute la gauche et c’est lui qui a réussi à prendre le pouvoir. Mélenchon, sur une position très dure, proche de celle des anciens communistes, est son héritier quant à la stratégie.

A droite, Sarkozy utilisa cette stratégie « dure » lors des précédentes élections présidentielles avec succès. Aujourd’hui, il tente de refaire la même opération, mais c’est plus difficile car, pendant cinq ans au pouvoir, il a en partie succombé aux sirènes de la stratégie diagonale en voulant mordre sur la gauche (reprise de la théorie absurde de la double peine pour le renvoi des étrangers illégaux, nominations de ministres venant de la gauche comme Besson ou Kouchner, etc.)

Les résultats indiqués par les sondages ne sont nullement surprenants. Sarkozy par sa politique gouvernementale considérée, à tort ou à raison, comme trop « centriste » par ses électeurs a démarré la campagne avec de mauvais sondages. Il remonte à présent et double Hollande au premier tour (29,5% pour Sarkozy contre 28% pour Hollande – Source BVA, baromètre du 22 mars). Sarkozy reprend des points, un peu sur Bayrou et nettement sur Marine Le Pen.

Mélenchon et la lutte des classes

Mélenchon, avec son retour à la lutte des classes sans concession, fait une percée à gauche au détriment de Hollande. Ainsi, il peut espérer doubler Marine Le Pen en intention de votes (plus 5 points en un mois alors que Marine Le Pen perd deux points – Source BVA). Selon BVA (baromètre du 22 mars), Mélenchon fait 15 points, contre 13% pour Marine Le Pen et 12% pour François Bayrou. [Ces chiffres sont à interpréter avec prudence. D’autres sondages sont nettement plus favorables à Marine Le Pen qui semble avoir bénéficié de la remise au cœur du débat des questions d’immigration à la suite des attentats de Montauban et de Toulouse – Note de la rédaction.]

La tendance des courbes depuis un mois est indiscutable [au moins jusqu’à l’affaire Mohamed Merah – NDLR] : Sarkozy et Mélenchon montent, Hollande et Marine Le Pen baissent. Une fois de plus, les stratégies de « recentrage » plombent ceux qui les mettent en œuvre. Hollande n’est pas assez à gauche pour reprendre des voix à Mélenchon. Son discours n’est guère audible car il veut donner des gages à l’Union européenne et au grand tuteur américain (défense de l’Europe et du libre-échangisme).

Mélenchon joue, comme la gauche depuis toujours, sur la jalousie sociale, la haine des « riches », et donc sur la lutte des classes, et c’est payant, surtout dans le contexte culturel français marqué durablement par la Révolution française. Il peut mettre en avant la République et la laïcité : à gauche, c’est mobilisant de façon non équivoque.

Marine Le Pen et la dédiabolisation

A droite, Marine Le Pen, soucieuse de se dédiaboliser, a pris un état-major venu de la gauche (Collard, Philippot) voire du communisme (Dutheil de la Rochère). Elle a publié un livre centré sur la lutte des classes mondiales et sur la solution étatiste pour la France. Elle ne gagne rien, ce faisant, et risque de perdre lentement mais sûrement des points. La fraction plus dure de son électorat (catholiques, monarchistes, conservateurs en matière de mœurs, libéraux à la Thatcher, identitaires) peut se détourner d’elle et devenir perplexe. Elle peut essayer de se recentrer sur ses fondamentaux (insécurité, immigration) mais n’est-ce pas déjà fort tard ?

Sarkozy et l’audace verbale

Nicolas Sarkozy a repris la recette de ses précédentes présidentielles et gagne des points peu à peu par rapport à Hollande, lequel en perd au profit de Mélenchon. Cela ne suffit pas toutefois à vaincre au deuxième tour. Sarkozy, qui fut surnommé par certains (à juste titre, semble-t-il), « l’Américain » (il a fait rentrer la France dans l’OTAN), n’hésite pas à aborder des sujets qui fâchent (notamment Mme Merkel) en disant qu’il reverra les Accords de Schengen pour mieux lutter contre l’immigration : cette audace (verbale ?) est payante. Il tente de prendre des points sur Marine Le Pen sur l’insécurité et l’immigration (et aussi sur l’utilisation du référendum, très populaire chez les Français) et il est mieux positionné qu’elle (plus crédible) sur les sujets économiques et sociaux. Sortir de l’euro, cheval de bataille de Marine Le Pen, n’est absolument pas un bon thème électoral. On n’a jamais vu De Gaulle en 1958 faire campagne sur la dévaluation du franc ! Une fois au pouvoir, il l’a fait mais ce n’était pas ce thème débilitant qu’il avait choisi pour mobiliser ses électeurs.

En résumé, les bons choix stratégiques ont été faits par Sarkozy et Mélenchon et ils engrangent les résultats correspondants. Les mauvais choix qui troublent leurs électeurs ont été fait par François Hollande (qui reste économiquement correct par rapport à l’Union européenne et à la tutelle américaine) et Marine Le Pen (ultra-laïcisme, références historiques de gauche, jusqu’à Danton et Robespierre, sortie de l’euro).

Mélenchon rêve de passer devant Marine Le Pen qui avait refusé de débattre avec lui parce qu’il était un « petit » candidat ! En matière de laïcité ou d’anticapitalisme, il sera toujours plus crédible qu’elle ! Sarkozy lui, a déjà, semble-t-il, doublé Hollande au premier tour. Le deuxième tour sera serré !

Yvan Blot

[box class=”info”] Source : Polémia – 30/03/2012 [/box]

Image : Les candidats à la présidentielle François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou et Marine Le Pen assistent, le 21 mars 2012, à Montauban, à la cérémonie en hommage aux trois parachutistes tués le jeudi 15 mars.

Il ne pouvait pas faire que des conneries… Sarkozy à l’heure du bilan – Par Minute

Il ne pouvait pas faire que des conneries… Sarkozy à l'heure du bilan - Par Minute

[box class=”info”] Novopress reproduit l’article ci-dessous avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire Minute du 4 avril 2012.

Minute n’est pas devenu soudain un thuriféraire de Nicolas Sarkozy mais essaye de faire la part des choses. Dans un deuxième article, à lire dans le journal, l’hebdomadaire reconnait au président sortant 10 mesures où “il a fait ce qu’il fallait faire”, en particulier quelques mesures économiques. Et par contre dans un troisième article il lui attribue trois cartons rouges “dans les domaines les plus importants” :
– la politique étrangère,
– l’identité nationale et l’immigration : “Si l’on se fie à ses écrits et à ses actes, on s’aperçoit que l’identité nationale représente le seul domaine où il [Sarkozy] a bataillé pour tenir ferme un engagement figurant, noir sur blanc, dans son livre programme Témoignage (XO éditions, page 280): être « le président de la France d’après, celle où le mot Français de souche aura disparu ».
– l’insécurité. [/box]

A entendre tous ceux qui veulent lui succéder à la présidence de la République, il n’y aurait rien à sauver du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le président sortant n’aurait tenu aucune des promesses de campagne du candidat Sarkozy en 2007, il n’aurait procédé à aucune réforme durant les cinq années écoulées, il aurait été incapable de protéger les Français de la crise, il aurait trahi ses électeurs, ruiné la France, renié tous ses engagements, il serait le pire chef d’Etat que la France ait connu, du moins sous la Ve République, etc.

 «Dans tout domaine, la situation s’est aggravée, assure Marine Le Pen, ce sur quoi elle n’a pas tort.. Si Sarkozy était réélu, à quoi ressemblerait la France en 2017 ? Elle serait en voie de disparition […] Notre civilisation ne s’en remettrait peut-être pas. » Pour François Hollande, qui, renouant avec les jeux de mots, parle de « dépôt de bilan »: « Sarkozy ne peut dé fendre son bilan, c’est un boulet. » Les plus (faussement) indulgents parlent de « bilan extraordinairement mince », comme Luc Ferry, qui fut ministre de l’Education nationale de Jacques Chirac (ce qui devrait l’inciter à plus de retenue dans la délivrance des bons et des mauvais points…).

Au sein même de l’UMP, tant les cadres du parti que les députés confrontés tous les jours à la colère de leurs électeurs assuraient avant le début de la campagne, alors que Nicolas Sarkozy était au plus bas dans les sondages, qu’il lui serait impossible de défendre un bilan… indéfendable – et que, en conséquence, il n’avait aucune chance d’être réélu. Savoureux, si l’on peut dire, dans la bouche d’élus qui, cinq ans durant, ont voté tous les textes de loi que Nicolas Sarkozy leur a demandé d’adopter…

Qu’en est-il réellement du bilan de Sarkozy ? C’est à cette question que nous avons voulu essayer de répondre, dégagés de tout esprit partisan. Nous avons suffisamment combattu Nicolas Sarkozy, tant durant la campagne électorale de 2007 que durant son mandat, pour nous estimer en droit d’apporter un jugement plus nuancé et de ne pas participer à cette « sarkophobie » généralisée dans la classe politique et dans les médias qui tentent de faire l’opinion.

Oui, Sarkozy s’est montré incapable de tenir ses promesses et de prendre les mesures radicales sans lesquelles ces problèmes considérables que sont l’immigration de masse et l’insécurité ne seront jamais résolus. Non, tout n’est pas à jeter dans les cinq années de pouvoir de Nicolas Sarkozy.

Sarkozy n’est pas resté inerte; il a même réformé la France comme nul autre depuis des décennies. Et c’est bien ce que lui reproche Jacques Chirac, qui, au nom de l’immobilisme absolu qui a présidé à ses douze années de mandat, aimerait, avant de nous quitter, voir Hollande s’installer à l’Elysée pour que, de nouveau, plus rien ne change, plus aucune décision ne soit prise, aucune réforme ne soit menée.

La principale difficulté pour établir sereinement un « bilan de l’action de Nicolas Sarkozy » est que, dans l’expression, il y a « Nicolas Sarkozy ». Et que sa personnalité, pour le moins envahissante et à bien des égards détestable, l’emporte sur toute autre considération, ne laissant du quinquennat écoulé qu’une impression d’agitation, de « bling bling » selon l’expression forgée dès 2007 par l’hebdomadaire « Marianne », de morgue, de collusion avec les « puissances d’argent », d’ego démesuré, de vulgarité, d’incapacité à endosser la tenue de l’homme d’Etat selon l’idée (peu « républicaine ») que s’en font les Français, d’absence totale de scrupules, d’absence aussi de véritables convictions, bref de « berlusconisme ».

Or si, en littérature, il est aisé de distinguer l’œuvre et l’auteur, il n’en va pas de même en politique; la détestation de l’homme entraîne, a priori et sans discussion possible, le rejet de toute son action. Au « qui m’aime me suive » prononcé en 1328 par Philippe de Valois répond de façon mimétique: « Je ne t’aime pas, je ne te suis pas (ou plus). »

Deux choses sont certaines. La première est que, en 2007, Nicolas Sarkozy, élu par 53 % des voix face à Ségolène Royal, disposant d’une large majorité à l’Assemblée nationale et ayant encore la majorité au Sénat, avait tout pouvoir et toute légitimité pour utiliser les six mois suivant pour faire ce qu’il voulait, ou plutôt pour faire ce pour quoi les Français l’avaient élu. Et il ne l’a pas fait. Elu à droite, en ayant ratiboisé l’électorat lepéniste, il a même procédé à l’« ouverture à gauche » que personne ne lui avait demandée !

La seconde est que, de 2007 à 2012, le climat politique s’est nettement droitisé. Et que Nicolas Sarkozy n’y est pas pour rien, ayant, soit par coups de butoirs successifs, soit par des moyens détournés, ébranlé une partie de l’édifice édifié depuis des décennies par la gauche avec la complicité des dirigeants de la droite giscardienne et chiraquienne.

Etant donnés les espoirs qu’il avait suscités en 2007, le compte n’y est assurément pas. Mais par rapport aux années Chirac, au moins, il est possible de dresser un bilan qui soit autre chose qu’une longue liste dans la colonne passif (dans les deux sens du terme). L’hyperactif Sarkozy n’a pas commis que des erreurs. Passage en revue du bon, du moins bon et, bien sûr, du très mauvais. [Suivent dans l’hebdomadaire, deux longs articles sur ce “passage en revue”.]

Minute

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 4 avril 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Il ne pouvait pas faire que des conneries… Sarkozy à l'heure du bilan - Par Minute

Les petits calculs politiciens du candidat Sarkozy

Les petits calculs politiciens du candidat Sarkozy

31/03/2012 – 12h00
PARIS (NOVOpress) –
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a accusé Nicolas Sarkozy de « manipulation de l’opinion », sur BFM Business, le 30 mars.

Chroniqueur sur Nouvelobs.com, Thierry de Cabarrus, déplore que le candidat de l’UMP en fasse trop sur « la lutte contre l’islamisme ». Bref, pour remporter un deuxième mandat, Nicolas Sarkozy est accusé des pires calculs politiciens.

Comme en 2007, l’hôte de l’Elysée reprend le couplet de la lutte contre l’immigration et du renforcement de la sécurité depuis l’affaire Merah. « Cette stratégie nous a permis de remonter presque dix points en quelques semaines, pourquoi en changer ? », témoigne un proche du candidat dans Aujourd’hui en France du 29 mars. Le titre du groupe Amaury remarque également que le mari de Carla Bruni doit envoyer des messages forts en direction de l’électorat centriste. Une consigne aurait été passée auprès de l’UMP : « On n’attaque pas Bayrou, on le ménage ». Un coup de barre au centre la semaine prochaine ? Une vraie politique pour l’emploi et la sécurité, et contre l’immigration massive et l’islamisation… attendra encore. Place au petit jeu politicien.

La politique en noir et blanc ou Pour qui roule Jean-Luc Mélenchon ?

La politique en noir et blanc ou Pour qui roule Jean-Luc Mélenchon ?

[box] A un mois du premier tour de l’élection présidentielle de 2012, Jean-Luc Mélenchon est porté aux nues dans les médias. Car il entre dans le jeu tactique du candidat Sarkozy, dont il affaiblit les concurrents, et dans la stratégie de la superclasse mondiale car si le sénateur Mélenchon vitupère il ne conteste ni l’immigration, ni le libre-échange ; enfin, il concentre ses coups sur la candidate populiste. [/box]

M. Jean-Luc Mélenchon monterait dans les sondages. Il talonnerait, paraît-il, Marine Le Pen et dépasserait François Bayrou (LeFigaro.fr du 27 mars 2012). C’est la nouvelle que les médias nous diffusent en ce moment sur l’air des lampions.

C’est en tout cas une bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy. Car le candidat du Front de gauche aurait l’avantage de prendre des voix à la fois au parti socialiste et à Marine Le Pen. Il favoriserait en outre une dispersion des suffrages au premier tour dont le président candidat espère profiter. Comme la majorité des journalistes déclare en outre une sensibilité de gauche, tout le monde rame dans le même sens : des pigistes aux commanditaires, pour promouvoir saint Jean-Luc en qualité de populiste fréquentable. Voilà, pour l’oligarchie, ce qui s’appelle joindre l’utile à l’agréable.

Un vieux film nostalgique

L’homme a, il est vrai, un talent oratoire certain : une voix impérieuse qui s’entend, un style gouailleur et la tête de l’emploi. On le verrait bien jouer dans un film policier en noir et blanc à côté de Lino Ventura ou avec Jean Gabin dans La Bête humaine de Jean Renoir.

Car il nous la joue sur un mode nostalgique, Jean-Luc : il nous mime le retour de la gauche laïque du temps des deux Georges : Georges Marchais pour le parti communiste et Georges Séguy pour la CGT. Il nous repasse un vieux film politique mais en version colorisée, badigeonnée d’un soupçon de révolte sur la Place de la Bastille, au son de l’accordéon : cela plaît aux bobos qui, eux, rêvent de revivre Mai 1981 à défaut de Mai 1968.

Jean-Luc excelle à nous renvoyer à l’époque où le monde était simple et écoute son programme électoral comme on verrait de vieilles images d’actualité en cinéma muet : il n’y a qu’à « prendre l’argent où elle est », comme disait le vieux Georges, créer des emplois publics et des logements sociaux, nationaliser et, bien sûr, faire payer les riches. Jean-Luc promet aussi de mettre en place une Constituante, comme en 1946.

A lire son programme électoral on se sent rajeunir : nous ne sommes plus en 2012 mais au mieux en 1970. Cela doit assurément plaire aux papys qui rêvaient d’un grand soir de « justice sociale ». Nostalgie, quand tu nous tiens…

Il a tout compris

Mais Jean-Luc est fine mouche : il a tout compris.
Il a compris qu’il est d’autant plus médiatisé qu’il dirige ses diatribes contre Marine Le Pen. Cela lui donne un brevet d’honorabilité. D’ailleurs, on le voit partout aujourd’hui : à croire qu’il ne se déplace plus qu’entouré d’une meute de paparazzis, comme les stars.
Il est vrai qu’il est nettement plus drôle dans son rôle que NKM, la revêche porte-parole de Nicolas Sarkozy qui déclare préférer voter pour François Hollande plutôt que pour Marine Le Pen, ce qui a un peu troublé la stratégie dudit Nicolas.

L’habit de lumière de l’antirââcisme et de l’antifââscisme

Dans le rôle de procureur public, il endosse alors l’habit de lumière de l’antirââcisme et de l’antifââscisme avec talent : c’est un beau numéro d’équilibriste car, d’un côté, il nous dit qu’il faut lutter contre les patrons et le système de l’argent, mais, de l’autre, il concentre ses attaques sur les identitaires et les populistes qui ne représentent pourtant assurément pas les intérêts du CAC 40.

L’extrême gauche pratique la même escroquerie morale avec constance depuis 1968 : lutter, au nom de la révolution, contre tout ce qui pourrait faire concrètement obstacle… au pouvoir de l’argent-roi. Jean-Luc a repris le filon sans vergogne, pour le plus grand profit du Système.

La révolte, mais pas trop quand même

Mais s’il fait dans un style qui se veut populaire, Jean-Luc reste toujours dans les limites de la décence : car c’est la condition de sa sainteté médiatique. D’ailleurs il se veut « républicain », ce qui en novlangue veut dire « politiquement correct ». Il veut changer, faire la « révolution par les urnes » mais pas trop quand même.

Jean-Luc Mélenchon trouve un écho dans une partie de l’opinion car lui aussi parle concrètement : il parle des salaires, du chômage, de l’école, de la précarité et de la pauvreté. Il promet que nous « vivrons mieux ».

Mais notre joueur de flûte se garde bien cependant d’aborder les vraies causes de la paupérisation en France : le libre-échange mondialiste et l’immigration de peuplement.

Un surplace idéologique

Jean-Luc proclame qu’il faut « désobéir au Traité de Lisbonne » mais ses positions sur l’Europe sont imprécises et inodores. Il faut dire que le sénateur Mélanchon a voté le Traité de Maastricht. Il ne dit rien de l’euro et n’emploie pas le mot « protectionnisme ».

De même, pour lui l’immigration « n’est pas un problème » : il promet d’ailleurs de régulariser les clandestins, de renforcer le droit du sol et d’établir un droit à la naturalisation. Le MEDEF serait content s’il était élu !

Le « peuple » de Jean-Luc date lui aussi manifestement : il remonte à 1970, au temps où certains s’inquiétaient qu’il puisse y avoir un jour un million d’immigrés en France. Un temps qui nous fait rêver rétrospectivement, mais ce n’est plus le nôtre, hélas.

Jean-Luc prône une « Constituante » mais pour promouvoir le régime d’assemblée élue à la proportionnelle, c’est-à-dire le régime des partis. Sa VIe République c’est en fait la bonne vieille IVe République. Il n’est d’ailleurs pas trop favorable au référendum : tout juste le préconise-t-il pour « régler la question du nucléaire ». Sans doute pour complaire aux écolos.

Notre révolutionnaire en cravate rouge déploie ainsi beaucoup d’énergie à faire du surplace politique : c’est vrai que c’est une belle performance !

Un vieux logiciel

Manifestement le logiciel de Jean-Luc date : c’est un logiciel de gauche, au surplus une version dépassée qui n’est plus en vente à la FNAC. C’est pourquoi il plaît au Système et aux nostalgiques.

Car il est sans surprise, Jean-Luc : il ne s’attaque qu’à la surface des choses et surtout aux concurrents de ce bon Nicolas. Avec lui on ne risque pas le changement et on le verra sans doute lors du second tour des présidentielles. C’est sans doute pourquoi il prétend que voter pour lui c’est le « vote utile ». Mais utile à qui finalement ?

Michel Geoffroy
27/03/2012

Voir aussi :
Les convergences paradoxales de l’extrême gauche et de la superclasse mondiale

[box class=”info”] Source : Polémia – 30/03/2012 [/box]

Après Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan se rallie à l’opposition au droit de vote des étrangers.

Après Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan se rallie à l’opposition au droit de vote des étrangers.

[box class=warning] L’association Nationalité Citoyenneté Identité nous communique : [/box]
Après Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan se rallie à l’opposition au droit de vote des étrangers.

Dans un courriel daté du 1er mars et adressé à l’association Nationalité Citoyenneté Identité (voir ci-dessous), Nicolas Dupont-Aignan, candidat à l’élection présidentielle, exprime sa solidarité avec le combat contre le droit de vote des étrangers, mené depuis maintenant plusieurs mois par Catherine Blein et l’association Nationalité Citoyenneté Identité.

Après Nicolas Sarkozy et l’UMP, après Marine Le Pen et le Front national, il s’agit du troisième candidat à la présidentielle à se rallier à l’initiative populaire émanant des comités contre le droit de vote des étrangers et visant à empêcher que des étrangers extra-européens décident de la vie politique française.

L’association Nationalité Citoyenneté Identité remercie Nicolas Dupont Aignan pour son soutien et invite tous les patriotes et les électeurs conscients de la menace qui pèse actuellement sur la France à participer aux assises «La France en danger» qui auront lieu à Paris, le samedi 10 mars, à l’Espace Charenton, de 9h à 19h.

[box class=info] Les orateurs suivants prendront la parole :

– Jean Paul Gourevitch (sociologue)
– Fabrice Robert (Bloc Identitaire)
– Omar Ba (écrivain)
– Yvan Blot (démocratie directe)
– Javier Portella (El Manifiesto)
– Jared Taylor (American Renaissance)
– Filip Dewinter (Vlaams Belang)
– Pierre Cassen (Riposte Laique)
– Yves Laulan (démographe)
– Marc Rousset (écrivain)
– Philippe Conrad (historien)
– Henry De Lesquen (club de l’horloge)
– Jean Yves Le Gallou (fondation Polémia)
– Guillaume Thieulloy (les 4 vérités)
– Jean Paul Bourre (journaliste)
– Jean Raspail (écrivain)
– Gerard Dussouy (politologue)
– Guy Rachet (écrivain)
– Pierre Milloz (écrivain)  [/box]
Informations pratiques :

Prix d’entrée : 10 euros (billetterie ouverte de 9h à 18h)

Espace Charenton – 327 rue de Charenton – 75012 PARIS

Métro : Porte de Charenton (ligne 8, Balard-Créteil)

Stands dédicaces, restauration et buvette.
Contact : nationalite.nci@gmail.com

Site Internet : http://www.nationalite-citoyennete-identite.com 

Suivez-nous sur Facebook : http://fr-fr.facebook.com/pages/La-France-en-danger/250091775063932

Les journalistes souhaitant couvrir l’événement doivent obligatoirement demander une accréditation presse à nationalite.nci@gmail.com

PLAN D’ACCÈS

METRO : ligne 8 direction Balard/Creteil Station « Porte de Charenton » sortie Espace Charenton (à 180 m.).
ou ligne 6 direction Nation/Charles de Gaulle -Etoile. Station « Dugommier » ( à 10 mn à pied de L’Espace Charenton)
BUS: PC 2 et BUS 111.arret « Porte de Charenton » (à 250 m de l’Espace )
ou BUS 87 . arret « Les Jardiniers » ( à 50 m.)
VOITURE: Périphérique extérieur, sortie « Porte de Charenton » ( à 2mn)
ou Périphérique intérieur, sortie » Porte Dorée » ( à 3mn)
ou Autoroute A 4, sortie « Bercy » ( à 3 mn)
PARKINGS: 57 Bd Poniatowski (à 250m)
ou Place Lachambaudie ( à 600 m)
GARES: Gare de Lyon, Gare de Bercy et Gare d’Austerlitz à proximité
Depuis Gare de Lyon, prendre le Bus 87 (10 mn trajet pour arret Les Jardiniers)
Depuis Gare Montparnasse, prendre metro Direction » Nation », descendre à station » Dugommier » (15 mn trajet puis 5mn à pied)
N’oubliez pas de signer la pétition contre le droit de vote des étrangers

[box class=”success”]”Lettre de Nicolas Dupont Aignan
Madame la Présidente,

Au cas où mon emploi du temps ne me permettrait pas d’assister aux Assises que vous organisez le 10 mars prochain à Charenton, je tiens, par le présent courriel, à vous faire savoir que je suis opposé au droit de vote des étrangers non communautaires, aux élections locales.

La contrepartie de l’impôt payé par les étrangers résidant sur notre territoire est le droit à bénéficier des services publics (école, santé, voirie, transports,…) ; en revanche, nationalité et citoyenneté sont indissociables et les étrangers qui souhaitent participer à la vie politique française peuvent tout à fait demander leur naturalisation.

Veuillez agréer, Madame la Présidente, l’expression de mes respectueux hommages.

Nicolas DUPONT-AIGNAN”[/box]

Au secours ! Sarkozy prétend « réinventer » la France !

Au secours ! Sarkozy prétend « réinventer » la France !

Article publié avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia.

[box class=”info”] De Gaulle se faisait « une certaine idée de la France » ; Sarkozy prétend la « réinventer ». Au-delà de l’exubérance des propos de campagne, Michel Geoffroy propose un décryptage de la signification du mot « changement ». Un mot au cœur des campagnes électorales depuis quarante ans. Un mot qui traduit en fait une volonté de déconstruire la France, « ce cher et vieux pays » (De Gaulle).
Polémia [/box]

Lors de la réunion qu’il a tenue le 6 février 2012 à Annecy, M. Nicolas Sarkozy, qui se présente comme le « candidat du changement » (sic) a notamment déclaré « Tout, absolument tout est à réinventer… Nous ne pouvons pas construire un nouveau monde, une nouvelle Europe avec les idées d’hier, nous ne pouvons pas construire une nouvelle France avec les idées du passé ». Ces propos méritent qu’on s’y arrête. Car ils caractérisent l’oligarchie.

Le « changement » permanent, rejeton de l’idéologie des Lumières

Au secours ! Sarkozy prétend « réinventer » la France !Le thème du « changement » est en effet au cœur du Système : il plonge ses racines dans l’idéologie des Lumières.

Il a donc longtemps été l’apanage de la gauche, du « parti du mouvement » précisément, face à une droite conservatrice de l’ordre social.

L’idéologie des Lumières pose en effet en principe qu’il est non seulement possible mais aussi souhaitable de reconstruire la société à partir de la seule raison, en se libérant notamment des croyances et coutumes « obscurantistes ». C’est ce qu’on appelle aussi le « constructivisme », qui repose sur l’illusion que la raison humaine serait suffisamment forte pour concevoir et faire fonctionner durablement une société idéale à partir de rien. Les partisans des Lumières croient en outre que le coût humain d’un tel changement entrepris au nom du progrès est toujours négligeable.

Mais pour construire le paradis sur terre, il faut d’abord déconstruire l’ancien monde pour « libérer » l’homme. C’est ce mouvement de déconstruction que la gauche nommait « progrès ». Car pour les hommes des Lumières, le passé n’est que ténèbres.

La démocratie entendue comme la dictature des factions « éclairées »

L’instrument politique de cette déconstruction a été l’Etat et la démocratie politique entendue comme la dictature des factions « éclairées » sur les assemblées élues, phénomène que l’on nomme aussi Révolution. L’égalitarisme a constitué la justification idéologique principale de cette déconstruction.

Avant les Lumières, les gouvernants concevaient les peuples et les nations comme une propriété qu’il fallait défendre et faire fructifier en bon père de famille, dans le respect des droits de ceux qui composaient la société (les « états »).

Avec les Lumières, l’Etat ne protège plus la société : il doit au contraire la transformer, de gré ou de force.

Car la volonté du peuple n’est licite que si elle se conforme à la définition que ces « éclairés » donnent au mot « progrès » : sinon elle devient factieuse, contre-révolutionnaire, rebelle ou populiste. Ce peuple-là n’a plus droit à la parole : il mérite les Colonnes infernales (contre la Vendée rebelle ou les Etats confédérés du Sud, également rebelles), le goulag, la police ou la censure.

Le bougisme comme stade suprême du politique

En un siècle, sous l’influence idéologique de la gauche, le changement est ainsi devenu le maître mot du politique. Tout politique doit changer quelque chose pour exister. Car changer revient à progresser : tel est le credo des Lumières. Par construction, on doit préférer le changement, quel qu’il soit, au statu quo.

En 1981 encore, le parti socialiste ne craignait pas de prendre pour slogan : « Changer la vie ». Rien que cela ! Nous sommes entrés dans l’ère du « bougisme », du changement pour le changement.

Pourtant, à la fin du XXe siècle, le thème du changement n’est plus le monopole de la gauche : il a été repris en effet par l’oligarchie occidentale à son profit.

L’oligarchie mondialiste fille spirituelle de la gauche

L’oligarchie a repris les mots de la gauche, mais en les plaçant cette fois au service des puissances d’argent.

On dit que le diable est le singe de dieu : la gauche socialiste et communiste prétendait changer la vie pour sortir du capitalisme. L’oligarchie occidentale change au contraire notre vie, mais c’est… pour mieux la placer au service des intérêts financiers, comme les Grecs en font en ce moment l’expérience paroxystique.

L’oligarchie, avec M. Sarkozy, nous promet des lendemains qui chantent, comme hier l’avant-garde des communistes. M. Sarkozy nous promet ainsi un « nouveau monde » et une « nouvelle France ». Un écho, non pas à la « belle province » canadienne mais à « la France réinventée » que préconise de son côté le MEDEF dans son document Besoin d’Aire. C’est sans doute un heureux hasard.

On saluera l’outrecuidance de ces messieurs et dames qui prétendent tirer un trait sur notre histoire millénaire, pour reconstruire notre pays. Toujours l’utopie de la page blanche !

« Tout, absolument tout est à réinventer », nous dit le bon docteur Sarkozy. Tout serait donc à jeter aux poubelles de l’histoire, à commencer, on le sait, par La Princesse de Clèves ? Par exemple l’idéologie des droits de l’homme qui est effectivement une « idée du passé » ? Ou bien le préambule de la Constitution de 1946 qui appartient aussi « au passé » ?

Mais d’où leur vient de science certaine qu’il faut nous changer, nous les Français de souche ? Le général De Gaulle se faisait une certaine idée de la France, ce « cher et vieux pays ». M. Sarkozy, lui, prétend la réinventer. Au secours !

Car c’est une supercherie que de prétendre fonder une nation en faisant table rase de son histoire et de son passé. M. Sarkozy prétendrait-il réussir là où le communisme en 70 ans de dictature a échoué ?

Déconstruire pour les marchés

Le principal argument de l’oligarchie en faveur du « changement » consistait à soutenir que la France devait s’adapter à la mondialisation des échanges et à la concurrence plus vaste que cela impliquait. De ce changement, en particulier de modèle social, naîtrait une meilleure compétitivité et la prospérité pour tous.

Pendant 20 ans on a donc soumis notre pays et nos voisins européens à la potion libre-échangiste et à la déconstruction des protections qui l’accompagne nécessairement. Aujourd’hui les résultats sont là : chômage structurel, désindustrialisation, immigration, déficits publics, démoralisation du peuple français, et… augmentation de la profitabilité des grandes entreprises transnationales. La France a effectivement « changé » mais pas en mieux pour tout le monde !

Les oligarques ont alors changé… de discours. Comme le déclarait M. Guéant, il faut « changer la France pour qu’elle reste elle-même » (Le Monde du 2 mars 2011). On admirera la dialectique digne du Sapeur Camember qui se jetait à l’eau pour éviter la pluie ! C’est le changement de son modèle social qui permettra de le préserver !

Sortons les apôtres du changement !

Mais pourquoi une nouvelle France ? La France actuelle ne conviendrait-elle pas ? Ce n’est pourtant pas le point de vue des immigrés qui sont chaque jour plus nombreux à s’installer chez nous et qui trouvent manifestement très bien notre pays.

En outre, ce sont les oligarques qui exercent le pouvoir sans partage depuis la fin du XXe siècle, ceux qui ont façonné la France et l’Europe dans laquelle nous vivons, qui nous expliquent maintenant qu’il faudrait tout recommencer. Ce besoin de « reconstruction » sonne comme un aveu d’échec.

Il faut donc décoder leur discours : ce n’est pas pour les Français qu’il faut réinventer la France, mais bien pour la finance. Nuance.

Tous ces messieurs trouvent qu’ils n’en ont pas fait assez dans la déconstruction. Pour les Talibans du changement il faut toujours accélérer les réformes !

« Reconstruire la France » c’est lui demander de s’oublier

« Reconstruire la France », cela veut dire en réalité présenter des finances publiques et sociales en équilibre pour rassurer les investisseurs internationaux. Cela veut dire payer les dettes publiques mais sans inflation, pour rembourser les gentilles banques qui prêtent aux Etats. Cela veut dire aussi déconstruire toutes les protections sociales qui constituent une entrave à la mobilité de l’emploi. C’est aussi, bien sûr, maintenir les frontières ouvertes, car nos grandes entreprises ont besoin du commerce international pour faire des bénéfices ; elles ont aussi besoin d’immigration et de « diversité » pour peser sur les salaires des autochtones. Cela veut dire un enseignement professionnel de qualité et une recherche financée sur fonds publics, pour soulager les budgets de nos chères entreprises. Cela veut dire, enfin, être un atlantiste bien gentil et non un adepte de la bête indépendance nationale.

Bref, « reconstruire la France » c’est lui demander de s’oublier. C’est lui demander de préférer tout le monde aux Français de souche. C’est la faire devenir anglaise et protestante, voire musulmane, ce qui ne sera pas un problème si elle parle anglais et si elle se place au service de nos alliés qui nous aiment tant… Comme l’écrivait M. Sarkozy en 2006 (Témoignage, Editions XO 2006, pp. 277 et 280) : « Je pense que les Français attendent une France d’après… C’est une France où l’expression “Français de souche” a disparu. » Nous voilà avertis sur la nature de la reconstruction que nous promet M. Sarkozy !

Mais, au fait, plutôt que de changer la France, pourquoi ne pas changer de gouvernants ? Ne serait-ce pas finalement plus simple et beaucoup moins coûteux ?

Michel Geoffroy

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Image : Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (1647-1707), l’un des textes fondateurs qui inaugure le mouvement des “Lumières” en France.

Langues régionales : Nicolas Sarkozy sur les brisées de Marine Le Pen

Langues régionales : Nicolas Sarkozy sur les brisées de Marine Le Pen

23/02/2012 – 10h00
RENNES (NOVOpress Breizh) – La question des langues régionales s’invite dans la campagne électorale. En meeting électoral à Marseille dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a clairement affirmé qu’il n’entend pas ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. D’accord sur ce point avec Marine Le Pen.

Alors que Lionel Jospin, Premier ministre de Jacques Chirac, avait signé cette charte le 7 mai 1999, le Conseil constitutionnel avait rendu peu de temps après une décision selon laquelle celle-ci était contraire à l’article 2 de la Constitution française qui édicte que « la langue de la République est le français ». Dans son préambule, la charte comporte en effet des dispositions visant à reconnaître à chaque personne « un droit imprescriptible » à « pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée et publique », qui plus est sur des territoires déterminés, ce qui, selon le Conseil constitutionnel, “porte atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité dela République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français.”

Et ce n’est pas le nouvel article 75-1 de la Constitution, ajouté suite à la révision constitutionnelle de juillet 2008, selon lequel « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France », qui pourrait permettre la ratification de la charte. Selon Georges Tron, Secrétaire d’Etat chargé de la Fonction Publique, ce texte « exprime la simple reconnaissance d’un état de fait et n’a pas à lui seul d’effet normatif. » (Réponse à une question d’actualité au Sénat, 18/01/11.) Un simple texte « mémoriel », en quelque sorte.

«Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la charte des langues régionales et minoritaires qui n’a pas pour but de faire vivre les langues régionales mais de reconnaitre des droits linguistiques à toutes les minorités et de les placer sous le contrôle d’une Cour européenne qui jugera sans tenir compte de notre histoire nationale et de notre tradition républicaine. » a donc déclaré à Marseille le candidat de l’UMP, qui affirme le plus sérieusement du monde redouter par-dessus tout le « communautarisme », que la ratification de la charte ne manquerait pas, selon lui, de renforcer. Certains feront remarquer que cette défiance affichée vis-à-vis du communautarisme – nouvelle chez l’hôte actuel de l’Elysée – ne concerne apparemment que les minorités linguistiques régionales.

Avant d’écrire son texte, le rédacteur du discours électoral de Nicolas Sarkozy avait certainement lu le communiqué de l’un des porte-parole de Marine Le Pen, publié le 26 janvier 2012, dénonçant l’intention émise par François Hollande de ratifier la Charte. Selon Bertrand Dutheil de La Rochère en effet « deux siècles après sa rédaction, le Rapport sur la Nécessité et les Moyens d’anéantir les Patois et d’universaliser l’Usage de la Langue française de l’abbé Grégoire serait ainsi envoyé dans les poubelles de l’histoire par le candidat de la gauche. L’abbé Grégoire voulait ‘ fondre tous les citoyens dans la masse nationale’ pour ‘créer un peuple’. A l’inverse, François Hollande veut revenir en arrière pour mieux opposer les Français entre eux. »

Le conventionnel Barrère (1755-1841) : « le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton et le fanatisme parle basque ». Portrait par Jean-Louis Laneuville

Et cet ancien chevènementiste de mettre les points sur les i : « Avec Marine Le Pen, le français restera la seule langue de la République. Les langues étrangères de diffusion mondiale seront apprises dans l’enseignement secondaire. Dans sa sphère privée, il appartiendra à chacun, s’il le souhaite, d’étudier une de ces langues régionales ou minoritaires. »

Que prévoit donc cette charte si contestée? En réalité seules les langues traditionnellement employées par les ressortissants d’une partie d’un État européen sont concernées par le texte, et ses dispositions s’appliquent essentiellement aux langues parlées par une minorité du pays : sont donc concernées les langues « régionales » – c’est-à-dire les langues parlées localement au sein même du pays, dérivant d’une culture régionale distincte de la culture du pays lui-même (le breton en Bretagne, par exemple) – et les langues « minoritaires » – parlées par une minorité ethnique importante implantée dans le pays (par exemple l’allemand parlé par une minorité allemande au Danemark).

Disposition qui a son importance, et que veulent ignorer les deux prétendants à l’Elysée, les langues employées par les récents immigrants d’un État non-européen, ainsi que les dialectes locaux ou patois, sont exclus des dispositions de la Charte. Somme toute,la Charte consacre le droit de tous les peuples européens, y compris ceux qui n’ont pas d’Etat, à pouvoir s’exprimer en toute occasion, y compris dans la vie publique, dans la langue de leurs ancêtres.

Un droit à l’identité que, semble-t-il, Nicolas Sarkozy, n’entend pas reconnaitre. Selon lui, permettre à la langue bretonne (ou la langue alsacienne, ou la langue basque, ou la langue corse…) d’avoir une existence officielle « ruinerait des siècles d’efforts et de sacrifices pour nous construire un État, une Nation, une République dont nous pouvons être fiers et dont nous tirons notre force et notre intelligence collective.» D’accord en cela avec le porte-parole de Marine Le Pen pour qui cette reconnaissance conduirait à « opposer les Français entre eux. (…) Le mondialisme a besoin de fragmenter les peuples pour qu’ils se noient dans des conflits locaux et inter communautaires». La pratique d’une langue régionale comme facteur de ruine de l’Etat ou de désintégration mondialiste, il fallait y penser.

Déjà en 1792, l’abbé Grégoire affirmait sans rire que le « français est la langue de la liberté ». D’accord avec le conventionnel Barrère qui, au nom du Comité de salut Public, déclarait en pleine Terreur que « le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton et le fanatisme parle basque ». Deux siècles plus tard, on en est toujours là.

Crédit photo : Richard Pichet, licence CC.

2010 / 2011 : la hausse de l’immigration se poursuit

2010 / 2011 : la hausse de l'immigration se poursuit

Article publié avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia.

[box class=”info”] Immigration : toujours plus d’entrées. Comme chaque année le gouvernement vient de publier le rapport au Parlement sur « Les orientations de la politique de l’immigration et de l’intégration ».  C’est un recueil de chiffres officiels, donc imparfaits, politiquement correct oblige, mais précieux. Il porte sur 2010 et confirme les études antérieures présentées par Polémia. [/box]

1-Les flux migratoires continuent officiellement de s’amplifier 

En 2010, 188.387 premiers titres de séjour ont été attribués en France métropolitaine. Cela donne une idée, par défaut, des entrées. En effet, ce chiffre ne prend en compte :

  • – ni les ressortissants de l’Union européenne (y compris les nouveaux pays) ;
  • – ni les mineurs bénéficiant du titre de séjour de leurs parents (plusieurs dizaines de milliers) ;
  • – ni les demandeurs du statut de réfugié politique (de l’ordre de 50.000) ;
  • – ni les entrants officiels outre-mer ;
  • – ni, bien sûr, les clandestins.

Néanmoins, ce chiffre est en augmentation d’année en année, de 2010 sur 2009, de 2009 sur 2008, de 2008 sur 2007 : pour les quatre premières années du quinquennat de Nicolas Sarkozy, en 2010 par rapport à 2007, cela représente une hausse de 10% du nombre de nouveaux titres de séjour délivrés.

2-Augmentation de 54% pour les entrées professionnelles malgré un taux de chômage de 10%

2010 / 2011 : la hausse de l’immigration se poursuit Conséquence de la mise en œuvre de la politique d’immigration dite « choisie », les entrées recensées pour motifs professionnels passent de 11.751 en 2007 à 17.819 en 2010, malgré la crise et l’explosion du chômage. On connaît l’antienne cent fois répétée : « Les étrangers font le travail que les Français ne veulent plus faire. »

Pour être plus exact, il faudrait dire : que les étrangers déjà installés et les immigrés de la seconde génération ne veulent plus faire non plus. En effet, selon les statistiques officielles de l’INSEE, le taux de chômage des étrangers, hors Union européenne, est le triple de la moyenne nationale (1) (près de 30% aujourd’hui) et celui des descendants d’immigrés âgés de 15/24 ans dépasse 35% (2), soit deux fois la moyenne nationale. Les immigrés qui entrent aujourd’hui en France maintiennent des étrangers déjà présents au chômage ; et ce sont les parents des chômeurs de demain. Pour une raison simple : l’immense réservoir de main-d’œuvre qui se presse à nos portes tire les salaires à la baisse tandis que l’Etat-Providence assure à tous les résidents en France un revenu minimal ; d’où le développement simultané du chômage, de la baisse des salaires et de la montée des déficits.

3-Augmentation de 28% pour les entrées d’étudiants

Le nombre de titres nouveaux attribués à des étudiants est passé de 46.663 en 2007 à 59.779 en 2010, soit une hausse de 28%. L’opinion aurait tort de se rassurer avec les faux arguments que lui servent les médias dominants. Sous couvert d’une immigration provisoire bénéficiant au rayonnement de la France, il s’agit le plus souvent d’un mode d’immigration parmi d’autres, nourrissant le travail clandestin, notamment pour beaucoup de Chinois et d’Africains. Une étude officielle du secrétariat général à l’Immigration (3) le précise pour 2010 : « Au bout de huit ans [pour les étudiants entrés en 2002], un peu plus de un sur deux est encore en France. Venus pour effectuer deux cycles universitaires, voire un cursus complet, ils sont nombreux à être toujours étudiants. Une partie importante, environ 40%, est restée en changeant de motif : par ordre d’importance vient le motif familial puis le motif professionnel. » A noter que 15% des Africains sont encore étudiants (?), statistiquement parlant, huit ans après le début de leurs études en France…

4-Les régularisations se sont élevées à 32.810 en 2010

Officiellement le gouvernement lutte contre l’immigration clandestine. En réalité il compose avec elle et avec les forces d’extrême gauche qui la soutiennent. Ainsi on peut lire le tableau suivant page 72 du rapport au Parlement :

Tableau n°1-3-5 : Entrées irrégulières enregistrées dans AGDREF pour les premiers titres délivrés :

2010 / 2011 : la hausse de l'immigration se poursuit

Derrière un jargon technocratique ce tableau recense le nombre de clandestins régularisés : à un rythme de 30.000 par an en moyenne… soit autant que les reconduites à la frontière !

On notera au passage l’absence de chiffre pour 2010 : pour une raison simple, une censure de dernière minute a fait disparaître le chiffre de 32.810 régularisations, chiffre en hausse par rapport aux années précédentes et soulignant les limites des discours de « fermeté »… Il n’y a pas que dans feu l’Union soviétique qu’on caviarde les statistiques officielles…

5-Les naturalisations ont augmenté de 16% depuis 2007

Situées à hauteur de 100.820 en 2006, les naturalisations se sont élevées à 116.496 en 2010, soit une hausse de 16%. On pourrait s’en réjouir si cela traduisait une véritable assimilation. Mais c’est douteux :

  • – d’abord, parce que beaucoup de ces nouveaux citoyens restent les nationaux d’un pays étranger ;
  • – ensuite, parce que tous ceux qui reçoivent ainsi la citoyenneté française ne sont pas forcément pleinement français par la culture, la civilisation, le sentiment et l’allégeance ; c’est un légitime sujet de préoccupation, même s’il est politiquement incorrect.

6-2011 : nouvelle hausse des entrées légales

En 2011, les chiffres traduiront une nouvelle hausse des différents flux migratoires. C’est en tout cas ce que traduisent les données provisoires de janvier à novembre 2011 quand on les compare à celles de janvier à novembre 2010. Mais ces chiffres ne sortiront pas tout de suite des chaudrons statistiques de l’administration…

7-Deux colloques à suivre

Le problème de l’immigration reste donc un problème majeur même s’il est souvent occulté par les médias de l’oligarchie. Deux manifestations viendront prochainement éclairer la situation :

A vos agendas !

Andrea Massari

Notes :

1. Source INSEE : Nombre de chômeurs et taux de chômage selon la nationalité, le sexe et l’âge en 2009 : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03323
2. Source : ministère de l’Immigration – Infos migrations, mai 2011.
3. Infos migrations, n° 29, novembre 2011 : « Le Devenir des étudiants étrangers en France ».

[box class=”info”] Source : Polémia [/box]

Afghanistan : le gouvernement demande à l’Etat-major de ne plus communiquer jusqu’aux élections

Afghanistan : le gouvernement demande à l’Etat-major de ne plus communiquer jusqu’aux élections

23/01/12 – 16h00
PARIS (NOVOpress)
– La mort de quatre nouveaux soldats français assassiné par un Taliban infiltré dans les forces afghanes a ravivé la grogne de certains militaires qui dénoncent des choix tactiques dictés uniquement par des considérations électorales.

Les critiques portent notamment sur les conséquences tactiques découlant de la stratégie du « zéro mort» voulue par Paris depuis l’été dernier afin de pas gêner la campagne électorale de Nicolas Sarkozy.

En effet, depuis, 2011, l’Élysée a demandé aux forces françaises de se replier sur leurs postes et de ne plus entreprendre d’opération d’envergure à l’heure où leur retrait était officiellement annoncé.

« Les hommes contre lesquels nous nous battons sont des guerriers. Si vous vous voulez être craints et respectés par eux, il faut vous battre, prendre l’initiative et sûrement pas rester cloîtré derrière vos sacs de sable » aurait notamment déclaré au journal « France Soir », sous couvert d’anonymat, un officier vétéran des opérations extérieures.

Pour tenter d’étouffer la contestation qui grandit au sein de la « Grande muette, le gouvernement a demandé à l’Etat-major de ne plus communiquer sur l’Afghanistan jusqu’à l’élection présidentielle.

Photo en Une : Kaboul. Crédit photo : Carl Montgomery via Flickr, licence CC.

Après la perte du triple A de la France – Par Yves Marie Laulan

Après la perte du triple A de la France - Par Yves Marie Laulan

Les Américains ont une expression très plaisante pour désigner aimablement ce genre de situation : « He had it coming » que l’on peut traduire par : « C’est bien fait » ou « Il l’a bien cherché ».

En effet, la décision de Standard and Poor’s, lourde de conséquences, sanctionne, qu’on le veuille ou non, – car c’est bien d’une sanction qu’il s’agit – l’échec d’un homme, d’une stratégie, et la ligne de conduite adoptée pour gérer les affaires de l’Etat.

L’échec d’un homme

Le président de la République est sanctionné pour son inconstance et son imprévisibilité. Il a fait preuve tout au long de son mandat de son incapacité chronique à dégager une vision d’ensemble des problèmes de la France et à mener une politique cohérente de long terme, et cela dans les domaines les plus divers. Bien au contraire, il a trop souvent agi par foucades successives, par coups de tête irraisonnés, parfois même franchement déraisonnables. C’est la décision impromptue d’aller, toutes affaires cessantes, écraser la minuscule Libye, sous le fallacieux prétexte de sauver des vies humaines menacées, en fait pour redorer, pour quelques semaines seulement, son blason auprès d’une opinion publique désabusée. Et que dire de la navrante loi sur le génocide arménien destinée à racoler in extremis les voix de la communauté arménienne, au risque de sacrifier nos intérêts économiques en Turquie. Comme si la France n’avait pas assez d’ennemis !

L’échec d’une stratégie

De toute évidence, la France a souffert d’une mauvaise gouvernance économique. Car Nicolas Sarkozy a fondé sa politique économique depuis 5 ans sur le bluff, c’est-à-dire l’annonce fracassante de décisions non suivies d’effet. Notamment, depuis le retour de la crise, dans un monde dominé par l’image, il espérait sans doute qu’en se posant en défenseur de l’euro et protecteur des Français dans la tourmente, grâce aux multiples navettes Paris-Bruxelles, en duo avec Angela Merkel, il donnerait le change aux marchés et aux agences de notation. C’était prendre les analystes internationaux pour plus naïfs qu’ils ne sont.

En fait, cette partie de poker menteur reposait sur une idée fixe : ne pas prendre le risque de causer le moindre chagrin, ne serait-ce qu’à une fraction, même minime, d’un électorat de plus en plus rétif à l’approche des élections – dans le même esprit, la départementalisation de Mayotte, dont la France n’a pas fini de payer l’addition pour des années et des années, n’avait d’autre justification que de récupérer une poignée de voix pour les présidentielles. Sous prétexte de la crise, puis des élections, les plans de rigueur, dont le gouvernement a longtemps refusé de reconnaître la nécessité (même le mot était tabou) n’ont fait qu’effleurer légèrement la pointe de l’iceberg de la dépense publique. On a prétendu économiser 8 milliards d’euros sous l’annonce fallacieuse de la rigueur là où il eût fallu, en réalité, faire dix fois plus, c’est-à-dire comprimer le budget de 80 milliards, et non de 8, en faisant porter l’essentiel de l’effort sur le budget social devenu obèse à force de mesures catégorielles démagogiques. En fait, au fil des années, le gouvernement a plus ou moins perdu la maîtrise de la dépense publique et il n’a aucune idée de la façon dont il pourrait reprendre la main. Le pari de Nicolas Sarkozy a été de croire qu’il pourrait « bluffer » les agences de notation en les abreuvant de déclarations de bonnes intentions, jusqu’au jour tant attendu de l’élection présidentielle, en avril 2012. Après, on verrait bien. Pari perdu !

Une ligne de conduite inadaptée à la conduite des affaires de l’Etat

Autoritaire et capricieux, Nicolas Sarkozy est un homme seul qui ne consulte guère et n’écoute aucun conseil. Il ne connait pas le travail en équipe mais professe, en revanche, un certain mépris pour les hommes qui l’entourent. Le premier ministre a été ramené au statut de simple « collaborateur » et les ministres à la dimension, encore plus modeste, de « sous-collaborateurs ». Il ne supporte apparemment aucune contradiction, surtout pas celle apportée par les faits. Cette légèreté se retrouve dans le choix des hommes (et des femmes) qui est une affaire de simple opportunité momentanée en dehors de toute considération de compétence. C’est le cas de Christine Lagarde, sycophante appliquée de Nicolas Sarkozy quand elle était aux Finances où elle s’était bien gardée d’attirer l’attention de son maître sur les risques, pourtant manifestes, du déficit et de l’endettement. Et cela avant d’aller prêcher la vertu fiscale, une fois nommée au FMI. Belle constance dans les idées ! Quant au sémillant Baroin à la voix de baryton langoureux et à la mèche accrocheuse, mais franc-maçon de poids, sa place serait sans doute plus justifiée dans un film de « crooner » qu’à l’austère Bercy. Il est vrai que son rôle principal consiste à commenter les événements parus dans la presse de la veille. Mais à choisir systématiquement des marionnettes pour occuper des postes aussi chargés de responsabilité qu’aux Finances, surtout en période de crise, on court le risque d’en récolter les fruits : l’irresponsabilité et l’absence de crédibilité.

On observera, pour conclure, que Nicolas Sarkozy reste plus que jamais fidèle au mythe bien français qu’il est suprêmement important d’envoyer des copains à des postes de haute responsabilité internationale dans l’espoir d’avoir la haute main sur ces institutions : c’est la nomination au FMI du célèbre DSK avant que ce dernier ne sombre dans la délinquance sexuelle, promptement remplacé par Christine Lagarde au généreux sourire. En fait, au FMI comme ailleurs, ces institutions ne sont pas gérées par une personnalité charismatique capable de faire la pluie et le beau temps, comme la presse française, toujours aussi inculte, s’en est laissée convaincre avec DSK, mais par un corps technique solidement charpenté et largement indifférent aux influences partisanes (sauf en ce qui concerne, bien entendu, celle des Etats-Unis et encore).

 

***

 

Sur les conséquences de la perte du triple A, qu’aujourd’hui les porte-paroles en service au gouvernement s’efforcent risiblement de minimiser – après les avoir dramatisées à l’excès – on sait qu’elles seront quand même sévères, surtout dans le contexte économique actuel : c’est le renchérissement du coût de refinancement de notre endettement, l’affaiblissement de toute la zone euro que l’on prétendait défendre, le risque de voir les taux d’intérêt monter d’un cran à tous les niveaux, y compris celui des ménages, et cela en pleine stagnation économique. Les dégâts ne sont pas secondaires et la pente à remonter sera encore plus rude. Et de quel crédit, de quelle autorité notre président va-t-il pouvoir se prévaloir auprès de ses interlocuteurs étrangers après une telle perte de prestige ? Il ne lui reste plus qu’à bombarder Monaco ou le Liechtenstein pour réaliser l’union sacrée des Français autour du drapeau et de sa personne.

Mais cette nuée sombre est quand même traversée par quelques rayons de soleil qui redonnent une clarté d’espoir aux gens en place au gouvernement. C‘est que la Providence, bonne mère, leur a désigné comme adversaires à gauche une galerie de clowns réunis comme rarement dans l’histoire électorale de notre pays. Imaginons le pâle Hollande, amaigri au point d’en devenir diaphane, élu président pour s’entourer d’une équipe de choc formée de Ségolène Royal, de Martine Aubry, de Jack Lang bien sûr, assistés de l’inévitable, l’ inusable Jacques Attali, qui n’en est pas à un retournement de veste près. Pourquoi, tant qu’à faire, ne pas nommer à ce gouvernement l’ineffable Eva Joly, gracieuse fille d’Eve, comme ministre de l’Industrie chargée de démanteler la filière nucléaire française ? Mais voilà que l’extrême gauche de Jean-Luc Mélanchon donne à son tour de la voix et menace de rendre « coup pour coup » aux agences de notation. Il s’agit, sans nul doute, dans l’esprit de ce pitre, d’envoyer une escouade de gauchistes lancer des pétards dans les bureaux de Standard and Poor’s comme il faisait autrefois à l’école.

Non, décidément, avec des mauvais plaisants de cet acabit, la partie est loin d’être perdue pour une UMP menacée de naufrage et son président.

Yves Marie Laulan

Pour plus de détails sur ce sujet, voir mon article « fin de mandat » en date du 10 décembre 2011.

[box class=”info”] Source : Le blog de Yves-Marie Laulan. [/box]

“Nicolas Sarkozy est le politique qui s’est le plus moqué de moi” : Entretien avec Brigitte Bardot [EXCLUSIF]

"Nicolas Sarkozy est le politique qui s'est le plus moqué de moi" : Entretien avec Brigitte Bardot [EXCLUSIF]

[box class=”info”] Alors que l’année 2011 s’achève, il nous paraissait intéressant de dresser un bilan de la lutte en faveur de la protection des animaux avec Brigitte Bardot, présidente de la fondation qui porte son nom.

C’est très rapidement et tout naturellement qu’elle a accepté de répondre aux questions de Novopress.

Un entretien sous forme de cri du cœur et de révolte face à la passivité du gouvernement français en matière de protection animale, notamment concernant l’abattage rituel.[/box]

 

1 – Novopress – Madame Bardot, quel bilan tirez vous de cette année 2011 en ce qui concerne la condition animale et les maltraitances qui leur sont faites ?

BB – En France, les animaux sont toujours considérés comme de la bouffe, des objets, des cobayes, alors rien ne bouge et rien ne bougera tant que nous n’aurons pas pris conscience qu’ils sont des êtres sensibles. L’homme se dit supérieur aux autres espèces animales alors cela devrait lui donner une responsabilité supérieure mais c’est tout le contraire. 2011, ne m’a pas apporté beaucoup d’espoir mais il y a eu la présentation du « Brigitte Bardot », fleuron de la flotte Sea Shepherd qui se trouve, actuellement, en Antarctique pour combattre les baleiniers japonais. L’autre bonne nouvelle c’est la fermeture effective des frontières européennes aux produits issus de la chasse aux phoques. Les autorités canadiennes annonçaient l’abattage de 400 000 phoques cette année, il y en a eu moins de 40 000 en fait puisque le marché européen ne leur est plus ouvert.

2 – Vous avez félicité récemment Vladimir Poutine pour son action de protection des phoques notamment. Estimez vous que la France a un grave retard en ce qui concerne la protection animale ?

BB – Si j’ai félicité Vladimir Poutine c’est justement parce qu’il vient de mettre à mort l’industrie de la chasse aux phoques. Il fallait que cela se sache et mon intervention a eu un écho formidable au Canada alors j’espère que cela découragera les chasseurs de partir semer la mort sur la banquise. En France nous avons une politique mollassonne, rétrograde lorsqu’il s’agit de défendre les animaux, j’ai honte de mon pays, honte d’obtenir des résultats à l’étranger mais pratiquement jamais ici.

3 – Les abattages rituels se multiplient en France et en Europe. Les Pays-Bas viennent de revenir sur l’interdiction qu’ils en avaient faite. Quelles actions envisagez-vous pour l’année 2012 afin de vous opposer à ce qui constitue à la fois une maltraitance envers les animaux et une modification profonde de nos traditions ?

BB – J’ai tout tenté pour m’opposer à ces abattages barbares, j’ai même été trainée devant les tribunaux et condamnée pour avoir dénoncé la cruauté de ces égorgements à vif. En France, nous n’avons pas le droit d’en parler alors qu’ils se sont généralisés. En Ile de France par exemple, 100 % des abattages se font sans étourdissement préalable. Cette viande est distribuée avec les certifications halal ou casher mais aussi vendue pour tous les consommateurs, sans étiquetage spécifique.

C’est scandaleux car les consommateurs sont pris en otage. D’après un rapport de l’INRA, les bovins peuvent mettre jusqu’à 14 minutes pour perdre conscience après avoir eu la gorge tranchée ! Quatorze minutes de souffrance extrême car la bête est suspendue, se retrouve sur la chaine de découpe alors qu’elle est toujours consciente, c’est une honte. En 1962 je me suis battue pour obtenir que les animaux soient étourdis avant d’être abattus, la réglementation française et européenne a imposé cet étourdissement préalable mais l’exception pour l’abattage rituel est devenue la règle générale en France. Alors je demande aux consommateurs de réagir, de ne plus consommer d’animaux pour ne plus être complices de cette horreur qui est le quotidien de nos abattoirs.

"Nicolas Sarkozy est le politique qui s'est le plus moqué de moi" : Entretien avec Brigitte Bardot [EXCLUSIF]

[box]Ci-dessus, affiche de plusieurs associations de défense des animaux et en particulier de la Fondation Brigitte Bardot que l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) a voulu interdire il y a un an. Pour plus de détails sur cette affaire voir http://www.fondationbrigittebardot.fr/site/actu.php?id=40295. Cliquer sur l’image pour l’agrandir. [/box]

 

4 – Vous sentez vous écoutée par les politiciens français et notamment Nicolas Sarkozy ?

BB – Non, Nicolas Sarkozy est probablement le politique qui s’est le plus moqué de moi. Je l’ai rencontré à deux reprises, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur puis lorsqu’il a accédé à la présidence. Chaque fois il m’a fait la promesse d’imposer l’étourdissement des animaux avant leur saignée sans exception lors d’un abattage rituel… Il a fait exactement le contraire et ses ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur ont sabordé les projets européens allant vers une meilleure information des consommateurs. J’ai soutenu Nicolas Sarkozy car j’avais confiance en lui, maintenant que je connais mieux le personnage, je n’ai plus du tout confiance en lui et en sa politique.

5 – Les élections présidentielles approchent. Allez-vous tenter de peser sur le débat public ?

BB – Oui, ma Fondation interviendra auprès de tous les candidats pour leur présenter nos attentes et leur demander de se positionner. Nous participerons également à une grande marche unitaire, le 24 mars à Nîmes, pour interpeller publiquement les candidats.

6 – Comment faire pour les lecteurs qui souhaiteraient vous aider, rejoindre votre association ?

BB – Ce n’est pas difficile, ma Fondation ne vit que par la générosité de ses donateurs, avec mes coups de gueule à répétition contre le gouvernement vous imaginez bien que nous ne recevons aucune subvention, du reste nous n’en voulons pas, alors nous avons besoin du soutien le plus large pour pouvoir continuer le combat en toute liberté. Nous lancerons dans les prochains jours notre nouveau site internet où vous trouverez toutes les informations nécessaires pour mener, avec nous, le combat contre l’exploitation animale. En attendant, je souhaite, à vous et à vos lecteurs, une très belle Année 2012 !

“Le président Sarkozy parle, gesticule, mais n’agit pas !” par Marc Rousset [tribune libre]

"Le président Sarkozy parle, gesticule, mais n'agit pas !" par Marc Rousset [tribune libre]

Par Marc Rousset écrivain, économiste, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

Que ce soit pour les graves problèmes de l’immigration ou de l’euro, le Président Sarkozy est un faux dur qui parle, gesticule, communique, remue beaucoup de vent, mais qui ne fait pas grand-chose dans la réalité. A mettre au seul actif de ce Président illusionniste l’avancée du problème non réglé des retraites et des régimes spéciaux, car d’ici 5 ans au plus tard tout est à reprendre !

Quant à François Hollande, c’est encore pire car ce socialiste hypocrite et incapable , avec sa tête de jésuite candide, style François Mitterrand , a pour seul souci de se faire élire en nous mentant et en nous faisant rêver d’une façon irréaliste et irresponsable, ce qui est d’ailleurs le propre , l’essence même de la pensée socialiste ! Les socialistes français feraient bien de prendre un peu de graine auprès des socialistes SPD allemands ! François Hollande est à des années lumière d’un Gerhard Schroeder ! Alors que la situation est grave, avec de tels hommes politiques, la France est mal partie et va droit dans le mur !

En matière d’immigration , Monsieur Sarkozy ne voit- il pas que tous les deux ans la population extra -européenne de la France par le jeu cumulé des nouveaux entrants et des naissances augmente de 800 000 personnes par an, soit l’équivalent de l’agglomération lilloise ? Monsieur Sarkozy ne voit- il pas que son gouvernement continue de pousser des cocoricos démographiques sur la vitalité de la démographie française avec un taux de fécondité de 2 enfants par femme, soit moins que les 2,1 enfants par femmes pour assurer le taux de remplacement d’une population à l’identique, alors que ce taux moyen cache une catastrophe, à savoir la déseuropéanisation de la France avec un taux de fécondité des femmes d’origine européenne de 1,7 enfants par femme, tandis que celui des populations immigrées d’origine extra-européenne est de 3,4 enfants par femme, soit le double très exactement ! Monsieur Sarkozy ne sait il pas qu’en 2030, si rien ne change, le pourcentage des naissances d’origine extra-européenne en France sera de 30% , et en 2050 de 50% , à comparer aux 18% actuels avec tous les problèmes que nous rencontrons déjà dans nos banlieues , dans les rues pour notre sécurité et dans le remplissage de nos prisons. Or qu’a fait le Président Sarkozy depuis 5 ans, contrairement à ses annonces de rupture pour se faire élire ? Rien ! Beaucoup parlé, beaucoup karchérisé avec la langue, mais rien dans la pratique ! Le coût annuel de l’immigration a été cependant chiffré par Yves-Marie Laulan à 70 milliards d’euros par an !

De même en matière économique, le Président Sarkozy s’est intéressé à l’écume facile des choses, mais il n’a pas eu le courage de s’intéresser à la mer , contrairement à Paul Valéry. La lutte pour la diminution des dépenses publiques et sociales , avec en particulier le surnombre de 2 millions de fonctionnaires français par rapport à l’Allemagne ,soit un surcoût de 120 Milliards d’euros pour l’économie française ,n’a pas été menée sérieusement par un Président bling-bling avant tout soucieux de se faire élire, beaucoup plus proche du Président Berlusconi dans son essence que de l’austère et protestante, mais très sérieuse, Madame Merkel avec son excellent ministre Wolfgang Schaüble

Le problème urgent, c’est non seulement le rétablissement de l’équilibre budgétaire, mais aussi de la compétitivité française ! La France souffre d’un handicap de compétitivité de 12% par rapport à l’Allemagne , suite à ses coûts de main d’œuvre et des charges sociales trop élevées. Selon Jean-Michel Six de Standard & Poor’s, les exportations françaises qui représentaient 55% des exportations allemandes en 2000 n’en font plus que 40%. La glissade française est donc pire que celle de l’Italie qui est passée de 45% à 35% tandis que l’Espagne a tenu son rang autour de 20%. Une dévaluation fiscale interne s’impose donc avec introduction de la TVA sociale et réduction drastique des dépenses publiques et sociales, les contreparties étant une réduction des charges sociales des entreprises et de la pression fiscale.

Or la France du Président Sarkozy gesticule avec l’inscription de la règle d’or dans sa constitution, mais ne prend aucune mesure structurelle courageuse, ne fait que des « promesses » comme le remarque le Washington Post et rase demain gratis avec une diminution envisagée des prévisions de déficit public de respectivement 5,7% en 2011 , 4,5% en 2012, 3% en 2013, 2%en 2014, 1% en 2015, et 0% en 2016 !

La situation impose que l’on parle certes de règles d’or à inscrire dans la Constitution, mais que l’on prenne aussi et surtout des mesures urgentes pour que l’équilibre budgétaire et la compétitivité de la France soient rétablis d’une façon effective beaucoup plus rapidement. Le déficit public en 2012 devrait être par exemple au maximum de 3% et non pas de 4,5% ! L’excuse politicienne trop facile comme quoi il faut ménager la croissance ne tient pas ! Lorsqu’on est en faillite, il faut prendre le taureau par les cornes ! Voilà ce qu’aurait fait le général De Gaulle, et alors peut être la France aurait -elle eu la possibilité de garder son triple A pour diminuer les charges d’intérêt de la dette et accroître les chances de survie de l’euro  !

Crédit photo : DR

Le chômage bien parti pour s’installer durablement

Le chômage bien parti pour s’installer durablement

02/12/2011 – 14h30
PARIS (NOVOpress Breizh) – Pour le deuxième mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi a encore progressé en France. La récession qui se profile, avec son cortège de plans sociaux, d’usines qui ferment et d’entreprises qui délocalisent, n’annonce pas, pour l’année qui vient, la moindre amélioration sur le front de l’emploi. Et la multiplication des plans d’austérité ne devrait que renforcer cette tendance. Le chômage semble bien parti pour s’installer durablement.

Alors qu’en septembre, les chiffres du chômage avaient déjà atteint un niveau inégalé depuis près de douze ans, on aura enregistré au mois d’octobre 2.845.600 chômeurs de catégorie A en France métropolitaine. A ce chiffre il faut aussi ajouter celui des départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion et Guyane) qui s’élève à 238.200 chômeurs de catégorie A, avec une progression de 6,8%.

Parmi les catégories d’âge les plus atteintes, les seniors (+2,4 %) sont plus touchés que les moins de 25 ans (+0,6 %). Si l’on ajoute les personnes inscrites à Pôle emploi ayant une activité réduite (catégorie B et C), le nombre de demandeurs d’emplois s’établit à 4 193 000 (+0,4 %) en France métropolitaine.

Sur un an, la progression du chômage affecte différemment les régions administratives françaises. Ainsi pour la période de novembre 2010 à octobre 2011 le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A augmente de 9,9% en Aquitaine (record de France), suivi du Limousin ( 9%), de la Champagne-Ardenne(7,7%), de la région PACA (7,1%) et de Midi-Pyrénées (6,4%). La région administrative Bretagne enregistre une progression de 5%, deux fois et demie supérieure à celle dite des Pays-de-la-Loire (2,1%). Seule la Franche-Comté voit le nombre de ses chômeurs diminuer, passant de 46.700 à 46.200 (-1%). La variation moyenne en France depuis un an s’élève quant à elle à 4,5%.

En ce qui concerne la Bretagne, celle-ci comptait fin octobre, pour la seule région administrative, 120.700 demandeurs d’emploi de catégorie A, dont 22.400 de moins de 25 ans. Le mois dernier le chômage a progressé de 3% dans le Morbihan, de 2,6% dans les Côtes d’Armor, de 2,1% en Ille-et-Vilaine et de 0,5% dans le Finistère. La Loire-Atlantique a enregistré pour sa part une augmentation de 1,3 %, avec un nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A s’élevant à 46.150, ce qui porte à 166.850 le nombre total des Bretons à la recherche d’un emploi.

Xavier Bertrand, le ministre du Travail a admis que l’objectif de limiter à 9 % le taux de chômage, pour la fin 2011, sera impossible à réaliser « à cause d’une crise dont on ne sort pas encore et une crise qui parfois même, sur le terrain, s’intensifie ». Pour Michel Husson, de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires) « Il y a eu un basculement depuis la crise grecque. Alors que jusqu’ici on cherchait à amortir les effets de la crise sur l’emploi, aujourd’hui il n’y a plus de scrupules, on nettoie…».

Le 16 septembre 2010, lors d’un entretien télévisé avec David Pujadas, Claire Chazal et Michel Denisot, Nicolas Sarkozy déclarait pourtant: « le chômage reculera l’année prochaine, l’économie repart, est contrainte de repartir, on peut s’en sortir ». C’était il y a un an. C’était une autre époque.

Crédit photo : World Economic Forum via Flickr. Licence CC.