Des sans-dents aux « sans-pass », chronique d’un mépris

pass sanitaire police

« Donc ça va être primauté aux vaccinés et vie de merde pour les non-vaccinés » : ainsi s’exprime le « conseiller d’un ministre de premier plan ». Cette phrase est à l’image de la politique sanitaire française. L’un des objectifs avoués des décisions du 14 juillet rendant le pacte sanitaire obligatoire dans la vie quotidienne est de faire pression pour obliger les Français à se faire vacciner. L’obligation de présenter un pass sanitaire pour s’asseoir à la terrasse d’un café est emblématique de ce choix. Elle ne sert évidemment à rien sur le plan pratique : en extérieur et en respectant des règles de distance, les risques de contamination sont inexistants, en tout cas pas pire que dans la rue ou les transports. Le symbole est terrifiant: une partie de la population, qui pour une raison ou pour une autre, ne dispose pas d’un pass sanitaire, est traitée en pestiférée et exclue de la vie sociale dont l’accès à la terrasse d’un café est emblématique. Elle semble poser les bases d’un contrôle numérique de la société dans lequel tout le monde est le gendarme de tout le monde: il est légitime de s’interroger sur cette orientation et de s’y opposer. Le choix d’empoisonner la vie des personnes pour les contraindre à se vacciner dégage le pouvoir politique de sa responsabilité qui découlerait d’une obligation vaccinale pour les personnes à risque ne présentant pas de contre-indication.

Il repose tout entier sur l’idéologie du mépris, une vision de la population, des sans-dents aux sans-pass, autorisant les brimades et jusqu’à « une vie de merde » pour infléchir son comportement. De même, le discours quasi officiel qui consiste à dramatiser ou se montrer alarmiste pour propager la peur relève de la même logique, une vision « des gens » assimilés à la « populace », la vile multitude méprisable et indéfiniment manipulable, des sans-dents aux Gaulois réfractaires. La vérité, c’est que tout ce schéma est entièrement fondé sur le mensonge. Voyez encore les statistiques superbement tenues par le journal le Monde (pardon, je me répète, mais il faut répéter la vérité contre le mensonge). La situation présente sur l’ensemble du territoire n’a rien d’apocalyptique ni même d’alarmant. Désormais, le niveau de mortalité quotidienne semble se maintenir à un niveau à peu près équivalent à ce qu’il était avant l’épidémie. Toute mort est évidemment regrettable mais le covid 19 n’est qu’une partie infime du nombre total des décès dont sans doute beaucoup évitables (accidents, drogue, alcool, tabac, cholestérol).

Pire, le discours selon lequel les brimades, humiliations, violation des droits de la personne depuis mi-juillet – à l’image des terrasses de café – seraient à l’origine d’une prise de conscience et d’une augmentation des vaccinations est profondément mensonger: la hausse du nombre des vaccinations sur une base volontaire est continue et constante depuis plusieurs mois: la méchanceté publique, le chantage et le mépris n’y ont strictement rien changé. Voir toujours les statistiques du Monde. En ce moment nous atteignons le paroxysme de l’idéologie du mépris. Le mal absolu de la politique française: ils prennent les Français pour des c….

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet