Russie : Juste Cause se veut le parti de la “Grande Europe”

Russie : Juste Cause se veut le parti de la "Grande Europe"

29/08/2011 14h00
MOSCOU (NOVOpress) – Le parti libéral Juste Cause s’est déclaré ce week-end dans son manifeste reprenant les grandes thèses de son programme électoral pour les législatives de décembre 2011 comme “un parti de la Grande Europe. Après Charles de Gaulle, nous proclamons une Europe de Lisbonne à Vladivostok”.

Formée en février 2009, Juste Cause est actuellement dirigée par l’oligarque russe Mikhaïl Prokhorov. Patron d’Onexim, holding spécialisé dans les métaux, et troisième fortune du pays avec 18 milliards de dollars, il souhaite avec ce parti promouvoir une “idéologie libérale, donner la priorité aux droits de l’homme et à l’économie de marché”.

Dans son manifeste, le parti Juste Cause  souhaite “promouvoir une intégration économique maximale avec l’Europe” en formant “un tout avec cette dernière”,en ayant une “monnaie commune” et en assurant “la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux”, mais “sans adhérer ni à l’UE ni à l’Otan”.

Juste Cause ambitionne de devenir la deuxième formation après Russie Unie, le Parti du Premier ministre Vladimir Poutine.

Poutine dénonce “le monopole du dollar” qui “parasite l’économie mondiale”

Poutine dénonce "le monopole du dollar" qui "parasite l'économie mondiale"

02/08/2011 – 10h30
MOSCOU (NOVOpress) —
Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, n’a pas mâché ses mots aujourd’hui en s’en prenant au système économique américain et à la gestion de la dette par le gouvernement des Etats-Unis.

Au cours de la visite d’un camp de jeunes aménagé près du lac Seliger, dans la région russe de Tver, il a déclaré que le pays de l’Oncle Sam “vivait au-dessus de ses moyens, rejetant “la responsabilité” de “ses problèmes sur l’économie mondiale”.

Surtout, Vladimir Poutine s’est attaqué violemment au système monétaire américain qui “parasite l’économie mondiale grâce au monopole du dollar”.

Les relations France-Russie sous la loupe d’un expert (2ème partie) [vidéo]

Les relations France-Russie sous la loupe d’un expert (2ème partie)

Xavier Moreau, co-fondateur et directeur d’un cabinet de conseil pour les entreprises françaises, entrevoit les différentes options des futures relations franco-russes et analyse la situation existante dans une interview accordée le 21/07/2011 à Flora Moussa, correspondante de la très importante agence russe d’information internationale RIA Novosti. La première partie est ici.

À propos de l’auteur, Xavier Moreau. Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d’une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 10 ans, travaillant également sur l’Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie.

[box class=”info”] Source : Realpolitik.tv[/box]

Russie : des émigrants fantômes ? [Tribune libre]

Russie : des émigrants fantômes ?©retlaw snellac

[box class=”info”]Tribune libre d’Alexandre Latsa paru dans le cadre d’“Un autre regard sur la Russie” sur RIANOVOSTI, via Polémia[/box]

[box class=”warning”]Alexandre Latsa (photo ci-dessous), 33 ans, est un blogueur français qui vit en Russie. Diplômé en langue slave, il anime le blog DISSONANCE, destiné à donner un “autre regard sur la Russie”. Les citations en russe et les tableaux n’ont pas été reproduits dans cet article mais ils sont consultables dans et à partir de l’article original extrait du site RIANOVOSTI.[/box]

Alexandre Latsa
Alexandre Latsa

Très récemment, une série d’articles est venue rappeler à quel point la Russie était un pays sans avenir. Divers médias francophones, tels que le Figaro, la Tribune de Genève, Le soir, ont commenté les résultats d’un sondage qui expliquait “qu’un cinquième des Russes (22%) souhaiterait émigrer de Russie” et que “selon les chiffres officiels, cités par Vedomosti, en trois ans, environ 1,2 million de personnes ont quitté la Russie”. Ces résultats “illustreraient une nouvelle vague d’émigration, et mettent à mal les mots d’ordre patriotiques et les projets ambitieux du Kremlin”, écrit encore Europe1.

La naissance d’un mythe

Le chiffre de 1.250.000 de Russes qui seraient partis depuis 3 ans viendrait d’une discussion en date du 15.01.2011 retransmise à la radio d’opposition Echo de Moscou entre Sergueï Stépachine (président de la Cour des comptes) et Michaïl Barshevski. Je rappelle le moment clef de l’échange en russe [dont je donne la] traduction en français :

(citation en russe)

« S.STEPACHIN : J’ai des chiffres précis. 1.250.000 personnes qui travaillent à l’étranger. Et pas les plus mauvais…
M.BARCHEVSKI : Tu veux dire pas des plombiers ?
S.STEPACHIN: Des scientifiques, des spécialistes.
M.BARCHEVSKI : 1.250.000 ?
S.STEPACHIN : 1.250.000. Voilà à peu près combien sont partis depuis 1917. »

1.250.000 de russes travaillent donc à l’étranger. Comment en est-on arrivé à ce que ce chiffre soit repris par la presse francophone comme le nombre de russes ayant soi-disant fui la Russie depuis 3 ans ?

Dans un article du 11 février 2011 de Moskovsksi Komsomolets intitulé “Courons loin du tandem” (« Бегом от тандема ») il est écrit: “la Cour des comptes a officiellement déclaré que durant les dernières années sont partis de Russie 1.250.000 de personnes . La vague d’émigration est à peine moins grande que celle de 1917. Ces données sont confirmées par le directeur du Service Fédéral des Migrations (FMS): 300 à 350.000 Russes partent chaque année travailler à l’étranger.” Combien reviennent, il ne l’a pas dit.

(citation en russe)

En réalité une vérification sur le lien en question des affirmations du directeur du FMS permet de lire la phrase dans son ensemble et non un morceau sorti de son contexte. Voila ce qu’il y est en fait écrit: “Chaque année 300.000 Russes partent de Russie, dont 40.000 pour aller résider définitivement à l’étranger. Ce chiffre était de 70.000 en gros avant la crise, mais il s’est réduit (…). De tous les Russes qui sortent du pays, a peu près 30 à 40.000 quittent le pays pour aller résider définitivement à l’étranger.”

(citation en russe)

Le 29 mai 2011, la revue russe d’opposition Novaya Gazeta, dans un réquisitoire intitulé “La Russie ne plaît plus”, affirme que le pays ne sera pas en état survivre jusqu’à la crise démographique de 2050 en écrivant que le “représentant de la Cour des comptes Serguei Stépachine a affirmé que depuis 2008, 1.250.000 personnes” ont émigré.

(citation en russe)

Le président russe Dmitri Medvedev©RIA Novosti. Mikhail Klementiev
Le président russe Dmitri Medvedev©RIA Novosti. Mikhail Klementiev

Les faits sont bien loin des obsessions idéologiques

L’institut Rosstat donne des chiffres reconnus comme étant assez précis. Regardons les flux migratoires de Russie, entrées et sorties de 1997 à 2010, ici sous forme de tableau :

Depuis 2008 donc, 105.544 russes ont émigré hors de Russie.

Etudions maintenant l’émigration de Russie vers l’étranger lointain et non l’étranger proche, qui correspond à l’ex-monde soviétique. En effet il semble peu plausible que ces émigrants russes récents aient fui en masse la Russie dans ces 3 dernières années pour aller chercher refuge en Azerbaidjan ou en Biélorussie! Les données de 1997 à 2008 sont consultables en ligne ici et celles de 2009 et 2010 ici. J’ai synthétisé sous forme de tableau les résultats :

Depuis 1999 on peut voir que la quantité d’émigrants de Russie baisse, ce qui traduit l’amélioration économique que le pays connait depuis 10 ans.

Depuis 2008: 37.894 Russes ont émigré définitivement vers l’étranger lointain.

Il y a aussi une méthode indirecte de vérification : La consultation des statistiques migratoires d’Eurostat, des USA, du Canada, ou de l’Australie par exemple. Là encore, ce chiffre de 1.200.000 Russes ayant obtenu un titre de séjour à l’étranger parait fantaisiste. Il faudrait alors supposer qu’un million de Russes seraient partis sans se déclarer dans des pays qui ne tiennent pas de statistiques, cela semble peu crédible.

Sondages et Fantasmes

Maintenant le sondage traduisant “la soi disant nouvelle vague d’émigration, et qui mettrait à mal les mots d’ordre patriotiques et les projets ambitieux du Kremlin”. Regardons attentivement le tableau de ce sondage : si 22% des sondés affirment vouloir émigrer, ils ne sont que 1% à déjà préparer leur départ en faisant leurs sacs (ca n’a pas changé depuis 2009). Ils ne sont que 2% à avoir pris la décision d’émigrer et 6% à étudier les possibilités d’émigration. Ils sont également 69% à ne jamais penser à émigrer.

Par comparaison, en 2006, 25% des jeunes britanniques souhaitaient émigrer, ce chiffre a atteint 33% en décembre 2010. Mais à la même date, seulement 2% d’entre eux ont réalisé leur projet d’émigration. En clair, le pays n’a connu aucune fuite massive de cerveaux malgré de tels sondages. En 2009, 20% des Chinois diplômés souhaitaient également quitter le pays. En 2010, 30% des jeunes arabes (des pays de la ligue arabe) souhaitaient également émigrer. On relève aussi que 20% des Bulgares en âge de travailler souhaitent partir à l’étranger.

Ce seuil de 20 à 30% semble donc exister dans de nombreux pays, indépendamment du contexte économique local, bon pour la Chine, ou moins bon pour la Bulgarie par exemple. Par rapport à ces chiffres, on peut surtout se demander s’il y a suffisamment de jeunes Russes diplômés ou pas, qui souhaitent acquérir une expérience professionnelle à l’étranger. La mondialisation de l’économie offre des opportunités de plus en plus nombreuses dans ce sens, et il n’y a rien de malsain dans cette tendance qui améliore les échanges économiques. Ce qui est malsain, c’est de propager dans les médias des chiffres faux, pour alimenter des prévisions catastrophistes.

Quelles conclusions en tirer ?

  • – Les chiffres montrent en Russie une baisse forte de l’émigration et une stabilisation de l’immigration depuis le début des années 2000.
  • – Le nombre de Russes qui ont définitivement quitté leur pays depuis 2008 est de 105.544 et non pas de 1,25 million. – Une certaine presse dite d’opposition gagnerait beaucoup à être réaliste dans ses analyses et non à fantasmer en lançant des mensonges, repris et propagés sur la toile. La quantité ne s’impose pas sur la vérité. La Russie devrait par exemple vraisemblablement faire face à la crise démographique de 2050.
  • – Certains gros relais médiatiques francophones semblent ne pas vérifier leurs sources et on peut légitimement se poser la question de savoir s’il s’agit de simple mauvaise foi ou d’incompétence.
    Dans les deux cas, c’est assez inquiétant et cela ne reflète pas la vérité de la Russie d’aujourd’hui.

La Serbie à la croisée des chemins (2/2), par Alexis Troude [vidéo]

La Serbie à la croisée des chemins (2/2), par Alexis Troude

Alexis Troude, spécialiste des Balkans, traite dans cette deuxième partie de “La Serbie par rapport à l’UE”.

Dans une première partie il avait traité du repositionnement diplomatique du gouvernement serbe par rapport à ses voisins balkaniques.

A propos de l’auteur, Alexis Troude. Chargé de cours de géographie à l’Université de St Quentin-Versailles, Directeur du Département d’études balkaniques à l’Académie internationale de Géopolitique. Thèmes de recherche : géostratégie, frontière, identité et régions, géo économie, histoire des Balkans, territoires européens.

[box class=”info”] Source : Realpolitik.tv.[/box]

Les relations France-Russie sous la loupe d’un expert (1ère partie) [vidéo]

Les relations France-Russie sous la loupe d’un expert (1ère partie)

Xavier Moreau, co-fondateur et directeur d’un cabinet de conseil pour les entreprises françaises, correspondant pour la CEI du site internet, www.realpolitik.tv, se penche sur les relations économiques et politiques entre la France et la Russie dans une interview accordée à la correspondante de RIA Novosti, Flora Moussa, le 21/07/2011. Concernant l’avenir de la Russie Xavier Moreau indique que le principal risque est le risque démographique [surtout natalité insuffisante] mais pour lequel la politique entamée en 2005 commence à donner de très bons résultats.

À propos de l’auteur, Xavier Moreau. Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d’une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 10 ans, travaillant également sur l’Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie.

[box class=”info”] Source : Realpolitik.tv[/box]

Le « Prix Quadrige » ne sera finalement pas remis à Vladimir Poutine

Le « Prix Quadrige » ne sera finalement pas remis à Vladimir Poutine [cc] crédit photo : United Nations Information Service - Jean-Marc Ferré

17/07/11 – 18h30
BERLIN (NOVOpress)
— Les supplétifs de la police de la pensée auront finalement eu gain de cause. Face aux vives critiques que sa décision d’attribuer son prix au premier ministre russe Vladimir Poutine avait suscitées, le comité d’attribution du prix Quadrige a finalement décidé d’en reporter l’attribution cette année. Du coup, les autres lauréats potentiels du prix ne seront pas non plus récompensés. Le comité vient de l’annoncer samedi après une réunion tenue à Berlin.

“Le comité d’attribution du prix Quadrige s’est excusé auprès des personnes concernées (…) et se voit, à son grand regret, contraint de renoncer à une remise de prix (…) étant donné la pression croissante de plus en plus insupportable et le danger d’une escalade supplémentaire”, stipule un piteux communiqué de l’organisation. Les autres lauréats prévus pour 2011 étaient, outre Poutine, la ministre mexicaine des affaires étrangères Patricia Espinosa, l’écrivain né en Turquie Betül Durmaz et le premier ministre palestinien Salam Fayyad. Poutine devait être honoré « pour sa contribution à la fiabilité et la stabilité des relations germano-russes », selon le comité d’attribution.

La remise du prix au ministre Russe avait suscité un tollé au sein de la gauche allemande ainsi que parmi certains anciens lauréats. Cem Özdemir, président des verts et l’historien Edgar Wolfrum Heidelberg s’étaient même retirés du comité d’attribution en signe de protestation. L’artiste danois Olafur Eliasson avait notamment rendu son prix, reçu en 2010, en signe de protestation et l’ancien président tchèque Vaclav Havel, décoré en 2009, avait pour sa part indiqué vouloir en faire de même.

Le prix « Quadrige » récompense depuis 2003 “des modèles exemplaires d’esprits éclairés et d’efforts pour le bien public”. Cette reculade de l’organisation représente incontestablement une offense grave vis-à-vis d’un chef de gouvernement en exercice, démocratiquement choisi par le peuple russe. Le Kremlin a fait savoir que les relations russo-allemandes ne seraient pas affectées par ce différend.

La gauche allemande « scandalisée » par le « Prix Quadrige » attribué à Vladimir Poutine

La gauche allemande « scandalisée » par le « Prix Quadrige » attribué à Vladimir Poutine

15/07/11 – 15h45
BERLIN (NOVOpress)
– Il ne fait pas bon sortir du « politiquement correct » lorsqu’il s’agit de remettre un prix à une personnalité publique. En effet, la remise du prestigieux prix Quadrige au premier ministre russe Vladimir Poutine a déclenché un véritable scandale au sein de l’intelligentsia bien pensante en Allemagne. Trois membres ont quitté le conseil d’administration du prix en signe de protestation contre la décision du jury.

Le prix Quadrige est décerné annuellement aux personnalités internationales incarnant “l’esprit de pionnier” et les aspirations au “bien commun”.

La remise du prix 2011 à Vladimir Poutine a donc provoqué l’ire de la gauche allemande et même la première lauréate du prix, la publiciste allemande Silke Tempel, a cru bon de critiquer la décision du jury honorant pourtant l’homme politique à l’origine du redressement de la Russie.

Les autorités russes n’ont pour le moment fait aucun commentaire officiel à ce sujet, laissant la tempête dans un verre d’eau s’apaiser.

Parmi les lauréats du Quadrige des années précédentes figurent l’ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, les anciens chanceliers allemands, Helmut Kohl et Gerhard Schroeder, l’ex-leader tchécoslovaque Vaclav Havel et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

La révolte des intellectuels contre le Système

Malika Sorel

Article repris avec l’aimable autorisation de Polémia – La dissidence des intellectuels a précédé la chute de l’Union soviétique. La révolte des intellectuels contemporains pourrait bien annoncer la chute de l’empire cosmopolite. Certes, les oligarques du Système sont puissants : ils possèdent l’argent et contrôlent les médias classiques. Mais le pouvoir de ces oligarques est triplement menacé : par la révolte populiste, par la révolte numérique mais aussi par la révolte des intellectuels. Philosophes, anthropologues, économistes, géopoliticiens, géographes et sociologues sont de plus en plus nombreux à contester le désordre établi. A l’écart d’une actualité hollywoodienne, Andrea Massari nous propose de prendre un peu de hauteur… Explications.

Les philosophes à la quête du sens

L’écrivain Richard Millet dénonce La Fatigue du sens et l’horizontalité du monde
L’écrivain Richard Millet dénonce La Fatigue du sens et l’horizontalité du monde

Dans les années 1950, la majorité des philosophes étaient marxistes ; ils sont devenus droits-de-l’hommistes dans les années 1970/1980. Aujourd’hui, beaucoup de philosophes sont des critiques acerbes de la modernité et portent souvent la parole d’un retour à la tradition. C’est le cas de Jean-François Mattéi, auteur de La Barbarie intérieure et du Procès de l’Europe. C’est le cas de Philippe Nemo, auteur de La Régression intellectuelle de la France. Chantal Delsol dénonce, elle, L’Age du renoncement. Et avec une grande rage littéraire l’écrivain Richard Millet (photo) dénonce La Fatigue du senset l’horizontalité du monde. Un pamphlet philosophique éloigné de toute bien-pensance et frappé du sceau de la radicalité.

Le grand retour des frontières

Dans la novlangue contemporaine le mot frontières était devenu tabou : on n’en parlait pas, si ce n’est pour les… supprimer. Régis Debray a brisé le tabou en publiant un Eloge des frontières. L’éloge des frontières, c’est aussi le fil rouge du livre fulgurant d’Hervé Juvin : Le Renversement du monde. L’économiste et anthropologue rejoint ainsi le philosophe. L’un et l’autre chez Gallimard.

La réhabilitation du protectionnisme

Le Prix Nobel Maurice Allais
Le Prix Nobel Maurice Allais

Face à la grande menace industrielle, le vieux gaulliste Jean-Noël Jeanneney avait publié, en 1978, Pour un nouveau protectionnisme. En forme de chant de cygne car depuis la fin des années 1970, c’est le libre-échange qui donne le tempo. Parvenant même à faire censurer le Prix Nobel Maurice Allais (photo ci-dessus). Cette époque de censure est révolue : des économistes osent aujourd’hui s’afficher protectionnistes : Jacques Sapir et Jean-Luc Gréau ont rejoint Gérard Dussouy, théoricien de la mondialité, et Alain Chauvet (Un autre monde : Protectionnisme contre prédation).

Sociologues et géographes portent un regard critique sur l’immigration

Le géographe Christophe Guilly a jeté un pavé dans la mare avec ses Fractures françaises. Il y montre l’ampleur des fractures ethniques. Fractures ethniques qui ne sont pas forcément sociales : car on est plus riche (monétairement parlant, en tout cas) en Seine-Saint–Denis que dans la Creuse. De son côté, Malika Sorel tient Le langage de vérité [sur] Immigration, Intégration. Dans les mêmes perspectives que Michèle Tribalat (de l’INED) dans Les Yeux grands fermés (L’Immigration en France) ou Hugues Lagrange dans Le déni des cultures.

Le grand retour de la géopolitique

Chaque année le festival de géopolitique de Grenoble, organisé par Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud, marque le retour des intellectuels vers les préoccupations de puissance : Aymeric Chauprade, auteur de Chronique du choc des civilisations, peut y croiser Pascal Boniface, auteur de Atlas du monde global et pourfendeur des Intellectuels faussaires. Hors champ, on ne saurait oublier le général Desportes, ancien directeur de l’Ecole de guerre et critique des guerres américaines. Ni Alain Soral, qui ne veut pas seulement Comprendre l’empire mais le combattre. Ni Christian Harbulot, théoricien de la guerre économique. Ni François-Bernard Huyghe, lumineux médiologue.

Le dévoilement de l’art « contemporain »

Sans oublier les charges argumentées d’Aude de Kerros
Sans oublier les charges argumentées d’Aude de Kerros...

L’art « contemporain » a plus… d’un siècle. Il est plus que… centenaire ! Il est né dans les années 1890 et trône dans les musées depuis l’Urinoir de Duchamp en 1917 ! Mais les critiques de l’art « contemporain » sont de plus en plus nombreuses et acerbes. Jean-Philippe Domecq annonce que « l’art du contemporain est terminé ». Ces artistes sans art sont aussi critiqués par Jean Clair, académicien et ancien directeur du Musée Picasso, dans L’hiver de la culture et Dialogue avec les morts. Sans oublier les charges argumentées d’Aude de Kerros (photo) (L’art caché), de Christine Sourgins (Les mirages de l’art contemporain), de Jean-Louis Harouel (La grande falsification de l’art contemporain) ou d’Alain Paucard (Manuel de résistance à l’art contemporain).

La dénonciation des oligarchies

Il y a dix ans, les « oligarques » désignaient des dirigeants russes plus ou moins mafieux qui s’enrichissaient sur les ruines de l’ex-Union soviétique. Aujourd’hui, la critique des oligarchies a franchi le mur de l’ex-« rideau de fer ». Apôtre de la démocratie directe, Yvan Blot publie L’Oligarchie au pouvoir. Il se trouve en compagnie d’Alain Cotta dénonçant Le Règne des oligarchies et d’Hervé Kempf qui publie, au Seuil, L’Oligarchie, ça suffit, vive la démocratie. Et le libéral Vincent Bénard, directeur de l’Institut Hayek, dénonce les « oligarchismes ». Un point de vue que reprend d’une autre manière, l’anthropologue Paul Jorion dans Le Capitalisme à l’agonie. Ainsi cinq auteurs, partant de cinq points de vue différents, convergent dans la même critique. A la place des oligarques, on s’inquiéterait !

Les neurosciences contre la télévision et les pédagogies nouvelles

Des milliers d’études scientifiques ont établi la malfaisance de la télévision sur la santé (obésité, maladies cardio-vasculaires) et le développement intellectuel en particulier des jeunes enfants. Avec TV lobotomie, Michel Desmurget en fait un point sans concession, frappant au cœur l’instrument central de contrôle des esprits.
Les neurosciences offrent aussi des arguments décisifs contre les pédagogies dites « nouvelles » dont les ravages dans l’éducation sont constamment dénoncés, notamment par Laurent Lafforgue, médaille Fields.

Un bouillonnement fécond

Ce qui est frappant dans ce nouveau paysage intellectuel, c’est la diversité de ceux qui le composent. Il y a les établis et les marginaux : ceux qui ont pignon sur rue chez Gallimard et au Seuil, et ceux qui publient leurs livres à la limite de l’autoédition. Qu’importe, les uns et les autres rencontrent le succès grâce à Amazon notamment.
Il y a ceux qui viennent des rives de la gauche et du marxisme et ceux qui s’assument réactionnaires. Il y a des libéraux lucides et des lecteurs de Krisis. Il y a des catholiques, des laïcs et des panthéistes. Il y a ceux qui sortent de trente ans de bien-pensance et ceux qui luttent depuis trente ans contre la bien-pensance. Il y a aussi tous ceux qui viennent de nulle part mais qui respectent les faits.

Le pouvoir des oligarques et l’ordre politiquement correct (mondialiste, « antiraciste », libre-échangiste, en rupture avec les traditions) sont placés sous un triple feu : les mouvements populistes, la blogosphère dissidente et les intellectuels en rupture. Gageons que les événements qui viennent les feront converger !

[box class=info]Beaucoup de ces livres ont fait ou feront l’objet de recensions sur Polémia. Nos lecteurs peuvent s’y reporter. Ils peuvent aussi trouver certaines recensions sur l’excellent blog metapoinfos.hautetfort.com[/box]

Russie-USA : la guerre froide n’est pas finie

Russie-USA : la guerre froide n'est pas finie

07/07/11 – 20h00
MOSCOU (NOVOpress)
– Sergueï Lavrov (photo), ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré hier que “l’hostilité héritée de la guerre froide persiste dans les relations entre la Russie et les Etats-Unis”. Il est persuadé que les propositions formulées par la Russie, au sujet de la défense antimissile, “conviennent parfaitement pour trouver des compromis qui ne lèsent ni les intérêts des Etats-Unis, ni ceux de l’Europe, ni ceux de la Russie”, rapporte le site Ria Novosti.

Dans le cadre d’un compromis, il souligne qu’un projet conjoint constituerait une véritable percée pour l’avenir mentionnant que “les questions de la stabilité stratégique perdraient cet arrière-goût de confrontation qui persiste depuis la guerre froide” dans les relations entre Moscou et Washington.

Ces déclarations s’inscrivent à n’en point douter dans la tentative de déstabilisation orchestrée par les USA visant à isoler la Russie. Les récentes révolutions de couleurs en Ukraine, en Géorgie et au Kirghizstan, qualifiées de démocratiques et conduites en sous-main par des ONG pro-américaines dans la perspective de placer des hommes de paille à la solde des USA, sont là pour le rappeler.

Moscou dénonce les plans de l’Otan contre la Russie

02/07/11 – 10h00
MOSCOU (NOVOpress)
– Les murs ne sont pas encore tombés dans les esprits des dirigeants de l’Otan qui continuent à concevoir les missions de l’OTAN dans une optique héritée de la guerre froide.

C’est ce qu’a dénoncé le délégué permanent russe auprès de l’Otan, Dmitri Rogozine, en constatant que la confiance mutuelle faisait toujours défaut dans les relations entre la Russie et l’Alliance atlantique.

Selon le diplomate russe, cette dernière poursuit toujours l’élaboration de plans militaires contre Moscou.

“La confiance nécessaire est toujours absente de nos relations. Preuve à l’appui, une multitude de publications concernant d’éventuels plans de défense des pays baltes et de la Pologne, révélés en décembre derniers sur le site WikiLeaks”, a ainsi déclaré l’ambassadeur.

Selon M. Rogozine, la poursuite de ce genre de plans par l’Otan est un fait déplorable et un manque de respect envers la Russie qui ne peut évidemment rester sans réponse.