Le refus du risque rend la France apeurée, par Ivan Rioufol

Est-ce ainsi que les hommes vont vivre ? Le choix d’une société hygiéniste, imposé sans débat par Emmanuel Macron, est une alarmante régression démocratique. Mercredi soir, le chef de l’État a été jusqu’à recommander aux Français de “se laver les mains“. Au prétexte de sauver l’hôpital public, infecté par la bureaucratie, le pouvoir rabaisse les citoyens infantilisés au rang d’une chiourme à mater : tel est le sens qui peut être donné au couvre-feu (21 h -6 h), cette mesure policière répressive qui sera imposée dès samedi, pour au moins quatre semaines, en Île-de-France et dans d’autres métropoles. En fait, un autre séparatisme disloque la nation.

Ce divorce-là oppose, radicalement, la France d’en haut à celle d’en bas. Ce schisme n’est pas moins dangereux que le sécessionnisme politique qui pousse des cités islamisées à rompre avec la République. Dans les deux cas, l’État dévitalisé et apeuré est prêt aux prudences les plus irréalistes pour éviter les tempêtes.

Protéger la vie : l’argument est avantageusement avancé par le gouvernement pour justifier ses défensives face au virus ou aux guérillas urbaines. Cet apparent humanisme n’a pourtant pas empêché les députés de la majorité, dans la torpeur d’août, de voter pour l’interruption médicale de grossesse (IMG) à neuf mois, c’est-à-dire au terme de la naissance, en cas de “détresse psychosociale” de la mère. Les mêmes « progressistes » de LREM ont, comme la députée Albane Gaillot, crié “Victoire !” après le vote l’autre jour d’un allongement de l’IVG de 12 à 14 semaines. Dans Le Monde (7 octobre), Israël Nisand, chef du service de gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg, a décrit ainsi l’acte médical qu’il réprouve : “À 14 semaines, le fœtus mesure 120 millimètres et la tête est ossifiée. Ce qui veut dire qu’il faut couper le fœtus en morceaux et écraser la tête pour le sortir du ventre.”
Ces gens qui exhibent leur grande bonté sont des monstres.

La France achèverait son déclin si elle devait devenir, sans résister, ce pays lâche et tremblant qui s’étend, sous la direction d’”élites” soucieuses de s’épargner trop d’ennuis. Subrepticement, la société verse dans la paranoïa quotidienne, au prétexte de ne prendre aucun risque.

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 octobre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Crise sanitaire ? Le risque, c’est la vie !

Si, depuis la préhistoire, l’homme n’avait pas pris de risque, il est quasiment certain qu’il aurait disparu de notre planète.

S’il n’était pas descendu de son arbre, au risque d’affronter les prédateurs, il serait mort de faim ou aurait été délogé par des grands singes plus puissants.

Ramenons maintenant cette prise de risque à notre civilisation actuelle et regardons ce qu’elle nous a amené et surtout les catastrophes qu’elle nous a permis d’éviter.

Cela a commencé par le feu. Il n’a été apprivoisé que par l’homme, et ça n’a pas dû être sans un certain courage. Notre espèce lui doit, sans jeu de mots, une «fière chandelle».

Des milliers d’années après, l’homme a domestiqué le cheval et, là aussi, il a pris des risques. S’il ne l’avait pas fait, nous serions restés, avec notre force limitée, soumis à Dame nature.

L’homme n’est pas parfait, loin de là, mais le courage, avec son corollaire, la prise de risque, nous a permis de résister aux envahisseurs.

Aujourd’hui, les risques sont d’une tout autre nature, de l’ascension des hauts sommets aux défis sportifs, en passant par un autre risque, beaucoup moins reconnu dans notre pays : la création d’une entreprise! J’en sais quelque chose : j’ai pris d’énormes risques pour créer la mienne.

S’il y a un risque que nous devons soutenir, c’est bien celui-là. Avec le COVID, la population peut comprendre que l’entreprise est vulnérable avec toutes les conséquences catastrophiques que sa disparition provoquerait, nous en aurons malheureusement confirmation dans les mois qui viennent avec les dépôts de bilan annoncés.

La situation actuelle de nos entreprises n’est pas seulement due à cette pandémie; elle n’est qu’un accélérateur. C’est notre impréparation qui en est la première cause.

Nous ne pouvons pas en rejeter la faute sur les chefs d’entreprises français. Le mal vient de bien loin – je dirais depuis une quarantaine d’années, lorsque l’entreprise est devenue la seule valeur d’ajustement pour un financement de la protection sociale, l’antithèse de la prise de risque.

Les Français n’acceptent plus le moindre risque. Ils sous-traitent à l’État l’ensemble de leur sécurité dans tous les domaines.

Le risque zéro est impossible, mais coûte très cher quand on veut s’en approcher : nos gouvernants ont ainsi ponctionné, encore et encore, nos entreprises jusqu’à l’overdose actuelle.

Le résultat ne s’est pas fait attendre, principalement dans les entreprises industrielles qui payent pratiquement deux fois plus de charges que leurs concurrentes allemandes. Depuis l’an 2000, notre pays en a perdu la moitié et, malgré la charge de notre ministre des Finances pour leur «relocalisation», elles continuent inexorablement leur effondrement.

Une règle économique simple: si une entreprise ne peut pas dégager une marge suffisante, elle ne peut pas investir autrement que par l’emprunt, ce qui la fragilise et surtout elle n’a pas la trésorerie suffisante pour affronter des situations de crise comme celle que nous rencontrons aujourd’hui.

Vous l’aurez compris, si le risque c’est la vie, le «principe de précaution» à outrance, c’est la mort!

Claude Goudron

Tribune reprise de les4verites.com