Hémiplégie mémorielle : grand silence sur le populicide vendéen 220 ans après

Hémiplégie mémorielle : grand silence sur le populicide vendéen 220 ans après

« Henri de La Rochejacquelein au combat de Cholet en 1793 » par Paul-Emile Boutigny, Musée d’art et d’histoire de Cholet via Wikipédia (domaine public).

14/03/2013 – 16h00
PARIS (NOVOpress) – Il y a 220 ans, en mars 1793, un immense territoire, recoupant quatre départements, entre Poitou, Anjou et Bretagne se soulevait, faisant trembler un instant la République naissante sur ses bases. On a peu idée aujourd’hui de l’importance des troubles qui marquèrent cet événement dont Napoléon compara les protagonistes à des « Géants ». Durant trois ans de guerre civile, au terme de furieux combats et d’un paroxysme de violences et de terreurs inouïes, les pertes humaines furent estimées, selon les historiens, de 150.000 à 300.000 morts. De nos jours encore, ce vaste territoire garde les stigmates des événements, puisqu’il n’y existe pratiquement plus aucun bâtiment, fermes, châteaux, églises, villages, dont l’architecture est antérieure à la Révolution…

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“Stendhal rebelle et fidèle” (2ème partie) par Dominique Venner

“Stendhal rebelle et fidèle” (2ème partie) par Dominique Venner

La première partie est ici.

Je poursuis mes réflexions malséantes sur Stendhal, commencées le 26 février. Le prétexte était le 230ème anniversaire de la naissance de l’écrivain. J’avais commencé d’expliquer mon attrait métapolitique pour l’auteur du Rouge et le noir. Je poursuis.

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C’est une crispation ? Non, Sire, c’est une révolution

C'est une crispation ? Non, Sire, c'est une révolution

Le journal Le Monde, dans son style inimitable, commente gravement un dernier sondage IPSOS Public Affairs sous le titre politiquement correct : « Les crispations alarmantes de la société française » (Le Monde du 26 janvier 2013). Mais ce sondage ne surprend que les bobos du boulevard Auguste-Blanqui. M.G.

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L’assassinat politique : ça peut rapporter gros !

L’assassinat politique : ça peut rapporter gros !

26/08/2012 – 19h00
ROME (NOVOpress)
Benjamin Jones et Benjamin Olken ont publié en 2007 une étude intitulée Hit or miss ? à l’Université de Havard. Les deux chercheurs ont passé au crible les grands assassinats politiques des deux siècles passés. Il en résulte que sur les 298 tentatives enregistrées entre 1875 et 2004, seules 59 ont atteint leur but. Les meurtres politiques ont causé la chute d’empires, le morcellement de pays, le déclenchement de conflits et l’oppression de peuples entiers.

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Révolution annoncée dans le « Royaume » maçonnique de France

Révolution annoncée dans le « Royaume » Maçonnique de France

La crise n’épargne pas les milieux occultes : l’objectif des loges ces derniers temps est de survivre en défendant chacune sa “sensibilité” et sa fidélité aux fondements de la franc-maçonnerie, en se présentant comme la plus influente et en obtenant, pour celles qui s’incrivent dans la pure tradition, la reconnaissance de la Grande Loge unie d’Angleterre (GLUA), la maison-mère des frères maçons, attribuée à une seule loge par pays.

Pour ce dernier point, les loges doivent respecter certains canons, comme rester fermées aux femmes, reconnaître une transcendance et croire à l’éternité de l’âme. Voilà qui interdit de reconnaissance le Grand Orient de France (GODF), en particulier depuis sa récente ouverture aux femmes, même s’il comptait sur ses effectifs (50 000 frères) supérieurs aux autres loges pour influencer la GLUA et parvenir à cet objectif.

Mais aujourd’hui, le GODF et la Grande loge nationale de France (GLNF) se retrouvent en présence d’une nouvelle force, une Fédération maçonnique française de tradition (FMFT) encore embryonnaire qui regrouperait la troisième force maçonique de France, la grande loge de France (GLDF, 34 000 frères) ainsi que la Grande loge traditionnelle symbolique Opéra (4000 frères) et la dernière née, la Grande loge de l’alliance maçonnique française (GL-AMF, 8500 frères), composée de dissidents de la GLNF qui n’en finit pas de se débattre dans ses guerres intestines.

Et cette FMFT – et donc la GLDF – après avoir oeuvré dans l’ombre, serait en passe de réussir le doublé : gagner la guerre des effectifs et l’onction de la GLUA.

Alors que la GLNF, qui semble hors de combat pour l’instant, panse ses plaies, la guerre redouble donc entre le GODF et la GLDF. Une seule certitude à l’heure qu’il est : quelque soit l’issue de ces luttes de pouvoir et de positionnement sur l’échiquier de la franc-maçonnerie mondiale, le paysage maçonnique français va connaître des bouleversements qu’il semble utile de suivre et de connaître, tant ils risquent de modifier l’influence dont les maçons, en fonction de leur obédience, ont réellement et garderont ou pas auprès des principaux acteurs politiques.

Lahire

[box class=”info”] Source : Le Salon Beige. [/box]

Crédit image : MesserWoland via Wikipédia, licence CC.

La prise de la Bastille – Par François Brigneau

La prise de la Bastille - Par François Brigneau

[box class=”info”] En mémoire du brillant journaliste et écrivain François Brigneau qui vient de décéder, nous publions sa “Prise de la Bastille”. Elle illustre son art de pamphlétaire.
Cet article est paru en juillet 2003 dans “Le libre Journal de la France Courtoise”, du regretté Serge de Beketch.[/box]

Contrairement à ce que croit la majorité des Français, le 14 juillet n’est pas la fête de la France. En choisissant cette date anniversaire de la prise ou, plus exactement, de la surprise de la Bastille, le Nouveau Régime ne fête que son imposture originelle. Il célèbre une falsification historique. Il glorifie les crimes de guerre civile.

La Bastille n’était pas le symbole de l’oppression judiciaire qu’en ont fait les historiens de la République. Elle servait peu, et rarement contre le peuple. De 1782 à 1789 on n’y compta, en moyenne, que douze prisonniers par an, tous ou presque nobles ou bourgeois. Le 14 juillet 1789 il ne s’en trouvait que sept : quatre escrocs à la fausse lettre de change ; un Irlandais enfermé pour démence depuis sept ans ; un autre fou, embastillé depuis 1759, et le comte de Soulages que son père fit incarcérer pour “crimes atroces et notoires”.

A l’origine, la Bastille était une des portes, la porte Saint-Antoine, chargées de défendre Paris. Huit tours rondes, hautes de quatre et cinq étages, en faisaient une forteresse. Devenue prison, elle conserva son gouverneur et sa garnison. En 1789, celle-ci était forte de 127 hommes, occupés surtout aux services. Quinze canons, placés au faîte des tours, servaient à tirer des salves et ne pouvaient braquer en bas. Placées à l’entrée, trois pièces de campagne rappelaient la vocation première de la Bastille. Enfin, ne l’oublions pas, la troupe disposait de douze fusils de rempart, du modèle dit “amusettes du comte de Saxe”. Malheureusement six d’entre eux avaient rendu l’âme. Bref, rien qui pût inspirer une haine farouche entraînant l’insurrection.

La Bastille comptait si peu dans le système répressif du gouvernement du roi que sa démolition était décidée. Le sieur Corbet, inspecteur de la Ville de Paris, avait déjà dressé le plan de la place Louis XVI qui devait lui succéder. On peut le voir au musée Carnavalet.

Lors de l’assaut, dont l’héroïsme continue, après deux siècles, à faire l’admiration des foules, la puissance de feu de la garnison ne s’exprima que par un seul coup de canon. Il n’y eut pratiquement pas de combat. Beaucoup d’assaillants succombèrent en tombant dans les fossés, poussés par l’enthousiasme et la boisson. D’autres se tuèrent par maladresse. La Bastille se rendit quand les canons de l’émeute furent pointés sur la porte d’entrée. Croyant à la promesse qu’il ne serait fait aucun mal à la garnison, M. de Launay, le gouverneur, donna les clés du petit pont-levis.

Aussitôt c’est la ruée. La populace envahit la cour intérieure. Deux invalides – soldats que l’âge et les blessures ont rendu inaptes aux armes – sont tués. L’un est transpercé de coups de sabres et de piques. L’autre est pendu. Trois officiers sont assassinés. Dans le mouvement, la meute hurlante entraîne M. de Launay vers l’Hôtel de Ville. J’ai toujours une pensée émue pour lui quand je vais manger des solettes et boire une bouteille de chablis au “Dôme Bastille”. C’est à qui lui portera des coups de poings, de pieds, de bâtons, de crosses, de piques. Le malheureux perd son sang par vingt blessures. Le sang excite toujours la canaille. Un patriote, encore plus patriote que les autres, prend son courage à deux mains. Il lui décolle la tête du tronc, l’embroche à la pointe d’une pique et la montre à la foule, dans les clameurs.

Trois jours durant, la tête de ce pauvre M. de Launay fut promenée dans Paris, au-dessus d’un écriteau où l’on pouvait lire “M. de Launay, gouverneur de la Bastille, traître et parjure au Peuple”. En 1989, au cours des festivals du Bicentenaire, on se demande pourquoi nous n’avons pas eu droit à la reconstitution de cet épisode. Les intermittents du spectacle n’auraient pas fait grève. En émeutiers, ils auraient montré une sincérité bouleversante.

Convenons cependant qu’il n’y avait pas de quoi faire une fête nationale.

François Brigneau

Présidentielle : Philippe Poutou, où la nostalgie du Grand Soir impossible

Présidentielle : Philippe Poutou, où la nostalgie du Grand Soir impossible

10/04/2012 – 16h15
NANTES (NOVOpress Breizh) –
Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) était de passage à Nantes le 29 mars dernier pour présenter son programme. Seul authentique ouvrier dans cette campagne présidentielle, le successeur du très médiatique O. Besancenot a manifestement du mal à s’imposer dans la compétition, écrasé par la personnalité et les talents oratoires de celui que Marine le Pen qualifie de « triple idiot utile du système », J.L.Mélenchon.

Devant un public d’environ 200 personnes majoritairement jeunes et masculines et une présence importante de journalistes, « Thierry », représentant le MOC (Mouvement des objecteurs de croissance), ouvrit la séance en s’efforçant de démontrer « comment les riches détruisent la planète. » Le MOC s’affirme d’abord  « anticapitaliste », idée centrale de tous les intervenants de la soirée. Il préconise la décroissance avec des mesures comme la réduction du temps de travail, l’anti – productivisme,  l’arrêt total de la production d’énergie nucléaire, un revenu maximum autorisé et un revenu d’existence pour tous. Se voulant l’héritier tant du socialisme utopique que du socialisme «  scientifique », il s’affirme héritier de Gandhi et antimilitariste – il demande en particulier l’arrêt des productions d’armement comme les avions Dassault. Quelques maigres applaudissements de pure politesse concluront l’intervention.

« Claudine », pour le NPA, prendra ensuite la parole pour mettre en lumière le lien étroit existant entre le combat anticapitaliste et la lutte écologique. Selon elle, les vrais responsables des problèmes climatiques, ce sont les capitalistes et leur course au profit, illustrant son propos par un inventaire àla Prévert: la spoliation des ressources en eau et des terres, les logements tout électrique et mal isolés, l’urbanisation périphérique, les OGM, la malbouffe, les pesticides, les médicaments inutiles voire nocifs, le pétrole, le tri des déchets, le pillage des pays du sud, la publicité pour des produits inutiles …

Par opposition à cette économie, la représentante du NPA affirmera que « l’écologie, c’est le droit de décider de sa vie. » Elle exige donc  « la sortie du nucléaire en 10 ans et l’arrêt des nouveaux projets, un service public de l’énergie sous contrôle de la population et avec une gestion locale, le développement des transports en commun gratuits, l’arrêt des engrais, des pesticides, des OGM » . De façon plus concrète, elle appelle au soutien des AMAP, du micro-crédit, des échanges sans argent, avant de conclure par un « face au capitalisme, ne lâchons rien »,  qui lui vaudra des applaudissements un peu plus soutenus.

« Sandra », également pour le NPA, lui succède pour montrer les conséquences désastreuses du capitalisme en crise avec l’exemple de la Grèce. Selonelle, les mesures en cours se résument à « comment on vide les poches des travailleurs pour remplir celles des riches ». Elle dénonce le « gouvernement non élu de techniciens d’union nationale (…) qui bafoue les droits démocratiques ». Exaltant « le peuple grec qui organise la résistance, occupe les entreprises fermées », elle termine par un « vive la lutte des travailleurs grecs ! » qui déclenche un soutien plus affirmé d’une partie de la salle.

Enfin Philippe Poutou prend la parole. Commençant d’abord par rappeler avec un certain humour décalé « qu’il est candidat, que ce n’est pas un mythe » il précise que « la politique, c’est l’affaire de tous, des solidarités, de la chaleur humaine, c’est s’organiser pour changer le monde, pour la dignité populaire ». Sortant de sa torpeur, la salle applaudit cette entrée en matière.

Le successeur de Besancenot va ensuite recadrer le combat anticapitaliste du NPA  pour le féminisme avec une loi cadre sur l’égalité homme – femme et contre la violence qui leur est faite partout en citant l’exemple de DSK, pour l’écologie avec la socialisation des groupes industriels comme AREVA, EDF, TOTAL, contre le racisme et pour soutenir l’immigration -cela fera plaisir au Medef – contre l’impérialisme et l’intervention en Afghanistan et pour l’internationalisme, le soutien aux peuples du monde entier, le droit à l’autonomie y compris des DOM/TOM, des Basques, des Corses et des Bretons, contre l’urbanisation et pour protéger la campagne. Vaste programme.

Il explique que la crise, qui dure depuis 30 ans, a considérablement appauvri les travailleurs. Huit millions de personnes, dont beaucoup de jeunes et  de femmes, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Quatre millions ont des difficultés pour se loger. Au même moment, « les riches, comme le PDG de PUBLICIS, reçoivent des salaires en hausse de 35% entre 2011 et 2010. Ils bossent sacrément dur ces gars-là, souligne P. Poutou, pour toucher autant ». Applaudissements nourris du public, qui n’apprécie manifestement pas la rémunération record que vient de percevoir Maurice Lévy.

Le candidat du NPA estime que les mesures prises par N. Sarkozy, « à la solde des capitalistes »,  sont inopérantes. Marine Le Pen, ce n’est pas une surprise, n’est pas très appréciée non plus : « politicienne professionnelle, avec ses millions, qui ose se  faire passer pour une anti-système,  qui a le culot de se dire la candidate des ouvriers ». Ennemi du protectionnisme pour la France,  P. POUTOU déclare qu’il est « pour le protectionnisme des salariés, de tous les peuples à l’échelle européenne, pour un statut unique, une Europe des peuples, une Europe sociale, contre celle des capitalistes et des banquiers« . Mais pourquoi se limiter aux frontières de l’Europe, quand on est un internationaliste convaincu ? L’orateur ne le précisera pas.

Philippe Poutou est bien entendu conscient qu’il  a peu de chances d’être élu mais, affirme-t-il,  « ce combat comprend deux manches : dégager Sarkozy et toute sa bande(…) Comme Hollande et le PS ont un programme dans la logique libérale, une austérité de gauche, la deuxième manche, dès le 7 mai, sera de reconstruire les réseaux militants , des gens qui se battent …pour nous, l’avenir c’est préparer les luttes sociales à l’image de mai 68, de l’été 36 ». Nostalgie, quand tu nous tiens…

Il terminera en réaffirmant que « les peuples de la planète ont un seul ennemi le capitalisme mondial ». Pas convaincu,  un militant lui répondra « qu’au deuxième tour il votera blanc car il en a assez de se faire avoir par les socialistes. » un avis partagé par une large partie de la salle qui applaudit le contradicteur.

Enfermé dans une thématique stérile, prisonnier d’une grille d’analyse marxiste largement obsolète, acquis à l’idéologie sommaire des ligues de vertu antiracistes, islamophile au point d’avoir présenté aux dernières régionales une femme voilée,  incapable d’analyser de façon cohérente les enjeux du siècle qui commence, le NPA apparait aujourd’hui comme le conservatoire de la nostalgie d’un Grand Soir impossible. Philippe Poutou, ou la figure de cire du musée Grévin du marxisme, tendance trotskiste.

Crédit photo : Minamonoch, licence cc

La Libye, de la « libération » à la somalisation

La Libye, de la « libération » à la somalisation

Alors que les turbulences se poursuivent en Egypte et en Tunisie, où l’asphyxie du tourisme et le départ des investisseurs provoquent un chômage sans précédent, le risque (prévisible) de sécession de la Cyrénaïque remet la Libye au premier plan, affolant chancelleries et rédactions.

Le 8 mars était trompettée une excellente nouvelle : après « trente-trois ans » de total dévouement à un régime qu’il vient de découvrir « criminel », Abdo Hussameddine, vice-ministre syrien du Pétrole, choisissait de « rejoindre la révolution du peuple qui rejette l’injustice » et de reprendre ainsi « le droit chemin ». Cette miraculeuse conversion à la démocratie est aussi une inestimable prise de guerre pour les rebelles syriens réputés, par notre ministre Alain Juppé en particulier, incarner les droits de l’homme.

Mais cette sensationnelle annonce faisait bientôt place à une autre, beaucoup moins réjouissante pour les zélateurs des « printemps arabes » : l’éventualité de la « dislocation de la Libye », avec la proclamation unilatérale de l’autonomie de l’Est libyen par des dignitaires locaux, chefs de tribu et commandants de milice réunis à Benghazi – deuxième ville du pays et berceau de l’insurrection qui a renversé Muammar Kadhafi – devant des milliers de personnes qui les ont follement applaudis. Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition (CNT) au pouvoir, répliquait aussitôt à cette « provocation » par la menace de « recourir à la force » pour mater les « séparatistes ». S’il réprime la rébellion de ces derniers avec la vigueur d’un Bachar al-Assad, quel dilemme pour Nicolas Sarkozy qui, le 1er septembre à l’Elysée, et au nom des « Amis de la Libye » (dont le Britannique David Cameron, l’onusien Ban-Ki-Moon et l’émir du Katar), remettait au même Abdeljalil 15 milliards de dollars pour la « reconstruction de la Libye nouvelle » ! Un mirage exalté par tous les médias.

Un pays livré à des milices surarmées

Du coup, c’est l’affolement dans les rédactions. « Libye : l’autonomie de l’Est fait craindre une partition du pays », titrait Le Parisien, « Menace d‘une nouvelle guerre civile », s’inquiétait Libération, « Libérée de Kadhafi, la Libye s’enfonce dans le chaos », constatait avec tristesse Le Nouvel Observateur ; l’AFP évoquait un « risque de somalisation » et Le Point lui-même, où sévit Bernard-Henri Lévy, héraut de la « croisade » contre Kadhafi et tombeur du raïs, admettait par la plume de son correspondant Armin Arefi l’extrême gravité de la situation : « Ce devait être le grand succès international du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais la Libye post-Kadhafi semble inexorablement basculer dans l’impasse. L’annonce de l’autonomie de la région de Cyrénaïque a fait l’effet d’une bombe. » Les conséquences en seront d’autant plus graves et plus sanglantes que, depuis la révolution, la Libye souffre d’un « fléau » : « l’abondance d’armes en libre circulation à travers le pays ». Ces armes, fournies notamment par les « officiers de liaison » français envoyés par Paris, avaient été « confiées aux rebelles organisés en milices pour se débarrasser de Muammar Kadhafi ». Las ! Les milices sont désormais « hors de contrôle » et, selon le diplomate français Patrick Haimzadeh cité par l’hebdomadaire de François Pinault, il n’est donc pas exclu que les autonomistes de Benghazi « aillent à l’affrontement avec le gouvernement central, en cas de refus », tant ils sont convaincus que « la révolution a été déviée » et qu’elle leur a été confisquée par Tripoli.

Conclusion de Armin Arefi : « Si le candidat Nicolas Sarkozy peut se targuer d’avoir évité le bain de sang que promettait Muammar Kadhafi à Benghazi, il semble bien moins se soucier aujourd’hui du sort d’un pays miné par les intérêts personnels et les rivalités, tant régionales que tribales […] Nicolas Sarkozy s’attendait à une guerre pliée en une semaine, car il ne connaissait pas la société libyenne. Or on ne change pas une culture politique en quelques mois. Cette situation va durer au moins dix ans. »

« Silence médiatique » malgré le tocsin

Mais qu’importait, sans doute, aux yeux du président-candidat ! « Le temps où les caméras, appareils photo et plumes du monde entier informaient non-stop sur la Libye paraît bien loin. La Libye est retournée au silence médiatique. Les regards se sont tournés vers la révolution suivante, en Syrie », commentait de son côté Gaël Cogné sur France TV Info, grand service de « l’actu en continu » lancé en fanfare le 14 novembre dernier par le géant France Télévisions, avec l’ambition d’être « la première plateforme d’informations en temps réel du service public », alimentée par les multiples rédactions de la télévision d’Etat.

Evoquant les cent cinquante tribus composant la société libyenne et agitées de violents antagonismes, Gaël Cogné écrit benoîtement que « ces divisions ne sont pas une surprise ».
Eh bien si, c’en est une, et de taille pour le bon peuple, qui a financé de ses deniers durement gagnés une intervention militaire (au coût exorbitant en ces temps de crise : plus de 350 millions d’euros, estimait L’Express du 28/09/2011) mais dont on lui avait juré qu’elle procurerait un avenir radieux au peuple libyen et, à la France, un marché du siècle : « A ceux qui parlent d’argent, je fais remarquer que c’est aussi un investissement sur l’avenir », avait osé déclarer un mois plus tôt notre inénarrable ministre des Affaires étrangères au quotidien Le Parisien (du 27/8/2011). Un investissement bien compromis par les événements actuels.

Pourtant, les mises en garde n’avaient pas manqué. Le fils du colonel Kadhafi, Seif Al-Islam, avait prédit dès les premiers temps de l’insurrection que les tensions entre tribus « pourraient causer des guerres civiles ». Une mise en garde avait été lancée d’emblée par Polémia qui, sur son site, avait multiplié les alertes (1) dans des articles où était clairement souligné le risque de « partition » du pays, à partir des travaux de Bernard Lugan. Dès le 13 mars 2011, le célèbre africaniste avait déploré qu’ « en écoutant BHL et non les spécialistes de la région, le président Sarkozy ait involontairement redonné vie au plan Bevin-Sforza rejeté par les Nations unies en 1949 ». Et Lugan d’expliquer : « Ce plan proposait la création de deux Etats, la Tripolitaine, qui dispose aujourd’hui de l’essentiel des réserves gazières, et la Cyrénaïque, qui produit l’essentiel du pétrole. Voilà donc la première étape de ce plan oublié désormais réalisée avec la reconnaissance par la France, suivie par l’UE, du gouvernement insurrectionnel de la Cyrénaïque… Deux Etats existent donc sur les ruines de la défunte Libye : la Cyrénaïque – provisoirement ? – aux mains des insurgés, et la Tripolitaine. C’est à partir de cette donnée qu’il convient d’analyser la situation, tout le reste n’étant une fois encore que stérile bavardage, vaine gesticulation et soumission à la dictature de l’émotionnel. »

La fidélité de BHL… à Israël

Mais qui avait écouté Lugan (2) parmi les innombrables « spécialistes » de France Télévisions et des autres médias qui nous affirment aujourd’hui assister « sans surprise » aux déchirements libyens ?

Le seul qui ait eu alors droit à la parole était M. Lévy, promu par le chef de l’Etat véritable ministre en exercice des Affaires étrangères et de la Guerre (et même des Finances puisqu’il nous fit attribuer en juin dernier une première aide de 290 millions d’euros à ses protégés du Conseil national de transition) alors qu’on sait aujourd’hui qu’il n’agissait nullement au profit de la France. Au contraire. Dans l’affaire de Libye, « J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël », devait-il proclamer fièrement le 20 novembre devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) qui tenait à Paris sa première convention nationale – voir le « Billet » de Polémia du 22/11/2011. Allez savoir pourquoi, cette brûlante profession de foi (et d’allégeance à un Etat étranger) fut occultée… comme l’avaient été les risques de notre interventionnisme en Libye, et les fruits amers qu’il ne manquerait pas de porter, en commençant par l’éclatement du pays prétendument libéré – avec la vague migratoire et la réaction islamiste que cela ne manquera pas de susciter. Ce n’est du reste pas un hasard si, sans doute informés des intentions des « séparatistes » de Benghazi, les barbus libyens, déjà très influents au sein du CNT, avaient créé le 3 mars le parti Justice et Construction présidé par Mohammed Sawane, représentant des Frères musulmans… et farouchement opposé à l’autonomie de la Cyrénaïque, qu’il considère selon Armin Arefi comme « une première étape avant la scission totale de la région ».

Une dislocation organisée

Mais la « dislocation géopolitique mondiale » ne fut-elle pas l’objectif de l’OTAN en Libye, comme le soulignait ici même Xavière Jardez le 9 août 2011 en commentant un rapport du Laboratoire européen d’anticipation politique (LEAP), think-tank monégasque dirigé par Franck Biancheri (3)? L’entreprise était alors menée par Washington, le Katar se chargeant d’une partie du financement et de la mise en scène médiatique, celle de la « libération » de Tripoli par exemple. Or, simple hasard, cet émirat pétrolier serait aujourd’hui très actif auprès des autonomistes de Benghazi.

Evoquant la campagne de l’OTAN, X. Jardez écrivait : « On demanda à l’opinion publique d’approuver, non de penser. » Et voilà cette opinion frappée de stupéfaction quand elle apprend que le pays qu’on lui avait dit arraché à la tyrannie et à la barbarie risque de connaître l’épouvantable destin de la Somalie, livrée à des factions se livrant une guerre inexpiable et redevenue un repaire des pirates. Ce que furent, soit dit en passant, la côte des Syrtes et celle de la Cyrénaïque pendant des siècles.

Camille Galic
9/03/2012

Notes

(1) Voir entre autres les articles sur Polémia

(2) Une interview par Robert Ménard fut déprogrammée en catastrophe fin décembre dernier par la chaîne itélé car elle n’était pas « dans la ligne » – voir http://www.polemia.com/article.php?id=4408
(3)
Opérations militaires de l’OTAN en Libye : accélérateur d’une dislocation géopolitique mondiale ?

Image : Lors d’une conférence de presse, mardi 6 mars à Tripoli, le président du CNT, Moustapha Abdeljalil a accusé «des pays arabes, frères» de financer la sédition.

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

L’éclatement de la Libye : un scénario annoncé – Par Bernard Lugan

L’éclatement de la Libye : un scénario annoncé - Par Bernard Lugan

L’éclatement de la Libye que j’avais annoncé dès le 1° avril 2011[1] a été officialisé le 6 mars 2012 avec la déclaration d’autonomie de la Cyrénaïque. Chaque jour qui passe, les résultats de l’intrusion franco otanienne dans la guerre civile libyenne apparaissent ainsi de plus en plus catastrophiques, deux réalités ayant été totalement ignorées par ceux qui décidèrent de cette insolite expédition :

1) La Libye n’existe pas.
2) Ses deux principales composantes, la Tripolitaine et la Cyrénaïque ont toujours été opposées.

L’éclatement de la Libye : un scénario annoncé - Par Bernard LuganAu début de l’année 2011, ce ne fut pas à un soulèvement « démocratique » que nous avons assisté, mais à une tentative de sécession de la Cyrénaïque. Sur ce mouvement vinrent ensuite se greffer les islamistes arabistes radicaux, puis les Berbères arabophones de Zentan et leurs cousins berbérophones de Zouara et du Jebel Nefusa désireux d’en découdre avec un régime qui avait constamment nié leurs droits.

Ainsi donc, dans l’ignorance bétonnée du dossier, l’Elysée prit-il le parti d’un camp contre un autre, croyant, ou pire, feignant de croire, que le CNT était l’émanation d’un peuple en lutte pour ses droits démocratiques alors qu’il n’était qu’un conglomérat d’intérêts contradictoires.

Le colonel Kadhafi massacré dans les conditions que l’on connaît, ses « vainqueurs » se déchirèrent ensuite à belles dents :

– En Tripolitaine, le faible CNT navigua à vue entre les milices islamico-mafieuses de Misrata, les milices islamiques  de Tripoli, les Berbères de Zentan et du jebel Nefusa et les Warfalla[2].

– En Cyrénaïque, les chefs de tribus virent dans le CNT une émanation de la Tripolitaine et ils s’en affranchirent. Ce fut cependant un problème local qui hâta leur décision de proclamer l’autonomie de leur région. Les tribus supportaient en effet de plus en plus mal le climat anarchique résultant des agissements de certaines  milices islamistes fondamentalistes soutenues par une partie du CNT et qui s’en prenaient à leurs pratiques religieuses coutumières. Dans cette région à forte caractéristique confrérique, l’islam salafiste ou wahhabite voulut en effet interdire le culte rendu aux saints – les marabouts du Maghreb-  allant jusqu’à détruire leurs tombeaux (voir mon communiqué du 18 janvier 2012).

Tout ceci fit que ce qui devait arriver « arriva » avec la déclaration d’autonomie du 6 mars 2012 prononcée par l’assemblée des tribus de Cyrénaïque qui reconnut comme chef Ahmed Zubaïr al-Sanussi, parent du roi Idriss I° renversé en 1969 par le colonel Kadhafi, et membre éminent de la famille-confrérie sénoussiste qui régnait sur la région à l’époque ottomane.

En Libye, c’est donc à un retour à la longue histoire que nous assistons. Face à ce puissant mouvement de fond, la démocratie individualiste ou les droits de l’homme apparaissent pour ce qu’ils sont, des modes occidentales passagères bien éloignées des réalités locales. Il est cependant regrettable que les dirigeants français y aient une fois de plus cédé avec pour conséquence le bouleversement de toute la géopolitique sur l’arc de tension saharo-sahélien.

Bernard Lugan
07/03/12

[1] Voir mon communiqué du 1° avril 2011 ainsi que les articles de l’Afrique réelle sur toute l’année 2011.
[2] Voir à ce sujet le numéro de  janvier 2012 de l’Afrique Réelle.

[box class=”info”] Source : le blog de Bernard Lugan. [/box]

Crédit photo : Xfigpower, licence CC.

[Tribune libre] Le Grand Soir est pour aujourd’hui mais j’ai piscine – Par Marie-Thérèse Bouchard

[Tribune libre] Le Grand Soir est pour aujourd’hui mais j’ai piscine – Par Marie-Thérèse Bouchard

[box class=”info”] Une critique au vitriol, une ironie féroce, dans cet article de Marie-Thérèse Bouchard. C’est évidemment exagéré mais ça réveille et peut rendre meilleur. [/box]

Ça y est ! La goutte d’eau qui fait déborder le vase vient de tomber dans la piscine. Fdesouche, le site fédérateur de toutes les droites est menacé, et bien comme il faut. On entend déjà au loin les tiroirs qui grincent dans des milliers d’appartements pour délivrer leurs précieux trésors : cagoules et poings américains en veux-tu en voilà. La guerre civile prévue pour 2010 arrive enfin !

Parviennent aux esgourdes mélange confus de cris de sangliers et de menaces de PMU, pas très distinctement, y faudrait quand même pas se fâcher avec les collègues à l’heure de la cantine et de l’andouillette-purée. Décision est prise avec Cochondu69, François Dupont et Charlesmartelle de réfléchir à une pétition de soutien et à une vidéo où l’on apparaîtrait un quart de seconde déguisé en Vercingétorix avec casque en plastique et épée en bois volés au petit dernier (neveu).

 

Dieu que c’est drôle, le masque tombe enfin.

Un quotidien flique sans se cacher des centaines de petits blogs que personne ne lit et qui ne présentent aucun danger, tenus malgré eux de servir de preuve ultime de la renaissance du Troisième Reich en France. Personne ne semble s’inquiéter des prémices de la délation légalisée, comme au bon vieux temps de Staline, le papy moustachu que les réacs débiles dont la culture politique avoisine le négatif idolâtrent comme un « réactionnaire enraciné » ou un « identitaire assumé » (je me perds parfois dans les formules). Quelle solution face à cette annonce de purge staliennienne avance la Réacosphère ? Grande question.

Certains s’en réjouissent comme de bons élèves tout fiers de leur premier bonnet d’âne, espérant sans doute que celui-ci les mette sous la protection du gang des cancres de la cour de récré (« hey regardez les mecs, j’suis un paria, c’est über-kül »). D’autres continuent à se branler sur des photos d’écolières nippones ou mannequins anorexiques justifiant leur nullité par le retournement perpétuel de leurs positions (« le Beau c’est mainstream », « la culture dominante est laide », « nous sommes l’élitent », « c’est la gauche, le sérieux, nous sommes fiers d’être inutiles »), d’autres, parachutés dans un bureau grâce à l’émission en masse de faux-diplômes rigolent la clope au bec : si la dictature de Gattaca se met progressivement en place, ils seront les premiers à pouvoir baiser Uma Thurman.

Leur incapacité à se concentrer plus de trente secondes, à émettre des avis construits autrement que sur des slogans et leur propension à se contenter de la moindre brève de l’AFP les placent, bien entendu, dans la liste des « wanted » en cas d’instauration d’une élite génétiquement supérieure. Inconscients de leur nullité, et que leur rêve se résume à une perpétuité dans un bunker, leur nihilisme de salon est la preuve ultime que leur amour du terroir est aussi crédible que l’amour de la liberté des jeunesses communistes.

Pose. Pose. Pose. Un ramassis de névrotiques et d’impuissants qui attendent avec hâte la guerre civile dans laquelle ils seraient tués au bout de cinq minutes, une capsule de P’tit Louis tombant d’un balcon sur leur crâne suffisant à leur faire faire une hémorragie cérébrale dans la seconde.

Je fais également l’impasse sur les blogs réacs qui aiment Jeanne d’Arc warholisée, les Beatles, les taille-crayons en forme de pomme, les dérouleurs de pécul Bob l’éponge et les lampes de chevet Bécassine, amoureux du vintage et de la mode comme les assemblées que l’on peut trouver dans les bars du troisième arrondissement un vendredi soir.

Idem pour les cathos obsédés de l’avortement qui attendent sagement l’autorisation de défiler une fois par an contre ce qu’ils considèrent être un « meurtre », cautionné alors passivement les 364 autres jours de l’année.« Si l’on pense réellement que l’avortement est un meurtre, et qu’il y a vraiment une usine à meurtres au coin de la rue, il n’y a qu’une manière d’agir pour un honnête homme », et je ne pense pas qu’il s’agisse de se mobiliser pour exiger le droit à un député de dire que «250 000 interruptions volontaires de grossesse c’est peut-être beaucoup ».

Idem bis pour les cathos « tradis » qui définissent qui ils doivent fréquenter ou fuir en fonction des critères émis par la gauche, ayant moi-même dernièrement reçu un mail d’une maman-tout-ce-qui-se-fait-de-mieux-en-matière-de-mère-au-foyer-inquiète-pour-l-avenir-de-ses-enfants qui me disait ne pas vouloir parler d’un site catho sur son blog parce que ce dernier émanait d’une organisation catholique ayant « mauvaise presse ».

On va faire la Révolution avec ce matos humain. Oui, les mecs. Autant dire que jouer du Mendelssohn avec un triangle aurait plus de chance d’aboutir à un truc qui a de la gueule.
Tous les amoureux du grand soir sont infoutus de commencer à se poser trente secondes pour avoir une vue d’ensemble sur des événements qui n’annoncent rien de bon : la traque de Sautarel et la mise au pilori de Vanneste en première position.

Toujours soucieux des étiquettes, le « réac » de base votera quand même Sarkozy en avril « parce qu’il est de droite » même s’il valide la thèse orwelienne qu’un gusse puisse être détruit du jour au lendemain sans présomption d’innocence pour avoir tout simplement énoncé une vérité historique. Le blogueur étant un post-moderne comme un autre, il aura oublié ce fait divers dans deux semaines, pendant que la purge politique fera son œuvre.

Des Fabrice Robert par dizaines seront menacés financièrement (pressions sur les employeurs ou sur les clients dans le cas d’entrepreneurs), leurs comptes surveillés (votre banquier a l’obligation de vous demander d’où proviennent vos fonds en cas de gros mouvements sur votre compte, nul doute que Xavier Dugenou à la BNP de la Courneuve y consacre ses journées !), les proches mis en garde à vue, pendant que des gens qui se complaisent dans cette situation boiront une manzana sur fond de jazz éthéré en disant :

« vivement le grand soir, j’attends un signe »

[box class=”info”] Source : reproduit avec l’aimable autorisation du blog Marie-Thérèse Bouchard. [/box]

Crédit photo : Brice Bonneau via Flickr. Licence CC.

Syrie : une évolution vers la paix

Syrie : une évolution vers la paix

16/01/2012 – 16h30
PARIS (NOVOpress) –
Contrairement à ses voisins égyptiens ou libyens, la Syrie n’entend sombrer ni dans le chaos ni dans l’ornière islamiste suites aux incantations bellicistes de l’OTAN ou aux injonctions paranoïaques et dévastatrices des va-t-en-guerre en chemise blanche.

Syrie : une évolution vers la paixL’état d’esprit des autorités syriennes est tout autre. En témoigne, cette décision forte du pouvoir syrien qui vient de décréter une amnistie générale allant dans le sens de la paix. Pour le ministère russe des Affaires étrangères, il s’agit là d’un « pas important et positif ».

Le 15 janvier, le président syrien Bachar el-Assad a en effet promulgué une amnistie générale pour les participants aux manifestations antigouvernementales et qui concerne les personnes ayant commis des infractions « dans le contexte des évènements qui se sont déroulés dans la période du 15 mars 2011 au 15 janvier 2012 ».

Moscou voit en cette mesure forte un pas et une ouverture décisive « dans le contexte de mise en œuvre de l’initiative de paix arabe et du règlement pacifique de la crise politique en Syrie, par les Syriens eux-mêmes et sans ingérence étrangère ».

Au grand dam des États-Unis et de ses vassaux européens.

Crédit image : The World Factbook, domaine public.

“Faut il se préparer à prendre les armes ?” Par Rick Falkvinge, fondateur du Parti pirate suèdois (tribune libre)

"Faut il se préparer à prendre les armes ?" Par Rick Falkvinge, fondateur du Parti pirate suèdois (tribune libre)

Quand je constate que les abominations législatives intitulées SOPA, PIPA et NDAA se conforment au DMCA et au Patriot Act aux États-Unis, je prends conscience que le pire scénario possible concernant les libertés individuelles est en passe de se concrétiser.

Les discussions au sein du Parti pirate suédois ont longtemps eu pour sujet ce que nous pouvions faire pour empêcher l’Europe de s’enfoncer dans une sorte de totalitarisme fascisant. Les États-Unis sont déjà perdus, ils s’y enfoncent irrémédiablement. Notre travail consiste à empêcher l’Europe de suivre allègrement le même chemin, pour au contraire se libérer à temps de ses chaînes. C’était déjà perceptible il y a cinq ans, aujourd’hui c’est d’une évidence criante.

Un article difficile à rédiger : cela m’a pris plus de vingt-quatre heures pour rédiger cet article, après une semaine passée à glandouiller. D’habitude, c’est le genre d’article que je réalise en trente à quarante-cinq minutes dès que je sais quoi raconter. Dans le cas présent, le problème n’était pas de savoir quoi écrire, car il y a beaucoup à dire, mais de savoir jusqu’où aller. Au final, j’ai décidé de livrer le fond de ma pensée sans retenue.

J’utilise dans ce billet une image déjà employée par beaucoup, celle des quatre « boîtes ». La liberté se défend avec quatre boîtes : la caisse à savon, l’urne électorale, le tribunal (NdT: jury box, en anglais, soit « le banc des jurés ») et la boîte à munitions. À utiliser dans cet ordre.

Mon blog étant à vocation internationale, je me dois d’expliquer ici le sens de l’expression américaine. Ces « quatre boîtes » ne sont pas évidentes à identifier pour un non-anglophone qui en outre vit hors de la sphère culturelle américaine.

La suite ici

 

Christophe Caldwell “Une révolution sous nos yeux – comment l’islam va transformer la France et l’Europe”

Christophe Caldwell “Une révolution sous nos yeux - comment l’islam va transformer la France et l’Europe”

La traduction française de ce livre paraît enfin, préfacée par Michèle Tribalat.

« La situation épineuse de l’Europe tient à son déclin démographique, à son vieillissement et à l’implantation régulière d’une religion et d’une culture » (page 434) : l’Islam.

Si l’analyse de Christopher Caldwell présente l’avantage de resituer les problèmes de la France dans un cadre européen, son pronostic pour notre pays est pour le moins surprenant :

« La France aura des problèmes sociaux spectaculaires, mais ses traditions républicaines lui donnent la meilleure chance de pleinement assimiler les enfants et les petits-enfants d’immigrés. C’est le seul pays où un équivalent européen du rêve américain est probable ».(Page 400)

Comment peut-on à la fois déclarer qu’à coup sûr « l’Europe sortira changée de sa confrontation avec l’islam » (page 461) et se montrer si optimiste à l’égard de la  France ?

C’est là un paradoxe non négligeable de ce livre !

Selon Christopher Caldwell, si l’Europe doit affronter tant de difficultés avec ses immigrés,  cela est dû à la conjonction de plusieurs facteurs :

Nous subissons aujourd’hui cruellement les effets de la politique à court terme.de responsables politiques qui aux lendemains de la guerre, ont exagéré les besoins de main d’œuvre industrielle et de travailleurs immigrés.

Rue Myrha à Paris barrée à la circulation par des barrières mises en place par des musulmans pour leurs prières.
Rue Myrha à Paris barrée à la circulation par des barrières mises en place par des musulmans pour leurs prières.

« On a l’impression que la partie la plus sérieuse du débat a été éludée – la partie non économique. Les effets sociaux, spirituels, politiques de l’immigration sont considérables et durables alors que ses effets économiques sont faibles et transitoires  » (page 70)

À cela s’ajoutent le déclin démographique, le vieillissement de la population et enfin le vide spirituel de l’Europe, le fait qu’elle n’ait pas réussi à défendre une véritable identité.

« Une Europe unie n’aurait rien à craindre de l’islam, mais l’Europe n’est pas unie  »  (Page 456)

Revenons à la France. Christopher Caldwell recense ses récents traumatismes : émeutes, attentats et se demande comment elle réagit.

« La fermeté reste la partie la plus mémorable de l’agenda de Sarkozy » (Page 425)

Cela dit, il ajoute: « Sarkozy n’était pas enclin à revenir sur le statu quo de l’immigration. Il ne croyait pas que la France serait un pays meilleur sans la présence des musulmans  » (page 427)

C’est précisément ce que les Français peuvent lui reprocher !

1) En tant que ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy a créé en 2003 le Conseil français du culte musulman afin de donner corps à un interlocuteur officiel censé représenter un islam modéré et républicain pour tout ce qui touche au culte. Or le CFCM a dépassé sa fonction religieuse pour assumer une fonction de plus en plus politique ; ses représentants ont joué les médiateurs dans les cités durant les émeutes des banlieues.

Plus grave : au sein du CFCM un rôle prééminent a été accordé à l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) fortement influencée par les frères musulmans. Bilan du CFCM : les constructions de mosquées ont bien avancé !

Christopher Caldwell précise que Nicolas Sarkozy a toujours voulu ménager l’Islam : concernant l’affaire du foulard à l’école, le ministre de l’Intérieur abrégea ses vacances pour rendre visite au recteur de la mosquée d’El-Azhar dans l’intention de lui demander sa caution en la matière !

Déjà en 2004, il faisait des attaques du 11 septembre « l’acte d’une secte, d’une mafia terroriste, d’un clan de mégalomanes qui s’est servi de la religion comme d’un prétexte ». Interprétation comparable à celle relative aux agressions à l’arme blanche dans le RER, toujours imputées par le politiquement correct à « l’action d’un déséquilibré »

En 2006, dans l’affaire des bagagistes de Roissy, il s ‘efforça de nier que l’islam eût le moindre rapport avec les soupçons pesant sur ces employés pourtant liés à des organisations radicales musulmanes.
(Page 374).

Où est la fermeté ?

2) Une fois Président, manifestement séduit par la réforme de Sciences Po qui depuis 2001 dispense des étudiants de ZEP (zones d ‘éducation prioritaire) de l’examen d’entrée, Nicolas Sarkozy n’a rien trouvé de mieux que d’instituer l’immigration choisie, comme s’il était possible de renoncer aussi facilement à l’immigration subie en raison du regroupement familial et de l’asile politique accordé aux « réfugiés ».

L’immigration choisie, c’est l’arbre qui cache la forêt. C’est une offense au mérite. Du coup, la France cumule deux types d’immigration et privilégie des immigrés qui prennent de bons jobs aux Français chez l’Oréal, comme chez Areva.

Est-ce conformément à l’immigration choisie que le nouveau Président de la République nomma à des postes de ministres, Rachida Dati et Fadela Amara ?

Réclamer la diversité à cor et à cri c’est encore l’influence américaine !

Christophe Caldwell – Une révolution sous nos yeux : Comment l’Islam va transformer la France et l’EuropeMalgré le bon diagnostic concernant l’Europe, nous sommes surpris  par cet étrange pronostic : les traditions républicaines de la France lui donneraient la meilleure chance de « pleinement assimiler les enfants et les petits-enfants d’immigrés … » !

Constat paradoxal puisque l’auteur constate que notre pays évolue vers une société multiethnique et multiculturelle. Encore une fois il semble se fier aveuglément aux propos de l’ancien ministre de l’Intérieur (2004) : « La République et la démocratie sont bien plus fortes qu’on ne l’imagine »

Soyons sérieux : Si l’Europe, dont la France, reçoit plus d’immigrants que n’en veulent ses électeurs, c’est bien le signe d’un dysfonctionnement de la démocratie !

Or les voix des musulmans pèseront de plus en plus dans les urnes.

La démographie galopante des masses ignorantes est la mort de la démocratie. On voit ce qui se passe aujourd’hui en Tunisie…

Pour que la démocratie française puisse réellement fonctionner, il faudrait d’abord  rétablir un enseignement de qualité alors que dans le classement international, nous sommes au 22e rang pour la lecture !

Comment les traditions républicaines de la France pourraient-elles perdurer après avoir été tellement bafouées ?

Christopher Caldwell se serait-il laissé aveugler par l’américanisme de Nicolas Sarkozy ?

C’est le maillon faible de ce livre.

Isabelle Laraque pour Novopress France

Christopher Caldwell est journaliste, diplômé de Harvard, spécialiste des affaires politiques européennes. Il est éditorialiste au Financial Times et rédacteur au New York Times Magazine.

– Christopher Caldwell – Une révolution sous nos yeux. Éditions du Toucan, 2011. 600 pages.

Le Souvenir Chouan de Bretagne commémore les noyades de Nantes

Le Souvenir Chouan de Bretagne commémore les noyades de Nantes

12/11/2011 – 12h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Pendant la Terreur, la ville de Nantes était devenue une vaste prison et un champ d’expérimentation pour l’élimination systématique des opposants à la politique conduite par Robespierre et ses amis de la Convention. Des milliers de personnes, hommes, femmes et enfants y perdirent la vie, fusillées, noyées ou victimes de mauvais traitements. Ces évènements – que la municipalité de J.M. Ayrault préfère ignorer, consacrant l’essentiel de ses investissements mémoriels à développer la culpabilisation des Nantais, en particulier avec le très coûteux « Mémorial de l’esclavage »* – seront commémorés par l’association du
Souvenir Chouan de Bretagne le 20 novembre prochain.

« Quel torrent révolutionnaire que la Loire ! » s’extasiait devant la Convention le représentant en mission Jean-Baptiste Carrier. Pendant cent jours, ce « technicien cyclothymique de l’extermination » (Yves Durand), porta à son paroxysme la terreur révolutionnaire dans la cité des Ducs. Cet amateur de belles cérémonies civiques en l’honneur de la Déclaration des Droits de l’Homme sera responsable de la mort de plusieurs milliers de prisonniers retenus dans les geôles nantaises, auxquels il faut ajouter 2000 à 5000 victimes mortes par noyade en Basse-Loire.

J.B. Carrier (lithographie de F.-S. Delpech d'après le portrait de J.-B. Belliard)

Dans un ouvrage qui fait autorité (Carrier et la Terreur nantaise, Perrin 1987) l’historien J.J. Brégeon rappelle qu’il y eut plusieurs formes d’extermination. La première, qui fut l’œuvre des commissions militaires comblèrent de fusillés les carrières de Gigant ; la seconde, par l’épidémie qui fit périr des milliers de détenus dans l’Entrepôt des Tabacs ; la dernière enfin par la noyade et le massacre sans jugement. « On commença par les prêtres réfractaires pour finir par les enfants », rappelle le professeur Yves Durand dans la préface de l’ouvrage précité.

Reprenant la thèse qu’il a développée dans son dernier ouvrage, Reynald Secher a magistralement traité cet aspect de l’histoire des Guerres de Vendée lors de la conférence qu’il a donnée mardi dernier à Nantes devant une salle comble.

L’association du Souvenir Chouan de Bretagne, qui agit depuis de nombreuses années contre le « mémoricide » – il suffit de voir la présentation qui est faite de cette période au Musée de l’histoire de Nantes (un « détail manifestement exagéré ») pour s’en convaincre – honore chaque année la mémoire des victimes de ce terrorisme d’Etat.

Cette année le rassemblement aura lieu à Nantes le dimanche 20 novembre. Le programme est disponible sur le site du Souvenir Chouan de Bretagne.

 

* L’inauguration du Mémorial de l’Abolition de l’esclavage, prévue le 1er décembre prochain, va encore être repoussée à une date indéterminée en raison de diverses malfaçons. Ce monument de la repentance – le seul en Europe – voulu par J.M. Ayrault pour complaire à sa clientèle aura coûté 6,9 millions d’euros. Un modèle de gabegie .