Covid-19. Sous l’eau qui dort, la lame de fond de la révolte ?

Pierre Lours, essayiste et romancier, auteur de La Révolte des silencieux, perçoit, sous l’apparente acceptation du confinement par les Français, des raisons de croire en leur volonté de restaurer la France.

On peut s’étonner de la docilité des Français face aux restrictions sans précédent de leurs libertés, les plaçant de facto en résidence surveillée sous la garde des forces de l’ordre, à coups d’amendes et de peines de prison en cas de récidive.

Nos concitoyens sont réputés allergiques aux contraintes mais « en même temps » ils semblent résignés au bon vouloir de gouvernants qui les enferment pour contenir le virus mais surtout leur légitime colère devant l’impuissance des autorités à anticiper une pandémie pourtant annoncée dans tous les plans prévisionnels civils ou militaires.

Obéissants, les Français !… Et, pourtant, furieux de voir que depuis dix ans l’État a ânonné la gestion d’un mauvais comptable qui, en « économisant » des masques, des lits de réanimation, des tests pour quelques centaines de millions, génère une perte de quelques centaines de milliards d’euros puisqu’il a été forcé d’adopter la solution moyenâgeuse à sa disposition, le confinement.

Et n’oublions surtout pas d’ajouter un tragique passif à ces mauvais gestionnaires prétentieux, quelques dizaines de milliers de morts et combien de drames futurs apportés par la crise économique qui va nous bousculer, si elle ne nous ruine pas.

Mais alors que font nos apparemment soumis et « en même temps » indomptables Français ? Ils grognent… et se confinent avec patience, écrasés par la masse des médias asservis et asservissants, médusés et apeurés par un virus qui leur rappelle qu’ils sont mortels.

Bouillon de culture

Ils laissent passer l’orage viral, se rendent provisoirement aux exigences des tristes réalités. Outre la peur de la mort et des sanctions, certains se persuadent, avec Napoléon, qu’un mauvais chef est préférable à pas de chef du tout pour affronter les épreuves, ou tout au moins limiter les dégâts en attendant une meilleure fortune faite de meilleures circonstances et d’un meilleur berger.

D’autres savent, comme Descartes, que, lorsqu’on est perdu dans une forêt, il faut choisir une direction et surtout ne pas en changer… on finit toujours par sortir du bois ! D’autres encore sentent que l’instinct grégaire permet de maintenir une cohésion élémentaire mais protectrice, comme le sait un troupeau de buffles face aux prédateurs. Peut-être sont-ils aussi victimes d’une sorte de syndrome de Stockholm qui pousse des victimes à « aimer » celui qui menace leur vie, pour gagner du temps, l’amadouer et l’attendrir, pour profiter un jour d’une inattention et lui fausser compagnie ?

Il faut dire aussi que les moyens de répression, de propagande et de manipulation sont nombreux et pesants. Ils sont d’autant plus efficaces que la peur est un moteur inégalé pour diriger une foule, certes constituée d’individus confinés chacun chez eux mais rassemblés par les liens des médias soufflant en permanence l’air qu’il faut chanter.

Mais il n’est pas de mensonges résistant éternellement à la vérité et aux exigences de la réalité et du temps. Les réseaux sociaux permettent (jusqu’à quand ?) une certaine liberté d’expression, des prises de conscience et des rassemblements intellectuels capables de mettre en échec l’information formatée des médias inféodés au pouvoir. Par exemple, une large majorité des Français sait que la politique du gouvernement est principalement tributaire de la pénurie de masques et n’est qu’une pitoyable mascarade dictée par des masques en rade ! Ils ont compris aussi que le futur déconfinement partiel est décrété pour sauver l’économie en prenant des risques sur la santé des Français compte tenu toujours des moyens insuffisants pour lutter contre la maladie.

In vivo, in vitro

Mais un pouvoir maniant l’artifice opportuniste du « en même temps » peut faire illusion et occuper le terrain quand les intérêts vitaux ne sont pas en lice. En cas de crise ou de guerre, il n’est pas crédible et perd sa légitimité. L’heure des marquis poudrés des cabinets et des états-majors est arrêtée. Un maître du temps est celui qui sait trancher vite et fort, choisir une stratégie imparfaite mais qui sauvera l’essentiel ; celui qui s’affranchira de ceux qui l’on fait roi ; celui qui désigne l’ennemi et ne tolère pas d’alliés approximatifs. Un chef doit avoir de bons réflexes, suivre son instinct, se passer des certitudes confortables et prudentes. Les manettes n’ont rien à faire dans les mains de bureaucrates gâtés hautement diplômés, occupant malheureusement des fonctions politiques de décision.

Un chef de guerre n’est pas un homme de cabinet. La comparaison du professeur Raoult avec les « scientocrates » qui le critiquent est éclairante. L’un est opérationnel, les autres sont des rouages d’états-majors. L’un donne dans l’urgence des soins attentifs et efficaces aux malades quand les autres envisagent prudemment une maladie dans un confortable cadre expérimental. L’un brave les interdits pour sauver des vies, les autres ont le petit doigt sur la couture du pantalon pour sauvegarder leur conformisme scientifique, leur tranquillité et leur carrière. Raoult est in vivo, les autres in vitro.

Aussi les Français attendent et espèrent qu’émergent de cette épreuve un nouvel état d’esprit et un nouvel élan. On peut comprendre leur prudence. Ils conduisent leur vie au milieu des craintes de la maladie, des inquiétudes économiques et des contraintes répressives exceptionnelles déployées par l’État, à l’instar de ce qu’il a déjà fait avec les Gilets jaunes. Mais il arrive immanquablement que « l’esclave » considère qu’il n’a plus rien à perdre à se défaire du maître inutile et nocif. La révolte des Gilets jaunes a été une avant-première de ce qui pourrait advenir si le système politique n’a pas l’intelligence et la lucidité de refonder les valeurs, les buts de notre société et la confiance.

L’affaiblissement des peurs, la lassitude de l’attente d’un jour meilleur, l’apparition d’une alternative crédible en la personne d’un chef déterminé, la fatigue des forces de l’ordre qui constatent dans leur vie de tous les jours le décalage entre les mesures politiques et la montée des colères, une lucidité accrue des citoyens, forgée dans l’épreuve, tous ces éléments se conjugueront pour accoucher d’une nouvelle dynamique qui renversera les pouvoirs établis, qui retournera les foules.

L’eau qui semble dormir cache une lame de fond. L’histoire enseigne qu’il ne suffit pas de donner du pain et des jeux pour assurer à long terme la pérennité d’un pouvoir. Quand apparaît une crise qui incube depuis des dizaines d’années, ce ne sont pas ceux qui en sont la cause qui peuvent guérir les conséquences.

Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes pour s’attirer des bénéfices et s’exonérer de ses responsabilités. Au mieux, il ne reste qu’à reconnaître son impuissance et ses fautes avant de s’éclipser théâtralement avec panache, cédant les rênes qu’on n’a pas su tenir et redonnant enfin la parole au peuple.

Pierre Lours

Texte repris du site Polémia

Gilets jaunes : Non, sire Macron, ce n’est pas une révolte, c’est une révolution, par Francis Bergeron

Le président Macron a la tête bien faite. Il a un plan rationnel pour le redressement de la France, qui passe par des étapes précises : d’abord le retour dans le vert des comptes des entreprises. Nous y sommes à peu près. Puis la réforme de l’appareil d’Etat. Elle est annoncée, avec une réduction du nombre de fonctionnaires, et une simplification des procédures administratives. Cette étape sera atteinte à la fin de son quinquennat. Nous entrerons alors dans une troisième étape, qui correspondra à son second quinquennat : la marche vers le plein emploi, l’augmentation du pouvoir d’achat. Il est à craindre (pour lui) qu’il ne voie jamais cette troisième étape. Et même la deuxième étape est déjà en train de se gripper. L’exécutif est tellement affaibli que la macronie pourrait tomber dans l’apathie hollandaise. Mais rien n’exclut non plus que la tête de Macron ne finisse au bout d’une pique.

Depuis deux siècles on berce notre imaginaire avec la colère du peuple, qui finit bien, quand elle se termine en révolution. La révolte est partie d’une fiscalité punitive sur les carburants, pénalisant d’abord ceux qui travaillent, ceux qui vivent en banlieue et en province, ceux qui se lèvent tôt, comme disait Sarkozy. Une fiscalité pour supporter aussi notre part de charges migratoires, le coût d’une transition énergétique, née de l’idéologie écologique, le coût d’un Etat obèse, les coûts de la Communauté européenne, et alors même que la croissance, dans le monde, se ralentit, et qu’à l’heure des comptes chacun découvre que son pouvoir d’achat a chuté ces dernières années.

Pour éviter que la révolte ne se transforme en révolution, il faudrait que Macron baisse les pouces sur les carburants. Un Sarkozy, un Mitterrand, un Chirac, et même peut-être un Hollande, l’auraient compris, car ce sont des animaux politiques. Mais Macron ? Il n’en prend pas le chemin ? Tant pis pour lui. Car avec les Gilets jaunes, il est fort possible que nous assistions à un événement d’une portée inédite, qui pourrait bel et bien renverser la table.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 27 novembre 2018

Révolte des Gilets Jaunes : l’histoire est bien le lieu de l’imprévu !

Le grand historien Dominique Venner aimait à dire que « l’histoire est le lieu de l’imprévu ». La révolte des Gilets Jaunes le démontre une fois de plus.

En Europe, la révolte des peuples contre le Système oligarchique qui les met en servitude, a pris avant tout une tournure identitaire et anti-immigration.

C’est pourquoi les pays du groupe de Visegrad sont entrés en dissidence contre l’Union Européenne. Et c’est la question migratoire qui explique l’opposition croissante à Mme Merkel en Allemagne et la victoire de la Ligue du Nord et du mouvement Cinq Etoiles en Italie. Comme elle explique pour une part aussi le vote britannique pour le Brexit.

Révolte sociale en France

En France le moteur de la crise est social : la France invisible, celle que le Système a rejeté dans les ténèbres périphériques, a revêtu un gilet jaune qui la rend visible, parce qu’elle a tout simplement de plus en plus de difficultés à vivre décemment.

Parce qu’elle voit son niveau de vie diminuer, parce qu’elle paye de plus en plus d’impôts et de taxes, parce que l’ascenseur social ne fonctionne plus et parce que l’Etat, si complaisant vis-à-vis des racailles, ne la protège plus. Parce que personne ne répond plus à son angoisse.

Il y a bien sûr un lien entre la question identitaire et la question sociale. La France invisible souffre d’autant plus qu’elle sent bien que le Système a plus d’égards pour les immigrants, surtout entrés irrégulièrement en France, que pour elle.

Mais la question migratoire n’a pas été pour autant mise en avant par les Gilets Jaunes : dommage pour le Pouvoir qui se préparait déjà à pourfendre la « xénophobie » ou la « peste brune [1]» !

Les astrologues n’ont rien vu venir

Evidemment les écrans de nos télévisions sont, depuis samedi dernier, pleins d’experts qui nous « expliquent » la révolte des Gilets Jaunes. Comme des météorologues qui nous présentent le temps qu’il fera ….hier.

Mais à vrai dire personne n’avait prévu l’ampleur de la réaction populaire.

Surtout pas l’oligarchie, qui vit dans sa bulle, dans ses « résidences de standing » protégées par les digicodes ou dans ses palais dorés protégés par la police.

Pas la classe politique, qui n’a rien vu venir, comme à son habitude.

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«La violence est partout», note Éric Zemmour

09/10/10/2015 – SOCIÉTÉ (NOVOpress)
« Il fut un temps, pas si lointain, où la gauche avait une sainte révérence pour la violence : la violence était révolutionnaire », rappelle Éric Zemmour. Mais ce temps-là est révolu, la violence n’est plus tendance ». Notant une « pacification des relations sociales » dans notre pays, il affirme : « Une révolte sans violence s’appelle une réforme, et violence subie sans réaction violente s’appelle une soumission ».
Mais la violence n’est pas que physique, elle s’est déplacée sur le terrain des relations sociales et économiques, bref, Zemmour dénonce la violence de notre société déchirée entre le libéralisme sans foi ni loi et les corporatismes cyniques.


Air France : "La violence est partout", note… par rtl-fr

Djihad en France : et si c’était une islamisation de la révolte radicale ?

Terrorisme en France : message d'un djihadiste

Source : reflets.info

L’interview d’Alain Bertho, anthropologue (spécialisé dans les soulèvements populaires, les émeutes — en lien avec la mondialisation des échanges) publiée sur regards.fr en mai 2015, est à lire. L’anthropologue y développe une analyse très intéressante à propos du « djihadisme français », analyse qui rejoint celle d’un Serge Portelli, invité le 3 juillet de Radio Reflets, ou d’un Marc Trevidic sur France Inter le même jour. Ces analyses vont à l’opposé de celles les plus relayées — soit par le gouvernement, ou une majorité de grands médias — qui voudraient que les djihadistes français soient des « esprits faibles » qui s’auto-radicalisent sur Internet (sic) — ou bien encore se font manipuler par des salafistes — pour n’être au final que de « simples fous de dieu » transformés en terroristes très dangereux.

La guerre de civilisation(s), le principe d’une République devant lutter contre un ennemi intérieur et manipulé de l’extérieur, des soldats de Dieu appelés à agir sur le territoire par un groupe terroriste — Daesh en l’occurence — sont des concepts très pratiques pour simplifier le problème du « terrorisme djihadiste » en France, et exonérer ainsi de toute responsabilité politiques ceux qui devraient normalement en avoir. La situation n’est pourtant pas si simple.

Et si nous assistions — en réalité — à une révolte radicale, similaire à celles pratiquées par les mouvements anarcho-révolutionnaires des années 70, mais sous une nouvelle forme, animée par d’autres motivations en surface, mais constituée des mêmes maux… en profondeur ?
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Les classes moyennes aspirent à un coup d’État

Boissy d’Anglas salue Féraud

Source : Boulevard Voltaire.
Selon une enquête menée par le cabinet d’étude FreeThinking, les français moyens aspirent à un coup d’État

Véronique Langlois et Xavier Charpentier s’apprêtent à publier un travail qu’ils ont baptisé Dissonances. Quand les classes moyennes parlent de la France d’après le 11 janvier, deux ans avant 2017, réalisée par un cabinet d’études du groupe Publicis. Cette étude menée pendant la campagne des départementales a été entreprise auprès de 190 Français des classes moyennes et pointe trois « dissonances » majeures :

La première : entre la réalité vécue par les Français et l’optimisme des discours officiels, le fossé est béant. Le manque de sérieux des élites, le déni de démocratie chez les parlementaires qui ne remplissent pas le mandat pour lequel ils ont été élus est aussi pointé du doigt.

La seconde : nos compatriotes restent malgré tout optimistes et croient à « un projet qui rassemble les Français au-delà du religieux et du politique », mais, dans le même temps, ils précisent « qu’aujourd’hui ils n’en voient pas la couleur ».

La troisième : « pour la première fois très clairement, ils expriment le rêve d’un coup d’État citoyen et républicain », prévient Véronique Langlois. Les mots « citoyen » et « républicain » n’étant là que pour se donner bonne conscience.

En conclusion, et comme il était facile de l’imaginer : « Les Français très ébranlés par les événements du mois de janvier considèrent que s’ils ont fait leur part du travail en descendant massivement dans la rue, la classe des dirigeants politiques, dirigeante, elle, n’a rien fait de concret. »

Crédit photo : Renaud Camus via Flickr (CC) = Boissy d’Anglas salue Féraud, musée des Beaux-Arts de Valenciennes


Une nouvelle jacquerie en Bretagne ?

Une nouvelle jacquerie en Bretagne ?

20/09/2014 – MORLAIX (NOVOpress)
Le symbole est fort, voire fondateur. Le jour même (vendredi 19 septembre) où 11 militants bretons des Bonnets rouges étaient lourdement condamnés pour leurs actions contre les portiques écotaxe, une centaine d’agriculteurs ont incendié le centre des impôts de Morlaix (Finistère). Ces agriculteurs de Bretagne – des légumiers – ont également incendié les locaux de la Mutualité sociale agricole (MSA) situés dans une commune voisine de Morlaix. Ces agriculteurs entendaient faire part de leur colère contre la fiscalité trop lourde, la complexité administrative et des contrôles trop tatillons, mais également pour faire part de la chute drastique de leurs revenus suite au boycott des importations alimentaires décidé par la Russie.

Manuel Valls a condamné lourdement ces actes et a promis des poursuites judiciaires contre leurs auteurs. Il est plus clément quand il s’agit par exemple des Femen…


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[Mémoire ouvrière] La révolte du Bouton à Méru en 1909

[Mémoire ouvrière] La révolte du Bouton à Méru en 1909

25/08/2014 – MERU (NOVOpress)
Au début du XXème siècle, la petite ville de Méru, dans l’Oise, est déjà considérée comme la capitale de la nacre. Cette localité, située à 50 km au nord de Paris, est dès le XVIIème siècle un lieu d’intense activité tablatière, c’est-à-dire de fabrication d’objets de petite taille en matière organique. Les paysans des campagnes alentour exercent alors à domicile les mois d’hiver lors des saisons agricoles défavorables. Ils fabriquent des objets luxueux en os, ivoire, écaille, ébène et surtout nacre. La demande concerne tout autant des éventails, carnets de bal, dominos que de simples boutons. Il faut dire que le sous-sol de la région regorge de traces de coquillages exotiques : troca indonésien, burgau de Singapour, haliste du golfe du Mexique… Les paysans trouvent ainsi dans la tabletterie un travail de complément fort utile.

L’essor capitaliste du XIXème siècle va entraîner une explosion de l’emploi dans ce secteur avec la croissance du marché de la mode et du vêtement de luxe : 4.000 salariés en 1800, 7.400 en 1855 et jusqu’à 10.000 en 1914.

Les conditions de travail liées à l’outillage mécanique sont pénibles et harassantes. « D’abord, le sciage au moyen d’une scie circulaire roulant à une vitesse vertigineuse. Indépendamment de l’air vicié de vapeurs et de poussières qu’il respire, le scieur est continuellement exposé à des accidents. Les scieurs à qui manque des bouts de doigts ou des doigts entiers ne sont pas rares. Puis le découpage du bouton brut ; ensuite le tournage, qui sert à donner les façons de bourrelets, de cuvettes, de fantaisies, etc. Découpeurs et tourneurs, travaillant penchés sur leur meule ou sur leur tour, en avalent de la poussière de coquillage au long d’une journée ! », note Jean-Baptiste Platel, responsable de l’Union des tabletiers de l’Oise.

« À 35 ans, tous les ouvriers sont asthmatiques en raison de la poussière qu’ils respirent pendant le travail. Beaucoup sont plus gravement hypothéqués encore. Qu’ils travaillent en usine ou chez eux, les conditions d’hygiène sont déplorables. On entasse facilement 15 ouvriers là où raisonnablement on en pourrait mettre 8. Nulle part le moindre ventilateur ou aspirateur. » ajoute t-il. La journée de travail débute à 7h00 pour se terminer à 19h00. Les enfants peuvent être embauchés dès l’age de 12 ans avec un salaire 70% inférieur à celui des adultes. Les femmes touchent quant à elles un salaire correspondant à 40% de celui d’un homme. Parallèlement, « en dix ans, des fortunes colossales se sont édifiées ; des châteaux se sont dressés à l’entrée de nos villages », écrit encore Platel.

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L’impossible révolte des peuples d’occident

L'impossible révolte des peuples d'occident

18/04/2014 – VIDÉO – Malgré les crises, malgré les inégalités, malgré le règne de la finance, les peuples d’occident restent passifs, comme anesthésiés par le système médiatique, politique et consumériste. Cette vidéo est un extrait du film « Dette, crise, chômage : qui crée l’argent ? »

Consommer, c’est être libre et heureux. Réfléchir est futile et ennuyeux. Le vocabulaire est réduit, le sens des mots dévoyé, de sorte qu’il n’est plus possible de penser la réalité. L’éducation est réduite à une sorte de conditionnement à la servitude et d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité, et plus sa pensée est bornée à des préoccupations futiles, moins il peut se révolter…

Révolte anti-gouvernementale ? La résistance ne faiblit pas

16/02/2014 – PARIS (NOVOpress) – Plus une sortie sans que les ministres soient pris à parti par un peuple qui ne “lâche rien”. Petit panorama des mouvements de gronde du mois de février, en attendant ceux de mars.

Peillon sifflé à Aix en Provence le 13 février – Jeudi 13 février le ministre Vincent Peillon est venu à Aix en Provence pour une visite à Sciences Po et un débat avec Jack Lang sur la rééducation. Un comité d’accueil était aussi au rendez-vous avec 200 personnes qui l’ont copieusement hué.

Des Bonnets rouges manifestent contre l’éco-taxe entre Vannes et Lorient le 14 février – Environ 250 Bonnets rouges, selon la gendarmerie, manifestaient samedi après-midi à proximité du portique écotaxe de Brec’h, entre Vannes et Lorient (Morbihan), et la circulation a été interrompue préventivement sur la Nationale 165 (Libération).

Le 14 février toujours, Manuel Valls et Arnaud Montebourg accueillis à Corbehem par des manifestants pacifiques (une fois n’est pas coutume) : les manifestants obligés de quitter la ville. – Des manifestants pacifiques ont réservé un comité d’accueil à Manuel Valls et Arnaud Montebourg en visite hier dans une usine de la commune de Corbehem (Pas-De-Calais). Ces manifestants se sont retrouvés obligés de choisir entre quitter la ville ou la garde à vue, alors qu’ils n’avaient procédé à aucune violence.

François Hollande a affronté un week-end de révolte

François Hollande a affronté un week-end de révolte

03/12/2013 – 08h00
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) – François Hollande n’a pu profiter longtemps du bidouillage des chiffres du chômage annonçant une reprise économique prochaine. Les Français n’y croient plus et l’ont fait savoir ce week-end.
A tout seigneur tout honneur, les Bonnets rouges ont largement réussi leur pari d’un nouveau rassemblement en Bretagne. Ils ont mobilisé 40.000 personnes au site des Vieilles charrues à Carhaix, dans le Finistère. La suppression de l’écotaxe a trouvé écho auprès des transporteurs routiers, les plus visés par cette mesure. Samedi, la place Beauvau recensait quarante‑sept « points d’action » des chauffeurs routiers, principalement des barrages filtrants et des opérations escargot, sur l’ensemble du territoire. A noter également un rassemblement citoyen à Paris place du Châtelet, ainsi que des mouvements un peu partout dans toutes les villes de France, voulant exprimer leur ras‑le‑bol quant au matraquage fiscal.

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François Hollande affronte un week-end de révolte fiscale

30/11/2013 – 18h10
PARIS (NOVOpress) –
Bonnets rouges à Carhaix (Finistère), opérations escargot des chauffeurs routiers partout en France jusqu’à ce soir, manifestation du Réveil citoyen à Châtelet (Paris) cet après-midi… c’est peu dire que François Hollande et son gouvernement ne sont pas à la fête aujourd’hui.

Il faut croire que le mot d’ordre de ces différentes manifestations – le ras-le-bol du matraquage fiscal – est particulièrement mobilisateur. Et cela ne risque pas d’empêcher une impopularité jamais atteinte pour un exécutif de la Ve république. Bien au contraire.

D’autant que demain 1er décembre c’est au tour de Jean-Luc Mélenchon d’appeler à marcher sur Bercy contre l’augmentation de la TVA…

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France : les préfets alertent sur une situation pré insurrectionnelle

France : les préfets alertent sur une situation pré insurrectionnelle

15/11/2013 – 16h00
PARIS (NOVOpress/Bulletin de réinformation) – Dans sa une, le Figaro d’hier titrait sur la vague d’« exaspération » qui submerge le pays.
Le quotidien s’est procuré la note de synthèse adressée le 25 octobre dernier par les préfets au gouvernement. Les représentants de l’État y dressent le constat unanime d’une société « en proie à la crispation, à l’exaspération et à la colère » et relèvent « que la fiscalité est devenue le principal moteur de la contestation de l’action gouvernementale ». Ainsi la fronde contre l’écotaxe ne se limite plus à la Bretagne et s’étend à au moins vingt‑trois départements. Dans leur synthèse, document généralement marqué par l’euphémisme et l’autocensure, les préfets usent d’une grande liberté de ton. Ainsi ils n’hésitent pas à conseiller au gouvernement le démontage pur et simple des portiques encore debout, avant destruction. Une manière peu amène de rappeler le pouvoir socialiste au principe de réalité.

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Révolte des bonnets rouges en 1675 : quand la Bretagne défendait déjà ses libertés

Révolte des bonnets rouges en 1675 : quand la Bretagne défendait déjà ses libertés

Papier timbré en date du 9 avril 1674 produit avant la révolte dite du Papier timbré, appelée également révolte des bonnets rouges.

28/10/2013 – 15h45
QUIMPER (NOVOpress) –
Les images des violents affrontements opposant les Bretons refusant l’écotaxe aux forces de l’ordre samedi 26 octobre sur la RN 165 à Pont-de-Buis dans le Finistère montraient des manifestants dont la plupart étaient coiffés de bonnets rouges, symbole faisant référence à la révolte antifiscale des Bretons contre le papier timbré en 1675, sous le règne de Louis XIV. Le parallèle historique est en effet assez troublant.

Les Bretons supportent alors difficilement la multiplication des impôts royaux qui violent le Traité de 1532, reconnaissant à leur province le droit de ne payer que ceux consentis par l’assemblée des États. En l’intervalle de trois ans, sous l’impulsion de Colbert, secrétaire d’État à la Maison du roi, pas moins de vingt édits ont été adressés au Parlement de Bretagne. Taxes sur les francs-fiefs, réforme des justices seigneuriales, du domaine des Eaux et forêts…

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La Bretagne commence à gronder

La Bretagne commence à gronder

18/10/2013 – 19h00
RENNES (NOVOpress) –
L’incendie couve en Bretagne face à la crise que connaît le secteur agroalimentaire avec la suppression de 900 emplois chez Gad, 500 autres prochainement chez Harvest Marine auxquels s’ajoutent les 1000 emplois supprimés l’année dernière chez Doux. L’agroalimentaire emploie plus de 80 000 personnes en Bretagne qui subit de plein fouet la concurrence des autres pays européens Certains ne sont pas sans comparer la situation de l’agroalimentaire en Bretagne à la crise qu’a connu la sidérurgie en Lorraine, avec la casse que l’on connaît : des régions entières sinistrées économiquement, en proie au désespoir social.

Dans l’agriculture aussi, directement dépendante des industries agoalimentaires, les temps sont rudes : En 10 ans sur une surface agricole comparable, le nombre d’exploitations et de leurs patrons (chefs ou coexploitants) a chuté d’un tiers, tandis que les salariés permanents non-familiaux progressait, symptôme d’une montée en puissance des grands groupes, au détriment des petits producteurs…

Autre motif de colère : la mise en place au 1er janvier 2014 de l’écotaxe, perçue par les Bretons comme une nouvelle gabelle. Ce dispositif fiscal à vocation écologique va s’appliquer à tous les camions français et étrangers de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur le réseau national non payant et qui seront contrôlés automatiquement par des portiques bardés d’électronique (photo ci-dessus). La Bretagne paiera le prix fort pour cette nouvelle taxe puisqu’elle ne dispose d’aucune autoroute payante et qu’elle constitue une péninsule à l’extrême ouest. Les transporteurs bretons ont d’ores et déjà calculé que cette écotaxe coûtera 70 à 80 millions d’euros aux seules entreprises agricoles et agroalimentaires et dissuaderait d’éventuels investisseurs de s’installer en Bretagne.

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