Gilets jaunes : la mobilisation continue

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07/01/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le samedi 5 janvier 50.000 Gilets jaunes ont manifesté dans plusieurs régions de France. Le nombre des Gilets jaunes repart à la hausse malgré de nombreuses tentatives de l’exécutif d’entraver le mouvement de contestation populaire. Des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre, notamment à Paris, suivis d’interpellations et de gardes à vue.

Le porte-parole du gouvernement évacué

Le porte-parole du gouvernement a dû être évacué de son ministère après une intrusion de Gilets jaunes à l’aide d’un engin de chantier dans la cour. Au micro de Franceinfo, Benjamin Griveaux a déclaré que, « ce n’est pas moi qui a été attaqué aujourd’hui, c’est la République, les institutions, la forme démocratique du gouvernement ».

L’acte VIII s’est poursuivit le dimanche

Au lendemain de l’acte VIII plusieurs centaines de femmes gilets jaunes se sont réunies place de la Bastille afin de donner une image non violente mais toute aussi déterminée du mouvement.

Une vidéo sur internet a beaucoup de succès

C’est encore une touche féminine des Gilets jaunes qui ne manque pas de sarcasmes. Elles ont repris un air de Michel Fugain pour faire une petite chanson innocente et sympathique, aux paroles plutôt bonnes, à voir sur le blogue Contre Info. Les Gilets jaunes risquent de devenir redoutables lorsqu’ils sont armés d’humour.

Femmes Gilets jaunes : «On manifeste pour le logement, les mères isolées, les femmes précaires»

07/01/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Au lendemain de l’ Acte 8 du mouvement, des centaines de femmes Gilets Jaunes ont décidé de manifester aux quatre coins de la France.

Sophie Tissier, 40 ans, « mère isolée de deux enfants », explique ainsi au mégaphone être au RSA depuis deux ans et demi :

C’est très difficile pour nous d’être mises en lumière dans la société en tant que femmes. Or nous sommes plus pacifiques que les hommes et on veut mobiliser de façon pacifique. (…) On est très nombreuses dans les manifestations, sur les ronds-points, car on est plus touchées par le travail précaire.

Les slogans visaient principalement le président de la République : « Macron démission », « Macron, t’es foutu, les gonzesses sont dans la rue » ou encore « Macron, si tu ne viens pas, c’est nous qui venons chez toi ».

« Le gouvernement veut nous faire passer pour des casseurs, mais aujourd’hui nous sommes des mères, des grands-mères, nous sommes les filles, les sœurs de tous les citoyens, et nous voulons dire que (…) notre colère est légitime. C’est lors des crises sociales que les droits des femmes sont le plus en danger », a déclaré pour sa part, la manifestante Chloé Tessier.


Pourquoi le mouvement des Gilets jaunes va continuer – Jérôme Barbet (Les Identitaires)

Le spectaculaire mouvement des Gilets jaunes, entamé le 17 novembre, n’a pas dit son dernier mot. Parti d’une révolte contre le poids de la fiscalité et l’augmentation de certaines taxes, il a été le catalyseur de la colère des Français. Aucun éditorialiste ni aucun analyste politique ne l’avait vu venir. Son ampleur a surpris tout le monde, et son affranchissement des partis politiques et des syndicats en a fait un objet politique hors-norme, échappant à tous les schémas habituels et le rendant difficile à appréhender. Ses revendications un peu fourre-tout, ses porte-paroles s’exprimant parfois dans la cacophonie ont parfois participé à le rendre confus et empêcheront peut-être une réelle traduction politique à terme.

Signe de l’incompréhension du gouvernement, face à un mouvement social d’une nature nouvelle, venant des profondeurs de la France périphérique qui évolue hors-radar du champ médiatique et politique depuis plus de 40 ans, Emmanuel Macron a décidé d’utiliser les vieilles recettes. Castaner a tout d’abord essayé de fasciser les Gilets jaunes (ce fut un échec), puis a essayé d’utiliser les violences pour les discréditer auprès des Français (nouvel échec). Macron a quant à lui tenté de proposer une batterie de mesures sociales pour calmer la révolte. Le résultat est en demi-teinte : certaines propositions ont été bien reçues par la population, néanmoins de nombreuses analyses ont démontré que pour beaucoup, il s’agissait de tours de passe-passe comptables qui ne changeraient pas grand-chose.

D’autre part, Emmanuel Macron a déjà trahi une promesse : au sein de la même intervention télévisée, il avait promis un débat sur l’immigration. Si certains commentateurs se refusaient à lier la question identitaire au mouvement des Gilets jaunes, le président de la République l’a pourtant fait… Signe du malaise sur cette question, Macron a d’ailleurs annulé sa venue à Marrakech pour approuver le désastreux pacte des migrations qui va engendrer davantage d’immigration massive (à la place, il a envoyé son secrétaire d’État en catimini au Maroc). On a pu croire au début que le président allait tenir ses promesses. Rapidement, un débat sur l’immigration apparaissait effectivement à l’agenda. Mais aussitôt, le Premier ministre Edouard Philippe a fait machine arrière et a indiqué que le débat n’aurait pas lieu.

Le mouvement des Gilets jaunes a moins mobilisé le samedi ayant suivi le passage télévisé d’Emmanuel Macron. Pour beaucoup de commentateurs, c’était le signe de la fin du mouvement. Avec les fêtes de Noël et de fin d’année, il y a fort à parier que le déclin va continuer. Mais le plus probable n’est-il pas que nous connaissions une simple pause plutôt qu’un arrêt ?

Les mesures du gouvernement ne règleront aucun problème de fond. Le débat sur l’identité est soigneusement mis sous le tapis, mais la question demeure, comme l’attentat islamiste de Strasbourg est venu cruellement le rappeler. Au mois de janvier, le prélèvement à la source va sans doute engendrer un nouvel épisode de mobilisation.

Le gouvernement n’est pas en mesure de répondre au défi posé par les Gilets jaunes. Ce mouvement s’inscrit d’ailleurs dans la continuité de la restructuration de la vie politique française entamée par l’élection d’Emmanuel Macron. Ayant détruit les deux principaux partis qui avaient construit « l’alternance » et profitant de certaines faiblesses de l’opposition, il a créé une sorte de vide politique. La nature en ayant horreur, les Gilets jaunes sont apparus. Ils sont l’opposition, dans un rapport frontal et direct avec Macron. D’où le fait qu’ils demandent sa démission. C’est entre lui et eux, entre Paris et les provinces, entre la technocratie et le populisme, entre cette France enracinée et les métropoles hors-sol. Il n’y a plus d’intermédiaire.

Ce que les Gilets jaunes exigent, c’est un changement radical. Ils ne veulent plus attendre, ils veulent une transformation maintenant. Ils ne se contentent plus de plans de communication ciselés mais veulent de vraies réponses. Avant tout, ils crient leur volonté de vivre, d’être entendus et de récupérer le contrôle de leur vie. Ils le sentent, tout leur échappe. Ils souffrent de leur sentiment de dépossession. Les services publics disparaissent de la France périphérique mais les taxes augmentent, les jeunes s’en vont tandis que des migrants arrivent dans les villages… à la télé on ne parle jamais de cette France-là, elle est l’angle mort de la classe politique et médiatique depuis des décennies. Le président l’insulte, les politiques la culpabilisent et les médias se moquent d’elle. L’augmentation des taxes sur le carburant fut le détonateur. Les habitants de cette France sont sortis de chez eux, ont découvert qu’ils étaient une force et qu’ils pouvaient faire trembler l’Élysée. Tous leurs lieux de socialisation ont été progressivement dépecés et maintenant ils se retrouvent sur les ronds-points. Ils ont réalisé qu’ils formaient un peuple.

Pourquoi s’arrêteraient-ils ici, alors qu’ils n’ont encore rien obtenu ? Face à ce nouveau défi, les vieilles réponses politiciennes ne fonctionneront plus.

Jérôme Barbet

Texte repris du site de : Les Identitaires

Jean-Claude Michéa signe une tribune en l’honneur des Gilets jaunes

19/12/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Jean-Claude Michéa. Le philosophe se réclamant d’une gauche authentique proche des idées de George Orwell, vient de publier une tribune en l’honneur des gilets jaunes.

C’est ce peuple théoriquement « disparu » qui non seulement fait aujourd’hui son retour en force sur la scène de l’Histoire, mais qui a même déjà obtenu – grâce à son sens politique exceptionnel et son inventivité rafraîchissante – plus de résultats concrets en quelques semaines que toutes les bureaucraties syndicales et d’extrême gauche en trente ans. Il fallait donc toute la cécité de classe des « écologistes » bourgeois pour ne pas avoir vu d’emblée que sous la question ponctuelle du prix de l’essence perçait déjà – pour reprendre les mots du remarquable Appel de Commercy – « un mouvement généralisé contre le système » et, au premier chef, contre cette confiscation croissante du pouvoir des citoyens par des politiciens de métier et des juges non élus. D’autant qu’il n’était vraiment pas difficile de comprendre – sauf à vivre, tels un BHL ou un Romain Goupil, sur une autre planète – que la revendication initiale des gilets jaunes relevait beaucoup moins de ce « culte de la bagnole » censé caractériser, aux yeux des élites « éclairées », les « beaufs » de la France périphérique (alors que toutes les études statistiques montrent au contraire que ce sont précisément les riches qui polluent le plus!) que d’une révolte morale spontanée contre un système économique aussi absurde qu’injuste qui – afin que les riches deviennent toujours plus riches – doit sans cesse obliger les Français les plus modestes à parcourir toujours plus de kilomètres pour pouvoir travailler, consulter un médecin, poster une lettre, faire leurs courses ou encore trouver une école, une maternité ou un centre administratif (c’est même une des raisons pour lesquelles les gilets jaunes ont si vite redécouvert les vertus de la démocratie directe et de l’autonomie locale).


Les Gilets jaunes ne se laisseront pas berner, par Ivan Rioufol

Le débat sur l’immigration ? Disparu. L’augmentation du smic de 100 euros par mois pour tous ? Disparue. Le mea-culpa macronien ? Disparu. Le changement de cap ? Disparu. Une semaine après la réponse du chef de l’Etat aux Gilets jaunes, il ne reste déjà plus grand chose des promesses émises. “Je veux que nous mettions d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, et que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter“, avait déclaré Emmanuel Macron lundi dernier. Mercredi, le sujet n’était déjà plus à l’ordre du jour. “Le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 (…)“, avait-il également annoncé. En réalité, seule la moitié des smicards bénéficieront de la mesure, le salaire du conjoint étant pris en considération pour écarter les couples les plus “aisés”.

Ce lundi, c’est Gilles Le Gendre, chef de file des députés La République en marche, qui a déclaré en guise de contrition que l’exécutif et la majorité avaient “probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniciens dans les mesures de pouvoir d’achat“. Quant au premier ministre, Edouard Philippe, il assure dans Les Echos de ce lundi n’avoir pas l’intention de changer de politique mais au contraire de l’accélérer. Il y a une semaine, le président avait pourtant précisé : “Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies (…) sans que rien n’ait été vraiment compris et sans que rien n’ait changé“. Les Bernés apprécieront.

La mascarade et la suffisance sont des caractéristiques dont la macronie a visiblement du mal à se défaire. Or ces défauts alimentent l’exaspération populaire. Les gens sont en quête de transparence, d’honnêteté intellectuelle, de parler vrai. Comment rétablir la confiance rompue entre la France d’en haut et celle d’en bas si le chef de l’Etat n’est pas même capable de tenir à la lettre des promesses solennelles faites une semaine plus tôt ? Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, évoque désormais l’envoi de “CRS ou de gendarmes” pour faire dégager les ronds-points occupés, après l’échec de la mobilisation des Gilets jaunes, samedi. L’Etat cherche à reprendre la main sur une contestation spontanée qui a fait trembler le pouvoir. Ce serait néanmoins une erreur de la part du gouvernement de croire la révolte apaisée, au prétexte d’un essoufflement des manifestants. Le “grand débat” annoncé risque d’être perçu comme une stratégie dilatoire destinée à étouffer la colère. Or ce jeu est dangereux : les Gilets jaunes ne sont évidemment pas prêts à rentrer dans le rang.

D’ailleurs, leur exigence d’un référendum d’initiative citoyenne montre que la crise n’est pas seulement fiscale, ni même sociale. Elle est, plus profondément, démocratique et identitaire. Macron est à la merci d’un retour explosif des Gilets jaunes, si ceux-ci venaient à s’estimer trompés par lui. Pour l’instant, ils ont quelques premières raisons de se sentir floués.

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 décembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Gilets Jaunes, où en sommes-nous après la cinquième semaine de mobilisation ?

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18/12/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Après les annonces du président de la République, personne ne savait exactement ce qui pouvait se passer samedi pour l’acte V de la mobilisation des Gilets jaunes. A Paris, les forces de l’ordre ont comme la semaine dernière fouillé et contenu les manifestants dans des endroits précis. Il y avait moins de manifestants à Paris que les semaines précédentes, mais en province cette tendance ne s’est pas confirmée. En effet, des barrages ont été montés, des péages ouverts voir même détruits, avec des manifestants toujours aussi mobilisés et décidés.

Au niveau politique les choses bougent

En effet, Francis Lalanne, chanteur de variété française a tenu une conférence de presse afin d’annoncer la création d’une liste gilets jaunes pour les élections européennes de mai prochain. Ce n’est d’ailleurs pas le coup d’essai du chanteur qui était déjà candidat lors des législatives de 2017. Il est apparu devant les journalistes accompagné d’une dizaine d’autres gilets jaunes. Ils ont d’ailleurs annoncé avoir reçu une caution bancaire à hauteur de 800.000 euros afin de pouvoir imprimer bulletins de vote, affiches et professions de foi.

Mais paradoxalement cette liste arrangerait les affaires de La république en marche.

Le parti présidentiel a demandé la semaine dernière aux instituts de sondages de tester une hypothèse avec une liste de Gilets jaunes. Avec la liste des Gilets jaunes, le parti présidentiel caracole en tête avec 21% loin devant le Rassemblement national, la liste des Gilets jaunes respectivement 12% et 11% et la France insoumise est distancée avec 9%. Sans cette liste, le RN monte à 17% et la France insoumise à 12%. Cependant le sondage est assez différent de celui demandé par la PQR à Ipsos qui donne le RN en tête devant LREM. Concernant les manifestations, l’acte VI est déjà lancé, affaire à suivre donc.

Moment charnière pour les Gilets jaunes

C’est le plus cher souhait de nos gouvernants… Comme les défenseurs d’un réduit assiégé, ils comptent sur la lassitude, sur le manque de moyens, sur les divisions des capitaines ou des hommes de troupe, sur la diversion, sur la peur, sur l’épuisement physique de cette armée ennemie qui leur livre bataille. Ennemie, oui. Car du peuple qu’il devrait défendre et dont il devrait avoir les intérêts à cœur, le pouvoir a fait un ennemi. Un ennemi qu’il faut écraser, diviser et renvoyer dans ses chaumières, pour pouvoir continuer à l’humilier et à le saigner.

Cela fait déjà cinq semaines – cinq actes – que cela dure, Noël et la Nouvelle Année approchent, les hérauts du pouvoir par les télévisions, les radios, les journaux, partout clament que le mouvement s’essouffle, mais qu’en est-il vraiment et un sixième acte – cinq samedis de mobilisation, c’est déjà de l’inédit – est-il envisageable ?

La mobilisation des Gilets jaunes doit être vue sous deux angles, celle qui se déroule les samedis à Paris, et celle qui est plus ou moins constante, et qui fait moins de bruit médiatique, en province, et qui inquiète les élites de la capitale comme le lait qui bout.

Pour juger de la situation, on ne peut bien sûr se fier aux chiffres officiels fournis par le gouvernement et, si une décrue a pu avoir lieu dans le nombre des manifestants, elle est due à plusieurs facteurs : le besoin de marquer une pause pour certains, pour d’autres des obstacles infranchissables, comme ces nombreux autocars bloqués aux entrées de Paris qui ont dû faire demi-tour.

De fait, un acte VI se profile déjà à l’horizon car, selon plusieurs responsables régionaux du mouvement, « les gens ne veulent pas lâcher ».

Plusieurs rassemblements à Paris sont déjà en cours de préparation, et des blocages ciblés en province. De son côté, le ministre de l’Intérieur Castaner a demandé aux forces de l’ordre de « faire vider » les ronds-points et les lieux publics.

Peu à peu, Macron est ainsi en train de se joindre à la liste de ces tyrans haïs dont les peuples ne veulent plus, Daniel Ortega, Nicolas Maduro, Raúl Castro… et qui refusent de descendre de leur piédestal. Tout comme eux, il a pris la vilaine habitude de s’asseoir sur leurs demandes, une habitude qu’il a héritée d’un François Hollande traitant de haut et ignorant la Manif pour tous et son million de manifestants, ce que même François Mitterand n’avait pas fait avec la manifestation pour l’Ecole libre.

C’est un moment charnière pour le mouvement des Gilets jaunes, un cap qu’il faut passer pour aboutir au renvoi de ce gouvernement non représentatif de l’ensemble des Français et de leurs aspirations. Ce ne sont pas les quelques miettes qui leur ont été jetées qui font le compte. Et si, d’aventure, le mouvement actuel venait à cesser, ce ne serait que temporaire ; ajoutés à la misère économique et à une négation de leurs besoins identitaires, la morgue et un mépris redoublé des vainqueurs rendront vite la situation insupportable.

Xavier Darc

Article paru dans Présent daté du 17 décembre 2018

Gilets jaunes : le mouvement perd du terrain mais gagne en maturité

17/12/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
La mobilisation est restée très forte samedi dernier pour l’acte V des Gilets jaunes, malgré les intempéries et les sournoises pressions du pouvoir pour empêcher les gens de manifester.

Si à Paris la participation était en baisse, la pression ne s’est pas relâchée dans les grandes villes de province. L’impressionnant dispositif policier dans le quartier de l’Élysée avait été reconduit à l’identique et les Gilets jaunes se sont une nouvelle fois approprié les Champs-Élysées. Le rassemblement devant l’Opéra a permis de mettre en avant des revendications plus politiques, comme le RIC, le recours au référendum d’initiative citoyenne, la lutte contre le terrorisme islamique ou le rejet du pacte de Marrakech.

Les débordements semblent avoir été moins nombreux ?

Quelques affrontements ont eu lieu aux Halles et vers l’Opéra, mais contrairement au 8 décembre, les grands magasins gardés par des CRS sont restés ouverts. A noter que la journaliste Nadège Abderrazak de RT France a été blessée par une poignée de porte, qui a priori ne lui était pas destinée. A ce propos, vingt-quatre photographes et journalistes ont porté plainte contre les forces de l’ordre pour des violences commises le 8 décembre : parmi eux Yann Foreix du Parisien, victime d’une balle de défense LBD 40 tirée à 2 mètres, Eric Dessons du Journal du Dimanche frappé par une matraque télescopique pour l’empêcher de photographier, ou encore Véronique de Viguerie du Washington Post qui s’est vue confisquer son matériel de protection : un casque et un masque à gaz ! L’Union des photographes professionnels, le Syndicat national des journalistes et Reporters sans Frontières se sont constitués partie civile dans ces actions en justice.

Et quelles ont été les réactions à l’acte V des Gilets jaunes ?

Le pouvoir tablait sur un affadissement du mouvement, avec la complicité de responsables politiques comme Laurent Wauquiez ou Alain Juppé qui ont ouvertement appelé à cesser le mouvement. Même Philippe Poutou du Nouveau Parti Anticapitaliste a préféré rejoindre la manifestation de soutien aux sans-papiers, plutôt que de soutenir les Gilets jaunes. Il est vrai que les dégradations des 1er et du 8 décembre ont fait désordre, ce qui laisse à penser que les casseurs ont peut-être été les meilleurs alliés du pouvoir. A noter la prise de position très fantaisiste de Jacques Noyer, ancien évêque d’Amiens qui a été jusqu’à dire que les Gilets jaunes ne méritaient pas de fêter Noël !

Gilets jaunes: la moitié des radars hors service depuis le début du mouvement

12/12/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Emmanuel Macron n’a pas évoqué le raz-le-bol des automobilistes dans son allocution.

Depuis que la vitesse sur certaines routes secondaires a été rapportée à 80km/h. La colère de ces automobilistes se manifeste de manière spectaculaire depuis le début du mouvement des gilets jaunes. La moitié des radars sont hors d’usage depuis les premiers blocages du 17 novembre.


Macron au “20 heures” : De microscopiques mesures. Et la forme : quel désastre !, par Francis Bergeron

Voulez-vous qu’on résume ensemble les mesures concrètes, qui seront appliquées rapidement ? Il y en a trois, elles vont toutes dans le bon sens (ouf !), mais elles sont d’une portée absolument dérisoire :

– Les heures supplémentaires sans impôts ni charges ? Bravo ! C’est la remise en place du dispositif créé par Sarkozy et qui correspondait au « travailler plus pour gagner plus ». Cela aurait dû être fait dès juin 2017. Mais Macron n’avait pas osé déjuger Hollande, sur une mesure qui avait pourtant fait s’effondrer la popularité de ce dernier dès le début de son quinquennat et « jeté dans les bras du Front national » le monde des ouvriers et des employés. En tout état de cause, cette mesure n’apporte rien aux artisans, aux commerçants, aux indépendants, aux retraités, aux chômeurs, aux cadres, et aux non-cadres n’exécutant pas d’heures supplémentaires, soit 95 % de la population française et 99 % des Gilets jaunes.

– Le SMIC augmenté de 100 euros nets, sans augmentation du brut, donc par diminution des charges. C’est encore la même population qui en sera bénéficiaire, et dans cette population, pas ou très peu de Gilets jaunes.

– Pas d’augmentation de la CSG pour les retraités recevant moins de 2 000 euros par mois. Cette exonération de l’augmentation de la CSG jouait jusqu’à 1 200 euros. La nouvelle exonération va bénéficier à une tranche de retraités situés entre 1200 et 2000 euros. Cela représente du monde, certes, mais des retraités, uniquement.

Et c’est tout ! Oui c’est tout ! Vous avez bien lu : aucune autre mesure de court terme ! C’est absolument incroyable. Pour le long terme, nous avons eu droit à de vagues promesses, des orientations sans calendrier, sans perspectives concrètes. Rien sur le poids de l’Etat, sur le poids de l’immigration, sur les folies de la transition écologique, sur la représentation politique, sur la mise en cause du train de vie global de nos « élites », sur l’Europe.

Et aucune mesure politique choc du type : changement de Premier ministre, référendum, dissolution de l’Assemblée. Rien, rien, rien !

Aucune mesure ne concerne de près ou de loin les Gilets jaunes

A l’évidence, le chef de l’Etat et ses conseillers sont incapables de prendre la mesure de cette révolution. Aucune des décisions actées ne concerne, de près ou de loin, les Gilets jaunes, à l’exception, donc, des retraités pensionnés à revenus modestes. C’est à peine croyable !

Terminons par la forme. Là aussi, quelle catastrophe ! L’homme lisait son prompteur (ou en donnait l’impression) d’une voix égale. Sa touche d’humanité, programmée en début de discours, n’avait aucun accent de sincérité. On avait envie de dire à ce dandy policé : « Mais arrache tes deux micros ! Lève-toi ! Abandonne le discours de tes conseillers ! Dis-nous directement, avec tes mots, sans filtres, ce que tu veux nous dire ! Fais du Trump, parle-nous avec tes tripes ! Le cheveu en bataille ! Le geste fort ! L’expression imagée, excessive, pourquoi pas ! Surprends-nous ! »

Pour céder, ou pour résister, peu importe. Mais pour exister, pour montrer qu’il est un homme de chair, de sang. Pour montrer qu’il sait ce qu’il veut, qu’il sait où il va, où il veut nous conduire.

Lisse, pondéré, sans aspérités

Mais hélas, il semble bien qu’il en soit incapable. Ce qui lui a permis d’emporter le morceau, face à Marine Le Pen, le 3 mai 2017, ce côté lisse, pondéré, raisonnable, sans aspérités, se retourne désormais contre lui.

Samedi prochain, les Gilets jaunes modérés, les Gilets jaunes libres, risquent fort de basculer à leur tour dans le camp du jusqu’auboutisme. A qui la faute ? Cette prise de parole, pour dire si peu, a été une vraie folie. Mais reconnaissons qu’il n’y a vraiment rien de réjouissant à voir le pays s’effondrer ainsi, sous nos yeux, comme une baudruche mal gonflée.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 11 décembre 2018

Gilets jaunes : « Je bosse 45 heures par semaine et je suis à découvert »

11/12/2018 – FRANCE (NOVOpress)
« Je bosse 45 heures par semaine et je suis à découvert, c’est même pas légal ! Je bougerai pas ! Envoie les gaz, je ne bougerai pas ».

Ce Gilet jaune, qui fait face aux CRS ce samedi 8 décembre sur les Champs-Elysées, à genoux, hurle sa colère et sa détresse, malgré le gaz lacrymogène.


Gilets jaunes – Macron, un discours pour rien

Ainsi, après plusieurs semaines de manifestations, mais aussi parfois d’émeutes. Après qu’il y a eu des dizaines de blessés parmi les manifestants, mais également parmi les forces de l’ordre, et même plusieurs morts en marge de ce vaste et inédit mouvement des gilets jaunes. À l’issue de destructions importantes qui ont provoqué pour des centaines de millions d’euros de dégâts dans notre pays, Macron, le Jupiter élyséen, s’est enfin décidé à descendre de son Olympe. Car son intervention devant les Français était attendue. Invisible et inaudible depuis le début des manifestations, si ce n’est par quelques indiscrétions sans doute savamment distillées, le président de la République s’est exprimé ce lundi soir, pendant une dizaine de minutes, afin de dire son ressenti et d’annoncer les mesures qui, selon lui, devaient faire baisser la tension et renvoyer les gilets jaunes chez eux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le message a été insuffisant. En d’autres temps, on aurait dit que « le compte n’y est pas ».

À un vaste mouvement populaire et social, Macron a cru bon de répondre par quelques mesures minimalistes. Alors que les gilets jaunes demandaient du pouvoir d’achat, il leur a proposé une revalorisation du SMIC de 100 euros, et rien pour les autres travailleurs. Une prime de Noël, à la charge des entreprises qui le voudront bien. Alors que les gilets jaunes demandaient plus de démocratie, il leur a proposé un débat en refilant, au passage, le bébé aux maires. Alors que les gilets jaunes demandaient plus de justice et d’équité, il a proposé des miettes aux uns et rien aux autres. Face à cette crise majeure et sans précédent, le président de la République s’est montré égal à lui-même, alliant compassion de circonstance et vraies menaces. Menaces contre les gilets jaunes qui poursuivraient leurs actions, mais aussi menaces contre des « irresponsables politiques » sans qu’il les désignent nommément, mais dont on voyait bien qui il pouvait viser.

Exit, donc, la réindexation des salaires et des pensions sur l’inflation. Exit les vraies mesures pour le pouvoir d’achat, les Français devront continuer à se serrer la ceinture pour tout simplement continuer à vivre. Exit les décisions pour diminuer la dépense publique dont on sait qu’elle est un véritable fléau pour notre économie.

Ce n’est donc pas par ce discours, et encore moins par les mesures annoncées, que nous sortirons de cette crise. Trop de revendications, pourtant légitimes et fondées, n’ont pas été prises en compte. En revanche, les plus riches peuvent, une fois encore, dormir sur leurs deux oreilles, ils resteront riches. Et l’ISF ne sera pas rétabli.

Plus que jamais, c’est donc l’inconnu qui se profile. Quelles réactions auront les gilets jaunes sur leurs ronds-points, eux qui, maintenant depuis près d’un mois, tentent de se faire entendre mais n’ont manifestement pas su retenir suffisamment l’attention d’un Président prisonnier de sa politique et de ses maîtres de la haute finance internationale.

Plus que jamais, il s’avère donc indispensable de changer de politique. Mais les Français savent désormais qu’elle ne changera pas avec ceux qui sont actuellement au pouvoir. Ainsi, ce ne sont plus quelques mesures économiques ou fiscales qui sont à exiger, mais bien de nouvelles élections qui, seules, permettront de donner à la France une nouvelle majorité, porteuse d’un autre programme et d’un autre projet pour l’avenir de la France.

Olivier Damien

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Gilets jaunes, la pression continue sur l’exécutif

10/12/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Dix mille manifestants, 1082 interpellations, plus de 70 blessés, des dizaines de vitrines brisées, des magasins pillés et des voitures incendiées. Bordeaux, Lyon, Toulouse, Marseille, Saint-Étienne ou Nantes ont aussi connu des scènes de guérilla urbaine. Cela a poussé l’exécutif à la réflexion.

La machine à baffes pendant trois heures

C’est l’expression utilisée par Europe 1 qui rapporte que le président de la République a rencontré vendredi une quinzaine d’élus locaux à l’Élysée en préparation de son intervention sur le mouvement des Gilets jaunes en début de cette semaine.

Durant ces entretiens avec des élus qui ont duré trois heures trente, le président aurait reconnu ses erreurs sur ses méthodes de gestion et de communication, ainsi que le trop de taxes et d’impôts. Sans oublier la compilation de taxes supplémentaires qui serait inappropriée par rapport à la réalité du terrain, selon les propos rapportés par Karl Olive, maire de Poissy.

Le président aurait qualifié également de « connerie » les 80 km/h et la baisse des APL.

Le président réagit enfin

L’Élysée a annoncé que le président s’adressera au pays ce soir à 20 heures, sans donner plus de précisions. On s’attend à ce qu’il annonce une série de mesures pour calmer les tensions sociales. Le président jupitérien redescendrait-il sur terre ?

Le SMIC ne sera pas revalorisé

Muriel Pénicaud, ministre du travail, a annoncé que le SMIC ne sera pas revalorisé au-delà de 1,8% attendu en janvier avant même qu’Emmanuel Macron prenne la parole ce soir. Mais elle a tenu de rassurer, sur LCI ce dimanche, que le que le chef de l’Etat allait annoncer des mesures concrètes et immédiates pour calmer les Gilets jaunes.

Les “gilets jaunes” ébranlent l’État faible, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron a assuré, l’autre jour, qu’il représentait “les vrais populistes […] Nous sommes avec le peuple”. À dire vrai, sa proximité avec la France profonde ne saute pas aux yeux. Le président a réussi à rendre fous de rage les “gilets jaunes” issus des provinces oubliées. Il aura fallu des scènes d’insurrection, samedi dernier à Paris, pour qu’il annule enfin, mercredi soir, les taxes de 2019 sur le carburant.

Mais le peuple reste invisible à ses yeux. Dimanche, sur C8, le député LaREM, Aurélien Taché, demandait : “C’est qui le peuple français ?”, en se faisant l’avocat de la souveraineté européenne voulue par Macron. Ce dernier est attendu lundi à Marrakech (Maroc) pour y signer le “pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières”. Le texte a été refusé par les États-Unis, Israël et de nombreux pays européens. Il assimile l’immigration à un droit de l’homme et à une richesse. Même le Parlement ne sera pas sollicité pour avaliser cet engagement à dissoudre le vieux peuple français dans un multiculturalisme sacralisé.

La conversion populiste de Macron tient du cynisme d’un salonard. Le progressisme, dont se réclame “en même temps” le chef de l’État, n’est guère plus ouvert aux révoltés de la France d’en bas. N’est-ce pas la gauche internationaliste qui a délaissé les “petits Blancs” trop franchouillards, au profit des minorités déracinées ? Ces jours-ci, les âmes généreuses redécouvrent leur fibre sociale pour s’approprier un mouvement qu’elles ont beaucoup insulté. La gauche fantomatique aimerait tant réduire les “gilets jaunes” à une lutte des classes ressuscitée !

Ceux qui dénigraient des “poujadistes” recasent leur “convergence des luttes”. Les anticapitalistes imposent des revendications sur l’abolition des privilèges, la haine du riche, le rétablissement de l’ISF, etc. Des collectifs “antiracistes” (Comité Adama, Comité Rosa-Parks) ont infiltré, samedi à Paris, la cause des cités dans celle des ruraux. Des lycéens cornaqués par le savoir-faire trotskiste entrent dans la danse, Jean-Luc Mélenchon jubile. François Hollande encourage…

Reste que la “révolution Facebook” a réussi, seule et en dépit de sa désorganisation, à ébranler l’État, la classe politique, les syndicats, les médias.

Ivan Rioufol

Texte daté du 6 décembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Gilets jaunes : le mouvement de révolte s’étend en Europe !

07/12/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
En Allemagne, Belgique, Pays-Bas ou encore Bulgarie et Serbie, des vagues de contestations, avec le port du gilet jaune comme étendard de la lutte, contre les politiques menées par leurs gouvernements respectifs prennent de l’ampleur.

Si l’origine de ces contestations n’est pas tout à fait similaire à celle connue en France : hausse des carburants en Serbie, dénonciation du pacte sur les migrations en Allemagne, appauvrissement des classes moyenne aux Pays-Bas et outre le gilet jaune, ces mouvements ont en commun de dénoncer les politiques populicides de nos dirigeants européens de ces dernières décennies.

Il n’existe cependant aucun lien organique entre ces divers mouvements.

Le samedi de toutes les colères,par Par Caroline Parmentier

Samedi, les Gilets jaunes se mobilisent pour la quatrième semaine consécutive. Avec un effet de contagion. On assiste désormais à la montée en puissance de tous les mécontentements, à l’addition des révoltes. Plusieurs professions appellent leurs troupes à venir grossir les manifestations de ce week-end.

SUD Rail appelle à se joindre aux « mobilisations à venir, notamment celle du samedi 8 décembre ». Le syndicat demande aussi aux cheminots de laisser les Gilets jaunes voyager gratuitement en train. La CGT et FO appellent les routiers à faire grève à partir de 22 heures dimanche soir, pour une durée indéterminée. Manifestations et blocages au menu.

Les agriculteurs préparent une mobilisation contre le matraquage fiscal et pour obliger le gouvernement à tenir ses promesses sur la loi alimentation. Ils annoncent qu’ils cibleront les symboles de l’Etat, comme les préfectures. Les lycéens et les étudiants entendent bien profiter de la vague jaune pour réclamer l’abandon des réformes du lycée, du bac, de la voie professionnelle.

Beaucoup plus inédit, un syndicat de police appelle une partie des agents à se mettre en grève le même jour. « Notre hiérarchie va encore nous envoyer prendre les coups à sa place et à la place du gouvernement », déclare le syndicat Vigi dans un communiqué. « Ses responsables ont choisi de s’allier au mouvement des Gilets jaunes pour l’acte 4. » « Les policiers, explique le secrétaire général Alexandre Langlois, partagent les revendications des manifestants concernant le pouvoir d’achat. » Le préavis déposé concerne « les personnels administratifs, techniques, scientifiques et ouvriers d’Etat ou cuisiniers du ministère de l’Intérieur ». Les pompiers du SDIS (services départementaux d’incendie et de secours) appellent à « soutenir la grogne populaire et à l’amplifier, à rejoindre les mouvements locaux des Gilets jaunes ».

Le sentiment de mépris est tenace au vu des appels à manifester qui circulent sur les réseaux sociaux. Sur Facebook d’où tout est parti, un groupe nommé « Acte IV, on maintient le cap » appelle à manifester samedi prochain à Paris et rassemble plus de 5 400 participants et 20 000 personnes déclarées comme intéressées par l’appel. Une page « Gilets Jaunes ACTE IV Dissolution de L’Assemblée Nationale » rassemble 4 800 internautes et 33 000 personnes intéressées. L’une des figures des Gilets Jaunes, Eric Drouet, a lui aussi renouvelé son appel à la mobilisation.

Le gouvernement se prépare à faire face à un samedi noir. Outre l’appel de Christophe Castaner qui « invite les gilets jaunes raisonnables » à ne pas se rassembler à Paris samedi prochain, les forces de l’ordre seront bien plus nombreuses dans la capitale et le reste du territoire. France Télévisions qui devait installer son Téléthon place de la Concorde à Paris, a rapatrié ses plateaux en studio par crainte des débordements, la SPA annule son Noël des animaux, tandis que les préfectures de police de Paris et de Haute-Garonne ont demandé le report des matchs de foot TFC-OL au Stadium et PSG-Montpellier, au Parc des Princes.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 6 décembre 2018

Le Gouvernement français cède en apparence face aux Gilets jaunes

06/12/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Afin de sortir de la crise provoquée par le courroux du peuple français incarné par la mobilisation nationale des Gilets jaunes, le gouvernement avait avancé ses premiers pions cette semaine. Était notamment mis en avant un report de six mois des principales taxes prévues. Pour autant ce moratoire présenté par le Premier ministre ne convainc pas les français, 78% d’entre eux jugent que le gouvernement ne répond toujours pas aux attentes des Gilets jaunes selon un sondage de ce mercredi. Était notamment reproché ce report opportun qui amène l’échéance juste après les élections européennes. L’Élysée a tenté par la suite d’atténuer cela, au cours d’une intervention du ministre de la transition écologique François de Rugy sur le plateau de BFMTV. Celui-ci a annoncé que les fameuses taxes sur le carburant ne seraient pas reconduites de tout 2019, laissant même entendre que celles-ci pourraient ne jamais voir le jour.

Une annonce à prendre avec des pincettes

Le gouvernement serait bien capable de ressortir cette mesure sous une forme déguisée dans le futur, à la manière d’un traité de Lisbonne. Car la hausse originellement prévue répondait entre autres à une exigence d’efforts de transition écologique, découlant de l’accord de Paris sur le climat. Cet accord est défendu bec et ongles par monsieur Macron, et plus globalement par l’Union européenne, à laquelle l’Élysée n’a jamais si bien obéi. Dans ces conditions il est difficile d’imaginer le gouvernement renoncer si facilement à cette mesure phare de la lutte contre le réchauffement climatique.

Si ces annonces contribuaient à désamorcer la mobilisation des Gilets jaunes cette victoire aura néanmoins un goût amer pour le gouvernement

Même si le gouvernement arrivait à faire repasser cette taxe en catimini dans la suite du mandat de monsieur Macron, il aura en effet tout de même eu à publiquement plier contre la mobilisation. Qui plus est des dissensions transparaissent à présent ouvertement des dernières déclarations des officiels de l’Élysée. Outre le Premier ministre en partie désavoué par les dernières évolutions de son moratoire, le conseil des ministres et Marlène Schiappa en particulier se sont faits recadrer sèchement hier par Emmanuel Macron, suite à leur engagement hâtif au sujet de la révision de l’impôt sur la fortune. Poussé par les Gilets jaunes en dehors du chemin tracé par l’Union européenne et les traités et accords mondiaux, le gouvernement semble à présent perdre son unité, ce qui devrait inciter ce mouvement à ne pas s’arrêter en si bon chemin.