« La remigration est antirépublicaine » : quel bilan pour la dédiabolisation ?, par Clément Martin (Les Identitaires)

Marine Le Pen

En réaction à la déclaration d’Éric Zemmour qui souhaitait créer un ministère de la Remigration, Marine Le Pen, lors de son passage à La France dans les yeux (BFM TV), annonçait son refus d’intégrer la remigration à son programme, jugeant celle-ci « antirépublicaine » et « profondément injuste ». Après l’abandon de la suppression de la double nationalité de son programme, cette sortie est une nouvelle illustration de la dilution du Rassemblement national sur la question identitaire. L’heure est venue de dresser un premier bilan sur la stratégie de « dédiabolisation » du Rassemblement national.

De la dédiabolisation à la dénationalisation

On associe souvent Marine Le Pen au processus de dédiabolisation de son parti. Cette stratégie était fondée sur une observation simple et pertinente : après 40 ans de leadership du Front national, l’impossibilité pour Jean-Marie Le Pen d’arriver au pouvoir ne s’expliquait pas par les fondamentaux idéologiques du parti (lutte contre l’immigration, promotion de l’identité française, opposition frontale à la gauche socialo-communiste, antifiscalisme), mais par les frasques médiatiques de son chef ainsi que par sa gestion excessivement personnelle du pouvoir au sein du Front national. La dédiabolisation consistait ainsi à mettre un terme aux dérapages des « bons mots » tout en conservant les bases de la « marque » Front national, dont la lutte contre l’invasion migratoire était au premier plan. Il s’agissait de gagner en crédibilité afin de devenir le premier parti de l’opposition nationale et, à terme, un parti apte à prendre et à exercer le pouvoir. Jusque-là, tout allait bien. Malheureusement, les altérations (nécessaires) sur la forme se sont accompagnées d’altérations (néfastes) sur le fond du programme. Oscillant entre un populisme de droite finalement très modéré, un souverainisme intégral et une sorte de parti attrape-tout « ni de gauche ni de droite » tentant le grand écart entre Mélenchon et les électeurs frontistes historiques, la ligne politique du RN est devenue confuse et diluée. Certes, elle a gagné en respectabilité ; au cours de cette campagne, elle n’a subi quasiment aucune attaque médiatique. Cependant, on peut douter de la viabilité d’une stratégie floue pour le long terme.

Le pseudo-populisme, la nouvelle impasse

En déclarant son opposition à la remigration, seule politique capable de sortir l’ornière identitaire, Marine Le Pen vient grossir les rangs de la droite pseudo-populiste, et dont l’un des représentants les plus éminents est sans conteste Robert Ménard. Leur point commun, c’est de fonder leur légitimité politique sur un créneau hostile à l’immigration et au Grand Remplacement, tout en poussant régulièrement des cris d’orfraie dès que les choses deviennent sérieuses. L’ancien journaliste trotskyste devenu maire de Béziers incarne ce positionnement à la caricature : élu pour inverser la dégradation identitaire terrible de sa ville, défigurée depuis des décennies par l’immigration sauvage, il ne cesse pourtant de fustiger dans ses interventions médiatiques les propos d’Éric Zemmour, selon lui excessivement radicaux et provocateurs, alors même que seule une politique audacieuse et sans complexe de remigration permettrait d’éviter que des milliers de Béziers ne fleurissent sur le territoire.

Cela démontre une chose : le positionnement pseudo-populiste est devenu une niche rentable politiquement. Il est désormais tout à fait possible de vivre de la rente du sentiment d’opposition à l’immigration, sans pour autant avoir à assumer de vraies transgressions politiques. On peut voir cette évolution de deux façons : d’un côté, ce changement est positif, puisqu’il signifie que l’opinion et le personnel politique ont fait un pas dans la direction de l’opposition à l’invasion migratoire. De l’autre, cela envoie le signal aux lâches et aux opportunistes qu’un nouveau territoire politique est exploitable.

Si la vraie droite compte un jour prendre le pouvoir, elle ne fera pas l’économie d’une véritable révolution intérieure, qui se traduira par une volonté et une capacité à transgresser les tabous de l’époque, ainsi que par la revendication d’une clarté politique cristalline. Le temps n’est plus aux calculs de boutiquiers ou aux demi-déclarations, mais à la formulation d’une vision claire pour l’avenir.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Un hommage de Hollande

28/10/2015 – FRANCE (Présent 8471)

C’est donc en grand équipage que le chef de l’État s’est rendu dans la commune du Petit Palais pour rendre hommage aux 43 victimes de l’accident de Puisseguin. Manuel Valls était là, accompagné de ministres qui, de près ou de loin, pouvaient avoir un rapport avec les victimes : ministres de l’Intérieur, de la Santé, secrétaire d’État aux transports, à la Famille et, curieusement, le ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, peut-être pour dire, de façon subliminale, que si tous les véhicules avaient été électriques, rien de tout cela ne serait arrivé.

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Avec solennité, le président a égrené des platitudes dans lesquelles les proches des malheureux étaient censés puiser du réconfort : « Ils comptaient parmi les aînés du pays. Ils étaient respectés. Ils avaient eu une vie de labeur. Vous les aviez entendus raconter comment était la vie autrefois », etc.

C’était un « hommage républicain ». Pourquoi, « républicain », « national » ne suffisait-il donc pas ? La République, seule, aurait-elle compassion ? Et les victimes étaient-elles toutes républicaines ? Il pouvait y avoir des royalistes ou, « pire », des électeurs, voire des membres, du Front national, que le chef de l’État a exclu de la fraternité républicaine.
C’était également une cérémonie « mémorielle », a précisé l’Élysée. On aurait pu dire « à la mémoire de… », car « mémoriel » c’est l’adjectif utilisé d’ordinaire pour les lois portant sur les génocides, dont la « Shoah », afin de signifier que toutes les générations doivent porter le deuil. Or, à peine le barnum démonté, la tente repliée, les officiels ayant cessé d’officier, François Hollande a tout oublié.

Il en est déjà à sonder l’actualité pour y découvrir un événement dans lequel il pourra s’immiscer, intervenir, discourir pour montrer qu’il est proche des gens… et pas loin de l’élection de 2017. Tout ce qu’il dit, fait ou ne fait pas, c’est dans cette perspective électorale. Jusqu’à récupérer les morts, les pauvres morts de Puisseguin. C’est ce qui explique ce déploiement démesuré. Certes, il y a eu 43 victimes or, tous les ans, les accidents de la route font plus de 3 000 morts, mais ils meurent en rangs séparés. Il doit y avoir à l’Élysée une cellule de communication qui s’occupe de ça : dix victimes, on envoie sur place le ministre de l’Intérieur, à 20 le Premier ministre, à partir de 40, c’est le président, tous les morts ne pesant pas du même poids médiatique, donc électoral.

C’était aussi une cérémonie laïque, a-t-on rappelé pour décourager ceux qui auraient eu l’audace d’esquisser un signe de croix. Il fut un temps où, sur le lieu des catastrophes, on voyait des prêtres donnant l’absolution aux mourants ou priant pour ceux qui étaient déjà morts. Maintenant, ce sont des « psys », des cellules psychologiques. La cellule est un lieu d’enfermement. Le deuil doit s’effectuer dans la prison de la seule matière, sans fenêtre sur le Ciel, sans la consolation, la seule, celle d’entendre la parole qui a traversé les siècles et tari tant de larmes sur tant de tombeaux : « Je suis la résurrection et la vie, qui croit en moi vivra, même s’il meurt. »

Guy Rouvrais

Mélenchon ou l’hystérie républicaine

01/06/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
Avec alexis Corbière, ils ont fait grand bruit dans la réinfosphère en s’attaquant à l’émission « Secrets d’histoire ». Mélenchon, qui aime rendre hommage à Robespierre et Saint-Just, n’en est pourtant pas à son coup d’essai de Gardien du Temple Révolutionnaire. Portrait de « Santerre ».

Le leader du Front de gauche fait partie de cette catégorie de républicains bornés pour qui l’histoire débute en 1789. Avec son comparse Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche (PG), ils jouent les censeurs, chassent les tabous, en gros, tout ce qui contrevient un tant soit peu au mythe de la Révolution et de l’idéologie républicaine. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! », c’est du Saint-Just, ça pourrait être du Mélenchon.

Selon eux, Secrets d’histoire, c’est donc

seulement 5 émissions, soit 6% (!) de la totalité, [qui] ont été consacré à des personnalités ou des lieux liés à la République.

Dans cette émission populaire,trop de rois et reines, pas assez de républicains, donc. Mais aussi, histoire d’être bien politiquement correct, pas assez de noirs, pas assez de femmes… Ils voudraient bien l’interdire, au moins imposer des quotas de politiquement correct. Liberté d’expression, quand tu nous tient…

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