Renaud Camus : renouer avec l’essence de l’être, combattre notre dépossession

L’écrivain Renaud Camus livre un essai magistral dans lequel il démonte les ressorts du « remplacisme global davocratique », cette idéologie qui dépossède l’homme de ses particularismes, jusqu’à son essence.

Où sont donc passés les fils et les filles de notre sang ? Où sont les hommes qui peuplaient jadis nos terres, ceux qui mourraient pour l’honneur, ne s’agenouillaient que devant Dieu, leur souverain ou une femme ? Nos rites et nos traditions tutélaires auraient-ils disparu ? Qu’a-t-on fait du silence, des sons, des odeurs et des formes qui dessinaient jadis notre monde ? Que sont devenus les manuels d’histoire qu’étudiaient les enfants ? Qu’en est-il enfin de nos processions, de nos danses et de nos chants ? Et de l’instinct animal, de l’homme sauvage ? Où est cette liberté qu’on nous a tant vantée ? La mort elle-même semble avoir disparu de ce monde…

Tel est le constat de Renaud Camus qui, après le Petit et le Grand Remplacement, nous offre avec La Dépossession une somme monumentale pour cibler les sources et les racines de notre dépossession civilisationnelle, ethnoculturelle, politique et finalement humaine, qui précède notre remplacement. Plus qu’un état des lieux de ce qui nous est quotidiennement ôté, l’œuvre magistrale de Renaud Camus, sans jamais le nommer, nous ramène au principe fondamental de notre identité. À l’heure où l’égalitarisme universaliste nous éloigne de la beauté, de la grandeur, de l’effort et de l’excellence, son livre se présente comme un manifeste constructif, œuvre de résistance contre la raison, la science et la soumission.

Rappelant que l’homme dépossédé de ses particularités est en réalité dépossédé de son humanité, Renaud Camus donne pleinement sens aux célèbres paroles de Joseph de Maistre : « Il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu dans ma vie des Français, des Italiens, des Russes, je sais même, grâce à Montesquieu, qu’on peut être Persan, mais quant à l’homme je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie. S’il existe, c’est bien à mon insu. »

C’est en effet l’appartenance à un corps et à une communauté, l’enracinement dans un sol, un sang et une lignée, qui nous font homme. L’homme dépossédé de tout particularisme n’est plus rien, et finalement n’est plus homme. L’« anti-tout » – antifasciste, antiraciste ou antispéciste – se nomme finalement très bien lui-même ! Renaud Camus dresse une liste vertigineuse de nos dépossessions actuelles, ces dernières étant encouragées par nos dirigeants qui promeuvent conjointement l’éradication de la culture et la culture de l’éradication. Effacement des sexes, des races, des limites, suppression même du sens des mots. Constat effroyable ! D’autant plus terrible que la dépossession de l’être s’avère la condition préalable à la mise en place du « remplacisme global davocratique ».

Si nous ne sommes pas totalement innocents des maux qui nous accablent, la généalogie qu’en propose Renaud Camus ramène inévitablement à l’américanisation de nos sociétés. Il nous livre une longue réflexion sur le fordisme et la manière dont il prépare le Grand Remplacement : de la Ford T à l’homme de Métropolis, véritable machine à broyer l’humanité. L’écrivain affirme, s’il résumait son livre en une phrase, elle serait la suivante : « Le remplacisme global davocratique est le stade ultime du fordisme. »

Exposant et démontant les schémas mentaux de nos ennemis pour revenir à l’essentiel et révéler de manière sous-jacente notre vision du monde, l’ouvrage se conçoit comme une somme englobante, une arme de combat intellectuel, physique et métaphysique pour lutter contre le « BNG » (bloc négationniste-génocidaire) et reprendre notre destin en mains. Il ne s’agit évidemment pas d’ un mode d’emploi, d’autant que l’antinatalisme de l’auteur n’est nullement la solution de nos maux mais plutôt l’un deux… On peut refaire l’esprit d’un peuple ; encore faut-il que ce peuple survive. La démographie est contre nous – il le dit lui-même – et c’est sûrement notre premier champ de bataille. Car lorsqu’il n’y a plus personne, il n’y a plus d’esprit à conquérir et la bataille des idées n’a plus de sens !

Comme à chaque fois cependant, Renaud Camus propose une œuvre à contre-courant, à la croisée des genres littéraires et philosophiques, l’œuvre d’un homme libre pour nous sortir de l’enclos de la pensée conforme. Un pavé de 800 pages, parfois redondant – la pédagogie n’est-elle pas un art de la répétition ? -, souvent digressif, mais avant tout une bouffée d’air frais au style envolé pour tenter de se rapprocher de l’essence de l’être, de notre identité, de notre moi collectif. Un ouvrage qu’on lit autant par conviction que par goût de la langue. C’est aussi une œuvre magistrale pour ceux qui ont décidé de ne plus se voiler la face, de faire sécession et qui refusent la fatalité !

Face à l’homme du rien, homme sans nature et sans culture, homme sans existence et sans réalité, – l’homme sans l’homme -, nous défendons l’homme de la terre et des morts, homme du sol et du sang, rêveur, entier, vivant, l’être réel, fier de ses racines et maître du destin.

Solenn Marty – Promotion Jean Raspail

La Dépossession. Ou du remplacisme global, Renaud Camus, La Nouvelle Librairie éditions, 846 pages, 33,50 €.

Tribune reprise de institut-iliade.com

Renaud Camus face au remplacisme global

grand remplacement

Le Grand Remplacement n’est pas une « théorie » : c’est un constat et un signal d’alarme. Derrière le droit des peuples à la continuité historique, il s’agit de défendre la polyphonie du monde – tout ce qu’il conserve encore d’irremplaçable.

Si l’expression « Grand Remplacement » est désormais assez systématiquement associée au nom de Renaud Camus, notamment par tous les automatismes journalistiques autour de la « théorie » du grand remplacement, on ne peut que déplorer que les écrits de celui-ci restent peu lus. Il est vrai en particulier, quoique cela n’excuse en rien les non-lecteurs, que Le Grand Remplacement[1] n’avait pas connu jusqu’ici une aussi grande diffusion que l’expression.

Ce titre fut d’abord en 2011 celui d’une mince brochure rassemblant le texte de trois conférences, publiée aux éditions David Reinharc. Le livre fut étoffé dès l’année suivante, mais désormais en auto-édition (« Chez l’auteur »), puis complété par un texte important sur Le changement de peuple. Ce noyau, auquel s’agrégèrent progressivement une vingtaine d’autres textes, a fini par constituer au fil des rééditions successives un fort volume de plus de cinq-cents pages, désormais proposé et diffusé par les éditions de la Nouvelle Librairie.

Qu’est-ce que le « Grand Remplacement » ?

Qu’est-ce donc que le « Grand Remplacement », selon Renaud Camus ? C’est une dénomination, un syntagme marquant, la désignation d’un événement majeur, d’un phénomène historique.

Ce n’est pas une « théorie », pas plus qu’il n’y a de « théorie de la Guerre de Cent Ans », de « théorie de la Grande Guerre », de « théorie de la Révolution française », etc. Le Grand Remplacement, c’est d’abord un constat, celui que peuvent faire ceux qui ouvrent les yeux sur le destin historique de leur civilisation, qui la savent et la craignent mortelle ; un constat et un signal d’alarme, dans la lignée du discours des « fleuves de sang » prononcé en 1968 à Birmingham par Enoch Powell[2], l’un des « deux prophètes », avec Jean Raspail, à qui Camus a dédié son livre.

Ce constat, Renaud Camus le fit lui-même dans les années 1990 en parcourant, pour l’écriture d’un livre sur le département de l’Hérault, de vieux villages fortifiés autour de Lunel ; il résume d’une formule simple ce qui lui apparut alors : « vous avez un peuple et presque d’un seul coup, en une génération, vous avez à sa place un ou plusieurs autres peuples ».

Pourtant, bien souvent, au lieu du constat lucide de l’évidence et du désastre, l’auteur remarque une triple réaction, une triple fuite, un triple déni, sur le mode du « chaudron percé » évoqué par Freud : le Grand Remplacement, récite-t-on, d’une part n’existe pas, d’autre part est souhaitable et bénéfique, enfin est naturel et inéluctable. Face à ces arguments incohérents, il s’agit donc de dire ce que l’on voit, et d’abord même de voir ce que l’on voit. C’est le sens du percutant conte Ørop, l’un des précieux textes repris ici, présenté comme un conte inédit et inachevé d’Andersen. Comme dans les Habits neufs de l’empereur, la vérité sort de la bouche d’un enfant, parce qu’il ignore le nouveau dogme selon lequel il n’y aurait plus d’histoire ni de peuple. Or l’histoire « est une vieille dame toujours jeune, énergique et fantasque, romanesque en diable, qui s’ennuie facilement et ne rêve qu’aventures, plaies et bosses, sombres drames, coups d’éclat, de théâtre et d’État. Elle ne déteste rien tant que la dérobade et le retrait, surtout lorsqu’elle pressent qu’ils sont organisés contre elle, par défiance à son endroit, afin de se soustraire à son emprise. » Reste à savoir comment s’opérera le retour de l’histoire, le retour à l’histoire : par le réveil des remplacés ? ou par le triomphe des remplaçants, une fois rompu le « pacte germano-soviétique » entre les « deux totalitarismes rivaux et provisoirement alliés », le remplaciste et l’islamiste, celui qui rend possible le remplacement et celui qui en profite ?

Contre le règne du faux

Avant même la tâche, politique par excellence, qui consiste à contrer le phénomène du Grand Remplacement et à sauvegarder la continuité historique des peuples d’Europe, celle que s’assigne l’écrivain consiste donc à lutter contre le déni, contre l’occultation, contre ce qu’il nomme le faussel, le réel inversé, ce discours – plus qu’un discours, d’ailleurs, une façon d’appréhender le monde – qui nomme par exemple « populaires » des quartiers qui se caractérisent au contraire par l’absence du peuple indigène, ou qui prête un sens autre qu’administratif et hermogénien[3] à l’oxymore « djihadiste français ». Le faussel consacre le règne du faux, du toc, de l’ersatz, du substitut, du bidon, de l’inauthentique. Et il n’y a dès lors rien d’étonnant à ce que le faussel soit indissociable de ce que Camus nomme le remplacisme.

Car, si la « théorie du Grand Remplacement » n’est on l’a dit pas une théorie, Camus admet en revanche bien volontiers que, par-delà ce phénomène et le constat qu’il appelle, il est possible et nécessaire de théoriser ce qui se passe, pour en comprendre les ressorts. C’est là qu’intervient le concept du « remplacisme global ». Pour rendre celui-ci intelligible, et même lumineux, l’écrivain forge un certain nombre de mots ou d’expressions, ou en reprend et développe qu’il avait forgés précédemment, et dont on ne fera ici que citer une sélection : industrie de l’hébétude, Amis du Désastre, davocratie, matière humaine indifférenciée (MHI)…

Derrière le phénomène historique, démographique, géopolitique, social, qu’est le Grand Remplacement, on peut en effet observer une mutation anthropologique, l’avènement de l’homme remplaçable, qui n’est lui-même que l’aspect le plus spectaculaire – pour qui reste sensible à ce qu’était l’humain d’avant la fin de l’Histoire – de l’avènement du remplaçable tout court. De la banlieue universelle au voyage touristique, les paysages, l’architecture, la cuisine, l’art, les matériaux, le monde lui-même, « tout est remplacé par son double standardisé, normalisé, simplifié, taylorisé, fordifié, industrialisé, marchandisé, massifié, plastifié, low cost »[4]. Et c’est ce remplacisme, lui-même nourri par la déculturation et le Petit Remplacement[5], qui permet le Grand Remplacement, car « un peuple qui connaît son histoire et qui sait ses classiques ne se laisse pas mener béatement dans les poubelles de l’histoire ».

Derrière les défis migratoires : l’avènement du « remplaçable »

Le « Grand Remplacement », c’est donc d’abord une formule percutante qui peut aider à dessiller des yeux et à faire admettre la réalité et la gravité de la submersion migratoire – autant d’ailleurs qu’elle peut servir de repoussoir à ceux qui préféreront toujours nier cette réalité, ou la justifier, ou s’y résigner. Force est de constater en tout cas que depuis que cette formule circule – tandis certes que la chose elle-même se confirme – les enjeux existentiels qui sont au cœur des migrations de masse sont moins facilement mis sous le tapis.

Mais ce qui justifie la lecture attentive du Grand Remplacement, au-delà de cette formule essentielle, de ce mot-obus, c’est bien toute la réflexion qui l’accompagne et porte sur le remplacisme global : « Un spectre hante l’Europe et le monde. C’est le remplacisme, la tendance à tout remplacer par son double normalisé, standardisé, interchangeable : l’original par la copie, l’authentique par son imitation, le vrai par le faux, les mères par les mères porteuses, la culture par les loisirs et le divertissement, les connaissances par les diplômes, la campagne et la ville par la banlieue universelle, l’indigène par l’allogène, l’Europe par l’Afrique, l’homme par la femme, l’homme et la femme par des robots, les peuples par d’autres peuples, l’humanité par une posthumanité hagarde, indifférenciée, standardisée, interchangeable à merci. » Si l’on tient au contraire à l’irremplaçable, alors il faut voir ce que l’on voit, dire ce que l’on voit et, pour comprendre ce que l’on voit et ce que l’on refuse, lire et relire Renaud Camus et ses mots eux-mêmes irremplaçables.

Fabien Niezgoda

Renaud Camus, Le Grand Remplacement. Introduction au remplacisme global, La Nouvelle Librairie éditions, Paris, 586 pages, 26,50 €. Acheter cet ouvrage en ligne.

Notes

[1] « Le Grand Remplacement n’est certainement pas le plus grand livre de Renaud Camus, mais c’est le grand livre de notre temps ; celui qui a fait entrer son auteur dans la langue commune », écrit François Bousquet à l’occasion de sa réédition (Éléments n°190, juin 2021).
[2] Discours dont Renaud Camus a justement préfacé l’édition publiée en 2019 par la Nouvelle Librairie.
[3] L’opposition entre Cratyle et Hermogène, tirée de Platon, est au cœur de Du Sens (P.O.L., 2002), livre majeur de Renaud Camus.
[4] Entretien avec Renaud Camus, Éléments n°181, décembre 2019.
[5] Renaud Camus, Le Petit Remplacement, Pierre-Guillaume de Roux, 2019.

Tribune reprise de Institut-iliade.com

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Renaud Camus : « Macron incarne le remplacisme global »

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02/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Ecrivain prolixe et intellectuel français, Renaud Camus l’affirme sur TV Libertés : « Macron incarne le remplacisme global. » Pour l’écrivain qui s’est engagé dans la campagne présidentielle en se déclarant candidat, l’élection de 2017 se résume à une question simple : « Acceptez-vous que la France cesse d’être la patrie du seul peuple français ? »

Celui qui a développé avec talent la notion de « Grand Remplacement » a également répondu aux questions de Philippe Karsenty, éditeur et homme d’affaires, dans un ouvrage intitulé 2017, la dernière chance avant le grand remplacement : Changer de peuple ou changer de politique ?

Renaud Camus s’attaque aux mensonges véhiculés par les médias, les spécialistes ou la classe politique. Sur l’immigration, il dénonce des mythes historiographiques comme : la France a toujours été un pays d’immigration ; les Africains ont libéré la France ; les immigrés, on les a fait venir et les immigrés ont reconstruit la France !

Les mythes sont le socle de l’idéologie antiraciste, « condition nécessaire à l’avènement du remplacisme », ce « remplacisme » global incarné jusqu’à la caricature par Emmanuel Macron.