L’Association bretonne en congrès à Redon ce week-end

L’Association bretonne en congrès à Redon ce week-end

29/06/2012 – 16H45
REDON (NOVOpress Breizh) – Le 139ème congrès de l’Association bretonne et de l’Union régionaliste bretonne se tient à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche à Redon (Ille-et-Vilaine) (photo). Arrêt sur la plus ancienne association régionaliste bretonne.

Créée en 1843 par un agronome et un archéologue qui se donnaient pour but de participer au développement agricole et à la connaissance historique et des traditions dela Bretagne, c’est la plus ancienne association bretonne, dont on peut dire qu’elle fut au départ du régionalisme culturel breton.

Si l’archéologie et l’histoire religieuse, politique et économique ont été les domaines les plus développés au cours de ses congrès annuels, aujourd’hui les nouveaux centres d’intérêt de l’Association bretonne sont la défense du patrimoine, de la langue bretonne. Au nombre de plus d’un millier, ses adhérents sont regroupés en « pays » qui ne tiennent pas compte des limites départementales.

L’Association se définit comme un lieu de mémoire – « l’avenir ne se construisant pas sans la connaissance de nos racines qu’elles soient celtes ou chrétiennes » – et un lieu d’appartenance « géographique mais qui ne s’enferma pas dans des limites marquées par la volonté politique d’un moment de l’histoire ». Ce lieu s’élargit d’ailleurs « à tous ceux qui partagent et entretiennent une culture, qu’ils vivent à Quimper, Paris ou Sydney ». Sur le plan économique et social elle se revendique de l’esprit du CELIB.

L’AB se défend toutefois de tout autonomisme. Ainsi dans l’hommage qu’elle rend dans son bulletin 2012 à Yann Fouéré, qui en fût adhérent,  elle écrit : «  il a heurté des Bretons aussi sincères que lui qui ont fait du service de la France leur priorité dans les moments difficiles » ou encore : « Si certains sont séduits par l’idée d’une Europe fédérale, faut-il autant la fonder sur l’antagonisme avec la France pour que s’affirme l’identité bretonne ? »

La proximité de l’Association bretonne à l’Eglise catholique fait que tous les évêques bretons en sont membres de droit, même ceux qui  – à la différence de l’évêque de Vannes Mgr Centène – ne manifestent pas le moindre intérêt à la défense de l’identité bretonne. A noter enfin que Loïc de Châteaubriant, petit fils de l’auteur de la Brière, interviendra à Redon sur « l’organisation territoriale ».

Photo en Une : Eglise abbatiale de Redon. Crédit photo Cbidaud56 via Wikimedia, licence CC.

Indépendantistes bretons, jacobins français, partisans d’une Europe souveraine et identitaires se retrouveront à Vannes le 2 juin pour parler de l’immigration

Indépendantistes bretons, jacobins français, partisans d’une Europe souveraine et identitaires se retrouveront à Vannes le 2 juin pour parler de l’immigration

20/04/2012 – 14h00
VANNES (NOVOpress Breizh) – Une première en Bretagne où – à l’initiative de la revue War Raok, du mouvement Résistance républicaine et du mouvement Jeune Bretagne – quatre orateurs issus de milieux bien différents, voire opposés, interviendront sur le thème de l’immigration, au cours d’un colloque qui se tiendra le samedi 2 juin prochain à Vannes. Un colloque placé à la fois sous le signe de la liberté de pensée, du sens du dialogue et du respect de la différence.

Au cours de cette réunion Padrig Montauzier, président de la revue « War raok, la voix de la nation bretonne », devrait défendre le point de vue de l’indépendance bretonne face aux phénomènes migratoires que connait l’Europe depuis près d’un demi-siècle.

Présidente de Résistance républicaine, un mouvement créé en 2009 par des personnes « conscientes des dangers que couraient la République et nos valeurs issues des Lumières à cause des progrès de l’islamisation, du modèle anglo-saxon et du libéralisme », Christine Tasin donnera le point de vue d’une souverainiste attachée à la tradition jacobine issue de la Révolution française.

Politologue, spécialiste de géopolitique et ancien élu local, Jean Claude Empereur, soutiendra quant à lui la nécessité de l’émergence d’une Europe indépendante et souveraine. Enfin, pour le mouvement Jeune Bretagne, Philippe Milliau, présentera une synthèse de la position identitaire.

Après leurs interventions respectives un débat réunira les orateurs qui pourront également répondre aux questions des participants. Compte tenu du profil des intervenants et du thème abordé, ce colloque – qui constitue une première – s’annonce, selon les termes employés par les organisateurs, assez « pimenté ». A une époque où la doxa mondialiste bien pensante tente – de plus en plus difficilement il est vrai – d’imposer son discours, personne ne devrait s’en plaindre.

Pratique : La conférence se tiendra de 14h30 à 18h30. Elle sera suivie d’un banquet de clôture en compagnie des quatre orateurs.
Le prix d’entrée est de 5€ par personne et de 25€ avec le repas. Le chèque est à rédiger à l’ordre de Jeune Bretagne.
L’adresse sera communiquée après inscription uniquement, via l’adresse électronique immigration.bzh@gmail.com ou par courrier à : Jeune Bretagne – Milin Coz – 29650 Guerlesquin
Inscriptions obligatoires avant le samedi 26 mai 2012

Internet : l’extension « .bzh » bientôt validée ?

Internet : l’extension « .bzh » bientôt validée ?

16/03/2012 – 13h00
RENNES (NOVOpress Breizh) – La région administrative Bretagne a annoncé le 14 mars qu’elle avait adressé à l’ICANN un courrier affirmant son entier soutien au projet de domaine Internet de premier niveau « .bzh » (pour « Breizh ») porté par l’association wwwpointbzh. Un soutien concrétisé par la prise en charge du financement du dossier auprès de cet organisme, d’un montant de 235.000 euros. L’autorisation d’obtenir l’extension demandée pourrait intervenir dès 2013
.

Dans un communiqué, la Région justifie cette décision en affirmant que cette extension contribuera ” à l’attractivité de la Bretagne.” Elle estime en effet que le « .bzh » constitue un marqueur identitaire fort qui donnerait « une visibilité nouvelle aux activités économiques, sociales, culturelles liées à la Bretagne. Il permettra aux institutions, entreprises, associations et particuliers souhaitant manifester leur attachement à leur région ».

Fondée à la suite d’une directive du Département du Commerce américain l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, en français « Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet ») est une autorité de fait américaine de régulation de l’Internet. Elle seule peut aujourd’hui allouer de l’espace des adresses de protocole Internet, attribuer les identificateurs de protocole (IP), gérer le système de nom de domaine de premier niveau pour les codes génériques (gTLD) et les codes nationaux (ccTLD), et assurer les fonctions de gestion du système de serveurs racines. Un monopole US qui pourrait d’ailleurs, pour des raisons géopolitiques évidentes, être remis en cause dans l’avenir.

L’idée d’une extension internet .bzh a été lancée en 2004 par le député de la 6ème circonscription du Finistère Christian Ménard (UMP). En 2008, l’association wwwpointbzh a été mise en place, avec le soutien financier de la région Bretagne, pour constituer le dossier de candidature, réunir les fonds nécessaires à son dépôt et assurer la promotion du”.bzh” dans la communauté bretonne.

S’inspirant de l’exemple du « .cat » catalan, l’association wwwpointbzh s’est donc concentrée sur un travail d’information et de proposition auprès des instances de l’ICANN, en lien avec les autres projets d’extensions culturelles et linguistiques européens (« .gal », « .scot »,) réunis au sein du réseau ECLID (European Cultural and Linguistic Internet Domains). La pétition lancée par l’association bretonne a recueilli à ce jour 20.385 signatures.

Depuis juin 2011, l’ICANN a décidé d’assouplir les conditions de candidature et mis en place le processus permettant de nouvelles extensions qui pourront désormais être liées à des régions, villes ou entreprises. Le calendrier prévoit le dépôt des dossiers entre le 12 janvier et le 12 avril 2012. L’examen des candidatures se fera jusqu’en novembre 2012, date à laquelle seront rendues officielles les nouvelles extensions autorisées. Si l’extension « .bzh » est validée, les premiers enregistrements des nouvelles adresses pourront débuter début 2013.

Manifestations le 31 mars pour la reconnaissance officielle des langues régionales

Manifestations le 31 mars pour la reconnaissance officielle des langues régionales

03/03/2012 – 14H30
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – «Evit ar brezhoneg hag evit hor yezhou deomp de’i !», «Lo 31 de març, se manifestarà a Tolosa per l’occitan», « Ja ze unsere Sproch » : à l’appel d’un collectif regroupant plusieurs dizaines d’associations, les défenseurs des usages linguistiques régionaux appellent à manifester le 31 mars prochain. Ce jour-là Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Corses, Mosellans et Occitans demanderont que les langues régionales de France soient véritablement reconnues et bénéficient enfin un statut officiel. En pleine campagne présidentielle, la question identitaire de l’existence et de l’avenir des langues régionales et, au-delà, de celle des peuples et des cultures concernés, est plus que jamais d’actualité
.

« Nous constatons que chez les élus, il y a acceptation de la nécessité de faire quelque chose. Mais jamais personne n’est passé aux actes », regrette Jean-Marie Woehrling, président de Culture et Bilinguisme et dela Coordination Langue régionale pour l’Alsace. Aujourd’hui en France – à la différence de la plupart des Etats européens et à part la Corse qui jouit de prérogatives particulières – aucune législation ne garantit en effet la pérennité des langues et des dialectes régionaux. L’inscription des langues régionales comme appartenant au patrimoine de la France dans la Constitution, intervenue en 2008, a une valeur purement symbolique qui n’entraîne aucune conséquence juridique.

Le collectif demande donc la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et la mise en place d’une politique – en particulier dans les domaines de l’enseignement, des médias, de la culture et des administrations locales – permettant d’assurer réellement le plurilinguisme dans les régions concernées.

Saisissant l’opportunité de l’élection présidentielle, les organisateurs de cette journée ont bien l’intention d’interpeller les candidats sur leurs propositions en faveur des langues régionales. En réalité les positions de la plupart d’entre eux sont déjà bien connues. Si François Hollande s’est déclaré favorable à la ratification de la Charte – tout en se gardant prudemment de se prononcer sur la réunification de la Bretagne – ainsi que François Bayrou et Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon y est résolument hostile (« parce que je ne considère pas qu’il y ait en France de minorités nationales »), tout comme Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Le 31 mars, à Toulouse, Bayonne, Quimper, Perpignan, Ajaccio et Strasbourg, certaines oreilles risquent fort de siffler.

Adieu Yann Fouéré – Ce grand défenseur de la cause bretonne s’en va à 101 ans

Adieu Yann Fouéré - Ce grand défenseur de la cause bretonne s'en va à 101 ans

21/10/2011 – 19h45
RENNES (NOVOpress Breizh) – Disparu à l’âge de 101 ans, Yann Fouéré a été pendant plusieurs décennies l’un des principaux acteurs, penseurs et témoins du mouvement breton. Ayant renoncé à une tranquille carrière de haut fonctionnaire, il s’est engagé dans l’action politique en faveur d’une Bretagne autonome et d’une Europe fédérale et laisse une œuvre écrite considérable.

Yann Fouéré, qui vient de disparaître, a été un acteur de premier plan du mouvement breton pendant les deux derniers tiers du vingtième siècle.

Né en 1910, il entre au ministère de l’intérieur à la fin de ses études parisiennes en 1934 et fonde la même année Ar Brezhoneg er Skol, qui jouera un rôle important dans l’enseignement du breton.

Sous l’Occupation, il devient brièvement sous-préfet de Morlaix puis fonde le quotidien La Bretagne, qui affiche une ligne régionaliste et maréchaliste. Il est alors en butte aux critiques des autonomistes de L’Heure bretonne. « En fait, avance Hervé Le Boterf, tout ceci n’était peut-être qu’un artifice de mise en scène, prévu d’un commun accord entre Raymond Delaporte et Yann Fouéré, pour laisser croise à une pseudo-divergence de tendances qui, en réalité, n’existait pas ». Qu’il y ait eu complicité ou non, le résultat est le même : Vichy fait la sourde oreille aux propositions de Fouéré, et la Libération le condamne aux travaux forcés à perpétuité en 1946.

Réfugié sous un nom d’emprunt au Pays de Galle puis en Irlande, il reprend une prospère affaire de mareyage. Acquitté à la suite de la révision de son procès en 1955, il peut revenir en Bretagne et participe à la création du Mouvement pour l’organisation de la Bretagne (MOB) à la fin des années 1950. Il dirige son journal, L’Avenir de la Bretagne. Suspecté d’être plus qu’un sympathisant du Front de libération de la Bretagne (FLB), il connaît à nouveau la prison. Il participe à la création du Strollad ar Vro (SAV) puis du Parti pour l’organisation d’une Bretagne libre (POBL).

Malgré l’échec de ces différentes entreprises politiques, Yann Fouéré laissera sa marque dans l’histoire de la Bretagne et, au-delà, dans celle de la pensée politique en Europe grâce à ses nombreux livres. Le plus important de ceux-ci est sans conteste L’Europe aux cent drapeaux, essai pour servir à la construction de l’Europe(2), influent bien au-delà de la Bretagne. À la place de l’Europe formée de grands États, Fouéré y propose un système fédéral respectueux des peuples. Yann Fouéré a aussi été un journaliste très actif ; une grande partie de ses textes sont disponibles sur le site web de la Fondation Yann Fouéré, créée pour sauvegarder la masse énorme de documents réunis par lui au cours de sa vie(3).

Novopress avait rendu hommage à Yann Fouéré en 2009 en publiant l’un de ses textes où il prolongeait les réflexions de L’Europe aux cent drapeaux. « La loi fondamentale de la vie, y écrivait-il, est celle de l’équilibre, de l’action, de la réaction et de l’interaction réciproque d’organismes vivants, celles des cellules du corps humain, comme celles des hommes, des familles, des villes et des entreprises, comme celles de l’économie et des institutions que les hommes peuvent se donner. » A l’heure de sa mort, on relira avec émotion cet hommage à la vie.

(1) Yann Fouéré, La Bretagne écartelée, Nouvelles éditions latines, 1962.

(2) Presses d’Europe, 1968.

(3) http://www.fondationyannfouere.org/

Photo : Yann Fouéré adressant une Conférence de SAV en 1974. Fondation Yann Fouéré