Erdogan : L’islamiste qui nous a déclaré la guerre

Erdogan caricaturé par “Charlie Hebdo”: la Turquie promet une réponse “judiciaire et diplomatique”

La fièvre monte à Ankara, par Jean-Gilles Malliarakis

Par deux fois, le 24 et le 25 octobre, Erdogan a explicitement insulté le tenant du pouvoir parisien, l’accusant de troubles mentaux, à la suite de son discours de la Sorbonne. Difficile dans ces conditions de ne pas donner raison à Clément Beaune, secrétaire d’État aux affaires européennes, quand il dénonce “une volonté de déstabilisation”de la France de la part gouvernement turc. Dans un tel contexte on peut légitimement conclure que “ce n’est pas un hasard s’il n’y a pas eu de condamnation officielle”,par la Turquie, de l’immonde attentat du 16 octobre.

Les officieux atlantistes affirmaient, 48 heures plus tôt, le 22 octobre, que “l’incident du Courbet est dépassé. L’OTAN essaie d’oublier”, tout se passant bien au mieux la meilleure des alliances euro-turques… Ils se trompaient : ce ne sont plus les militaires kémalistes d’hier, ni les vieux cercles diplomatiques, qui mènent la danse à l’est du Bosphore, mais un pouvoir politique s, au contraire, a parfaitement compris désormais que le mégalomane d’Ankara “se présente en protecteur des musulmans de façon complètement instrumentalisée”.

Dans Le Point, le 25 octobre, Luc de Barochez cherche, par exemple à comprendre “comment Macron est devenu la tête de turc d’Erdogan

Selon son analyse “le brûlant antagonisme franco-turque prouve que la lutte contre l’islam radical en France ne peut pas être détachée de son contexte international“. Au départ, en effet observe-t-il, “entre eux, cela n’avait pas trop mal commencé. En janvier 2018, Emmanuel Macron déroulait le tapis rouge à Recep Tayyip Erdogan. Le président de la République était alors le premier dirigeant d’un pays de l’Union européenne à recevoir son homologue turc depuis le coup d’État manqué qui avait visé ce dernier en juillet 2016. La France, qui disait vouloir sortir la Turquie de son isolement diplomatique, était le grand État européen avec lequel le despote du Bosphore entretenait les moins mauvaises relations. Ce n’était pas le cas de l’Allemagne ; en 2017, Erdogan avait accusé les dirigeants allemands, etc.”

Car la question essentielle, sur laquelle aucun compromis ne sera possible avec lui, reste celle de l’organisation du culte mahométan en Europe. Le gouvernement d’Ankara, et notamment la Diyanet dirigeant la vie religieuse, gestionnaires des centaines d’imams détachés qu’elle rémunère, souhaitent clairement en prendre la tête au nom de tous les sunnites.

Dans ce contexte, si la fièvre monte et si les tensions se multiplient, non seulement avec la France, mais aussi avec tous ses voisins, c’est d’abord dans la mesure où Erdogan s’emploie à balayer l’influence des pays arabes, et peut-être même leur existence en tant qu’États indépendants. S’adressant à aux parlementaires ce 1er octobre, il est allé ainsi jusqu’à menacer « “Certains pays de notre région n’existaient pas hier ; ils n’existeront peut-être pas à l’avenir…”On ne fait pas dans la dentelle.

Quelques jours plus tard, dans le journal officieux Okaz, le 4 octobre, un analyste proche du pouvoir saoudien, Abdel Aziz Razan ripostait, non moins clairement :”Les crimes [d’Erdogan] contre les peuples arabes, les massacres qu’il a perpétrés en Syrie, au Kurdistan irakien et en Libye doivent être dénoncés”.

L’ignorance abyssale de nos dirigeants au sujet des réalités objectives et des conflits séculaires au sein de l’islam explique sans doute un certain nombre de leurs décisions. Ceci remonte en partie à des décennies.

Et pour un Jacques Soustelle, homme de culture, de bonne foi et de vrai patriotisme inventant en 1955 le concept d’intégration, combien de troubles politiciens ont trahi cette notion elle-même !

Bien entendu il ne s’agit pas de calquer point pour point la lutte de la France pour rester française, car c’est aussi de cela qu’il s’agit aujourd’hui, avec les événements d’hier : ni ceux qui aboutirent à l’indépendance tragique de 1962, ni à la guerre civile qui déchira cette même terre 20 ans plus tard.

On notera toutefois que l’on peut, que l’on doit, tirer les leçons de ces deux expériences sanglantes. On ne peut certainement pas accepter à ce sujet le discours de la repentance. Pratiquée par Macron dans certaines de ses scandaleuses déclarations, particulièrement maladroites à propos de l’Algérie, confirmées par le choix d’un Stora chargé d’officialiser une mémoire antifrançaise, l’auto flagellation mémorielle fait le jeu de l’islamo-terrorisme.

Un même écueil freine en l’occurrence l’application nécessaire de la tradition française d’assimilation des étrangers, c’est-à-dire pour parler clair de leur processus de fusion dans un seul peuple. L’obstacle provient de la manipulation systématique de la “communauté”par ce que nous appelons aujourd’hui islamisme “radical”– on parlait autrefois de fanatisme. Il s’agit bien , fait, d’un état d’esprit parfaitement incompatible avec la nation-contrat, telle qu’elle a été définie par Renan et telle qu’elle semble aujourd’hui la seule doctrine possible définissant la nationalité française.

L’islamo-terrorisme déchire la nation-contrat : il faut déchirer l’islamo-terrorisme

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Turquie : l’Europe face à un second Munich

Selon un adage immémorial qu’un long usage n’a pas usé, l’histoire serait un éternel recommencement. En réalité, les quelque cinq millénaires d’histoire humaine ont déjà mis l’homme devant toutes les situations. Si bien que celui qui est cultivé a toujours un coup d’avance puisqu’il bénéficie de l’expérience des anciens. Parfois, l’histoire est une boussole qui indique le Nord, comme Charles Martel à Poitiers. Parfois, c’est malheureusement une boussole qui indique le Sud, comme le comportement des nations d’Europe de l’Ouest à Munich en 1938.

La Seconde Guerre mondiale aurait pu être évitée en 1936 : lorsque l’Allemagne militarise la Rhénanie, les troupes françaises sont encore capables de les battre et d’arrêter la course en avant qui a mené à la troisième manche d’un cycle de guerres commencé en 1870. Mais la gauche du Front populaire est arrivée au pouvoir et n’a pas voulu voir le danger. La France était désarmée, et perdra. En 1938, date jusqu’à laquelle l’Angleterre soutenait l’Allemagne nazie pour affaiblir la France, conformément à sa politique de toujours, à savoir systématiquement soutenir les ennemis de la puissance majeure du continent, quelle qu’elle soit. En cet automne, l’Europe retient son souffle : Daladier, Chamberlain, Hitler et Mussolini se sont mis d’accord ; l’Allemagne peut annexer le territoire des Sudètes, en Tchéquie, sans que rien ne lui soit demandé. Chamberlain sera salué outre-Manche ; Daladier sera hué en France. La suite, tout le monde la connaît : Hitler s’est senti encouragé par les gestes d’apaisement qu’il a pris pour des encouragements ; la Pologne, puis la Belgique, la France, la Hollande, le Danemark, la Norvège, la Russie, et tant d’autres connurent le vrombissement des panzers.

Aujourd’hui, l’Europe est face à un second Munich. Dans le rôle d’Hitler, Recep Tayyip Erdogan. Rêvant publiquement de restaurer l’Empire ottoman, il a radicalisé sa population et fait disparaître les laïcs. Placé devant une situation économique compliquée, il se lance dans une fuite en avant guerrière. Comme toujours, c’est la Grèce qui est en première ligne. Les bâtiments turcs et leurs avions de combat violent régulièrement l’espace maritime et aérien grec. Recep Tayyip Erdogan a assumé des propos rendus publics dans lesquels il disait vouloir tirer dans la tête d’un aviateur grec pour provoquer un incident et déclencher une guerre. D’un même mouvement, ses soldats attaquent avec des armes non létales les gardes hellènes qui protègent la frontière des migrants hostiles amenés en car par le gouvernement turc.

Le Charles de Gaulle a appareillé de Toulon avec son escorte. C’est notre flotte de bataille qui cingle vers la mer Egée pour défendre l’Europe. Certes, le modèle civilisationnel que défend Emmanuel Macron n’est pas celui des lecteurs de Présent : mais face à l’ennemi islamiste ottoman, il faut être fier que la France se tienne aux côtés des Grecs. Seule.

L’Allemagne, du fait de l’immense diaspora turque importée par Angela Merkel pour fournir des ouvriers à vil prix à l’industrie allemande, reste stoïque pour éviter les désordres intérieurs. Une trahison si les Turcs passent à l’attaque. Le comportement à venir des Américains reste une énigme : soit ils soutiennent la Turquie pour verrouiller le flanc sud de la Russie occidentale, soit ils soutiennent l’Europe pour éviter qu’elle ne sombre dans le chaos, ce qui leur fera perdre leur seul allié dans un monde où chaque subcontinent (indien, chinois, sud-américain) devient leur ennemi.

L’OTAN, plus que jamais, est une mascarade grotesque qui paralyse stratégiquement ses membres. Théoriquement au bénéfice des Américains, mais c’est de moins en moins vrai, tant les discrédits incessants finissent par leur porter préjudice.

Un élément clef dans l’engrenage diplomatique est la Russie. Là encore, impossible de connaître les intentions de Moscou, mais il est probable que Vladimir Poutine attendra la réaction des Américains pour agir. Si Joe Biden est élu, il est tout à fait inenvisageable que les Américains et les Russes se battent dans le même camp. Si Trump est reconduit aux affaires, en revanche, cela devient improbable.

La situation en mer Egée est gravissime. Peut-être est-ce la plus grave tension depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La France est seule avec la Grèce face au demi-million de soldats néo-ottomans. Le baril de poudre est en place, il ne reste plus qu’une étincelle.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 8 septembre 2020

Montée des tensions avec la Turquie : prémices d’une Europe qui se défend ?, par Jean-David Cattin (Les Identitaires)

Les visées impérialistes de la Turquie d’Erdogan ne font plus de doute. Après avoir annexé une portion de la Syrie, envoyé des troupes en Libye, elle tente de s’accaparer des gisements pétroliers dans les eaux territoriales grecques et chypriotes.
La transformation de la cathédrale Sainte-Sophie de Constantinople en mosquée inscrit ces velléités dans un néo-ottomanisme de plus en plus agressif. Conquêtes territoriales et réislamisation sur fond de nostalgie pour la grandeur ottomane sont aujourd’hui la boussole politique de la nouvelle Turquie.

La France s’oppose à ces menées en Libye en soutenant le général Haftar face à ses ennemis du Congrès général national dominé par les Frères musulmans et soutenu notamment par le Qatar et la Turquie. Récemment, en Méditerranée, cette opposition a connu une escalade. Le 10 juin, un incident grave s’est déroulé quand une frégate française a voulu interroger un cargo turc et l’inspecter. Sa cargaison était probablement destinée aux islamistes combattant en Libye. L’escorte militaire du cargo n’a pas hésité à « illuminer » trois fois la frégate française Le Courbet. Une sorte de coup de semonce, électronique, avant le feu réel. Un fait rarissime. Du moins entre deux pays membre de l’OTAN. Le 5 juillet en Libye, la base stratégique turque al-Watiya a été bombardée par des avions de combat Rafale. Une implication française est fortement suspectée. Début août, la France s’est retirée de l’opération « Sea Guardian » qu’elle menait avec la Turquie en Méditerranée. Elle entendait ainsi s’opposer au trafic d’armes de son « partenaire » à destination des milices islamistes en Libye.

Depuis, la France s’est portée au secours de la Grèce et de Chypre qui font face aux prospections agressives (destinées à découvrir des gisements d’hydrocarbures) d’un navire sismique turc escorté par des bâtiments militaires. Jeudi 13 août, deux Rafale, le porte-hélicoptères Tonnerre et la frégate La Fayette ont participé à un exercice commun avec la marine grecque au large de l’île de Kastellorizo. Un pas de plus dans l’escalade des tensions avec la Turquie.

Militairement, l’aviation de combat turque est surclassée qualitativement et numériquement par les forces combinées de la France et de la Grèce. Les vieillissants F16 de la Turquie ne sont pas de taille face aux Rafale français. Si Erdogan insiste, ce n’est pas parce qu’il pense que la Turquie peut vaincre mais que la France va se retirer.

Promettant des martyrs en cas de conflits, Erdogan espère voir céder la France aussi facilement qu’Angela Merkel. Terrorisée par les répercutions que pourrait avoir une confrontation avec le président turc, elle avait cédé sur tout lors de la crise des migrants de 2015 et celle de 2020. Emmanuel Macron pourrait ne pas plier aussi facilement. C’est la solidarité européenne qui est en jeu. C’est aussi la crédibilité de la France en tant que grande puissance militaire mondiale.

L’obsolescence de l’OTAN éclate aujourd’hui au grand jour. L’Alliance atlantique repose sur des réalités géopolitiques qui n’existent plus. Héritage d’un monde bipolaire scindé entre américains et soviétiques, elle est incapable d’appréhender les enjeux d’un monde qui renoue avec un choc des civilisations millénaire. Autrefois la Turquie était un allié incontournable de l’Alliance grâce à son armée pléthorique et son positionnement stratégique à quelques encablures de l’URSS. Aujourd’hui cette parenthèse historique est close. Son alliance avec le Qatar, sa complaisance à l’égard de l’État islamique, son chantage lors de la crise des migrants, son soutien à l’islamisme en Europe en font une des plus grandes menaces pour l’Europe et la France.

La menace turque offre à l’Europe la possibilité de s’affirmer comme puissance indépendante. Les prémices d’une prise de conscience s’étaient déjà produites lors de la crise des migrants du début de l’année. Le comportement et la détermination de la France seront décisifs dans l’affirmation d’une Europe-puissance enfin décidée à défendre, militairement s’il le faut, ses intérêts.

Jean-David Cattin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Provocations turques en Méditerranée orientale – La tension monte encore d’un cran

Les menaces de sanctions à l’encontre d’Ankara et le récent renforcement de la présence militaire française en Méditerranée orientale n’y auront rien fait : loin de jouer l’apaisement, l’islamiste Erdogan, mu par son rêve délirant de reconstitution de l’Empire ottoman et sa volonté toute musulmane de faire plier l’Europe chrétienne, a au contraire fait monter la tension d’un cran dans la région au cours du week-end dernier, en réaffirmant sa volonté d’étendre ses explorations géologiques en Méditerranée et en menaçant ouvertement ses adversaires de répondre « sans aucune hésitation » au moindre « harcèlement ».

Le président turc, qui a compris depuis longtemps déjà que l’UE n’était sur le plan diplomatico-militaire qu’une baudruche prête à se dégonfler à la première occasion, a en effet averti samedi que la Turquie ne renoncerait en aucun cas à ses projets d’exploration géologique en Méditerranée, et notamment que son navire de recherche « Oruç Reis » poursuivrait ses études sismiques illégales jusqu’au 23 août au sud d’Antalya et de Kastellorizo : « nous ne cèderons jamais au banditisme sur notre plateau continental » et « nous ne reculerons pas face au langage des sanctions et menaces ». Mieux : avertissant qu’« au moindre harcèlement, [la Turquie répondra] sans la moindre hésitation », l’islamiste d’Ankara a précisé que « jusqu’à présent, nous avons été conciliants. Mais la Grèce ne répond pas de la même manière à notre approche ». Aussi, a-t-il ajouté, « s’ils continuent comme ça, nous ferons ce qui est nécessaire » …

Loin d’être impressionné par les menaces de Bruxelles, le président turc entend donc étendre ses forages, violant les souverainetés grecque et chypriote puisque, dans une notice maritime publiée dans la nuit de samedi à dimanche, la marine turque indiquait que son navire Yavuz, déployé au large de Chypre depuis plusieurs mois, mènerait des recherches au sud-ouest de l’île, du 18 août au 15 septembre. Avec cet avertissement : « nous déconseillons fermement de se rendre dans la zone de recherche »…

La France accusée de se comporter « comme un caïd »

Rappelons que vendredi déjà, le gouvernement turc, réagissant aux mises en garde de Macron et à l’annonce du renforcement du dispositif militaire français en Méditerranée orientale, s’était permis d’accuser Paris de se comporter « comme un caïd » dans la région et d’y « accentuer les tensions »… Bref, autant de provocations jugées à juste titre « extrêmement préoccupantes » par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell qui, dans un communiqué publié par ses services dimanche, a déploré qu’Ankara « sape les efforts pour reprendre le dialogue et les négociations », avant d’appeler à nouveau le gouvernement turc à « cesser ses activités immédiatement et à s’engager de bonne foi et totalement dans un large dialogue avec l’UE ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 18 août 2020

Notre ennemi Erdogan, par Jean-Gilles Malliarakis

La décision autoritaire d’Erdogan, d’abolir le décret de 1934, par lequel les kémalistes avaient transformé en musée mondialiste, l’ancienne basilique de Sainte-Sophie, profanée depuis le XVe siècle, n’a guère ému, concrètement, nos sociétés de consommation. Juste ce qu’il faut pour se prévaloir d’une bonne conscience factice. Elle ne change pas les projets de vacances du tourisme de masse.

Elle aura interrogé, en revanche, dès le 10 juillet, avant même la réouverture de la prière musulmane prévue pour le 24, les chancelleries et les rédactions des pays civilisés.

Dès le mois de juin, en effet, le patriarche œcuménique Bartholomée, probablement la personne la plus compétente pour parler du sujet, avait averti quant aux réactions à long terme : la transformation de Sainte-Sophie en mosquée pourrait “monter des millions de chrétiens dans le monde contre l’islam[1]”.

Ajoutons à ce stade que, coordinateur des droites européennes, de culture chrétienne, Manfred Weber, qui représente le principal groupe du parlement de Strasbourg, a clairement mis les choses au point. “Les provocations d’Erdogan appellent une réponse forte” souligne-t-il[2].

Dans son discours révélateur du 10 juillet, Erdogan prétend triomphalement que cette démarche “rallume le feu de l’espoir des musulmans et de tous les opprimés, ceux qui ont fait l’objet d’injustice, qui ont été piétinés et exploités”. Car en toutes circonstances le double langage islamo-révolutionnaire néo-ottoman mélange toujours, systématiquement, la rhétorique victimaire et vengeresse (de quoi ?) au pire cynisme revendiquant le droit de conquête.

En écoutant la vidéo, on se sent assez dépaysé par rapport au turc du Bourgeois Gentilhomme…[3]

Les déclarations officielles diffèrent d’ailleurs légèrement en anglais ou en arabe. Elles sont en effet formulées dans le but de répondre aux attentes de leurs destinataires.

La version anglaise rassure la consommatique des opérateurs de voyages : “les portes de Hagia Sophia seront, comme c’est le cas de toutes nos mosquées, grandes ouvertes à tous, qu’il s’agisse d’étrangers ou de locaux, de musulmans ou de non-musulmans”.

La version arabe n’hésite pas, quant à elle, à instrumentaliser la question palestinienne. Elle affirme que la “renaissance (sic) de Hagia Sophia est un signe du retour de la liberté à la mosquée d’al-Aqsa”. Les islamistes ferment en général, curieusement, les yeux sur les relations formelles, d’ailleurs de plus en plus difficiles depuis 2009, entre Ankara et Israël. Ils se gargarisent en revanche de la promesse néo-ottomane d’une nouvelle conquête de Jérusalem. L’invasion des Turcs seldjoukides, qui en chassèrent et massacrèrent les habitants au XIe siècle, fut la cause directe des Croisades, rappelons-le, lorsqu’ils interdirent les pèlerinages chrétiens.

Et la Turquie se flatte ainsi d’un rôle, complètement imaginaire en fait, de “médiateur”, à son seul profit, de ce conflit dans le sens du mirage d’un État palestinien, mais aussi dans les autres zones sensibles d’un proche-orient, toujours tourmenté, où sunnites et chiites se déchirent depuis bientôt 14 siècles et où le gouvernement AKP agit contre tous les autres comme bras séculier des Frères Musulmans.

Ce n’est pas seulement au rôle de sultan moderne, d’un nouvel empire turc, auquel aspire le mégalomane Erdogan[4]depuis son palais d’Ankara plus grand que Versailles ; c’est bien la fonction de calife cédée aux Ottomans en 1517, comme chef mondial des Croyants mahométans, à laquelle il croit avoir droit.

Jusqu’où ira-t-il ? se demande-t-on encore. Votre chroniqueur le répète ici librement quant à lui : il ira jusqu’au point où on l’arrêtera.

[1] cf. article “Sainte-Sophie : le nouveau camouflet d’Erdogan aux Occidentaux”in l’Orient-Le Jour.
[2] cf. la chronique de Manfred Weber in l’Opinion du 12 juillet.
[3] cf. “Turkish President Erdogan announces first prayers at Hagia Sophia after mosque ruling”
[4] cf. “Sainte-Sophie ou le sacre du leadership turc au sein de l’islam politique.”

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Quand Erdogan instrumentalise Sainte-Sophie dans sa lutte contre l’Europe

09/07/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Sainte-Sophie va-t-elle changer de statut, passant de musée à mosquée? Après deux décennies de manifestations et de revendications opérées par des associations et des personnalités islamistes, le Conseil d’État turc devra rendre son verdict avant le 16 juillet prochain sur la transformation de Sainte-Sophie.

Cet édifice, par son passé, sa grandeur et sa richesse, est un symbole de l’histoire européenne et turque. Histoire tumultueuse, bien sûr. Lieu de culte chrétien dès le IVe siècle, centre du monde pour l’Empire byzantin, joyau de la conquête ottomane, qui transforma la basilique en mosquée, Hagia Sophia –signifiant en grec sagesse divine–, a été transcrite Ayasofia en turc, et abusivement appelée Sainte-Sophie en français. Atatürk, le grand leader de la République turque a fait de ce lieu un musée en 1934, mais plus encore le symbole de la nouvelle nation turque.

Mais pourquoi Erdogan cherche-t-il à tout prix à retransformer ce musée en mosquée? Politique intérieure et géopolitique mondiale se croisent dans ce nouvel épisode de Désalliances en bref.


Erdogan rejette les critiques concernant sa volonté de reconvertir l’ancienne basilique Sainte-Sophie d’Istanbul en mosquée

La Syrie et Erdogan : « Grâce à Soros, les mensonges vont bon train »

george-soros

23/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Le financier George Soros a récemment publié une tribune dans le Financial Times qui critique le rôle de la Russie en Syrie et défend le Président turc Erdogan.

Comment s’inscrit-elle dans la communication occidentale sur ce conflit ?

Décryptage du colonel Alain Corvez, ancien conseiller auprès des Nations unies, sur Sputnik France.


Le véritable objectif d’Erdogan en Syrie, par Jean-Gilles Malliarakis

À l’instar de ses alliés Frères musulmans, le président désormais tout puissant de la ci-devant démocratie turque se pose avec habileté en défenseur des droits de l’Homme et des libertés. Cela peut se comprendre dans certains pays de traditions dictatoriales. Jusqu’aux printemps arabes de 2011 régnaient des régimes à partis uniques plus ou moins laïcistes, comme en Tunisie, en Irak ou en Égypte.

Bien différente était la situation de la Turquie. Ce pays jouissait, depuis 1946, d’un statut certes chaotique, mais infiniment plus libéral. De façon très claire sa réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017 lui confère des pouvoirs sans commune mesure avec ceux d’une démocratie présidentielle.

Néanmoins la naïveté internationale sans limites prend au sérieux le rôle qu’il prétend jouer de lutte contre le régime baasiste de Damas. Violant ouvertement la souveraineté de la Syrie voisine, il justifie son intervention militaire aux côtés de rebelles, essentiellement islamistes, en invoquant les droits qu’il muselle chez lui.

Cette tartufferie échappe de moins en moins aux responsables européens. Mais il semble que le but de ses agissements échappe encore à l’intelligence de nos technocrates.

Sans doute doit-on se féliciter des réactions indignées, dans divers pays de l’Union européenne, dénonçant le chantage turc à l’invasion migratoire. On ne peut qu’approuver ainsi celle de M. Le Drian. Le ministre français des affaires étrangères a en effet déclaré à la tribune de l’Assemblée nationale ce 3 mars : “l’usage par la Turquie des migrants comme moyen de pression et de chantage sur l’Europe est absolument inacceptable“.

On doit souligner aussi la nouveauté d’une solidarité, affirmée dans la défense des frontières européennes, aussi bien par Charles Michel que par Mme von der Leyen au nom de la Commission. Cette avancée géopolitique nécessaire doit être saluée.

Ne doutons pas cependant que le politiquement-islamiquement correct n’en restera pas là. Dès le premier jour après avoir lui-même déclenché la ruée vers l’Europe de milliers d’immigrants illégaux, Erdogan et son dévoué ministre Cavutoglu agitaient, avec beaucoup de conviction maintenant, le drapeau des droits de l’Homme.

Remarquons qu’ils ont très rapidement été relayés par nos moyens de désinformation. Le message hypocrite prétend faire honte aux habitants pacifiques des îles de la mer Égée qui, submergés et exaspérés, osent réagir contre ces réfugiés vrais ou faux, qu’ils ont accueillis ou supportés en surnombre depuis 5 ans. Les gens des fameuses “ONG” subventionnaires se montrent plus arrogants encore.

Mais le fond du sujet, l’objectif réel que poursuit le président turc, ne doit pas être dissimulé. C’est là que réside la cause de ces évènements et des interventions de la Turquie chez sa voisine méridionale, État souverain qui ne fait plus, depuis bientôt un siècle partie de l’Empire ottoman.

Le 26 février Recep Tayyip Erdogan s’exprimait devant le Türkiye Büyük Millet Meclisi, le parlement d’Ankara. Il affirmait ce jour-là, sur le ton agressif qu’on lui connaît, avoir dit à son allié d’hier Poutine, ennemi d’avant-hier, rival d’aujourd’hui et adversaire probable de demain : “Ôtez-vous de notre chemin” en Syrie.

Quel chemin ? Vers quel but ?

Le lendemain 27 février, il se souvenait de son appartenance à l’OTAN et demandait à celle-ci de se solidariser, sur le fondement du traité de Washington de 1949.

Le 28 février, le secrétaire général Stoltenberg s’exécutait de bonne grâce et s’exprimait dans ce sens lors d’un point de presse. Il semble toutefois avoir surinterprété le traité d’alliance. C’est l’article 6 de cet accord, remontant à la guerre froide qui en définit le périmètre d’application. Celui-ci comprend le territoire de ses membres, y compris les départements français d’Algérie. Cette dernière disposition, devenue caduque en 1963 semble difficilement extensible aux anciens vilayets ottomans de Syrie et d’Irak où s’aventure l’armée turque.

Dès lors, le 29 février, Erdogan entreprenait de tordre le bras à l’Union européenne, la menaçant sur ses frontières en exigeant que celle-ci s’aligne sur la position de l’OTAN.

Le 2 mars, le président bulgare Borissov se rendit aussitôt à Ankara pour tenter d’organiser une négociation, ce que son interlocuteur refusa.

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Crise migratoire – Marine Le Pen : “Il faut envoyer des hommes à la Grèce”

12/03/2020 – EUROPE (NOVOpress)
Au micro de RTL, Marine Le Pen demande à Emmanuel Macron “de rappeler notre ambassadeur et de renvoyer l’ambassadeur turc en Turquie, et de remettre en place nos frontières“.

La présidente du Rassemblement national veut faire preuve de “fermeté” à l’encontre du président turc, Recep Tayyip Erdogan. “Il faut le menacer et mettre en oeuvre des sanctions“, déclare-t-elle.

Découvrez cet extrait tiré de l’émission “L’invité de RTL” du 9 mars 2020.


Humiliation d’Erdogan: pourquoi Poutine a-t-il fait poiroter le président turc devant son bureau

La dernière rencontre entre les présidents russe et turc a fait l’objet de nombreux commentaires sur les réseaux. Décryptage du vrai et du faux et des conséquences profondes de cette rencontre.

La salle choisie pour la rencontre du 5 mars dernier au Kremlin ne manquait pas de surprises pour le président turc… Avant même cela, c’est l’attente de la délégation turque, filmée par la télévision russe qui a beaucoup amusée sur les réseaux sociaux. Une attente dans le vestibule qui n’a en fait rien d’anormal. On y voit un Erdogan, livide, isolé, qui finit par s’asseoir, comme on se rend.

Deux petites minutes qui paraissent interminables

Deux petites minutes qui semblent longues à l’image, mais qui pour ce qui est du président russe, n’ont rien d’anormal, au contraire. Poutine a toujours su utiliser ses retards, quelque soit la personnalité attendue. Il y a pourtant différents types de retard chez lui.

Le premier est un message diplomatique quand les relations sont tendues. Cela a été le cas avec Angela Merkel, qui possède le record historique en 2014 avec 4h15 de retard… On peut noter aussi 3 heures pour le Premier ministre japonais Shinzo Abe en 2016, 50 minutes pour le pape François en 2015, 40 minutes pour Obama en 2012 ou même 14 mn pour la Reine Elizabeth II en 2003. Le second cas est le perfectionnisme de Poutine qui peut recevoir les dernières synthèses de son service diplomatique ou de son service de renseignement avant qu’une réunion importante ne commence.

Pour ce qui est d’Erdogan donc, pas vraiment de quoi s’alarmer. Mais qu’en est-il de la statue de Catherine II et de la pendule qui orne la cheminée du salon d’apparat ?

En effet, dans la salle où sont photographiés les deux présidents, une statue de l’Impératrice attire l’attention. Parmi de nombreuses réalisations et victoires militaires, la grande Catherine arracha la péninsule de Crimée, placée sous le joug ottoman depuis le XVe siècle à l’issue de la guerre russo-turque de 1787-1792. Elle y fonda la ville de Sébastopol en 1783. Mais ce n’est pas elle qui a conduit chacune des onze guerres russo-turques de l’histoire, la première datant de 1568…

La pendule est réalisée par le sculpteur russe Eugène Lanceray en 1880 complète le décor. Elle illustre la campagne des Balkans (1877-78) où les Russes s’étaient portés au secours de leurs frères orthodoxes serbes, bulgares, grecs et monténégrins qui aspiraient à leur indépendance de l’Empire ottoman.

Dans les deux cas, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin fait la même réponse. Il s’agit d’une pure coïncidence et absolument pas d’une mise en scène destinée à impressionner Erdogan. Il est effectivement bien possible que ce dernier n’y ait pas vu malice. De fait, c’est bien la salle qui est utilisée pour les photographies avec les chefs d’Etat qui visitent le Kremlin. Sa décoration reflète en tout cas une chose, le goût pour l’Histoire et la continuité de l’Etat qui animent le président russe.

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Le vrai projet d’Erdoğan : islamiser l’Europe !

En mars 2018, quand le député Alpaslan Kavaklıoğlu, éminent membre de l’AKP, parti au pouvoir en Turquie, celui d’Erdoğan, déclara : « La population musulmane sera plus nombreuse que la population chrétienne en Europe dans 20 ans… numériquement, les musulmans sont l’avenir de l’Europe », nous fûmes nombreux à nous interroger sur les relents christianophobes de ce type de déclaration. Mais à cette époque, il ne fallait pas trop contrarier les pontes de la sphère musulmane sous peine d’être accusé d’islamophobie, de nationalisme, de xénophobie, mais, pire, d’être un partisan de la théorie inexistante du Grand Remplacement. Aujourd’hui, force est de constater que la prévision de cet élu islamiste turc est bel et bien en train de se réaliser sous nos yeux, avec l’aide de nos leaders politiques, l’islamisation de l’Europe est en marche, sous la férule de la Turquie.

Les islamistes n’ont jamais accepté la chute de l’Empire ottoman et la fin du califat avec la proclamation de la République turque laïque par Mustafa Kemal en 1923. Comme l’a écrit Alexandre del Valle, dans la Stratégie de l’intimidation, c’est pour s’opposer à ce qu’ils considéraient comme une trahison dans le monde musulman que beaucoup de mouvements panislamistes ont vu le jour, à l’instar de la confrérie fondée en Égypte par Hassan al-Banna, en 1928, les Frères musulmans.

Le 15 octobre 2018, face aux muftis des régions, Erdoğan déclarait : « Il y a un seul pays capable de présider le monde musulman, de par son histoire et de par sa position stratégique, c’est la Turquie. » Il n’y a donc plus de doute dans sa stratégie, d’autant plus qu’il ne cache même plus ses ambitions, la Turquie installe sa base militaire la plus importante en Somalie, envoie des forces en Libye, prend position sur les lois européennes d’interdiction de port du voile, s’offusque quand un acte antimusulman est commis en Europe, finance des mosquées, encourage la promotion sociale dans les cités des grandes villes européennes par un entrisme islamique important, mobilise les réseaux sociaux avec des gardiens de la cause islamiste, bref, la Turquie est dans tous les coups et son président joue à fond chacune des cartes qu’il sort.

À la faveur de la crise à la frontière gréco-turque, les Européens ont dénoncé le non-respect des engagements de la Turquie de prendre en charge, sur son territoire, les réfugiés qui ont fui la Syrie, en retour d’un certains nombres d’accords avec l’Union européenne, notamment des aides financières.

Erdoğan sait ce qu’il fait, sa stratégie est claire, les réfugiés qui sont en Turquie sont majoritairement de religion musulmane, il va les utiliser chaque fois, de gré ou de force, pour combler le déficit démographique de l’Union européenne. Le pompon, pour lui, c’est qu’en plus, il en retire un bénéfice financier. Que demander de plus ?

Marine Le Pen a dénoncé la stratégie d’Erdoğan, stratégie en adéquation avec les objectifs d’islamisation de l’Europe, mais comme toujours, la bien-pensance brandit ses répliques favorites : populisme, fascisme, islamophobie, racisme, etc. En France et au sein de l’Union européenne, qui aura le courage, comme elle, de reconnaître qu’en vérité, Recep Tayyip Erdoğan veut ressusciter le califat et que l’Europe devienne musulmane. Si on ne fait pas ce bon diagnostic, on continuera à appliquer le mauvais remède dans ce bras de fer que nous subissons.

Verlaine Djeni

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

I-Média – Grèce : révolte populaire contre l’invasion

09/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
L’image de la semaine dernière, c’est celle des affrontements entre migrants et grecs.

Entre la réaction populaire sur l’île de Lesbos et les affrontements entre garde-frontières et envahisseurs, il y a comme un air de bataille des Thermopyles aux frontières de l’Europe !