Le néo-ottomanisme à l’assaut de l’Europe, par Jean-David Cattin (Les Identitaires)

Où s’arrêtera Erdogan ? Réislamisation d’un pays encore récemment fortement laïciste, interventionnisme militaire tous azimuts, ingérence en Europe à travers les populations turques qui y sont installées, celui qui se rêve sultan pose progressivement les jalons d’un agressif et inquiétant néo-ottomanisme.

Considéré au XIXème siècle comme l’homme malade de l’Europe, l’Empire ottoman n’avait cessé de refluer depuis la défaite de ses troupes devant Vienne en 1683. Après les lourdes pertes de la Première Guerre mondiale, seules les victoires militaires du général Atatürk ont pu mettre un terme à la déroute turque. Elles ont assuré à la Turquie le contrôle de la totalité de l’Anatolie et des stratégiques détroits des Dardanelles et du Bosphore.

Erdogan contre Atatürk

Une modernisation à marche forcée a ramené le pays sur le chemin de la puissance. Elle s’est conjuguée avec un éloignement de l’islam et de l’héritage ottoman. Cette approche kémaliste, du nom de son initiateur Mustafa Kemal Atatürk, a été consciencieusement déconstruite depuis l’arrivée au pouvoir de l’islamiste Recep Tayyip Erdogan en 2003. Rien de plus logique au vu de sa proximité avec les Frères musulmans qui haïssent Atatürk. Fondés en 1928, ils l’ont toujours considéré comme un traître pour avoir supprimé le califat en 1924.

Renouveau de la puissance militaire turque

L’armée turque, deuxième armée en effectifs de l’OTAN, a fait récemment l’acquisition d’armements très sophistiqués comme les missiles S-400 russes. Se sentant visiblement assez forte, la Turquie s’est ainsi permise de tourner le dos aux États-Unis et à leur nouvel avion furtif F35. Ses capacités militaires ne sont pas négligeables et ce début de renversement d’alliance témoigne d’une grande confiance en soi.

Ambitions turques en Méditerranée

Cette puissance recouvrée lui permet cette rupture avec l’Occident et attise ses ambitions en Méditerranée, où elle cherche notamment à s’approprier des gisements pétroliers nouvellement découverts. Ses envois de troupes en Libye, son annexion récente d’une partie de la Syrie, l’invasion plus ancienne du nord de Chypre, les tensions avec la Grèce, révèlent que la Turquie n’a en réalité jamais renoncé à son ancien empire. Promoteur du néo-ottomanisme, l’ancien Premier ministre Ahmet Davutoglu considère que le kémalisme est une lobotomie culturelle et qu’il a fait perdre à la Turquie son identité profonde. Une illustration supplémentaire de l’importance retrouvée du fait identitaire au XXIème siècle.

Le néo-ottomanisme en Europe

Depuis début de la crise des migrants en 2016, Erdogan ne cesse de menacer de faire déferler les 3,6 millions de « réfugiés » présents en Turquie sur l’Europe. Un chantage qui s’est accompagné d’un racket de 6 milliards d’euros auquel s’est soumis l’Union européenne. Une faiblesse européenne qui donne des ailes au président turc. Meetings électoraux, création de partis islamiques, contrôle de centaines de mosquées, la diaspora turque est chauffée à blanc. Elle est incitée à faire des enfants « ne faites pas trois mais cinq enfants, car vous êtes le futur de l’Europe », à se naturaliser et à prendre des responsabilités dans les pays dans lesquels ils habitent. « Soyez actif dans la politique, la science, l’économie ! ». Le programme est clair. La volonté de revanche et d’influence évidente.

566 ans de cauchemar

Aux jeunes Européens à qui l’on reproche sans cesse les croisades qui sauvèrent l’Europe du péril turc, rappelons que l’occupation par les croisés d’une fine bande de terre au Proche-Orient dura 196 ans. L’occupation de tout le Sud-Est de l’Europe par les Turcs, ses cortèges d’horreur, les innombrables razzias et les millions d’esclaves européens capturés par les ottomans et leurs alliés tatares furent un cauchemar qui dura 566 ans. Il se pourrait bien qu’en réalité, il ne soit pas terminé.

Jean-David Cattin

Texte repris du site de : Les Identitaires

La statue dorée du président turc Erdogan érigée en Allemagne a finalement été retirée

29/08/2018 – EUROPE (NOVOpress)
Une statue dorée du président turc, Recep Tayyip Erdogan – haute de quatre mètres, le bras droit levé vers le ciel -, a été érigée en Allemagne, près de Francfort.

Selon la presse locale, les autorités auraient validé l’installation de la statue dans le cadre d’un festival d’art, sans savoir que celle-ci serait à l’image du président turc…

Finalement, la ville de Wiesbaden a fait retirer dans la nuit de mardi à mercredi cette statue en raison de la polémique qu’elle suscitait.

Le responsable local de l’AfD, Emil Sänze, avait dénoncé la bêtise des organisateurs qui “offrent une scène à un despote passant son temps à humilier les Allemands“.


Les jeunes musulmans des cités fascinés par Erdoğan !

Les Turcs en diaspora – en France et en Allemagne, notamment – votent massivement pour Erdoğan à toutes les élections.

Grande annonce, ce mardi matin, du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb : à compter de ce jour, jusqu’au 15 septembre, une grande concertation nationale sera organisée par département en vue de « réformer l’organisation et le financement de l’islam de France ».

L’organisation de ces assises départementales est à la charge des préfets et l’on devra y réfléchir à la représentation institutionnelle de l’islam de France, la gouvernance des mosquées, ainsi qu’au financement et à la formation des imams.

Ces « assises territoriales de l’islam de France » doivent associer les « acteurs de terrain ». Le choix des participants « devra permettre de représenter toute la diversité des musulmans français qui souhaitent mieux organiser l’islam dans le cadre de nos institutions républicaines », précise le ministère. Hélas, comme écrit Le Salon beige : « Représenter toute la diversité des musulmans français, un doux rêve, étant donné que les musulmans algériens, marocains, turcs, …, sont en concurrence permanente. »

Cette belle initiative intervient au terme d’une rencontre de la direction du CFCM avec les autorités françaises, après qu’on eut déjoué le projet d’attentat de « l’ultra-droite » qui a conduit à l’arrestation de dix personnes. Et le ministre de réaffirmer « la détermination » de ses services à « prévenir tout trouble à l’ordre public et toute atteinte aux biens et aux personnes, a fortiori visant un culte en particulier ».

Donc, si l’on comprend bien : faute de pouvoir protéger tous les Français contre les barbus fanatisés, il est urgent de protéger les musulmans contre les dérives « islamophobes ».

Et pendant ce temps…

Pendant ce temps, Recep Tayyip Erdoğan, le président turc fraîchement réélu, fait un tabac chez les jeunes musulmans de France. La journaliste Ariane Bonzon a consacré au sujet un long papier sur le site Slate.fr.. Elle a suivi la Caravane des quartiers, « une initiative militante dénonçant l’islamophobie ». Elle y a découvert l’enthousiasme des jeunes Franco-Maghrébins des quartiers populaires vis-à-vis du président turc, enthousiasme que Saïd Bouamama, l’un des animateurs de cette Caravane des quartiers, justifie ainsi : « À leurs yeux, Erdoğan, c’est celui qui “tient tête à ceux qui nous font courber l’échine”. Paupérisée et précarisée, cette génération franco-maghrébine se sent isolée et diabolisée, jugée dans sa foi et constamment questionnée sur son droit à être française. Alors elle s’accroche au moindre élément de résistance : Erdoğan en est le principal. »

De nombreux jeunes des cités vont en vacances « low cost » en Turquie, écrit Ariane Bonzon, et c’est ce qui inquiète le sociologue Saïd Bouamama, qui voit monter leur fascination pour le président turc. « Le combat contre l’islamophobie [est mené] comme un antidote à toute tentation totalitaire dans les quartiers. Or, si ce sont d’autres qui symbolisent ce combat, à savoir le gouvernement turc et ses satellites en France, on perd ce levier, et c’est Erdoğan et son régime qui remporteront la mise », dit-il.

Plus explicite encore, l’ancien porte-parole du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Marwan Muhammad, ne cache pas le grand intérêt du gouvernement turc pour cet engouement. Lui-même invité plusieurs fois en Turquie par les autorités, il confirme qu’elles « sont très à l’écoute sur ce sujet, d’autant que leurs ressortissants en France en souffrent. Le président Erdoğan a multiplié les prises de parole fortes dans des enceintes internationales et le gouvernement turc consacre une part non négligeable de son budget à cette mobilisation. »

Comme on l’a souligné ici à plusieurs reprises, les Turcs en diaspora – en France et en Allemagne, notamment – votent massivement pour Erdoğan à toutes les élections. Ils profitent de l’Europe et de sa liberté mais font le choix d’un régime autoritaire pour leur pays…

Marie Delarue

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Deux footballeurs allemands reconnaissent M. Erdoğan comme « leur » président : c’est ça, la double nationalité ?

Le président turc Erdoğan est en campagne pour les élections du 24 juin prochain, qui doivent lui conférer un nouveau sacre. Et tous les moyens pour répandre son culte de la personnalité et se poser en héraut de la cause islamique sont bons. Il y eut sa violente diatribe d’Ankara contre la France et l’appel des 300, comparé à Daech. Il y a, à présent, son attaque contre Israël « État de terreur », et le renvoi de l’ambassadeur. Et puis il a souhaité faire un clin d’œil appuyé à la diaspora turque en Allemagne, forte de trois millions de personnes. Et quel meilleur moyen, pour toucher celle-ci, que le football ?

Donc, le dimanche 13 mai, le président Erdoğan a fait une séance photo dans un hôtel londonien avec deux joueurs de l’équipe nationale allemande d’origine turque, Mesut Özil et Ilkay Gündoğan, qui lui ont offert le maillot de leur club anglais. Mais M. Gündoğan a, en plus, dédicacé personnellement le sien : « Pour mon président, avec respect. » Et ces photos ont immédiatement été lancées sur les réseaux sociaux par l’AKP, le parti islamo-conservateur du président turc.

La classe politique allemande a unanimement condamné cette allégeance problématique de citoyens allemands. Un responsable de la CDU, Eberhard Gienger, a été clair : « Cela n’est pas acceptable. » Le SPD a rappelé le bilan de M. Erdoğan en matière de démocratie : « Un dirigeant politique qui foule aux pieds la liberté de la presse et les droits de l’homme. » Même M. Cem Özdemir, l’ex-président des Verts, lui-même d’origine turque, a été clair : « Le président d’un joueur de l’équipe nationale allemande s’appelle Frank-Walter Steinmeier et non Recep Tayyip Erdoğan, […] un dirigeant autoritaire. » Toute la classe politique allemande était, cette fois-ci, sur la ligne de l’AfD qui, par la voix de la députée Beatrix von Storch, a simplement posé le problème que tout Allemand et tout homme de bon sens est en droit de se poser :

« Pourquoi Gündoğan joue-t-il pour l’équipe nationale allemande s’il reconnaît Erdoğan comme président ? »

Le sport a toujours fait l’objet de récupération par les hommes politiques. À des degrés divers. Dans les dictatures comme dans les démocraties. Parfois de façon assez naïve. Et la question des nationalités y est particulièrement aiguë puisqu’il est synonyme, depuis les Jeux olympiques antiques, de trêve entre les cités et de compétition pacifique. Il n’est donc pas étonnant qu’à l’âge de la mondialisation et des mercatos en tous genres, cette dimension fasse l’objet d’exploitations démagogiques.

Mais ce nouvel événement pose de façon éclatante la question de la double nationalité et de l’intégration qui, vu les événements et la situation migratoire en Europe, ne fera que grandir. Relancée hier encore au sujet des terroristes et des fichés S binationaux, elle est, certes de façon moins dramatique, au cœur de cette juste polémique sur ces deux footballeurs allemands.

Les nations européennes et les communautés immigrées n’échapperont pas à une réflexion sur ce qu’est la double nationalité. Peut-on accepter que la seconde nationalité, celle du pays qui vous a accueilli – et parfois sauvé -, soit aussi seconde au point que certains la détestent et prennent les armes contre elles ? Ou, comme dans ce cas, utilisent la notoriété que leur a conférée leur nouvelle patrie pour manifester une allégeance scandaleuse au chef de la première, a fortiori quand celui-ci ne se montre pas un ami de la démocratie ?

Enfin, et malgré le déni persistant de certains chez nous, cette question a aussi à voir avec l’islam. Et ce n’est pas M. Erdoğan qui nous démentira.

Pascal Célérier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

L’adhésion de la Turquie à l’UE, un « objectif stratégique » pour Erdogan

28/03/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Recep Tayyip Erdogan s’est rendu avant-hier en Bulgarie pour un sommet avec les dirigeants des institutions européennes.

Avant de quitter le sol turc pour ce sommet à Varna, il a assuré à la presse que l’adhésion de son pays à l’Union européenne restait un « objectif stratégique ».

Il a ainsi affirmé : « Ce que nous attendons, c’est que les obstacles (…) aux négociations soient levés et que le processus d’adhésion soit revitalisé. »

Le Président turc a ajouté qu’il ne tolérerait pas le « deux poids, deux mesures » à l’égard de son pays. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et celui du Conseil européen Donald Tusk se sont par la suite entretenu avec M. Erdogan lors d’un dîner de travail dans la station balnéaire bulgare.

Turquie : les grandes manœuvres d’Erdogan

erdogan

16/02/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Erdogan multiplie les initiatives musclées pour raffermir son pouvoir tout en préparant les prochaines échéances électorales.

A l’occasion du coup d’Etat manqué de juillet 2016, Erdogan a procédé à des purges d’une ampleur sans précédent : plus de 107 000 fonctionnaires condamnés et une armée passée au peigne fin. La répression touche à présent l’ensemble de la population : près d’un citoyen turc sur dix a ainsi fait l’objet d’une enquête policière. Parallèlement, pour rétablir la confiance d’une opinion publique fortement ébranlée par les attentats meurtriers de l’Etat islamique et par la reprise des combats contre le PKK, le pouvoir turc multiplie les déclarations va-t-en-guerre en politique extérieure. C’est ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, vient de rappeler que les gisements d’hydrocarbures au large de Chypre étaient situés sous la plateforme continentale turque, ajoutant que la Turquie entendait, je cite, « prendre toute mesure nécessaire pour protéger ses droits en Méditerranée orientale », fin de citation

Mais c’est avec l’opération « Rameau d’Olivier » qu’Erdogan s’affirme fin stratège

Après l’avoir adroitement présentée comme une extension de la lutte contre les rebelles kurdes de Turquie, Erdogan a, le 20 janvier dernier, lancé les forces turques à l’assaut de l’enclave kurde d’Afrin située en territoire syrien. Les premiers succès réveillent puissamment le sentiment chauvin dans l’opinion, qui soutient massivement le pouvoir. Alors que les journaux vantent « l’Union Sacrée » et que les imams appellent à prier pour la victoire, Erdogan profite de l’aubaine pour enfermer des centaines d’opposants à l’intervention, issus principalement des couches éduquées de la population.

Cette flambée islamo-nationaliste s’accompagne évidemment d’une fièvre xénophobe

Surtout dirigée contre les Etats-Unis, du fait de l’alliance américano-kurdes en Syrie. Un récent sondage relève ainsi que l’opinion turque est à 83% hostile aux Etats-Unis, à 73% à la Russie, 73% également à l’Europe, 72 % aux juifs, 69% aux chrétiens et, cerise sur le gâteau, à 67% hostile à l’OTAN, alors même que la Turquie apparaît comme le principal pilier de l’Organisation dans la région. L’opération « Rameau d’Olivier » est certainement un coup de maître du stratège Erdogan, qui pourrait le propulser vers une victoire écrasante en cas d’élections anticipées

Erdogan se déclare continuateur de l’empire Ottoman, par Jean-Gilles Malliarakis

Le 10 janvier à Istanbul, le président turc Erdogan s’exprimait dans le cadre d’une cérémonie au palais Yildiz pour le centenaire de la mort du Sultan Abdulhamid II.

Ni le lieu, ni le monarque ne doivent être tenus pour fortuits : ils représentent ce que l’on peut considérer comme les symboles les plus éloignés de notre culture de cet empire que l’on croyait défunt.

Yildizi Sarayi, le palais de l’Étoile fut certes construit sous la direction de l’architecte italien Raimondo d’Aronco : en fait le 34e sultan de Constantinople craignait les vieilles résidences impériales de Topkapi et de Dolmabahçe qu’il jugeait trop proches du Bosphore et de la Corne d’Or.

Ce souverain terrible, Abdulhamid II (1876-1909), fils cadet du sultan Adulaziz (1861-1865) a mis en effet un terme à l’œuvre réformatrice de ses prédécesseurs commencée sous le règne d’Abdül-meçid (1839-1861), refusant d’appliquer la constitution, qui n’entrera en vigueur qu’après la révolution jeune-turque de 1908-1909.

En 1876 il avait obtenu que soit écarté son frère aîné Mourad V. Celui-ci ne régna que 3 mois ; il sera présenté pour fou, alors qu’en fait, adepte de la franc-maçonnerie, il entendait continuer le programme de réformes de ses 3 prédécesseurs, connu sous le nom de Tanzimat. Cette œuvre de réorganisation avait été préfigurée dès 1830 : cette année-là, où fut reconnue l’indépendance de la Grèce, le sultan-calife Mahmoud II (1808-1839) avait publié cette déclaration officielle : “Je fais la distinction entre mes sujets, les musulmans à la mosquée, les chrétiens à l’église et les juifs à la synagogue, mais il n’y a pas de différence entre eux dans quelque autre mesure. Mon affection et mon sens de la justice pour tous parmi eux est fort et ils sont en vérité tous mes enfants.”

Abdulhamid II au contraire cherchera à revenir sur tout ce qui tendait à rapprocher la Turquie de l’Europe.

S’il n’est mort qu’en 1918, il avait été d’abord relégué dans son palais par la première révolution jeune turque de 1908, puis déposé en 1909 et remplacé nominalement par son frère, le fantoche Reshad effendi qui régnera jusqu’en 1918 sous le nom de Mehmed. Le dernier sultan-calife Mehmed VI (1918-1922) s’enfuira, craignant d’être accusé de trahison après la victoire de Kemal et la proclamation de la république. Lui succédera, mais en tant que 101e calife seulement, de 1922 à 1924, Abdül-meçid II dont la fonction fut abolie au bout de deux ans, les actuels islamistes cherchant à la rétablir.

Entretemps Abdulhamid II avait créé en 1890 la milice dite “Hamidiyé”. Recrutée dans les tribus montagnardes tcherkesses, kurdes, turkmènes, yeuruk et turcs proprement dits, ses principaux exploits consistèrent à massacrer et piller entre 1894 et 1896 les provinces arméniennes, valant à leur maître le surnom de Sultan Rouge. Le génocide arménien, qu’il est toujours légalement interdit d’évoquer en Turquie, ébauché sous ce règne, reprendra sous une forme plus industrielle, sous la direction d’Enver pacha et de Talaat pacha en 1915.

C’est donc en lui rendant hommage qu’Erdogan, a cru pouvoir déclarer : “la République turque est la continuation de l’Empire ottoman“.

La République de Turquie, comme nos états précédents qui étaient la continuité de l’autre, est aussi une continuation des Ottomans. Bien sûr, les frontières ont changé. Les formes de gouvernement ont changé. Mais l’essence est la même, le cœur est le même, même de nombreuses institutions restent les mêmes.”

C’est pourquoi, considère-t-il, le Sultan Abdulhamid est l’un des plus importants, des plus visionnaires et des plus stratégiquement conscients qui ont laissé leur marque au cours des 150 dernières années”, a déclaré le président turc qui est allé un peu plus loin en notant:

Trop de gens essaient constamment de commencer l’histoire de notre pays depuis 1923. Certaines personnes veulent nous couper de nos racines et de nos anciennes valeurs.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Éric Zemmour : “Il n’y a plus que des guerres contre le terrorisme !”

Eric-Zemmour

06/02/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Depuis quinze jours, une offensive de l’armée turque est lancée sur le territoire syrien contre les Kurdes. Le président Recep Tayyip Erdogan affirme lutter contre le terrorisme. Met-il en danger ses alliances ?

Pour Éric Zemmour, “il n’y a plus que des guerres contre le terrorisme !” :

Encore une guerre au terrorisme ! Mais pas celle de George W. Bush contre Al-Qaïda après les attentats du 11-Septembre. Ni celle qu’achève en ce moment la coalition occidentale contre Daesh. Pas celle non plus que mena Poutine contre les terroristes tchétchènes. Ou encore celle que conduisent, sans faiblir, les Israéliens contre les “terroristes” du Hamas ou du Hezbollah.

C’est au tour désormais du Turc Erdogan de lancer une offensive d’envergure contre les “terroristes”. Des “terroristes” kurdes qui ne sont terroristes que parce qu’ils luttent pour l’indépendance de leur pays, le Kurdistan, occupé et partagé entre l’Irak, la Syrie et la Turquie. Des terroristes kurdes qui, jusqu’à présent, étaient les fers de lance du combat contre les “terroristes” de Daesh.

Tout le monde est terroriste, chacun à son tour. La guerre tout court n’existe plus. Il n’y a plus que des guerres contre le terrorisme. Les diplomates en perdent leur latin. Ou plutôt leur anglais.


L’accord secret entre Erdogan et Tsipras, par Jean-Gilles Malliarakis

Le 7 décembre, le président mégalomane turc se rendait en visite officielle en Grèce. L’événement en lui-même était de nature à recevoir les meilleurs encouragements de la bien-pensance internationale. Pour la première fois depuis 65 ans en effet un gouvernement athénien déroulait le tapis rouge devant son vieil adversaire auquel l’oppose un contentieux, incompréhensible aux yeux des bureaucraties d’Europe occidentale, pour lesquelles la notion même d’ennemi est devenue inaudible.

Le dernier chef de gouvernement turc à s’être rendu à Athènes avait été, en 1952, Adnan Menderes. Renversé dans son pays par le coup d’État militaire du 27 mai 1960, il fut condamné à mort et pendu, le 17 septembre 1961.

La comparaison avec Erdogan s’arrête là, du moins pour le moment.

À l’époque en effet les relations étaient excellentes, les deux pays ayant adhéré en même temps à l’alliance atlantique. Une forte communauté grecque prospérait à Istanbul. Elle allait être contrainte à l’exil à partir des pogroms de septembre 1955, dont on sait aujourd’hui qu’ils avaient été fomentés par les futurs putschistes de 1961.

Par la suite les rapports se sont envenimés, en particulier du fait de la question de Chypre.

Un rapprochement s’est certes dessiné à partir de 1999, à la faveur de l’intervention humanitaire des sauveteurs grecs lors du grave tremblement de terre d’Istanbul et les deux gouvernements ont pris l’habitude d’entretenir un dialogue civilisé.

Or, Recep Tayyip Erdogan a saisi l’occasion de son déplacement pour multiplier les provocations à propos de la minorité musulmane de Thrace occidentale comme à propos des frontières en mer Égée.

Il parle comme s’il préparait la guerre, même si en fait il semble bien que ses menaces soient essentiellement destinées à flatter la part la plus chauvine de l’opinion turque. Son propos le plus explosif et le plus dangereux visait ni plus ni moins à remettre en cause le traité de Lausanne de 1923, lequel n’est nullement un simple “accord frontalier” comme on a pu le lire, mais le règlement régional définitif de la Première guerre mondiale, le traité de Sèvres de 1920 n’ayant pas été appliqué. Cette menace d’une remise en cause extrêmement dangereuse pour tout le sud-est européen n’est pas nouvelle dans les discours d’Erdogan : elle a commencé avec l’anniversaire de la république kémaliste à laquelle Erdogan, son parti et leurs inspirateurs islamistes reprochent en fait d’avoir aboli l’Empire ottoman et d’avoir cherché à faire entrer leur pays dans l’Europe et dans la modernité.

Pourquoi donc le grotesque Tsipras, qui se ridiculise chaque fois qu’une réunion européenne ou internationale lui en donne l’occasion, a-t-il accepté cette incursion provocatrice d’Erdogan ? Pourquoi a-t-il cherché le 9 décembre à obtenir, après coup, l’approbation du Comité politique de Syriza ? Pourquoi son ministre des Affaires étrangères Kotzias en a-t-il rajouté le 11 décembre, une couche en faisant l’apologie de ces accords ?

Tout simplement parce que Tsipras sait que les quelques milliers de réfugiés, parqués dans des camps financés par l’Europe, dans les îles de la mer Égée orientale, où la population n’en peut plus, constituent un matériau explosif et qu’il va bientôt se trouver contraint d’en rendre compte : dans le meilleur des cas lors d’élections prochaines, sinon devant les tribunaux appropriés.

C’est sur ce terrain qu’il a cru pouvoir se contenter de la promesse d’Erdogan d’appliquer tout simplement les accords de rapatriement, en échange de quoi on a laissé ce personnage multiplier ses provocations, allant jusqu’à une prédication islamiste dans la mosquée de Komotini, en territoire grec, c’est-à-dire en terre d’Europe.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

La Turquie, soutien indéfectible du Qatar ?

26/06/2017 – TURQUIE (NOVOpress)
Le président turc estime que l’ultimatum adressé au Qatar est “contraire au droit international“. L’Arabie Saoudite et ses alliés ont donné 10 jours à l’Emirat pour se plier à une liste de 13 demandes, comme par exemple coopérer moins étroitement avec l’Iran ou fermer la chaîne de télévision Al-Jazeera.
Pour rappel, L’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le régime de Doha, accusé de soutenir le terrorisme.

Recep Tayyip Erdogan a ainsi déclaré :

Nous soutenons la position du Qatar. Nous considérons qu’il s’agit d’une attaque contre les droits souverains d’un pays et que cette liste de 13 demandes va trop loin. Pour nous, elle est contraire au droit international.



La Turquie affiche son soutien au Qatar

09/06/2017 – TURQUIE (NOVOpress)
Si l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats Arabes Unis, l’Egypte et le Yémen ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme, Doha dispose toujours du soutien d’Ankara.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué la décision d’isoler l’émirat, et le Parlement a approuvé la mise en oeuvre d’un accord datant de 2014.

Il s’agit d’établir au Qatar une base militaire pouvant accueillir 3 000 soldats turcs.


Selon Recep Tayyip Erdogan, l’Union européenne est une “alliance de croisés”

Erdogan Turquie

05/04/2017 – TURQUIE (NOVOpress)
Pour le président turc, l’UE refuse depuis 54 ans l’entrée de la Turquie en son sein pour des raisons religieuses.

Lors d’une manifestation le 2 avril à Ankara, le président turc a déclaré :

Tous les dirigeants des pays de l’UE sont allés au Vatican et ont écouté le pape de façon soumise.

Il évoquait ici la réunion à Rome des dirigeants européens le 24 mars lors du 60e anniversaire de l’UE.

Le 16 avril se déroulera en Turquie le référendum visant à étendre le pouvoir présidentiel qui, si les amendements sont adoptés, devrait marquer selon les dires du dirigeant turc « le jour de la riposte ».

Ces événements font suite à la dégradation des relations entre la Turquie et Bruxelles depuis mars et l’annulation de rencontres politiques pro Erdogan en Allemagne et aux Pays bas. Le président turc, scandalisé d’avoir été qualifié de “dictateur”, avait dénoncé sans ménagement les « pratiques nazies » de l’UE.

Erdogan : « Aucun Européen ne pourra plus faire un pas dans la rue en sécurité »

Erdogan Turquie

27/03/2017 – TURQUIE (NOVOpress)
Ces paroles menaçantes ont été proférées le 22 mars dernier par le président turc Recep Erdogan, sur fond de crise aggravée entre Bruxelles et Ankara depuis l’expulsion de ministres turcs de meetings pro Erdogan aux Pays Bas et en Allemagne.

Le regain de tension avec l’Europe surgit à moins d’un mois d’un référendum en Turquie, le 16 avril, sur une révision constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs présidentiels, qui pourraient permettre à Recep Tayyip Erdogan de rester au pouvoir jusqu’en 2029.

Erdogan menace (encore) de rompre l’accord migratoire avec l’UE

Erdogan CNN

24/03/2017 – TURQUIE (NOVOpress) : Dans une interview à l’antenne turque de CNN, le président turc Recep Tayyip Erdogan menace, une nouvelle fois, l’Union européenne de rompre l’accord migratoire conclu à l’instigation d’Angela Merkel, ce qui revient à dire qu’il pourrait laisser partir des centaines de milliers de migrants vers les pays de l’UE !

Dans la série « je veux le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière », Erdogan affirme : « Nous pouvons poursuivre nos relations économiques, nous devrons peut-être revoir nos liens politiques et administratifs. Nous allons nous asseoir et parler avec notre gouvernement, et passer tout en revue, de A à Z. »

Mercredi déjà, le sultan Erdogan avait lancé aux dirigeants des pays européens :

« Je m’adresse une nouvelle fois aux Européens […] La Turquie n’est pas un pays qu’on peut bousculer, dont on peut bafouer l’honneur, dont on peut expulser les ministres. Le monde entier suit ce qui se passe de très près. Si vous continuez de vous comporter de cette manière, demain, aucun Européen, aucun Occidental, ne pourra plus faire un pas en sécurité, avec sérénité dans la rue, nulle part dans le monde. »