Marine Le Pen promet de combattre « la barbarie qui s’installe », par Franck Deletraz

Face à l’ensauvagement croissant que subit notre pays depuis des mois et à l’absence totale de volonté du gouvernement de remédier à cette grave dérive, Marine Le Pen n’a pas hésité à hausser le ton dimanche lors de son discours de clôture de l’université d’été du RN à Fréjus. S’exprimant devant des centaines d’élus et de militants du parti gonflés à bloc, la présidente du RN, après avoir dressé le bilan catastrophique de l’« été meurtrier » que nous venons de traverser et fustigé « le déni et l’inertie » du gouvernement, a en effet promis aux Français d’établir, si elle était élue, « une triple certitude : la certitude des poursuites, la certitude des sanctions, et la certitude de l’exécution de la peine ».

« Dupond-Moretti, c’est Taubira en pire ! »

Après avoir brièvement félicité les candidats RN élus et réélus lors des dernières municipales, Marine Le Pen est ainsi revenue sur l’« été meurtrier » que la France vient de subir. La conséquence, a-t-elle observé, « de dizaines d’années de laisser-aller », « d’une immigration anarchique et incontrôlée imposée aux Français depuis des années », de « l’intarissable promesse du “vivre ensemble” qui [se retourne] aujourd’hui contre ses promoteurs au pouvoir », et de « la vacuité de ce pouvoir plus occupé à faire croire qu’à faire ». Rappelant notamment que le gouvernement avait libéré plus de 10 000 détenus au cours de la crise sanitaire, puis égrainant les prénoms des victimes de cette « véritable barbarie qui s’installe », elle a alors lancé : « Avec la barbarie, on ne négocie pas. On la combat ! » Avant d’ajouter que, « pour ce crime, il faut une réponse d’Etat. Une réponse ferme, déterminée, implacable ». Or, a-t-elle constaté, l’Etat est totalement « dans le déni ». Pour preuve : cette obstination avec laquelle le garde des Sceaux, acclamé il y a quelques semaines par les détenus de Fresnes, « nie la réalité » et déclare « préférer des alternatives à la prison » alors que « l’alternative à la prison, ça s’appelle la liberté, et pour la société, ça s’appelle le danger ». Et Marine Le Pen, d’ajouter alors : « Dupond-Moretti, c’est Taubira en pire ! »

C’est que, a insisté la présidente du RN, contrairement à ce que nos gouvernants prétendent, « il est possible et même indispensable d’inverser cette tendance ». Citant en exemple la politique de la tolérance zéro menée par Giuliani à New York et rappelant que le RN avait présenté au printemps dernier un vrai projet pour la sécurité, Marine Le Pen a alors promis que, si elle était élue, l’ordonnance de 1945 serait révisée, la responsabilité civile des parents de mineurs récidivistes serait réellement engagée, la perpétuité réelle sans aucune possibilité de libération anticipée serait adoptée, les délinquants étrangers seront systématiquement expulsés, de nouvelles places de prison seront créées… Bref, a-t-elle déclaré, « l’impunité [ce sera] fini, les peines fictives [ce sera] fini, la prison garderie [ce sera] fini » !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 7 septembre 2020

Crise sanitaire – Pour Gilbert Collard, « Le grand vainqueur, c’est le souverainisme »

02/06/2020 – EUROPE (NOVOpress)
Pourquoi le gouvernement a-t-il mis fin le 27 mai à l’autorisation de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19 à l’hôpital ? Le professeur Raoult est-il victime d’un acharnement politique et médiatique ? Le souverainisme a-t-il gagné la bataille culturelle face aux partisans de la mondialisation et l’Union européenne ?

Comment le Rassemblement national et Marine Le Pen se préparent-ils à l’élection présidentielle en 2022 face à Emmanuel Macron ?

Gilbert Collard, député européen du groupe Identité et Démocratie, a répondu aux questions de Sputnik France.


Marine Le Pen dénonce la faillite idéologique du système

Epidémie de coronavirus oblige, le traditionnel hommage rendu chaque 1er mai par le RN à sainte Jeanne d’Arc a pris cette année une forme un peu particulière. Loin évidemment de rassembler les foules habituelles, cloîtrées chez elles en raison des restrictions liées au confinement, il n’en aura pas moins été l’occasion pour Marine Le Pen de dénoncer avec beaucoup de justesse la « faillite idéologique » du système à tous les niveaux et d’appeler à un renouveau de notre pays basé sur la souveraineté, l’indépendance et l’unité.

Jeudy pris en flagrant délit de désinformation

Tôt dans la matinée, la présidente du RN, masquée et accompagnée de son vice-président Jordan Bardella, s’était quand même rendue devant la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides à Paris, pour déposer aux pieds de la sainte une gerbe de fleurs, comme elle le fait chaque année. N’en déplaise au grand désinformateur de Paris Match Bruno Jeudy qui, jamais avare de « fake news », n’a pas hésité à qualifier ce déplacement de « cinéma » en affirmant que « Marine Le Pen, qui ne célébrait plus guère ces dernières années Jeanne d’Arc pour se distancier du FN de son père, la redécouvre en 2020 pour mieux se mettre en scène en masque » ! Une affirmation particulièrement stupide, parce que chacun aura pu vérifier sur Internet qu’elle était mensongère, mais à laquelle Marine Le Pen s’est contentée de répondre : « Vous voyez pourquoi vous avez un problème sérieux de crédit auprès des Français »…

Vers « la grande alternance » ?

Bref, plus intéressant que ces petites mesquineries de journalistes à la botte du système aura été le discours prononcé ce jour-là sur Facebook par la présidente du RN. Un discours choc, au cours duquel Marine Le Pen a notamment souligné que l’actuelle crise du coronavirus « joue comme un révélateur de nos propres défaillances ». Défaillances qui « ne sont pas seulement conjoncturelles mais structurelles ». Car, a-t-elle expliqué, « dans tous les carrés de jeu, l’Etat a failli ». Dressant alors la terrible et interminable liste des défaillances du gouvernement depuis le début de la crise, la présidente du RN a ainsi démontré que celle-ci scellait « la faillite idéologique de nos adversaires » à tous les niveaux : « faillite de la logique du profit appliquée à l’action publique », « faillite de l’idéologie ultralibérale », « faillite du mondialisme », « faillite du “sans-frontiérisme” », et enfin « faillite de l’européisme ». Rappelant que « le monde d’après ne pourra pas se faire avec ceux qui se sont tant trompés et surtout ont tant trompé les peuples au prix de la sécurité de tous », Marine Le Pen, soulignant au passage que ces gouvernants devront « un jour ou l’autre assumer leurs responsabilités », a alors appelé le pays à « la grande alternance », c’est-à-dire « à un authentique changement », basé sur « la souveraineté, l’indépendance et l’unité », « pour retrouver, avec la résilience nationale, les voies de la sécurité et de la grandeur ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 4 mai 2020

Dans la France politique « d’après » : le RN dopé par le coronavirus, par Francis Bergeron

On a peu entendu la classe politique, ces dernières semaines. Ce qui est logique, d’ailleurs, car les Français espéraient et continuent à espérer des réponses à leurs questions et à leurs inquiétudes.
Or ces réponses, c’est en principe du côté scientifique, médical, qu’elles peuvent venir. La cacophonie, les contradictions, les prophéties ratées, ont d’emblée discrédité la parole politique. Deux courants seulement, aujourd’hui, semblent encore en capacité de se faire entendre : les macronistes, parce que Macron, Philippe et Véran attirent sur eux la lumière, multipliant les prises de parole ; et le RN qui s’est imposé comme « le seul opposant audible », ainsi que le note Valeurs actuelles, cette semaine.

Le 6 mars dernier, alors que personne n’imaginait encore les proportions que prendrait, en France et sur toute la planète, la crise sanitaire, Le Monde publiait les résultats d’un sondage sur l’image du RN. La réponse était mitigée. 51 % des Français considéraient que le parti de Marine Le Pen représentait un danger pour la démocratie, mais ce chiffre traduisait un recul de 4 % des mauvaises opinions. Par ailleurs 56 % des Français estimaient désormais que le RN était susceptible d’accéder au pouvoir.

Le coronavirus a rebattu les cartes. Mais dans quelles proportions ? Aucun sondage ne peut encore nous permettre de nous faire une religion sur l’évolution de l’image des camps en présence. De façon virale, les bourdes des ministres, leurs mensonges, leurs contradictions envahissent les écrans d’ordinateurs. Quel en est l’impact ? On l’ignore. Ils expliquent néanmoins le fort taux de défiance des Français à l’égard du pouvoir. Cette défiance a été mesurée, pour le coup, et elle est anormalement forte. Or les bouleversements actuels, inédits, devraient en principe favoriser la parole des hommes au pouvoir. Il semble que la France soit l’un des rares pays où ce principe bien connu des experts en science politique ne joue pas, ou seulement très marginalement.

Inversement, ceux qui incarnent des positions dures ou considérées comme extrêmes sont laminés, dans de telles périodes. Quelques éditorialistes politiques de nos grands médias ne se sont pas gênés pour dire, ironiques : « Imaginez Le Pen ou Mélenchon au pouvoir, avec ce que nous sommes en train de vivre ! » Mais une Agnès Buzyn, une Sibeth Ndiaye sont allées au-delà de l’imaginable. L’opposition s’incarne désormais essentiellement à travers Mélenchon et Le Pen. Mais l’atout de Marine Le Pen, c’est d’avoir, dès le début de la pandémie, et à la différence notable d’autres leaders « populistes », en Europe ou ailleurs, mesuré la gravité de la crise. Ses options ont fini par être adoptées après avoir été condamnées, et moquées par la classe politico-médiatique.

C’est la force d’internet : tout est restitué. Marine Le Pen a engrangé un capital de confiance nouveau, qui n’a certes encore été mesuré ni par les sondages ni par les urnes. Mais – flair ou chance –, la présidente du RN a fait prendre à son parti les positions aujourd’hui validées par les scientifiques. Dans quelles proportions le RN en tirera-t-il profit ? Avoir eu raison avant les autres, et contre les autres, ne garantit pas la victoire, mais laisse des traces. Surtout quand les réseaux sociaux se transforment en théâtre de Guignol, passant en boucle les erreurs des concurrents.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 24 avril 2020

En embuscade, le Rassemblement national prépare l’après-coronavirus

Renforcé par une crise qui valide nombre de ses postulats politiques, le parti de Marine Le Pen s’impose comme le seul opposant audible depuis le début de la pandémie. Le RN s’active en coulisse sur un projet alternatif pour l’après-coronavirus. Et regarde vers 2022.

En ce mois de janvier finissant, Steve Bannon est saisi par ce genre d’intuition qui lui a permis, il n’y a pas si longtemps, de déceler un président des États-Unis là où le reste du monde moquait un milliardaire fantasque. L’ancien conseiller de Donald Trump décroche son téléphone et s’émeut auprès du Français Jérôme Rivière, député européen du Rassemblement national: « Je ne comprends pas que vous ne parliez pas plus du virus. » L’Américain anticipe une crise sanitaire gravissime, un confinement généralisé, une récession mondiale. Quand Rivière relate sa conversation à la présidente de son parti, il la découvre tout aussi informée et inquiète que Bannon. Depuis mi-janvier, Marine Le Pen absorbe tout ce qu’elle peut sur le virus de Wuhan, se fait traduire des articles de la presse étrangère, alerte ses équipes sur l’imminence d’une crise qui révélera au monde notre extrême fragilité. Rivière jette un œil rétrospectif sur ce qui pour beaucoup relevait à l’époque de l’exagération : « Marine aurait-elle fait mieux qu’Emmanuel Macron ? Ça reste à démontrer, mais on dit que gouverner, c’est prévoir : elle vient de prouver qu’elle savait prévoir. »

Même ceux qui ne lui veulent pas spécialement du bien en conviennent : depuis le début de la crise du coronavirus, Marine Le Pen a opéré un véritable choix tactique sur le plan politique et souvent eu raison avant les autres. Les faits ont justifié a posteriori ses coups de boutoir contre l’exécutif. Dès le 29 janvier, la présidente du RN demande la fermeture des frontières. Le 11 février, elle alerte sur la pénurie de masques à venir – la commande sera passée parle gouvernement… le 3 mars suivant. Au soir du premier tour des élections municipales, elle demande un confinement massif de la population. Le lendemain, le président annonce que les Français doivent rester chez eux pour au moins quinze jours ; elle rétorque que ce sera beaucoup plus long – à l’heure où nous écrivons, ce sera au minimum huit semaines. En pleine “union nationale”, certains jugent ces attaques répétées trop rudes. Peu lui chaut : « Nous sommes dans notre rôle d’opposition en alertant : j’assume cette dimension de pression et de surveillance », martèle Marine Le Pen.

On pourrait dire froidement que la séquence est plutôt bonne pour le Rassemblement national. Partout, les uns et les autres perçoivent dans le coronavirus un révélateur à la fois de l’importance de la nation et de la faillite de l’idéologie mondialiste. La souveraineté revient en grâce, on s’émeut de notre dépendance industrielle. La victoire des idées de Marine Le Pen ?

Livre blanc et livre noir pour terrasser le macronisme

Dans les réunions de travail par visioconférence, ceux qui passent encore un peu de temps virtuel avec la patronne ne décèlent chez elle aucun triomphalisme. « Marine est très intuitive, raconte l’un d’eux, elle sent bien que, politiquement, on ne sera pas forcément les bénéficiaires de cette crise. » L’intéressée confirme : «Ce serait une erreur totale de penser que les défaillances et le manque de vision d’Emmanuel Macron vont apparaître de manière spectaculaire aux yeux des Français, et qu’ils feront le “bon” choix la prochaine fois. » Parce qu’elle sait que « le système est capable de faire semblant » d’avoir tiré les leçons de la crise, elle sait aussi que « l’espoir » né du malheur qui frappe la France nécessitera « un travail intellectuel de fond » pour qu’il débouche sur une vraie remise en cause du logiciel macroniste.

Le parti prépare d’ores et déjà un livre noir et un livre blanc pour tirer les conséquences de la crise. Le premier pour lister les insuffisances et les blocages français dans la gestion de la pandémie; le second pour avancer les solutions du RN : un grand plan de relance économique sera notamment présenté, avec le détail de son financement et les coupes budgétaires nécessaires, ainsi qu’un vaste plan santé pour répondre à la détresse du milieu hospitalier et tourner le dos à des décennies de « gestion purement comptable » de ce secteur clé. En première ligne dans cette étape importante, Jérôme Rivière, dont Marine Le Pen loue l’expérience de chef d’entreprise et la connaissance du milieu entrepreneurial international, mais aussi l’influent conseiller Philippe Olivier et Hervé Juvin, qui a déjà contribué à la rédaction du projet européen du Rassemblement national. Le même travail d’inventaire est lancé pour faire le bilan de l’Union européenne.

Pour lire la suite, c’est ici !

“Amateurisme”, “improvisation” : l’opposition ouvre le feu après l’allocution de Macron

Pour la quatrième fois depuis le début de la crise du coronavirus, le président de la République a pris la parole devant les Français. Le chef de l’État n’a toujours pas convaincu les responsables politiques de l’opposition.

Lundi 13 avril au soir, Emmanuel Macron a prononcé une allocution télévisée, la quatrième depuis le début de la crise du coronavirus, pour faire le point sur l’épidémie. Il y a notamment annoncé une potentielle fin du confinement prévue pour le 11 mai et une réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées. Le chef de l’État s’est également plié à une ébauche de mea-culpa sur la façon dont la France gère la crise, et a reconnu qu’elle n’y était « à l’évidence pas assez préparée ». Insuffisant pour les responsables politiques de l’opposition, qui ont tous fait savoir leur mécontentement.

« Autojustification » et « aveu de faiblesse » pour le Rassemblement National

À l’issue du discours du président de la République, droite comme gauche se sont accordées pour dire que le gouvernement n’était pas à la hauteur de cette crise sanitaire majeure. Pour le porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu, le président de la République a adopté une « stratégie défensive » qui « masque un certain amateurisme ». « Le président a passé beaucoup de temps dans une sorte d’autojustification de ce qu’il faut bien appeler aujourd’hui un fiasco », a estimé le député du Nord sur Twitter. « Ce sont des pansements, ici et là, mais qui ne permettent pas de tracer des perspectives. Que vont devenir nos coiffeurs, nos fleuristes, nos restaurateurs ? Rien », a-t-il déploré.

Interrogé par BFMTV, le vice-président du RN Jordan Bardella ne dit pas autre chose. « Qu’Emmanuel Macron annonce le prolongement du confinement, les Français s’y attendaient bien sûr, mais ça reste un aveu de faiblesse : on n’a pas d’autre choix que de gagner du temps par manque de masques et de tests », a-t-il fait valoir.

Pour lire la suite, c’est ici !

Dans un contexte dramatique, la droite nationale poursuit son implantation

Les maires sortants sont traditionnellement avantagés dans les urnes. Dans un contexte d’interrogation sur la progression de l’épidémie, ce principe s’est confirmé dimanche ; il conforte le besoin légitime des Français d’être rassurés. La réélection des sortants vient en quelque sorte contrebalancer l’impression de sauter dans l’inconnu que vivent actuellement les Français depuis qu’ils ont découvert l’ampleur de l’épidémie en cours.

Traditionnellement, les scores du Front national affolaient les commentateurs, mais dimanche soir c’est le score de la maladie qui focalisait toutes les attentions. La déclaration, empreinte de solennité, de Marine Le Pen, largement orientée sur la nécessité d’accroître les mesures de protection, de mettre en place le confinement, et de reporter à plus tard le second tour des municipales, n’a pas suscité de tollé, à la différence de ce qui se passait habituellement dans des situations de ce genre. Et c’est son contradicteur, le ministre de l’Ecologie, qui a semblé en retard de 24 heures sur les dernières déclarations de Macron et d’Edouard Philippe. La présidente du RN a rappelé qu’elle n’avait pas été favorable à la tenue des municipales aux dates prévues, compte tenu de l’épidémie. En ce sens, elle se différenciait de toute la classe politique. Les scientifiques ont confirmé que c’est elle qui avait raison.

Pour en revenir à la prime aux maires sortants, celle-ci a bénéficié à l’écolo Piolle à Grenoble, aux socialistes Aubry à Lille, Johanna Rolland à Nantes, ou Hidalgo à Paris, qui doivent tous, néanmoins, affronter un second tour. Leurs scores respectifs les ont cependant placés nettement en tête à l’issue du scrutin. Mais un second tour sera donc nécessaire pour confirmer ou non cette situation de favoris.

Steeve Briois plébiscité avec 74,1 % des voix

Mais le même phénomène de prime aux sortants a également joué en faveur des 14 maires de la droite nationale, qui avaient été élus en 2014, généralement dans le cadre de triangulaires, voire de quadrangulaires très serrées : Steeve Briois, à Hénin-Beaumont, a été plébiscité par 74,21 % de ses compatriotes ; Julien Sanchez à Beaucaire a été lui aussi élu au premier tour, avec 59,50 % des voix ; Robert Ménard, à Béziers, a été réélu avec 68 % des voix, Marc-Etienne Lansade, à Cogolin, recueille 47,50 %. Jacques Bompard à Orange ne manque que de peu sa réélection dès le premier tour : 47,56 % des voix. Mais il était concurrencé par une liste du RN qui a recueilli pour sa part 13,4 % des voix. Nous sommes donc ici à un total de 61 % des voix, ce qui est l’ordre de grandeur habituel des scores passés du maire d’Orange. Au Pontet, Joris Hébrard est réélu avec 57 % des voix. Franck Briffaut, à Villers-Cotterêts récolte 53,5 % des suffrages, Fabien Engelmann, à Hayange, triomphe avec 63,14 % des voix, et Philippe de Beauregard, à Camaret-sur-Aygues, fait mieux encore avec 70 % des voix (bien que conseiller régional RN de PACA, il se présentait sans étiquette) !

Seul le score du RN, à Marseille, où Stéphane Ravier avait pourtant fait une belle campagne, déçoit (19 % des suffrages), tandis qu’à Bollène Marie-Claude Bompard, avec 44,71 % des voix, est en ballottage (voir en page 4). Comme Pascal Verrelle au Luc, dans le Var (38 %).

Dans beaucoup de villes, les candidats de la droite nationale sont bien placés, comme Valérie Laupies à Tarascon (lire sa réaction en page 5), Louis Aliot à Perpignan, ou le général de La Chesnais à Carpentras. Mais cela passe éventuellement par des fusions de listes, et surtout par la mobilisation des abstentionnistes qui ont représenté 56 % du corps électoral. Un record pour ce type d’élection. Mais jamais une élection ne s’était opérée dans un contexte aussi affolant. Tandis que tombaient les premiers résultats électoraux, les chiffres des personnes atteintes par le coronavirus sur le territoire français, le chiffre de ceux placés en réanimation et le chiffre des morts venaient s’incruster en bas de l’écran de télévision.

Par ailleurs, heureux ou déçus, les candidats ignoraient encore, lundi à l’aube, si le second tour serait bien maintenu. La plupart des chercheurs et des médecins présents sur les plateaux de télévision ont à nouveau plaidé pour un report, car dans une semaine l’épidémie aura frappé le double ou le triple des victimes actuelles. Mais les constitutionnalistes, eux, ne semblaient pas en mesure d’expliquer quelles seraient les conséquences d’un tel report, et même si un tel report était légalement possible, au-delà du souhaitable ? Un report du second tour entraînerait l’annulation automatique du premier tour, semble-t-il. Ce sont des questions majeures, et qui nécessitent une prise de décision immédiate. •

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 16 mars 2020

Drapeaux nationaux interdits au Parlement européen – L’Académie française donne raison au RN, par Franck Deletraz

C’est une petite mais très symbolique victoire que viennent de remporter les eurodéputés RN face au « rouleau compresseur » de l’UE. Contraints depuis janvier par le président du Parlement européen de retirer les petits drapeaux nationaux qui trônent sur leurs pupitres au motif que les « banderoles et bannières » sont interdites dans l’hémicycle.

« Nier les histoires et les identités nationales »

Depuis toujours, les députés du groupe « Identité et démocratie » et autres élus patriotes ont l’habitude, lorsqu’ils siègent au Parlement européen, de poser sur leurs pupitres des petits drapeaux aux couleurs de leur pays respectifs. Or, au début de janvier, lorsque ceux-ci ont regagné l’hémicycle pour une nouvelle session, ils ont eu la surprise de découvrir que ceux-ci avaient tous été retirés en leur absence. Une consigne donnée par l’actuel président du Parlement, le socialiste italien David Sassoli, évidemment agacé par cette tradition qu’il juge contraire à l’idéologie fédéraliste qui anime la construction européenne. Quoi qu’il en soit, cette mesure a immédiatement suscité la protestation des élus du groupe « Identité et démocratie ». Et notamment du chef de sa délégation française Jérôme Rivière (RN) qui, fustigeant des dérives « totalitaires », a accusé fort justement le Parlement de « nier les histoires et les identités nationales » et de vouloir « écraser les nations ». Une indignation partagée bien sûr par l’eurodéputé RN Jordan Bardella qui, dans un tweet, a rappelé que pour les dirigeants de l’UE « tout ce qui rappelle les nations européennes doit purement et simplement disparaître ». Une volonté d’« écraser les nations » dont s’est bien sûr défendu le Parlement, en affirmant avoir simplement voulu appliquer l’article 10 de son règlement intérieur, dont le troisième alinéa stipule que les députés ne peuvent déployer dans l’hémicycle… « ni banderoles ni bannières ».

« C’est notre fierté ! »

Une explication totalement ridicule car, comme l’avaient alors fait valoir les élus d’« Identité et démocratie », les drapeaux nationaux ne peuvent pas être assimilés à des « bannières » et encore moins à des « banderoles ». Cependant, cela ne devait pas empêcher Sassoli de camper sur ses positions. Aussi, les eurodéputés RN, tout en continuant de placer leurs petits drapeaux sur leurs pupitres, avaient-ils adressé mi-février une lettre à Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, et une autre à Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française, pour leur demander de bien vouloir clarifier le sens linguistique du mot « drapeau ». Or, la réponse de l’Académie française, tombée cette semaine, est formelle et donne entièrement raison aux eurodéputés RN… Une bonne nouvelle dont s’est évidemment félicitée mercredi Marine Le Pen, en précisant sur Twitter : « Jamais nous ne remiserons notre drapeau au placard [car] c’est notre fierté ! »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 6 mars 2020

Une arme de destruction financière massive menace le RN, par Paul Vermeulen

Régulièrement contraint à la débrouille financière, le Rassemblement national devra s’expliquer devant la justice russe le 2 juin 2020 au sujet du non-remboursement d’un prêt de 9,1 millions d’euros contracté en 2014. L’un de ceux qui se trouvent désormais les créanciers russes du parti de Marine Le Pen a saisi la justice russe dans ce but. A cela s’ajoute la réclamation de 4 millions d’euros par Jean-Marie Le Pen, via son association de financement Cotelec.

En Russie, c’est la société Aviazapchast qui a saisi la justice pour « non-recouvrement de crédit ». Le FN devenu RN ne s’est pourtant pas endetté auprès de cette société. L’entreprise spécialisée dans la vente de pièces détachées d’avions russes a hérité de la créance contractée par le FN en 2014 auprès de la First Czech-Russian Bank, mise sous tutelle il y a quatre ans. Un imbroglio de plus, qui trouve son origine dans un fait inadmissible très précis : le refus antidémocratique des banques françaises et européennes – donc de milieux financiers où certains ont de nombreux amis – de prêter de l’argent. Au jeu de la « démocratie » française, les règles ne sont pas les mêmes pour tous. Le prêt devait être remboursé en septembre 2019. Il n’y a cependant pas de quoi en faire un tel foin médiatique, selon le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, assurant à L’AFP que le RN est « en train de rembourser », qu’il entretient de bonnes relations avec l’entreprise russe et que « tout va rentrer dans l’ordre ».

Pour gagner, un bon progressiste est prêt à tout

Après tout, ce n’est que simple vie quotidienne de nombre d’entreprises et d’associations. Sauf que dans ce cas précis, la situation ne devrait pas exister : les banques françaises devraient prêter à tous les partis autorisés par la loi républicaine. Il s’agit de fait d’une discrimination : rappelons par exemple que les comptes du RN ont été clôturés pour des raisons non expliquées par la Société générale en 2017.

Il convient de situer les mésaventures russes du RN dans le cadre plus large du rejet de la pensée autre, différente, par nombre d’acteurs de la vie politique, médiatique, sociale et économique française. Les banques françaises, dans le cas du parti de Marine Le Pen. L’Etat, dans d’autres cas – comme pour la suppression de l’aide attribuée à Présent. Les « progressistes » essaient de toucher au portefeuille des familles de la droite nationale, souverainiste, conservatrice, populiste, européenne et/ou chrétienne, tout en instaurant des systèmes de contrôle de la liberté d’expression, avec la loi Avia ou la censure exercée par les plateformes du numérique à l’encontre de ces mêmes familles. Quand il met son idéologie en actes, le progressisme porte toujours le même habit, celui de l’intolérance véritable. Il est interdit de ne pas interdire ceux qui pensent autrement, c’est le vrai slogan des progressistes, au rang desquels il faut compter les censeurs économiques et financiers du Rassemblement national. Des menaces pèsent en effet sur la démocratie, pas de doute à ce propos.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 7 février 2020

Marine Le Pen : « Emmanuel Macron a réussi l’impensable : jeter deux corporations, policiers et pompiers, l’une contre l’autre ! »

29/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Une fois de plus, à Paris, ont eu lieu de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les pompiers venus manifester.

La présidente du Rassemblement national réagit au micro de Boulevard Voltaire. L’occasion d’évoquer avec elle la réforme des retraites, les prochaines élections municipales et aussi l’annonce qu’elle a faite, récemment, de sa candidature à la présidentielle de 2022.

Lors de la manifestation des pompiers, nous avons pu observer des images terribles de pompiers affrontant des policiers. Vous avez parlé d’images désespérantes.
Selon vous, que traduisent-elles ?

Ces images traduisent un état de division catastrophique du pays. Emmanuel Macron aura réussi l’impensable, jeter deux corporations l’une contre l’autre, nos policiers d’un côté et nos pompiers de l’autre. Emmanuel Macron porte ainsi une très lourde responsabilité. En tant que chef de l’État, il est garant de l’unité du pays. Or, il ne cesse de semer le chaos, la division et la désunion.

Derrière ce chaos, il y a toujours la réforme des retraites. Quelle est votre position à ce sujet ?

Il doit d’autant plus la retirer rapidement qu’il vient de se faire étriller par le Conseil d’État dans des termes assez inhabituels de la part de cette institution. Perspective chiffrée lacunaire, pas d’économie, pas d’universalité et problème constitutionnel majeur. Tout ceci démontre un amateurisme et une volonté de passer en force. L’ensemble des Français va être directement victimes de cette réforme des retraites.
La manœuvre et la magouille du début de la présentation de cette reforme consistant à dire qu’il s’agissait de s’attaquer aux régimes spéciaux, révèle sa vraie nature. Il s’agit en fait de s’attaquer absolument à tout le monde.
Aujourd’hui, pas une seule profession ne se réjouit de la mise en œuvre de cette réforme des retraites. Elles ont toutes compris qu’elles allaient en être les victimes.

Vous avez la même analyse qu’Alain Duhamel. Il dit que la campagne des municipales d’En Marche prouve que ce sont des amateurs. Derrière la réforme des retraites arrivent les élections municipales. Certaines équipes de la République En Marche ont du mal à se mobiliser et à s’implanter localement.
Qu’est-ce que cela révèle ?

Cela révèle qu’il n’y a pas de structuration politique derrière Emmanuel Macron. Le macronisme s’arrêtera avec Emmanuel Macron. L’ensemble gazeux qu’il a constitué a pu faire illusion. En effet, il œuvrait dans le cadre d’une élection présidentielle où l’incarnation dans une personne est importante. Derrière, il n’y a absolument aucun parti politique. Ils perdent des députés quasiment toutes les semaines, personne n’est sur le terrain et ils n’ont pas distribué un seul document politique depuis qu’ils sont au pouvoir. Ils ont évidemment le plus grand mal à trouver des gens susceptibles de porter un projet, qui sur le plan municipal n’existe pas. C’est la raison pour laquelle, les gens sont contraints de coller leurs étiquettes dans le dos d’autres cyclistes, si je puis me permettre. Ils vont coller leur logo dans le dos d’autres cyclistes LR et PS. Par ailleurs, il y a une vraie complicité entre LR et LREM.

À quelques mois de ces municipales, vous avez déclaré que vous étiez vraisemblablement candidate aux prochaines présidentielles. Ce n’est certes pas une surprise au vu de la situation politique de ce pays, mais davantage au niveau du calendrier.
Pourquoi avoir annoncé dès maintenant votre candidature à la fonction suprême ?

Dès maintenant, les sujets émergent. Ces derniers seront pour les Français et pour la présidentielle, des sujets de choix. En voici quelques exemples, l’insécurité grandissante, la submersion migratoire, le choix de société que représente la défense de nos services publics et notre système de protection sociale. Ces sujets-là sont d’ores et déjà les sujets qui seront évoqués à la présidentielle.
Je pense que les Français ont besoin de références et de se projeter dans une autre politique que celle dans laquelle Emmanuel Macron les enferme. Toutes ces raisons-là ainsi que des raisons de préparation justifient cette précocité, même si dans ce domaine, Emmanuel Macron est parti en campagne bien avant moi.

On dit souvent qu’Emmanuel Macron rêverait de vous affronter à nouveau en 2022. Vous connaissez l’adage « Toute personne se présentant face au Rassemblement national au second tour sera assuré d’être élue en vertu du front républicain ».
Craignez-vous voir ce même scénario se répéter en 2022 ?

Les gens ne sont pas obligés de voter pour Emmanuel Macron. J’entends beaucoup de gens dire que 70 % des Français ne veulent pas d’un second Macron-Marine Le Pen. Qu’ils ne votent pas pour Macron, ils auront un second tour Marine Le Pen et quelqu’un d’autre. C’est aussi simple que cela. Maintenant, cette facilité, cette fainéantise qui poussent certains à penser que face à un candidat soutenu par le Rassemblement national, on est toujours gagnant, je crois que c’est faire preuve d’un comportement de matamore. À mon avis, les choses changent beaucoup et vont encore beaucoup changer durant les deux ans à venir. Je crois pouvoir dire que nous sommes au cœur des préoccupations des Français et que notre projet est au cœur de leurs espérances.


Entretien avec Agnès Marion – « Pour l’amour de Lyon »

Tête d’une liste de rassemblement historique de candidats issus du RN, du PCD et de LR pour les élections municipales de Lyon, Agnès Marion est une jeune femme née en 1977, devenue chef d’entreprise après des études de lettres en classes préparatoires, mère de six enfants, élue RN du 7e arrondissement de Lyon et conseillère régionale.

— En quoi la liste « Pour l’amour de Lyon » que vous conduisez est-elle historique ?

— C’est notre rassemblement qui est historique : la liste que je conduis réunit, dans chaque arrondissement, des candidats du Rassemblement national et du Parti chrétien démocrate mais aussi des membres des Républicains qui ne veulent pas de la ligne LR d’Etienne Blanc. Parce que nous aimons Lyon, nous rassemblons des personnalités comme Olivier Pirra, élu sortant LR du 5e arrondissement, les candidats du PCD, dont il est le délégué départemental, les candidats du RN et de LR. Une de nos têtes de liste est membre de La Droite populaire de Thierry Mariani. Une des nombreuses raisons de ces ralliements tient à l’annulation par pur électoralisme des subventions de SOS Chrétiens d’Orient par le conseil régional dirigé par Wauquiez, une association dont quatre membres sont portés disparus à Bagdad depuis le 20 janvier [voir en page 4 de ce numéro, NDLR].

Notre liste intègre aussi des personnalités locales issues de la gauche souverainiste, comme Jean-Claude Vitau, syndicaliste souverainiste et républicain, retraité, ancien enseignant du public, qui est notre tête de liste dans le 2e arrondissement. Nous voulons mettre à bas le projet de société de Macron et de ses amis LREM, centristes, anciens socialistes, anciens LR, etc. Tous nos candidats refusent la dilapidation de notre héritage historique, social et anthropologique. Issus de la droite ou de la gauche, les membres de nos listes défendent l’enracinement et en premier lieu l’identité lyonnaise. Nous ne sommes pas de « partout » ou de « nulle part », nous sommes des « quelque part ». Un point essentiel qui nous rassemble, c’est la question du peuple et de la défense des plus fragiles, le contraire du macronisme : les personnes qui nous rejoignent le font par besoin de défendre les plus fragiles, la France réelle, les vraies gens.

— Votre rassemblement est inédit, historique, dans un contexte électoral lui-même inédit ?

— Lyon est la deuxième ville de France, après Paris. Ce n’est pas anodin. La situation est inédite avec une double élection à l’échelle de la ville, où je conduis la liste, et à celle de la métropole, composée de 58 communes, où la campagne est menée par Andréa Kotarac. Je suis concentrée sur la ville, la défense de son identité malmenée par la mondialisation, les personnes de passage qui ont un appartement ici et à New York ou Berlin, et l’identité propre des Lyonnais. LREM connaît une lutte fratricide entre Collomb et son ancien dauphin de la mairie, Képénékian. On retrouve ce que Macron fait à la France : des fractures à toutes les échelles. Je suis une Marion mais il y a une marionnette LREM : Yann Cucherat, porte-fusil de Collomb, comme tête de liste LREM. La division des LREM, celle des LR, très nombreux à nous rejoindre, la liste de l’UDI, celle d’EELV, les listes séparées de la gauche… tout cela fait de cette élection un moment unique. Cette situation pourrait bien montrer que le rassemblement que je propose est efficient, en particulier dans une ville qui a montré son attachement à nos racines ces dernières années.

— Votre programme pour la ville de Lyon est clair et centré sur quatre grands axes ?

— Sécurité, écologie pragmatique, identité et démocratie de proximité, quatre axes inséparables de mon point de vue. A Lyon, l’écologie de discours et les grands effets de manche à ce propos ne manquent pas. Dans les faits ? La ville est engagée dans l’ultra-métropolisation, la concentration à toutes les échelles, et ne fait rien pour empêcher le dépérissement des zones rurales, importantes dans la métropole. C’est une écologie hors-sol de gens qui passent d’un avion à l’autre. Je ne crois pas en la cohérence du discours de la mandature qui se termine. Collomb était ministre de Macron qui ne s’illustre pas par ses réussites en matière d’écologie. Nous, nous engagerons la « démétropolisation », un maillage de villes d’échelles différentes et déconcentrées, le maintien des zones rurales, ce qui demande de rendre du pouvoir aux communes mais aussi aux arrondissements. Lyon a besoin de localisme réel. Notre liste se rassemble aussi en particulier sur cette nécessité : une révolution de la proximité. Il y a de nombreuses ressources agricoles dans la métropole et nous pouvons, à notre échelle, mettre des biais environnementaux ; il y a des leviers de protection que l’actuelle municipalité ne veut pas utiliser. Cela demande autre chose que des « grands débats », plutôt une vraie démocratie de proximité. Je veux mettre en œuvre une écologie du bon sens, pragmatique, au service d’une métropole du bon sens, en luttant contre les effets négatifs de la surconsommation, avec des consignes ou la livraison de fruits et légumes, comme des AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), aidées par la municipalité et venant en complément des AMAP existantes. Du bon sens… il est évident que des vêtements peuvent servir à plusieurs enfants plutôt que de terminer à la poubelle !

Lire la suiteEntretien avec Agnès Marion – « Pour l’amour de Lyon »

Jordan Bardella sur la réforme des retraites : «On a le sentiment d’un amateurisme incroyable»

27/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National et député européen, était l’invité de La Matinale.

Il a notamment évoqué la réforme des retraites. «On a le sentiment d’un amateurisme incroyable», a-t-il affirmé.

A propos d’Emmanuel Macron, l’homme politique a déclaré : «on ne peut pas imposer des réformes que les Français ne souhaitent pas, on ne peut pas gouverner éternellement contre son peuple».


Municipales – Le plafond de verre se fissure de partout, par Francis Bergeron

Nicolas Dupont-Aignan fut l’un des premiers à oser créer une brèche dans le plafond de verre, lors du second tour de la présidentielle. Ce plafond de verre avait été créé par la gauche, au nom, prétendait-elle, d’une certaine morale politique, pour isoler le Front national, mais aussi toute personne, tout parti, toute association, tout média, désignés par la gauche et l’extrême gauche comme infréquentables. Paradoxalement, ce plafond de verre ne concernait pas la gauche elle-même, libre de fréquenter qui elle voulait, et de mettre en place les stratégies électorales qui lui semblaient les plus appropriées pour une victoire.

Ce plafond ne visait que la droite, sommée de ne pas s’en affranchir, de maintenir une parfaite étanchéité.

Il vaut mieux que vous perdiez les élections plutôt que votre âme

Et pendant des années, les caciques de la droite ont répété à l’envi cette formule stupide : « Je préfère perdre les élections que perdre mon âme. » On se souvient que Michel Noir, inconditionnel de la formule, bénéficiaire de la une du Monde pour cet acte de « résistance » (pauvre Jean Moulin ! pauvre Georges Bidault !), perdit et les élections et son âme, et sa liberté même puisqu’il finit en prison. En 2020, la droite continue à aller chercher sa stratégie dans le camp d’en face, et à demander à gauche les autorisations de fréquenter, et de s’allier. Du moins dans les états-majors parisiens et dans les grandes villes, cela marche encore ainsi. Mais dans la France profonde ou périphérique, cette approche révérencieuse est périmée. Et LR n’a plus de leviers pour se faire obéir.

Ce que révèle la composition des listes, aux municipales, c’est au contraire la porosité de plus en plus évidente entre droite de gestion et droite de conviction. Cette porosité a toujours existé, mais elle ne jouait qu’à sens unique, de la droite hors les murs vers la droite installée. Dorénavant, le sens unique a été alterné, puisqu’en l’occurrence ce sont les élus et partisans d’une droite de gestion qui se rallient à des listes menées ou influencées par la droite de conviction : des élus et militants dits modérés s’allient au RN. Même chose chez Debout la France, au CNI, au Parti chrétien démocrate, chez les amis de Robert Ménard ou des époux Bompard. Des listes réunissant toutes les droites ou presque se constituent à Sète, Menton, Vannes, Le Mans, etc. Des maires LR se lancent dans une stratégie d’ouverture à droite, contre leur propre parti. Le Monde du 16 janvier titrait sur la commune de Lunel (Hérault) où une bonne partie du conseil municipal LR vient de rallier la candidate RN. Cette pratique concerne plutôt les villes du sud de la France, mais elle se généralise un peu partout, comme au Mans, où la liste RN conduite par Louis de Cacqueray séduit la droite locale.

« De vraies divergences économiques, par exemple sur la retraite »

Les structures LR qui tentent de résister à ce tropisme de leurs troupes développent un discours – sans doute concocté au siège parisien – qu’ils pensent imparable : « Sur l’immigration, l’islamisme, la sécurité, les opinions convergent. Mais entre LR et RN, il y a de vraies divergences, économiques, par exemple sur un retour à la retraite à 60 ans, selon le programme du RN. »

Certes, c’est un clivage. Mais le problème, en l’occurrence, c’est que ce n’est pas à l’échelon de la municipalité que se règlent ces questions, l’argument est donc inopérant, plus que cela, contre-productif. Les élus locaux LR ont beau jeu de leur répondre : « Il y a six ans vous nous avez contraints à des fronts républicains contre le FN, quitte à voter pour des communistes et des mélenchonistes. Pourtant, avec ceux-là, nous n’étions d’accord sur rien, ni sur les retraites, ni sur l’immigration, la sécurité ou l’islamisme. Nous reprenons notre liberté. »

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 16 janvier 2020

Louis Aliot sur la réforme des retraites : “Même à 64 ans, certains auront des retraites au rabais !”

09/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Louis Aliot était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le mercredi 8 janvier sur Sud Radio.

Plus personne ne comprend de quoi on parle, âge d’équilibre, âge pivot…” déplore Louis Aliot au micro de Patrick Roger. Le député du Rassemblement national souligne que “nombreux sont ceux qui travaillent au-delà de 65 ans pour pouvoir toucher une retraite décente”. Ce n’est donc pas sur l’âge que le parti de Marine Le Pen veut se baser, mais sur les annuités. “Si vous commencez votre carrière professionnelle à 25 ans et que vous cotisez 40 ans, vous partirez à la retraite à 65 ans. Il faut raisonner en terme d’annuités, pas d’âge” affirme Louis Aliot, qui craint que “certains arriveront à la retraite à 64 ans et ne bénéficieront pas de la totalité de leur retraite et auront des retraites au rabais“.

Si le Rassemblement national a soutenu la première journée d’action du 5 décembre “car il fallait marquer le coup”, Louis Aliot estime que “les Français en ont soupé” de la grève et dénonce une “radicalisation de la CGT” en bloquant des raffineries. “Je ne pense pas que ce soit une bonne politique” avance le député. “C’est la rentrée, les gens sont dans de grandes difficultés, beaucoup de gens ne peuvent pas se déplacer pour aller au travail” regrette-t-il. Il rappelle que “si Macron est à cette place-là avec autant de députés, c’est parce que monsieur Martinez a appelé à voter pour lui, faisant allusion à l’appel de la CGT pour faire barrage à Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle 2017.


Robert Ménard : « Les Biterrois se contrefoutent de savoir ce qu’à Paris on décidera de ce qu’ils devraient voter »

Visiblement, l’union des droites progresse à Béziers puisque Robert Ménard est soutenu par plusieurs élus locaux LR et le Rassemblement national. Une union des droites qui avance, non seulement à Béziers, mais plus largement dans l’Hérault et le sud de la France.

L’union des droites progresse à Béziers. Vous êtes soutenu par plusieurs élus locaux LR et par le Rassemblement national. Saluez-vous cette décision ?

Nous souhaitons que les Biterrois nous soutiennent, quelle que soit leur étiquette politique. La liste que je mènerai ne sera directement associée à aucun parti. Il n’y aura aucun logo sur nos affiches. C’est une liste d’union des droites, au service de la ville. Aujourd’hui, des gens de cette liste sont au Rassemblement national, d’autres sont aux Républicains et d’autres encore, comme moi, sont de nulle part. C’est la seule chose que je veux retenir. Nous dirigeons cette ville depuis six ans, et nous le ferons encore six ans si nous gagnons les élections, sans nous soucier des cartes politiques des uns et des autres.

Les LR arrivent divisés. Le candidat Lewis Marchand, 35 ans était présent sur la liste de François-Xavier Bellamy aux Européennes. Antoine About du parti des Républicains va y aller en solo.

Ce sont de drôles adversaires. Antoine About était venu me voir avant l’été en me demandant d’être adjoint sur ma liste. Le même qui rêvait il y a quatre mois d’être sur ma liste n’a pas de mots assez sévères pour critiquer l’extrême droite.
Je ne sais pas qui est Lewis Marchand. Ce jeune garçon représente des Républicains dans une circonscription qui n’est pas celle de Béziers et où il ne vit pas. On verra bien…
Je crois que l’électorat des Républicains se retrouve d’abord dans nos idées et dans notre façon de diriger la ville. Les gens se contrefoutent de savoir ce qu’on décidera à Paris et de ce qu’on leur demandera de voter. Ils voteront comme ils l’entendent, ils voteront en Biterrois. C’est la seule chose qui les intéressera. Je ne m’inquiète pas beaucoup de ce côté-là.
Une partie des responsables des Républicains veut être sur notre liste. Ils doivent bien sentir que les choses bougent, changent et que le Béziers de demain se dessine.

Pour lire la suite, c’est ici !

Jean Messiha : “Ce sondage confirme le changement qui s’opère partout dans le monde : le retour des identités et des frontières !”

Un récent sondage donne Marine Le Pen au second tour face à Emmanuel Macron pour les présidentielles de 2022. Dans le contexte d’une victoire du Rassemblement national, le mouvement serait-il prêt à exercer le pouvoir ? Avec quels soutiens ?

D’après les sondages, Marine Le Pen apparaîtrait au second tour face à Emmanuel Macron pour les élections de 2022. C’est peut-être une opportunité pour le Rassemblement national de gouverner. Êtes-vous ravi de ce sondage ?

Ce sondage confirme le changement de paradigme à l’œuvre à travers le monde et l’Europe. Le doublement du nombre des députés de VOX montre bien qu’il y a un nouveau modèle qui pousse ses pions à travers le monde et l’Europe. C’est celui du retour des identités, de la souveraineté, des frontières et du volontarisme politique. Ce paradigme est déjà au pouvoir dans des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni, sans parler d’un certain nombre de pays de l’Est. Ailleurs, ils progressent dans les assemblées régionales et nationales. Ce paradigme-là, nous l’incarnons en France.
Depuis 2016, nous sommes entrés dans une phase de transition paradigmatique. Le Rassemblement national incarne ce véritable Nouveau Monde. La force du système dirigeant français a été de faire croire que l’Ancien Monde incarné par Macron devenait un Nouveau Monde juste par la figure d’un jeune premier en la personne d’Emmanuel Macron, alors qu’il incarne finalement l’Ancien Monde néo-libéral, de la mondialisation, de l’immigrationniste, etc. Il est partout en train de disparaître.
Ce sondage ne fait que confirmer en bout de chaîne tout ce changement à l’œuvre à travers le monde.

Le RN a quand même un champ de mines devant lui. La première opération de déminage sera de démontrer que le RN est en capacité de gouverner et d’occuper les différents postes stratégiques de l’État.

Nous sommes bien évidemment en mesure non seulement de conquérir le pouvoir, mais aussi de l’exercer. Je vous rappelle que ce procès-là n’a jamais été fait à Emmanuel Macron qui, sur la forme, était lui aussi quelqu’un de nouveau. Il n’avait jamais exercé le pouvoir au niveau présidentiel. Il est arrivé tout seul, même s’il avait été ministre. Il s’est entouré d’une, deux ou trois personnes qui avaient de l’expérience, mais tous les députés et tous ceux qui l’entourent sortaient de nulle part.
Au moment de l’élection présidentielle, on n’a jamais demandé à Macron avec qui il gouvernerait. Il a fini par trouver des gens avec qui gouverner. Nous avons donc la capacité de gouverner la France. Nous avons des personnes de talents et je ne doute pas que le Rassemblement soit à l’œuvre pour rassembler le plus grand nombre de Français.
À l’orée de notre exercice du pouvoir, je ne doute pas qu’un certain nombre de personnalités pensent exactement comme nous et laisseront tomber leurs petites ambitions personnelles.

Certains essayistes et polémistes comme Juan Branco décrivent très bien les mécanismes du pouvoir. Le Rassemblement national pourrait-il compter sur des investisseurs comme Xavier Niel ou Bernard Arnault ? D’après Juan Branco, ces investisseurs avaient aidé Emmanuel Macron à l’époque.

Juan Branco serait bien inspiré de lire les travaux effectués par Thomas Kuhn et des sciences sociales de manière générale dans le cadre des changements de paradigme. Thomas Kuhn démontre précisément que lorsqu’un nouveau paradigme arrive, il entraîne dans son sillage des forces qui jusqu’alors étaient résistantes.
Les forces soutenaient jusqu’à présent le paradigme de la mondialisation, du sans frontièrisme, de l’immigrationniste, etc.
Quand on voit la situation délétère dans laquelle la France est tombée à la fois sur le plan économique, social, financier, mais également identitaire, les conséquences de ce paradigme sont potentiellement telluriques. C’est ce qui l’emporte aujourd’hui ; les gens ne sont pas fous. Ils finiront par se rendre à la raison et décideront à ce moment-là de miser sur le bon cheval. Lorsqu’un paradigme est naissant, cela commence par la politique, mais entraîne ensuite dans son sillage tout un système de pensée institutionnel qui était acquis à l’Ancien Monde. C’est le résultat de travaux scientifiques et de réalités historiques établis.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire