Rapport Stora : fausse impartialité historique, vraie promotion de la haine de soi

Rapport Stora Algérie

À un an de la commémoration des accords d’Evian (1962), par lesquels la République française reconnaissait l’indépendance du nouvel État algérien, Emmanuel Macron a demandé à l’historien Benjamin Stora de plancher sur un panel d’actions possibles. L’une des propositions est l’institution d’une commission « Mémoire et vérité ». Cette idée est un grand classique des règlements de compte historique. Les commissions « Mémoire et vérité » sont l’apanage de la gauche, qui l’utilise comme vengeance politique sur les gouvernements de droite, dictatoriaux ou non, qui l’ont précédée. Ce nom est particulièrement associé au Chili, dirigé par le général Augusto Pinochet de 1973 à 1988. Sous un faux air d’impartialité historique, les commissions « Mémoire et vérité » servent ensuite de source unique pour tous les travaux sur le sujet, jusqu’aux reportages journalistiques et autres émissions télévisées. C’est donc un enjeu important, sur lequel nous n’avons aucune influence, bien sûr, puisque la « recherche » se tiendra dans les salons feutrés de la doxa officielle où se réuniront savants choisis uniquement pour leur tiédeur, dans un sens comme dans un autre. Le consensualisme du discours final est l’objectif prédéterminé de ces commissions, avec toujours un penchant marqué en faveur de l’Autre. En effet, selon le marxisme culturel, celui qui se révolte a toujours raison… sauf lorsqu’il est blanc et soutient Donald Trump. Benjamin Stora, cible à la fois des anticolonialistes les plus farouches et des cercles Pieds-Noirs, n’apportera donc rien de nouveau à l’état des connaissances, par Clément Martin (Les Identitaires)

Certainement conscient de cette réalité, sa proposition tarte à la crème de « Commission Mémoire et vérité » n’a qu’une utilité marketing. Elle doit de paravent politique à Emmanuel Macron, qui veut se donner une stature de chef d’Etat sage et clairvoyant, au-dessus des partis et des colères communautaires, à l’heure de la cancel culture. Il a d’ailleurs indiqué que la France ne formulera aucune excuse. Comment interpréter, alors, cette autre proposition : la panthéonisation de Gisèle Halimi ? Celle-ci, militante féministe et avocate, se spécialisa dans la défense des militants du FLN, terroristes qui n’avaient rien à envier à l’État islamique. Têtes décapitées et organes génitaux fourrés dans la bouche, femmes enceintes éventrées, enlèvements et réduction d’Européens à l’état d’esclaves, et tout cela sur des civils : voici quelques méfaits commis par les séparatistes arabes que défendait Gisèle Halimi. Dans la mesure où le Panthéon a été spécialement conçu pour honorer des « grandes » figures de l’histoire de France (Napoléon Bonaparte, Victor Hugo, Jean Moulin…), y introduire Gisèle Halimi, passionaria de l’indépendance algérienne, signifie évidemment que l’État français approuve son combat et le donne en exemple. Benjamin Stora propose à la France d’honorer une femme qui a contribué à saper l’action de l’armée française en temps de guerre et à faire reculer la puissance de notre pays sur la scène internationale.

Quoi qu’on pense sur l’ancien empire colonial français, force est de constater que la France n’a fait que reculer depuis la décolonisation. Emmanuel Macron ne s’excusera finalement pas mais cela revient strictement au même. Avec son engagement pour l’Algérie française en tant que soldat puis en tant qu’activiste, Dominique Venner disait avoir voulu « défendre la frontière sud de l’Europe ». Peu importe de savoir si la colonisation était « identitaire » ou non, ce qui n’a aucun sens lorsqu’on s’efforce de juger le passé sans les œillères du présent ou les préjugés idéologiques.

Pour nous autres identitaires, se respecter en tant que peuple, c’est d’abord s’incliner devant l’élan de vitalité qui caractérisait les Français, lorsqu’ils soumettaient la terre d’où s’élancèrent tant de Barbaresques qui razziaient nos côtes au nom de l’islam. Se respecter en tant que peuple, c’est refuser par principe de déterrer les cadavres d’une guerre que nous avons gagnée militairement. Se respecter en tant que peuple, c’est tenir bon devant toutes les atteintes à notre histoire, moyens indirects d’attaquer notre identité.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Le scandaleux rapport Stora, jugé (bien sûr) « insuffisant » par les Algériens

Algérie rapport Stora

Mercredi après-midi, Benjamin Stora, historien bien connu pour son engagement politique très à gauche et son anticolonialisme viscéral, mais néanmoins choisi en juillet dernier par Emmanuel Macron pour diriger la fameuse « mission sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie », a enfin rendu son rapport au président de la République.

Un rapport évidemment sans surprise qui, au terme de ses quelque 160 pages provocatrices, suggère bien entendu l’adoption de pas moins d’une trentaine de mesures allant toujours plus loin dans la repentance. Cependant, aussi scandaleuses que soient ses propositions, le rapport Stora n’en a pas point moins été froidement accueilli de l’autre côté de la Méditerranée. Et pour cause : ce qu’exigent le pouvoir et les élites algériens depuis des années, c’est d’abord et avant tout que la France demande officiellement pardon à ce pays qu’elle a créé de toutes pièces de lui avoir apporté la civilisation !

Des propositions inacceptables, et pourtant…

Aussi, les suggestions du rapport Stora n’avaient-elles guère de chance de donner satisfaction aux héritiers des égorgeurs FLN au pouvoir à Alger. Elles vont pourtant très loin dans la repentance : « refonte » des programmes scolaires, « panthéonisation » de la « porteuse de valises » Gisèle Halimi, construction d’une stèle en hommage à l’ennemi islamiste de notre pays Abdelkader au château d’Amboise, transformation des anciens camps d’internement des terroristes du FLN situés sur le territoire français en « lieux de mémoire », modification de noms de rues au profit de « Français particulièrement méritants issus de territoires antérieurement placés sous la souveraineté de la France », ouverture de nos archives (même les plus confidentielles) aux historiens algériens… Bref, des propositions franchement inacceptables, et pourtant : après avoir pris connaissance de ces dernières, Macron a quand même promis d’accéder à « bon nombre » de préconisations de Stora et de procéder à plusieurs actes « symboliques » dans les prochaines semaines…

« Pas question de présenter des excuses » ?

Il est vrai que, de la part d’un président de la République qui a déclaré encore récemment ne « regretter aucunement » d’avoir qualifié la colonisation française de « crime contre l’humanité » en 2017, cette véritable trahison n’a rien de vraiment surprenant non plus. Reste que, dans sa pitoyable politique de soumission aux autorités algériennes, Macron a oublié le plus important : selon l’un de ses conseillers, le chef de l’Etat, craignant peut-être de déclencher une nouvelle polémique amplement justifiée dans notre pays, aurait déclaré qu’« il n’est pas question de présenter des excuses ». Une information qui lui a bien sûr immédiatement valu une pluie de vives critiques de la part des élites et des médias algériens. Quant au pouvoir en place à Alger, si, à l’heure où nous écrivions ces lignes, il n’avait pas encore officiellement réagi, on rappellera qu’en juillet 2020, le président Tebboune, interviewé par France 24, avait clairement expliqué que, si l’Algérie « a déjà reçu des demi-excuses », il faut « faire un autre pas »…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 22 janvier 2021