« Pendez les Blancs » – Me Frédéric Pichon sur l’affaire Nick Conrad : « La cour d’appel a manifestement botté en touche… »

Frédéric Pichon

Condamné à 5.000 euros d’amende en première instance pour sa musique« Pendez les Blancs », Nick Conrad a finalement été relaxé par la cour d’appel, ce jeudi 23 septembre. La cour a invoqué un vice de procédure.

Maître Frédéric Pichon revient sur ce dénouement surprenant.

Le rappeur Nick Conrad, qui avait été condamné à 5.000 euros d’amende pour avoir dit « Pendez les Blancs », a été relaxé pour vice de procédure. Comment expliquer ce raté de la justice ?

Il y a bien un raté de la justice. En première instance, il avait écopé d’une peine relativement modeste, 5.000 € d’amende, pour avoir appelé à pendre les Blancs et à tuer les bébés blancs, ce qui est ahurissant. Imaginez-vous un rappeur appelant à tuer les bébés musulmans ou les bébés juifs, On auraitb évidemmentb tous les chefs d’État du monde dans la rue, comme pour l’attentat de Charlie Hebdo. L’indignation est à géométrie variable. Il y a eu une décision incroyablement clémente en première instance, puis la cour d’appel a manifestement botté en touche pour ne pas avoir à statuer sur le fond, en faisant droit à une exception de nullité assez rocambolesque mise en avant par les avocats de M. Conrad.
Le droit de la presse obéit à des règles de nullité et les praticiens en font souvent usage, ce n’est pas contestable. En revanche, celle-ci l’est.
Le parquet a été assez peu diligent dans cette affaire, la date pour la convocation à l’audience allait au-delà des délais de prescription. Les avocat des parties civiles ont donc rappelé au parquet qu’il fallait faire une citation interruptive, en raison du manque de diligence du parquet. On se demande si le ministère public n’a pas fait exprès initialement, car ce parquet à Paris est spécialisé en droit de la presse et connaît parfaitement les arcanes.

Cette boulette arrangeait tout le monde, à part l’opinion et les bonnes humeurs…

Évidemment, cela arrangeait beaucoup de monde.
La cour a fait droit à l’argumentaire de la partie adverse qui disait que ces deux modes de convocation alternatifs créaient un doute dans l’esprit du prévenu quant à la nature de la poursuite engagée contre lui. Les textes visés ne correspondent ni au droit, ni à la loi de 1881 ou à la jurisprudence. Il y a donc de fortes chances que cette décision soit cassée en appel. Je pense que mon confrère Triomphe va se pouvoir en cassation.
Pour l’association Résistance républicaine et pour l’AGRIF, nous avons fait une autre procédure parallèle contre Nick Conrad qui, dans un nouveau clip après sa condamnation, s’est mis en scène en train d’égorger une femme blanche. Le tribunal avait estimé que c’était symbolique. Il y a toujours deux poids deux mesures.

Éric Zemmour a été condamné pour incitation à la haine et, à côté, on a ce Nick Conrad qui échappe à la justice et récidive dans un deuxième clip.

Nous sommes là dans une justice idéologique, c’est la raison pour laquelle ces lois, instaurant en quelque sorte le procès d’intention et permettant aux magistrats de sonder les reins et les cœurs et laissent les décisions à son appréciation subjective, doivent être remises en question.
Une de mes clientes a été condamnée pour avoir critiqué l’islam alors qu’il est de jurisprudence constante que l’on peut critiquer les religions. On m’a rétorqué que dans l’islam, il y avait une double définition : la religion et la communauté des croyants. Par conséquent, cela visait les personnes. Cette loi est donc un instrument liberticide qui permet de dire tout et son contraire et de ne pas s’embarrasser de contradictions flagrantes.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Prison ferme pour le rappeur Maka jugé pour “apologie du terrorisme” après son clip sur Samuel Paty

Maka rappeur

Le chanteur originaire de Seine-et-Marne avait chanté “On découpe comme Samuel Paty, sans empathie” dans un clip où une voiture aurait brûlé.

La sanction est tombée. Présent dans le box des accusés et abasourdi à l’énoncé du verdict, comme le note Le Parisien, Maka passera les prochains mois en prison. Le rappeur originaire de Seine-et-Marne, a écopé de quinze mois de prison ferme et de six mois avec sursis malgré la relaxe plaidée par son avocat.

Environ un mois après la décapitation de l’enseignant Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, le rappeur Maka originaire d’Orly Parc de Lagny-sur-Marne, avait suscité une vague d’indignations avec sa chanson sur Samuel Paty. Il était jugé ce jeudi en comparution immédiate pour « apologie directe et publique du terrorisme » mais également pour dégradations de biens. Mardi 24 octobre, l’artiste avait été interpellé et placé en garde à vue, la procureure de Meaux ayant indiqué qu’il contestait les faits qui lui étaient reprochés.

Pour se justifier, le rappeur a expliqué avoir écrit son clip en une soirée. « Dans mes clips, je prends toujours un rôle. Le clip est violent, c’est vrai, je n’avais pas fait attention à toutes les conséquences. » Et de continuer « Ma phrase ‘On découpe comme Samuel Paty’, ça voulait dire qu’on découpe la musique […] Je tiens à m’excuser, j’ai tenu des propos très choquants. Je veux être un artiste, il fallait un petit coup de boost. » Pas suffisant comme explication pour les juges.

Mais les propos de sa chanson étaient pourtant clairs. Environ un mois après le décès de Samuel Paty, Maka, alors inconnu, avait sorti la chanson « Samuel Paty » où il clamait : « On découpe comme Samuel Paty, sans empathie ». S’il tentait de se dédouaner en début de chanson en invoquant une « illustration de la nature humaine » et non « un appel à la haine », et le fait que « rien ne nous oppose », sa chanson avait finalement été retirée de plusieurs plateformes dans un premier temps.

Sorti de prison il y a un an

Surtout, dans son clip, on y voyait des voitures en flammes, certaines armes, des scies, couteaux ou machettes, détaille Le Parisien. Une voiture aurait brûlé pendant le tournage, d’où les accusations de « dégradation de bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes ».

Maka n’est pas un inconnu des services de police, puisqu’il est sorti de prison il y a un. Selon nos confrères, il aurait été impliqué dans un règlement de comptes entre bandes rivales où une voiture avait été prise pour cible. Du côté de ses proches, on dénonce une atteinte « à la liberté d’expression » et une « injustice ». Un de ses amis dit même « C’est de l’art, ce n’était pas pour porter préjudice à Samuel Paty, ni provoquer ». Tolérance zéro pour la mairie qui ne veut pas faire la part belle à « un caïd ». D’autant que comme le rappelle Le Parisien, à la suite de la diffusion du clip, un adolescent avait menacé sa professeure de « la découper comme Samuel Paty ». Il avait alors repris la chanson de Maka.

Texte repris du site Valeurs Actuelles

Drogue, armes et drapeaux algériens : un clip de rap enflamme Bordeaux

Rap Bordeaux Armes Doigt

Rap Bordeaux Armes08/02/2017 – FRANCE (NOVOpress) : De la drogue, des armes en veux-tu en voilà, des liasses de billets de 50 euros, des drapeaux algérien, marocain ou d’Afrique noire : telle est la représentation de la cité des Aubiers, à Bordeaux, propagée par un clip de rap, et qui commence à faire scandale. Le nom du morceau a le mérite d’être simple : C’est la cité. On se doutait bien un peu, sans y avoir mis les pieds, que ça ressemblait à ça ; maintenant on en est certains.

Rap Bordeaux DrapeauxQuant au rappeur, qui se fait appeler Bene Sao, il se présente comme « originaire de Marseille » – ses parents aussi ? – et habite maintenant à « Bordeaux Nord », où se trouve justement cette cité des Aubiers où, comme on dit pudiquement, « réside une forte population étrangère ». Et pas toute « originaire de Marseille » : la cité des Aubiers, écrit France Bleu Gironde, « abrite 4 000 habitants et 54 nationalités » !