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Sonia Imloul Déradicalisation

Déradicalisation : Sonia Imloul condamnée pour détournement de fonds !

Félicitée pour son « travail » et montrée en exemple par Bernard Cazeneuve, alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur, Sonia Imloul, l’ex-responsable d’une de ces fameuses cellules de « déradicalisation », jugée lundi au tribunal correctionnel de Paris pour détournement de fonds, blanchiment et travail dissimulé, a écopé de quatre mois de prison avec sursis.

Souvenez-vous : c’était en 2014. Sonia Imloul, responsable de l’association Respect 93, recevait le soutien de Pierre N’Gahane, alors secrétaire général du Comité interministériel pour la prévention de la délinquance et chargé du numéro vert, pour son projet de « Maison de la prévention et de la famille », censé « déradicaliser » les « jeunes » tentés par le djihad. Mieux : alors que la préfecture de Seine-Saint-Denis avait refusé de financer son projet un an auparavant, « faute de justificatifs », et aussi en raison de « fiches de police désastreuses », l’Etat lui accordait d’abord 25 000 euros, puis 35 000 euros de subventions afin de doter son association d’un appartement avec terrasse à Aulnay-sous-Bois. Elle recevait même les félicitations et les encouragements de Cazeneuve qui, lors d’un couscous avec les familles en décembre 2014, devait lancer : « On développe, on duplique »…

Mais, un an plus tard, suite à des « dysfonctionnements » signalés par plusieurs employés, l’association fermait. L’enquête a en effet démontré qu’Imloul avait détourné, via un RIB falsifié, les deux subventions de 25 000 et 35 000 euros au profit d’un ex-conjoint et de sa mère ! Elle se voyait également accusée d’avoir employé trois personnes, parties civiles au procès, sans leur verser de salaire, ni leur fournir de contrat de travail…

Présente à l’audience, l’une d’entre elles, Julien Revial, auteur d’un livre paru en 2016 chez Michalon (Cellule de déradicalisation, chronique d’une désillusion), raconte notamment :

« Nous recevions plus de journalistes que de familles […]. Quant à la prise en charge des familles, seuls trois dossiers de prévention de la radicalisation ont réellement abouti […]. En fait, on était une vitrine médiatique, qui permettait à l’Etat de montrer qu’il agissait pleinement pour lutter contre la radicalisation. »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 15 mars 2017

Chaud Prisons Radicalisés

Prisons radicalisées : la panique, par Caroline Parmentier

Ils sont complètement paumés. Après nous avoir dit que c’était ce qu’il y avait de mieux, le gouvernement abandonne son dispositif phare de lutte contre la radicalisation en prison avec ses unités spécialisées qui regroupaient les islamistes dangereux. Au contraire maintenant, total revirement, on va les isoler.

Il faut dire que l’expérimentation menée depuis un an s’est terminée le 4 septembre dernier par la sanglante tentative d’égorgement d’un maton à Osny, l’une des vitrines du programme gouvernemental. Les deux principaux syndicats de surveillants, l’UFAP-UNSA et FO Pénitentiaire, avaient réclamé l’arrêt immédiat des frais à Osny, Fleury-Mérogis, Fresnes et Lille Annœullin où se multiplient les tentatives de mutinerie et de prises d’otages. Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, vient d’annoncer qu’il fermait ces cinq unités dédiées. Curieusement, l’effet pervers de ces regroupements de bêtes fauves ne leur avait pas sauté aux yeux.

La réalité c’est que la déradicalisation à grand renfort « de psychologues, de conseillers d’insertion et d’intervenants extérieurs » ne marche absolument pas. Au contraire elle rendait encore plus furieux ces fanatiques qui n’avaient qu’une idée : égorger les kouffars qui voulaient leur faire renier leur folie religieuse.

Au lieu d’expulser dans leur pays d’origine tous les étrangers détenant un titre de séjour qui se rendent coupables de délits ou de crimes (si cela avait été le cas, l’attentat de Nice n’aurait pas eu lieu), tous ceux qui sont en situation irrégulière et tous les étrangers fichés pour leur proximité avec l’islamisme radical et les interdire de territoire, on va garder à nos frais ces centaines de djihadistes comme autant de bombes à retardement. Ils vont désormais être répartis en France et isolés. Facile à gérer pour l’administration pénitentiaire quand la surpopulation carcérale atteint des records.

Précision rassurante : c’est l’effet de masse qui a poussé le garde des Sceaux à changer de méthode. La Chancellerie redoute dans les semaines qui viennent « une déferlante des détenus terroristes » dans les prisons françaises : « En ce moment, les services incarcèrent une demi-douzaine de personnes par semaine ».

Le budget consacré à la sécurisation des prisons est passé de 30 millions en 2016 à 58 millions d’euros en 2017 (contre 17 millions en 2015). Aujourd’hui qu’on les décapite, c’est la tête des surveillants de prison et des policiers qu’il s’agit de sauver.

Caroline Parmentier

Article et dessin parus dans Présent daté du 27 octobre 2016